Bon matin/jour/soir à tous ! Nouveau chapitre (un peu en retard. Désolée pour ces 24h d'attente supplémentaires.) Je ne vais pas être très longue et vous laissez à votre lecture. Je tenais juste à vous remercier de toujours suivre mon histoire, vous êtes méga fidèles et ça fait énormément plaisir ! Je vous fais plein de poutoux ! Et je vais répondre aux reviews ici (et maintenant). Bonne lecture à tous et à tout à l'heure pour les notes.
Réponses aux Reviews
- Lawiki : je suis contente que le côté plus réaliste de l'histoire te plaise ! Ca a pris un tournant un peu différent et c'est vrai que tout ce qui a pu se passer dans le chapitre précédent a pu être un peu bouleversant. Mais la suite promet bien des surprises. Va falloir s'accrocher un petit peu hihi (et oui il y a eu moins de PWP... mais ça va revenir ! Parce que bon, on ne va pas mentir en disant qu'on n'aime pas ça haha !)
- Visiteuse : merci pour ta review ! Contente que l'histoire te plaise. Et oui, j'en ai eu un peu marre du AoKagaAo eeeettt... non ils ne vont pas finir ensemble hihi. Peut-être qu'il y aura un autre couple, à voir ;)
- Laura-067 : Ouais, Aomine a été con. Mais il devrait pouvoir se rattraper par la suite... peut-être. En attendant, Kagami va pouvoir compter sur Kuroko en effet, et ses paquets de chips :P
- TsundereSquirrel : Merci pour ton commentaire ! Ca me fait vraiment chaud au coeur. J'espère que la suite te plaira tout autant et que l'originalité qui approche te fera aimer un peu plus mon histoire :D
Nouvelle manche. Nouvelle pioche.
Le mois de juillet approchait de la fin, la dernière semaine s'entamant doucement en une matinée ensoleillée et moite. Le jeune homme était d'ailleurs avachi dans son canapé en râlant sous la chaleur, l'air conditionné ne fonctionnant plus dans son appartement depuis quelques jours. C'était dire que Taiga avait la poisse. Surtout qu'il s'était lui-même consigné à domicile pour quelques temps.
Après ses déboires suite à la soirée avec le métis, l'As de Seirin avait décider d'un peu couper les ponts avec la GM et faire une pause dans le concours. Mais ne pouvant, et ne voulant, pas expliquer les véritables raisons de sa décision, le tigre avait prétexté avoir chopé un virus le clouant au lit. Pour un peu plus de crédibilité, il avait demandé à Kuroko de confirmer ses propos si on lui posait la moindre question, ce que le bleuté fut obligé de faire plusieurs fois avec ses anciens coéquipiers. L'ombre avait fusillé sa lumière du regard quand il était passé à son appartement pour lui faire part de l'incompréhension qui habitait les anciens membres de l'équipe de Teiko. Bien qu'il comprenait que l'américain agisse de cette manière, cela ne lui plaisait guère de se retrouver pris entre deux feux de cette façon.
Mais au bout du compte, le jeune homme avait ce qu'il désirait : il était tranquille à ne rien faire chez lui, à part manger des chips et regarder des films. Cela devait faire une bonne semaine qu'il n'était pas parti s'entraîner et que sa coach commençait sérieusement à s'inquiéter qu'il ne s'engraisse trop en dévorant des cochonneries ou rester trop longtemps au lit. Heureusement, le roux pensait à s'entraîner au moins une heure pour ne pas finir par devenir une boule humaine. Qui plus était, cette situation était temporaire et il finirait bien par quitter à nouveau son appartement et reprendre le cours de sa vie... enfin, en théorie. Kuroko faisait toujours la grimace quand il lui sortait cette remarque, n'étant pas certain lui-même de ce que le tigre disait. Non pas qu'il craignait que Taiga reste à jamais dans son canapé, les cours reprendraient un jour et il serait bien forcé d'y aller. Mais les vacances d'été n'étaient pas près de finir avant plusieurs semaines... Le bleuté avait bien exposé ses inquiétudes à son meilleur ami qui lui avait simplement répondu que pour l'heure, il avait besoin de déconnecter et de se gaver de chips au matcha.
Chips que le jeune homme finissait devant un énième film d'action inconnu, une moitié de son cerveau seulement suivait l'intrigue. L'autre était en stand-by, scrutant par moment son cellulaire qui vibrait parfois lorsqu'il recevait un message. Le roux les lisait quelques fois, en fonction du nom qui était affiché. Ce qu'il faisait qu'il n'avait répondu à aucun message venant d'un membre de la Génération des Miracles et que cela faisait deux jours qu'il snobait ouvertement certains membres de son équipe. Il n'avait non plus pas répondu aux divers messages qu'il recevait sur ses applis de rencontre, préférant tout bonnement faire le fantôme. Si cela ressemblait à de la lâcheté ? En quelque sorte. Mais cela, l'américain n'était pas prêt de l'avouer. Pour lui, c'était plus un mélange de flemme profonde et d'une extrême lassitude.
Il n'empêchait que le jeune homme n'avait pas mis le nez dehors en presque une semaine et qu'il n'était pas parti pour aller où que se soit dans les jours qui suivraient. Kagami n'avait aucune envie d'arpenter les rues de la ville et de croiser quelqu'un qu'il connaissait, que se soit amicalement ou non. Il ne désirait voir personne, oublier toutes ces histoires pendant un temps et reprendre le cours de sa vie comme si de rien était. Cependant, une part de lui savait pertinemment que les choses ne se passeraient pas comme il le souhaiterait. Et la sonnette d'entrée le lui rappela désagréablement bien.
Poussant un profond soupir, l'adolescent délaissa son divan et ses énormes coussins, son bol de chips vide et son film d'action pour se présenter devant la porte d'entrée de son appartement. Sa main vint masser sa nuque négligemment, une moue contrariée étirant ses lèvres fines tandis qu'il portait son œil dans le judas afin de voir qui pouvait bien l'embêter. Quand il eut soudain un temps d'arrêt en voyant le jeune homme de l'autre côté de la paroi de bois. Les paupières de Kagami battirent quelques secondes durant lesquelles la sonnette retentit de nouveau, le poussant finalement à ouvrir la cloison. Et faire face au garçon souriant dans le couloir.
- Hi Taiga.
Le sourire que lui lança le brun le laissa un peu pantois, ses billes sombres l'observant avec perplexité. Et il y avait de quoi être surpris. La dernière fois qu'il avait vu le garçon, celui-ci était derrière un écran d'ordinateur et filmé par la caméra de celui-ci. Et voilà qu'il se retrouvait devant sa porte. Le rouquin était sur le cul. Qu'est-ce qu'Himuro faisait devant sa porte ?
- Tu ne me fais pas entrer ?
Un sursaut prit le lycéen qui se décala d'un coup de l'entrée, permettant ainsi de laisser son ami et frère de cœur pénétrer dans son appartement. Toujours abasourdi, Kagami le regarda retirer ses chaussures et s'avançait dans le couloir, un sourire moqueur aux lèvres.
- Et bien quoi ? On dirait que tu as vu un fantôme ?
- Je ne m'attendais pas à te voir, avoua l'américain toujours aussi étonné.
- Tu marques un point.
Le brun ne cessa pas pour autant de sourire de cet air malicieux, rendant le dunker plutôt soucieux et perplexe. La dernière fois qu'il avait vu Tatsuya en vrai remontait à plus d'un an, avant que le jeune homme ne s'envole pour les USA où il allait y faire ses études. L'université de Louisville lui avait proposé une bourse d'études ainsi qu'une place dans leur équipe de première division que l'adolescent avait tout de suite accepté. Himuro avait alors quitté le Japon sans hésiter, s'envolant vers son rêve de devenir pro en laissant derrière lui famille et ami. Depuis lors, le rouquin n'avait vu son aîné que par conversation Skype ou sur des photos sur les réseaux sociaux. Et jamais il n'aurait cru le voir sur le pas de sa porte ce jour-là.
Une expression dubitative étirait les traits du tigre qui n'avait pas beaucoup bougé de sa place, Himuro s'étant déplacé jusqu'au canapé où il était bien parti pour s'asseoir. Quand il remarqua le trouble qui habitait son hôte, un sourcil se haussant alors sur ses traits.
- Tu n'as pas l'air ravi de me voir, marmonna-t-il, quelque peu boudeur.
- Non ! Non ce n'est pas ça, s'excusa précipitamment le lycéen tout en s'approchant. C'est juste...
- Je sais. Tu ne t'attendais pas à me voir.
Un autre sourire barra les lèvres du jeune homme qui s'installa dans le divan, le plus jeune l'imitant après avoir débarrassé le bol qui y trônait. Il le regarda ensuite avec curiosité, ses lèvres légèrement pincées montrant assez bien son trouble.
- Je suis passé voir mes parents pour les vacances, s'expliqua alors Himuro. On a trois semaines de break à la fac donc j'en ai profité pour revenir.
- Mais tes parents ne sont pas à Akita ?
- Plus maintenant. Ils ont déménagé à Tokyo il y a trois mois. Et j'ai appris ça en arrivant à l'aéroport quand j'ai atterri avant-hier.
- Sérieusement ?
La nouvelle laissa le roux assez perplexe, malgré le rire franc de son ami. Il savait que les parents de Tatsuya étaient parfois excentriques et prenaient des décisions sur un coup de tête mais il n'aurait jamais pensé entendre une telle chose.
- Enfin tu sais ce n'est pas plus mal, reprit le brun. Tout se passe à Tokyo et c'est bien plus animé qu'Akita.
- Mouais...
- Et puis je pourrais venir te voir. Ça fait un bail d'ailleurs qu'on ne s'était pas vu.
Comme pour mieux illustrer ses propos, Himuro alla ébouriffer les mèches sombres du jeune homme qui maugréa de mécontentement, un autre rire résonnant dans l'appartement. L'adolescent ne se débattit cependant pas plus que cela, heureux de revoir son frère de cœur après plusieurs mois. Seulement, les chamailleries cessèrent rapidement, les billes claires de l'étudiant tombant sur son hôte.
- Par contre on m'a dit que tu étais malade...
- On ? Souligna le tigre en fronçant les sourcils.
- Atsushi, révéla le brun. Il voulait venir te voir de ce qu'il m'avait dit mais avec les entraînements intensifs avec les autres lycées de la région, il n'est même pas sûr de pouvoir.
Ce fut comme si le corps du rouquin se tétanisa à cette nouvelle, son sang ne faisant qu'un tour avant que son teint ne devienne plus blême. Non seulement il avait totalement oublié la semaine d'entraînement spécial avec de nombreuses équipes de baskets qualifiées pour la Winter Cup mais en plus de cela, il apprenait de la bouche de Tatsuya que le géant était dans le coin. Le cœur de Taiga manqua un battement à cette nouvelle, le jeune homme ne remarquant même pas l'œillade discrète de son ami.
- Taiga ? You're ok ?
Retour à la réalité. Kagami fixa le jeune homme près de lui qui l'observait d'un œil curieux, son expression lui donnant quelque peu la chair de poule. Non pas que le rouquin était attiré par son frère de cœur, loin de là. L'étudiant, malgré qu'il soit devenu encore plus séduisant qu'avant, ne lui faisait aucun effet. Mais le regard qui lui lançait n'était pas complètement innocent et l'As de Seirin connaissait assez bien son ami pour savoir qu'il en savait plus qu'il ne voulait bien l'avouer.
- Allez viens ! On sort !
- Hein ?!
Mais avant même que le tigre n'ait pu dire la moindre phrase, Himuro s'était levé d'un coup, sentant que le plus jeune se doutait de quelque chose. Sans prévenir, il s'était soudain redressé, cherchant de ses prunelles le couloir menant à sa chambre pour s'y rendre d'un pas décidé.
- Tatsuya ? Mais tu fous quoi ?!
- I'll find your basketball.
- Are you kidding ?!
Dire que Kagami était outré et sur le cul n'aurait pas vraiment reflété la réalité. Et ce fut bien pire quand le brun revint avec son ballon de basket entre les mains et un immense sourire sur les lèvres. L'adolescent était totalement dépassé par la situation et n'eut d'autre choix que de suivre son aîné qui le menait comme bon le semblait par le bout du nez. Himuro réussit donc à faire sortir le fauve de sa tanière, à le traîner jusqu'à un terrain de basket où ils jouèrent pendant plusieurs heures, à l'emmener manger dans un Maji Burger avant de le mener à une salle d'arcade où ils restèrent jusqu'à la tombée de la nuit. Ils parlèrent longuement de leur étude respective, du prochain tournoi majeur à venir pour chacun, des villes qu'avait pu voir le brun lors de ses déplacements pour différents matchs ou encore des dernières nouvelles du monde de la NBA. Le rouquin oublia qu'il avait décidé de rester cloîtrer chez lui, qu'il était censé être le malade, qu'il ne voulait voir personne et profita pleinement de la journée que lui avait offerte son vieil ami.
La nuit commençait à tomber quand les deux jeunes hommes se retrouvèrent en bas de l'immeuble du joueur de Seirin. Discutant toujours, ils s'avancèrent jusqu'à la porte d'entrée du bâtiment quand Himuro s'arrêta tout en lançant un sourire bienveillant au lycéen.
- Je dois y aller. Mes parents ne veulent pas que je rentre trop tard pendant mes vacances.
Un petit pincement prit le cœur de Taiga qui fit la moue sans réellement le vouloir, un rire passant la barrière des lèvres du brun qui passa alors sa main dans ses cheveux.
- Ne fais pas la tête va, je suis là trois semaines.
- Stop this !
Un rire plus franc échappa à Tatsuya qui recula, peu désireux de se prendre un pain de la part du rouquin et s'engagea sur le chemin du retour. Il lança un dernier sourire et une remarque désobligeante, faisant maugréer l'adolescent qui fulmina et grogna à son encontre.
- Appelles la prochaine fois !
- J'y penserai !
Se retournant, le brun fit un signe au rouquin qui le regarda s'éloigner, une grimace contrariée sur le visage avant de quitter l'entrée de l'immeuble à son tour et de rentrer à son appartement. Une fois à l'intérieur, Kagami scruta la pièce plongée dans le noir, remarqua le bol vide sur la table basse, la télé toujours en pause sur le film dont il ne se souvenait plus du titre, la chaleur ambiante résultante du non fonctionnement de la climatisation et se dit qu'au final, Himuro avait bien fait de le traîner dehors.
Ce fut alors souriant, un peu inconsciemment, que le jeune homme se dirigea jusqu'à sa salle d'eau, une douche s'imposant d'urgence avant d'aller se caler sur son matelas et dormir du sommeil du juste. Une agréable journée. Après de nombreuses plus compliquées. Mais le problème avec Taiga, c'était qu'il était dans un cycle duquel il n'était pas vraiment sorti.
.o.
KnB
.o.
18h37 – Tatsu : j'ai vu Atsushi ajd. Il paraissait furax. J'ai pas tout compris mais il compte passer te voir.
Un froncement de sourcil et un regard insistant sur son portable. Kagami ne comprenait pas du tout ce qui était en train de se passer mais il n'aimait pas du tout cela.
18h49 – Tiger : c koa son problem o just ?
18h51 – Tatsu : j'en sais trop rien. Il m'a dit t'avoir vu. Je pense que c'est lorsqu'on est sorti tous les deux.
Un temps d'arrêt. Un battement de cœur qui saute. Taiga le sentait mal. Mais très mal.
18h53 – Tiger : Il t'a ri1 di dotre ?
18h54 – Tatsu : Que tu avais menti. Ce qui est le cas. Mais après rien. Il est juste parti...
Kagami avait furieusement envie de se ronger les ongles, ses pouces pianotant sur l'écran verrouillé de son cellulaire. Murasakibara l'avait vu, le jour où Himuro l'avait vu dehors. Il l'avait vu et il semblait très remonté. Le rouquin grimaça, un profond soupir lui échappant. Il n'aimait pas du tout cette histoire.
18h58 - Tiger : Mersi pr l'1fo. Je V gRé
19h00 – Tatsu : Appelles-moi s'il se passe quoi que soit.
19h02 – Tiger : tkt. Si je done pa Signe 2 Vi dici 24h tu poura commenCé a fliP
19h03 – Tatsu : Déconnes pas abruti !
La gorge du jeune homme laissa échapper un rire moqueur qui résonna presque dans le coin cuisine de l'appartement, ses doigts écrivant un message plus amusé et railleur à son ami pour le faire grincer des dents. L'américain savait que l'étudiant pouvait facilement s'inquiéter et s'amuser parfois de cet aspect de sa personnalité. Sauf que dans la situation actuelle, il y avait peut-être des raisons de s'inquiéter.
Un faible grognement monta dans la pièce, l'adolescent quittant le plan de travail pour retourner devant son poste de télévision. Cela faisait bien deux jours que Himuro était passé à son appartement et l'avait traîné dehors, lui faisant passer une après-midi plus qu'attrayante et qu'il avait, d'une certaine manière, pu faire une pause dans le foutoir qu'était devenu son quotidien. Mais voilà que les choses le rattrapaient plus vite que prévu. Et de manière bien inattendue. Portant son pouce à sa bouche, Taiga mordit son ongle avec irritation. Toute cette histoire commençait à le faire chier.
Murasakibara l'avait vu dehors. Ok. En avait-il parlé aux autres miracles ? Kagami checka ses derniers messages, stalka du mieux qu'il put la conversation de groupe prévu pour le concours sans se faire voir. Mais rien. Ni de la part d'Akashi, ni des autres. Cependant, cela ne le rassura pas pour autant. Peut-être que le géant en avait parlé mais qu'aucun des autres basketteurs ne voulaient se manifester par message. Et s'ils se pointaient devant son appartement ? Taiga grinça des dents avant de mettre cette idée au placard. Il ne s'agissait que d'un concours bon sang. Quand bien même il avait menti et fait le mort, les anciens membres de Teiko n'allaient pas non plus faire le pied de grue devant chez lui pour régler des comptes qui n'existaient même pas. Le jeune homme soupira, fatigué par tout cela... et s'ils venaient pour de vrai ?
Poussant une nouvelle plainte, l'américain abandonna finalement son cellulaire sur la table basse de son salon en maugréant. Marre de cette histoire. Si le géant voulait se pointer, qu'il le fasse. De toute manière, ce n'était pas comme s'il allait lui faire changer d'avis sur les dernières pensées que les frasques qu'il avait vécu ces dernières semaines avaient formé dans son cerveau. Murasakibara n'était pas le genre de type qui consolait, ou comprenait véritablement une situation ou conversation, ni à engueuler ou juger sans raison et passait plus de temps à se comporter comme un gosse capricieux et nonchalant qu'autre chose. Certes, sur le terrain, il pouvait se montrer plus sérieux et mature, et ce un peu plus depuis son entrée en troisième année - sûrement parce qu'après, l'université pointait le bout de son nez. Pour autant, le pourpre restait un gamin dans sa tête et Kagami avait assez de mal à comprendre pourquoi il avait piqué une crise en le voyant dehors. Parce qu'il avait menti sur sa santé ? Le roux fronça les sourcils. Il avait vraiment du mal à saisir.
Mais au bout de deux bonnes heures, l'As de Seirin oublia presque cette histoire, la confection du dîner et le choix d'un nouveau film lui prenant une bonne partie de sa concentration. Il hésita même à inviter Kuroko à passer la soirée avec lui, l'ennui commençant à s'installer dans son appartement ou à sortir faire un tour malgré la nuit tombée. Seulement, sous les coups de vingt-et-une heures trente, la sonnette de l'entrée retentit soudain. Le jeune homme leva un sourcil dubitatif, affalé dans son canapé à zapper sans grande attention pour finalement prendre la direction de la porte avec perplexité. Qui pouvait décemment venir chez lui à une heure pareille ? Il porta un regard dans le judas, cligna des yeux trois fois avant de regarder une nouvelle fois et plisser le front. C'était une blague ?
Un instant, le rouquin se demanda s'il n'avait pas un karma de merde ou juste une poisse légendaire parce que pour que Murasakibara soit devant la porte de son appartement à cet instant, c'était qu'un dieu quelconque lui en voulait. Ou qu'il avait fait une connerie dans une vie antérieure. Particulièrement embêté, Taiga fixa la porte, planté comme un piquet devant elle quand la sonnette se fit à nouveau entendre. Un juron sourd lui échappa, ses dents mordant sa langue dans un réflexe de contrariété lorsque dans un geste agacé, il déverrouilla la serrure et ouvrit cette fichue porte. De toute façon, au point où il en était, une « dispute » supplémentaire n'allait pas faire grand chose.
- Je peux savoir ce que tu fous devant ma porte à une heure pareille ?
Sa voix était assez sèche et froide, ses perles sombres fixant l'importun avec beaucoup de méfiance. Il n'était pas vraiment à une distance de sécurité respectable mais si Murasakibara réagissait de manière soudaine, il pourrait répliquer assez rapidement. Bien qu'il se doutait que le pourpre n'agirait pas de la sorte... en théorie.
- Je dois te parler.
Les prunelles du tigre s'agrandirent d'une surprise sans commune mesure, les paroles de l'adolescent l'ayant un peu trop étonné. De par son ton que par l'autorité dont il avait fait preuve. Il fallait dire que ce n'était pas tous les jours que le joueur de Yosen se comportait ainsi. Au grand damne de Taiga qui n'avait aucune envie d'avoir à faire à lui. Parce que l'adolescent de deux mètres dix, aux billes prunes et aux cheveux mauve lui tombant presque dans la nuque et sur le front, coupe plus courte que celle qu'il avait lors de leur première rencontre, ne donnait pas envie au rouquin de discuter. Bien au contraire.
- Comme tu veux.
Ne préférant pas s'opposer à lui, Kagami laissa entrer le géant dans son appartement, malgré une faible angoisse qui taraudait le fond de son estomac. Il appréhendait légèrement les propos du jeune homme mais pour l'heure, il n'avait rien de vraiment menaçant. Même rien du tout. Bien que son expression coléreuse ne présageait rien de bon. Non, ça le rendait juste... l'américain eut un temps d'arrêt. Il pensait à quoi au juste là ?
Le géant -parce qu'il en était presque un- s'était posté au milieu de son salon, le fixant alors de ses prunelles sombres et accusatrices. Regard qui ne plut pas du tout au rouquin mais qui ne fit pas la moindre remarque, attendant avec une impatience inquiète les paroles du jeune homme dans son appartement. Il n'était pas parti pour prononcer le moindre mot, ses bras croisés sur son torse dans l'attente du discours de Murasakibara. Qui arriva comme un boulet de canon.
- Il s'est passé quoi entre Mine-chin et toi ?
Coup de tonnerre. Kagami aurait voulu entendre n'importe quoi sauf cette question. Quelque part pourtant, il s'y était attendu, mais il n'aurait jamais pensé que le pourpre l'interroge de cette manière, avec cette expression sévère sur le visage et aussi rapidement. Il n'était pas prêt à repenser à tout cela et n'avait aucune envie d'en parler. Et encore moins à cet adolescent. Franchement, il comptait lui tirer les vers du nez ? Et bien, il était mal barré.
Son corps s'était crispé, bien malgré lui, mais le rouquin n'avait pas bougé de sa place, restant appuyé contre le mur du couloir, les sourcils froncés. Enfin, plus froncés qu'ils ne l'étaient auparavant. Atsushi avait dû se rendre compte de ce changement, bien évidemment assez flagrant et en rajouta davantage.
- Il s'est bien passé quelque chose du coup...
- Et ?
La voix de Taiga était toujours aussi froide et coupante, dérangeant son invité qui semblait aussi tendu que lui. Il l'avait bien pressenti que toute cette histoire allait lui retomber dessus d'une manière qui ne lui plairait guère. Mais le tigre aurait préféré que cela arrive à un autre moment... voire jamais. Et pour cause, l'expression du pourpre devint davantage agacé, lui arrachant un rictus contrarié et une plainte bougonne. Ne pouvait-il juste pas le laisser tranquille ?
- Il se passe que Mine-chin est bizarre depuis qu'il t'a vu, lâcha le lycéen en desserrant la mâchoire. Puis tu dis que t'es malade et ne peux voir personne. Et tu te retrouves dehors avec Muro-chin, pas malade du tout.
- Et ? Insista l'américain, toujours collé à son mur.
- Et j'aimerai bien comprendre pourquoi tu te fiches de nous.
Les perles améthystes du garçon troublèrent quelque peu le roux qui n'ajouta rien, les sourcils toujours plissés et la mâchoire serrée. Il n'avait aucune envie de s'exprimer. Aucune. Et encore moins à ce type. Même si son regard perçant en disait assez sur son envie de saisir. Sauf que le joueur de Seirin ne voulait en aucun cas se confronter à qui que se soit. Pas ce soir. Pas comme ça. Kagami retint une plainte ressemblant fortement à un soupir, ses mains plongeant dans les poches de son jogging.
- J'ai rien à te dire. Désolé mec, mais t'es venu pour rien.
Ce fut au tour du plus grand d'être étonné, ses iris s'agrandissant de surprise avant que ses traits ne se crispent et se tirent en un air plus contrarié. La tension qui régnait dans l'appartement monta d'un cran, écrasant davantage les épaules de Taiga que la chaleur ambiante. Mais il n'en eut que faire. Hors de question de répondre à ce benêt.
- Alors tu vas rester cloîtrer chez toi et ne pas nous répondre ? Vociféra brusquement Murasakibara.
- Je fais encore ce que je veux, répliqua le roux en maugréant.
- Et laisser Mine-chin comme ça t'importe ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire au juste ?
Une grimace apparut sur le visage du géant, son corps semblant se tenir plus droit qu'auparavant et impressionnant presque le lycéen qui l'observait toujours avec cet air renfrogné. Ce type était beaucoup trop grand !
- Mine-chin est mon ami, déclara le jeune homme avec sérieux. Tout comme Kise-chin qui ne sait pas trop comme s'y prendre avec lui et Kuro-chin qui ne veut rien nous dire.
Les paupières de Kagami papillonnèrent quelques instants, le garçon face à lui ne ressemblant pas du tout au basketteur puérile qu'il avait rencontré la première fois. Il fut assez surpris de l'entendre parler de la sorte, surtout qu'il n'aurait jamais cru l'entendre dire de telles choses mais le jeune homme fut surtout surpris par l'expression qu'arborait son visage. Depuis quand Murasakibara était-il devenu aussi... mature ?
Le roux eut quelques secondes d'arrêt, son visage et sa mâchoire étant moins serrée par l'agacement alors que son invité gardait ses positions avant de lâcher un faible soupir. Il paraissait toujours aussi contrarié mais surtout plus lassé.
- Je ne sais pas trop ce qui a pu se passer mais tu devrais faire quelque chose plutôt que de rester là à te planquer...
- Je ne te permets...
- Dans tous les cas, le coupa sèchement le pourpre, tu fais ce que tu veux mais arrêtes au moins de nous prendre pour des idiots.
La pic fit grimacer le rouquin, son cœur tapant durement dans sa poitrine tandis qu'une forte envie de mettre son poing dans la figure du plus grand le prenait aux tripes. Mais avant même qu'il ne puisse l'approcher, le centre de Yosen s'en retourna vers le couloir menant à la sortie de l'appartement. Abasourdi, Kagami le suivit du regard, le voyant passer à côté de lui sans un mot de plus. Il se fichait de lui ?!
Son geste fut précipité mais il eut au moins le mérite d'arrêter l'adolescent dans sa lancée. Étonné, le garçon tourna son regard violet vers le lycéen qui le retenait, sa grimace et ses yeux emplis de fureur le faisant à peine sourciller une fois la surprise passée.
- Attends, tu te fous de moi ? Tu débarques, tu m'engueules et tu te casses ?!
Le tigre était furieux. Et prêt à mordre. À mordre et déchiqueter cet être qui l'énervait au plus haut point. Il était prêt à lui en coller une, décharger sa colère sur son visage et se vider comme on se lâche sur un punching-ball. Mais bien évidemment, Murasakibara ne l'entendait pas de cette oreille.
- T'as décidé de t'expliquer ? L'interrogea-t-il tout en se défaisant de la prise de l'américain.
- Comment tu peux...
- Quoi ?
L'échange devenait de plus en plus électrique, alors même qu'ils n'en avaient pas dit beaucoup. L'air était saturé de frustration et rage, la raison du rouquin ne tenait qu'à un fil alors que le plus grand tentait de rester de marbre. Il n'aurait suffi d'un rien pour que tout éclate et parte en mille morceaux. Mais au lieu de ça, Kagami fit un pas en arrière tout en poussant un cri de rage et de passer ses mains sur son visage.
- Sérieux ! T'es gonflé de te pointer chez moi avec ta belle gueule et de me faire la morale de cette façon !
- Si tu prenais tes responsabilités en t'expliquant, on n'en serait pas là, claironna le pourpre en croisant les bras.
- Mes responsabilités ?! Parce que tu crois que ce connard d'Aomine a pris ses responsabilités quand il a...
Les lèvres se crispèrent, se pincèrent, furent mordu, avant qu'un juron ne les traversent soudain et que le jeune homme n'aille s'asseoir dans son divan, passablement frustré et rageur. C'était du grand n'importe quoi ! Il n'avait pas passé une soirée de merde depuis des jours, s'était à moitié vidé la tête, avait réussi à se calmer. Et voilà que tout lui revenait en pleine poire, comme ça, alors qu'il n'avait rien demandé du tout. Karma de merde ! Taiga avait juste envie de gueuler, frapper sur quelque chose et oublier toute cette histoire. Mais au lieu de ça, il tint sa tête entre ses mains tandis qu'à côté de lui, Murasakibara prenait aussi place sur le canapé. Franchement, il n'était pas aidé.
- Tu m'expliques ?
Non de non ! Qu'il pouvait être insistant cet abruti ! Il ne voyait pas qu'il était un poil furax et qu'il n'était plus très loin de lui sauter à la gorge ? Était-il fou ou demeuré ? Dans les deux cas, il aurait mieux fait de ne pas se mettre sur la route de Kagami qui explosa presque comme une bombe atomique.
- Tu veux que je t'explique quoi au juste ? Cracha-t-il tout en se redressant. Que cette enflure m'a juste pris pour son jouet avec ce concours à la con ? Avant de tout simplement me sortir que j'étais juste bon à me faire trouer le cul ? À moins qu'il faut que je t'explique qu'il est sûrement pas le seul à penser la même chose et quand plus de ça, c'est moi qui doit me remettre en question ? C'est ça qu'il faut que je t'explique ou que tu me fais chier et que tu devrais sortir de ma piaule plutôt que de m'emmerder ?!
Il y eut un silence. Plus long. Plus lourd. Alors que Kagami reprenait son souffle et saisissait la portée de ses paroles. Comprenait qu'il avait juste tout balancé comme ça, sous le coup de la colère, à un Atsushi qui n'avait rien demandé à la vie. Qu'il avait juste pété un câble et qu'à présent, la fatigue lui retombait dessus tel un soufflé. Le jeune homme respira bruyamment et rapidement sous les yeux abasourdis du lycéen face à lui, avant de lâcher un nouveau juron et de s'enfoncer dans les coussins du canapé. Il avait vraiment un karma de merde.
Le silence s'éternisa. D'une part parce que le rouquin ne voulait plus ouvrir la bouche et affronter l'autre garçon mais également parce que celui-ci ne disait rien. Seulement, l'américain ne voulait en aucun cas lui faire face où le regarder dans les yeux et attendait, la boule au ventre, que le géant prenne la parole. Et il lui fallut une bonne minute pour pouvoir le faire.
- Il a vraiment dit ça ?
La voix de Murasakibara était teintée d'étonnement et d'incertitude, faisant grimacer l'As de Seirin qui se redressa alors pour mieux le voir, son visage toujours rouge de honte. Son « invité » avait un sourcil haussé, une moue pleine de doute et un regard étrange. Kagami réprima un sourcil, se demandant pourquoi il avait tout balancé de la sorte.
- Pas tout à fait, avoua le tigre en massant son visage. Il s'est excusé aussi... pas en face mais il l'a fait...
- Mais ?
Un nouveau silence. Plus court. Plus lourd. L'américain était sur le point de s'expliquer, bien malgré lui, à un type qu'il connaissait à peine et avec qui il avait très peu de rapport. À une connaissance, plus qu'un inconnu. Mais un type sorti de nulle part. Et pourtant, malgré tout cela, Taiga n'arrivait pas à retenir ses paroles.
- C'était juste... trop. On a couché ensemble toute la nuit puis il me sort ça le matin. Ok, c'était sur le coup de la colère mais il n'avait pas le droit de me dire un truc pareil. Surtout qu'il est pas mieux que moi.
Le dos du jeune homme se cala dans le dossier du divan, un soupir las lui échappant tandis que son corps devenait aussi mou que des marshmallows. Kuroko lui avait avoué que le métis avait une sexualité débridée lui aussi. Peut-être pas autant que la sienne, mais il ne se faisait pas violence pour finir dans le lit de quelqu'un. Apprendre cette nouvelle avait bien évidemment énervé un peu plus le roux qui n'avait cependant rien dit, fulminant dans son coin. Jusqu'à ce soir où Murasakibara gardait un œil curieux et calme porté sur lui. Ce n'était, d'ailleurs, pas si dérangeant que cela que le jeune homme soit là, assis près de lui, à l'écouter. Bien que la situation était sacrément bizarre.
- Et tu penses qu'il a raison ?
Les billes carmines du tigre se collèrent au visage du garçon, la surprise se lisant dans ces prunelles qui ne saisissaient pas complètement le sens des paroles résonnant dans la pièce.
- Qu'est-ce que tu veux dire au juste ? Hoqueta le roux en sourcillant.
- Tu penses réellement que t'es juste bon à te faire passer dessus ?
Les lèvres de l'adolescent s'entrouvrirent avant de se refermer, le regard trop neutre du pourpre le perturbant bien plus que ses dires. Il était trop calme, trop tranquille, trop lisse. Franchement, où était passé le Murasakibara qui bouffait des chips à tout va et faisait des commentaires pourris sur ses sourcils ? Taiga était déboussolé. Surtout que c'était ce type qui lui disait une telle chose.
Bien sûr que non il ne pensait pas ça. Qu'il ne se voyait pas juste comme un corps que l'on prenait puis qu'on jetait sans se soucier de ce qu'il pouvait ressentir. Il était bien plus que ça. Et surtout, il n'était pas ça. Kagami savait pertinemment qu'il n'était pas juste bon à coucher et recevoir, que même si il avait eu plusieurs amants, qu'il ne s'en cachait pas et qu'il continuait de batifoler à droite à gauche, il n'avait rien à voir avec ce qu'avait pu dire le métis ce matin-là. Pourtant l'idée le taraudait, restait là, ancrée dans sa poitrine, à le déranger. Ça le dérangeait que l'on puisse dire ça, penser ça. Parce que ce n'était pas représentatif de ce qu'il était. Il n'était pas comme ça.
- Non, finit-il par dire, les yeux un peu dans le vague. Mais...
- Mais quoi ?
Le ton lent et la voix basse du jeune homme près de lui le sortit à nouveau de sa torpeur, ses billes sombres allant trouver celles pourpre de son interlocuteur. Le plus grand avait toujours cet air calme sur le visage, bien différent de la bouille insouciante et boudeuse qu'il arborait d'ordinaire. Tellement plus sérieux. Kagami en était perturbé. Peut-être un peu trop. Perturbé jusque dans ses fondements, alors que sa langue se déliait pour répondre à la question posée, sans la moindre difficulté.
- J'aime pas l'idée que quelqu'un puisse le penser.
- Ce que pense les autres est si important ? Demanda Atsushi sans se départir de son air calme.
- Non... je crois pas, bafouilla le tigre. Enfin, j'en sais rien...
- Ça ne devrait pas te faire autant d'effet. Tu fais ce que tu veux.
Le jeune homme s'était mieux installé dans le canapé, son bras posé sur le dossier alors que sa main soutenait sa tête, ses cheveux caressant sa peau. Il s'était quelque peu enfoncé dans les coussins, demeurant toujours aussi imposant mais mieux assis que précédemment. Il avait toujours cet air calme, presque neutre, voire rassurant. C'était étrange, bizarre. Trop bizarre. Et plus Kagami le regardait, plus il ne savait ou se mettre et quoi penser. Il état juste... troublé au possible.
- Tu penses la même chose ?
La question était sortie toute seule, s'élevant dans la pièce sans pour autant provoquer le moindre malaise. Murasakibara n'avait pas fait le moindre geste en l'entendant, ni grimacé ou sourcillé. Il l'avait juste observé, comme il le faisait depuis plusieurs minutes, sans le moindre jugement ni à priori.
- Pas ça du tout.
L'adolescent ne sut pas s'il était rassuré, contenté, satisfait ou autre. Il ne savait pas du tout. Il n'en savait rien. Et peut-être que Kagami ne saurait certainement jamais ce qu'il avait pu ressentir ce soir-là, alors que le joueur de Yôsen était assis sur son canapé à presque vingt-deux heures. Mais il était certain d'une chose à cet instant là, sans qu'il ne puisse réellement l'expliquer. Ni qu'il puisse le dire à haute voix. À cet instant là, il avait juste eu envie de l'embrasser. Et Kagami ne se fit pas prier le moins du monde.
Son corps avait bougé sans qu'il ne s'en rende réellement compte, finissant sur les genoux du plus grand qui l'avait accueilli sans rien dire. Les lèvres du rouquin avaient rencontré les siennes, d'abord chastement, timidement, avant que les doigts du tigre n'aillent se perdre dans les mèches violettes, descendent sur sa nuque et ne s'accrochent comment ils peuvent à ce qu'ils trouvaient. Le baiser fut approfondi, sans pour autant aller trop loin pendant que l'adolescent se tenait au pourpre presque désespérément. Il ne savait franchement pas ce qu'il faisait, ni pourquoi il se retrouvait sur les genoux de ce type à l'embrasser comme si sa vie en dépendait. Mais Kagami en avait juste eu horriblement envie. Et terriblement besoin.
Ses épaules tremblaient quelque peu alors qu'il se détachait de Murasakibara, les perles améthystes l'observant d'un petit air curieux et brillant. L'américain ne dit rien, reprenant son souffle tout en humectant ses lèvres rougies, l'esprit ailleurs.
- Je... désolé...
- Pas grave...
Il y avait une impression étrange dans l'air, tandis que leurs regards ne se quittaient pas. Le roux n'avait pas envie de détourner les yeux, souhaitant juste s'y plonger un peu plus longtemps et dévorer ses lèvres sans réelle raison valable -comme si il lui fallait une raison. Mais assis là, sur le centre, il ne cessait de se demander ce qu'il pourrait bien faire à présent. L'embrasser encore ? S'écarter et reprendre ses esprits ? Se perdre et ne plus penser à rien ? Se perdre... et ne plus penser à rien. Sa tête se pencha à nouveau sur le géant, attrapant doucement ses lèvres pour initier un autre baiser tout aussi doux que le précédent. Atsushi le laissait faire, le touchait à peine, ses mains étant juste posées sur ses hanches sans se mouvoir. Cependant, il répondait à son baiser, avec tendresse, peut-être même un peu trop. À croire qu'il se retenait d'aller trop vite, trop loin. Taiga se recula une nouvelle fois, le cerveau à l'envers et les idées embrouillées. C'était n'importe quoi.
- Il se passe quoi au juste ?
- J'en sais rien, lui répondit le pourpre, aussi perdu que lui.
Leurs respirations longues et profondes semblaient résonner contre les murs du salon pendant qu'ils se dévoraient des yeux, sans trop comprendre comment ils avaient pu en arriver là. Surtout que quelques minutes plus tôt, Kagami hurlait contre le géant qui n'était encore qu'un intrus à ce moment-là. Et là, il voulait juste le sentir contre lui. Le jeune homme retint une plainte, son corps s'affaissant davantage sur celui du plus grand qui le tint plus fortement par peur qu'il ne tombe à la renverse.
- Tu... on...
- C'est toi qui décide...
Encore ce ton lent. Cette voix traînante. Presque flemmarde. Comme le gosse qu'était le plus souvent le jeune homme sous lui. Le lycéen avait presque envie de sourire en se rendant compte de cela, l'idée qu'il ne soit pas toujours aussi sérieux et austère dans ses moments-là le rassurant quelque peu. Non parce que Murasakibara en mode adulte, c'était très, très bizarre.
Il lui laissait le choix. Le choix de continuer ce qu'ils avaient commencé, d'aller aussi loin qu'il le désirait. Ou de ne rien faire du tout. Ne rien faire... Cette idée fut vite bannie de son esprit, le jeune homme se levant alors pour quitter le canapé et se redresser. Les iris toujours ancrés sur son vis-à-vis, Taiga le fixa tout en se pinçant les lèvres, le pourpre semblant alors comprendre sa décision et se redressa à son tour. Son hôte le mena ensuite jusqu'à sa chambre dans un silence troublant, le bruit de ses pas s'élevant du parquet quand ils arrivèrent devant la porte que le rouquin poussa afin de les laisser pénétrer dans la pièce.
La pénombre régnait dans la chambre, tout comme le silence qui n'était perturbé que par le souffle plus précipité de l'américain. Celui-ci ne s'était pas retourné pour faire face à son invité, se sentant soudain plus démuni que jamais lorsqu'une main se posa sur son épaule, le forçant à faire volte face. Murasakibara plongea son regard dans le sien, le faisant trembler et frissonner pendant que sa main se plaçait sur la base de sa nuque, la bouche du pourpre se calant docilement contre la sienne. L'échange était lent, doux, bien plus que le précédent et alors qu'il fermait les yeux, Kagami cessa de se poser des milliers de questions. Elles n'avaient pas lieu d'être de toute façon. Il avait mieux à faire que se torturer l'esprit.
Le plus grand le fit reculer, sans pour autant rompre le baiser, afin de le pousser sur le lit où le roux atterrit un air surpris sur le visage. Il le vit enlever son t-shirt puis le jeter au sol, passer sa main dans ses cheveux pour tenter de les remettre en place et éviter qu'il ne tombe devant ses yeux, se pencher sur lui pour revenir l'embrasser et ancrer ses perles améthystes à ses billes carmines. Il sentit ses lèvres sur les siennes, son nez caresser le sien, ses mains passer sous son propre t-shirt qui devenait bien trop encombrant. Puis il l'embrassa, enfin, finalement, avec plus d'ardeur et de fougue. Le jeune homme le cloua au lit tout en caressant sa peau, le rouquin se laissant faire de bonne grâce tandis qu'il s'agrippait à ses larges épaules et savourait l'instant. Il n'avait rien de plus à faire, à part se laisser porter et ne penser à rien.
Le morceau de tissu finit sur le sol, la bouche du plus grand ayant glissé de son cou à son torse. Kagami penchait la tête de façon à pouvoir le voir, ses doigts câlinant les mèches bien plus sombres et pourpre du jeune homme qui jouait dans son nombril sensible. Ses mains n'étaient pas en reste, jouant avec l'élastique de son jogging qu'elles baissaient avec lenteur, le faisant frémir d'impatience. Il s'était imaginé coucher avec le géant, après que Kuroko ne soit parti, le soir où Akashi était venu lui proposé de participer au concours. Il s'était imaginé devoir faire face à ce fainéant d'Atsushi, devoir prendre les choses en main, lui promettre des barres chocolatées et des bonbons pour qu'il lui donne ce qu'il veut. Mais au final, le jeune homme était de lui-même en train de mordiller la peau de son aine découvert, sans que le roux n'ait rien à lui dire ou lui demander.
Un petit bruit mat accompagna la descente de son pantalon et de son boxer sur le sol, encore accroché à l'une de ses chevilles alors que l'adolescent léchait indécemment l'intérieur de sa cuisse relevée. Ne pouvant le lâcher des yeux, Taiga le regardait embrasser sa peau brûlante, cajoler son sexe du bout des doigts et lui tirer des gémissements plaintifs et frustrés. Ses yeux rencontraient parfois le regard calme et plein d'envie du lycéen, son cœur battant plus fort dans sa poitrine à chaque fois que cela arrivait. Mais il n'eut l'occasion de pouvoir l'observer davantage, la bouche du pourpre se plaçant sur son gland qu'il engloutit sans la moindre gêne. Un râle profond échappa au tigre qui s'enfonça dans les couvertures, sa tête retombant mollement sur le matelas. L'intensité du plaisir qui le submergea lui tirailla les entrailles, une chaleur étouffante l'enveloppant sans qu'il ne puisse rien y faire. Puis soudain, Murasakibara entama des va-et-vient bien plus insistants.
Il crut un instant que la pièce se mettait à tourner, ses lèvres ne pouvant laisser échapper les gémissements et soupirs qui gonflaient sa gorge. D'ordinaire plus expressif et loquasse, Kagami ne trouvait rien d'intéressant à dire ce soir-là, se contentant bien malgré lui de pousser des plaintes plus lascives les unes que les autres. Il ne pouvait faire autre chose de toute manière, les caresses de son invité, à présent son amant, lui faisaient perdre la tête et rendait presque son esprit blanc. Il n'y avait que ce plaisir qui comptait, les lèvres d'Atsushi sur son membre, sa main sous sa cuisse et ses doigts malaxant sa fesse. Rien d'autre à part l'attente d'une libération fracassante et bienfaitrice, ses mains se crispant à la fois sur les mèches de l'adolescent entre ses jambes et les draps de son lit. Qui bizarrement, se mirent à se mouvoir sans qu'il ne saisisse pourquoi.
Kagami émit un petit cri de surprise dans la manœuvre, le jeune homme abandonnait son ouvrage pour mieux l'allonger sur la couche. Le souffle coupé, l'américain fixa son amant qui vint tout de suite baiser ses lèvres, faisant légèrement passé ce moment de surprise et de frustration tout en collant son bassin contre le sien. L'érection du lycéen rencontra alors celle du tigre, séparées par la barrière de tissu qui constituait le short du garçon dont le rouquin comptait bien se débarrasser. Avec empressement, il aida son amant à se défaire de ses vêtements, le corps nu de celui-ci rencontrant enfin le sien dans un long soupir de satisfaction partagée. Son bassin se mouva presque immédiatement, surprenant à peine le plus grand qui le laissa faire pendant qu'il cherchait dans les tiroirs de quoi les protéger et préparer son hôte. Tâche plutôt compliquée quand on a contre soi un amant impatient et avide de baisers. Non pas que cela dérangeait réellement Atsushi mais il avait, tout comme le roux, envie de passer à l'étape suivante.
Trouver le lubrifiant et les préservatifs avaient été une tâche compliquée. Pas comme préparer l'américain qui se laissa faire de bonnes grâces sans trop gigoter. Murasakibara n'eut aucun mal à accéder à son anneau de chair et le pénétrer de ses doigts, le regard brûlant du tigre le couvrant et l'excitant davantage. Les plaintes et soupirs du jeune homme ne faisaient que monter la pression, leurs respirations extatiques emplissant la pièce et résonnant contre les murs pendant que le corps alangui de Taiga accompagnait chacun de ses mouvements. Le plus grand l'observait avec ce mélange d'envie et d'étrange douceur qui troublait le garçon, sans pour autant l'arrêter dans ses actions. Bien au contraire. C'était bien trop bon pour qu'il arrête, trop doux, trop tout. Jamais il n'aurait souhaité que cela s'arrête. Même si on lui annonçait que le ciel allait lui tomber sur la tête.
Il y eut un gémissement plus sourd. Puis un autre plus profond alors que la tête du rouquin tentait de s'enfoncer dans le matelas d'une délicieuse façon. Son amant continua de merveilleusement le torturer, son nom passant parfois la barrière des lèvres de Kagami qu'il vint embrasser parfois, juste pour pouvoir goûter à nouveau à ses lèvres et ses baiser. Par moment, le rouquin s'accrochait à son cou, gémissait à son oreille, frémissait contre sa peau. C'était tellement intense, tendre et puissant à la fois qu'aucun des deux jeunes hommes ne pouvaient dire si c'était vraiment réel.
L'adolescent crut un instant qu'il allait tomber dans ce gouffre appelé extase et que l'orgasme le faucherait au passage mais c'était sans compter le côté imprévisible de Murasakibara qui cessa de marteler ce point qui le faisait trembler. Un grognement échappa au rouquin qui essaya de se rapprocher de son amant, l'obligeant malicieusement à l'embrasser et se coller contre lui jusqu'à ce que le plus grand réussisse à se libérer de sa prise et attraper l'emballage d'un préservatif. Un regard sévère cloua le dunker au lit qui se tint tranquille, malgré son désir grandissant d'accueillir son amant en lui et son impatience viscérale. Il n'en pouvait plus d'attendre. Plus du tout. Il voulait juste sentir Atsushi contre lui, en lui, sur lui, partout. Le sentir et être totalement comblé. Alors, quand le jeune homme écarta ses cuisses, puis ses fesses avant de placer son sexe contre son intimité, Kagami ne se fit pas violence et amorça presque son entrée sous le regard amusé de son amant. Le rouquin l'engueula presque de prendre son temps, le géant lui répondant qu'ils n'étaient pas pressés avant d'aller l'embrasser à nouveau. Et enfin le pénétrer complètement.
C'était grisant. Grisant et irréel. Murasakibara était entre ses jambes, poussait sur ses hanches pour venir les claquer contre ses fesses, son membres frappant en lui contre sa prostate pour mieux le faire gémir de concupiscence. C'était surréaliste. Kagami n'arrivait pas à s'y faire, souriant bêtement tout en gémissant de plaisir, bougeant lui aussi ses hanches pour plus de contact, caressant les flans du jeune homme à genou contre lui. C'était presque si le jeune homme n'avait pas envie de rire tant la situation était cocasse et étrange, son amant semblant penser comme lui quand il le vit répondre à son sourire et venir coller ses lèvres aux siennes. Baiser plus fougueux et ardent, les mouvements de bassin du pourpre se faisant plus insistants et brutaux pendant que son amant s'accrochait indécemment à lui, ses jambes emprisonnant ses hanches pour qu'il n'aille pas plus loin.
L'air était lourd. Bien plus lourd que lorsqu'ils étaient entrés. Cela était certainement dû à la pression qui les habitait - et à l'activité à laquelle ils s'adonnaient. Taiga avait un peu de mal à respirer, l'adolescent tentant de reprendre son souffle entre chaque baiser, soupir ou cri. Il était cuit, fini. Il savait qu'il allait bientôt jouir et la seule chose qu'il désirait était que son amant l'embrasse à ce moment-là. Alors, l'implorant presque du regard, le roux rapprochant Atsushi de lui comme il put, attrapant ses lèvres entre les siennes avant de placer la main du plus grand contre sa virilité. Le pourpre ne mit pas longtemps à comprendre, entamant de mouvements de pompes plutôt lents mais qui, alliés aux coups de rein qui percutaient ce point en lui, eurent raison de l'américain. Son râle vibra contre les lèvres du plus grand qui l'engloutit presque, le baiser ne cessant pas après l'orgasme puissant du rouquin dont le corps se détendait sur les draps. Il ne lâcha pas pour autant son amant, le caressant lascivement jusqu'à ce qu'il ne se libère dans un profond soupir, ses dents se plantant dans son épaule avec force.
Plusieurs secondes s'écoulèrent, lentes et longues, avant que Murasakibara ne se retire et glisse sur le coté, laissant enfin tranquille le corps mou du lycéen. Ses perles améthystes l'observaient pourtant toujours, dans un silence calme et reposant quand le rouquin s'approcha doucement de lui malgré la fatigue qui le harassait afin de pouvoir l'embrasser. Un baiser lent, doux, et étrangement plaisant, fut partagé entre les deux garçons qui se retrouvèrent rapidement enchevêtrés l'un sur l'autre, Taiga s'étant assis sur le bassin du plus grand avant de mieux se faire rencontrer leurs virilités. L'envie reprit place dans ses veines et dans celles du lycéen sous lui qui effleura sa peau avec lenteur, son regard en disant plus que mille mots. Tout comme le sourire qui étirait les lèvres du tigre à cet instant.
Aucun des deux ne sut réellement ce qui avait pu les prendre ce soir-là mais chacun s'en fichait pas mal. À cet instant, ni l'un ni l'autre avait envie de réfléchir à tout cela et juste profiter de la nuit. Pas de concours. Pas de GM. Pas d'histoires. Juste deux adolescents bourrés d'envie et désireux de s'embrasser jusqu'au matin. Matin où les rêves laissent place à la réalité. Et où les problèmes doivent être résolus pour enfin ne plus torturer qui que se soit.
He ho ! Alors ce chapitre ? C'était bien ? Je me suis rendue compte de deux choses en écrivant. D'une, que je mets très peu de dialogue dans mes lemons (je trouve ça tellement gamin de faire ça. J'ai l'impression de me retrouver devant mes premières fictions... brrr *frissonne*) Et de deux... que les personnages que j'utilise dans mes histoires ont un peu tendance à faire ce qu'ils veulent ! Parce que ça, ce n'était pas DU TOUT prévu de base... mais je dois avouer que j'aime beaucoup la tournure que ce chapitre a pris.
Bon, j'ai surement fait Murasakibara un peu OCC (peut-être même complètement) mais je dois avouer que mes souvenirs de lui sont un peu flou et malgré pas mal de recherches, je ne savais pas complètement comment le faire réagir face à tout ça. Du coup, je m'excuse auprès des puristes qui l'adorent si je suis passée à côté de sa personnalité. Après, il faut aussi se dire qu'il intéragit dans une certaine situation avec un Kagami qui est dans un état assez instable et colérique. Donc voila ce que ça a donné.
En tout cas, j'espère que ça vous aura plu. Je vous dis au mois prochain pour la suite (qui ne sortira peut-être pas le 1er Janvier, vu que c'est le Nouvel An haha !) et vous fais plein de bisous !
