Chapitre 11 : plantes vertes et lumière dorée
disclaimer: Les personnages et l'univers appartiennent à JKR. Une partie de mon inspiration du bonus à la toute fin (après mon blabla de fin de chapitre) vient de "Beautiful Baking for the perfect indulgence", Marks&Spencer.
-OOOooo Amy oooOOO-
C'était définitif : Amélia et Dumbledore n'étaient pas sur la même longueur d'onde. Elle avait suivi son mentor, Alastor Maugrey, et le vieux directeur jusque dans le bureau du Ministre, et elle assistait désormais au sévère sermon que le président du Magenmagot donnait à Fudge, qui ne semblait pas comprendre ce qui lui était reproché. Et, pour une fois, Amélia était d'accord avec lui.
Pour la jeune femme, le Ministre Fudge avait, pour la première fois depuis sa prise de pouvoir, enfin agit intelligemment en lançant une partie des aurors à la recherche du petit Potter. Et l'homme avait joué très finement en mettant à contribution les autorités moldues celles-ci semblaient posséder d'intéressants moyens de recherche. Certes, cela présentait quelques inconvénients, tel que cette possible remise en mouvement des mangemorts en libertés, mais cela pouvait être anticipé.
Par ailleurs, Amélia trouvait que Dumbledore était vraiment gonflé de passer un savon à Fudge, alors que c'était lui qui avait transgressé la loi en n''avertissant pas les autorités de la disparition d'Harry Potter – la jeune auror avait grincé des dents quand le vieil homme l'avait fait taire à ce sujet –, et il reprochait au Ministre d'avoir pris de bonnes décisions ? C'était ridicule ! Pour Amélia, il était évident que les chances de retrouver l'enfant étaient bien plus grandes avec la mobilisation des aurors et des équipes de recherche moldues qu'avec seulement les quelques membres de l'Ordre du Phénix ! Quant à cette peur du regroupement des mangemorts, c'était idiot aussi : si Harry Potter avait effectivement été enlevé par un mangemort, alors celui-ci devait déjà avoir averti ses immondes petits camarades, et ce qu'un article de la Gazette annonçant la disparition de sa victime soit paru ou pas.
Tout ayant apparemment été dit, Dumbledore, dont la colère avait effacé son habituel air de gentil grand-père gâteau – gentil grand-père sorbet citron serait plus exacte –, se retourna et se dirigea vers la sortie, rapidement suivi de Fol' œil – un vrai petit toutou obéissant… –. Amélia n'avait plus que quelques secondes pour se décider. Une décision importante. Devait-elle suivre ses principes, ou ses obligations envers le vieil homme ?
Car depuis que l'Ordre avait repris du service, la jeune femme avait fait taire ses principes de vie au profit des ordres de Dumbledore, mais c'était difficile. De plus en plus difficile, à cause de son amour pour le respect des lois, qui était quelque chose qui lui paraissait fondamental pour le bon fonctionnement d'une société : toutes ces règles étaient là pour servir de garde-fou, pour éviter aux gens de verser dans les excès. Bien sûr, certaines de ces lois étaient obsolètes, et devaient être radiées du code civil, mais c'était aux hommes de loi de s'occuper de cela, et ce n'était pas une raison pour outrepasser la loi si l'on commençait à faire fi d'une loi sous prétexte qu'on la trouvait dépassée, qu'est-ce qui empêcherait de déroger aux autres ? Ce principe de fonctionnement ne pouvait conduire qu'à l'anarchie, un système qui ne pouvait, en aucun cas, fonctionner dans la société sorcière, car il impliquait que chaque citoyen soit capable de s'auto-discipliner pour que ses actions ne lèsent pas son voisin. Et ça, c'était impossible : il y en aurait toujours au moins un qui se sentirait au-dessus des autres, et qui chercherait à imposer ses idées, ses LOIS. C'était dans la nature humaine.
Or, outrepasser les lois et ses fonctions semblait être un des crédos d'Albus Dumbledore, le plus grand sorcier de ce siècle – et du siècle dernier aussi –, Albus Dumbledore, le chef de la résistance contre le plus grand mage noir de leur époque. Les actions du vieil homme étaient-elles efficaces ? Oui. Ses raisons d'agir étaient-elles valables ? Oui. Cela légitimait-il le fait de se croire au-dessus des lois ? Non.
Amélia avait pris sa décision. Tant pis si cela la faisait passer pour une traîtresse. Tant pis si cela décevait le vieux directeur, à qui elle devait encore d'avoir pu garder la tutelle de sa nièce – dernier autre membre vivant de la famille Bones – alors qu'elle était encore mineure à cette époque-là. Pour tout cela : tant pis. Elle voulait que son adorable Susanne vive dans un monde décent, et cela incluait le respect des lois.
De toute façon, elle ne servait pas à grand-chose dans l'Ordre. La preuve : les deux hommes qu'elle avait accompagnés ne s'étaient même pas aperçus qu'elle ne les avait pas suivis. Contrairement à Fudge, qui la fixait avec de la curiosité dans le regard. Amélia expira un bon coup, pour se donner courage, et se dirigea d'un pas décidé vers le dirigeant du monde sorcier britannique.
« Monsieur le Ministre, je pense qu'il y a d'autres choses que vous devez savoir à propos des affaires Potter et Black ».
-OOOooo Sev oooOOO-
Séverus ajouta quatre yeux de scarabées dans son chaudron, tourna deux fois la mixture dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, puis retira la louche, qu'il posa sur le plan de travail après avoir retiré d'un coup de baguette la potion qui y était. Parfait. Il ne restait plus qu'à laisser mijoter jusqu'au lendemain soir 22h, puis la laisser refroidir. Le surlendemain matin, à 9h, ils pourraient retrouver Potter Junior.
Le jeune homme se tourna vers son coéquipier, prêt à lui annoncer la bonne nouvelle – bientôt, ils ne feraient plus équipe ! –, quand la porte de son laboratoire s'ouvrit. Séverus poussa un soupir. Il n'y avait que deux personnes qui savaient comment entrer dans son antre : Dumbledore et Lucius. Que pouvait bien encore lui vouloir le vieux directeur – Séverus doutait que Lucius se soit déplacé jusqu'à Poudlard sans l'en avertir – ?
Le maître des potions se retourna, prêt à râler contre l'intrusion du vieil homme – déjà que la présence, aussi silencieuse soit-elle, de Lupin dans un coin de la pièce était plus que désagréable et dérangeante –, mais ses sarcasmes se bloquèrent dans sa gorge quand il vit qui se permettait d'entrer dans ses appartements comme dans un moulin la famille Malfoy était là, au grand complet. Et cela devait être grave, car sinon, Lucius n'aurait pas gardé Draco dans ses bras en publique, et de toute évidence, les trois adultes entrants avaient repéré le lycan.
Après quelques secondes, pendant lesquelles le chef de famille sembla juger Lupin, Lucius poussa un soupir résigné – cela non plus, il ne le faisait habituellement pas en publique –, et se tourna vers le professeur.
« Séverus, j'ai besoin de tes bons conseils »
Le professeur leva un sourcil, attendant la suite. Depuis quand Lucius Malfoy demandait-il de l'aide ? Cela devait-être vraiment grave…
-Après que cet article dérangeant sur la disparition du petit Potter soit paru, certaines de nos anciennes connaissances se sont mis en tête de… hum… faire quelques sorties, diront nous…
-E tu as besoin de mon aide pour trouver une excuse pour décliner poliment leur invitation ? Devina Séverus.
-Et pour trouver une bonne… destination de vacance… au moins pour Narcissa et Draco.
-Je ne suis pas certain qu'il existe beaucoup de lieu de vacances qui pourraient correspondre à tes attentes… Je n'ai rien, à part l'Impasse di Tisseur, que nos "anciens camarades" connaissent aussi, et mes appartements à Poudlard, où vous ne pourrez pas rester sans l'accord de Dumbledore.
-Je préfèrerais éviter d'avoir affaire au vieux… – regard vers Lupin – hum… directeur.
Séverus s'assit – rapidement imité par ses invités surprise – afin de réfléchir. Trouver un endroit où se cacher sans passer par Dumbledore ? Lucius allait vraiment devoir revoir ses exigences à la baisse car, même en voulant sincèrement aider son meilleur ami, Séverus n'avait pas tant de liberté que cela. Et le vieux directeur se mêlait presque constamment des affaires de son maître des potions, si bien qu'il y avait bien peu de choses que le jeune professeur pouvait lui cacher – à sa plus grande frustration –.
« Je… je peux peut être les héberger… » Proposa avec hésitation Lupin, de son petit coin retranché.
Tous les regards convergèrent vers lui. Le loup-garou était-il en train de leur proposer de l'aide ? Et avait-il compris toutes les implications derrière les paroles de Lucius ? Car si le blond s'était montré bien moins subtil qu'à l'ordinaire, il était évident – pour Séverus en tout cas – qu'il n'avait pas tout dit. Lupin se dandina un peu sur son tabouret avant de continuer sur sa lancée.
« Ce n'est pas vraiment luxueux, et c'est dans le monde moldu, mais personne ne penserait à chercher des Malfoy parmi les moldus, je pense. Et comme c'est un peu isolé, ça n'en fait pas une cible d'attaque privilégiée… »
Lupin se tu. S'était-il finalement rendu compte qu'il se mêlait d'une conversation qui ne le regardait en rien ? Séverus en doutait. Foutu gryffondor. Le silence commençait à s'éterniser quand Narcissa prit la parole d'une voix douce.
-C'est très gentil à vous, M. Lupin. Cela nous aiderait beaucoup.
-Quoi ?! s'écria Lucius, qui n'avait apparemment pas eu l'intention d'accepter.
-Narcissa à raison, c'est une offre qu'on ne peut pas vraiment se permettre de refuser, surtout si l'on veut éviter Dumbledore. Intervint Agrippa.
-Très bien. Soupira Lucius – il devait VRAIMENT avoir besoin d'un refuge –. E quelles sont vos conditions, M. Lupin ?
De toute évidence, le garou n'avait pas prévu de condition. Ah, les gryffondors et leur surdose de générosité… Ah ! Vu la lueur qui venait de s'allumer dans les yeux du lycan, il venait de penser à une condition… Lucius aurait certainement mieux fait de ne rien demander. D'ailleurs, au vu de son léger froncement de nez, et des sourires mi moqueurs, mi inquiets de Narcissa et d'Agrippa, tous les trois s'en étaient rendu compte.
« Et que diriez-vous de nous accompagner pour retrouver Harry quand la potion de localisation sera terminée ? Dumbledore nous ayant donné carte blanche pendant qu'il se renseigne sur les possibles mouvements des mangemorts, il ne s'occupera de rien d'autre que de nos résultats, alors il ne devrait pas savoir que vous avez participé… et ça vous fera un argument en votre faveur si vous avez besoin d'une de ses faveurs un jour ! »
-OOOooo Siri oooOOO-
Les révélations que lui avait fait Sally le lapin la veille étaient pour le moins dérangeantes alors comme cela, le vieux Dumby avait laissé son filleul aux mains de Pétunia ? Pourtant, le vieil homme SAVAIT qu'on ne pouvait pas faire confiance à cette mégère à tête de canasson ! Mais il lui avait quand même laissé Harry, et résultat : celui-ci avait été négligé, maltraité. PIRE : ce vieux schnock avait, dès le début, eu l'intention e lui souffler la garde de l'enfant au profit de la sœur dérangée de Lily.
Quand Sirius était à Godric's Hollow ce terrible soir du 31 octobre 1981, il avait eu l'occasion de récupérer Harry. Puis Hagrid était arrivé, et lui avait dit que Dumbledore devait s'occuper de l'enfant. Par cela, Sirius avait compris que le directeur de Poudlard voulait vérifier la santé du bambin et se renseigner sur les possibles conséquences du sort de mort qu'avait subi le petit garçon. Alors l'animagus chien avait confié son précieux filleul au demi-géant, lui laissant même sa moto pour qu'il arrive plus vite à Poudlard.
Mais on s'était joué de lui : ce n'était pas pour vérifier la santé d'Harry que Dumbledore avait voulu récupérer l'enfant. En fait, il n'avait même pas dû y jeter un œil du tout, puisque la peluche avait découvert l'existence d'un fragment d'âme étranger chez le petit garçon, présence intruse qui n'avait pu être expliquée que comme le résultat de cette nuit fatidique. Un fragment d'âme de Voldemort. Un horcruxe.
Quand Sally le lui avait annoncé, Sirius n'avait pas très bien compris ce que cela impliquait. Qu'était-ce un horcruxe, en premier lieu ? Alors le lapin vert émeraude le lui avait expliqué un horcruxe, c'était un morceau d'âme dont le propriétaire s'était volontairement séparé, en déchirant son âme grâce à un meurtre, pour le placer dans un réceptacle. Cela avait pour but de devenir immortel.
En résumé, c'était une abomination. Et cette abomination souillait son précieux filleul. Et ça, c'était tout bonnement inacceptable ! Et si jamais Dumbledore était au courant pour cela, il aurait affaire à Sirius – et certainement à Sally. E là, ça risquait de faire mal, parce que le lapin semblait avoir un esprit vraiment TRES tordu… –. En plus, cela signifiait que Voldemort n'était pas vraiment mort, et ça, c'était mauvais. Très mauvais.
Mais ils se pencheraient sur ce problème-là plus ils avaient bien plus important à faire. En effet, tôt dans cette matinée du 1er août, Sally le lapinou avait terminé la création de son rituel de récupération de son corps, mêlé à l'adoption d'Harry – Sirius était heureux que le lapin ait accepté de le garder comme parrain –, et ils se préparaient désormais pour une petite expédition à Poudlard. Leur objectif ? La serre privée de Sally.
Ainsi donc, la peluche avait des pièces privées dans la prestigieuse école ? Cela intriguait énormément le jeune homme, d'autant plus qu'il connaissait Poudlard comme sa poche, et qu'il n'avait JAMAIS entendu parler des serres que lui avait décrit le lapin.
Mais peu importait il suivrait. Car ce rituel impliquait le retrait de l'horcruxe de l'esprit d'Harry, une opération que Sally avait décidé de faire en priorité. La peluche semblait calée en matière de magie noire – et y avoir recours très souvent –, mais pour une fois, Sirius avait décidé de laisser passer. Notamment parce que le lapin savait ce qu'il faisait. L'animagus chien l'avait bien compris après que la peluche lui ait fait un cours rapide sur la magie d'absorption et la magie d'expulsion, suite à une scène anti magie noire de Sirius – enfin, il faudrait tout de même revenir sur le sujet, car Sirius n'avait pas tout compris – et, surtout, car cela débarrasserait Harry du fragment d'âme de Voldemort.
« 'Mol, tu viens ? » La petite voix d'Harry ramena Sirius à la réalité. Sirius prit sa forme de chien, et suivit le petit garçon – et, accessoirement, Sally, qui était confortablement installé dans les bras de son fils – jusqu'à une prote discrète – l'aîné des Black ne l'avait même pas remarqué lors de sa visite de la maison –, astucieusement placée dans un coin du bureau de Sally. C'était une porte simple, sans le moindre ornement il n'y avait rien d'autre qu'une vieille serrure, étrangement placée au centre de la porte. Une clé, sortant certainement d'une des cachettes secrètes cachées à travers la pièce, lévita jusqu'à la serrure, et tourna d'un tour vers la gauche, provoquant le déclic d'ouverture. Et la porte s'ouvrit, donnant sur de profondes ténèbres opaques… cela menait-il vraiment à Poudlard ?
Lorsqu'ils entrèrent dans la salle derrière la porte, les torches disposées dans celle-ci s'allumèrent, révélant une vaste et humide crypte. Au mur derrière eux étaient adossées d'imposantes statues du même homme… que Sirius ne reconnut pas, bien qu'il avait l'impression de l'avoir déjà vu avant quelque part. Oui, mais où ? Peu importait : cette salle était foutrement impressionnante ! Surtout quand un serpent géant sortait soudainement de la bouche d'une des statues pour faire la causette – en fourchelangue – avec une peluche et un enfant. Harry eu la grâce de traduire la conversation à Sirius – via la légilimencie, comme il avait de plus en plus tendance à le faire –.
Ils eurent ensuite droit à une promenade à dos de basilic jusqu'à ce qu'ils arrivent, après un long cheminement à travers un labyrinthe de conduits, à un cul-de-sac. Avant que Sirius n'ait pu s'interroger, Sally siffla quelque chose en fourchelangue, et le mur s'ouvrit sur… le parc de Poudlard, à proximité des serres. Cela surprit l'ancien maraudeur : s'il connaissait cette partie du parc, il ne l'avait jamais vu de ce point de vue là… C'était fou ce que le parc de l'école était beau, et lui avait manqué.
Mais l'ancien élève n'eut pas le temps de tomber dans la mélancolie, car Harry et Sally s'éloignaient déjà, longeant le mur… dans le sens opposé à celui des serres ?! N'était-ce pourtant pas là-bas qu'ils devaient se rendre ? Quoi que l'animagus ne se souvenait pas d'avoir déjà mis les pieds dans la serre décrite par la peluche. Peut-être parce qu'elle n'était pas avec les serres communément utilisées pour les cours… peut-être même qu'on ne pouvait y accéder que par un passage secret ?
Le lapin s'arrêta devant un espace vide, délimité par quatre fontaines dont chacune représentait un serpent dans une pose différente. Sirius se souvenait de cet endroit car il avait énormément intrigué les maraudeurs c'était un des mystères qu'ils n'avaient jamais pu élucider : les fontaines avaient des socles ronds dont un quart était tronqué, et elles étaient dirigées vers quatre directions différentes. C'était comme si elles ornaient les coins extérieurs d'un bâtiment rectangle… sauf que l'espace à l'intérieur était vide, et qu'il n'y avait pas de bâtiment là. Pourtant, c'était une zone dans laquelle on ne pouvait pas pénétrer, quels que soient les sorts et les efforts que l'on fournissait. Les maraudeurs avaient pourtant tout essayé – hormis la magie noire, évidemment – !
-Y'a rien là, Sally. Constata Harry – Sirius aboya pour montrer son accord –.
-Si, mais Helga a fait du très bon travail pour cacher la serre et empêcher quiconque d'y entrer. Répondit Sally.
L'animagus resta coi à cela. Par "Helga", le lapin voulait-il dire "Helga POUFSOUFFLE" ? pourquoi aurait-elle fait cela ? « Pour empêcher les élèves d'y entrer. C'était ma serre privée, après tout » lui répondit la peluche, utilisant la légilimencie. Ce foutu lapin avait encore lu dans ses pensées. Ne pouvait-il pas arrêter cela ? Ce qu'il se passait dans son esprit, c'était privé, P.R.I.V.E ! Etait-ce si difficile à comprendre ? Il lui sembla qu'un ricanement fit écho à ses pensées. Un effet de son imagination ? Peu probable.
Sally fit apparaître une baguette – d'où sortait-elle ? –. C'était une très vieille baguette, comme on n'en trouvait plus, avec des runes gravées sur le bois, et de petites émeraudes et améthystes incrustées dedans. Malgré tout, elle était très bien entretenue, et aurait certainement pu paraître neuve si ce type de baguette n'avait pas disparu à la fin du XVIème siècle car trop difficile à fabriquée, et trop coûteuse. Le lapin se mit à faire, silencieusement, des mouvements compliqués. Et, petit à petit, une serre apparue. Il fallut une bonne dizaine de minutes à Sally pour faire apparaître la serre et déverrouiller les sorts de fermeture.
-OOOooo Ryry oooOOO-
La serre de Salazar était incroyable et magnifique. Bien sûr, Harry n'avait pas eu besoin que son père lui rappel e ne pas toucher pour ne pas laisser ses petites mains vadrouiller : le petit garçon avait bien compris que certaines de ces plantes étaient dangereuses et/ou toxiques. Mais ses grands yeux verts émeraude semblaient s'être remplis de toutes les étoiles de l'univers tant ils brillaient d'émerveillement. Toutes ces grandes et belles fleurs tout partout autour de lui… C'était presque comme être dans la jungle !
« Harry » appela son père. L'enfant refocalisa son attention sur la peluche en tissu vert devant lui. « Y a-t-il des plantes que tu connais ? » lui demanda Salazar – qui devait certainement savoir que la réponse était « oui » –. Il ne suffit que de cela pour qu'Harry se lance dans ses explications botaniques des plantes qu'il connaissait et pose une grande ribambelle de questions sur celles qu'il ne connaissait pas.
Pendant ce temps, 'Mol, qui avait repris son apparence d'Oncle Siri, prélevait les plantes nécessaires au rituel de Sally. Harry n'avait pas tout compris, mais il savait ce que cela voulait dire : il aurait un papa qui ne serait plus un lapin en peluche, et plus personne ne pourrait dire qu'il n'avait pas de papa.
-OOOooo Sally oooOOO-
Le rituel qui lui permettrait de récupérer son corps tout en concrétisant l'adoption du petit Harry était fin prêt, et pouvait être conduit à tout moment. Mais avant cela, il fallait débarrasser l'enfant du parasite qui l'habitait. Ce rituel-là était prêt aussi il ne manquait plus que le principal intéressé, qui finissait sa sieste sous le fauteuil de maître du salon. Quoi qu'à bien y réfléchir, il était peut-être préférable que l'enfant soit endormi pendant qu'on lui retirait cette aberration : Salazar n'avait aucun doutes que l'extraction d'une horcruxe était quelque chose de très douloureux pour le porteur, et il espérait que le sommeil l'atténuerait quelque peu.
Salazar partit chercher son fils. Ne pouvant pas le porter dans cette forme de peluche, il le fit léviter jusqu'au centre du pentacle d'extraction. Il lui jeta un sort pour le plonger dans un sommeil plus profond encore, pour que le petiot ne se réveil pas pendant le rituel, ainsi qu'un sort de légilimencie pour le maintenir dans un beau rêve peut-être qu'ainsi, la douleur se ferait suffisamment lointaine pour ne pas déranger son petit garçon. Sirius Black, le parrain du petit Harry, attendait à un point bien précis du pentacle pour y verser, quand Salazar lui en ferait signe, les potions qu'ils avaient préparées.
« Courage, mon petit bout d'homme, ce sera vite terminé. » Murmura le fondateur, avant de commencer son chant rituel.
-OOOooo Siri oooOOO-
Ce jour-là, deux choses devinrent certaines dans l'esprit de Sirius : son filleul était l'enfant le plus intelligent de l'univers, et Sally était le meilleur professeur du monde. Dans la matinée, il avait été ravi de constater qu'Harry était capable de retenir un grand nombre d'informations, et de les restituer à sa manière. Et il avait été époustouflé par la capacité qu'avait la peluche à rendre la botanique intéressante… par Merlin, Sirius avait littéralement été passionné par tout ce qu'il disait, et ces deux heures dans la serre lui avait presque plus appris que ses sept années d'études à Poudlard !
Mais il était indéniable que le domaine de prédilection du lapin, c'était les potions Sally y était à la fois un maître et un professeur exceptionnel : pendant que Sirius brassait les potions nécessaires aux rituels – étonnamment rapides à préparer, malgré leur complexité –, la peluche, tout en lui donnant les directives à suivre, lui avait expliqué chaque ingrédient, chaque geste, chaque étape de la préparation. Et Sirius avait réussi toutes ses potions à la perfection, et du premier coup… il pouvait presque comprendre l'intérêt qu'y portait Servilus. Presque seulement il ne fallait pas pousser non plus !
Ce fut le cœur battant que Sirius observa et participa au rituel d'extraction de l'horcruxe. Il avait dû se retenir d'aller serrer Harry dans ses bras quand le petit garçon avait commencé à s'agiter, à gémir et à pleurer. Il n'était parvenu à se maintenir à sa position que parce que Sally l'avait prévenu que, malgré tout ce qu'il pourrait faire pour atténuer la souffrance d'Harry, le rituel resterait très douloureux. De plus, interruption conduirait, à coup sûr, à la mort de l'hôte. Alors Sirius avait tenu. Même quand cette espèce d'ombre noire, puante et malsaine s'était lentement écoulée hors de la cicatrice du petit garçon. Même quand Sally avait enfermé cette chose dans une fiole. Sirius avait tenu jusqu'à ce que la peluche sorte Harry de son sommeil artificiel. Alors Sirius avait serré l'enfant en larmes dans ses bras – saisissant accidentellement un lapinou protestant dans son étreinte –.
-Et que fait-on, maintenant ? Demanda-t-il, lâchant finalement son filleul – et le lapin –.
-Le second rituel. Répondit la peluche.
-Ok. Hum… et pour l'horcruxe ? Sirius était intrigué par la fiole dans laquelle flottait l'ombre.
-Je vais la garer pour faire quelques expériences… ce n'est pas tous les jours que l'on a sous la main un morceau d'âme que l'on peut briser sans aucun scrupules !
-…
Finalement, Sirius n'était pas si intéressé que cela par le devenir de l'horcruxe… et puis, il avait vraiment envie de savoir à quoi ressemblait Sally !
Un cercle rituel, de large diamètre, était tracé sur le sol de la chambre au serpent – le basilic qui, aussi étrange que cela puisse paraître, servait de familier au lapin avait lui aussi son rôle à jouer –. Au centre de ce cercle se dressait un énorme chaudron, lequel était rempli d'une potion argentée.
Sirius se répéta une nouvelle fois le déroulement du rituel Sally en étant le bénéficiaire, c'était à l'animagus chien de tout mener à bien. Harry s'assit sur le sol à proximité, suçant son pouce, en attendant que son tour vienne. Sally, lui, s'était placé à côté du chaudron. Sirius souffla un coup pour faire baisser la pression… par Merlin, il allait conduire un rituel de magie noire ! Mais c'était pour la bonne cause, n'est-ce pas ? C'était pour Harry… oui, c'était pour Harry.
Sirius commença à déclamer une longue litanie de mots dans une langue qu'il ne connaissait pas – de l'inca, d'après ce que lui avait expliqué Sally avant le rituel… heureusement que le lapin lui soufflait tout via la légilimencie !–. Continuant son flot de paroles, il se rapprocha du chaudron, et tendit ses deux mains au-dessus de celui-ci, comme s'il mandait quelque chose. Et d'après ce que lui avait expliqué la peluche, s'était effectivement le cas : Sirius était en train d'invoquer les quatre éléments. L'apparition du premier d'entre eux surpris Sirius, qui faillit interrompre sa longue formule – heureusement, ce ne fut pas le cas – : de belles flammes orangées apparurent dans ses paumes, à quelques centimètres de sa peau. Sirius ouvrit ses mains, et laissa tomber les flammes dans la potion argentée, qui prit une teinte dorée pendant quelques secondes avant de redevenir argentée. La même chose se passa avec l'eau, l'air et la terre – sauf que Sirius ne fut plus surpris –, et la potion prit une teinte dorée définitive après l'incorporation du dernier élément.
Bien. La première partie s'était parfaitement déroulée. Avant de commencer la seconde, Sirius prit la peluche, et la laissa tomber dans le chaudron. Heureusement, le reste du rituel serait en anglais, car Sally ne pouvait plus lui dicter quoi que ce soit : Sirius devrait se souvenir du reste.
« Que par ce rituel, l'âme ici présente récupère ce qu'elle a perdue,
Que ceux qui tienne à elle, qui sont et seront sa famille l'aident à se refaire,
Que vienne le don du vassal et ami
– le basilic s'approcha, et fit don d'une goutte de venin –
Que vienne le don l'ami, nouveau ou ancien
– Sirius hésita un instant, car Sally lui avait dit qu'il pouvait offrir ce qu'il voulait, dans la quantité qu'il voulait. Il avait aussi précisé que le sang représentait un lien familial : si le fugitif décidait d'offrir du sang, il deviendrait le frère adoptif du lapin… Sirius se décida finalement pour une mèche de cheveux : l'animagus chien avait déjà un frère, même si celui-ci était mort et qu'ils ne s'étaient pas très bien entendus, et le maraudeur n'en voulait pas d'un autre –,
Que vienne le don de celui qui est aimé comme un fils
– Harry s'approcha, et tendit son doigt pour que Sirius y prélève une goutte de sang –,
Que le corps d'emprunt, qui accueilli l'âme en détresse,
Devienne ce qui fut perdu, ce qui est maintenant rendu »
La potion dorée dans le chaudron, qui s'était mise à briller de plus en plus au cours du rituel, produisit une très forte lumière dorée qui éblouie tous les présents dans la salle. Quand Sirius put rouvrir ses yeux douloureux, un homme assez grand, aux longs cheveux noirs qui lui tombaient au milieu du dos, et aux yeux d'un beau violet améthyste, s'habillait avec la robe de sorcier vert émeraude qu'ils avaient amené avec eux. Et cet homme était, sans le moindre doute, celui représenté par les statues ornant la salle. Et, par Merlin, il était sûr de l'avoir déjà vu quelque part !
-Hum… dites-moi… vous êtes certain qu'on ne s'est rencontré ? Demanda Sirius – il fallait qu'il en ait le cœur net –.
-Certain.
-J'ai pourtant l'impression de vous avoir déjà vu quelque part…
-Peut-être étiez-vous un habitué du bureau directorial lors de votre scolarité ? C'est le seul endroit où il y a encore un de mes portraits il a été épargné car Godric, Helga et Rowena y figurent aussi.
Sirius s'apprêta à lui répondre fièrement que ses meilleurs amis et lui-même détenaient le record d'heures de colle quand il réalisa de quel tableau parlait Sally. Et, surtout, de quel personnage du tableau il s'agissait.
« VOUS ÊTES SALAZAR SERPENTARD ?! »
-OOOooo Mumus oooOOO-
Enfin, enfin elle était prête. Et ce matin, Remus, Séverus, Lucius et Agrippa allaient partir à la recherche de Harry, et le ramener en sécurité – Remus n'imaginait même pas un instant que son louveteau ai pu être tué il ne le supporterait pas, et son loup non plus –. Le lycan souffla un coup pour se calmer il fallait qu'il arrête de gesticuler comme il le faisait, Séverus lui lançait déjà des regards irrités.
-Au fait, comment marche cette potion ? Demanda Agrippa, qui observait chacun des faits et gestes du professeur de potions de Poudlard.
-Cette potion agira dès qu'elle touchera le sol. Répondit Séverus. Il nous suffira de la suivre pour trouver Potter Junior.
Aussitôt dit, aussitôt fait : le maître de potion versa le contenu d'un louche sur le sol. Le liquide forma alors une sphère, sans pour autant devenir solide, et se mit à rouler en direction de la porte, suivit de près par les quatre hommes.
La petite sphère violette n'avançait pas bien vite, ses suiveurs se contentant de marcher derrière elle, mais elle les mena bientôt à Pré-au-Lard, et leur fit traverser le village. Elle s'arrêta toutefois à la frontière du village, tout près de la forêt interdite la potion sembla s'écraser contre un mur qu'elle ne put franchir.
C'était une blague, n'est-ce pas ? Harry ne pouvait pas être caché à PRE-AU-LARD, que l'Ordre du Phénix AU GRAND COMPLET avait fouillé de fond en comble pendant trois jours ! Est-ce que son louveteau était sous son nez depuis le début ? Remus n'arrivait pas à y croire – même son loup en grognait de frustration, lui répétant qu'il leur faudrait absolument s'entraîner au pistage 'était une honte qu'un grand prédateur tel qu'ils l'étaient se fasse berner de la sorte ! –.
-Le ravisseur doit être vraiment puissant pour avoir échappé aussi facilement à la vigilance de Dumbledore… Murmura Séverus – pour lui-même, semblait-il –.
-Ce n'est pas Sirius ! Affirma Agrippa avec conviction, attirant le regard surpris de Remus sur lui.
Le regard que posait Agrippa sur Séverus et Remus semblait les mettre au défi de le contredire. Au vu du regard blasé que Lucius posait sur le jeune homme, ce ne devait pas être la première fois que celui-ci soutenait l'innocence de Sirius. Une vague d'espoir envahit soudain Remus : peut-être Agrippa croyait-il aussi Sirius innocent pour les autres crimes retenus contre lui ? Si c'était le cas, Remus pouvait-il se permettre d'y croire aussi ? Peut lui fallait-il enquêter dessus ? Repoussant ces questions – il aurait tout le temps de se les poser quand Harry serait en sécurité –, il adressa un maigre sourire au blond.
-Ce n'est effectivement pas lui. Confirma-t-il. Sirius était encore dans sa cellule à Azkaban quand nous avons découvert la disparition d'Harry.
-Ah ? S'intéressa Lucius. Comment le savez-vous ?
-Maugrey et Bones l'y ont vu. Répondit Remus. Sirius s'est évadé dans les trois jours qui suivirent le premier passage de ces deux-là à Azkaban.
-Et si nous nous occupions des protections, plutôt que de tergiverser sur un sale cabot ? Grogna Séverus.
Ce ne fut qu'en milieu d'après-midi qu'ils parvinrent à passer les barrières –notamment grâce à l'action de la potion violette, qui les avait affaiblies grâce au sang d'Harry qu'elle contenait –, sans pour autant réussir à les faire tomber – le sorcier qui les avait posé devait vraiment être très puissant, et s'y connaissait incontestablement en magie noire –. Ils arrivèrent au seuil du jardin d'une maison moyenâgeuse. Ils s'avancèrent sur le chemin de gravier menant à la porte d'entrée, restant particulièrement vigilants pour éviter les pièges qui auraient pu être posés. Mais cela ne suffit pas. Tout à coup, Remus – comme les trois autres – fut paralysé par un étau de souffrance.
Fin du 11° chapitre, merci de l'avoir suivit jusqu'au bout, e merci pour toutes vos reviews, même si je n'ai pas répondu à tous le monde. J'espère que ma loingue absence (désolée pour cela, j'avais beaucoup de boulot) ne vous a pas découragés.
prochain chapitre: Peurs bleues
