Bonjour à tous,

Merci pour toutes vos reviews sur le chapitre précédant. Comme d'habitude, cela m'a bien motivée à écrire.

Et oui, effectivement, c'est beaucoup d'action et pas beaucoup de Voldemort / Hermione. Je ne vais pas vous dire ce qui se passe dans les chapitres qui viennent, mais je tiens tout de même à vous rassurer : d'ici la fin de l'épilogue, toutes les questions encore ouvertes auront normalement une réponse :)

En attendant, je vous livre ce nouveau chapitre.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 30 – Septembre 1999

Mais déjà Harry et Ron se jetaient sur Hermione, la serrant dans leurs bras, poussant des cris effarés en voyant sa robe à moitié brulée, et elle se rendit compte que cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie autant en sécurité. Puis elle sentit un lointain changement dans l'atmosphère autour d'elle, et elle se glaça.

Le seigneur des ténèbres est ici, annonça-t-elle.

Harry et Ron desserrèrent immédiatement leur étreinte et regardèrent vivement autour d'eux, leur baguette à la main.

– Il est aux portes du parc, précisa Hermione.

Cela n'amena qu'une infime baisse de la tension dans la pièce.

– Rogue, où sont l'épée et le choixpeau ? demanda Harry avec précipitation.

– Dans l'armoire sur votre droite Potter, répondit Severus Rogue en prononçant le dernier mot avec mépris.

Harry, Ron et Hermione s'y précipitèrent, alors que Minerva McGonagall se rapprochait de Severus Rogue.

– Il faut prévenir les élèves Severus, fit l'ancienne sous-directrice de Poudlard, son ton reflétant son inquiétude. Leur dire d'évacuer.

Harry ouvrit vivement les portes de l'armoire devant eux, révélant plusieurs étagères surchargées d'objets étranges, et Hermione les passa rapidement en revue.

– Evacuer comment Minerva ? La seule cheminée qui n'est pas bloquée est celle-ci, et elle ne donne accès qu'au château de Serpentard. Même si nous pouvions la réorienter, il faudrait des heures pour évacuer tout le monde. Et si nous restons à côté des élèves, cela fera d'eux des cibles.

Les objets étaient irrespectueusement empilés les uns sur les autres sur les étagères et Hermione étouffa un cri d'indignation en voyant une boussole complétement écrasée par ce qui semblait être un simple cube en plomb.

– Dans ce cas il faut leur dire de retourner dans les dortoirs.

Harry et Ron se rapprochèrent des étagères, poussant légèrement Hermione au passage.

– L'épée est ici, fit Ron en sortant précautionneusement l'objet pour le poser sur le bureau de Severus Rogue.

– Et le choixpeau ! compléta Harry en extirpant un bout de tissu du dessous d'un globe terrestre.

Hermione regarda avec circonscription le vieux chapeau tout éliminé qu'Harry tenait maintenant dans ses mains. Il était certes entouré d'une puissante magie, mais son aspect manquait singulièrement de grandeur pour un artefact aussi important.

– À l'attention de tous les élèves ! retentit soudain la voix magiquement amplifiée de Severus Rogue, faisant violement sursauter les trois amis.

Sa voix semblait provenir des murs du château plutôt que de sa bouche, et Hermione comprit qu'elle devait se transmettre dans tout Poudlard.

– Hermione ? demanda Harry en lui désignant l'épée et le choixpeau.

– Ici votre directeur, continua Severus Rogue. Vous avez pour ordre de regagner immédiatement vos dortoirs. Im-mé-dia-te-ment. Tout contrevenant s'expose à un grave danger.

La sensation d'urgence dans le ton du directeur de Poudlard provoqua un frisson dans le dos d'Hermione, avant qu'elle ne se concentre de nouveau sur les objets devant elle.

– Non, fit-elle en secouant la tête. Aucun des deux n'est un Horcruxe.

La déception s'afficha sur les visages des résistants autour d'elle, et une bouffée d'angoisse monta soudainement en elle. Ils étaient venus pour rien. Ils avaient risqué cette expédition pour rien. Et maintenant ils avaient en plus le seigneur des ténèbres à leur poursuite.

– Nous devrions nous replier avant qu'il ne soit trop tard, fit Remus.

– Mais si le seigneur des ténèbres est ici, cela ne prouve-t-il pas que, quel qu'il soit, l'Horcruxe est à Poudlard ? intervint Padma.

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Voldemort était arrivé juste en face du portail gardant l'entrée au parc du château. Malgré tout ce qu'il était en mesure de faire, transplaner dans l'enceinte de Poudlard était encore hors de sa portée. La magie des fondateurs n'avait décidément pas sa pareille. Mais il serait toujours suffisamment vite à la salle sur demande.

Il identifia immédiatement que là aussi, quelque chose clochait. Et pour une fois ce n'était pas un manque de signature magique. Il ne pouvait identifier distinctement chaque individu dans tout ce brouhaha, entre les auras des élèves, celles des professeurs et celle du château lui-même. Mais il y avait une signature magique qui était pour lui immanquable.

D'un geste impérieux il commanda au portail de s'ouvrir, ce que celui-ci fit dans un grincement désapprobateur. Depuis qu'il avait pris le pouvoir, Poudlard manifestait toujours son désaccord de façon subtile, sans pour autant être en mesure de s'opposer à lui. Cela l'avait blessé au début, plus que ce qu'il pouvait admettre, mais il avait fini par mettre cela sur le compte de Godric Gryffondor et de sa clique, qui avaient dû dénaturer le château après le départ de son ancêtre.

Lorsqu'il franchit la limite invisible démarquant le territoire de Poudlard, il se concentra sur l'aura d'Hermione Granger, la localisant au milieu de multiples autres dans le bureau directorial. Autour de lui, le sol trembla sous la violence de sa magie. Comment la sang-de-bourbe avait-elle réussit à se retrouver à Poudlard ?

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Hermione ressentit soudainement un picotement tout autour de sa magie, et elle mit quelques secondes à comprendre ce qui se passait.

– Oh non, fit-elle. J'avais complètement oublié ! Je suis trop stupide !

Elle eut envie de se taper la tête contre les murs devant sa bêtise, et de retourner dans le passé frapper l'Hermione qui avait décidé qu'effacer sa mémoire était une bonne idée. Et ne pas dormir de la nuit aussi.

– Hermione ? s'inquiéta Ron.

– Je crois qu'il a tracé mon aura, il sait surement que nous sommes dans le bureau directorial maintenant, paniqua-t-elle.

Son aura allait le mener tout droit à eux. Il fallait qu'elle se sépare des résistants… à moins que…

– Attendez un instant, fit-elle en voyant Harry et Ron l'entourer comme si elle était malade.

Elle se concentra quelques instants, faisant tournoyer sa baguette autour d'elle, remettant en place les enchantements de Morgana le Fay. Et une fois que son aura eut la même polarité que celle du seigneur des ténèbres, elle posa sur elle plusieurs enchantements la dissimulant.

– Cela devrait le faire. Il ne devrait plus savoir exactement où je me trouve. Mais il faut bouger d'ici. Maintenant.

– Où allons-nous ? demanda Kingsley.

Tous se tournèrent vers Harry qui fit une grimace, et Hermione se demanda depuis quand le jeune homme était devenu le décisionnaire non officiel de l'Ordre du Phénix.

– Peut-être que je pourrais te montrer à quoi ressemble le diadème de Serdaigle Harry ? fit soudainement la voix chantante de Luna. Il y en a une réplique dans la salle commune.

– Très bien ! accepta rapidement Harry.

Hermione le regarda avec suspicion, intimement persuadée qu'il venait d'accepter la proposition de Luna uniquement parce qu'il n'avait pas d'autre plan. Mais déjà Harry avait attrapé le bras de Luna et l'entrainait dans l'escalier. Hermione et Ron se lancèrent à leur suite, bientôt suivis par Neville qui entraina Padma au passage.

– Nous devons activer les défenses de Poudlard, entendirent-ils McGonagall dire. Il ne faut pas qu'il puisse rentrer dans le château.

Puis la porte du bureau directorial se referma sur eux.

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Lorsqu'il avait remonté le parc du château vide d'élèves, la sensation que quelque chose clochait s'était intensifiée. C'était un dimanche après-midi ensoleillé. Partout il aurait dû croiser d'insupportables adolescents fuyant devant lui, au moins de loin. Mais non, le parc était désert.

– Viens plus près de moi, siffla-t-il en fourchelangue.

– Oui mon maître, répondit Nagini en glissant doucement vers lui.

Comment était-ce possible que la sang-de-bourbe soit ici ? Il avait perdu son aura juste après l'avoir localisée, et cela ne signifiait rien de bon. Il ne pouvait expliquer comment elle était en mesure de brouiller sa trace. Et dans tous les cas, sa présence dans le bureau directorial ne pouvait signifier qu'une chose. Severus Rogue était de mèche avec elle.

Le ciel s'assombrit, reflétant parfaitement son humeur. Severus Rogue et son occlumencie parfaite. Serait-il possible qu'il ait toujours été un espion ? Mais qu'est-ce que la résistance avait bien pu lui offrir ? Severus Rogue avait été un jeune homme amer, attiré par le savoir, par le pouvoir, et voulant prouver qu'il n'était pas moins bon que les sang-purs qu'il fréquentait à Serpentard. Un profil tellement facile à manipuler pour lui. Et il lui avait offert une place bien meilleure que tout ce dont il aurait dû pouvoir rêver. Alors pourquoi ? Pourquoi s'allier avec la résistance ? À moins qu'il ne soit simplement proche de la sang-de-bourbe pour une raison qui lui était inconnue ?

Ses pensées tournaient furieusement dans sa tête, et lorsqu'il arriva en vue de l'entrée du château, sa vision devint un instant floue sous le coup de la rage. Les portes de Poudlard étaient fermées. Ils avaient osé fermer les portes de son ancienne école devant lui. Lui fermer les portes de sa première demeure. À lui ! Les arbres les plus proches prirent subitement feu.

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Harry entraina Luna jusqu'en bas de l'escalier en colimaçon, avant de visiblement se rendre compte qu'il lui tenait toujours fortement le bras et de la lâcher précipitamment.

– Excuse-moi Luna, fit-il d'un ton contrit.

– La tour de Serdaigle est par ici, indiqua simplement la jeune fille.

Elle se mit en marche, et ils lui emboitèrent tous le pas. Hermione devait faire tous les efforts du monde pour suivre leur rythme, et son extrême fatigue n'était même pas en cause. Pour la première fois de sa vie, elle était à Poudlard. L'école qu'elle aurait fréquentée s'il n'y avait pas eu le seigneur des ténèbres. L'école où elle aurait appris la magie. À chaque détour, une nouvelle porte, une nouvelle sculpture, un nouveau détail, lui donnaient envie de s'arrêter pour les étudier à loisir.

Les tableaux murmuraient sur leur passage, certains demandant d'un ton outré ce qui se passait, d'autres les encourageants, et d'autres enfin disparaissant subitement de leur cadre. Pour prévenir qui ou quoi, Hermione ne le savait pas, mais elle espérait que ce ne soit pas des mangemorts déjà présents dans le château.

Mais ses espoirs étaient visiblement vains, car s'ils ne croisèrent personne pendant un moment, ils se retrouvèrent soudainement face à Fenrir Greyback au détour d'un couloir.

– Hum hum hum, quelle appétissante surprise, fit Greyback en dévoilant au passage ses dents anormalement longues.

Harry fit précipitamment reculer Luna derrière lui alors que le loup-garou dégainait sa baguette.

– Mais qu'est-ce que ce monstre fait à Poudlard ? murmura Neville.

Sa voix était dégoutée et Hermione ne pouvait qu'approuver. Garder un loup-garou assoiffé de sang dans une école pleine d'élèves était totalement irresponsable. Pourquoi Severus Rogue avait-il fait cela ? À moins que ce soit le seigneur des ténèbres qui ait ordonné cette stupidité ? Surement pour commencer à apprendre aux élèves à craindre le régime en place, pensa-t-elle avec une pointe de mépris.

Les prenant complétement par surprise, Greyback ne leur lança aucun sortilège, mais préféra se jeter physiquement sur eux. Harry lui lança un sortilège qui le manqua, et Greyback rentra de plein fouet dans Padma, la faisant tomber au passage. Avant qu'Hermione n'ait le temps de réagir, Neville se jeta sur lui, le faisant rouler loin de la jeune fille.

Greyback planta ses dents dans l'un des bras de Neville, le faisant hurler de douleur. Ron envoya alors un Stupefix, qui ne fit rien au loup-garou. L'Expulso de Luna n'eut pas plus d'effet. Puis, à sa plus grande horreur, Hermione vit Greyback plonger vers le cou de Neville.

– Segmente ! lança-t-elle instinctivement.

Elle ne pouvait pas vraiment dire pourquoi c'était ce sortilège qui lui était venu à l'esprit, peut-être un rappel de ce que l'homme lui avait fait subir à elle, mais tout ce à quoi elle pensait c'était à protéger Neville de ce fou furieux. L'instant d'après, une dizaine de couteaux en argent se figèrent dans le corps de Fenrir Greyback, le faisant effectivement relâcher Neville. Le loup-garou se recula en titubant, regardant avec incompréhension le couteau qui se trouvait en plein milieu de sa poitrine, avant de s'effondrer sur le sol dans un dernier râle d'agonie.

– Oh mon dieu, fit Hermione.

La main tenant sa baguette se mit à trembler convulsivement alors qu'elle peinait à respirer, son regard figé sur le corps maintenant sans vie Fenrir Greyback. Elle avait tué un homme. Elle avait tué un homme. Elle avait tué…

– Hermione !

Harry lui attrapa le bras, et elle tourna son regard vers lui. Elle se sentait soudainement au bout de ses forces, après sa nuit blanche, les Doloris du seigneur des ténèbres, le Feudeymon dont elle avait perdu le contrôle et la vive angoisse qu'elle avait ressentie en pensant que Neville allait se faire déchirer la gorge.

– Il faut avancer, viens !

Harry tira sur son bras, l'entrainant à sa suite dans les couloirs et Hermione reprit pieds avec son environnement. Elle ne pouvait pas encore se permettre de baisser les bras.

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Voldemort appela avec une telle fureur ses mangemorts que la plupart d'entre eux s'effondrèrent sous le coup de la douleur. Mais s'il pouvait sentir leur état au travers de la marque, Voldemort n'en avait que faire. Il avait beau avoir encore son journal, la coupe et Nagini, si la résistance osait détruire le diadème de Serdaigle il leur ferait payer. Cher. Il allait montrer à tous ceux qui se mettaient sur son chemin qu'il en avait plus qu'assez de leur absurde mouvement de résistance.

Levant sa baguette, il lança plusieurs sortilèges de diagnostic sur les portes de Poudlard. Les enchantements autour étaient basiques, mais d'une puissance si phénoménale qu'il n'était pas sûr de pouvoir l'égaler, même avec la baguette de sureau. Mais il voyait au moins trois façons subtiles de faire plier les portes à sa volonté.

Enfin, ses mangemorts commencèrent à arriver, se regroupant autour de lui avec une crainte écœurante. Il en manquait certains. Rabastan, Barty et Fenrir devaient normalement déjà être dans le château, et il espéra qu'ils avaient réussi à neutraliser au moins quelques-uns des résistants. Une partie de ses mangemorts cependant se trouvait trop loin, et ceux-ci étaient bien trop désespérément incompétents pour pouvoir transplaner en Ecosse en une seule fois, retardant leur arrivée. Pathétique.

Ses mangemorts n'avaient pas intérêt à le décevoir cette fois-ci. Il n'avait à l'instant présent absolument aucune once de tolérance pour l'échec. Il jeta un dernier regard méprisant à ses fidèles avant de tourner toute son attention vers les portes.

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Les résistants avaient quitté le bureau directorial par mesure de sécurité, se regroupant dans celui de la sous-directrice, que Severus Rogue avait gardé intact malgré le fait que Rabastan Lestrange ait repris le poste depuis quelques semaines. Il avait prétexté avoir encore besoin de l'inspecter pour s'assurer que Minerva n'avait laissé aucun piège dedans. Ce qu'elle avait bien sûr fait depuis longtemps. Lui-même n'avait osé fouiller plus que le strict nécessaire dedans, ne souhaitant guère se retrouver l'objet de maléfices de métamorphose bien au-dessus de son niveau.

Minerva et lui avaient activé de nombreux enchantements propres à Poudlard depuis le bureau, mais il avait dû se retirer dans un coin de la pièce lorsque sa marque avait commencé à le bruler férocement. Le seigneur des ténèbres ne l'avait pas appelé non. Il se contentait simplement de le faire souffrir. Il gardait depuis son bras gauche replié contre lui, et seule sa maitrise de l'occlumencie lui permettait de reléguer la douleur lancinante au second-plan.

La plupart des résistants surveillaient les différentes images magiques des environs qui s'étalaient sur tous les murs. Le regard de Severus lui, était fixé sur la silhouette du seigneur des ténèbres, attendant devant les portes avec un calme létal. Si Potter ne trouvait pas l'Horcruxe, et s'ils ne parvenaient pas à tuer Nagini, puis le seigneur des ténèbres lui-même, ils allaient tous mourir. Mais au moins, la situation actuelle ne serait plus son problème. Il aurait fait ce qu'il pouvait pour venger Lily et protéger son stupide fils.

– Là ! remarqua soudain Tonks. Des mangemorts arrivent depuis Pré-au-Lard.

Une fois le portail du parc ouvert par le seigneur des ténèbres, il ne leur avait pas été possible de le refermer, et maintenant un flot de sorciers familiers vêtus de noir se dirigeaient vers le seigneur des ténèbres, s'arrêtant respectueusement derrière lui en attendant ses ordres. Le seigneur des ténèbres attendit quelques minutes, laissant à ses mangemorts le temps de se rassembler, puis il leva sa baguette.

– Combien de temps avant qu'il ne force la porte ? demanda Kingsley.

– Une trentaine de minutes tout au plus, répondit McGonagall.

Des regards inquiets s'échangèrent dans la salle.

– Nous allons avoir besoin d'aide, indiqua Arthur. S'ils pénètrent dans le château et que les enfants n'ont pas encore finit ce qu'ils devaient faire, nous ne serons pas en mesure de les retenir longtemps.

Severus Rogue ne put retenir une grimace dédaigneuse. Minerva, Remus, Kingsley, Tonks, Arthur, Fred et George, Black et lui-même contre une bonne partie des mangemorts et Lord Voldemort en personne ? Ils ne pourraient même pas les retenir dix secondes.

– Mais comment les faire venir ? demanda Remus. Nous ne pouvons pas les faire passer par le parc, cela prendrait trop de temps.

– Si Bill avait été là, nous aurions pu relier la cheminée du bureau directorial aux différentes résidences de la résistance, fit Minerva.

Mais Bill Weasley était toujours entre la vie et la mort au Hameau, avec pour seule compagnie Susan Bones.

– Je devrais pouvoir le faire, fit Sirius Black. Je l'ai vu réaliser les enchantements suffisamment de fois.

Une vague de haine submergea instantanément Severus à la proposition de Black. Il refusait de travailler avec ce cabot stupide. N'importe qui plutôt que lui. Il préférait encore aller affronter le seigneur des ténèbres seul que de supporter le grand, le magnifique Sirius Black. Il s'apprêtait à répondre qu'il était hors de question qu'il collabore lorsque Minerva lui coupa la parole.

– C'est parfait. Severus, Sirius, nous comptons sur vous n'est-ce pas ?

Et Severus soupira. Minerva McGonagall n'était pas Albus Dumbledore, mais tout comme lui, elle avait une façon de poser les choses qui rappelaient à Severus son ancien mentor. Cette façon qui rendait le refus impossible.

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Ils avaient croisé de plus en plus d'élèves en se rapprochant de la tour de Serdaigle. La plupart ne semblaient pas particulièrement alarmés au premier abord, mais leurs expressions changeaient lorsqu'ils les voyaient. Harry et ses cernes qui lui mangeaient la figure. Ron qui hurlait à tous de se pousser de leur chemin. Padma et Luna, toutes deux éclaboussées du sang de Fenrir Greyback. Hermione, les cheveux roussis et sa robe à moitié brulée. Et enfin Neville, son bras gauche serré contre lui, et du sang sur tous ses habits.

– Qu'est ce qui se passe ?

– C'est Lovegood !

– Il y a une attaque ?

– Et Patil !

– La résistance ?

– Où sont les professeurs ?

La détresse se lisait dans les yeux des plus jeunes. Quant aux élèves qui devaient être dans leurs dernières années, ils semblaient hésiter entre continuer le rapatriement des plus jeunes vers leur salle commune et sortir leurs baguettes, ne connaissant pas les intentions des résistants.

– Les préfets, ramenez tout le monde dans les dortoirs ! leur ordonna Padma d'un ton particulièrement ferme. Nous ne voulons de mal à personne, et vous ne voulez pas que qui que ce soit se retrouve en plein milieu de ce qui arrive.

Il y eu un moment d'hésitation mais les préfets ramenèrent l'ordre et recommencèrent à emmener les plus jeunes vers la tour. Les six résistants les suivirent, et lorsqu'ils arrivèrent en haut de l'escalier en colimaçon menant à la salle commune des aigles, la porte était par conséquent déjà ouverte. La pièce était remplie d'élèves, et la majorité les regarda avec ébahissement, et un brin de terreur. Certains pointaient leur baguette sur eux dans ce qu'ils pensaient surement être des gestes discrets.

– Regarde Harry, il est là, sur le buste, fit Luna comme s'ils étaient parfaitement seuls.

Hermione regarda dans la direction qu'elle indiquait et remarqua immédiatement la haute statue de marbre représentant Rowena Serdaigle. L'artiste avait effectivement sculpté sur ses cheveux un délicat diadème. Ils s'approchèrent tous, faisant au passage s'écarter plusieurs élèves.

– Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit, lut à voix haute Hermione.

Elle ne pouvait nier que la devise devait parler au seigneur des ténèbres.

– C'est ça que vous cherchez ? demanda Padma. Mais le diadème est perdu depuis des siècles.

Elle avait insisté sur le dernier mot en regardant Harry et Luna à tour de rôle.

– Raison de plus pour lui pour retourner la planète pour le trouver. Il adore ça, commenta Hermione avec un brin d'acidité.

Harry, Ron, Neville et Padma lui lancèrent un regard étrange mais Hermione haussa simplement les épaules.

– C'est aussi le seul objet que l'on sait de source sure avoir appartenu à Rowena Serdaigle, compléta-t-elle. À part ses écrits bien sûr. Cela en fait un challenge supplémentaire.

– Nous n'avons néanmoins aucune certitude que ce soit le bon objet. Ni aucune idée d'où il peut être, fit remarquer Neville.

– Je doute qu'il soit dans un endroit où les élèves puissent aller dans tous les cas, intervint Ron. Sortons. Il vaut mieux ne pas attirer les mangemorts ici.

Un murmure de frayeur courut parmi les élèves assemblés à l'idée de se retrouver face à des mangemorts.

– Nous allons partir. Si vous restez ici, vous serez en sécurité, leur assura Padma d'une voix forte.

Au même instant, la porte de la salle commune s'ouvrit et trois jeunes élèves entrèrent, accompagnés de ce qui semblait être un minuscule sorcier. Celui-ci s'arrêta brutalement en les remarquant.

– Messieurs Londubat, Potter et Weasley, mesdemoiselles Lovegood et Patil, salua-t-il avant de se tourner vers Hermione. Et mademoiselle ?

– Granger. Hermione Granger, fit-elle.

– Enchanté. Si vous souhaitez sortir c'est maintenant. Je vais verrouiller l'accès à la salle commune.

– C'est ce que nous étions sur le point de faire professeur Flitwick, répondit doucement Luna.

– J'ai croisé Minerva, ils se dirigeaient vers le bureau de la sous-directrice, rajouta le professeur.

Ils le remercièrent et se rapprochèrent rapidement de la sortie.

– Eh Patil ! Lovegood ! Et si nous voulons nous battre ? demanda soudain une voix.

Hermione se retourna. Une jeune fille brune venait de se placer fièrement devant les autres élèves. Elle avait un badge de préfet, et devait du coup être au moins en cinquième année, mais elle lui parut effroyablement jeune. Et autour d'elle, Hermione vit certaines personnes hocher la tête en signe d'assentiment, alors que d'autres regardaient la jeune fille avec effroi, voir hostilité.

– C'est hors de question ! intervint sèchement Hermione. Vous n'avez aucune idée de ce qui vous attend dehors. De ce qui attend vos familles si jamais le seigneur des ténèbres ressort vainqueur de cette bataille et que vous y avait participé. Vous. Restez. Tous. Ici.

Ses paroles planèrent un instant dans le silence le plus complet, et la jeune fille brune la regarda avec un étonnement mêlé de crainte. Puis les six résistants s'empressèrent de sortir de la tour alors que le professeur Flitwick restait encore un peu pour calmer l'agitation qui explosa au moment de leur départ.

Une fois en bas de l'escalier ils se précipitèrent dans la première salle venue et s'appuyèrent plus ou moins contre les tables posées là. Hermione ferma même un instant les yeux, espérant vainement que cela chasse sa fatigue. Elle avait déjà pris quatre doses de pimentine. La limite journalière était de deux, et elle ne voulait pas griller toutes ses cartouches trop tôt.

– Et maintenant ? demanda Neville.

– Quel que soit l'Horcruxe, il faut trouver où il est. Ou au moins passer pas trop loin. Tu pourras le sentir Hermione n'est-ce pas ? fit Ron.

Hermione fit une grimace.

– Pas vraiment. La magie de Poudlard est suffisamment puissante pour brouiller les pistes. Et ce que j'ai fait pour que le seigneur des ténèbres ne me détecte pas handicape aussi mes perceptions.

– Et il ne t'a jamais parlé de quelque chose qui puisse nous mettre sur la piste ?

C'était Harry cette fois-ci qui la regardait avec espoir.

– Nous n'avons que très vaguement parlé de Poudlard, répondit Hermione.

Hermione se souvenait avoir posé quelques questions sur l'école, mais les seules réponses qu'elle avait généralement reçues étaient que les personnes comme elle n'y avaient pas leur place. Et au milieu de toutes leurs discussions, elle n'avait maintenant aucune idée de ce qui pourrait finalement s'avérer important.

– La chambre des secrets de Serpentard ? proposa soudainement Neville.

– C'est une légende, répondit Ron.

– Si on considère qu'il a pu trouver le diadème de Serdaigle, pourquoi pas la chambre des secrets ? argumenta Harry.

Il s'était mis à faire les cents pas dans la pièce, rendant tout le monde encore plus nerveux.

– Mais nous, nous n'avons aucune idée de où est cette prétendue chambre des secrets, fit Ron avec une pointe d'exaspération. Et je vous rappelle qu'il est censé y avoir un monstre dedans.

Hermione essaya de diminuer la peur panique qui s'insinuait en elle, en vain. Ils étaient là, dans une salle de classe vide, impuissants, alors que Voldemort et ses mangemorts étaient déjà en train d'attaquer le château et les autres résistants.

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Un bruit assourdissant retentit et les portes de Poudlard s'ouvrirent en grand. Un sourire cruel s'afficha sur les lèvres de Lord Voldemort. Il ne lui avait fallu que quinze minutes pour plier les enchantements à sa volonté. Quinze minutes pour surpasser le pouvoir alloué au directeur de Poudlard. Quinze minutes pour faire comprendre au château qu'il était incontestablement le sorcier le plus puissant ici.

– Trouvez les résistants, ordonna-t-il à ses mangemorts. Et prévenez-moi si vous voyez Harry Potter, Hermione Granger et Severus Rogue. Je les veux vivants.

Il sentit le regard surpris de ses mangemorts mais ne s'y attarda pas. Il se fichait de ce qu'ils pensaient, du moment qu'ils exécutaient correctement ses ordres. Il avait besoin de Potter pour récupérer la cape maintenant que la bague des Gaunt trônait sur sa main. Il avait besoin d'Hermione parce qu'elle portait l'amulette de Seth. Et personne ne lui volerait le plaisir de tuer Severus Rogue.

Dès que ses mangemorts pénétrèrent dans le hall de Poudlard, un bruit de bataille s'éleva. Il avait senti au fur et à mesure de ses enchantements les résistants se rassembler dans le hall, de plus en plus nombreux. Plus que ce qu'il aurait pensé. Mais toujours moins que ses mangemorts.

– Lucius, Bella, Tyler, venez.

Ses plus proches mangemorts et Nagini à sa suite, Voldemort se glissa à l'intérieur du château. Immédiatement, des sortilèges volèrent vers eux et des résistants se placèrent sur son chemin. Mais il ne voulait pas perdre de temps avec ces futilités. D'un geste ample il dévia tous les sortilèges, et d'un autre mouvement de baguette il fit disparaitre tous les abrutis qui se trouvaient sur son chemin. Il avait un diadème à récupérer.

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– Nous pourrions suivre le seigneur des ténèbres non ? fit Luna d'une voix rêveuse. Il va vouloir récupérer son Horcruxe en premier lieu.

– Et on fait quoi une fois qu'il l'a récupéré ? On lui demande gentiment de nous le donner ? répondit Ron.

– On pourrait au moins regarder vers quel endroit il se dirige non ? fit Neville.

Il regardait avec insistance Harry, et Ron aussi finit par se tourner vers lui. Harry hocha la tête, puis farfouilla dans ses poches avant d'en sortir un vieux parchemin. Il marmonna quelque chose, tapota avec sa baguette dessus, et Hermione vit avec fascination des lignes se dessiner dessus. Elle s'approcha, et remarqua qu'il s'agissait d'une carte du château. Avec la position de chacune des personnes dedans.

– Pourquoi ne l'avons-nous pas utilisée plus tôt ? demanda-t-elle.

– On savait où on allait, répondit Harry.

Il lui lança cependant un regard d'excuse, et elle en déduisit qu'il n'avait pas pensé qu'ils puissent tomber sur des mangemorts. La présence des forces du seigneur des ténèbres à l'intérieur des murs leur sauta aux yeux, et Hermione vit de nombreuses étiquettes s'entremêler dans le hall.

– Où est-il ? demanda Padma avec inquiétude. Il n'est pas avec les autres.

– Ici ! pointa Neville.

Au bout de son doigt se trouvaient cinq étiquettes. Tyler Greengrass. Lucius Malefoy. Bellatrix Lestrange. Nagini. Et Lord Voldemort. Un ensemble qui faisait froid dans le dos, et Hermione sentit son cœur se mettre à battre plus vite sous le coup de la peur en imaginant le seigneur des ténèbres parcourir les couloirs du château.

– Comment fait-il pour forcer la magie de la carte à afficher son pseudonyme ? s'étonna Ron.

– Il ne force pas la magie de la carte Ron, répondit Hermione. C'est sur son nom qu'il a dû placer des enchantements.

– Ils se dirigent vers où ? demanda Luna.

– Ils montent, fit Harry après quelques secondes d'observations. Et ils vont plutôt vers l'est.

Harry, Ron, Neville, Luna et Padma échangèrent un regard dont Hermione se sentit exclue.

– La salle sur demande, fit enfin Neville.

– Oui, j'imagine qu'elle peut effectivement servir à stocker des objets si la demande est formulée correctement, acquiesça Harry.

– On peut y être avant eux si on y va maintenant, estima Padma.

Il y eut un nouvel échange de regard, puis, d'un même mouvement, Harry, Ron, Hermione, Neville, Luna et Padma s'élancèrent dans les couloirs.

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AN : À la semaine prochaine pour le dernier chapitre (avant l'épilogue) !