Note : Hello à toutes et à tous ! Nouvelle semaine, nouveau chapitre musical. L'air de Liszt qu'écoutent John et Sherlock peut être trouvé sur youtube en tapant "préludes symphonic poem" (que je recommande aussi chaudement que mon thé aux épices).
Bêtas : un énorme merci à Nathdawn et Kathleen-Holson.
Le nez enfin sorti de l'air irrespirable de Waterloo Station, John inspire et tourne rapidement sa tête de gauche à droite sur York Road avant de traverser au pas de course. À sa montre, il est 19h24, ce qui lui prouve que, une fois encore, il est parti bien trop tôt. Pas comme s'il avait eu le choix.
Ça fait très exactement une semaine que Sherlock évoque tous les jours Denosa, le Royal Festival Hall ou bien même rien qu'un instrument de musique, laissant à John l'impression étrange que rien n'importe vraiment d'autre pour le détective. Parce que cette histoire de Moriarty finie, l'ex-soldat pensait - à tort - que Sherlock se jetterait sur la prochaine autre affaire comme sa tante Annie se jette sur les coupons de réduction de Sainsbury. Mais voilà huit jours qu'ils n'ont pas mis les pieds dans la piscine, huit jours qu'absolument rien ne se passe et huit jours que le détective semble parfaitement d'accord avec cette inactivité inédite. La musique a vraiment un pouvoir magnétique sur Sherlock Holmes.
Néanmoins, face aux immenses portes en verre qui tournent sur elles-mêmes, John oublie ces poussières d'angoisse et revient à la réalité très concrète des costumes Armani et des robes Ted Baker qui l'entourent comme le caviar entoure la mouche. C'est un peu gênant, alors il referme sa veste à empiècement en cuir pour cacher sa chemise à carreaux et baisse le menton en réponse à tous ceux relevés autour de lui. Il n'est jamais venu dans une salle de concert aussi chic, ça sent le pound jusque dans les mouchoirs en tissu où se cachent les nez frappés par l'arrivée du mois d'octobre. Il n'a pas le temps de se tourner une fois sur lui-même pour chercher Sherlock dans l'immense hall, que la vibration contre son flanc gauche le fait déjà sourire.
Entrée gauche. Sièges 14 & 15 W. Jolie chemise. SH
John cache son portable dans sa poche et se maudit de ne pouvoir cacher avec autant de facilité le rose de ses joues avant de hâter le pas vers les marches de l'entrée désirée. Les pieds écrasant la molle moquette, John grimpe et grimpe encore avant de découvrir une jeune femme brune au chemisier équivoque qui vérifie son billet imprimé avant de lui indiquer son siège. Il se glisse dans la première des trois rangées et s'excuse poliment auprès des personnes assises qui contorsionnent leurs jambes pour le laisser passer - et si des gens lambdas sont déjà serrés, John trépigne d'impatience à l'idée de savoir comment Sherlock peut tenir dans cette boîte à sardines.
La réponse lui arrive bien vite. Au milieu de la rangée, enveloppé dans son manteau noir, les bras contre son torse comme s'il portait une camisole et les jambes étrangement croisées et écrasées contre le rebord en bois, Sherlock Holmes impose à la pièce un respect absurde qui fait déjà sourire le médecin.
« Pas trop serré ? »
Et comme s'il ne sait pas trop si Sherlock le regarde ou tente réellement de le tuer avec ses pupilles sombres, John s'assoit sans commenter une seconde de plus la situation.
« Tu es arrivé depuis longtemps ? »
« Non. »
« Pourquoi est-ce que tu portes encore ton manteau ? »
« Parce que. »
John lève les yeux au ciel et se débarrasse rapidement de sa veste qu'il pose à plat sur ses genoux avant d'attraper le tissu noir qui couvre le détective.
« Okay, retire ça maintenant, tu vas avoir froid en sortant sinon. »
Apparemment, c'est un concours de celui qui connaîtra le mieux le plafond ce soir car Sherlock hausse les yeux si haut que John se sent obligé d'en faire de même.
« Gamin. », murmure le blond.
« Maman. », répond son ami, avant de se contorsionner bizarrement pour laisser John l'aider à se déshabiller malgré le peu de place.
Le manteau enfin posé sur le siège vide à la droite du détective, John découvre le costume dans lequel s'est glissé son colocataire. Le tissu est si chic et l'ensemble si bien coupé qu'il est clair que le médecin ne pourra jamais s'offrir le même. Il baisse le visage, écrase le bout de son menton contre son torse pour regarder sa propre chemise, d'un bleu clair d'où il a déjà dû recoudre un bouton et tourne le visage à sa gauche, puis à sa droite, avant de se pencher en avant. Sur le côté surélevé où ils sont installés, il y a quelques hommes et femmes un peu plus jeunes qu'eux, aux costumes approximatifs et aux jupes simples. Devant néanmoins, sur les sièges face à la scène, il retrouve les mêmes comptes en banque qu'il a croisé dans l'entrée. Il est clair qu'ils sont actuellement assis sur les places les moins chères. Alors, pourquoi est-ce que Sherlock les as choisis ?
« Sherlock ? »
« Mh ? »
« Qu'est-ce qu'on fait là ? »
« Nous venons écouter de la musique, John. Tu n'y connais rien parce que tu crois que la musique est un accompagnement comme une sauce qu'on rajoute à une viande, mais tu sais qu'il y a des gens qui, lorsqu'ils écoutent de la musique, ne font rien d'autre ? »
« Okay, premièrement, je ne suis pas tout à fait débile. Deuxièmement, est-ce que tu viens vraiment de comparer la musique à de la nourriture ; toi ? Et troisièmement, on a les places les plus pourries. Tu n'as même pas la place pour mettre tes jambes ! »
« Les moins chères. », corrige Sherlock, les bras toujours croisés contre son torse et les yeux fixés sur la scène encore vide contrairement à la salle qui se remplit dans un brouhaha discret.
John fronce les sourcils et se penche à nouveau sur la rambarde pour mieux observer les sièges moelleux si loin d'eux.
« Il restait des places vides, pourquoi est-ce que tu n'as pas voulu qu'on achète des... »
Les lumières s'éteignent avec grâce, comme la flamme d'une bougie sur laquelle on aurait soufflée et les yeux de John s'ouvrent en grand. Il tourne la tête et Sherlock en fait de même, ils se regardent et inutile de compter sur le manque de luminosité pour cacher le sourire discret qui illumine son visage. Il est clair que si Sherlock aurait pu se payer un de ces sièges, John n'aurait pas pu en faire de même et sa fierté n'aurait jamais admis que son ami le fasse à sa place. Alors les voilà assis tous les deux sur des strapontins grinçants aux coussins aussi moelleux que la pierre, mais au moins, ils sont assis à côté. Et ça semble suffire à Sherlock. En tout cas, ça suffit à John.
Lorsque les applaudissements accompagnant les musiciens cessent et que le chef d'orchestre finit de saluer la salle pleine, il y a quelques secondes de silence avant que ses bras ne se lèvent et que le premier violon ne commence. La mélodie est plaintive, le son rauque. John ne connaît pas Max Bruch alors il découvre les sons comme un enfant qui découvre la vie, et les tremblements dans son ventre lui prouvent que tout ça a une force primitive qu'il serait bien idiot d'essayer de décrire. Il lui faut un peu de temps avant de réaliser que c'est la première fois qu'il se retrouve dans une salle aussi grande pour écouter des musiciens aussi expérimentés. Même à son âge, il lui reste de nouvelles choses à vivre. Ce qui est sans nul doute la meilleure nouvelle qu'il ait eu depuis longtemps.
Doucement, ses yeux quittent la scène et glissent sur le parterre des sièges première classe quasiment tous remplis. Il y a un vieil homme avec une main tremblotante qui encercle une canne, une femme un peu plus loin qui cache du mieux qu'elle peut l'écran bleuté de son téléphone où elle tape avec son pouce. Plus les rangs s'éloignent et plus ils se remplissent - apparemment, la crise ne touche pas que les assistants de détective. Il a beau devoir tourner la tête à sa droite pour admirer la scène, il n'empêche que Sherlock et lui sont plus près des musiciens que les gens assis au fond de la salle. Finalement, ils ne sont pas si mal logés.
« Merci de n'avoir pas mis de pull. », murmure Sherlock, penché vers lui.
John sourit et se penche à son tour :
« Je n'ai pas eu vraiment le choix. »
« Auraient-ils disparus ? »
« Aurais-tu quelque chose à voir avec ça ? »
« Ça dépend, tu as des preuves ? »
« Tu les détestais. »
« Bien, tu as le mobile, mais as-tu des preuves ? »
« Si je fouille ta chambre, je pense que j'en trouverai. »
« Oh, ça serait adorable de te voir fouiller dans mes placards. »
John hausse un sourcil et Sherlock sourit. Ils se regardent du coin de l'œil et sursautent au premier Chut ! qui résonne loin derrière eux. Assis à nouveau dans le fond de leurs sièges comme deux gamins punis, ils tentent de retenir leurs rires et reposent leur attention sur la scène où le premier violon, debout à côté de Denosa, excelle dans un solo qui fait frissonner le médecin. Est-ce que Sherlock frissonne aussi ? Où connaît-il si bien l'air que cela ne lui fait plus rien ? Est-ce que Sherlock va pleurer, comme au mois de mars dernier ? John n'est pas sûr s'il préférerait que ce soit le cas ou non.
C'est étrange, en fait, c'est la première fois que l'ex-soldat se retrouve assis à côté de Sherlock, entourés d'un public aussi conséquent. Le brun possède tous les disques de musique classique du monde, alors, pourquoi se déplace-t-il pour aller écouter quelque chose qu'il connaît déjà par cœur ?
« Tu as ce CD, pas vrai ? », murmure le médecin en se penchant à nouveau.
« Bien sûr, John. »
« Pourquoi est-ce tu viens l'écouter ici alors ? Tu es au courant que tu es entouré de gens normaux ? »
« Bien sûr que nous sommes entourés de gens ennuyeux. Mais il y a quelque chose ici, qu'il n'y a pas dans les enregistrements. », répond Sherlock, les yeux toujours rivés sur Denosa dont les gestes se font plus rapides, signifiant la fin imminente du morceau. « L'imprévu. », sourit-il finalement en tournant à peine sa tête vers celle de John et ce n'est pas vraiment gênant s'ils sont tellement près l'un de l'autre que le blond sent le souffle de son colocataire sur son visage, car il faut qu'ils fassent le moins de bruit possible, et c'est la seule et unique raison qui le pousse à accepter cette proximité, bien sûr.
John sourit. Sherlock a non seulement traduit dans sa propre langue le mot normal en ennuyeux, mais de plus il a dit nous au lieu de je. Le médecin n'a jamais été doué avec les langues, mais celle-ci, il commence vraiment à l'apprécier.
Il lui faut encore une demie seconde avant de reporter son attention sur la scène où chacun des musiciens accélèrent poignets et doigts, le souffle de la salle entière a la chaleur des notes. Les violons s'activent et les flûtes traversières expirent plus fort encore que le blond qui a posé ses coudes sur la rambarde, comme complètement aspiré par ce tourbillon génial. L'apothéose est rythmée par les cymbales, la grosse caisse et les mouvements du chef d'orchestre, plus expressifs que jamais. Le roulement de tambour se mêle au battement du cœur du militaire et la dernière note a cette force magique qui pousse chacun des spectateurs sur ses pieds, debout face à ces musiciens qu'ils applaudissent à s'en faire mal aux mains.
D'un coup d'œil à sa droite, John voit Sherlock debout qui lui sourit. Venir ici était définitivement une bonne idée.
Après l'entracte où John a soigné sa soif en découvrant que les bouteilles d'eau de 33cL coûtent 5,50£ au bar de la salle de réception, Sherlock et lui-même sont revenus s'asseoir à leur place avant que les lumières ne s'éteignent à nouveau.
Cette fois, c'est Sherlock qui s'est penché en avant, les fesses à peine posées sur le siège peu confortable, les coudes posés sur la rambarde ; la raison est hongroise. Dans sa main droite, John presse un peu plus fort la petite feuille A5 où est écrit le programme : Franz Liszt, Les Préludes, Poèmes Symphonique N°3, S.97. Ce n'est pas un air que Sherlock a déjà fait retentir dans le salon du 221B, et John lui en veut immédiatement.
Les premiers violons grondent une tendre note qui a la douceur d'une caresse. Ce n'est pas Bruch, ce n'est pas une mélodie expressive et dansante, c'est le va-et-vient d'une vague sur une mer calme qui berce la salle entière, presque timidement au début. John ne pourrait pas dire pourquoi, et c'est sûrement très naïf, mais il lui semble que les notes ont la couleur des débuts. C'est comme une promesse, il ne sait pas où la mélodie va le mener, mais Dieu qu'il est prêt à la suivre, corps et âme. La mélodie ressemble un peu à Sherlock finalement.
Les instruments de percussion se mêlent à la partie. Fini le temps de la naïveté, maintenant, c'est la beauté d'un combat que Liszt semble vouloir traduire. Et ce n'est pas John Watson qui reculerait sur le champ de bataille. Sans s'en rendre compte, il se penche à son tour, appuie le cuir de ses coudes sur la rambarde et tourne la tête vers Sherlock, mais qui n'en fait pas de même. Il garde ses yeux clairs sur les gestes adoucis de Denosa dont on devine sans mal les gouttes de sueur à l'arrière de son crâne aux cheveux blancs. Il n'y a plus vraiment d'heure, de Sud ou de Nord, c'est un de ces moments génial où tout ce qui importe seulement est la musique à leurs oreilles, à leurs yeux et à leurs âmes toutes entières. Qu'ils sont loin les Bee Gees et leur promesse morbide.
« Tu es bien conscient que je te lâcherai plus quand tu viendras écouter un concert à nouveau ? »
« Si tu restes habillé convenablement, je ne vois pas de raison de m'en plaindre. »
« Est-ce qu'on va réellement passer la soirée à parler de la façon dont je m'habille ? », sourit John penché vers son colocataire.
« Sauf si tu préfères qu'on parle de la façon dont tu ne t'habilles pas. »
John pouffe un rire sonore contre son poing et Sherlock mord sa lèvre inférieure pour faire le moins de bruit possible, mais il faut croire que c'est déjà trop, car les murmures excédés des gens autour d'eux reprennent de plus belle.
« Sherlock, on va se faire virer. »
« Arrête d'être si bon public à mes blagues, alors. », offre comme un défi le détective en souriant sans honte.
« Excusez-moi... », intervient une voix derrière eux. « Est-ce que vous pouvez arrêter de gesticuler ? Je ne vois rien. »
John fait un simple signe de la main pour s'excuser à l'homme du rang derrière et se tait instantanément. Sherlock en fait de même et cette fois son visage n'exprime plus la malice mais bien la concentration. La mélodie s'envole, se complexifie, l'apothéose approche, le blond peut le voir aux mains crispées sur la rambarde en bois. Et c'est vrai que c'est le meilleur passage. Comme ensorcelé par les dernières notes, John retient son souffle, hoche la tête en rythme sans le savoir. C'est si puissant que les basses résonnent dans son corps, font battre son cœur et tourner sa tête. Ça envahit tout son corps et cette sensation de se laisser aller, quelques secondes au moins, est terriblement nouvelle. Enivrante. Angoissante. Il y a un poids sans forme qui presse son torse alors il inspire bruyamment, déjà prêt à s'excuser pour la gène auprès de ses voisins, lorsque Sherlock se redresse.
Il y a une seconde de confusion, où seuls deux violons et un hautbois résonnent encore dans le mutisme infâme dans lequel la pièce est soudain plongée. Le silence fait partie à part entière de la musique mais celui-là est teinté d'un rouge profond, qui envahit la scène. John se lève à son tour et le hurlement que pousse la harpiste est le point de départ d'une longue série de cris horrifiés qui proviennent des premiers rangs.
Sherlock attrape son manteau et se tourne vers le médecin ; maintenant.
« Laissez-nous passer ! », s'écrie John, chevauchant maladroitement les jambes des rares personnes de leur rangée encore assises. Du coin de l'œil, il voit les spectateurs du bas paniqués, sortir à toute hâte dans les longs couloirs déjà bouchés. Dans la panique générale, quelques personnes hagardes regardent au loin les musiciens agglutinés dans un coin de la scène et les cris rendent l'air irrespirable.
Les deux hommes arrivent à l'étage inférieur et slaloment à contre-courant entre les hommes et femmes affolés qui les poussent sans même les voir. John n'est pas bien sûr de pourquoi ils courent à la source du danger sans même y réfléchir à deux fois - de toute façon, il n'a pas le temps d'y penser. Ils arrivent enfin au pied de la scène que Sherlock escalade d'un geste gracieux et sur laquelle l'ex-soldat se hisse de manière bien peu évidente, avant de se rapprocher des musiciens qu'il repousse sommairement.
« Je suis médecin, laissez-moi passer... »
Il ne sait pas bien qui a été touché, ni où, mais le sang sombre dans lequel il marche lui fait vite comprendre que le pire est arrivé. Allongé dos sur le sol, les bras en croix et les yeux fermés se tient un homme d'une quarantaine d'année, le côté gauche du visage couvert de sang. Le docteur, à genoux, pose ses deux doigts sur le cou de l'homme et sans surprise ne distingue aucun pouls. Doucement, il tourne la tête du défunt et pince ses lèvres en découvrant la plaie béante juste derrière son oreille gauche.
« Qui a bougé le corps ? », s'écrie Sherlock en tournant sur lui-même.
« Il était là alors j'ai cru qu'il avait une attaque et... », bégaie un homme tremblant et au visage plus blanc encore que sa chemise.
« Dans quelle position était-il avant que vous ne le retourniez ? », demande le détective en faisant face à l'homme qui balbutie des mots incompréhensibles avant de s'écrouler sur une des chaises.
« Sherlock... », appelle John, tentant de calmer son ami en même temps que les battements anarchiques de son propre coeur.
« Idiots ! Est-ce que quelqu'un se rappelle de sa position avant que le contrebassiste décide de jouer les héros inutiles ? »
« Sherlock ! »
« Est-ce que quelqu'un dans ce foutu orchestre sert réellement à quelque chose ? »
« Sherlock pour l'amour de Dieu, tais toi ! Ça ne sert à rien, ils sont en état de choc. Contacte Lestrade... », ordonne soudain le médecin en fusillant de ses pupilles sombres son colocataire, avant de se retourner vers la troupe hébétée. « Ne vous inquiétez pas, on gère la situation. »
Du coin de l'oeil, le blond croise la grimace hautaine du plus jeune, sortant son téléphone pour envoyer un message au DI avant de s'agenouiller à son tour à côté de lui, évitant soigneusement le sang que ses chaussures en cuir n'aimeront très certainement pas. « Dis moi ce que tu sais. »
« Tué d'une seule balle dans la tête, entre la zone temporale et pariétale. Mort sur le coup à priori. La balle n'est pas ressortie. Calibre... non je n'en sais rien, il faudra voir ça avec Molly. »
« Où était-il assis ? », demande Sherlock en relevant le nez, aussi calme que possible.
« Juste ici... », indique un des hommes en pointant du doigt une chaise juste derrière le corps et à quelques centimètres de là, un cor tâché de sang.
Le blond tourne la tête vers son ami et demande tout bas.
« Est-ce que tu as entendu une détonation ? »
« Non. »
Les deux colocataires se regardent longuement et dans les yeux de l'autre, chacun peut lire l'angoisse nouvelle et palpable qui les fait vivre. Et devant le corps d'un homme abattu en pleine représentation, John expire entre ses lèvres entrouvertes et murmure enfin :
« Eh bien Sherlock, tu l'as eu, ton imprévu. »
