La « Princesse » de Jardin Radieux.

Auteur : Angelscythe.

Genre : Mystère, romance, shonen-ai et OMG pas de drame !

Couple : Pas de mystère dans cette partie si : DilanXKairi, Sokai, Soriku.

Disclaimers : A Part Kaly, que je fais un piti peu vivre et qui appartient à Mikukearu et Mikea qui est à moi, tous les personnages appartiennent à Square Enix et/ou Disney.

Note : Mikukearu relit et aide dans les idées.


Chapitre 14 : Un acte pas si banal.

Cher journal, ceci est peut-être le dernier message que je t'écrirais.

Kaly joue dans la pièce d'à côté. Elle a reçu une merveilleuse poupée de père et elle l'adore.

Ça ne devrait plus tarder. Peut-être une heure, peut-être deux. Alors je couche sur toi mes derniers mots.

Ce matin, j'ai demandé à Braig de me rejoindre alors que ma petite Kaly n'était même pas encore levée. Il m'a rejoint, son uniforme encore un peu débraillé, ses cheveux en bataille et son foulard s'effilochant encore un peu plus à mesure que les jours passaient.

Je me suis levé et je me suis assuré que tout était bien fermé et que chaque brèche dans la porte soit colmatée. De sorte qu'il n'y aurait que des sons éparses et étouffés qui sortirait de la pièce.

Il m'a regardé avec un sourire étrange, froid. Il semblait savoir ce que j'attendais de lui. Il semblait avoir cerné la profondeur des ténèbres qui étaient en train de se nourrir de mes propres faiblesses. De mes rancœurs.

De ce que je ne regretterais sans doute jamais.

- J'ai besoin de tes services.

- J'avais cru comprendre ça. S'est-il moquée avec un rire presque gras.

- Une mission de la plus haute importance. Mais secrète. Je compte sur ta discrétion… exceptionnelle.

- Je ferais de mon mieux. A reniflé Braig.

J'ai vérifié encore une fois que tout était correctement calfeutré. Je me suis approché de lui et j'ai osé poser mes mains sur ses épaules qui semblaient toujours si souillées. Vêtement y compris.

- J'aimerais que tu mettes fin à la vie de quelqu'un.

- Tiens. A-t-il rit. Qui ça ?

- Mon père.

- Tiens, tiens. Pourquoi ne m'en suis-je pas douté ? S'est-il esclaffé.

Il a tapoté sa main sur mon épaule, m'a fait respirer son odeur buccale pestilentielle. Il s'est éloigné et il est sorti de la pièce.

J'ai laissé s'écouler toute la matinée en m'occupant de ma fille. J'ai pris le repas avec elle. Nous avons attendu mon père. Elle, elle l'attendait. Moi, au contraire, j'ai supplié qu'il ne soit pas là.

Je le hais. Je hais cet homme qui est pourtant mon père. Il est mauvais, froid et calculateur. De plus, il ne fait rien de convenable avec cet endroit. Ce Monde qui me revient de droit.

Le repas passé, mon père n'était toujours pas là. Je suis retourné dans ma partie d'appartement, j'ai installé ma chérie dans sa salle et j'ai attendu.

Peut-être remontrera-t-on jusqu'à moi. En ce cas, je sais que je ne resterais pas ici très longtemps.

J'attends.

L'horloge fait un tic-tac effrayant. J'ai les poils qui se hérissent. Un tic est une attente qui me serre la gorge. Un tac est un soulagement momentané avant que le tic ne revienne.

J'attends.

Un bruit contre la porte et je tourne la tête. Nous nous reverrons peut-être dans quelques instants.

Je suis là à nouveau.

Ça y est.

Il est mort.

On vient de me l'annoncer, en larme. « Cher Prince Ansem, votre père vient de trouver la mort. Nous sommes navrés de vous l'apprendre mais, à présent, vous devez prendre le trône qu'il laisse derrière lui, pour votre peuple. »

J'ai fait mine d'être triste, profondément affecté. J'ai même réussi à offrir quelques petites larmes. Ça leur a fait plaisir. Ils m'ont soufflé qu'il était mort dans son sommeil, comme un bienheureux, probablement en rêvant de son avenir.

Je leur ai dit qu'il valait mieux qu'il meurt paisiblement plutôt qu'autrement.

Ils m'ont encore parlé quelques instants avant de me laisser enfin en paix.

Mort.

Braig a réussi à tuer cet individu. Et de telle sorte que je n'ai même pas à m'inquiéter. Le Roi est mort dans son sommeil.

Et comme on dit : Le Roi est mort, vive le Roi.

Je suis allé chercher ma petite Kaly et je l'ai serrée contre moi. On est venu lui annoncer la mort de son grand-père. Forcément, elle en pleure. Elle ignore que cet homme était abject. Qu'il a tué sa mère et qu'il ne s'en est pas excusé.

Qu'il n'a jamais rien eu à faire de nos vies, que seule sa personne comptait. Les alliages, le prestige. Il n'y a jamais eu plus égoïste que lui.

Un égoïste qui montre des atours d'homme bien devant la face du monde et que l'on acclame en riant ou en pleurant.

Comme il l'a désiré, tout le peuple sera convié à son enterrement. Les personnes âgés comme les bébés. Un jour de congé sera établi pour « saluer » sa mort. Pour que tout le monde se souvienne de lui.

Heureusement, je ne serais jamais comme lui.

µµµ

Kairi tourna les pages et elle se figea. Il n'y avait que du blanc. Du blanc à perte de vue. Aucun mot. Rien pour noircir ce blanc trop pur.

Mais surtout… ça voulait dire que l'histoire s'arrêtait là. Qu'elle n'était plus en mesure de savoir ce qu'il en était. Elle retourna à nouveau les pages, espérant que des mots apparaissent mystérieusement.

Son père était une sorte d'assassin, indirectement bien sûr, et elle ne savait même pas ce qu'il en était.

Bien sûr, l'ayant vu il y avait peu, elle savait qu'il n'était rien arrivé à son père. Pourtant, une certaine inquiétude lui rongeait les sangs et elle savait qu'elle avait besoin d'en savoir plus.

Sans oublier qu'elle n'était toujours pas née. L'histoire ne pouvait pas s'arrêter maintenant.

Elle s'empressa alors d'enfiler des sandales puis elle partit en courant. Elle entra dans le restaurant où travaillait Riku et, sans même demander, elle courut jusqu'en cuisine où elle s'engouffra.

Elle arriva devant l'argenté sous les protestations. Celui-ci peignait les pommes de terre, un filet autour de sa chevelure.

- Riku !

L'interpellé sursauta et il s'entama sérieusement le doigt. Il soupira et il prit un mouchoir qu'il colla contre la plaie avant de se tourner vers son amie d'enfance. Celle-ci avait les poings sur les hanches et un air étrange dans les yeux.

Un simple coup d'œil à sa poitrine qui se soulevait et s'abaissait lui signifiait qu'elle avait couru. Il lâcha immédiatement ses pommes de terre pour se lever et s'approcher d'elle, inquiet.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Je peux faire quelque chose pour toi ?

- Oui ! M'emmener à J…

- Chut. Fit l'argenté. Pourquoi ?

- Le journal est terminé. Papa vient de tuer mon enfoiré de grand-père et ça se termine là ! Je veux savoir la suite ! Je veux savoir ce qu'il en est.

Riku soupira. L'inquiétude venait de se changer en rage et il sentit quelque chose qui était en train de le tourmenter de l'intérieur. Une petite voix doucereuse lui soufflait des paroles qu'il ne voulait pas entendre alors que son cerveau imaginait mille et une façon de faire payer à la demoiselle d'être toujours en train de faire des caprices.

- C'est peut-être une bonne chose. Tu arrêteras de nous saouler avec ça. Tu arrêteras de croire que c'est la seule chose importante. Tu arrêteras d'agir comme si tu étais une princesse !

- C'est très important pour moi ! Et je suis une princesse sombre abruti !

- Pars d'ici. Siffla l'argenté, les poings se serrant.

Il sentait quelque chose déferler dans ses veines, son corps se tendre et sa respiration s'accélérer.

- Tu sais pourquoi tu agis comme ça avec moi ? Parce que tu es jaloux que Sora en a plus rien à faire de toi !

Riku se saisit de son épluche patate et il serra sa main dessus, sentant comme une énergie autour de lui.

Kairi recula d'un pas avant de s'enfuir en courant, les larmes aux yeux. L'argenté fixa la chose dans sa main et il la laissa tomber sur le sol avant de retirer le filet à cheveux. Il se tourna vers son collègue.

- Désolé… je dois…

L'argenté ne finit même pas sa phrase qu'il partit par la porte de derrière. Il resta muet pendant cinq minutes, inerte.

Puis, enfin, il attrapa son courage et il se mit à courir aussi vite que possible jusqu'à la maison de Sora. Il dérapa à plusieurs reprises, ne voulant pas s'arrêter de courir. Il tomba quelques fois et s'érafla le corps mais il se redressa à chaque fois et il arriva bientôt à la maison de son partenaire, couvert de boue et de sang.

Il frappa de toutes ses forces contre le battant de bois. La porte ne tarda à s'ouvrir sur le père de Sora qui ouvrit de grands yeux.

- Désolé… je dois voir Sora…

Masaie fronça les sourcils avant d'appeler son fils. Celui-ci arriva en courant mais il se figea à la moitié des marches en voyant l'argenté. Il se reprit et courut pour le rejoindre.

Il lui prit le poignet et le força à le suivre avant de le mener dans la salle de bain, laissant des traces de boues partout. Le plus âgé le suivit comme un automate.

Sora entreprit de le déshabiller, jetant les vêtements poisseux dans la baignoire remplie. Elle refoula de l'eau qui déborda et vint joncher le carrelage, mouillant également leurs pieds. Il se promettait de la récurer à fond après mais ce n'était pas très important pour l'instant.

Riku n'était plus qu'en caleçon quand il commença à réaliser ce qu'il se passait et qu'il serra Sora contre lui, tâchant ses joues avec ses cheveux devenu hirsute.

- Ri…

- Ça me reprend… les ténèbres. J'ai failli faire du mal à Kairi… j'étais tellement énervé. J'étais…

- Riku… ça va aller. Je sais que tu es plus fort que ça. Allez, déshabille-toi.

- Sora…

Le brun leva la tête vers lui et il l'embrassa sans se soucier du goût un peu terreux. Il se sentit serrer d'autant plus contre lui.

- Ça va aller. Je serais toujours là pour toi. Je sais que tu ne risques pas de succomber à nouveau.

- Je n'en suis pas si sûr.

Sora l'embrassa une nouvelle fois. L'argenté répondit au baiser et il le serra aussi fort que possible, se raccrocha à lui comme à l'espoir de ne pas sombrer dans les ténèbres à nouveau.

Sa lumière.

La seule chose dont il avait besoin.