disclamer: comme précédemment, les personnages appartiennent à JKR.
Chapitre 1 : une paire d'orbes émeraudes, une paire d'orbes améthystes
-OOOooo Ryry oooOOO-
Il détestait la « chasse à Harry ». Il détestait quand son gros cousin et sa bande de copains – larbins ? – jouaient à lui courir après pour le taper. D'abord, il n'aimait pas courir autant parce qu'ensuite, il avait mal aux jambes d'avoir tant couru, et il avait l'impression que ses poumons étaient en feu. Ensuite, il se faisait presque tout le temps attraper – de moins en moins cependant -. Enfin, ça faisait mal, très mal, quand Dudley et ses amis le tapaient. Après, il revenait tout endoloris, et Tante Pétunia le privait de repas parce qu'il avait sali le carrelage. En plus, il devait nettoyer les traces que Dudley avait laissé sur le sol en rentrant, et finir les corvées avant de se faire enfermer dans son placard. Vraiment, il n'aimait pas la « chasse à Harry ».
Soufflant péniblement, avec la sensation d'avoir respiré du feu, le petit garçon aux cheveux noirs en bataille prit sur lui et accéléra un peu son allure, avec la ferme intension de ne pas se faire attraper. Plus petit que son gros cousin Dudley, il était aussi plus rapide que celui-ci. Sans compter que l'embonpoint de l'autre enfant réduisait considérablement son endurance. Le petit Harry avait donc de bonnes chances d'échapper à son tortionnaire en herbe. Jusqu'à ce que, tournant à l'angle de la rue, le petit brun ne percute violemment quelque chose, ou plutôt quelqu'un, qui se tenait juste sur son chemin. Sous la force du choc, l'enfant tomba à la renverse, quelque peu étourdi. Un poids s'écrasa soudain sur lui, empêchant tout mouvement de sa part. Et des pas commencèrent à raisonner à ses oreilles. C'était fini, il avait perdu cette « chasse à Harry » et, bientôt, les coups commenceraient à pleuvoir.
- Bien… joué… Piers… haleta Dudley, le visage rougit par l'effort qu'il venait de faire.
-Hé, hé, hé. C'est plus amusant si on commence à tendre des pièges ! Lui répondit le dénommé Piers, qui était le meilleur ami de Dudley.
Les quatre petites brutes se mirent à rire de concert, crachant, entre deux ricanements, quelques insultes au petit brun chétif qui n'osait pas rouvrir les yeux, et qui était toujours coincé sous la grande perche qu'était Piers.
-Bon, on arrête de rire. Décida Dudley. Maintenant, on passe à la partie la mieux de la « chasse à Harry » !
A ces mots, les autres enfants qui se tenaient aux côtés de Dudley Dursley cessèrent leurs rires, le remplaçant par des sourires cruels. Piers se releva et se positionna, avec ses trois comparses, de sorte à former un cercle autour du petit Harry qui tremblait, recroquevillé sur le sol dans une position qui lui permettait de protéger, autant que faire se peut, sa tête et son estomac. Après que le gros, gras garçon blond qu'était Dudley ait hurlé un « taillot ! » sauvage, les quatre brutes firent pleuvoir coups de pieds et de poings sur leur pauvre victime. Serrant les dents, Harry retint ses cris et ses larmes il avait beau n'avoir que cinq ans, il avait sa fierté : il ne leur ferait pas le plaisir de pleurer devant eux !
-OOOooo Sally oooOOO-
Salazar déambulait dans le petit quartier moldu d'une petite ville moldue du Surrey, grimaçant face à l'architecture simpliste et uniforme. L'ectoplasme avait quitté l'île un siècle après être parti de Poudlard, voyageant à travers le reste du monde pour engloutir les connaissances dont les communautés magiques recelaient vraiment, Rowena aurait été fière de lui ! Après avoir passé quelques siècles à engranger tant de savoir, il était revenu dans sa Grande-Bretagne de naissance pour se lancer dans la phase finale de sa quête : créer un rituel qui lui permettrait de retrouver son corps. Salazar touchait au but, il en était certain.
« TU DEVRAIS DISPARAÎTRE, SALE MONSTRE ! PERSONNE VEUT DE TOI ICI ! »
Ces mots cruels, bien que prononcés par une voix enfantine, tirèrent Salazar de ses pensées et le firent lever les yeux vers la scène qui se déroulait un peu plus loin, au coin d'une ruelle. Là-bas, quatre enfants s'acharnaient contre un tas de fripes recroquevillées sur le sol. Ces petites brutes juraient comme des charretiers et crachaient des insultes venimeuses – et puériles – à leur victime, en particulier l'enfant le plus volumineux du groupe. Enfin, c'était un enfant, non ? C'est vrai que ça ressemblait plus à un cochon bien engraissé, sur lequel on aurait placé des vêtements et une perruque blonde… mais ça se tenait sur deux jambes, et c'était dépourvu de groin et de queue… cette chose devait vraiment être un enfant. Un enfant très gras et très moche, certes, mais un enfant tout de même. Mais tout enfant que puisse-t-être ces quatre petites furies, Salazard ne pouvait pas les laisser continuer à passer à tabacs le petit tas de fripes et, surtout, le propriétaire de celles-ci.
S'approchant du groupe d'enfants moldus, Salazar en attrapa un par l'arrière du T-shirt et le souleva.
-Dis donc, petits garnements ! S'écria-t-il, sachant pertinemment qu'aucun ne l'entendrait. Votre comportement est fort répréhensible ! Il ne faut pas s'acharner ainsi sur autrui !
Les quatre enfants se turent d'un coup. Celui que Salazar tenait avait les yeux écarquillés, et les trois autres le regardaient avec des yeux tout aussi ronds. Il faut dire que les enfants ne sont pas supposés se mettre à léviter soudainement. Après quelques secondes, la peur sembla prendre le dessus sur la surprise chez les quatre garnements les trois qui étaient toujours au sol détalèrent en hurlant, tandis que celui retenu par Salazar se mit à pleurer en gesticulant. L'homme reposa l'enfant sur le sol, et observa celui-ci s'enfuir, le visage aussi impassible que d'ordinaire.
Les quatre tortionnaires en herbe disparus de son champ de vision, le fondateur vert et argent reporta son attention sur le petit tas de fripes, qui était toujours recroquevillé sur le goudron. A y regarder de plus près, ce tas de tissu difforme, recouvert de sang et de poussière, abritait un petit bonhomme, relativement chétif, avec des cheveux noirs et en bataille. Quelque chose, provenant du garçon, titilla les sens de Salazar. Les sourcils de celui-ci tressautèrent légèrement, seul signe visible – s'il avait été possible de le voir – de sa surprise. Eh bien, eh bien… voilà qui était intéressant ! Un petit sorcier !
L'enfant releva la tête, dévoilant de grands yeux verts baignés de larmes. Son regard rencontra – bien qu'il ne puisse pas le voir – les yeux du fondateur, semblables à des améthystes. Dès cet instant, Salazar plongea dans ces deux émeraudes scintillantes, y rencontrant peur, douleur, résignation, ainsi qu'un soupçon de désespoir – des émotions qui n'auraient pas dû être dans le regard de quelqu'un d'aussi jeune – et, peut-être, les très légères effluves e quelque chose de malsain et corrompu qui ne devrait pas se trouver là. Cela fit très légèrement se froncer les sourcils de Salazar voilà qui était étrange… une telle aberration était-elle vraiment possible ? Il devrait peut-être faire quelques recherches – fouiller dans les archives de sa mémoire millénaire –. Mettant ces pensées de côté, l'homme observa l'enfant balayer du regard tout autour de lui, cherchant sûrement à voir où étaient partis ses bourreaux.
-OOOooo Ryry oooOOO-
Il avait mal. Il avait vraiment très mal, et il avait de plus en plus de mal à retenir ses cris et ses larmes, laissant déjà échapper des couinements de douleur sous les coups de Dudley et de ses amis. Soudain, les coups et les beuglements des quatre autres cessèrent. Que se passait-il ? Regardant discrètement de dessous sa manche et entre les mèches de sa frange, le cœur battant à tout rompre, Harry aperçu Tomas qui flottait à un mètre du sol, les yeux grands ouverts. Après un court silence stupéfait, Dudley, Piers et Matthew, qui étaient toujours au sol, partirent en criant, alors que Tomas se mit à crier en pleurant et en gesticulant. Harry vit ensuite l'autre enfant partir en courant après être revenu sur Terre.
Dudley et ses amis étaient partis, mais Harry ne se releva pas pour autant. Pour une fois, ce n'était pas lui qui avait fait cette bizarrerie. Il le savait car il n'avait pas éprouvé l'étrange sensation qui l'envahissait quand il provoquait un évènement étrange, comme quand le précieux vase de la Tante Pétunia s'était réparé, tout seul, après qu'il l'ait fait tomber en faisant les poussières dans le salon, ou quand la part de tourte que sa tante avait rangé au frigo était apparue dans son placard après les trois jours qu'il avait passé enfermé dedans, privé de repas, parce que la voiture d'Oncle Vernon avait crevée et que c'était de sa faute – c'était ce qu'avait dit Oncle Vernon, même si, vraiment, Harry ne savait pas ce qu'il avait fait pour que ce soit de sa faute… mais 'était tout le temps de sa faute, alors… - et qu'il avait vraiment très très faim. Mais là, ne n'était pas lui. En plus, il sentait qu'il y avait quelque chose. Il ne savait pas ce que c'était, mais il savait que c'était là, quelque part à côté de lui.
Ne sentant rien venir, Harry se décida à relever la tête, fixant l'endroit où il sentait la présence de la « chose ». Rien. Il n'y avait rien à cet endroit. Pourtant, il sentait cette présence, et l'impression de puissance qu'elle dégageait. Il ne savait pas ce qu'était la chose, mais s'il avait une certitude à son sujet, c'était qu'elle était beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP plus forte que l'Oncle Vernon !
Déglutissant difficilement, le petit brun balaya la rue du regard peut-être trouverait-il un indice sur la présence de la « chose », sur ce qu'elle était et, surtout, sur le danger qu'elle représentait. Mais il n'y avait rien, nulle part ! Et l'angoisse de Harry, elle, augmentait, alimentée par la peur de la « chose », ainsi que de la punition que lui donnerai Oncle Vernon. Parce qu'Harry n'avait pas oublié que Dudley avait vu son ami voler, et qu'il irait le dire à l'Oncle Vernon et à la Tante Pétunia, et que, quel que soit ce qui avait pu véritablement se passer, ils diraient que c'était de sa faute. Parce que c'était toujours de sa faute, et que pare que c'était toujours de sa faute, il serait puni. Comme toujours. Et cette « chose », qui était là !
Avec cette angoisse qui lui rongeait les entrailles, et la douleur qu'avaient provoqué les coups des autres enfants, le petit Harry n'en pouvait plus. Et parce qu'il n'en pouvait plus, l'enfant pleura, éclatant en larmes et en cris, toujours agenouillé sur le goudron du trottoir. Et ses cris redoublèrent quand il se sentit être soulevé la « chose » l'avait attrapé ! Allait-elle lui faire du mal ? Pire ! Allait-elle le MANGER ? Peut-être aimait-elle manger les méchants petits monstres comme lui ! Harry commençait à avoir du mal à respirer. Et sa poitrine commença à le bruler, protestant contre le manque d'oxygène. Et plus le petit bout d'homme paniquait, plus sa respiration se faisait difficile. La seule chose rassurante était cette sensation étrange qu'il ressentait, celle qui l'envahissait chaque fois qu'il faisait quelque chose que sa famille qualifiait de bizarre.
« Chut, enfant, chut. Entendit-il murmurer à son oreille, d'une voix grave mais douce. Tout va bien, tu es en sécurité. Là, là, calmes toi. »
Et cette voix, rassurante, continuait sa litanie de mots doux et rassurants. Harry se calma, cessant de crier, ne laissant échapper que quelques hoquets. Sa respiration redevint normale, et la douleur dans sa poitrine diminua.
