disclamer: comme d'habitude, les personnages et l'univers appartiennent à JKR
Chapitre 8 : mer grise
-OOOooo Mauggy oooOOO-
Depuis trois jours, tout l'Ordre était en effervescence : Rogue – ce sale mangemort – et Lupin avaient vu le gamin dans les couloirs de Poudlard. Et il était seul, apparemment cela n'avait pas empêché qu'il leur file entre les doigts, juste sous leur nez. Ah, ces bleus : une belle bande de bras cassés ! Alastor n'avait, dans un premier temps, pas cru leur histoire saugrenue sur les suppositions loufoques qu'ils avaient fait à partir de ce qu'ils avaient trouvé chez les Dursley – l'enfant aurait fugué tout seul ? Dans ce cas, qui avait torturé les Dursley ? Magie accidentelle ? Mais qu'est-ce que c'était que ce charabia ?! –. Puis il avait vu leurs souvenirs, qu'ils avaient donnés à Dumbledore. Et ils n'avaient pas menti. Alors, ces trois derniers jours, l'Ordre avait ratissé Poudlard et ses environs. Mais rien. Ils n'avaient rien trouvé. Le vieux directeur avait même essayé quelques sorts sur l'endroit où le sol s'était ouvert sous les pieds de l'enfant : aucun résultat.
Alastor était donc tout particulièrement frustré. En plus, il n'avait pas eu le temps de demander l'autorisation officielle pour interroger ce traître de Black – Oh, si ça ne tenait qu'à lui, il l'aurait questionné illico-presto, sans s'encombrer de paperasse et de procédures, mais puisque les efforts et les démarches à fournir en cas d'irrespect de cette même procédure étaient bien plus fatiguant et enquiquinants que ceux avant, le choix était vite fait – le patronus du graisseux taciturne était venu le chercher juste quand il s'engageait hors de l'ascenseur, à l'étage du bureau des aurors. La petite Hestia et lui avaient donc dû renoncer à leur projet pour se rendre à la réunion d'urgence.
Après ces trois jours de recherches vaines, Dumbledore avait finalement décidé que continuer de chercher ainsi serait une perte de temps : de toute évidence, l'enfant c'était de nouveau volatilisé. Tous les binômes devaient donc reprendre ce qu'ils avaient initiés : la potion e Rogue ne serait pas prête avant quelques temps, et dans ce laps de temps, tout pouvait arriver au môme. Alastor et Hestia étaient donc repartis au Ministère de la Magie pour demander l'autorisation d'interrogatoire.
Ils étaient donc en train de parcourir le couloir menant au bureau du des aurors, Alastor claudiquant à toute berzingue, et la jeune Hestia courant à moitié derrière lui. Arrivés devant le bureau de leur chef, l'auror frappa à la porte, et entra sans que son supérieur n'est terminé de formuler son invitation à entrer.
-…trez… Tiens, Maugrey ! Que puis-je faire pour toi ?
-J'voudrais interroger black.
-Black ? Et pourquoi Melle Johns et vous voulez vous interroger Black ?
Le chef des aurors fixa son regard jaune sur Maugrey. Scrimgeour était un homme qui en imposait, avec la crinière noire qui lui servait de cheveux, son visage sévère, et sa perspicacité à toute épreuve. Maugrey regarda son chef, et lui répondit simplement :
-Quête personnelle : ça m'énerve de savoir que de foutus mangemorts ont pu s'échapper, alors il m'arrive de faire des visites à Azkaban, histoire de leurs tirer les vers du nez, quand c'est encore possible. Johns étant mon élève, elle a simplement décidé d'en apprendre plus en me suivant.
-Je vois. Dit Scrimgeour, s'adossant dans son fauteuil. Malheureusement, pour ce genre d'enquêtes, il faudra demander au Ministre.
-Quoi ?! S'énerva Fol'œil.
-Ce n'est pas une enquête officielle. Dit calmement l'autre, comme simple explication.
Nom d'une bouse de dragon, cette histoire se compliquait. Bien, puisqu'il le fallait… Alastor, suivit de près par Hestia, se dirigea de son pas claudiquant vers le bureau du Ministre Fudge. Ça n'allait pas être une partie de plaisir… Comme le confirma la présence inattendue, mais pas si surprenante, de deux parasites aux côtés du Ministre au cerveau en caramel : Lucius Malfoy et son cousin, un certain Agrippa Malfoy. Lucius l'avait présenté comme un soit disant cousin éloigné qui venait prétendument de l'étranger. Nul doute que ces deux là allaient lui compliquer la tâche : après tout, si Black parlait, ils pourraient très bien le rejoindre derrière les barreaux !
Quasi résigné à ce que son entreprise – dont les chances étaient déjà plus que maigres – échoue, il grogna ses explications au Ministre qui, d'après la grimace qu'il faisait, n'avait, semblait-il, pas compris grand-chose les deux blonds, derrière lui – ils n'avaient pas eu la décence de quitter la pièce –, ne firent aucun mouvement, si ce n'était un léger haussement du sourcil gauche pour Malfoy cousin il ne devait pas avoir saisi la teneur des propos d'Alastor, tant pis pour lui. Fudge lui demanda – à contre cœur, cela se voyait – de répéter, ce qu'Amélia lui épargna en expliquant le pourquoi du comment ils étaient là.
Quand elle eu fini, Alastor, en bon auror paranoïaque qu'il était, observa attentivement les réactions de leurs interlocuteurs. Fudge semblait sceptique nul doute que la demande serait refusée – tant pis, il y aurait plein de paperasse inutile à remplir après l'interrogatoire, ainsi qu'un probable avertissement –. Lucius semblait aussi froid et impassible que d'ordinaire, apparemment indifférent au fait que Black ai gardé sa santé mentale – qui a dit que les mangemorts étaient solidaires entre eux ? –. Le cousin, lui, laissa filtrer une infime émotion, qu'Alastor n'aurait certainement pas perçue s'il n'avait pas été un bon auror. Cependant, Fol'œil ne parvint pas à déchiffrer cette expression furtive, ce qui ne l'empêcha pas d'interpréter le fait que l'homme se penche pour murmurer dans l'oreille de Lucius comme la mise en place d'un vil complot.
Quand le cousin eu fini d'exposer ses pensées, le chef de famille des Malfoy le regarda un instant, puis acquiesça, visiblement en accord avec l'autre. Il alla alors chuchoter dans les oreilles de Fudge. Ça sentait mauvais, très mauvais. Nul doute que ces deux là venaient de mettre en place un plan machiavélique qui leur coûterait gros. Fudge tourna sa tête vers son conseillé, ses yeux exorbités par la surprise.
-Vous croyez ? Demanda-t-il.
-Oui, cela me paraît être une bonne idée, qui montrera à vos électeurs votre intégrité. Répondit le blond.
-OOOooo Siri oooOOO-
Cela faisait déjà deux jours – d'après le nombre de repas à être passé, ce qui était le seul moyen de compter le temps dans cette satanée prison – que Maugrey était passé nul doute qu'il ne tarderait pas à réapparaître. Et alors, Sirius en prendrait plein la tête, sans même savoir pourquoi. Oui, c'était déjà un miracle que Fol'œil ne soit pas déjà revenu – comme s'en était surement un qu'il prenne la peine d'aller chercher une autorisation pour l'interroger : il ne s'embarrassait pas de ces choses là, avant ! –, et l'animagus chien n'avait pas vraiment envi de tenter sa chance plus avant. C'était donc le moment de mettre en action son plan on ne peut plus audacieux – voir un peu fou –.
Quand le détraqueur se fut éloigné, et que Sirius n'entendit plus les claquements des assiettes sur le sol de pierre – l'animagus supposait que cela signifiait que le sombre gardien avait quitté le couloir –, l'homme crasseux prit la forme du chien – non moins crasseux – pour humer l'air. La terrible créature avait effectivement quitté l'étage, parfait ! Le cœur battant la chamade, le chien, ressemblant à un sinistros décharné, s'approcha des barreaux de sa geôle. Voilà qui démarrait bien : sa tête ne passait pas ! Dans un soupir, le chien se rassit sur son postérieur. Il était pourtant maigre comme un clou, il aurait dû passer : il avait réussit, au dernier repas, quand il avait voulu vérifier ! Ah ! Il avait sa forme humaine à ce moment là.
Sirius reprit sa forme humaine, inspira un grand coup, et se lança. Se mettant de profil, il se glissa entre deux barreaux, devant forcer un peu plus pour que sa tête passe. Et ce fut tout fier de lui qu'il se retrouva de l'autre côté. Toutefois, il ne prit pas le temps de célébrer ce succès, ne voulant pas perdre le peu de temps dont il disposait. Il reprit donc sa forme de chien pour échapper à l'influence néfaste des détraqueurs, et il s'élança à travers les sombre, humides et froids couloirs – les termes étaient, bien entendu, bien loin de retranscrire l'état des lieux –. Lorsqu'il croisa l'un des gardiens, il se pelotonna contre le mur, suintant de malveillance, remerciant Merlin et tous les grands pontes du monde sorcier que les détraqueurs ne portent aucun intérêt aux animaux, et ne reconnaissent pas les animagus.
Ce fut tout tremblant que l'énorme, mais maigre, chien noir arriva devant les énormes portes de fer qui marquaient l'entrée – et, pour les aurors et les rares visiteurs, la sortie –. Bien, la phase 1 était accomplie. Comment donc pourrait-il passer cette foutue porte ? se doutant que rester assis face à cette porte ne l'aiderait pas à quitter le lugubre établissement de correction – le terme était bien faible –, Patmol se mit à parcourir, aussi discrètement que possible, les alentours, à la recherche d'une alternative. Soudain, il la sentit. Une odeur iodée, portée par une petite brise. Une odeur d'extérieur. Une odeur de liberté. Tremblant toujours, mais la queue battante, Sirius se dirigea vers la source de cette odeur qui lui semblait si douce. L'odeur du dehors !
Il arriva devant une porte en bois. Se mettant debout sur ses pattes arrières, le molosse jeta un coup d'œil à travers les grandes vitres qui encadraient la dite porte, à moitié de mur. De toute évidence, il s'agissait là du bureau des quelques rares aurors en faction dans la prison – les pauvres, c'était sûrement la tâche la plus ingrate que l'on pouvait confier à un auror ! –. La décoration y était terriblement lugubre, rappelant qu'ils se trouvaient au pire endroit qui soit dans le monde magique, et la grande cheminée, qui se dressait au fond, à droite de la fenêtre d'où observait le grand chien, était si noire de suie qu'elle se fondait parfaitement dans l'ombre des sombres pierres du mur. Sirius savait qu'il ne pourrait pas emprunter cette cheminée : elle menait directement dans le bureau du chef des aurors seul un abruti tenterait de s'évader par là – or Sirius était peut être impulsif et un tantinet cinglé, mais il n'était pas un abruti – du moins, c'était ce qu'il aimait croire –.
Juste en face du poste d'observation de Sirius se trouvait une porte, du même fer que la grande porte principale, mais dans des dimensions bien plus modestes. Cette porte était entre-ouverte sur un ciel gris et nuageux. C'était par cette ouverture que venait l'odeur d'iode, la petite brise – qui passait par l'ouverture, plus que large, sous la porte en bois du bureau –, et une odeur de tabac, qui était apparue plus tardivement que celle de l'atmosphère marin. Et, un bonus non négligeable : le bureau était vide de vie. A n'en pas douter, c'était le jour de chance de Sirius, et l'animagus ne put qu'espérer que celui-ci se prolonge autant que possible.
Sirius, toujours sous sa forme de chien, ouvrit la porte avec sa gueule, comme il avait apprit à le faire quand il était encore un animagus libre et entouré d'amis. Patmol traversa silencieusement la pièce, tous ses sens en alerte. Jetant un coup d'œil par l'entrebâillement, le prisonnier presque en cavale eu le plaisir de constater que l'auror lui tournait le dos, fumant une cigarette à l'autre bout de la cour. Et il était seul. C'était vraiment le jour de chance de Sirius. Toutefois, celui-ci se doutait qu'il ne devait pas n'y avoir qu'un seul auror, et que l'autre ne tarderait certainement pas à montrer le bout de son nez. Aussi se dépêcha-t-il, aussi silencieux que possible, et partit se cacher dans un buisson d'épineux.
L'auror termina sa cigarette et rentra rapidement dans son bureau, refermant la porte de fer dans son dos. Désormais seul dans la cour, Sirius rampa – il eu été dommage qu'après tant de chance, il se soit fait attraper pour avoir manqué de discrétion – jusqu'à la rive. Il fut étonné de n'être arrêté par aucune barrière de protection, mais son esprit se focalisa vite sur l'eau : elle était plus que glaciale. Mais il ferait avec : Harry avait besoin d'aide, et Sirius comptait bien la lui apporter, même si c'était la dernière chose qu'il devait faire ! Il était son parrain, par Merlin ! L'énorme chien noir s'élança donc, sans la moindre hésitation, dans l'eau de cette mer d'un gris profond, qui entourait la sombre prison d'Azkaban.
-OOOooo Mauggy oooOOO-
C'était louche. Vraiment très louche. Comment avait-il pu obtenir cette foutue autorisation aussi facilement ? Il avait juste fallu que Malfoy – Lucius – aille murmurer dans l'oreille du Ministre, qu'il lui fasse une ou deux flatteries mielleuses, et POUF : Alastor et Amélia avaient eu leur autorisation. Juste comme ça, sans rien avoir demandé au blond, sans lui avoir proposé aucune contrepartie. Et ça, c'était on ne peut plus louche : un serpentard ne rend JAMAIS service gratuitement. En particulier quand il s'appelle Malfoy.
Se dirigeant vers le bureau de son supérieur pour lui emprunter sa cheminée, Alastor jeta un nouveau coup d'œil sur le parchemin qu'il tenait entre ses doigts.
« Cornélius Fudge, Ministre de la Magie, donne, par la présente, l'autorisation à l'auror Alastor Maugrey et à l'aspirant Amélia Bones, d'interroger le prisonnier Sirius O. Black, matricule n°13.666.81, condamné à perpétuité à un emprisonnement dans le quartier de Haute Sécurité de la prison sorcière d'Azkaban pour utilisation de magie noire, association avec un mage noir, complicité de meurtre, homicides volontaires multiples et trahison envers la Communauté Sorcière de Grande-Bretagne.
La présente autorisation est donnée dans le cadre d'une réouverture de dossier concernant les crimes de Sirius O. Black, matricule n°13.666.81, afin de lui garantir un procès respectant les lois magiques, faisant parti des droits de tout sorcier de la Communauté Sorcière de Grande-Bretagne, et dont il n'a pu bénéficier compte tenu de la période de trouble ayant frappé le Ministère au moment où le criminel a été appréhendé.
Les conditions de l'interrogatoire seront celles observées pour les enquêtes ordinaires des aurors. L'utilisation du véritasérum y est toutefois rendue obligatoire, de même que des questions concernant les meurtres de James Potter, Lily Potter et Peter Pettigrow.
Cornélius A. Fudge, Ministre de la Magie »
Toute cette histoire était si étrange ! Alastor ne voyait absolument pas ce que les deux Malfoy – l'auror ne doutait pas une seule seconde qu'Agrippa Malfoy était l'investigateur de ce mystérieux complot : il était le premier des deux blonds à avoir chuchoté aux oreilles de l'autre, après tout ! – cherchaient à obtenir en lui imposant de telles conditions – elles semblaient être plus favorable à Alastor qu'aux mangemorts –, mais ces deux là ne parviendraient pas à endormir sa méfiance Alastor n'avait qu'un crédo, et il le respecterait à la lettre : VIGILENCE CONSTANTE !
Scrimgeour, après avoir parcourut l'autorisation d'un air perplexe, n'ayant visiblement pas cru qu'Alastor parviendrait à convaincre le ministre de le laisser interroger Black – ce que l'auror n'avait, par ailleurs, pas fait –, l'autorisa à emprunter la cheminée, après lui avoir indiqué quelle salle d'interrogatoire il pourrait utiliser. Alastor et Amélia disparurent, l'un après l'autre, dans les flammes vertes, pour réapparaître dans le bureau lugubre qu'utilisaient les aurors lorsqu'ils étaient de fonction à Azkaban.
Si Amélia frissonna de dégoût à l'idée d'avoir de nouveau mit les pieds dans ce lieu malsain, Alastor resta de marbre. Du moins, ce fut le cas jusqu'à ce qu'il aperçoive, sur le mur à sa droite, la porte en fer entrouverte. Mais qu'est-ce que c'était que ces imbéciles, qui laissaient des issues à d'éventuels évadés ?! Bien sûr, Alastor ne doutait pas qu'il fut impossible de s'évader de ce funeste endroit, mais tout de même ! VIGILENCE CONSTANTE, que diable !
Quand l'homme qui fumait sa clope à l'extérieur revint dans le bureau, Alastor lui passa un savon mémorable, lui expliquant en long, en large, et en travers pourquoi il n'était qu'un imbécile ignare qui méritait de passer sa vie à élever des vers à crasse plutôt que d'exercer cette noble et merveilleuse profession qu'était le métier d'auror. Quand son mentor eu fini son sermon, Amélia indiqua à leur hôte penaud la raison de leur visite, et celui-ci se hâta de les conduire à la cellule de Sirius Black – après avoir averti les détraqueurs de cesser leur ronde, cela allait de soi –. Toutefois, Alastor Maugrey ne put jamais interroger le prisonnier comme il l'avait prévu : la sombre et étroite cellule était vide – malgré sa porte toujours fermée à double tour –.
« Sonnez l'alerte… SONNEZ L'ALERTE, PAR MERLIN ! NE RESTEZ PAS PLANTÉ LÀ ! ESPÈCE D'INCAPABLE ! »
Merci à tous et à toutes pour vos reviews, qui me font très plaisir!
Prochain chapitre: Alarme rouge
