Note d'auteur : Ce 7e chapitre est plus long que les autres, et le 8e risque d'être plus long encore, mais je voulais finir cette fanfic sans l'étendre encore et encore, je me suis cantonnée à 8 chapitres et j'ai fait tenir toute l'histoire dedans, j'espère que la lecture ne sera pas trop fastidieuse :)

Encore merci à Madelline pour ses précieux conseils !


Chapitre 7

Fiona déglutit, s'efforçant de garder son sang-froid. Son rôle n'était pas de paniquer avec Mrs Dingwall. Et puis qui lui disait qu'elle ne s'alarmait pas pour rien ? Elle se souvenait de sa propre mère qui s'inquiétait très vite dès qu'elle ou son frère étaient pris d'une quinte de toux un peu bruyante. Elle s'avança vers Mrs Dingwall et posa sur son épaule une main ferme pour lui signifier de se reprendre.

— Calmez-vous, dit-elle d'une voix posée et assurée. Je vais enfiler quelque chose et venir chez vous, ce sera plus sûr. Je n'en ai pas pour longtemps.

Elle grimpa les escaliers à toute allure, essayant de ne pas se laisser envahir par la peur. Elle s'était attachée à Tristan plus qu'elle ne l'aurait cru, et espérait de tout cœur que Mrs Dingwall s'inquiétait pour rien. Elle s'habilla chaudement en quelques secondes, puis redescendit dans la boutique où elle prit les trois livres qu'Angus lui avait confiés. Ils ne seraient pas de trop…

— Allons-y, souffla-t-elle à Mrs Dingwall qui ne se fit pas prier et sortit de la boutique au pas de course.

Bien qu'encombrée par son chargement – elle avait également emporté un nécessaire de secours, à savoir un coffret dans lequel se trouvaient les plantes et ingrédients les plus couramment usités et qui pourraient lui être utiles sur place -, emmitouflée dans sa cape, elle suivit Mrs Dingwall dans les rues de Pré-au-Lard. Elle ne fut pas fâchée d'arriver enfin en vue de la petite maison. Sans se faire prier, elle s'engouffra à l'intérieur, heureuse d'y trouver une chaleur réconfortante. Elle n'eut cependant pas le loisir d'en profiter, car un homme qu'elle devina être le père de Tristan l'accueillit avec empressement et la mena dans une pièce à l'étage.

Lorsque Fiona entra dans la pièce, elle s'attendait presque à trouver Tristan dans un lit drapé de noir, entouré de bougies, tant l'air de ses parents était funèbre. Mais elle fut bien vite rassurée en voyant le petit garçon assis sur son lit jouant avec une fausse baguette magique à faire léviter quelques objets à quelques centimètres du sol. Lorsqu'elle entra, il s'exclama :

— Fiona ! Je savais que tu reviendrais !

— Tu ne devrais pas dormir à cette heure-ci ? lui demanda-t-elle avec un sourire, rassurée de le voir aussi joyeux, signe qu'il n'était pas gravement malade.

— Si mais je n'y arrive pas, j'ai…

Il s'interrompit soudain et fut pris d'une quinte de toux. Fiona blêmit aussitôt. Elle n'aurait pas dû se réjouir si vite. L'inquiétude de Mr et Mrs Dingwall était justifiée : les bruits rauques que produisait Tristan ne laissaient planer aucun doute, le mal était sérieux. Elle n'attendit pas qu'il ait fini de tousser et se précipita à son chevet. Elle ouvrit immédiatement son livre sur les infections malignes, consciente que ce serait dans cet ouvrage qu'elle trouverait les réponses à ses questions, à son grand désarroi. Elle posa sa main sur le front de Tristan, il était brûlant. Son inquiétude grandit encore lorsqu'elle distingua des plaques rouges qui se formaient sur ses joues et son cou.

— Depuis quand présente-t-il ces symptômes ? demanda-t-elle à Mr et Mrs Dingwall.

— Il a eu un rhume il y a deux semaines, mais semblait parfaitement remis. C'est ce soir qu'il a commencé à tousser et se plaindre de maux de tête.

Fiona se leva et s'approcha d'eux pour leur demander à voix basse :

— A-t-il craché du sang ?

— Non, répondit Mr Dingwall.

Fiona hocha la tête, perplexe. Puis elle prit son livre et le feuilleta avec attention, tandis que Mrs Dingwall enjoignait son fils à retourner sous sa couverture pour ne pas prendre froid. Mais elle ne trouva rien, rien qui corresponde exactement aux symptômes du jeune garçon. Elle vit une maladie combinant toux rauque et fièvre, mais les plaques la préoccupaient davantage car elles n'étaient mentionnées que dans très peu de cas. Elle chercha en vain un mal combinant ces trois manifestations mais ne trouva rien. Elle craignit que ce ne soit la Dragoncelle, qui présenterait de gros risques pour un si petit enfant. Mais cette fois, c'était la toux qui ne correspondait pas, les malades atteints de Dragoncelle ne toussaient pas.

— Vous savez ce qu'il a ? demanda Mr Dingwall d'une voix anxieuse.

Fiona secoua la tête, la gorge nouée. Elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'Angus aurait trouvé immédiatement quoi donner à Tristan et pour la première fois, elle se rendit compte à quel point elle était impuissante sans lui. Pourquoi l'avait-il laissée seule ? Elle était incapable de s'en sortir ! Elle n'était pas prête à affronter ce genre de situation, pas maintenant, pas toute seule…

— Je vais retourner à la boutique chercher le nécessaire, souffla-t-elle. Vous pouvez m'accompagner ? ajouta-t-elle à l'attention de Mr Dingwall. Je ne pourrai pas tout transporter seule.

Il acquiesça et embrassa sa femme sur le front tout en ébouriffant les cheveux de son fils avant de la suivre. Lorsqu'ils furent sortis de la maison, il dit d'une voix calme :

— Je ne me suis pas présenté, je suis Ian Dingwall, le père de Tristan.

— Fiona Cornfoot, l'assistante d'Angus Wenlock.

Mr Dingwall acquiesça sans dire un mot de plus. Ni l'un ni l'autre ne souhaitait s'étendre sur le sujet. Ils arrivèrent à la boutique et Fiona le fit entrer sans attendre. Elle se précipita vers les étagères et prit des navets et du radis noir pour en faire du sirop, du miel, du sucre et plusieurs autres plantes entrant dans la composition de remèdes pour la toux. Elle prit aussi le sachet de poudre de pierre de lune, qui serait sans nul doute très efficace. Ne pouvant pas tout porter, elle en donna une partie à Mr Dingwall et ils retournèrent sans plus tarder voir le malade. Lorsqu'ils entrèrent dans la maison, Mrs Dingwall leur fit signe qu'il s'était endormi et qu'ils devraient aller dans la cuisine pour faire le moins de bruit possible.

Fiona leur demanda la permission d'utiliser leurs ustensiles de cuisine pour préparer ses remèdes et ils la suivirent, sans doute désireux de savoir ce qu'avait leur fils. Ce fut la première question que posa Mrs Dingwall, à laquelle Fiona répondit :

— Je ne sais pas encore, sa maladie n'est pas répertoriée dans mes livres.

— Mais vous êtes apothicaire, vous devez bien connaître toutes les maladies ! s'exclama Mrs Dingwall.

— Mirabella… murmura son époux en lui prenant la main. Elle est apprentie, elle ne peut pas encore tout savoir.

— Alors pourquoi Angus l'aurait-il laissée seule ? s'écria-t-elle en se levant brusquement. La vie de notre fils est peut-être en jeu, Ian, et on nous laisse une simple apprentie qui ne sait même pas diagnostiquer une maladie ! Angus devait avoir perdu la tête lorsqu'il vous a fait confiance ! cracha-t-elle avant de sortir de la cuisine d'un pas rapide.

Fiona l'entendit monter les escaliers, elle allait sans doute voir Tristan. Elle tenta tant bien que mal de contenir ses larmes, les paroles de Mrs Dingwall l'avaient profondément blessée mais pire encore, la faisaient douter d'elle. Oui, qui était-elle pour tenir l'échoppe d'un apothicaire et ne pas être capable de savoir de quoi souffrait Tristan ? Elle se sentait si inutile…

— Ma femme a parlé trop vite, lui dit calmement Mr Dingwall. Elle est bouleversée…

— Elle s'inquiète pour son fils, je le conçois parfaitement, murmura Fiona. Je vais faire de mon mieux, je vous le promets. Je vais préparer un sirop de navet, c'est pour les toux spasmodiques. Je vais aussi préparer de la tisane de reine-des-prés, avec du miel. Et puis je vais vous donner de la poudre de pierre de lune, à n'utiliser qu'en très petite quantité. C'est pour éviter les quintes de toux trop violentes.

Mr Dingwall acquiesça. Fiona essayait par-dessus tout de se montrer professionnelle, de ne surtout pas se laisser submerger par ses émotions, mais elle commençait à comprendre ce qu'avait pu ressentir Angus lorsqu'il s'était retrouvé impuissant face à la maladie de sa femme… Elle se ressaisit, consciente qu'il y avait encore des solutions. A la première heure le lendemain elle irait à Poudlard et demanderait à voir Mrs Pomfresh. Ce n'était pas encore les vacances de Noël pour les élèves, aussi était-elle sûre de pouvoir trouver l'infirmière. Et elle essaierait de contacter Ste-Mangouste par une cheminée, ces communications devaient encore fonctionner. Vu le vent et la neige, tout autre moyen de communiquer devait être hors d'usage.

Il était plus que dangereux de transplaner, d'utiliser un Portoloin ou même un réseau de Cheminette par ce temps. Bien qu'en pratique se déplacer de cette manière était plutôt simple, la théorie était toute autre et elle avait appris qu'il s'agissait d'une magie extrêmement complexe, et que lorsque le temps était si peu clément, seul un sorcier d'un niveau de magie très élevé pouvait espérer se déplacer sans risque. Elle doutait qu'à Pré-au-Lard quiconque en fût capable et sûrement pas elle.

Elle attendit le matin dans la cuisine des Dingwall, avec de temps à autre la compagnie du père de Tristan, lorsqu'il ne montait pas voir son fils. Fiona était retournée deux fois le voir, et constaté l'aggravement de son état à chacune de ses visites. Elle n'avait pas été sans remarquer que lors d'une de ses violentes quintes de toux, vers cinq heures du matin, Tristan avait craché un peu de sang. Elle en avait informé ses parents et si son père était demeuré le plus calme possible, Mrs Dingwall avait manifesté son angoisse encore plus violemment qu'avant, allant jusqu'à traiter Fiona d'usurpatrice et de véritable incompétente.

L'horloge de la cuisine sonna sept heures et Fiona n'attendit pas davantage. Elle enfila sa cape, donnant encore quelques consignes à Mr Dingwall sur les potions à administrer à Tristan, puis sortit de chez eux et se dirigea vers Poudlard. Elle remonta l'allée principale puis s'engagea sur la route qui menait au château. Elle protégeait son visage des rafales du mieux qu'elle pouvait, mais sentait le froid lui brûler les joues. Enfin elle arriva à la grille du château, encadrée par deux gros poteaux surmontés de sangliers ailés. Elle avisa une grosse cloche dont la chaîne s'agitait dans le vent, couverte de petits glaçons, et l'attrapa à pleines mains, tirant dessus plusieurs fois sans se préoccuper du vacarme qu'elle faisait. Il faisait encore nuit noire, aussi distingua-t-elle facilement au bout de quelques minutes une lueur qui se déplaçait au loin.

— Qui est là ? fit une voix bourrue.

Fiona reconnut Hagrid, le garde-chasse. Elle se présenta et annonça l'objet de sa visite. Hagrid la fit entrer immédiatement et la conduisit jusqu'au château. Elle le suivit jusqu'à l'infirmerie et fut plus que soulagée d'y trouver Mrs Pomfresh en train de faire boire une potion à un jeune élève dont le visage avait viré au bleu vif.

— C'est à quel sujet ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

— Mrs Pomfresh, je suis Fiona Cornfoot, l'assistante…

— … d'Angus Wenlock, je sais, la coupa-t-elle. Il m'a prévenue qu'il vous laissait seule, mais je ne pensais pas que vous auriez si vite besoin d'aide.

Fiona ignora l'ironie dans sa voix, elle était habituée à la sécheresse de l'infirmière qu'elle savait cependant profondément humaine. Cette dernière lui fit signe de la suivre dans la pièce attenante, hors de portée de voix des malades.

— Eh bien, que se passe-t-il ? Vous m'avez l'air bouleversée, vous voulez un remontant ?

Fiona déclina l'offre et lui exposa la situation : la maladie de Tristan, le fait qu'elle ne soit pas répertoriée, la panique qui l'avait saisie, l'inquiétude des parents du petit garçon…

— Vous pouvez m'aider n'est-ce pas ?

— Oui, je peux, mais il m'est impossible de quitter le château, pas à cette période de l'année où les maladies se succèdent, je ne peux pas laisser l'infirmerie sans surveillance. Je vais vous donner quelques remèdes qui pourront vous aider, mais il faut au plus vite contacter un Médicomage de Ste-Mangouste !

Fiona acquiesça et Mrs Pomfresh se dirigea vers un placard dans lequel elle prit plusieurs fioles.

— Voici un Philtre Calmant, pour apaiser ses quintes de toux, une Potion de Sommeil pour l'aider à s'endormir et de la Pimentine. Il risque de ne pas aimer, mais au cas où un rhume se déclencherait par-dessus le mal, cette potion l'éradiquera aussitôt ! Je chercherai dans mes grimoires si je trouve la moindre indication et vous enverrai un message. Il ne nous reste qu'une chouette harfang et deux chouettes lapones, je tâcherai de veiller à ce qu'on m'en garde une, car ce sont les seules capables de voyager par ce temps.

— Vous ne pouvez pas m'en prêter une ? demanda Fiona avec des tremolos dans la voix.

— Je suis navrée, mais c'est tout à fait impossible, nous avons besoin de tous nos hiboux les plus robustes en cas de problème, le nombre est suffisamment réduit pour que nous ne puissions pas nous permettre de nous séparer de l'un d'eux.

Fiona acquiesça en prenant les fioles. Elle n'en voulait pas à l'infirmière, elle savait qu'elle ferait tout pour l'aider, mais elle ne pouvait pas exiger d'elle qu'elle laisse tomber Poudlard et ses élèves. De plus elle devait apprendre à se débrouiller seule et ne pas demander d'aide à tout bout de champ, même en cas d'urgence.

— Je vous remercie, souffla Fiona en lui adressant un regard empli de gratitude.

Mrs Pomfresh esquissa un sourire et posa une main sur son épaule :

— Je sais combien il est dur de faire face à ces situations. Je suis passée par là, moi aussi.

Fiona acquiesça, la gorge nouée. Elle salua l'infirmière, retrouva Hagrid dans le couloir et le suivit jusqu'à la grille du château, perdue dans ses pensées. Après avoir remercié le garde-chasse, elle retourna à Pré-au-Lard d'un pas vif et se dirigea vers l'apothicairerie. Il fallait qu'elle contacte Ste-Mangouste au plus vite, aussi se précipita-t-elle vers la petite cheminée de l'arrière-boutique et jeta la poudre de Cheminette dans l'âtre pour entrer en communication avec l'hôpital. Elle aurait aimé qu'il soit aussi facile de se déplacer elle-même entièrement que de faire apparaître son visage dans une autre cheminée, mais savait bien que la deuxième opération ne requérait pas le même niveau de magie. Se déplacer physiquement et apparaître immatériellement n'avaient rien à voir, à son grand regret.

L'attente ne fut pas longue, elle vit bien vite le visage d'un Médicomage apparaître dans les flammes.

— Hôpital Ste-Mangouste, quel service demandez-vous ?

— Les urgences ! s'écria Fiona, le cœur battant.

Le visage disparut quelques secondes et un autre, une femme cette fois-ci, apparut. Fiona n'attendit pas les questions et s'exclama :

— Je suis à Pré-au-Lard, un enfant est très gravement malade, je ne trouve pas sa maladie dans mes livres et…

— Calmez-vous ! l'interrompit son interlocutrice d'une voix autoritaire. Qui êtes-vous ?

— Fiona Cornfoot, je suis l'assistante d'Angus Wenlock, l'apothicaire de Pré-au-Lard, répondit-elle en s'efforçant de cacher les tremblements de sa voix. Mais il s'est absenté pour plusieurs jours et je ne sais pas quoi faire…

La femme face à elle disparut un instant avant de reparaître :

— Nous ne pouvons vous envoyer personne pour l'instant. Le mauvais temps perturbe les déplacements magiques, nous ne pouvons prendre aucun risque. Nous faisons le nécessaire mais nos Médicomages sont surchargés, c'est la période des épidémies, vous devez faire au mieux.

— Mais je…

— Vous êtes apothicaire ! la coupa la femme d'une voix autoritaire. En cas d'urgence vous devez pouvoir faire face à ce genre de situation, votre rôle n'est pas que de vendre des tisanes et des cataplasmes à quelques personnes enrhumées.

— Je ne suis qu'apprentie ! répliqua Fiona que la peur faisait monter dans les aigus.

— Angus Wenlock a toute notre confiance, s'il a jugé qu'il pouvait vous laisser seule, alors vous devez croire qu'il savait ce qu'il faisait. Je suis navrée, Miss Cornfoot, mais je vous contacterai dès que nous pourrons vous envoyer quelqu'un.

Les flammes diminuèrent d'intensité jusqu'à disparaître complètement. Fiona réfléchit à toute vitesse, le cœur battant la chamade. Il fallait qu'elle trouve un moyen de contacter Angus, elle ne s'en sortirait pas toute seule… Elle n'avait pas de hibou à disposition, elle devait trouver un autre messager. Son esprit s'éclaira : un Patronus ! Le soulagement l'envahit, tout n'était pas perdu. Elle sortit sa baguette et essaya de se concentrer sur un souvenir heureux. Mais elle se rendit compte qu'en cet instant, rien ne lui venait. Elle essaya d'imaginer la guérison de Tristan, mais ne voyait que le visage pâle du petit garçon. Elle fouilla dans ses souvenirs : la fois où elle était entrée à Poudlard… le jour où elle avait obtenu ses A.S.P.I.C avec dix Optimal… le jour où…

Spero Patronum ! cria-t-elle, des larmes dans la voix. Spero Patronum !

Une mince fumée argentée sortit du bout de sa baguette, mais se dissipa aussitôt. Elle réessaya, encore et encore, mais ne parvint qu'une fois à faire apparaître l'écureuil qu'était son Patronus, et il disparut aussitôt.

Fiona tomba à genoux devant la cheminée et fondit en larmes, tremblant de tous ses membres. Jamais elle n'y arriverait, elle n'avait pas le talent d'Angus ou de Mrs Pomfresh, aucune expérience et elle se sentait si seule… Mais alors que le découragement s'emparait d'elle toute entière, elle se remémora les paroles d'Angus…

Je te pense parfaitement capable de prendre ma place pendant quelques temps. Tu es douée, tu apprends très vite, et je suis certain que te retrouver seule avec tes seules connaissances t'aidera à prendre confiance en toi.

Alors Fiona se releva, investie d'une énergie nouvelle. Angus avait la confiance de bien des gens, pourquoi pas la sienne ? Tout le monde ou presque semblait convaincu qu'il ne s'était pas trompé en lui laissant la responsabilité de l'apothicairerie, qui était-elle pour douter du vieil homme qui lui avait tant de fois prouvé combien il était clairvoyant ?

Elle entama la préparation de plusieurs remèdes afin de ne pas en manquer, commençant par un cataplasme de bardane, de bourrache et de belladone pour arrêter l'éruption de plaques rouges. Puis elle prépara une tisane d'hysope, de tilleul et de miel pour la fièvre. Enfin, elle concocta une infusion d'aigremoine pour les maux de gorge et la toux. Elle remplit plusieurs fioles des deux breuvages, consciente qu'elle n'aurait rien de trop.

Alors qu'elle allait entamer la préparation d'un cataplasme de pomme de terre chaude broyée et de sisymbre, la porte de la boutique s'ouvrit sur Mr Dingwall, visiblement essoufflé.

— Venez vite, ahana-t-il entre deux inspirations. L'état de Tristan a empiré, vos potions ne parviennent plus à calmer ses quintes de toux !

Fiona prit sa cape, mit les potions de Mrs Pomfresh ainsi que celles qu'elle avait préparées dans un sac et suivit Mr Dingwall. Arrivés chez lui, elle monta sans attendre dans la chambre de Tristan. Mrs Dingwall semblait avoir mis de côté toute sa colère car elle l'accueillit comme un ange tombé du ciel.

— Merlin soit loué, vous voilà ! s'exclama-t-elle, les joues pleines de larmes. Il est très faible, faites votre possible…

Fiona posa une main sur son épaule avant d'entrer dans la pièce. Elle dut en interdire l'accès aux deux parents, à son grand regret, mais il lui fallait du calme pour pouvoir examiner l'enfant. Elle posa une main sur son front, il était brûlant. Sa respiration sifflait, et les plaques rouges sur son corps n'avaient pas diminué. Il fut soudain pris d'une quinte de toux et Fiona sortit aussitôt le Philtre Calmant de Mrs Pomfresh. Elle en fit boire à Tristan qui cessa de tousser mais dont la respiration resta sifflante et rauque.

Fiona passa une main dans les cheveux du petit garçon alors qu'il fermait les yeux et tentait de se rendormir. Elle ne savait pas quoi faire, n'avait aucune idée de comment agir… Elle frémit en entendant Tristan prendre une profonde inspiration et se remettre à tousser. Le découragement la gagnait à nouveau. Quoiqu'ait pu dire Angus, il s'était visiblement trompé. Elle n'avait plus d'espoir, l'enfant faiblissait à vue d'œil et le philtre de Mrs Pomfresh avait à peine fait effet. Chacune de ses inspirations donnait l'impression d'être la dernière et Fiona était convaincue désormais que tous ses efforts ne seraient pas suffisants pour sauver Tristan.


Note de fin : L'ambiance n'est décidément pas au beau fixe :/

Vos impressions sur ce pénultième chapitre ? Et à samedi pour le dernier ! Merci d'avoir lu :)