BONNE ANNÉE A TOUS ! J'espère que vous avez passé un joyeux réveillon et de bonnes fêtes. En ce qui me concerne, je l'ai passé avec tes copines devant le Château Ambulant, c'était génial !
Mais trève de bavardage ! Voici le 8e chapitre et j'espère de tout coeur qu'il vous plaira. Encore plein de trucs vont se passer et on n'est pas au bout de nos peines, moi je vous le dis (Enfin surtout Kagami haha !)
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et au mois prochain pour la suite !
P.S. Kagami est peut-être un peu OOC mais my bad, je le vis bien 8D !
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Un œil s'ouvre. Puis le deuxième. Un rayon de soleil passe à travers les rideaux pourtant fermés, arrachant un grognement à l'ours qui loge dans les draps froissés. On entendit du bruit dans une pièce plus loin, un soupir montant de la gorge sèche de l'être qui se plongea un peu plus dans les oreillers. De la langueur, de la fatigue et de la chaleur écrasaient les épaules dénudées du garçon qui se rendormait presque sur le matelas, son corps alangui ne souhaitant en aucun cas quitter cette mollesse et cette douceur qui l'enveloppait, ce cocon qui le protégeait. Juste rester là, encore une heure, encore une journée. Voire plus longtemps si cela lui était permis. Il n'était pas certain qu'on puisse lui offrir une telle chose mais le jeune homme s'empara des quelques secondes de calme et de tranquillité que ce réveil pouvait lui apporter. Jusqu'à l'ouverture d'une porte, le bruit de pas qui s'approche et le ronflement sourd d'un mugissement lassé.
- Kaga-chin.
Une plainte contrariée répondit à cet appel soufflé par la voix grave et traînante du nouvel arrivant. L'ours se tourna sous les couvertures qui lui tenaient pourtant bien trop chaud, ignora superbement le jeune homme qui semblait rejoindre la couche quand il sentit des doigts caresser son flan, bifurquer sur son ventre et le rapprocher de l'adolescent dans son dos. Une nouvelle plainte fut poussée, toujours plus lasse et embêtée que la premier mais le contact doux des lèvres du pourpre fit taire les complaintes désapprobatrices du garçon qui n'émit plus aucun son. Il resta là, calmement pris au piège de l'étreinte de son invité qui paraissait l'avoir choisi pour jouer les doudous et se laissa faire aux câlineries fugaces du géant qui donnait l'impression de se rendormir contre lui. Que cela tienne. Cela ne dérangeait pas Taiga le moins du monde.
Il y avait une sorte de torpeur qui flottait dans l'air. Un mélange de quiétude et de sérénité qui emplissait l'espace de la chambre du dunker qui n'avait pas réellement conscience de ce qui se produisait entre les quatre murs de la pièce. Il était bien rare qu'une telle situation soit vécue au sein de son appartement, situation rare et inédite quand on repensait à toutes ces nuits passées seul dans les draps défaits, celles accompagnées d'amants fougueux ou lascifs, les après-midis consacrées aux devoirs et révisions ou celles entrecoupées de parties de jeux-vidéos ou de discussion tournant sur le basket. Rares étaient les fois où Kagami se posait juste pour ne rien faire, pour apprécier le moment, pour profiter de cette tranquillité ambiance, de cette douce chaleur qui collait à sa peau. C'était rare, tellement rare. Le lycéen ne se souvenait même plus de la dernière fois qu'il s'était senti ainsi. Ça remontait à loin. À...
Dans un mouvement souple, le rouquin se tourna pour mieux voir son amant d'un soir, endormi contre sa peau. Murasakibara sentait le sucre et le jus d'orange, la sueur et également le liquide de douche que l'américain utilisait. Ses mèches pourpres étaient en bataille contre le morceau d'oreiller sur lequel il se trouvait, sa respiration lente faisant soulever le reste de son corps caché par le drap qui le couvrait. Bien malgré lui, le roux l'observa dans le silence torve de la chambre, son coude s'enfonçant dans le matelas pendant que sa joue reposait dans sa peau chaude. Une observation muette et pensive, l'adolescent remettant doucement en place les dernières heures qu'il avait pu passer. L'arrivée du centre, leur presque engueulade, son monologue, leurs regards. Ce baiser. Scénario d'un mauvais film à l'eau de rose passant sur les chaînes publiques à l'heure où la ménagère n'a plus rien à faire. Kagami ne pouvait s'empêcher de se dire que ce qui avait pu se passer entre eux était totalement surréaliste. Pourtant, cela s'était bien passé.
Se recouchant sans pour autant détourner son regard de la marmotte qui ne voulait pas le lâcher, le tigre se plongea bien malgré lui dans ses pensées. Souvenirs des autres nuits passées avec les autres membres des miracles. Son altercation avec Aomine. Sa rencontre éclair avec son ex-petit-ami. Nostalgie et amertume s'insinuèrent dans les veines du jeune homme qui planta ses prunelles sur le plafond, ressassant ces moments qui lui avaient presque lacéré la poitrine. Les mots durs et les silences lourds de sens l'avaient miné à un point que le roux n'avait pas pu faire face à tout cela sans vouloir hurler contre la terre entière. Ou s'en prendre au premier venu. Comme ça avait pu être le cas quand Murasakibara avait pénétré son appartement. Cependant, à l'heure actuelle, le dunker ne pensait plus vraiment à toutes ces frasques douloureuses, mais aux paroles que Kuroko avait pu lui dire quelques jours plutôt.
Ne laisses personne ne te dire quoi faire.
Tu es libre de faire ce que tu veux avec qui tu veux.
Paroles qui se calquaient à ce qu'avait pu lui dire le garçon endormi la nuit précédente. Paroles qui résonnaient davantage dans son cerveau et qui prenaient un peu plus d'ampleur à mesure que les heures s'écoulaient. Faiblement, certes, mais elles se faisaient plus insistantes et présentes, repoussant presque les instants désagréables qui avaient pu tarauder l'américain. Il n'était pas encore complètement d'accord avec tout cela, une nuit n'était pas suffisante pour permettre à son cerveau d'accepter cette idée pourtant toute simple. Seulement, elle était là et dans la langueur de sa chambre presque surchauffée, le rouquin se disait que c'était pas si mal de faire les choses comme il le sentait.
Le corps contre lui se resserra en une étreinte plus possessive, un sourcil se haussant sur le visage de Taiga qui n'avait pas prévu de servir de peluche pendant que le géant calait son nez dans son cou en soupirant d'aise. Allons bon ! Le joueur de Seirin hésita entre se plaindre en bonne et due forme ou rire sous l'étrangeté de la scène, sa main passant négligemment dans ses cheveux partant dans tous les sens quand il décida finalement de se recoucher lui aussi et finir sa nuit, blotti tout contre le torse de son amant. Kagami ne fit ni attention à l'heure qu'il pouvait être, ni à la chaleur qui l'écrasait, ne se demanda pas où pouvait bien se trouver son portable ou si Kuroko ou Himuro avaient pu le contacter. Il se contenta juste de rester là, à sommeiller dans les bras de son amant qui dormait à poings fermés. À quoi bon bouger de toute manière ? Il pouvait bien faire ce qu'il désirait pour l'instant.
.o.
KnB
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- T'as pas entraînement ?
Les billes améthystes du plus grand des deux garçons observèrent l'autre avec un air mou et désintéressé au possible, sa main enfournant dans sa bouche un morceau de gâteau au chocolat que son hôte avait trouvé plus tôt dans un placard. Le jeune homme laissa son regard neutre parcourir le dos nu du dunker qui s'en était retourné dans la cuisine afin d'y dénicher une canette de soda après les efforts qu'ils avaient fourni sur le canapé. Et à présent, il lui parlait d'entraînement. Murasakibara fit la moue, attirant l'attention de l'adolescent en agitant la main pour le faire venir. Perplexe, Kagami le fixa tout en sortant son soda du frigo, le jeune homme attendant toujours sa réponse avant de s'approcher avec méfiance jusqu'à son invité... qui l'attrapa sans crier gare pour ensuite l'asseoir sur ses genoux.
- Non mais !
Les bras puissants du centre s'enroulèrent autour de ses hanches dévêtues avant que le garçon ne l'utilise comme nounours qu'il enserra lascivement. Posant sa tête sur son épaule, Atsushi fit mine de piquer un somme, l'agacement du rouquin montant d'un cran tandis qu'il agitait sa canette vivement tout en essayant de se libérer. Non seulement il lui avait posé une question mais en plus de ça, le géant avait déjà abusé de son corps quelques minutes plus tôt. Il ne fallait pas non plus pousser le bouchon !
- Sérieux Atsushi lâches-moi !
- Mais je suis déjà en retard, marmonna l'adolescent en boudant.
- M'en tapes. Tu fais ce que tu veux mais lâches-moi.
Le contact du front du joueur de Yôsen disparut soudain, les billes enfantines se plantant dans les iris irritées de l'américain qui retint un juron. Ce fourbe venait de passer ses mains sous son boxer et d'agripper ses fesses comme si de rien était, lui arrachant un sursaut qui fit presque sourire l'adolescent.
- Bah je veux garder Kaga-chin. Je peux ?
- Bordel commences...
Un nouveau frisson, bien plus tendancieux, traversa la dos du jeune homme dont les poils se hérissèrent jusqu'à la racine de ses cheveux, un regard plus noir s'ancrant dans les perles emplies de malice du géant qui le retenait prisonnier. La mâchoire du tigre était serrée fermement, l'air calme du pourpre le faisant presque jurer pendant qu'il ne cessait son manège, ses doigts continuant leur avancée sans la moindre gêne.
- Quoi ? Murmura presque le plus grand.
- Déconnes pas, l'avertit l'américain qui pourtant n'en menait pas large.
- Kaga-chin a dit que je pouvais faire ce que je voulais. Mais...
Les lèvres de l'adolescent laissèrent échapper une plainte profonde, les rétines rubis s'étant agrandies sous l'assaut que venait de lui assigner Murasakibara. La pression dans les veines du rouquin monta d'un cran, les battements de son cœur résonnant jusque dans ses tempes alors qu'il resserrait ses phalanges contre les épaules du géant qui ne cessa de le torturer. Bien au contraire.
- Je peux arrêter...
Dire que Taiga était fait n'aurait pas été assez fort pour exprimer la vérité qu'il trouvait vraie à cet instant. Il était littéralement dans un piège à rat, fait comme jamais et le pourpre était ce chat trop gourmand près à le dévorer. Mais comment lui résister ? Ses doigts caressaient l'entrée de son intimité à des intervalles irréguliers, malaxaient ses fesses et caressaient ses cuisses avec bien trop de volupté pour que le lycéen puisse faire quoi que se soit. Même réfléchir était compliqué. Kagami tiqua bruyamment, se rendant alors compte que le nez de son amant touchait le sien, leurs lèvres se scellant presque. Fait comme un rat.
La langue du pourpre passa un quart de seconde sur les lèvres de l'américain, effleurant à peine la pulpe rose déjà bien gonflée par les nombreux baisers qu'ils avaient pu échanger quelques minutes plus tôt. Murasakibara avait envie de goûter à cette bouche qu'il avait tant malmené et cajolé durant les heures précédentes, prendre son temps pour en redessiner le contour, la caresser doucement, la couvrir de nouveaux baisers enivrants. Seulement, c'était sans compter l'impatience du dunker qui quémanda d'autorité un échange bien plus ferme et intense. Les lèvres s'écrasèrent, les dents mordirent la chair, s'entrechoquèrent presque pendant que le corps du roux se pressait contre celui de son amant, réclamant plus de contact. Celui-ci émit un petit rire durant ce qui ressemblait plus à un affrontement qu'autre chose, sa main gauche abandonnant le lobe de chair ferme sous le sous-vêtement pour aller se perdre dans les mèches rouge sombre du lycéen, le forçant alors à rompre le baiser. Respirations saccadées et haletantes résonnèrent dans le salon, la chaleur étouffante se faisant sentir davantage tandis que plus aucun des garçons ne bougeaient.
- Tu me laisses faire Kaga-chin ?
Il y eut un silence, un moment de flottement où le tigre scruta l'être qui le tenait en joug, l'ombre voilant son regard le mettant dans tous ses états. Ce n'était pas souvent qu'il pouvait voir le pourpre sous cet angle, c'était d'ailleurs le première fois qu'il lui semblait aussi sûr de lui, qu'il était aussi proche. Peut-être un peu trop. Peut-être pas assez. La réflexion fut mise au second plan, tout comme toutes les autres questions qu'avaient pu se poser le rouquin depuis l'instant où le joueur de Yôsen avait effleuré ses lèvres. Où avait-il pu apprendre à embrasser de cette façon ? Avec qui avait-il appris à agir de la sorte au lit ? Est-ce qu'il l'avait déjà fait avec Tatsuya ? Ou avec Akaashi ? Des questions volatiles qui ne restaient pas bien longtemps dans l'esprit de l'adolescent, les caresses du plus grand chassant rapidement toutes interrogations fumeuses par un simple contact. Contact qui glissa sur la pulpe rosée de ses lèvres gonflées, la bouche d'Atsushi la rencontrant avec une lenteur insoutenable.
L'as de Seirin entrouvrit ses lèvres, laissant l'accès à sa cavité buccale à son amant qui pour autant, n'en fit rien. Du bout de sa langue, il vint retracer le contour de sa bouche, frôler la peau presque brûlante. Mais à aucun moment, il n'intensifia ses gestes afin de donner un véritable baiser au garçon assis sur ses cuisses. Il pouvait pourtant sentir son impatience, son désir grossissant dans son boxer, la frustration qui faisait trembler tout son corps tandis qu'il se faisait violence pour ne pas bouger, comme le lui avait demandé Murasakibara. Le pourpre pouvait sentir tout cela, son propre plaisir n'étant qu'à moitié satisfait par ce faible échange entre eux. Pourtant, le jeune homme n'accéléra pas les choses. Loin de là. Il continua son ménage, suçotant parfois une lèvre, pelotant un lobe de chair, titillant l'entrée rosée et malmenée du rouquin sans lâcher une seconde sa tignasse afin de le tenir en place. De longues secondes s'écoulèrent, empruntes de désir, de chaleur et de nervosité à mesure que les vagues d'extase parcouraient les membres de l'américain. Qui commençait à se dire qu'il ne pourrait rester tranquille bien longtemps.
Quand enfin, enfin, la bouche de son amant se colla contre la sienne, le faisant plonger dans un baiser à la fois tendre et profond. Le géant menait complètement leur échange, dirigeant le garçon contre lui comme il le souhaitait, l'obligeant à se rapprocher de son torse nu, le calant contre sa peau luisante de sueur et chaude. La main dans les mèches rousses restait ferme et immobile pendant que l'autre abandonnait l'intimité du plus petit avant de faire descendre le dernier morceau de tissu qui le couvrait. Taiga se mut dans la manœuvre afin de l'aider à se débarrasser de son sous-vêtement, ses doigts glissant des épaules noueuses et pâles du jeune homme pour aller plus bas, bien plus bas. Lorsque la prise sur son crâne se fit plus forte, l'obligeant à se redresser. Les perles bien plus sombres de Murasakibara se plongèrent alors dans son regard troublé, son amant lui faisant facilement comprendre de ne plus prendre d'initiative de ce genre. Le tigre voulut rugir et grogner, peu amené à se faire diriger de la sorte quand le pourpre mordit doucement sa lèvre inférieure sans le lâcher des yeux, son air dur se teintant d'un désir sans commune mesure. Il n'y avait pas à dire, ce type allait le rendre dingue.
Le tissu finit sur le sol, comment bien d'autres vêtements qui avaient pu être délaissés, quelques minutes plus tôt. Comme auparavant, la pression dans la pièce monta d'un cran, le souffle court et mal assuré du rouquin se répercutant sur la peau du géant qui avait retrouvé le chemin de son intimité. Sans le moindre mal, il inséra deux de ses doigts dans l'antre déjà préparée, un râle sourd quittant la gorge de son amant avant de se loger contre sa bouche qui ne cessait de cajoler celle du roux. Ses iris améthystes n'arrêtaient pas de l'observer, imprimaient jusque dans son cerveau les expressions de pure concupiscence de l'américain qui tremblait dans ses bras. Il ne faisait que soupirer et gémir, ne prononçait aucun mot, n'appelait pas son nom ou ne réclamait rien. Kagami ne faisait que subir ses attouchements, attendant avec une impatience non dissimulée qu'il aille bien plus loin tout en restant le plus docile possible. Il fallait dire que Murasakibara s'éloignait dès qu'il tentait d'approfondir un baiser, le repousser quand il se rapprochait ou décaler ses mains quand elles décidaient qu'elles pourraient jouer avec l'élastique de son propre caleçon. Des tentatives d'en avoir plus toujours avortées par le pourpre qui souhaitait le contrôle total de la situation. Et à l'heure actuelle, il était le maître absolu de cette étreinte dans laquelle le roux se consumait.
Une pression plus forte s'opéra sur cette boule de nerfs logée dans ses chairs, l'adolescent jurant de plaisir pendant que le géant appuyait plus vivement sur cette tâche en lui. Rejetant la tête en arrière bien malgré lui, Kagami laissa libre l'accès à sa gorge où le pourpre vint se nicher, sa langue repassant sur les marques rougeâtres qu'il avait laissé sur sa peau pendant la nuit. Le dunker eut un frisson à ce contact brûlant, le rendant bien plus fou une fois allié aux allers et venues des doigts d'Atsushi et les faibles caresses qu'il réussissait à obtenir en faisant rencontrer son membre contre le ventre de son amant par de faibles coups de bassin. Ce n'était que des petits riens, de faibles caresses fugaces, des effleurements, des attouchements. Et pourtant, Taiga se sentait au bord du gouffre, prêt à plonger une nouvelle fois dans une extase sans nom. Il n'était pas certain d'avoir un orgasme aussi fulgurant que celui que son amant avait pu lui donner quelques minutes plus tôt mais il était bien parti pour sombrer dans un gouffre de plaisir et de langueur.
Mais c'était sans compter le bruit strident et soudain de la sonnette qui fit sursauter les deux amants, les perles étonnées de l'américain se tournant vers le couloir menant à l'entrée de son appartement. Papillonnant des paupières, Kagami se demanda qui pouvait bien se présenter devant sa porte à cette heure et surtout ce qu'on pouvait bien lui vouloir. L'idée ahurissante que cela pouvait être son père lui traversa l'esprit une petite seconde mais le jeune homme la repoussa rapidement tandis qu'il se souvenait que celui-ci était à l'autre bout du pays et surtout qu'il avait les clefs de l'entrée. Alors qui ? Kuroko qui devait toujours être un peu inquiet ? Ou Tatsuya à qui il n'avait, remarqua-t-il alors, pas donné de nouvelles depuis la veille ? À moins que ce soit l'un des membres de la Génération des Miracles ? De multiples questions, des dizaines de questions qui furent d'un coup balayé par le traitement violent que reçut soudain sa prostate. Le rouquin sauta presque de son perchoir, découvrant le regard ennuyé et contrarié du pourpre qui le rapprocha dangereusement de son visage lorsque ses lèvres emprisonnèrent les siennes avec brusquerie. Taiga ne comprit pas tout à ce qui venait de se passer mais il était certain d'une chose : il n'était pas parti pour ouvrir la porte au nouvel arrivant.
L'As de Seirin pensa une seconde à s'échapper et se dégager enfin de reprendre son souffle mais surtout calmer le fauve qui venait de se réveiller contre lui. Hélas, Murasakibara ne semblait pas l'entendre de cette oreille et le garda jalousement dans son étreinte tandis que la sonnette se faisait entendre à nouveau. Anxieux, Kagami voulut prendre la fuite malgré le plaisir qui martelait son corps et le rendait pantelant pour aller voir qui pouvait bien se tenir devant sa porte. Mais manque de bol pour lui, ce fut au moment où il tenta de se relever que le pourpre attrapa ses hanches avant de le faire s'empaler sur sa virilité dressée. Le jeune homme lâcha une plainte rauque suivi d'un juron bien senti, sa jauge d'extase s'emplissant bien trop vite à son goût. Et ce fut bien pire quand le géant entama des mouvements amples et profonds, son sexe s'enfonçant dans son intimité avec bien trop d'aisance. Comme si là était sa place. Comme s'il revenait à ce type de lui apporter autant de plaisir. Kagami jura une nouvelle fois, accroché bien malgré lui aux épaules du garçon qu'il n'avait, il devait l'admettre, plus envie de quitter pour ouvrir une satanée porte. Tant pis pour le nouvel arrivant. Le roux ne pouvait faire autrement que de subir les assauts conquérants de son amant avide de ses soupirs.
On pouvait entendre ses gémissements résonner contre les murs. C'était à se demander s'ils n'arrivaient pas à filtrer les parois de plâtre et de briques pour aller importuner les voisins présents dans les autres appartements. Ça sentait le sexe et le sucre, la chaleur et les caresses lascives, la sueur et le pain grillé. Kagami ne savait plus trop où il en était, assommé par les vagues de plaisir qui le submergeaient. Le géant n'y allait pourtant pas comme une brute, écoutait chacune de ses plaintes, chacune de ses demandes. C'était lent, doux, intense, brûlant. Sa bouche semblait être partout sur lui, ses mains ancrées sur ses hanches le tenant avec possessivité, ses iris sombres ne cessant de le fixer. Doux. Intense. Le rouquin était au bord, juste au bord, peut-être un peu trop. Il ne s'occupait plus de la personne devant sa porte qui avait dû partir, des vibrations qui faisaient bouger son portable, du grondement des voitures dans la rue en bas de sa fenêtre. Juste ce plaisir. Cet énorme plaisir. Qui enfin, dans un coup de bassin et une caresse sous sa cuisse, le fit tomber dans ce gouffre.
Il fallut quelques minutes pour que l'américain se remettait de son orgasme, son corps bougeant toujours au rythme des mouvements du pourpre qui ne s'était pas encore libéré. Épuisé, il se laissa complètement faire, effleurant les pectoraux du jeune homme avec légèreté, mordillant son cou sans grande conviction jusqu'à ce que son amant ne laisse exploser son désir entre ses chairs, un liquide poisseux bien trop connu tapissant les parois de son intimité. Un petit frisson parcourut l'échine du rouquin à cette constatation, l'idée de devoir se nettoyer ne lui plaisant guère, ni celle qu'ils avaient pu le faire sans préservatif. Il ne pensait pas que le jeune homme puisse avoir quelque chose, ni lui mais ils étaient bien partis pour aller passer des tests, par sécurité. Kagami soupira faiblement contre l'épaule de son amant qui vint alors embrasser sa tempe avec douceur. Encore et toujours. Les perles carmines s'ancrèrent dans les améthystes profondes du géant qui quémanda un baiser, le caractère enfantin ayant repris le dessus sur l'amant confiant et déroutant. Drôle de mélange pour un garçon de ce genre.
Son corps finit allongé sur le canapé, celui de son amant se calant contre le sien comme pour commencer une sieste qui ne s'était jamais réellement terminée depuis le début de la matinée. Taiga se dit un instant qu'il ferait peut-être mieux de vérifier ses messages et d'avoir une discussion avec le pourpre aux propos de tout ce qui avait pu se passer entre eux. Mais au final, le garçon sommeilla plus qu'autre chose, blotti contre le torse d'Atsushi. La fatigue et la chaleur eurent raison de sa personne et bien malgré lui, Kagami se trouvait à une place qui au final lui plaisait peut-être un peu trop. Tant pis pour le reste. Il verra ça plus tard.
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KnB
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Des petits nuages cotonneux flottaient dans le ciel bien trop bleu, donnaient l'impression de jouer à saute-mouton avec le soleil avant de s'éloigner au trot vers l'horizon. Ils créaient des formes psychédéliques sur les buildings et les avenues, offrant un peu d'ombre à ceux qui traversaient les rues et traversaient la ville de part en part, tantôt à la hâte, tantôt au hasard. Pour sa part, le jeune homme savait pertinemment où il devait se rendre, ses mains plongeant dans les poches de son short en toile qu'il avait trouvé dans le fond d'un tiroir pendant qu'il avançait d'un pas pressé jusqu'à sa destination. Non pas qu'il était en retard mais les regards à la fois indiscrets et surpris des passants avaient le don de le mettre mal à l'aise. Peu sûr, il marchait presque au pas de course pour ne pas penser à tous ces gens qui l'observaient, parfois amusés, parfois rougissants pour ensuite continuer leur route en jacassant dans son dos. Le jeune homme tiqua bruyamment en tournant à un carrefour, le terrain de basket où il avait l'habitude de se rendre n'étant plus très loin.
Kagami avait réussi à quitter son appartement, à grand renfort de réprimandes et de regards sévères qui avaient bien déplu au grand gamin qui avait logé chez lui. Le pourpre avait eu beaucoup de mal à se décrocher de l'américain et de son frigo, préférant de loin rester sur le canapé à dévorer sa peau et des cookies plutôt que d'aller s'entraîner. Une part silencieuse du jouer de Seirin avait bien voulu que les choses se passent ainsi également, une part qui prenait un peu trop ses aises dans cette situation. Cependant, l'un des messages qu'il avait pu lire sur son portable l'avait fait prendre sa décision. Un message laissé par le visiteur surprise qui n'avait pu voir le lycéen. Taiga était encore un peu soucieux tout en repensant au mot que lui avait envoyé son ami, ses doigts jouant négligemment avec son cellulaire bien au chaud dans sa poche pendant qu'il se postait contre le grillage entourant le terrain, un peu à l'écart des joueurs en pleine partie. Le tigre n'en reconnut aucun, cette perceptive le soulageant alors qu'il passait sa main sur sa nuque, couverte de succions. Au moins, il n'entendrait aucun commentaire avant l'arrivée du brun.
- Taiga.
Ses épaules tressautèrent à l'entente de son prénom, le jeune homme se détournant pour mieux voir le garçon qui était passé un peu plus tôt à son appartement. Mizuki courut vers lui avec un petit sourire sur les lèvres, ses cheveux en bataille voletant sous la brise légère pendant que son t-shirt bris barré en son centre de lignes bleues se soulevaient à chacun de ses pas. Le roux l'observa s'approcher, une mine dubitative étirant ses traits quand un sifflement émana des lèvres de son ami, lui arrachant une rougissement violent.
- Je comprends mieux pourquoi tu ne m'as pas ouvert tout à l'heure.
Le dunker se retint de mettre un coup au footballeur en face de lui, son sourire moqueur le faisant grincer des dents et accentuait la coloration flagrante de ses pommettes. Il fallait dire que le pourpre n'y était pas aller de main morte quand ils avaient couché ensemble la nuit dernière, Kagami s'étant senti bien mal à l'aise d'être autant marqué. Et surtout de la sorte. Les traces de leurs ébats ne risquaient de disparaître avant des jours. Voire même des semaines ! L'adolescent avait eu envie de hurler en les voyant peupler son cou, ses autres amants y allant bien plus doucement d'ordinaire. Mais bien évidemment, Murasakibara ne faisait rien comme tout le monde.
- Fallait-il encore que je sois chez moi, marmonna le rouquin d'un air boudeur, ne sachant réellement que répondre au jeune homme.
- Ouais, ouais. C'est ce qu'on dit, se moqua ouvertement le brun.
- Bon et si tu me disais pourquoi tu voulais me voir plutôt ?
Choisissant la fuite à une confrontation qu'il savait perdue d'avance, Kagami tenta de reprendre un air plus sérieux et détaché tout en observant le garçon face à lui. Dans son message, Mizuki avait dit vouloir lui parler d'une chose importante sans préciser de quoi il s'agissait. Et connaissant le jeune homme, Taiga avait senti que leur discussion ne pouvait attendre trop longtemps. Seulement, au fond de son être, l'américain sentait qu'il n'apprécierait pas la moitié de ce qui serait dit dans les prochaines secondes.
- C'est à propos de Kenshiro.
L'expression du brun était devenu bien plus grave, bien plus dure et amère qu'elle ne l'était jusqu'alors. Une sensation étrange s'empara du dunker qui ne savait plus du tout où se mettre, ses rétines s'étant agrandies un quart de seconde avant qu'un air plus maussade ne peigne son visage. Il eut cette impression bizarre qu'on lui enfonçait un poing dans les entrailles, l'envie subite de retourner dans son appartement pour se blottir dans ses draps se faisant sentir. Pourtant, Kagami ne bougea pas d'un pouce, sa tête hochant doucement en signe d'approbation. Partir ne ferait que retarder l'échéance de ce qui allait se produire, la sourde douleur de ce souvenir le lancinant déjà beaucoup trop. Alors un peu plus ou un peu moins, cela n'avait plus grande importance. Autant en finir rapidement.
- Après qu'on se soit croisé dans la supérette, continua Mizuki avec un certain malaise, il s'est montré super bizarre. En fait, cela faisait un moment que son comportement était étrange. Il devenait distant et colérique mais là, après t'avoir vu, il était juste... froid... il m'a fallu un certain temps pour lui tirer les vers du nez et apprendre que vous étiez sortis ensemble. Mais c'était pas le problème...
Les lèvres du brun ne purent retenir un soupir las de leur échapper, le jeune homme massant sa nuque raide sous le regard un peu anxieux du lycéen lui faisant face. Celui-ci ne comprenait pas trop pourquoi son ami lui racontait tout cela, et ne voyait pas en quoi il devait être au courant de toute cette histoire mais il ne put dire quoi que se soit que Mizuki reprit son monologue, une grimace dessinée sur sa bouche.
- Il en avait après toi. Parce que soit disant, tu passais ton temps à sortir avec n'importe qui. Enfin au début. Il a commencé à en avoir contre le monde entier, à dire que les mecs dans ton genre ne pensaient qu'au cul, étaient juste des plaies collantes qui n'aimaient pas vraiment. Ces propos étaient virulents et durs, surtout qu'avant de me mettre avec lui, je couche à droite à gauche moi aussi. Et on en est venu à se disputer.
L'étudiant marqua une pause, les mains plongées dans les poches de son bermuda noir et le regard perdu dans la contemplation de la ville et des badauds passant par là. Ses mots étaient chargés d'amertume, de remords et de fatigue, mais étrangement, pas de tristesse. Kagami n'arrivait pas trop à comprendre pourquoi c'en était ainsi, surtout qu'il sentait la finalité du discours de son ami qui le perturbait grandement. Jusque dans ses fondements. Il ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés là.
- Je supportais plus... tout ça. Je ne sais si Kenshiro a été comme ça avec toi mais ces moments où il était juste... indifférent n'était plus supportable en réalité. Je comprends même pas comment j'ai fait pour tenir aussi longtemps. Et cet épisode m'a bien fait comprendre qu'en fait, on n'avait pas grand chose à partager et que j'étais le seul à m'accrocher. Alors j'ai rompu avec lui.
Mizuki déglutit après ses paroles qui semblaient sortir du fin fond de son cœur. Plus lourde qu'une montagne, elles avaient eu l'air de lui peser tant sur la conscience qu'une fois débarrassé de celles-ci, son expression maussade et amère disparut presque. Comme plus léger, le jeune homme lança un sourire au roux un peu étonné par ce revirement, lui ne pensant pas voir son ami lui faire face avec plus de sérénité qu'auparavant. Pourtant, malgré tout cela, une question restait en suspend.
- Pourquoi tu me dis tout ça ?
Le sourire du brun ne s'était pas effacé, déstabilisant quelque peu l'adolescent qui ne savait quoi penser de tout cela. Il se souvenait de plein de moments passés avec son ancien petit-ami. D'après-midis tranquilles à ne rien faire, allongés sur le canapé devant un film. Des matins aux réveils chargés de passion et de baisers. Des soirées à rire tout en jouant à des jeux-vidéos sur la console dans la chambre à coucher. Mais aussi des moments à attendre une réponse aux sms urgents envoyés en pleine nuit. Des journées à se demander ce qui avait pu être mal fait pour que l'autre nous ignore. Les engueulades. Les silences. La rupture et la fin. Des bons et des mauvais moments qui restaient en vrac dans l'esprit du dunker qui ne savait comment faire pour trier tout ce bazar. Mais fallait-il qu'il ait réellement envie de le trier.
Son ami l'observait d'un œil complice, intriguant Taiga qui attendait une réponse dont il doutait pouvoir faire quelque chose. Une réponse qui allait sûrement le tarauder de longues heures, comme bon nombre de choses qui lui étaient arrivées ces derniers jours. Pourtant, ce ne furent pas des paroles que Mizuki lui offrit en premier alors qu'il se rapprochait inexorablement de lui, mais l'ombre d'un baiser déposé sur ses lèvres fines. Le rouquin ouvrit les yeux aussi grands que des soucoupes, ne saisissant plus rien à ce qui était en train de se passer. À quoi avait bien pu penser le brun pour faire un truc pareil ? En pleine rue. Devant plein de monde ! Si Kagami avait pu se cacher dans un trou, il l'aurait certainement fait dans la seconde, le chuchotement des piétons le mettant bien plus mal à l'aise qu'auparavant, ses joues rouge tomate prouvant bien de son état. Seulement, au lieu d'être gêné comme il pouvait l'être, Mizuki prit son visage en coupe tout en lui lançant le sourire le plus doux qu'il avait pu lui offrir jusque-là.
- De ce que j'ai pu voir et entendre, votre relation avec Kenshiro s'est très mal finie. J'ai pu aussi voir que tu l'avais mal vécu, sûrement parce que ce crétin de Ken n'y est pas allé de main morte dans ses propos.
Les billes carmines de Taiga allèrent rencontrer le sol, les dires de son ami se plantant dans son cœur tel les flèches d'un archer trop adroit. C'était criant de vérité, la compassion ne jouant pas vraiment le rôle d'un baume sur cette plaie toujours sanguinolente. Elle ne faisait que raviver la douleur, sans vraiment le vouloir, arrachant au lycéen un serrement de mâchoire plus prononcé encore.
- Mais qu'importe ce qu'il a pu dire ou ce qu'il peut bien penser, ça ne définit pas ce que tu es Taiga. Tu vaux bien plus que ça et même moi qui n'est peu le type le plus proche de ton entourage peu le voir.
- Ça n'en reste pas moins... désagréable, souffla l'américain entre ses dents.
- Je sais, rit doucement Mizuki. J'en ai bavé quand on s'est disputé l'autre jour. Mais à mon avis...
Les paumes chaudes du jeune homme quittèrent ses joues brûlantes, les perles curieuses de l'adolescent suivant le footballeur qui reculait d'un pas quand il pointa alors la nuque couverte de marques explicites, faisant rougir davantage le principal concerné.
- Tu devrais plutôt te concentrer sur ce que tu dis l'auteur de tout ça.
- J't'ai rien demandé !
La voix criarde et chargée de fureur du rouquin réussit à faire rire le brun qui esquiva de peu un coup de poing bien senti de la part de son ami. Cela ne l'empêcha pas de glousser sans la moindre honte, le jeune homme en face de lui ruminant sous l'irritation. Toute gêne et malaise s'étaient dissipés, comme soufflés par la brise de cette fin de journée d'été. Les blessures n'étaient pas pansées, pas suffisamment mais à cet instant, elles étaient bien moins douloureuses qu'elles ne l'étaient quelques minutes plus tôt. Kagami prit quelques secondes pour s'en rendre compte, l'agacement ne s'étant pas fait la malle pendant sa constatation. Mais au moins, cette boule dans le creux de son estomac avait disparu. Avant de réapparaître comme par magique. Ou sorcellerie.
- Taiga ?
Un violent frisson troubla le jeune homme qui se tourna d'un coup vers la voix grave et rauque qui venait de l'appeler dans son dos. Réprimant difficilement un tremblement, le tigre eut beaucoup de mal à faire face au nouvel arrivant surprise, rencontrant un instant les perles sombres de l'autre garçon avant de se détacher et fixer un point ailleurs. Le dunker se rendit alors compte qu'il avait retenu sa respiration, une nouvelle forme de malaise naissant en son sein sans qu'il ne puisse rien contrôler. C'était bien sa veine.
Le bruit des voitures et le brouhaha des passants comblaient le silence qui avait pris place, les exclamations des joueurs de basket résonnant presque aux oreilles de Kagami qui ne savait plus où se mettre. Devait-il faire demi-tour et rentrer ? Ou bien se confronter à ce qui était à présent sur sa route ? Il avait déjà parlé de Kenshi avec Mizuki. C'était déjà beaucoup pour une seule journée. Il ne pouvait pas non plus...
- Je vais vous laisser.
La main du brun s'était posée sur son épaule, le sortant de sa torpeur avant de lui octroyer un sentiment de panique. Le lycéen ancra son regard empli de détresse dans les perles onyx de son ami qui lui donna une tape amicale avant de s'éloigner sur le trottoir où il était venu. Le fourbe ! Il l'abandonnait là ! Kagami eut envie de jurer, sa mâchoire se serrant pendant que ses sourcils se fronçaient sur son visage. Pourquoi fallait-il que ça lui tombe dessus ?
Un long soupir s'éleva dans l'air, le rouquin s'avouant finalement vaincu face au destin. Las et contrarié, il reporta son regard sur le jeune homme à environ deux mètres de lui, ne sachant quoi lui dire ou quoi faire à part le scrutant en silence. Cela faisait bien des jours qu'il ne l'avait pas vu, ni ne lui avait parlé. Alors se retrouver en face d'Aomine après ce qui avait pu se passer entre eux, et après la conversation qu'il avait eu avec Mizuki avait de quoi mettre Kagami dans un état bien instable. Et il faisait quoi maintenant au juste ?
- On peut parler ?
Ce fut finalement – et heureusement – le métis qui parla en premier. L'As de Seirin eut un petit sentiment de soulagement, le silence rompu le mettant quelque peu plus à l'aise malgré leurs antécédents. Il n'aurait vraiment pas su quoi dire si leur bataille de regards s'était éternisée, attirant les œillades des passants déjà bien trop curieux. Certains l'avaient déjà vu se faire embrasser, d'autres avaient remarqué ses succions, il ne manquait plus qu'on les fixe et se pose des questions. Anxieux au possible, mais surtout passablement épuisé, le jeune homme passa sa main sur sa nuque couverte d'une fine pellicule de sueurs avant de faire un petit signe à la panthère non loin et d'avancer sur le trottoir. Kagami sentit plus qu'il n'entendit le métis le suivre, son regard restant perdu sur le bitume alors qu'il tentait de remettre ses idées en place. Mais surtout de trouver les mots qu'il pourrait bien dire à son rival. Fallait-il qu'il s'excuse ? Ou qu'il le laisse juste parler ? Et puis, il allait devoir lui dire clairement qu'il lui pardonne ?
Un faible soupir silencieux s'éleva dans l'air, un nuage plus imposant passant devant le soleil pendant que l'américain prenait la direction du centre-ville sans trop savoir où aller. Il allait certainement s'arrêter quelque part, certainement devant un Maji Burger, se caler à l'intérieur et aviser de la situation. Sûrement... peut-être. Kagami soupira de nouveau, exténué. Il aurait mieux fait de rester dans son canapé.
