Chapitre 12 : Peurs bleues
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-OOOooo Corny oooOOO-
Cornélius regarda la porte de son bureau se refermer sur le directeur du département des services de l'enfance. Celui-ci venait de lui apporter une information des plus étranges, sous la forme du dossier de Harry Potter, auquel s'était ajoutée une ADOPTION PAR LE SANG. Le Survivant portait désormais le nom de Harry James Salazar Potter Serpentard. Par Merlin, SERPENTARD ?! Etait-ce une mauvaise blague ? De toute évidence non : on ne se jouait pas aussi facilement des enchantements de mises à jour du Ministère.
Toute cette affaire rendit Cornélius perplexe : entre la disparition du petit Potter avec pour seule compagnie son lapin en peluche – fugue ? –, la maltraitance opérée par les Dursley – phobie de la magie ?! –, les miasmes de magie noire au 4 Privet Drive – mangemort ? –, l'évasion de Sirius Black APRES la disparition d'Harry Potter – coïncidence ? – et, maintenant, l'adoption par le sang de l'enfant porté disparut par un individu normalement disparut lui-même depuis près de mille ans – un descendant portant le même nom que son aïeul ? –, les éléments se croisaient sans jamais s'imbriquer les uns dans les autres, comme des pièces venant de puzzles différents. Bon sang, Cornélius n'y comprenait plus rien !
En plus de cela, les Malfoy étaient partis en vacances le Ministre ne pouvait donc demander conseil ni à Lucius, ni à Agrippa. La petite Ombrage était convaincue qu'un hybride avait fait le coup – et le harcelait pour faire passer des lois anti-hybrides –. Heureusement, il lui restait la jeune Amélia Bones qui, la veille, s'était révélée être une personne des plus intéressante. Et la jeune femme devait encore être au département des aurors au moment même. Bien, ce serait donc à elle qu'il ferait appel.
Prenant un morceau de parchemin, Cornélius y écrivit une rapide note, et l'envoya accomplir son office sous la forme d'un avion en papier – cette idée, proposée par un né-moldu l'année précédente, était une vraie petite merveille : ces avions étaient tellement plus pratiques que les chouettes ou les hiboux ! Tiens, pour la peine, Cornélius donnerait une promotion au jeune homme, qui n'avait pas encore été récompensé pour sa trouvaille –.
Le Ministre de la Magie n'eut à attendre qu'une dizaine de minutes avant que sa nouvelle conseillère ne toque à sa porte. Il lui donna l'autorisation d'entrer, et lui fit signe de s'assoir d'un geste de sa main potelée.
-Un nouvel élément perturbant vient de s'ajouter au mystère Potter. Annonça-t-il avant que l'apprentie auror – il ne lui restait que quelques mois de formation – n'ai pu ouvrir la bouche. Harry Potter a été adopté par le sang.
-Comment ?! S'exclama Bones, ses yeux agrandis sous la surprise.
-Le rituel doit avoir eu lieu hier soir : on vient de m'apporter le dossier.
La jeune femme parcouru rapidement les différents parchemins du dossier que Cornélius avait poussé vers elle.
-Salazar Serpentard ? Remarqua-t-elle avec un sourcil levé.
-Oui. Etrange, n'est-ce pas ? Un de ses descendants peut-être…
-Vous-Savez-Qui n'était-il pas censé être le dernier membre de la lignée ?
-C'est aussi ce que je pensais, mais il me paraît peu probable qu'il s'agisse d'un faux nom : les enchantements l'auraient spécifié.
Bones resta silencieuse quelques instants, avant de regarder Cornélius dans les yeux pour lui demander : « Et que pensez-vous de tout cela ? ». Le gros sorcier se rendit bien compte qu'elle s'était déjà fait une idée de la question, et avait déjà ses propres hypothèses : Amélia Bones le testait. Elle le lui avait clairement dit la veille, quand elle l'avait informé sur les dernières cachotteries de Dumbledore – vieux schnock manipulateur hypocrite – : ce qui l'avait, en partie, décidée était que Cornélius avait prouvé qu'il n'était pas qu'un – début de citation – "petit pantin politique idiot incapable de faire fonctionner sa cervelle ramollie emplie d'autorité factice" – fin de citation – il avait pris une bonne décision concernant le fils Potter, et tant qu'il continuait ainsi, il aurait son soutien.
« Je pense que ce Salazar Serpentard, ou quel que soit son véritable nom, est un sorcier puissant issu d'une vieille famille, quelle qu'elle soit, aux mœurs assez éloignées des normes actuelles du Ministère question magie noire –Bones hocha la tête en signe d'accord, la description de l'individu inconnu correspondant avec ses propres hypothèses. Ça, c'était la partie facile –. Pour une raison que j'ignore, ce Mr Serpentard devait se promener dans le quartier moldu où vivait Mr Potter, et où il a dû rencontrer ledit enfant. Il a alors dû, d'une façon ou d'une autre, apprendre les conditions de vie misérables du dernier des Potter, et décider de l'en sortir et de punir la famille de moldus méprisables qui s'en occupait – l'apprentie auror montra de nouveau son accord avec les conclusions de Cornélius –. Je dois, par contre, avouer que je n'ai aucune idée du rôle de Black dans toute cette affaire… »
Tous les deux discutèrent pendant une heure des différentes possibilités, de ce que toute cette affaire impliquait vis-à-vis des lois du Ministère, et des différentes actions envisageables pour remédier à la situation. Ils s'accordèrent finalement sur un point qui leur paru crucial : il leur fallait rencontrer le père adoptif d'Harry Potter.
-OOOooo Sally oooOOO-
Le fondateur de la maison serpentard se tenait droit et parfaitement impassible, ne laissant en rien deviner que l'adoption réussie de son fils – signalée par l'apparition du nom d'Harry James Salazar Potter Serpentard sur l'arbre généalogique que l'homme scrutait avec une apparente indifférence – le rendait fier au plus haut point. Bien, plus personne ne pourrait contester sa paternité maintenant que le rituel avait créé un lien de sang entre l'enfant et lui-même. Bien sûr, aucun don de sang de la part de Salazar n'ayant été effectué – car c'était le petit Harry qui avait donné le sien –, l'apparence de l'enfant n'avait pas beaucoup changée – « il ressemble un chouia moins à James… » avait dit son parrain –, mais c'était suffisant pour lui léguer d'autres traits moins visibles, tel que le don de fourchelangue, qui avait certainement disparut avec l'horcruxe.
Un soudain "POP" à sa droite lui fit détourner son regard froid vers le petit nuage de fumé qui était apparu. Il s'en échappa une liasse de parchemins qui termina son voyage sur le sol. Salazar s'en saisit, et s'intéressa au premier d'en eux. De toute évidence, il s'agissait d'une lettre.
"Mr Serpentard,
J'ai le plaisir de vous informer que, suite à l'adoption par le sang de Mr Harry James Potter, portant désormais le nom de Harry James Salazar Potter Serpentard, tous les papiers officiels de l'enfant ont été automatiquement magiquement modifiés : il n'y manque plus que votre signature, ainsi que celle de l'actuel Ministre de la Magie (moi-même).
Toutefois, cette adoption est soumise à controverse : en effet, l'enfant que vous avez adopté est actuellement porté disparut et activement recherché par nos services. Considérant la situation, récemment découverte, dans laquelle vivait Mr Potter, nous admettons qu'il puisse y avoir quiproquo.
Par conséquent, nous vous proposons un rendez-vous pour discuter plus avant afin de régler ces possibles mal entendus. Jusque-là, je ne signerais pas les papiers, et l'adoption restera non officielle aux yeux du Ministère.
Attendant un hibou de votre part, je vous prie d'accepter mes salutations distinguées.
Cornélius Fudge, Ministre de la Magie"
Voilà qui était étrange : depuis quand le gouvernement se mêlait-il des adoptions par le sang ? Ce n'était pas le cas la dernière fois qu'il avait été en Grande-Bretagne ! Quoi que cela faisait vraiment très longtemps qu'il n'avait pas mis les pieds sur son île natale – il l'avait, après tout, quitté vers l'an 1000 et quelles années, et les lois et les mœurs avaient eu plus que le temps de changer. C'était, de toute évidence, le cas –. Heureusement, il avait à portée de main une source d'informations qui, à défaut d'avoir été actualisée ces cinq dernières années, pouvait le renseigner sur la plupart des évolutions qui étaient survenues pendant sa – très – longue absence.
Salazar se tourna vers l'énorme molosse noir qui dormait sur le tapis, au pied de son fauteuil de maître. Sirius Black, qui semblait se complaire dans le rôle de l'animal de compagnie, avait apparemment décidé d'accompagner le petit Harry dans sa sieste quotidienne. Ce fut toutefois sans le moindre remord que le fondateur vert et argent sortit l'autre de son sommeil.
« Kaï ! » gémit le gros chien en commençant à se gratter avec ses pattes, puis ses dents, et en se roulant sur le tapis. De toute évidence, ses acrobaties ne furent pas suffisantes pour se soulager des fortes démangeaisons qui se déclaraient partout sur son corps, puisque l'animagus reprit sa forme humaine pour se gratter plus efficacement. Salazar, qui admirait le spectacle confortablement installé dans son fauteuil, remua légèrement un doigt pour faire cesser le sort de démangeaisons avant que son invité permanent ne s'écorche vif.
-Avez-vous besoin de potion antipuce, Sirius ? Demanda le fondateur, de l'amusement dans la voix malgré son visage impassible.
-Vous ne pouviez pas utiliser de l'eau, comme tout le monde ? Gronda le fugitif avec hargne. Ou mieux : me laisser dormir en paix !
-J'ai besoin de renseignements concernant ceci. Dit simplement Salazar en tendant les documents précédemment reçus.
Sirius prit son temps pour lire la lettre et jeter un œil sur les documents qui allaient avec.
-Je ne savais pas que cet idiot de Fudge était devenu Ministre. Commenta-t-il finalement.
-Vous connaissez cet individu ?
-Quand j'étais auror, avant mon incarcération, Fudge était le secrétaire du Ministre. Ambitieux, mais pas très malin.
-Et ces papiers ?
-C'est parce que plus personne ne fait d'adoption par le sang de nos jours : la magie du sang est considérée comme de la magie noire, et il me semble qu'il faut normalement demander une autorisation au Ministère pour pouvoir effectuer ce rituel.
-Dans ce cas, il est certainement préférable de rencontrer ce Cornélius Fudge pour négocier : je n'ai pas l'intention d'élever mon fils dans la clandestinité.
-OOOooo Mumus oooOOO-
Quand Remus reprit conscience de ce qui l'entourait, la douleur déchirante qui avait parcourue son corps pendant ce qui lui paraissait être des jours avait presque disparue. Presque. Le loup-garou avait la tête qui pulsait à un rythme rapide et douloureux si on lui avait dit que son cerveau giclait par ses oreilles un peu plus à chaque battement, il l'aurait cru sans problème.
Ce qui surpris le lycanthrope, et le poussa à ouvrir les yeux – qu'il avait gardé fortement fermé dans le vain espoir d'atténuer la sensation de douleur –, ce fut de sentir qu'il était debout il aurait cru que toute cette souffrance, qui l'avait traversé en tombant dans le piège du petit jardin, l'aurait fait tomber au sol. Mais ce n'était pas du tout le cas. En fait, il n'était même plus dans ledit jardin ? Que c'était-il donc passé ? Et où était-il ? Remus ne reconnaissait pas du tout l'endroit.
Il se trouvait dans une vaste prairie. Il faisait nuit, et dans le ciel brillait la lune… la PLEINE lune. Comment était-ce possible ? Remus n'était pourtant pas transformé ! Soudain, il sentit une présence derrière lui. Elle lui était familière, son odeur aussi. Mais ça, ce n'était pas possible non plus : cette personne était morte ! Le cœur battant la chamade, Remus se retourna. Comme il s'y attendait, il se retrouva face à Peter. Un Peter trop pâle, cadavérique, et avec un regard éteint. Un Peter plus mort que vivant. Oui, Peter était mort : Sirius l'avait tué.
-Remus… Murmura le cadavre du quatrième maraudeur. Remus… Pourquoi ?
-Pou… pourquoi quoi ? Demanda le lycanthrope, déstabilisé.
-Pourquoi ne m'as-tu pas vengé ? POURQUOI ? Sirius… il m'a tué, tu sais ? Et toi, tu n'as pas bougé le petit doigt ! Ça ne t'as donc fait ni chaud ni froid ? Nous étions pourtant censés être amis, non ? NOUS ETIONS CENSES ÊTRE AMIS !
-C'est ce que nous étions, ce que nous sommes ! Répondit précipitamment Remus, terrifié à l'idée que l'autre en doute.
-MENTEUR ! Si c'était le cas, tu n'aurais pas laissé Sirius me faire ça… nous faire ça, à James, Lily, Harry et moi ! Mais peut-être qu'un monstre tel que toi ne connaît pas le véritable sens du mot "ami" ?
Les larmes dévalaient les jouent de Remus, inondant son visage, et sa bouche s'ouvrait comme pour commencer une phrase, et se refermait sans avoir rien dit. Que répondre à cela ? Le loup-garou n'avait aucune idée de comment expliquer à Peter toute la douleur qu'il avait ressentie lorsqu'il avait perdu ses amis. Ni comment lui exprimer toute l'incertitude, les doutes et les remords qui l'avaient rongé. Tant de questions qui resteraient sans réponses.
« Bien sûr qu'il ne connaît pas la signification de ce mot » gronda une voix chargée d'une colère difficilement retenue.
En l'entendant, Remus se tendit encore davantage. Sirius. C'était la voix de Sirius. Lorsque le loup-garou se retourna, ce fut pour faire face à un maraudeur à la limite de déchaîner sa furie sur lui de toute évidence, Sirius lui en voulait énormément. Et le loup de Remus gémissait que deux précieux membres de sa meute lui en veulent tant.
-Après tout, s'il l'avait su, jamais, JAMAIS, il ne les aurait laissé m'enfermer dans cette prison sans même chercher à découvrir la vérité. Mais tu n'as même pas cherché à savoir s'ils avaient raison de m'enfermer, n'est-ce pas ? N'EST PAS QUE TU NE L'AS PAS FAIT !? FAUX FRERE ! Exulta Sirius.
-Et jamais il n'aurait laissé Harry aux mains de ces immondes moldus que sont les Dursley sans même essayer d'obtenir sa garde ! Ajouta, avant que Remus n'ait pu s'expliquer, un James rageur apparu de nulle part, une Lily fulminante à ses côtés.
Et le loup hurla à la mort. Ou bien était-ce Remus ?
-OOOooo Lulu oooOOO-
Lucius tremblait de tous ses membres. Il s'était retrouvé, sans savoir comment, sur le tapis de son salon, et face à lui se trouvaient le Seigneur des Ténèbres et sa horde de mangemorts. Et le Seigneur des Ténèbres n'était vraiment pas content le mégalomane avait, semblait-il, très mal supporté la trahison des Malfoy – rien de bien étonnant en soi –. Il en avait résulté que Lucius avait subi quelques endoloris bien sentis, d'où ses actuels tremblements – légèrement couplés avec son inquiétude pour son épouse et son fils –.
« Luciussss… » Appela l'homme qui avait été son maître.
Lucius releva la tête pour regarder le Seigneur des Ténèbres, prenant soin de ne pas plonger ses yeux dans ceux de ce psychopathe être fou n'empêchait pas celui-ci d'être un excellent légilimens. L'homme face à lui semblait avoir la quarantaine malgré ses soixante ans – chose classique chez les sorciers, qui vieillissaient beaucoup plus lentement que les moldus une fois l'adolescence passée, et vivaient deux fois plus longtemps. Enfin, dans le cas où aucun maniaque psychotique ne se prenait à rêver du grand classique des génies diaboliques qu'était la domination du monde –, et il portait les vestiges d'une grande beauté, maintenant rongée par les lourds rituels de magie noire que le sorcier avait dû pratiquer il avait le teint anormalement pâle et cireux, les joues creusées, ses cheveux, coiffés à la mode des années 40, avaient un teint terne, et ses yeux avaient cette teinte rouge qui témoignait d'une altération de l'âme et/ou de la magie de l'homme – peu de gens le savaient, mais chez les sorciers, la couleur des yeux étaient un reflet de l'âme, et dans les temps anciens, les grands mages pouvaient en déduire beaucoup sur les personnes qui leur faisait face –. Vraiment, si ce n'était sa magie malsaine et sa puissance qu'il laissait irradier dans la salle, on aurait pu croire que le Seigneur des Ténèbres était un homme gravement malade… ce qui était certainement le cas, au niveau mental.
« Luciussss, Luciussss, Luciussss… Tu m'as extrêmement déçut ! Déplora le mage noir d'un air extrêmement triste. Et regarde ce que tu m'as fait faire ! »
Lucius tourna la tête vers l'endroit que lui désignait l'autre, et eu l'impression que son cœur cessait de battre. Il s'agissait d'un corps ensanglanté. Un petit, tout petit corps ensanglanté. Et immobile. Trop immobile, et trop silencieux. Oubliant où il se trouvait et, surtout, avec qui il se trouvait, Lucius rampa jusqu'au petit tas de chair sanglante, et le saisit dans ses bras. Pourquoi ? Pourquoi son Draco, son petit bébé innocent, avait-il dû payer pour lui ? Pour ses mauvaises décisions, ses erreurs ? C'était injuste ! Et le cœur de Lucius saignait, au moins autant que le cadavre de son fils. Oubliée la fierté sang-pur, et oublié le masque d'impassibilité ne restait plus que le père éploré, au visage baigné par les larmes de désespoir, serrant son enfant dans ses bras en se balançant légèrement d'avant en arrière.
Mais l'enfoiré qui s'était installé dans le fauteuil de maître n'en avait que faire de la tristesse d'un père ayant perdu son enfant. Aussi n'eut-il aucun remord à lancer à nouveau un sort de douleur à Lucius pour que celui-ci reconcentre son attention sur lui.
« Tu ne crois tout de même pas que j'en ai fini avec ta punition ? Demanda-t-il. Les traîtres doivent souffrir. Et, crois-moi, tu souffriras, tu souffriras énormément avant qu'une mort plus que douloureuse ne te délivre de ma colère, Luciussss. »
Lucius serra un peu plus le corps de Draco contra lui. Le faire souffrir plus encore ? Comme si ! Il avait perdu son fils, son petit dragon, et il ne pensait pas qu'il pourrait s'en relever. Plus rien n'avait d'importance désormais que l'autre cinglé fasse ce qu'il veuille, cela n'avait plus aucune importance.
Un cri strident, suivit d'un « faites d'elle ce que vous voulez » le firent reconsidérer la question. Il tenta précipitamment de se lever pour courir vers la source du cri, mais la torture physique et psychologique qu'il venait de subir l'avaient beaucoup affaibli, et il s'écroula misérablement sur le tapis. La seule chose qu'il put encore faire – et encore, hurler pendant qu'on le torturait lui avait beaucoup abîmé les cordes vocales – fut de crier :
« CISSA ! »
-OOOooo Reg oooOOO-
« COMMENT AS-TU OSE ? FILS INDIGNE ! TRAÎTRE A TON SANG ! »
Regulus continua à écouter silencieusement les insultes de plus en plus venimeuses que lui crachait sa mère, faisant de son mieux pour ignorer le regard plein de colère et de déception de son père. Le jeune sorcier s'était retrouvé, il ne savait absolument pas comment, dans le hall d'entrée du 12, square Grimmauld, face à ses parents qui avaient, semblait-il, découvert qu'il avait trahi leur maître. Et cela faisait mal, très mal, de recevoir autant de rancœur de la part de ses parents pour l'unique raison qu'ils ne partageaient pas les mêmes opinons – Siri avait-il été aussi blessé que lui ? Sûrement –. Par Salazar, il avait pourtant essayé ! Il avait fait de son mieux pour les rendre fiers de lui, allant jusqu'à renier Siri, à qui il tenait pourtant tellement, et à se faire marquer comme une bête par un maître qu'il savait déséquilibré, fou – la fierté de ses parents et son accès quasi illimité à la bibliothèque du QG avaient été ses deux seules maigres compensations –.
« J'ai toujours su qu'on ne pouvait pas faire confiance à un serpentard. » Affirma une troisième personne.
Regulus fit volte-face, et se retrouva devant son frère. Sirius lui lançait un regard glacial, et ce fut avec une grimace de dégoût qu'il ajouta : « Après tout, ils se trahissent même entre eux. » Plus que la remarque, ce fut l'expression sur le visage de Siri qui blessa le plus Regulus. Son frère le détestait vraiment, n'est-ce pas ? Et cela était douloureux. Vraiment douloureux. Mais Regulus était un serpentard, et un serpentard ne montrait pas ses faiblesses comme il l'avait fait à chaque fois que Sirius l'avait insulté dans les couloirs de Poudlard, Regulus monta ses murs d'occlumencie pour empêcher ses sentiments d'apparaître sur son visage.
Etrangement, les cris de sa mère baissèrent considérablement de volume – sans disparaître, ils furent réduits à des chuchotements –, et son environnement, incluant les personnes qui s'y trouvaient, se fit flou. Et Regulus pouvait sentir une forte pression sur ses barrières. Qu'est-ce que c'était que cela ? Subissait-il une attaque de légilimencie ? Celle-ci devait être puissante pour parvenir à s'infiltrer dans son esprit malgré ses barrières.
Après une légère réflexion sur la situation, Regulus réalisa qu'il se trouvait dans une très forte illusion légilimens : il était, après tout, supposé se trouver dans le jardin d'une maison e Pré-au-Lard afin de sauver Harry Potter. Un fin sourire étira les lèvres de Regulus : peut-être que son frère ne le détestait pas tant que cela ?
Mais avant qu'il n'ait pu réfléchir à un moyen de se sortir du pétrin dans lequel il était, la pression qui s'exerçait sur ses barrières d'occlumencie s'accentua brutalement, et balaya sa résistance. Regulus plongea alors dans toute la souffrance qui découlait de se retrouver face au Seigneur des Ténèbres quand celui-ci savait que vous l'aviez trahit. Et savoir qu'il s'agissait d'une illusion ne l'aida pas pour autant à s'en sortir.
-OOOooo Sev oooOOO-
Séverus était dans les ruines de Godric's Hollow. Ou plutôt, il était dans ce qu'il restait de la nurserie de Potter Junior. Et, agenouillé dans les décombres fumantes, il serrai étroitement dans ses bras le cadavre de Lily, se balançant légèrement d'avant en arrière, et laissant librement couler ses larmes. Elle était partie. Sa Lily était définitivement partie.
« Es-tu fier de toi, Sev' ? » Lui demanda une voix derrière lui.
Séverus n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qu'elle appartenait à Lily. Il n'avait pas non plus besoin de se retourner pour savoir qu'elle était furieuse. Furieuse contre lui. Et, au fond, Séverus savait qu'elle avait raison.
« Regardes, REGARDES CE QUE TU AS FAIT, SEV' ! Regardes… Je n'ai plus rien maintenant j'ai tout perdu par ta faute : ma maison, ma vie, et ma précieuse famille ! Et c'est de TA faute ! TOUT est de TA faute ! »
Tout à fait d'accord avec ces propos, Séverus continua à la laisser le plonger un peu plus profondément dans sa détresse à chaque mot il le méritait après tout.
-OOOooo Siri oooOOO-
Sirius regardait d'un air plus que septique les quatre grands miroirs en argent qui flottaient désormais dans le salon. C'était vicieux. Vraiment très vicieux. C'était, d'après Salazar, les conséquences du déclenchement du second cercle de défense externe de la maison – il y en avait sept, apparemment – une puissante barrière de légilimencie frappait les intrus pour les plonger dans leurs craintes et leurs regrets en résumer, la barrière affaiblissait leurs défenses en les torturant mentalement, pendant qu'elle scannait leurs esprits pour le retranscrire sur parchemin ledit parchemin se déroulait rapidement sur le côté du miroir correspondant à l'intrus concerné – le miroir permettait, soit dit en passant, de voir out ce qui se passait dans l'esprit de l'intrus –.
L'animagus espérait tout de même que le maître de maison daignerait se presser un peu plus dans son étude de leurs invités surprise autant le sort de Malfoy et de Servilus ne le faisait pas spécialement s'inquiéter – même si, sincèrement, il ne souhaitait à personne l'attaque mentale que leur faisait subir la barrière –, autant il souhaitait que les calvaires de Remus et de Regulus – que son jeune frère se révèle vivant et avoir trahit Voldy s'étaient révélés être les deux bonnes nouvelles du jour pour Sirius – s'arrêtent dans les plus brefs délais. Malheureusement, Salazar semblait vouloir prendre son temps.
Enfin, le fondateur leva sa baguette – Sirius avait appris que l'homme n'utilisait celle-ci que pour des sorts demandant une magie très concentrée et stable, ou pour les potions apparemment, touiller sa potion avec sa baguette améliorait les interactions entre les composants, augmentait l'efficacité de la potion et diminuait les explosions de chaudron. Sirius était presque certain que même Séverus Rogue ne savait pas ça ! – et fit des mouvements complexes avec. Les miroirs disparurent, de même que la petite pression qui leur était tombée dessus quand la barrière s'était enclenchée.
« Bien, allons nous occuper de nos invités surprise. » Dit Salazar, de son ton insupportablement impassible – à croire que tout ce qui ne concernait pas Harry l'indifférait au plus haut point il n'y avait que lorsque le fondateur s'adressait à son fils adoptif qu'il laissait filtrer un chouia de sentiments dans sa voix –.
Sirius prit sa forme animagus et suivit le maître de potion, marchant à la même hauteur que Harry – l'enfant s'était réveillé quand la pression de la barrière s'était fait ressentir, le gênant dans son sommeil – le petit garçon suivait son père en trottinant, sa main droite serrant la robe de Salazar, comme pour éviter de le perdre, et sa main gauche frottant ses yeux encore embués de sommeil. Par Merlin, que son filleul était adorable !
-OOOooo Myc' oooOOO-
Assis dans le fauteuil de maître du salon des Malfoy, Amycus regardait, en tout sérénité, son adorable sœurette réduire à néant les meubles de la pièce. Eh bien, ce n'était pas si grave que cela : les Malfoy avaient, de toute façon, emporté avec eux tout ce qu'ils considéraient de vraiment précieux avant de partir "en vacances", comme ils le précisaient dans le mot qu'ils avaient laissé à l'attention d'Alecto. C'était d'ailleurs à cause de ce mot qu'Alecto était présentement en train de ravager le petit salon.
Leurs autres camarades mangemorts, qui les avaient rejoint, attendaient à la porte du salon – apparemment, seul Amycus ne craignait pas la colère d'Alecto –. Ils étaient tous venus voir Lucius pour que celui-ci peaufine le plan d'attaque qu'ils avaient mis au point le blond était, après tout, un très grand stratège. Bien plus qu'eux tous réunis.
Finalement, Alecto cessa d'exprimer sa rage destructrice, respirant difficilement tant elle était essoufflée. Elle se tourna vers lui avec un regard de veuve éplorée.
-Qu'est-ce qu'on fait maintenant, Amycus ? – Cela fit sourire Amycus : sa sœur ne lui demandait conseil que lorsqu'elle se sentait vraiment perdue. –
-Une application du plan, dès ce soir, te ferait certainement le plus grand bien. Lui prescrit-il.
Un sourire mauvais étira les lèvres d'Alecto. De toute évidence, elle aimait suivre les conseils de son frère.
Fin du chapitre 12. Merci à tous pour vos reviews, ou pour simplement pour avoir pris le temps de lire ma fic.
prochain chapitre: Rouge sang
