Hey ! J'ai failli vous oublier hahaha (journée un peu complexe !) mais le chapitre est là ! Tout beau, tout frai. J'espère que vous l'apprécierez.
Pas trop de blabla avant ce chapitre, ce sera pour la fin ;) Car je pense que ce chapitre va un petit peu vous surprendre. Donc on se retrouve à la fin de votre lecutre (qui sera agréable je l'espère)
Réponse à Lili : Bonjour/soir ! Merci pour ta review ! Ca m'a fait méga plaisir. Je suis contente que ma fiction te plaise et tous ces compliments sur mon style d'écriture me touchent vraiment beaucoup. J'espère de tout coeur que la suite te plaira tout autant. Et non, Kuroko ne va pas se retrouver dans ce concours. Je doute que cela plaise à sa copine. Puis pas de problème pour le tutoiement. Je ne suis pas si vieille que cela haha !
Pouce : Faute de jeu. Maison magique.
Aucun réveil n'était réellement comme le précédent. Parfois l'alarme ne sonnait pas, le soleil ne filtrait pas à travers les rideaux et la précipitation emplissait chacun des gestes alors que l'angoisse d'être en retard se faisait sentir. D'autres matins étaient bien plus calmes, tandis que le réveil sonnait avec force et stridence, faisant bien souvent tomber les corps du lit alors qu'ils n'avaient rien demandé. Puis il y avait les matins où câlineries et cajoleries s'intensifiaient, où le silence accompagnait les pas lents des amants qui se font la malle, se confrontant parfois aux réveils orchestrés par l'odeur des toats et des oeufs brouillés. Ce matin-là, c'était plus des effluves de confiture de fraise et de mandarine qui s'élevaient dans la cuisine pendant que l'américain engouffrait dans sa bouche une troisième tartine couverte de marmelade. C'était un matin silencieux où la faim tiraillait ses entrailles et la fatigue s'appuyait sans vergogne sur ses épaules.
Kagami bailla une énième fois tout en se grattant la nuque, son corps étant à moitié avachi sur le plan de travail tandis qu'il attendait avec une impatience feinte que ses toats soient enfin grillés. Cela devait faire une petite demi-heure qu'il avait quitté sa chambre et le bordel qui y régnait, ainsi que les ronflements sourds de son amant complètement endormi. Le métis n'avait pas bougé d'un pouce quand il l'avait poussé sur le matelas, se défaisant de sa prise possessive et puissante pour s'échapper de la pièce. Non pas que le rouquin n'appréciait pas ce genre de réveil mais son estomac en avait décidé autrement. Et puis, il lui fallait une sacrée pause avant que l'As de Tôô ne se réveille à son tour et ne décide de lui sauter dessus une nouvelle fois. L'adolescent soupira bruyamment, ses tartines apparaissant enfin hors du grille-pain. Ce mec allait le tuer.
Ce n'était pas la première fois que le jeune homme avait un partenaire aussi actif. Loin de là. Il lui arrivait même d'être aussi actif et quémandeur, voire même profondément manipulateur et autoritaire. Sauf que pour le coup, Taiga était au bout du rouleau. Le roux avait juste envie de s'étaler sur son lit et ne plus bouger de la journée. Surtout qu'il avait entraînement le lendemain et il n'était pas certain de pouvoir assurer la moitié de celui-ci dans son état. Alors si Aomine décidait à nouveau de le malmener, l'américain n'était même pas sûr de pouvoir faire quoi que se soit après coup. Un autre soupir s'éleva dans la cuisine, le jeune homme étalant la confiture sur le morceau de pain qui finit rapidement dans sa bouche. Il lui dirait qu'il était crevé et puis voila. Parce que bon, il ne fallait pas non plus abuser. Et si la panthère n'était pas contente, elle n'aurait qu'à se trouver quelqu'un d'autre.
Des légers bruits de pas se firent entendre dans le couloir, Kagami ne tournant même pas les yeux pour voir de qui il s'agissait. Avec épuisement et flegme, il continua son petit-déjeuner dans le silence de son appartement, attrapant la bouteille de jus d'orange dont il avait déjà bu la moitié quand les bras de son invité s'enroulèrent autour de sa taille. Les cheveux du métis vinrent chatouiller sa nuque avec douceur, les iris rubis de l'adolescent observant un instant le garçon dans son dos... qui était nu comme un ver. Kagami leva les yeux au ciel avant de pousser un petit rire, les vibrations dans sa gorge se répercutant dans la joue de son amant.
- Quoi ? Marmonna Aomine sans se décoller de la peau de l'américain.
- Rien, lui répondit-il d'un air neutre. T'as faim ?
- Hum...
Un mouvemen souple et Kagami se dégagea à nouveau de la prise de son amant qui le laissa faire, trop comateux pour contredire son action. Se dirigeant vers le réfrigérateur, l'adolescent y prit une autre bouteille de jus qu'il déposa sur la table avant de sortir de nouvelles tranches de pain qu'il enfourna dans le toaster. Un baîllement lui échappa dans la manoeuvre, sa paume frottant son oeil gauche plus endormi que l'autre lorsque le métis l'attrapa soudain, le rapprochant dangereusement de son torse. Le rouquin ne comprit pas tout tout de suite, surpris et désorienté quand les lèvres du jeune homme se logèrent dans son cou avant d'y mordre sa peau déjà couverte de succions.
- Je croyais que tu avais faim, gémit l'américain.
- C'est le cas.
- J'suis pas comestible.
- Ça, c'est ce que tu dis, répliqua Daiki, amusé.
Et comme représailles, il mordilla davantage l'épaule du jeune homme entre ses bras tout en le gardant coller contre le lui. Un grognement lui parvint faiblement, Kagami se débattant pourtant à peine. Cependant, il ne répondait pas à ses gestes, le laissant complètement faire. Le métis ne se posa pas réellement de questions à cet instant, profitant du contact chaud que lui offrait le corps de son amant.
Un soupir résonna entre les murs de la grande pièce, le roux s'accrochant enfin à la nuque du jeune homme qui caressait doucement le bas de son dos. Aomine était doux et tranquille, contraîrement à la nuit précédente et dorlortait plus le lycéen qu'autre chose. Quand il fit glisser l'une de ses mains sous le seul vêtement que l'américain portait. Celui-ci laissa un gémissement surpris lui échapper, une grimace s'affichant sur ses traits pendant que son amant le débarrassait de son boxer pour mieux atteindre son intimité.
- Attends une mi...
Un hoquet décontenancé passa la barrière de ses lèvres alors que le métis le plaquait contre le plan de travail tout en le bloquant contre son corps. Émettant une plainte indignée, Kagami tenta bien de faire entendre son mécontentement, seulement, l'adolescent emprisonna sa bouche dans un baiser sauvage et déroutant. Le joueur de Seirin perdit rapidement pied, sans rien pouvoir faire pendant que la panthère empoignait son érection naissante par la même occasion. Il était piégé.
Ce qui aurait dû être un moment calme et reposant se transforma en un instant bien plus intense et pressant, le rouquin se retrouvant au bord d'un gouffre où régnait en son sein plaisir et ivresse. Gémissant faiblement contre l'épaule du métis, Taiga sentit avec une force sans nom l'orgasme le faucher tandis que son amant appuyait fortement sur sa prostate avec ses doigts. Il avait au moins eu la décence d'esprit de ne pas le prendre, n'ayant aucun préservatif à disposition dans la cuisine. Mais le membre dur de la panthère contre son ventre présageait assez bien à l'américain ce qui allait se passer. Respirant à pleins poumons pour récupérer son équilibre, Aomine effaçant pendant ce temps là les derniers traces de son plaisir, le rouquin l'observa d'un oeil torve et vidé.
- Ça te dit pas de bouffer et de me laisser cinq minutes ?
Les perles sombres du jeune de Tôô se relevèrent vers son visage, lui arrachant un frisson qu'il espérait ne pas avoir laissé transparaître quand le jeune homme lui lança un sourire carnassier qui ne l'enjoua pas du tout.
- C'est plutôt toi que je vais bouffer oui.
- Sérieusement Daiki... commença l'américain en grimaçant.
- Quoi ? Déjà fatigué ? Ricana la panthère. Je te croyais plus endurant que ça.
- Déconnes pas.
Éloignant le jeune homme d'un air bougon, Kagami récupéra son sous-vêtement avec cette grimace toujours accrochée aux lèvres et qui avait plutôt l'air de faire rire son invité.
- Quoi ? Tu ne vas pas me faire croire que t'as pas aimé ?
- C'est pas la question, maugréa le rouquin.
- Roh arrêtes, lança le lycéen avec moquerie, ses mains saisissant les hanches de son vis-à-vis auxquelles il y colla son bassin. Laisses moi encore profiter de ton p'tit cul cinq minutes plutôt.
Il y eut un silence, très court, peut-être pas assez avant que l'adolescent ne se retourne, les yeux emplis d'ahurissement.
- Je te demande pardon ?!
Ce fut au tour d'Aomine d'être étonné par la réaction du garçon, ses perles marine fixant le rouquin qui était devenu aussi rouge qu'une tomate. Il se passait quoi là au juste ?
- Quoi ? Qu'est-que...
- Non mais tu me prends pour quoi ? Une poupée gonflable ?!
Kagami était en colère. Voire même furieux. À cause de ce qu'il avait pu dire apparemment. Fronçant les sourcils, la panthère regarda son amant sans vraiment trop comprendre pourquoi il avait pris la mouche aussi rapidement et de la sorte. Ce n'était pas comme si il l'avait insulté non plus.
- Calmes toi deux secondes, j'ai jamais dit ça ! Grogna le métis.
- Ouais bah en attendant, tu peux oublier mon "p'tit cul".
- Hein ?!
- Tu m'as bien entendu !
- Non mais c'est la meilleure ! Je t'signale qu'on était censé baiser à la base.
- Ok, maintenant tu me prends pour une...
- Déformes pas ce que je dis !
L'air était saturé d'agacement, d'irritation et rancoeur. C'était à se demander où était passé le petit matin tranquille sentant la confiture et le jus d'orange. Où était passé la fiévre d'ébats à la fois tendres et survoltés ? C'était comme si tout s'était effacé d'un coup, sous la fureur et les remarques acerbes.
Ses lèvres étaient étirées en une grimace froide et crispée, répondant à celle de son homologue qui ne semblait pas vouloir bouger de ses positions. L'air renfrogné et agacé de Kagami avait juste le don d'énerver davantage le métis qui avait bien envie de lui mettre son poing en pleine figure. Et c'était peut-être bien ce qui allait se passer au final.
- Franchement, je comprends pas pourquoi tu me fais une crise là, rechigna l'étudiant de Tôô en croisant les bras sur sa poitrine. T'as pourtant rien dit hier soir...
- Ah parce que maintenant j'ai pas le droit de l'ouvrir ? L'interrompit le rouquin. Ok, je retiens, J'me la ferme...
- Sérieux Taiga arrêtes de faire ta mijorée !
- La mijorée t'emmerdes connard !
- Vas te faire foutre enfoiré ! De toute façon c'est bien l'une des seules choses que tu sais faire correctement.
Une parole. Une syllabe de trop. Et le corps du rouquin se tétanisa. Les rétines carmin s'agrandirent de stupeur, le rythme cardiaque du jeune homme ralentissant d'un coup avant de repartir à plein régime. Il assimila un quart de seconde ce que le garçon en face de lui avait pu lui dire, lui balancer en plein poire plus tôt quand dans un battement de cils, celui-ci disparut. Kagami ferma une nouvelle fois les paupières, le métis n'étant toujours pas dans son champ de vision lorsqu'il entendit le bruit de ses pas dans le couloir. Pourtant, il ne fit pas le moindre geste, ne dit pas une parole, respirant juste le plus lentement possible tout en se demandant si le jeune homme pensait vraiment ce qu'il venait de dire. Il ne l'avait pas pensé, non ? Il n'avait pas pu ? C'était la colère qui lui avait fait dire ça ? Taiga voulut bouger, demander à son rival s'il n'avait pas extrapolé sa pensée mais il n'en fit rien. Rien du tout. Il ne put que rester là, à penser de toutes ses forces, à se retourner le cerveau. Quand la porte d'entrée claqua d'une manière bien familière, le sortant de sa torpeur. Aomine était parti...
Les muscles se remirent au travail, faisant se mouvoir le lycéen qui s'affaira alors à ranger toute la cuisine. Remettre le jus et les confitures dans le frigo, remettre le pain dans le placard, nettoyer le plan de travail. Puis ranger le peu de bordel dans le salon, celui qui régnait dans la chambre, changer les draps, aérer la pièce avant d'enfin prendre une douche, se sécher, s'habiller et s'étaler sur la couche. L'américain s'endormit au bout de quelques minutes, son esprit blanc ne lui occassionnant pas le moindre tracas quand vers vingt heures trente, la sonnerie de son portable le tira de son sommeil sans rêve. Exténué malgré ses longues heures de sommeil, Kagami empoigna son cellulaire, le déverrouilla puis tomba sur le message qu'il venait de recevoir, le faisant grimacer avant que son estomac ne se noue désagréablement. La colère remonta dans ses veines, tout comme un profond malaise lorsqu'il balança l'objet à l'autre bout de la pièce sans même répondre au SMS reçu, ni aux dix autres non lu, ni aux six appels manqués.
- Qu'il aille se faire foutre...
Faible murmure qu'il étouffa dans un oreiller, les battements de son coeur se faisant entendre jusqu'à ses tempes. Journée de merde. Concours de merde. Taiga étouffa un grognement pour finalement quitter son lit, sa chambre et son appartement pour aller se défouler en allant courir dans la ville. Mais au final, cette pensée ne voulait, semblait-il, pas sortir de sa tête. Un grognement lui échappa, vite accompagné d'un juron. Salaud d'Aomine.
20h30 – Ahobaka : désolé pour taleur g déconné. jorai pas du dire sa.
.o.
KnB
.o.
Kagami n'avait jamais aimé faire les courses. Déjà avec son père, c'était toujours toute une histoire parce que monsieur n'aimait pas toujours les mêmes choses qui lui et qu'il passait toujours trois heures à regarder les étiquettes des produits qu'il empoignait. Afin de savoir la composition de ce qu'il mangeait disait-il. Sauf qu'en Californie, la moitié des produits vendus dans les supermarchés n'étaient ni sain ni peu calorique, tout le monde le savait, ce qui n'empêchait pas Kagami père de faire chier son fils dans les rayonnages. Depuis lors, le rouquin n'avait jamais aimé faire les courses, même de lui-même, surtout quand il se souvenait de ce scandale que son père avait tapé à une caissière à l'aube de ses treize ans à cause d'une paire de chaussettes plus chère que le prix annoncé sur le ticket. En plus des petits vieux qui prenaient tout leur temps en caisse et des couples qui se disputaient pour savoir ce qu'ils allaient bien pouvoir manger au dîner, l'adolescent était vite gavé par tout cela.
Seulement, en ce mercredi de presque canicule, le jeune homme tirait un chariot rempli de snacs en tout genre pour refaire son stock de cochonneries. Il s'était rendu compte la veille, après avoir fini son dernier paquet de chips aux crevettes qu'il n'avait plus ni chips justement, ni gâteaux, ni biscuits salés. Et quand on savait que le joueur de Seirin ne se nourrissait quasiment que de ça depuis presque trois jours, on ne pouvait que comprendre sa présence dans la superétte. Surtout qu'ils ne livraient pas à domicile ces fourbes !
Attrapant une boite de crunchs au matcha, l'américain sortit enfin du rayon gâteau apéritif pour rejoindre celui des sodas non loin. Si un de ses coéquipiers le croisait, il y avait de forte chance pour que celui-ci lui fasse un sermon sur son nouveau régime alimentaire bien trop riche en sel et en sucre artificiel. Pourtant, la perceptive de rencontrer l'un de ses camarades ne troubla pas une seconde le dunker. Et pour tout dire, il s'en fichait royalement. Cela faisait plusieurs jours qu'il faisait la sourde oreille, rangé dans un mutisme dont peu de personnes arrivaient à le sortir – Kuroko en faisant partie. Alors recevoir des remontrances était bien le cadet de ses soucis. Il en recevait déjà pas mal pour dire vrai. Et cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid.
Dire que le rouquin était apathique n'aurait pas vraiment reflété la réalité. Kuroko lui-même ne savait pas quels adjectifs pouvaient qualifier son meilleur ami qui était plus que bizarre. Il n'avait bougé de son appartement que pour se rendre aux entraînements de préparation pour la Winter Cup et ne lui avait même pas proposé de sortir ou de jouer contre lui comme il pouvait le faire d'ordinaire. Il parlait peu et restait chez lui à manger des chips, de ce qu'il avait pu deviner. Parce que pour lui, Taiga était profondément perturbé. Et ce depuis le début de la semaine. Ce qui faisait penser au bleuté qu'il s'était passé quelque chose pendant le week-end... et certainement avec son ancienne lumière. Le lycéen avait bien tenté de soutirer des informations de l'As de son équipe et de celle de Tôô sans pour autant avoir une réponse de leur part. Chose que le jeune homme avait beaucoup de mal à appréhender. Car une partie de lui avait cette désagréable sensation, ressemblant à s'y méprendre à celle qu'il ressentait lorsque Kagami avait dû faire face à sa rupture.
Rupture qui étrangement ne cessait de tourner dans l'esprit de l'américain, torturé depuis le départ de son dernier amant. Il fallait dire que ses paroles l'avaient profondément marqué et que depuis lors, il ne savait plus du tout quoi penser. Certes, le métis s'était excusé seulement, Kagami ne pouvait s'arrêter de se remettre en question. Était-il réellement trop accro au sexe ? Et si c'était le cas, était-ce vraiment un mal ? Ce n'était pas mal en soi, non ? Il faisait ce qu'il voulait, pas vrai ? Personne n'avait le droit de le juger à cause de sa libido. Si ? Grimaçant de plus belle tout en se saisissant d'une bouteille de cola, le rouquin tira son chariot jusqu'à sortir du rayon quand sans crier gare, un jeune homme le percuta alors qu'il tournait dans l'angle. Un grognement échappa à Taiga qui en eut le souffle coupé, sa main passant sur sa poitrine pour apaiser la soudaine douleur quant il releva les yeux afin de mieux voir l'importun qui lui était rentré dedans. Parce qu'il n'avait aucune envie de s'excuser, c'était cet empafé qui lui était rentré dedans après tout. Mais avant même qu'il ne puisse dire quoi que se soit, le regard onyx du garçon en face de lui lui arracha un hoquet silencieux de surprise auquel son vis-à-vis répondit par un agrandissement de sa rétine.
- Taiga ?
Pour ainsi dire, ce n'était pas tous les jours que l'adolescent retombait sur des anciens partenaires. Ou plutôt presque partenaires, dans ce cas-là. Il y avait bien sa prof de littérature à qui il avait fait de l'oeil les premiers jours avant qu'elle ne lui mette un vent monumental et lui fasse bien comprendre que non, ils ne se retrouveraient pas à nouveau enchevêtrés dans un lit d'hôtel. Et un ancien joueur de Shutoku à qui il avait fait une gâterie entre deux portes après un match amical. Alors tomber sur l'un de ses anciens presque fantasme en plein milieu du rayon des sodas de la supérette de son quartier avait de quoi le laisser pantois.
- Mizuki... euh... mais...
- Ouais, répondit le jeune homme. Ça fait bizarre.
Le sourire du brun en face de lui le rendit bien moins morose qu'il ne l'était auparavant, ses propres lèvres s'étirant en un fin rictus amusé. Il fallait dire que la relation qui s'était nouée entre lui et ce type n'était pas tout à fait banal. Kagami avait rencontré cet étudiant en football à une soirée organisée par l'un de ses anciens coups d'un soir. Le schéma de départ avait été plutôt propice à ce que les deux hommes finissent dans le même lit, l'américain chauffant le sportif une bonne partie de la soirée, à coup de discussions, d'oeillades et autres caresses au-dessus de la ceinture. Mais rien ne s'était produit ce soir-là. Ni le jour où ils s'étaient retrouvés à la même après-midi cinéma, ni lors d'une autre soirée étudiante. Les deux garçons passaient leur temps à se faire du rentre-dedans sans pour autant dépasser la limite qui les séparait de l'union pure et dure. Sauf que, le soir où enfin ils s'embrassèrent, aucun des deux n'eut envie d'aller plus loin. Au final, ils avaient juste continué leur petit manège jusqu'à ce que le brun ne disparaîsse de la circulation.
Alors, le revoir au détour d'un rayon de soda dans la supérette de son quartier avait de quoi surprendre le lycéen. Il ne savait d'ailleurs pas trop quoi lui dire qui plus était, surtout dans son état de questionnement et de réflexion troublante. Heureusement pour lui, ce fut le jeune homme en face de lui, également armé d'un chariot, qui engagea la discussion.
- Je ne pensais pas te voir ici, déclara Mizuki en riant doucement. La dernière fois qu'on s'est croisait, t'avais une blondasse aux baskets.
- Une blondasse... à la soirée de Takuma ?
- Je crois bien oui. Une nana à la forte poitrine et bien trop bavarde.
- Ah oui, c'était bien chez Takuma...
Une moue désabusée apparut sur le visage de Kagami qui se souvenait alors de ce soir qui n'avait pas été très amusant pour sa part, la jeune femme en question l'ayant plus emmerdé qu'autre chose. Ce souvenir avait au moins le mérite de faire sourire son vis-à-vis et de briser le silence gênant qui aurait pu s'installer entre eux. Le dunker oublia, en plus de cela, la morosité qui l'habitait et les questions qui le taraudaient depuis plusieurs jours.
- D'ailleurs, tu prépares un truc ? Reprit le brun tout en pointant le chariot de l'américain.
- Non, c'est pour moi. Par contre, toi tu ne viens plus en soirée, remarqua avec ironie Taiga. Ça fait un moment qu'on ne s'est pas croisé.
- Pas faux, ria Mizuki. Faut dire qu'entre les cours et mon mec, j'ai plus le temps.
- Ton mec ?
Nouvelle expression étonnée de la part de l'As de Seirin. L'un de ses anciens fantasmes étaient en couple. Les paupières du tigre papillonnèrent à ces paroles, geste qui amusa le footballeur, ses lèvres s'étirant en un sourire moqueur.
- Bah quoi ? J'ai pas une tête à être casé ?
- C'est pas ce que j'ai dit, s'excusa le roux. C'est juste que...
Que ça lui faisait bizarre ? Que c'était un peu surréaliste ? Qu'en plus de se poser des questions sur le jeune homme, il s'en posait à nouveau sur lui-même ? C'était peut-être bien ce qui le dérangeait, le tiraillait quand dans un mouvement de tête un peu aléatoire, son regard tomba sur des billes sombres extrêmement étonnées. Des billes noires qui le fusillèrent presque en une seconde, lui coupant la souffle avant de presque le tétaniser. Encore. Kagami ne sut pas du tout quoi faire en cet instant, un autre jeune homme arrivant sur leur droite avant d'empoigner le poignet du brun et de le tirer à sa suite. Mizuki ne comprit rien à la scène, observant le nouveau venu et le garçon qu'il venait de rencontrer avant de disparaître dans un rayon, laissant seul le basketteur qui était complètement sur le cul. Si on lui avait dit qu'une telle chose se passerait ce soir-là, il se serait bien gardé de sortir de son appartement.
Il fallut de longues minutes avant que le rouquin ne bouge à nouveau, une vieille femme lui demandant s'il allait bien après qu'elle ait fait trois fois le tour du rayon et l'ait vu à rester planté là. Kagami revint soudain à la réalité, remarquant qu'il avait passé presque quinze minutes à poireauter dans cet angle de la supérette pour finalement se diriger vers les caisses peu peuplées. Il eut la chance de ne pas tomber sur la caissière voulant toujours discuter avec lui, ni sur un couple de petits vieux aigris ou un ado aux poches à moitié vide, de payer tous ses articles rapidement et de reprendre le chemin de son appartement sans encombre. Le tigre arriva chez lui la tête à moitié vide, ses sacs plein de course et le coeur battant la chamade jusqu'à ce qu'une nouvelle voix ne le sorte de ses pensées.
- Kagami-kun !
Le jeune homme eut un violent sursaut à l'entente de son nom, ses paquets tombant au sol avec fracas. Agité de nouveau, le roux s'atela à tout ramasser, sans vraiment se rendre compte que son meilleur ami était devant la porte de chez lui et le fixait d'un air inquiet tout en l'aidant à ranger ses courses.
- Kagami-kun...
- Oui ? Quoi ?
Les perles azures du capitaine de Seirin étaient emplies de doute et de crainte, fixant son camarade et ami qui semblait totalement à côté de ses pompes. Celui-ci réagissait vraiment bizarrement à ses appels, le rouquin sursautant d'ordinaire avant de lui crier dessus. Sauf que là... il était juste absent. Kuroko n'arrivait pas à dire si tout cela était tout simplement inquiétant ou horriblement alarmant.
- Kagami-kun, souffla-t-il, tu peux me dire ce qui se passe ?
Aucune réponse ne lui fut livrée dans les premières secondes qui suivirent son interrogation. Le lycéen se contenta de le fixer sans comprendre, ses billes sombres entièrement vides étant ancrées à son visage quand initialement accroupi, le jeune homme finit assis sur le sol. Le bleuté ne comprenait toujours pas ce qui pouvait bien se passer mais il était certain d'une chose : le rouquin n'allait pas bien du tout.
S'asseyant à son tour, Tetsuya attendit que son coéquipier veuille bien se confier à lui ou réagisse, tout simplement. Il connaissait assez bien l'adolescent pour savoir qu'il lui faudrait un certain temps avant de faire le point et de mettre en ordre ses idées afin de pouvoir s'exprimer convenablement. Il était rare que Kagami lâche tout ce qu'il avait sur le coeur avec facilité et quand cela arrivait, c'était bien souvent très chaotique. Alors attendre en silence était pour l'heure la seule solution dont disposait l'ombre. De toute manière, il ne pouvait pas faire grand chose d'autre.
- J'ai vu Kenshi... tout à l'heure...
Les rétines bleues du jeune homme s'agrandirent d'une surprise palpable et sans nom. Kuroko savait que ce n'était pas la raison qui avait mis à mal son ami ces derniers jours, mais c'était bien la dernière chose qu'il aurait imaginé entendre ce soir-là. La pire des choses qui plus était, car vu l'état du tigre, le fait de revoir son ancien petit-ami l'avait juste anéanti. Et l'adolescent n'aimait pas ça du tout.
Kenshi. Kenshiro. Le seul garçon avec qui Kagami était resté plus de deux nuits, plus de deux semaines, presque trois mois. Son seul copain et pour beaucoup, l'unique et le dernier. Quand ils étaient encore ensemble, bon nombre des coéquipiers du rouquin avait parié que le footballeur dont était tombé amoureux leur As resterait accroché à celui-ci pendant des lustres et des lustres. Les deux jeunes hommes étaient juste très bien assortis et semblaient parfaitement bien ensemble. Jusqu'à ce que ce brun prétentieux de Kenshiro ne coupe les ponts avec l'américain. Comme quoi, il était trop collant. Et Kuroko, qui n'avait jamais pu le blairer, avait enragé intérieurement en apprenant la nouvelle sans pour autant sermonner son ami qu'il avait prévenu au début de leur relation. Le lycéen avait juste pu ramasser sa lumière à la petite cuiller pendant bien des semaines après sa rupture pour finalement le revoir s'acoquiner avec n'importe qui. Dire que Kuroko était mère poule avec Kagami n'aurait pas été loin de la vérité. Bien que le bleuté ne pouvait pas vraiment aller à l'encontre des choix de son meilleur ami.
Le temps s'écoula, lentement, longuement, sans que des paroles ne soient à nouveau prononcées. Sans que des mots ne s'élèvent à nouveau dans l'air. Kuroko patienta, sachant parfaitement que son coéquipier était entre deux feux, perdu entre ses souvenirs douloureux et le présent déraillé. Bien qu'attendre un peu plus dans ce couloir, assis par terre en tailleur, n'était pas la meilleure chose qu'ils pouvaient faire. Il n'était pas dit qu'un voisin ne passe dans ce dit-couloir et ne les bouscule du passage, enraillant du même coup tout le processus de concentration et de tranquilisation du rouquin. Si quelqu'un venait à le déranger, il devrait tout reprendre du début et Kuroko était trop inquiet pour attendre davantage malgré sa grande patience.
- On ferait mieux de rentrer, non ?
La voix de l'américain brisa alors le silence lourd et frustrant qui s'était installé, ses yeux rubis se posant sur son capitaine qui le scrutait d'un air neutre. Le bleuté n'avait émis aucune parole depuis qu'il lui avait posé sa question, le détourant et le faisant durement revenir à la réalité. Un silence qu'il n'avait perturbé qu'une fois quand enfin, il avait moyennement repris ses esprits et s'était rendu compte qu'ils étaient toujours dans le couloir devant son appartement.
- C'est comme tu veux Kagami-kun.
C'était du Tetsuya tout craché ça. Toujours aussi conciliant et patient. Surtout dans ses moments. Le rouquin ne comptait plus toutes les fois où son ami avait attendu sans rien dire qu'il veuille bien lui parler et lui dire ce qui le tracassait. Comme ce soir-là. Une situation qui ressemblait à s'y méprendre à une ancienne soirée, tout aussi déprimante que celle-ci. Kagami sourit amèrement en y pensant, son corps se redressant pour se décoller du carrelage du couloir. Il fallait vraiment que ça tombe sur lui.
Les jambes de son capitaine se détendirent à son tour, l'adolescent se levant également tout en attrapant un sac en plastique plein de courses. En ayant déjà pris un, l'américain s'avança jusqu'à son entrée qu'il ouvrit, poussa la porte avec molesse puis pénétra dans son logement. Kuroko le suivait de près, abandonnant ses chaussures dans le hall, déposant les paquets sur le meuble de la cuisine, s'installant à ses côtés dans le grand canapé du salon. Il se posa dans les gros coussins marron, observant son ami qui n'avait pipé mot jusqu'à ce qu'il ne le scrute de son regard épuisé.
- Tu comptais faire quoi en te pointant devant ma porte ? Lança Taiga d'une voix morne.
- Discuter avec toi. Si tu le voulais bien.
- Et si je n'étais pas revenu ici, t'aurais attendu toute la nuit ?
- Peut-être bien, répondit le bleuté avec flegme.
- Je ne sais pas comment tu fais...
Un soupir se fit entendre, le rouquin passant sa main sur ses traits tirés par le stress et la fatigue. Un moment passa, les aiguilles de l'horloge du salon se faisant entendre avant que le tigre ne fasse à nouveau face à sa lumière.
- Et maintenant ? Déclara-t-il mollement. Tu comptes attendre toute la nuit ?
- Si tu as besoin de toute la nuit, oui.
Un coin de la bouche de l'adolescent se leva, créant un rictus contrarié sur le visage de celui-ci. Toute la nuit. Kuroko était près à attendre toute la nuit s'il le fallait pour savoir ce qui avait bien pu se passer. Franchement, d'où sortait ce type au juste ? Pourquoi fallait-il toujours qu'il soit là quand il se sentait au plus bas, quand il n'avait pas du tout envie de parler et d'enfoncer dans un trou tout ce qui pouvait le perturber et l'irriter ? Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours dans ses pattes ? Kagami tiqua bruyamment, ses iris carmines fixant un point près de la fenêtre. C'était peut-être parce qu'il était son ami que Kuroko restait toujours là quand il en avait le plus besoin.
- Mec, j'sais même pas de quoi j'ai besoin là.
- Racontes-moi ce qui se passe.
- Parce que tu crois que...
Il avait eu envie de s'énerver, de gueuler un bon coup et de frapper dans quelque chose. Mais quand Kagami fit à nouveau fait face au regard à la fois neutre et inquiet de son ami, il cessa tout mouvement. Le bleuté ne méritait pas qu'il s'éneve de la sorte contre lui. Il n'avait rien fait après tout. Ce n'était pas de sa faute... mais bien la sienne.
Un autre lourd soupir quitta la gorge du jeune homme qui fourra son visage dans ses mains, ses paumes massant ses paupières étrangement chaudes. Il commençait sérieusement à en avoir marre de tout cela. Du concours. Des gens. De la Génération de Miracles. Des sorties. De tout. Taiga avait juste envie d'être ailleurs, cinq minutes. Et ne plus avoir à penser à tout cela. Mais au lieu de quoi, la langue du jeune homme se délia sans qu'il ne contrôle quoi que se soit, racontant le lendemain de sa soirée avec Aomine et la rencontre fortuite dans la supérette avec Mizuki et Kenshiro. Sans donner de détails trop compromettants, mais sans oublier ce qui avait été le plus blessant et dérangeant. Ce qui avait pu le travailler, le torturer et l'agacer. Ce qui avait pu lui faire du mal et le mettre dos au mur. Le doute sur sa situation, sa condition, ses envies, son mode de vie. Un doute énorme qui quelque part n'avait pas lieu d'être en réalité mais qui avait gonflé quand il avait rencontré le regard chargé d'irritation de son ancien petit-ami. C'était du grand n'importe quoi. Un grand n'importe quoi qui le fatiguait beaucoup trop.
Il y eut un autre silence durant lequel l'américain se rendit compte qu'il s'était enfoncé dans son canapé. Il n'avait toujours pas fait à nouveau face à Kuroko qui n'avait pipé mot tout le long de son discours et le roux se demandait bien ce qu'il pourrait bien lui dire. Le jugerait-il lui aussi ? Ce n'était pas le genre de son ombre, pourtant. Seulement, avait-il les mots pour le tranquiliser ? Kagami n'en était pas moins sûr et craignait fortement ce qui pourrait passer entre les lèvres de son coéquipier.
- Tu veux faire quoi à présent ?
La question du bleuté laissa le tigre perplexe. Il se redressa alors, observant son ami qui lui lançait un regard assez neutre dans l'ensemble tandis que lui commençait à froncer les sourcils. C'était quoi cette question ?
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? S'enquit le jeune homme avec perplexité.
- Et bien, tu vas continuer de coucher à droite à gauche ? Et le concours, tu y participes toujours ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
Un certain malaise grossissait dans le ventre du rouquin, ses perles carmines ne se détachant pas du garçon près de lui. Franchement, pourquoi lui dire tout ça ? Kuroko voulait en venir où au juste ? A part le mettre dans une position délicate et l'embarrasser davantage. C'était limite si Taiga ne voulait pas qu'il parte et ne remette plus les pieds dans son salon. Mais on parlait de Tetsuya et le capitaine de Seirin n'était pas du genre à blesser ses coéquipiers volontairement.
- Ça te plaisait ? Lui demanda alors le jeune homme. De faire tout ça ?
Les prunelles de l'américain s'agrandirent de surprise, ses paupières battant plus rapidement que la seconde précédente. Non mais... d'où il sortait ces questions sérieusement ?
- Non mais c'est quoi ces questions ? S'apostropha le dunker avec surprise.
- Juste des questions, répondit Kuroko en faisant la moue. Parce qu'avant le concours, tu ne semblais pas te préoccuper de ce que pouvait dire les autres...
- Ouais mais c'était avant...
- Et maintenant, c'est différent ?
Kagami eut un temps d'arrêt, ses lèvres se scellant. Le regard que lui adressait son ami le mettait bien assez mal à l'aise au final, les iris azurs du plus petit étaient emplis anxiété et d'interrogation. Pertubé, le rouquin ne savait quoi penser de cela, de ses questions et de la situation en elle-même pendant que son dos retournait se calait contre le canapé.
Les choses n'étaient pas si différentes que cela. Loin de là. Après tout, le rouquin continuait, grâce au concours de la GM, de fréquenter des gens et de passer la nuit avec eux. Peut-être moins souvent qu'à une certaine période mais il continuait d'avoir des amants. Et cela ne l'avait pas dérangé plus que cela au final, bien qu'au départ, l'idée d'être un peu la poupée gonflable des anciens membres de Teiko ne l'enchantait guère. Seulement, au bout du compte, cela n'avait rien eu de différent. Non, ce qui dérangeait le lycéen était qu'on puisse porter un jugement sur ses actions et qu'on l'oblige en quelque sorte à se remettre en question. Il pouvait bien faire ce qu'il voulait après tout. Cependant, les paroles de Daiki et le regard de son ancien copain le mettaient mal à l'aise. Et si au bout du compte, il ne se comportait pas juste comme une traînée ?
Un lourd soupir résonna dans la pièce, Tetsuya détaillant son meilleur ami qui n'avait toujours pas dit le traitre mot. Il semblait réfléchir beaucoup à nouveau et le voir ainsi embêter grandement le bleuté. Car il n'était pas celui qui pouvait lui apporter une aide sur ce point. Kuroko ne pouvait que l'écouter et tenter de le rassurer mais il n'était pas celui qui pouvait lui apporter des réponses et lui retirer ses idées de la tête. Il lui fallait quelqu'un qui soit dans une situation similaire à la sienne et non pas lui qui n'avait pas encore passé le cap.
Néanmoins, le jeune homme prit une inspiration avant de quitter le canapé, le regard maussade de sa lumière le suivant avec flegme.
- Je ne pense pas que tu doives te remettre en question Kagami-kun. Tu es libre de faire ce que tu veux avec qui tu veux. Et si ça ne plait pas à quelqu'un, cela ne devrait pas être ton problème.
Ses pas le menèrent ensuite vers le meuble où résidait l'écran de télévision du rouquin, l'adolescent repérant le coin DVD où il en prit un au hasard pour ensuite le mettre dans le lecteur une fois allumée.
- Mais si tu crois que tu devrais changer tes habitudes alors fais le. Par contre, ne laisses personne ne te dire quoi faire. Ce n'est pas ton genre qui plus est.
Le noir de l'écran fut soudain remplacé par une image colorée et vive, la musique emplissant la pièce et résonnant contre les murs crème du salon pendant que le bleuté s'en allait vers la cuisine y prendre des paquets de pop-corn que le tigre venait d'acheter. Celui-ci le regarda faire sans rien dire, réfléchissant aux paroles que venait de dire son camarade qui revint les bras chargés d'un énorme bol de cochonneries et de canettes de soda.
- Ne te prends pas trop la tête avec tout ça, déclara alors Kuroko en souriant. Fais juste les choses comme tu le sens.
Tendant une canette, le bleuté espérait avoir quelque peu tranquilisé son ami et lumière qui mollement, attrapa le bien qu'il lui tendait. Tetsuya plaça ensuite le bol entre eux, passant l'écran titre du film en cours sous le regard dubitatif de son hôte.
- Tom Raider ? Sérieusement ?
- Quoi ? S'étonna le lycéen. Il y a un problème ?
- Ce film est méga vieux ! Maugréa Taiga en s'enfonçant dans le divan.
- Et très bien ! Mais tu n'auras qu'à choisir le prochain.
- Tu parles, tu veux juste voir Angelina.
- Ne commences pas...
Un petit rire se fit entendre, le regard malicieux du tigre s'ancrant sur son capitaine qui l'ignora royalement en dévorant des marshmalows. Joueur, Kagami lui lança une autre pique pour le taquiner, se prenant un coup de coussins en pleine poire avant qu'une véritable bataille ne s'engage. Le film tourna alors dans le vide, les deux garçons se chamaillant comme bien souvent tout en mettant du pop-corn partout sur le canapé. Mais c'était bien le cadet de leur souci. Surtout de Kagami. Ce soir-là, il avait juste envie de débrancher son cerveau et de ne plus penser à rien. Juste rien et balancer des coussins sur son meilleur ami. Le reste, il y réfléchirait plus tard. Quand il aurait réellement besoin d'y penser.
EEEETTTT ! Voila pour ce chapitre ! Je vous dois une petite explication car l'histoire a pris un gros tournant à partir de ce moment bien précis.
A vrai dire, cela fait un moment que je voulais complexifier l'histoire, qui a la base ne devait être qu'un PWP des plus basiques, avec néanmoins des couples plus hétéroclites que d'habitude. But premier de ma fiction (marre de voir du AoKaga et AkaKuro partout ! Je voulais du neuf ! DU NEUUUUFF !) Alors j'ai commencé cette histoire. Puis j'ai eu plein de broutilles pendant l'année, j'ai lâché l'affaire, j'ai repris l'histoire mais je bloquais à un point que je me prenais la tête sur des détails tout bonnement minimes et dérisoires.
Puis au final, j'ai lâché la bride et laissé mon imagination faire ce qu'elle désirait. Rendre l'histoire plus... réaliste ? Je n'aurais pas réellement d'adjectifs pour qualifier pertinemment ce que j'ai désiré faire de l'histoire mais je ne voulais plus d'un simple concours tout simple où Kagami couche avec toute la Génération des Miracles. Je voulais des sentiments, du drame, du questionnement, des feelings ! Je voulais des personnages plus vrais encore. Et j'espère avoir pu commencer à le retranscrire dans ce chapitre-ci et que ce sera toujours le cas dans les suivants.
Du coup voila un petit peu où nous en sommes. On se retrouve avec Un Kagami paumé, un Aomine gêné, un Kuroko droit dans ses baskets et une bande d'ados qui va devoir affronter d'autres choses par la suite. Et j'espère que leurs péripéties (si je puis dire cela) vous plairont !
Je vous fais plein de bisous et vous dit au mois prochain pour la suite de l'histoire !
