Bonjour! On est mercredi, donc voici une autre suite. Les choses sérieuses commencent ou se terminent, cela dépend de la façon dont on voit les choses hé.
Bonne lecture ;)
Après leur retour de leur diner, Jo et Henry avaient évidemment profité d'une soirée intime et s'étaient endormis après un enchainement de rounds, mais dans la nuit, Henry n'arrêtait pas de tourner et retourner dans son lit, pensant non stop à la (nouvelle) confrontation qu'il aurait avec Adam.. Il avait presque hâte d'en finir et l'idée de se débarrasser de son ennemi pour de bon, lui était purement jubilatoire.
À force de bouger dans tous les sens, il finit par réveiller Jo
- Henry ! Qu'est ce qu'il y a ?
Il s'arrêta immédiatement de bouger, se disant peut être qu'il devait arrêter de faire l'enfant gâté. Il se retourna sur le côté pour faire face à Jo qui le regarda d'un air endormi, avec seul la lune éclairant leurs deux silhouettes. Il ne put s'empêcher de sourire à cette vue, elle avait les cheveux en bataille et quelques mèches qui retombaient devant ses yeux, le drap cachait complément sa nudité mais son épaule dénudée était en dehors du drap. Il tourna une mèche de ses cheveux dans ses doigts
- ce n'est rien.. Excuse moi.. Je pense beaucoup mais rendors toi.
Dans le peu de lueur, il la vit rouler des yeux. Elle s'assit en tenant le drap contre elle et alluma la lampe de chevet. Henry grogna, il savait qu'il aurait droit à une petite leçon.
- Henry ! Je te connais bien. Tu as quelque chose qui te tracasse. Dis moi ce que c'est.. À ce niveau la, je crois qu'il n'y a plus grand chose que je ne puisse supporter.
Il se redressa à son tour et se mit derrière elle, la tenant entre ses jambes, enroulant ses bras autour d'elle. Il posa son menton sur son épaule, en soupirant.. Il n'allait pas lui parler d'Adam parce qu'elle allait certainement le dissuader, alors il décida d'aller au sujet qu'ils avaient assez évité, celui de son immortalité à elle.
- je pensais… À ces dernières heures, tout ce qui est arrivé.. Honnêtement Jo, tu es certaine que ça va ? Tu me parais si calme avec cette histoire d'immortalité
Il la sentait se tendre au creux de ses bras.. Peut être créait t-elle une façade, tel qu'elle en avait l'habitude.
- Henry.. Je t'ai dit de ne pas t'inquiéter pour moi.. Je vais gérer.. De toute façon, je ne peux rien y faire désormais. Sûr que je ne m'y attendais pas, mais tu n'avais pas le choix.. Tu m'as sauvé et pour ça, ça vaut tout le reste.. Je préfère avoir l'éternité avec toi plutôt que de savoir que tu aurais pu te morfondre pendant un siècle, sans moi. Tu ne mérites pas d'être seul, je veillerais sur toi.
Elle se tourna légèrement et colla son front contre le sien. Elle vit les yeux d'Henry briller et une petite larme coula sur sa joue, qu'elle essuya délicatement avec son pouce
- je sais que je n'ai pas eu le choix mais tu aurais eu le droit de m'en vouloir de toute façon.. Je veux dire, je ne t'ai pas demandé ton avis, tu t'es retrouvé dans cette position et l'idée de te perdre me brisait tellement.. C'était une mesure désespérée et je n'avis aucune idée de son effet, mais il fallait que je tente
- tu as vraiment bien fait. Je ne t'en voudrais jamais Henry, pas pour si peu… Enfin d'accord, ce n'est pas rien mais il faut simplement voir le bon côté des choses.
Elle se retourna pour se coller complètement contre son torse, resserrant ses bras autour d'elle. Il reposa sa tête dans son cou, et le lui embrassa, Jo chuchota
- je n'aurais plus jamais à m'inquiéter à l'idée de perdre un autre homme que j'aime, plus jamais.
- et moi de même - répondit-il sur la même tonalité - je t'aime Jo
Elle passa une main derrière son cou, il releva les yeux vers elle et ils partagèrent un doux baiser. Elle finit par le basculer pour s'allonger sur lui et le regarda dans les yeux, en jouant avec ses boucles brunes
- je t'aime aussi Henry !
Elle ferma rapidement les yeux, sentant les bras d'Henry qui l'emprisonnaient dans son étreinte chaleureuse. Il poussa un soupir.. Il n'aimait pas plus lui mentir, surtout maintenant mais il ne tenait pas à la mettre davantage en danger. Il préférait la préserver d'Adam, il ferait ce qu'il aurait à faire et quand tout serait fini pour de bon, il pourrait enfin vivre une vie plus ou moins normale avec l'amour de sa vie.
Ce pourquoi, il n'eut que quelques heures de sommeil après son dernier réveil. Il était encore très tôt, le soleil se levait juste et à tendre l'oreille, Abe dormait bien profondément.
Il regarda Jo dont rien ne semblait perturber le sommeil. Elle avait sa main posée sur son torse et sa tête au travers de sa cicatrice et elle respirait régulièrement, cela signifiait qu'elle dormait bien profondément également. À contrecoeur, il la repoussa délicatement, recouvrant son corps nu en remontant le drap jusqu'à ses épaules. Il se dégagea dans la plus grande discrétion et embrassa le front de Jo en quittant le lit. Il lui murmura
- promis, je reviens vite. Je dois m'occuper de quelque chose mais dés que c'est fait, je reviens me coucher prés de toi.
Elle changea simplement de position en poussant un petit soupir mais ne se réveilla pas pour autant. Henry attrapa rapidement ses vêtements et s'habilla en quelques minutes, toujours gardant un oeil sur Jo.. Ses instincts de flic pourraient faire qu'elle se réveille d'une minute à l'autre.
Il fouilla dans son armoire, vérifiant que le pugio était bien caché parmi toutes ses vieilleries, il le prit et l'observa quelques minutes… Il espérait que cela fonctionnerait, il n'avait vraiment pas envie de voir une autre déception encore une fois.
Certainement qu'Adam n'était pas le seul immortel à qui il manquait un boulon mais personne ne pouvait être pire que cet homme, ou en tout cas, il l'espérait.
Il sortit discrètement de la boutique et hâla un taxi pour se rendre au tout premier lieu de rendez-vous où Adam l'avait tué pour la première fois, c'est à dire la maison de l'affaire Mark Bentley, le premier homme que Jo avait tué dans toute sa carrière de flic.
New York était calme en ce presque début de weekend, le rush habituel n'existait pas durant l'été et cela arrangeait Henry qui voulait en finir au plus vite avec Adam.
En apparence il était tout de même calme, et dans sa tête personne ne pourrait deviner qu'il prévoyait de tuer un ennemi de longue date mais en lui, il bouillait de le voir agoniser devant lui, voir ce plaisir que lui avait eu à chaque fois qu'il le tuait ou bien au moment où il avait tué Jo.
...
Il arriva environ une quarantaine de minutes après, à la maison. Elle était naturellement vide et rien n'indiquait qu'Adam vivait la.. De plus, il choisissait un endroit où il y avait quand même un certain voisinage..
Il descendit les marches, tout en restant sur ses gardes.. Le pugio bien serré contre lui et s'attendant à la moindre attrape d'Adam.. Quand il arriva dans le sous-sol, il ne vit personne, si ce n'était qu'une tonne de poussière.
Henry savait qu'Adam n'était pas le genre à se dégonfler.. Il aimait trop jouer pour ça mais il se demandait si il n'avait pas plutôt fait exprès de lui donner une fausse piste, peut être ?
Il tourna et retourna en rond dans le sous-sol jusqu'à ce qu'il finisse par apercevoir le post-it collé sur le vieux tableau à outils de la famille Bentley. Il le décolla et le parcourut rapidement.
Il leva les yeux au ciel et sortit par la porte arrière du sous sol.
Évidemment qu'il l'avait mené en bateau.. Adam n'était pas aussi idiot de confronter son ennemi dans un lieu qui pourrait rapidement alerter les forces de l'ordre.. Quoique connaissant son sadisme, cela aurait tout à fait pu être possible.
Il retrouva Adam dans une vieille morgue qui ne servait plus désormais.. Au moins, les choses seraient plus simples si il devait le tuer, il n'aurait même pas besoin de se fatiguer.. Vu que cette morgue n'était plus, il pourrait rapidement se débarrasser de son cadavre
Il le vit dans l'ombre, avec son habituel petit béret qui le mettait hors de lui, il lui arracherait bien pour lui faire avaler par les narines et qu'il s'étouffe avec.. L'envie de demander si quand il mourrait son béret revenait à lui par la suite, mais il se retint.. Bien que la pensée lui tordait l'estomac et qu'il devait se faire violence pour ne pas éclater de rire, il était la pour un business sérieux.
- vous êtes arrivé plutôt vite - lança Adam d'une voix sarcastique
Henry avança lentement vers lui, son esprit et sa tête n'étaient plus coordonnés et tout ce qu'il voulait était en finir avec lui.
- et vous, je ne pensais pas vous trouver la à cette heure ci ?
Adam haussa les épaules, sans pour autant bouger
- vous plaisantez j'espère ? Quand j'ai vu que hier vous ne veniez pas, je me suis douté que quelque chose vous a retenu…. Vous devez certainement avoir beaucoup de papiers à faire pour cette chère Jo.
Même si elle était vivante, Henry ne put empêcher la sensation de brulure qui lui déchirait l'estomac et lui donnait un instinct de tueur qu'il savait qu'il n'avait pas.
- et pourquoi me faire venir dans une vielle morgue abandonnée ? Elle ne représente rien pour nous deux
- justement.. Aucun de nous n'a vraiment fini la dans.. Vous y travaillez mais c'est différent mais aussi, corrigez moi si je me trompe mais c'est aussi dans une morgue que vous avez rencontré le Détective Martinez pour la première fois.. Je veux dire, elle s'est présenté à votre morgue, et vous ignoriez à ce moment à quel point votre vie allait changer avec elle.
Henry serra des poings.. Sa conscience lui disait de rester tranquille, qu'il fallait faire les choses dans l'ordre, sans créer plus de problèmes, mais la mauvaise part en lui, souhaitait le clouter sur le mur et l'asséner d'autant de coups de pugio que Jules César en avait eu.
- cessez de parler de Jo.. Vous ne faites que remuer le couteau dans la plaie pour me faire plus de mal.. Vous m'avez arraché deux femmes que j'aimais.. J'ai réussi à avancer pour Abigail car cela fait des années que c'est arrivé mais Jo..
Il ferma les yeux.. Raconter tout un bobard en prétendant que la femme qu'il aimait était morte était encore pire que lorsqu'il avait dû lui cacher son identité pendant toute une année.
- je l'aimais de tout mon coeur.. Plus que tout au monde. J'ai aimé Abigail vraiment fort mais ce que je ressentais pour Jo était différent.. Je savais qu'elle était l'amour de ma vie et je me fichais de voir le temps passer, elle m'a vraiment aidé.. J'en étais fou amoureux et vous me l'avez enlevée.. Il y a t-il quelque chose que vous ne prenez pas aux gens ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi moi ? Je n'ai jamais rien demandé et Jo non plus !
Indirectement, il parlait la de l'immortalité de la jeune femme mais ça, Adam ne pouvait pas le savoir.
- certes - répondit son ennemi d'un ton vague - mais bon que voulez vous ? Si chacun avait fait ce qui lui était demandé, rien de tout cela n'était arrivé.. Et croyez moi que je sais à quel point vous aimiez le détective Martinez.
Henry était maintenant à la hauteur d'Adam et ils s'affrontaient durement du regard
- rien ne pourra la ramener.. Mais je ne pourrais plus vous laisser vous en tirez ainsi.. Vous allez arrêter de pourrir nos vies.
Adam pouffa
- et quoi ? Vous comptez faire quoi Henry ? Essayez de me tuer ? Encore une fois ? Vous savez que c'est sans espoir
Henry dissimula le petit sourire qui voulu s'étirer le long de ses lèvres
- en réalité cher Adam.. On ignore si votre arme qui vous a tué, peut finir définitivement avec votre vie.. On a vu que ce n'était pas le cas avec moi mais qui nous dit que tout marche dans les deux sens ?
Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, Henry vit un regard de terreur dans les yeux d'Adam. Apparemment, il n'avait vraiment pas pensé à cette possibilité. Il fit un petit sourire carnassier et commença à tourner autour de son ennemi.
- reprendre ce qui vous a été donné pourrait vous servir de leçon.. Vous ne méritez pas d'être immortel, vous êtes un psychopathe et un tueur.. Vous n'hésitez jamais à faire couler le sang et pour ça, je ne serais jamais désolé de vous tuer si cette arme est la solution.
Adam commença à transpirer.. Il fourra ses mains dans ses poches et dit d'une voix qui se voulait posée
- enfin Henry.. On ne va pas se battre si tôt dés le matin.. Il n'est même pas 10h.. Vous êtes un homme réfléchi, je sais bien que vous ne ferez rien de tel.. Comme vous l'avez dit vous même, rien ne pourra ramener la femme que vous aimez..
- le fait d'être un homme réfléchi ne m'empêchera pas d'éliminer quelqu'un qui nuit à la vie de tout le monde… Je me fiche qu'il soit très tôt, il n'y a pas d'heure pour mourir, vous nous l'avez bien démontré lorsque vous avez tué Jo de sang froid.
Henry se décala de lui, faisant mine de s'éloigner.. Adam crut que pour cette fois, il serait épargné mais le docteur se retourna avec le pugio en avant, prêt à le planter dans le coeur d'Adam, ce qu'il ne vit pas venir et l'obligea à reculer jusqu'à ce qu'il soit bloqué par les anciens frigos qui contenaient les corps. Henry était rouge de colère et il semblait que rien n'était capable de l'arrêter
- c'est la dernière fois que vous me faites du mal.. À mes proches mais aussi à moi. Allez en enfer et ne revenez plus !
