La « Princesse » de Jardin Radieux.
Auteur : Angelscythe.
Genre : Mystère, romance, shonen-ai et OMG pas de drame !
Couple : Pas de mystère dans cette partie si : DilanXKairi, Sokai, Soriku.
Disclaimers : A Part Kaly, que je fais un piti peu vivre et qui appartient à Mikukearu et Mikea qui est à moi, tous les personnages appartiennent à Square Enix et/ou Disney.
Note : Mikukearu relit et aide dans les idées.
Chapitre 10 : Il faut continuer.
Me voilà, cher journal. J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi.
Pour nous.
Tout a commencé avant-hier.
Neuf mois de grossesse. Son ventre ne l'a rendue que plus belle. Elle porte la vie, notre vie. C'est la continuité de deux personnes nobles. C'est l'héritage de mon sang. Celui qui sera le prince de Jardin Radieux ou celle qui en sera la princesse.
Ce matin, nous discutons des prénoms. Et là vient notre dispute. La première en un an de mariage ce qui est ironique. Non, soyons précis : Un an moins deux jours. J'aurais cru que nous nous disputerions sur des sujets bien plus grave mais il n'est sans doute pas un mal que ce soit si peu qui déclenche l'animosité au sein de notre couple pourtant si fort.
Elle voulait que ce soit un garçon et qu'il s'appelle Kal, son nom préféré. Mais si c'était une fille, elle voulait qu'elle s'appelle Kairi. Je trouvais cela ridicule. Les deux noms étaient, à mon sens, ignoble. Je lui ai fait savoir avec le plus de douceur possible. Mais elle n'en démordit pas.
Elle m'a dit que c'était elle qui portait l'enfant et que c'était logique que ce soit elle qui choisisse les noms.
La dispute a continué encore une heure au moins. J'essayais de rester calme mais elle, elle ne se privait pas. Pour une fois, elle n'avait pas l'air d'une lady. Mais c'était sa première fois, alors je suppose que c'était pardonnable.
Cependant, au cours de la dispute, elle a commencé à avoir mal au ventre. Tétanisé je l'ai regardé hurler comme l'incapable que j'étais. Il m'a fallu dix horribles minutes de cris et de suppliques avant que je ne parte.
Mais pas pour aller chercher de l'aide. J'ai fui. Comme le lâche que j'étais. Que je suis. Je n'ai pas pu affronter sa douleur qui était causée, dans le fond, par moi. Par mon fruit.
Je me suis noyé dans les livres de la bibliothèque, tremblant. Il a fallu trois heures entières avant qu'on ne me retrouve. J'ai voulu faire le mort mais on m'a forcé à y aller. Mon père était présent et, à mon père, je ne pouvais désobéir.
Malheureusement pour moi, ce n'était pas un accouchement rapide. J'ai dû rester pendant plus de vingt-quatre heures, mes rares heures de sommeil étant dérangées par ses cris de souffrance. Elle, elle ne savait dormir. Elle tremblait, hurlait, suppliait que ça s'arrête. Personne ne l'a aidée.
Moi y compris.
Elle devait me trouver bien pathétique. Je me suis trouvé bien pathétique.
Puis, alors que le jour de notre mariage venait d'arriver, la sage-femme m'a regardé et m'a souri.
- Nous y voilà. A-t-elle doucement chuchoté.
Je me suis levé et j'ai pris la main de ma bien-aimée Friederike que je ne méritais pas.
Une demi-heure, c'est ce qu'il a fallu pour qu'elle sorte un petit bébé ensanglanté. Elle m'a laissé couper le cordon, ce que j'ai fait avec grande fierté. J'entendais dans ma tête les noms que m'a bien-aimée avait choisie.
- Une petite fille.
J'ai pris l'enfant, fier comme jamais. Ma femme venait de mettre au monde l'héritière de mon futur royaume. La princesse de Jardin Radieux. Je me suis apprêté à dire le nom que moi j'avais choisi : Solène.
Mais là, la sage-femme a dit quelque chose qui m'a fait devenir extrêmement pâle en une seconde. Enfin, je ne pouvais pas voir mon état mais je suppose que si je m'étais vu, j'aurais vu ma pâleur cadavérique.
- Il y a un problème.
Cinq mots. Cinq mots qui ont suffi à détruire toute mon existence. J'ai regardé ma femme et j'ai vu le sang qui s'écoulait de son entrejambe. De son utérus probablement. J'ai serré ma petite contre moi.
- Frie…
Ses yeux verts se sont posés sur moi, ses lèvres se sont étirée puis la vie à quittée son regard. Je pensais que la mort était brutale, que tout le corps semblait lâcher. Mais elle perdit l'éclat dans ses yeux puis ses lèvres, son visage et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle soit encore plus pâle que ce que je devais être. Bien que si j'étais pareil à un cadavre, nos couleurs devaient se valoir.
- …derike…
J'ai baissé les yeux sur la petite dans mes bras. Je me suis souvenu qu'elle voulait absolument « Kal » pour un garçon. Alors avec un « i » ou un « y » ça ferait l'affaire pour une fille. Kaly. C'était bien.
C'est ainsi que le plus beau jour de notre vie s'est transformé au pire jour de la mienne.
µµµ
Kairi laissa tomber le cahier sous la surprise. Elle était assise sur un banc dans la cours de l'école. Elle avait dit à Riku et Sora qu'elle avait mieux à faire que d'être avec eux. On était mardi et, à son sens, elle avait déjà attendu bien trop longtemps rien que pour faire plaisir à Riku.
Elle s'était alors installée sur le banc et avait ignoré Selphie. Elle s'était dés lors jetée dans la lecture avec un grand plaisir. Dès le début, elle avait cependant eut un peu peur et, plus elle avait avancé, plus les larmes lui étaient montés aux yeux.
Et maintenant, elle apprenait que sa mère n'était pas sa mère ? Pourtant, elle avait choisi son nom. Elle l'avait bien lu. Elle pensait avoir trouvé des repères mais…
Alors qui était sa mère ? Et, à nouveau, qui était-elle ?
Les larmes coulèrent le long de ses joues. Elle ferma le cahier avant de se lever et de courir rejoindre Riku et Sora. Ceux-ci regardaient ensemble les petites annonces dans le journal.
- Elle… elle est morte !
- Qui ? S'étonna le brun en bondissant sur ses pieds pour venir la soutenir.
- Ma mère ! Enfin… m'a pas mère… elle… je croyais…
- Morte ? S'étonna l'argenté.
L'auburn hocha la tête et elle se frotta les yeux.
- Morte en mettant au monde… ma demi-sœur. Qui est-elle ? Qui suis-je ?
- Kairi… on ne peut pas répondre à tes questions. La seule personne qui le peut…
Riku se leva et il tapota le livre qu'elle tenait.
- Je suis orpheline…
- Pas forcément. Puisque « Ike » n'était pas ta mère. Releva l'argenté.
- Et rien ne change pour toi. Tu ne les as pas connu… la seule chose qu'il te reste à faire c'est lire… savoir ce qu'ils n'ont dit à personne et… les faire vivre dans ton cœur. Sourit Sora en mettant sa main sur son cœur.
Kairi sourit à travers le rideau de larmes.
- Tu as raison. Tu as toujours raison.
Elle eut un petit rire avant d'entendre que la sonnerie résonnait. Le brun lui prit la main.
- Bon courage Riku.
- Je peux continuer de chercher, j'ai histoire.
Le plus jeune rit avant de partir avec Kairi jusqu'à leur classe. Eux avaient science. Ils attendirent qu'on ouvre la porte et que le professeur les invite à entrer pour aller s'installer dans le fond sur une table adéquate.
L'auburn sortit ses affaires et elle mit un livre en barrière devant elle dans une attitude qui pouvait sembler normale. Mais elle ouvrit en fait le journal, les doigts encore tremblants. Elle passa les pages encore tachées de larmes.
µµµ
J'ai encore l'âme en peine quand mon père m'ordonne d'aller dans la salle où on reçoit les invités ou ceux qui demande doléances. Je serre ma petite Kaly, trois jours, contre moi. Elle dort. Elle ne fait que ça.
Je ne peux m'empêcher de m'inquiéter. J'appelle les médecins sans cesse, surveille son pouls, son cœur, sa respiration.
On a mis ma Friederike en terre hier. Tout le monde s'est mis en deuil une journée. Mais pas moi. Moi je suis encore en noir. Et c'est bien normal après tout, puisqu'elle est et sera toujours, la femme de ma vie.
J'arrive dans la salle et mon père me fait m'asseoir à gauche. La place de droite est pour son conseiller. Jules. La mort de sa fille l'a promu à cette place tant désirée au détriment de quelqu'un pourtant compétant. Jules n'est pas en deuil.
J'aimerais que mon père et son meilleur ami périssent. Je souhaite que, tous deux, ne soient plus et que Jardin Radieux me revienne. Qu'il revienne à la seule femme, ou plutôt devrais-je dire personne du sexe féminin pour l'instant, de ma vie.
Je m'installe et, quelques secondes à peine après, on fait entrer quelqu'un.
Il a la vingtaine, soit deux ou trois ans de moins que moi. Je croise ses yeux noisette dont le centre est doré et j'ai l'impression d'avoir à faire avec un fou. Je n'aime pas sa peau légèrement tannée par le soleil de dehors ni ses cheveux noirs, lui tombant jusqu'au milieu de son dos, qui semblent être hirsutes, emmêlés, irrécupérables.
Son débardeur blanc ample assorti à un short troué m'indiquent immédiatement que cet homme vient de la rue. Je pense trouver une délivrance dans ses chaussures, des mocassins un peu usé par le temps, mais je vois alors des chaussettes trouées. Il se cache le visage dans un foulard rouge et toussote. Mon père veut sans doute que je m'occupe de son cas. Je viens de perdre ma femme et il m'affecte au cas des sans-abris. Ça n'a même pas un rapport quelconque avec ma science tant aimée.
- Voici Braig, c'est cela ?
- Ouais m'sieur.
- Je l'ai vu se battre avec quelqu'un trois fois plus imposants que lui et le battre, avec brio. Je n'ai toujours pas compris comment.
Ce Braig éclate de rire. Je n'aime pas son rire. Je n'aime pas cet homme. Pourquoi mon père me le présente-t-il ainsi ?
- J'ai décidé de l'engager pour te le mettre à ton service. Braig sera ton garde du corps. Le tien et celui de Kaly, évidemment.
- Père… Commençais-je.
- Pas un mot. Emmène donc ton employé dans la salle à manger, vous pourrez faire plus ample connaissance.
Je regarde mon père. Il avait utilisé ces mots-là plus d'une fois en parlant de ma défunte femme. J'ose espérer que c'est une fâcheuse coïncidence.
Je me lève et regarde vers cet homme qui renifle puis se mouche dans ses doigts. Dieu que je l'espère.
Je me dirige vers la salle à manger et il me suit. Des mets ont été dressés sur la table. Il s'installe sans attendre mais je vois qu'il a au moins la décence de s'essuyer les mains dans une serviette avant de commencer à se servir. Il verse généreusement de tout, faisant se tâcher la nappe.
Il ramasse un morceau de poulet sur la nappe avec ses doigts et l'engloutit voracement. Je le vois alors commencer à manger. Il prend sa cuisse de poulet pleine de beurre à même la main, s'essuie sur ses vêtements ou le tissu qui recouvre la table. Il engloutit d'énormes cuillères de purée et fait couler la sauce de sa bouche.
J'ai l'impression d'être dans un cauchemar.
Comble de l'horreur, il commence à me parler, la bouche pleine.
- 'eci 'our 'e 'eas. (1) Prononce-t-il.
Je ne comprends rien et me contente d'hocher la tête.
- Il faudra que vous preniez l'uniforme et que l'on vous coupe les cheveux. Dis-je alors qu'on apporte de la soupe.
- Oui monchieur. Articule-t-il, envoyant des résidus de nourriture partout.
Il se serre un bol puis me regarde. Là, enfin, il fait l'effort d'avaler.
- Vous en voulez, m'sieur ?
- Non. Réponds-je écœuré.
Le repas dure et dure où, entre plusieurs bouchées de nourriture, il me dit ses compétences ou me parle de l'adorable bébé dans mes bras.
Je n'en peux plus. Ma femme est morte il y a trois jours, je n'ai même pas le temps de digérer ce cauchemar que, déjà, on m'en affuble un autre.
(1) Pour ceux qui voudraient la traduction : Merci pour le repas. =)
