Note : Hello à toutes et à tous ! Tout d'abord un grand merci pour vos reviews, follows et fav', qui me prouvent que des gens lisent encore cette histoire, la vérité ça fait plaisir :). En tout cas je vous souhaite une bonne lecture pour ce chapitre 18 et n'hésitez pas à me mettre un petit mot si il vous a plu !
Bêta : Pfiou, Carbo Queen, qui a l'œil pour mes fautes les plus sournoises et qui me fait trop rire avec ses commentaires. Plein de cœurs et de chocolat pour elle.
« Tu mets des miettes partout... »
« Oui, mais j'ai le droit parce que c'est mon lit. »
Sherlock pousse un long soupir inutile alors que John tire un peu plus la couverture sur son torse nu. Ils sont pleinement réveillés depuis un peu plus d'une demie-heure, même si le médecin a ouvert les yeux il y a bien plus longtemps que ça, mais qu'il n'a pas osé bouger avant. La veille, ils ont fini par s'endormir dans son lit une place, l'un contre l'autre à bouger (et râler) inlassablement. Sherlock a retiré son costume et même si John ne peut voir qu'une partie du torse imberbe, il sent contre ses jambes celles de son colocataire. Peau contre peau, il n'y a que le toucher pour se découvrir mutuellement et ça, ça n'aide pas l'érection matinale gênante.
Il est à peine huit heures du matin maintenant et même si le ventre du plus vieux a gargouillé de manière bien peu classe, il n'a jamais été question de sortir du lit qui porte désormais leur odeur à tous les deux. Alors, John s'est juste penché par-dessus son colocataire pour sortir de sa table de chevet un paquet de biscuits qui traîne là depuis des semaines et s'est mis en tête de le finir. Il en a proposés à Sherlock, bien sûr, mais a reçu comme réponse un haussement de sourcil qu'il a justement interprété comme un c'est une blague ?
« Tu n'aurais pas une bouilloire et du thé aussi, par hasard ? », demande Sherlock en inspectant la chambre comme s'il pouvait vraiment tomber sur ce genre d'ustensiles.
« Si bien sûr, à côté de la cocotte-minute et de mon Aston Martin. »
« Pas étonnant que tu sois de mauvaise humeur le matin, ton lit est vraiment petit. Comment fais-tu pour y dormir ? »
« Généralement, j'y suis tout seul. », répond John dans un hochement de tête.
« Quand bien même... »
« Et toi Sherlock, pourquoi est-ce que tu as un lit aussi grand ? Pour accueillir tes nombreuses conquêtes ? », rit-il en retour avant de se rendre compte de l'incongruité de la chose.
Merde, ce n'est pas une chose à laquelle il avait pensé avant de mettre un préservatif sur le membre (très bien bâti, soit dit en passant) de son colocataire et de l'enfoncer dans sa bouche haletante, mais plaisanter désormais sur la vie sexuelle de Sherlock Holmes va être beaucoup plus difficile, maintenant qu'ils sont... qu'ils sont...
« On peut acheter une bouilloire supplémentaire et l'installer sur ta table de chevet, il y a une prise assez proche. », reprend Sherlock et parler d'une bouilloire est bien plus important que de régler la question qui tourmente John, alors il s'empresse de répondre :
« Oui, oui, définitivement. »
« Ma chambre est bien sûr plus grande, plus proche de la cuisine et mieux décorée, mais il est possible que nous finissions à nouveau entre tes draps, alors autant anticiper les lendemains matins. Est-ce que tu vois un inconvénient à ça ? », demande le brun en tournant sa tête vers celle du médecin qui se secoue à la négative.
Sherlock esquisse un sourire dont l'écho se fond sur les lèvres de John. Il sort sa main gauche de sous l'épaisse couverture et la pose sur la nuque blonde et John comprend l'ordre silencieux de se rapprocher, jusqu'à glisser à califourchon sur les cuisses fines. Il a repoussé la couette en bougeant et s'il n'empêche pas la petite plainte informe de s'échapper de sa bouche fermée lorsqu'il voit à la lumière du jour le torse absolument parfait de Sherlock, il ne commente pas tout haut le fait que son ami ait gardé son boxer. Tricheur.
« Je peux aller nous faire du thé si tu veux... », propose Sherlock d'une voix suave en glissant sa main sur le torse du plus vieux.
« Ça serait une très bonne id... »
« ... Mais il faudra savoir me remercier lorsque je remonterai. », finit-il en pinçant furtivement un téton.
John sourit en étirant sa mâchoire et secoue la tête.
« Du chantage, Monsieur Holmes ? »
« Question de point de vue. », répond Sherlock avant de se redresser.
Il rapproche leurs torses et joint sa deuxième main à la première alors qu'il caresse avec insistance les pectoraux de l'ex-soldat. Il effleure les poils blonds avant de remonter le long du cou qu'il encercle avec une tendre poigne. Il se penche, mordille le menton et glisse ses dents le long de la mâchoire avant de les planter tendrement, une seconde à peine. John ferme les yeux et les frissons qui remontent le long de son dos lui confirment que même dans sa possessivité, Sherlock est l'incarnation de la sophistication. Il les rouvre juste à temps pour voir les longues mains blanches du musicien glisser sur ses bras dont elles testent la puissance des biceps en deux pressions apparemment convaincantes (parce que Sherlock ne porte qu'un boxer après tout). Les doigts continuent leur inspection jusqu'aux poignets qu'ils entourent avec une retenue perceptible et Sherlock avoue dans un souffle :
« Je vais aller nous faire ce foutu thé, mais en remontant, je vais attacher ces poignets aux barreaux de ton... », il s'arrête, se retourne pour constater qu'il n'y a aucune tête de lit ou barreaux quelconques, soupire et reprend, irrité, « Ma chambre est définitivement plus adaptée. Eh bien je t'attacherai les poignets et les chevilles pour être sûr que tu ne bougeras pas pendant que je ferai ce que j'ai prévu de te faire. », soupire-t-il finalement en resserrant son emprise.
« O-okay. », sourit John en se hâtant de glisser sur le côté pour laisser à Sherlock la possibilité de se lever.
Il regarde le long corps blanc - si blanc - se déployer à la lumière d'un jour qui n'aurait su mieux l'envelopper et ne cligne des yeux que lorsque son colocataire referme derrière lui la porte de la chambre. Dans un soupir bruyant, John se laisse retomber en arrière et observe son plafond. C'est sans doute un rêve, une illusion, ce n'est certainement pas la réalité. Ce n'est pas que John ne s'était jamais imaginé se réveiller à côté d'un homme aussi peu habillé que lui, mais c'est qu'il ne s'était jamais imaginé en être aussi... comblé. C'est flippant, et triste aussi, de se dire qu'il a dû attendre une trentaine d'année pour trouver ce qui le rend vraiment heureux dans la vie.
Dans les draps encore tièdes, il s'étend, glisse ses doigts là où était encore allongé Sherlock il y a quelques instants de ça. C'est suffisant pour le faire sourire.
Lorsqu'il entend des pas remonter l'escalier, il passe par réflexe sa main dans ses cheveux blonds pour tenter de maîtriser ses épis qu'il ne voit pas mais qu'il sent et se redresse un peu plus sur le coussin derrière lui. Les pas sont lents, Sherlock doit monter un plateau lourd - est-ce qu'il a pensé à faire des tartines grillées ? Les pas ralentissent, comme si Sherlock ne voulait pas... monter. Et puis il y a un autre bruit qui tape, par intermittence. Un tac-tac insupportable, comme une canne - mais pourquoi est-ce que Sherlock aurait pris sa canne ? Et puis les pas résonnent sur le palier et le tac-tac se fait plus distinct. Ce n'est pas une canne...
« Bonjour Docteur. »
... Mais un parapluie.
Eh merde.
« Nom de Dieu, Mycroft ! », s'écrit John en remontant la couverture sur son corps nu, jusqu'à son menton qui tremble.
Le plus âgé des frères Holmes laisse la porte ouverte et entre dans la petite chambre du médecin en regardant tout autour de lui, comme s'il inspectait les lieux avant un achat imminent.
« C'est donc d'ici que vient l'odeur... »
« Qu'est-ce que vous faites là ? »
« Je viens voir Sherlock. »
« Non je veux dire, qu'est-ce que vous faites là, dans ma chambre. », corrige John, les dents serrées par la rage.
« ... Je viens voir Sherlock. », répète Mycroft avec une putain d'évidence déplacée.
Le politicien attrape une chaise qu'il tire jusqu'au milieu de la pièce. Il repousse un pull posé dessus, du bout de son parapluie, avant d'y prendre place et de croiser ses longues jambes dans un geste aristocratique qui sent la naphtaline. Il accroche sa veste sur le dossier, puis la poignée de son parapluie avant de refaire face au médecin à qui il adresse un sourire insupportable. Bien, il est apparemment installé pour rester.
« Belle journée, n'est-ce pas ? »
« Je ne sais pas, je ne suis pas encore sorti. », peste John en regardant l'heure sur son portable : 8h22.
« Ce qui explique l'odeur ; vous devriez réellement aérer. »
« Pourquoi est-ce que vous avez un parapluie alors qu'il fait beau ? », demande John, tellement irrité qu'il serait prêt à le mordre.
« Oh, si je répondais à cette question, je devrai vous tuer. », répond son aîné d'un sourire qui trahit le fait qu'il ne semble pas totalement contre cette idée.
« Avec votre parapluie ? », enchaine John en haussant un sourcil.
« Mycroft. »
L'appelé et John se retournent et découvrent Sherlock dans l'embrasure de la porte, seulement vêtu de son caleçon noir, avec dans les mains un plateau - que John suspecte être la base de leur échiquier en bois - sur lequel ont été posées une théière et deux tasses. John profite que l'homme du gouvernement ait le dos tourné pour faire signe à son colocataire de dégager et fissa, mais agiter la main en pointant du doigt les marches ne semble pas être un geste assez clair pour le détective qui rentre dans la pièce sans aucune hésitation. Il passe à côté de son frère, qui a au moins la décence de détourner le regard lorsqu'il se rapproche un peu trop près et pose le plateau sur la table de chevet en repoussant la boîte de préservatifs qui tombe dans le petit espace entre le meuble et le mur. Il reprend sa place sous la couverture, en poussant allègrement John qui ne pourrait pas plus halluciner. En fait, ce n'est pas un rêve, mais définitivement un cauchemar.
« Du thé, quelle bonne idée, petit frère. », s'enchante Mycroft en se servant une tasse avant de se rasseoir dans le fond de son siège qui grince.
« Qu'est-ce que tu viens faire ici, Mycroft ? », demande le plus jeune des Holmes en levant les yeux au ciel, les bras déjà croisés contre son torse.
« Eh bien comme tu ne répondais pas à mes messages, j'ai voulu venir vérifier que tout allait bien. »
« Je n'y ai pas répondu depuis hier soir. »
« Je suis un grand frère qui s'inquiète beaucoup. », sourit Mycroft avant de porter le thé brûlant à ses lèvres.
John, collé autant que possible contre le mur froid pour ne pas toucher de son corps nu celui de son colocataire, fronce les sourcils et demande :
« C'est vous qui lui envoyez tous ces messages depuis trois semaines ? »
« J'ai demandé à Sherlock de régler une petite affaire pour moi. »
« Une affaire trop compliquée pour lui. », explique le plus jeune en tournant la tête vers son colocataire.
« C'est juste que je n'avais pas le temps de m'en occuper. », corrige Mycroft, en relevant le nez dans un geste hautain.
« Je t'en prie, très cher grand frère, ton affaire était d'une évidence affolante : ta femme de chambre n'est nullement en train de trahir la nation, elle a simplement rencontré un jeune homme il y a quelques mois et entretient avec lui une relation de type sexuelle. Crois-moi John, depuis que Mycroft a fait un pacte avec Satan et a échangé son cœur contre la possibilité de tuer d'ennui ses interlocuteurs juste en ouvrant la bouche, il est bien incapable de voir si deux personnes entretiennent une relation sexuelle ou sentimentale. »
« Oh, ça j'en doute. », sourit Mycroft par-dessus sa tasse fumante, en regardant le médecin droit dans les yeux.
John observe tour à tour les deux frères Holmes, le plus jeune qui par son simple regard veut lui faire croire que le plus vieux n'y voit que du feu alors qu'ils sont tous les deux nus, ou pas loin d'être nus, dans son lit, et l'autre qui se fout ouvertement de sa gueule jusque dans son petit doigt levé par l'éducation très britannique qu'il a reçue.
« Okay, je m'en fous, clairement. Mycroft, puisque vous avez eu votre réponse, auriez-vous l'amabilité de quitter ma chambre ? »
« Bien sûr Docteur, dès que j'aurais fini mon thé. Alors dis-moi Sherlock, où en est cette histoire du meurtre de ce musicien ? Je m'ennuie, divertis-moi avec le récit de ton enquête ratée. »
« Vous ne voulez pas qu'on vous achète des sudokus, plutôt ? »
« L'affaire avance à son rythme et elle n'est pas ratée. », répond Sherlock sans prendre en considération la proposition de John. « Nous avons pu établir que Sherrer était en train de suivre Denosa, donc ni Sanchez ni Steele n'ont pu être les auteurs du coup de feu. Bien sûr, j'ai d'abord soupçonné Craig Jennings, je ne pouvais croire qu'un homme aussi stupide pouvait exister sans en rajouter un peu, mais il s'avère que cet homme est réellement et profondément bête - il a même entamé une grève de la faim pour tenter de récupérer la garde de son fils. Benjamin Cox était aussi dans ma ligne de mire, mais vu sa réaction lorsque je l'ai braqué avec l'arme de John, il est évident qu'il n'aurait jamais eu le cran de tuer un homme de sang-froid. Et puis, il n'y a eu qu'un tir, parfaitement ciblé, le tireur est un professionnel. Ou une professionnelle ; John pense qu'il s'agit d'Angie Walsh. Elle est jeune, certes, mais sa famille est habituée à la vénerie, Angie Walsh manipule donc des armes à feu depuis sa jeunesse - mais il me manque le mobile. »
« Peut-être voulait-elle qu'on accuse ensuite son futur beau-frère, ou du moins, qu'en enquêtant on se rende compte qu'il n'a pas ses papiers... C'est un peu extrême mais elle a pu... »
« Doris Cox maintenant : Doris est un vrai mystère. Et dire que les journaux font passer les tueurs en série pour des êtres difficiles à cerner, en comparaison à des femmes de cinquante ans, ils sont un jeu d'enfants. », poursuit Sherlock sans s'apercevoir qu'il a interrompu John. « Je l'ai suivie pendant plusieurs semaines, je n'arrivais pas à comprendre son besoin de surprotéger son fils, Benjamin. »
« Benjamin est trisomique. », explique le docteur à Mycroft mais le geste est vain puisque le plus âgé des Holmes est tourné vers son frère dont il boit les paroles.
« Lors de ces derniers mois, elle a pris soin de toujours prendre le courrier avant lui et à chaque fois que j'ai appelé sur leur téléphone fixe - pour prétexter un appel publicitaire ou un appel de leur banque - elle a répondu, parfois à bout de souffle, prouvant qu'elle préférait dévaler les trois étages plutôt que de laisser son fils répondre. Et puis il y a ce mari soi-disant en voyage d'affaire, sur lequel je me suis penché et si Doris est effectivement mariée à un Robert Cox, Robert Cox est également le nom d'un citoyen britannique décédé à Walvis Bay, en Namibie, il y a sept mois, lors d'un accident de la route. »
« Le père de Benjamin est mort ? », demande John, abasourdi.
« Il est clair qu'elle ne l'a pas dit à son fils à cause de ses problèmes cardiaques et c'est de peur qu'un courrier ou qu'un coup de fil ne lui apprenne la vérité qu'elle le surprotège depuis quelques mois. »
« L'accident de voiture est-il fiable ? »
« Je suis moi-même allé entendre les témoins et inspecter le rapport d'autopsie : c'est un vrai accident. », confirme Sherlock dans un hochement de tête.
« Ouais, faites comme si j'existais pas, ça me va aussi. », informe John.
« J'ai interrogé tous les suspects, je les ai suivis, traqués. J'ai même invité Benjamin Cox ici et ai diné avec Sheri Walsh. Je connais leurs vies par cœur mais je ne comprends pas ce qu'il me manque. », s'énerve Sherlock en posant ses index sur ses tempes qu'il masse avec hargne.
« Si seulement j'avais le temps de m'en occuper, je réglerais cette histoire en une poignée de minutes... », soupire Mycroft dans un geste théâtral insupportable avant de se détendre un peu plus sur sa chaise.
« La famille Walsh possède un fusil de chasse Mossberg 500, impossible que le calibre puisse correspondre... », murmure le détective, les yeux fermés avec tant de force que tout son visage grimace.
« ... Puisque il est évident que ce qu'il te manque Sherlock c'est... »
« Ferme-la ! », hurle le plus jeune Holmes en pointant du doigt son grand frère. « Je n'ai pas besoin de toi, je vais régler cette histoire tout seul ! »
« Bon, Caïn et Abel, même si ça m'arrange que vous ayez oublié mon existence, je vais vous laisser. Laisse-moi passer s'il te plait, Sherlock. », grimace John en tapotant la cuisse de son colocataire par-dessous la couverture pour lui faire signe qu'il faudrait penser à bouger.
Le détective tourne instinctivement la tête, le doigt toujours pointé vers Mycroft. Ses yeux sont légèrement exorbités et il a cette espèce de folie dans le regard, caractéristique du génie de la déduction qui se met en marche.
« Qu'est-ce que tu as dit... ? », demande-t-il en décomposant chaque syllabe.
« Que c'était sympa de m'avoir oublié mais que j'aimerai bien... »
« Le plus important. J'ai oublié le plus important. », réalise lentement le détective en ouvrant grand les yeux et les mains.
John fronce les sourcils mais son regard est automatiquement attiré par la vision de Mycroft souriant plus que de raison. Sherlock a enfin compris ce qui leur manque mais ce qu'il y a de plus grave encore c'est que Mycroft semblait parfaitement au courant.
« J'ai oublié Sherrer. Je connais la vie de tous ces abrutis mais je ne connais même pas la vie de Phillipp Sherrer. »
« Bien sûr que si, on est allés chez lui, on connait ses colocataires, on sait qu'il a fait du théâtre, on sait depuis combien de temps il travaille à l'orchestre de... »
« Et alors ? Qui est-il ? Qui est-ce qu'il fréquente ? Pourquoi voudrait-on le tuer en pleine représentation ? Qu'est-ce qu'il nous cache ? C'est ça ! C'est ce qu'il me faut ! Ce n'est pas ce que les suspects me cachent que je dois découvrir, c'est ce que Philipp Sherrer me cache. John habille-toi ! », s'écrie soudain Sherlock en se levant d'un bond, repoussant assez la couverture pour que John en rougisse de gêne.
Le détective contourne la chaise où son frère est toujours installé et descend les marches à une vitesse affolante, jusqu'à sa chambre dont il claque la porte dans un bruit retentissant. John secoue légèrement sa tête, pas encore bien conscient de ce qu'il vient de se passer et alors qu'il tourne le visage, il découvre que celui de Mycroft lui sourit déjà - et c'est incroyable qu'il fasse autant flipper en montrant simplement ses dents. Peut-être que le pacte avec Satan est une histoire fondée, en fait. Ils restent silencieux de terribles et longues minutes et c'est officiellement le réveil le plus pourri de toute la vie entière de John Watson.
« Eh bien Docteur, cette rencontre aura été très... enrichissante. »
« Ravi de l'apprendre. Et je peux savoir de quel point de vue ? »
« Je sais ce que je vous offrirai lorsque vous viendrez fêter Noël à Hastings chez nos parents : un pyjama. »
John entrouvre les lèvres, prêt à répondre que non, non, non, non non non, Mycroft se plante sur toute la ligne, mais Sherlock a déjà ouvert la porte et même si son manteau n'est pas fermé et que ses chaussures ne sont pas lassées, c'est le sourire dément et les yeux en feux qu'il annonce de sa voix bouffée par l'excitation :
« John, nous allons retourner tout l'appartement de Philipp Sherrer et nous allons trouver ce qu'il nous cache. Mycroft laisse-moi trois jours pour régler cette histoire, trois jours, sinon je te laisse l'affaire. Et John, amène ta trousse à outils. J'ai déjà ton arme avec moi. »
