*dépoussière un peu par ici* Ouaaaaah ! Ca fait longtemps !

Bonjour ! Bonsoir ! Bon matin ! Bon ce que tu veux l'ami ! Tu sais, la vie c'est compliqué, méga compliqué (une grosse merde en boite !) Mais me voila avec la suite ! Enfin ! Après des mois ! Après tant de galères, de déboires, de merdes en tout genre. De hauts, de bas, de montagnes russes à sensation forte. Je suis là ! Et je vais vous dévoiler la fin de cette ptn de fiction omg ! Je le promets ! Le dernier chapitre est encore dans les cartons et l'épilogue aussi, mais ça avance ! ET POUR DE VRAI !

Je tiens à m'excuser (encore et toujours) pour tout ça ! Je comprendrais que plus personne ne suive cette fiction *rire triste* Mais si vous êtes là à lire et à attendre la suite, et bien sachez que je ne vous décevrez pas ! Promis ! Je peux déjà vous annoncer que le prochain chapitre sortira dans deux semaines (et si tout va bien, parce qu'en moment c'est la meeeerde émotionnellement parlant... encore... jpp si vous saviez !) et le dernier chapitre, deux semaines plus tard ! On tente de faire ça ! Aller ! Motivation !

Je ne vais pas blablater davantage et vais vous laisser lire tranquillement cette suite. J'espère que ça vous plaira et que vous apprécierez.

En attendant, je vous dis à dans deux semaines !

Night *


09 : Street Walker*

Le soleil commençait à décliner derrière les grands buildings de la ville, les derniers rayons filtrant à travers les feuilles des arbres, les fentes entre les immeubles et les passants qui parcouraient les rues avec nonchalance pour la plupart. Les ombres semblaient danser sur le bitume et jouer avec les voitures qui se suivaient dans les avenues pendant que les secondes et les minutes s'écoulaient toujours plus, ses pas le menant il ne savait où. Il fallait dire qu'il marchait sans vraiment se poser de questions, sans vraiment y penser, ses ruminations vagabondes le menant totalement ailleurs. Trop de choses s'étaient passées lors des dernières heures pour qu'il puisse y mettre de l'ordre tranquillement et songer à une destination particulière. C'était pourtant ce qu'il avait entrepris de faire au début de sa course seulement, le silence parsemé des ronronnements des moteurs et des murmures des tokyoïtes l'avaient mené tout droit dans un brouillard de pensées contradictoires.

Dire que Kagami était troublé aurait été un euphémisme. Une partie de lui se demandait même pourquoi il avait quitté son appartement et son canapé pour se retrouver dans une telle situation. Se retrouver dehors sous le soleil de plomb, être au milieu de la foule, revoir Mizuki, l'entendre dire toutes ses choses. Trop de choses. La tête du rouquin n'était plus très loin d'exploser, le petit être lui ressemblant rangeant les affaires et pensées dans son cerveau ne sachant plus par quel bout prendre tout ce foutoir. C'était le bazar ! Un big bazar(**) même ! Et c'était sans compter la panthère qui le suivait sans prononcer le moindre mot depuis de longues minutes. Combien de temps encore allait durer ce manège ? N'avait-il pas quelque chose à lui dire ? Le tigre soupira, levant ses perles carmines du sol qu'il n'avait cessé de fixer depuis leur point de départ pour finalement se rendre compte... qu'il ne savait pas du tout où est-ce qu'il se trouvait.

Un sourcil se haussa sur le visage du jeune homme qui stoppa sa progression, l'œil hagard et perplexe. Quelques maisons à étages, des petits immeubles d'habitation, un parc où des enfants jouaient. Il n'y avait plus aucun doute, Kagami ne savait pas du tout où il était et encore moins comment il avait fait pour se retrouver là.

- Qu'est-ce qui se passe ?

La voix grave et bien trop neutre du garçon dans son dos le fit sursauter, son cou se contorsionnant pour lui faire face avant que son corps ne suive. Aomine l'observait d'un air un peu curieux, son flegme et son ennui étant toujours clairement lisibles sur ses traits, comme à son habitude. Ainsi qu'une autre chose que le roux ne souhaitait nommer. Encore fallait-il qu'il lui explique où ils étaient et le lycéen sentait que ça allait finir par mal tourner.

- Tu sais où on se trouve ? Lâcha l'américain en détournant le regard, embarrassé.

- Comment ça ?

- Je crois... que je me suis perdu...

Il y eut un silence, un moment de flottement durant lequel Kagami espérait secrètement ne pas s'être mis à rougir, puis une exclamation de surprise qui ne l'étonna même pas. Et c'est parti.

- Sérieusement mec ?! Ça fait presque une heure que je te suis et tu réussis à te perdre !

- Oh c'est bon ! Ça ne fait pas une heure non plus.

- Ça fait une heure, répliqua le métis les sourcils froncés. Voire plus.

- Déconnes pas !

Presque furibond, le rouquin sortit son cellulaire de sa poche pour bien montrer à son abruti de vis-à-vis que ces propos étaient absurdes. Mais quand il attrapa l'objet et afficha sous ses yeux l'heure qu'il était, Taiga n'aurait pu dire si les dires du jeune homme en face de lui étaient véritables ou non. Parce qu'il avait été perdu dans ses pensées pendant un long moment que la notion même de temps lui était pour le moment complètement abstraite. Fallait-il qu'il grogne en certifiant que le métis avait tort ou juste s'avouer vaincu et lâcher l'affaire ? Ses billes sombres rencontrèrent celles de la panthère qui n'avait pas l'air prête à vouloir lâcher le morceau facilement, fatiguant d'avance Kagami qui poussa un autre profond soupir. Comme s'il avait besoin de ça.

- Bon écoutes j'en sais rien si ça fait une heure ou non, déclara finalement le rouquin, sa main massant nerveusement sa nuque.

- Bah j'te dis...

- J'ai compris. Mais pour l'instant, j'sais pas où on est et j'ai pas envie de rester à poireauter ici.

Son opposant avait dû sentir qu'il était agacé par la situation car il n'insista pas plus, ne rabâchant pas davantage ou ne lançant pas d'autres pics pour ouvrir les hostilités à une superbe dispute. Au lieu de ça, Aomine afficha juste un nouvel air ennuyé avant de regarder autour de lui et de s'avancer dans la direction qu'ils venaient de prendre quelques instants plus tôt.

- On n'a qu'à faire demi-tour, marmonna-t-il alors. On verra bien où ça nous mène.

Acquiesçant d'un mouvement de tête, Kagami prit sa suite sans dire un mot, comme avait pu le faire le métis avant lui. Quelques pas derrière lui, il observait sans vraiment le vouloir son dos, ses yeux ne montant pas plus haut que le milieu de ce débardeur que l'as de Tôô portait. De la gêne l'habitait, l'américain le savait et l'empêchait de réfléchir correctement en présence du garçon. Après ce qu'il s'était passé. Après ce qu'il avait pu dire. Après ce qu'il avait vécu. Gêne mais aussi rancœur et malaise que le rouquin n'arrivait pas à faire taire. C'était désagréable au point qu'il désirait juste retourner s'enfermer dans son appartement et ne plus en sortir. Quitte à y rester jusqu'à la fin de l'été. Jusqu'à la fin de ses jours même.

- Tu ne dis rien...

Il y avait une sorte de langueur dans ses paroles qui lui rappelaient qu'il ne pouvait pas rester cloitrer dans son appartement et ne plus voir personne. De la langueur et une sorte de gaucherie qui ne lui ressemblait pas du tout. Kagami ne savait pas comment il devait appréhender le jeune homme lui tournant le dos, ses prunelles faisant à présent la navette entre l'environnement inconnu qui l'entourait et le lycéen non loin.

- Je dois dire quelque chose ? Répondit l'américain après un moment.

- J'en sais rien, déclara le métis assez perplexe.

- C'est toi qui voulais parler j'te rappelle...

- Et ça t'empêche de l'ouvrir ?

Les billes sombres et tumultueuses du jeune homme lui faisaient à nouveau face, Daiki s'étant retourné d'un coup sans prévenir. Le roux lui était presque rentré dedans, son souffle s'étant coupé d'un coup sans qu'il puisse y faire quoi que se soit. Avant de devoir faire face au regard de son rival. Chose qui était, à l'heure actuelle, bien trop compliquée pour le jeune homme.

Un mélange de colère et d'agacement semblait habiter la panthère à la mâchoire crispée. De l'incompréhension aussi. Et autre chose. Du découragement ? Quelque chose proche de l'abattement, de la fatigue mais qui restait indéfinissable pour le rouquin qui lui-même avait du mal à définir ce qu'il pouvait bien ressentir à cet instant. Il avait envie d'être ailleurs, d'être très loin. Cependant, une partie de lui ne cessait de lui répéter qu'il fallait tôt au tard qu'il affronte ce moment. Alors mieux valait que ce soit maintenant et qu'ils en finissent.

Un soupir s'éleva dans l'air, sorti d'entre les lèvres du métis qui passa sa main sur son visage quelque peu fatigué. Ce ne fut qu'à cet instant que le joueur de Seirin remarqua son expression dérangée, une légère grimace se dessinant sur sa bouche pendant que les billes sombres du métis revenaient sur lui. Cette situation était beaucoup trop incommodante.

Une seconde. Puis deux. Puis trois. Aomine passa à nouveau ses mains dans ses cheveux, poussa une plainte, presque un grognement. Kagami détourna le regard, ne sachant quoi dire, ni quoi faire, voulant être ailleurs. Juste ailleurs.

- Putain tu fais chier...

Un murmure. Mais un murmure de trop. Qui d'un coup d'un seul, mit le feu aux poudres et déclencha une chose que Kagami n'avait pas du tout eu envie de voir se produire. Seulement, son tempérament fit qu'il réagit au quart de tour, comme toujours et qu'il répondit véhément aux paroles du métis... qui allait très certainement lui répondre sur le même ton.

- Tu te fous de moi ?! J'ai fait quoi au juste ?

- Rien du tout ! Vociféra la panthère. C'est bien ça le problème !

- Tu voulais que je fasse quoi au juste connard ?! Répliqua le tigre furieux.

- Autre chose que te perdre déjà !

- Je me perds si j'veux d'abord ! Puis j'te rappelle que si on en est là c'est de TA faute !

C'était comme se retrouver sur un fil. Ou plutôt sur la lame d'un rasoir. La situation prenait d'un coup une tournure plus tendue, rendant l'air presque insoutenable en une fraction de seconde. Personne n'aurait pu dire ce qu'il aurait pu se produire dans les secondes suivantes, les deux adolescents se fixant en chien de faïence. Trop de pression. Trop de tension. Trop de non-dits. Les secondes s'écoulèrent, les deux lycéens ne prononçant pas un mot, cherchant quoi dire, pour mieux se foutre sur la gueule mais au bout du compte, Aomine poussa un soupir. Le rouquin desserra les dents sans pour autant apaiser sa fureur, ses poings crispés attestant de son état. Les choses étaient très mal parties et il n'était pas dit que tout cela finisse bien.

- Ok écoute, je me suis déjà excusé... lâcha alors la panthère dans un soupir.

- Ouais ouais, causes toujours...

- J'peux m'expliquer ?

- Expliquer quoi ? Grogna le tigre. T'as pourtant ét...

- Bordel Taiga tu te rends compte de ce que tu fais ?

La mâchoire du sous-nommé se serra davantage, son regard se perdant un instant dans le paysage alors que son homologue se mit à tiquer bruyamment. Et à présent, cela était de sa faute ? Où est-ce que le métis voulait en venir avec sa question au juste ? Il lui reprochait quelque chose ? Allons bon. Croisant les bras sur son torse, Taiga était pris à répliquer avec ce même ton agacé seulement, l'as de Tôô prit les devants et lui coupa l'herbe sous le pied. Et la parole.

- Ok j'ai pas été réglo, c'était dégueulasse de dire ça mais j'le pensais pas vraiment. J'étais furax, c'est sorti tout seul.

Il y eut un silence durant lequel l'américain se remémora les paroles prononcées ce matin-là. Des paroles qui en plus de l'avoir mis en rogne, l'avaient profondément marqué. Des paroles qu'il aurait aimé oublié mais qui s'alliaient à d'autres pour davantage le malmener. C'était dire que Kagami voulait oublier ces paroles et juste continuer à faire comme si de rien était. Seulement, une chose en lui ne cessait de ruminer tout cela sans pouvoir s'arrêter. Le jeune homme savait que cela ne le ferait pas avancer et que ce qu'il pensait n'était pas ce qui représentait vraiment la réalité. Hélas, il ne pouvait se sortir ces idées de la tête ou les effacer. Personne n'avait pu le faire jusqu'à présent, alors il les repoussa dans un coin pendant un temps avant qu'elles ne réapparaissent bien des heures plus tard.

Mais les secondes s'écoulaient et les propos de son vis-à-vis ne cessaient de repousser ces idées et pensées qui le dérangeaient. Pour en immiscer d'autres dans son esprit. La tournure que prenait leur dispute – car ça en était bien une – ne plaisait guère au roux. Elle n'aurait sûrement pas plus à qui que se soit. Seulement, c'était encore bien plus dérangeant pour l'adolescent. Car bien évidemment, elle mettait à mal des idées logées dans son cerveau et qui n'avaient eu jusqu'alors aucune raison d'être remise en cause.

- Sérieux Taiga, tu peux m'en vouloir de mettre énervé si ça te chante mais t'as pas le droit de te comporter de cette façon. C'est dégueulasse. Tu vas pas me faire la gueule toute ta vie non plus ?!

Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait voir Daiki Aomine réellement en colère. Le rouquin pouvait le sentir sur sa peau, cette agacement et cette irritation qui vibraient dans les veines du métis, comme s'il s'agissait de ses propres sentiments. Ce n'était pas courant ni habituel de le voir dans cet état. Le jeune homme était la plupart du temps désinvolte ou quelque peu pervers sur les bords, concentré au possible sur le terrain ou bien je-m'en-foutiste. Kagami l'avait déjà vu ravagé par l'extase et extrêmement sûr de lui. Mais pas ainsi. C'était la première fois et cela mit à mal les convictions de l'américain.

Que devait-il dire au juste ? Que c'était de sa faute ? Que c'était ainsi ? Qu'il ne pouvait faire autrement après ce qu'il avait dit ? Ça n'aurait pas été reflété la réalité. Bien sûr que Taiga lui en voulait. Il lui en voulait tellement qu'il avait bien voulu mettre son poing en pleine figure. Il lui en voulait moins à présent, bien que la rancune tiraillait ses entrailles avec malice. Après tout, le rouquin ne pouvait pas laisser passer les propos de son rival aussi facilement. Surtout avec tout ce qui lui trottait dans la tête. Mais sûrement que le réel problème était là et non pas en face de lui.

- C'est pas ça... déclara le lycéen, bien moins sur la défensive.

- ... C'est quoi alors ? Parce que je suis pas là et j'aimerai bien comprendre.

Le masque de colère n'était pas tombé mais Aomine paraissait plus ouvert à la conversation que quelques secondes plus tôt. Cela eut pour effet de désamorcer la bombe qui avait failli exploser aux prémices de leur querelle, le joueur de Seirin desserrant les bras pour plonger ses mains dans ses poches, l'air absent. Et voila qu'il se retrouva ailleurs, perdu entre deux eaux et deux remarques désobligeantes, ne sachant plus faire le tri entre le vrai et le faux. Comment de temps cette situation allait durer au juste ?

- J'en sais rien...

Le silence reprit ses droits dans l'allée où ils se trouvaient, le petit square non loin étant vide de vie. Ils semblaient être seuls dans ce quartier résidentiel où le soleil commençait sérieusement à s'enfuir, préférant aller dans d'autres contrées voir d'autres visages et laisser la nuit assister à la scène qui se jouait alors dans ce coin de Tokyo. Certainement qu'elle allait assister à toute la pièce, les deux protagonistes prenant leur temps pour dire leurs répliques qu'ils avaient du mal à sortir. Il fallait dire que c'était la première fois qu'ils montaient sur les planches pour jouer ce morceau de leur existence.

Kagami ne savait quoi dire. Ni quoi penser. Tout se mélangeait dans sa tête, comme toujours depuis plusieurs jours. Il se demanda un instant pourquoi il avait quitté son appartement, pourquoi il s'était réveillé ce matin, pourquoi il avait jeté le pourpre dehors. L'adolescent voulut revenir plusieurs heures en arrière, pendant des minutes durant lesquelles il n'avait pas eu à penser à tout cela. Où tout était tellement plus simple, plus facile, plus tranquille. Ailleurs sauf à cet instant précis où le regard du métis le mettait bien trop mal à l'aise. Il lui fallait s'expliquer, donner des raisons, dire pourquoi. Pourquoi la colère. Pourquoi le mépris. Pourquoi la rancune. Pourquoi tout ce bordel. Taiga soupira, désireux de se trouver à un tout autre endroit tandis qu'il alla s'asseoir sur un banc non loin près de l'entrée du square sous les yeux curieux de son rival. Ses mains vinrent masser sa nuque trop raide, ses doigts passant négligemment sur les marques que son dernier amant lui avait laissé, l'envie de le retrouver se faisant cruellement sentir.

- Ça m'a juste soulé... franchement, finit par avouer le jeune homme avec quelques difficulté. C'était pas le truc à dire. J'avais vraiment l'impression que tu me jugeais...

- Mec, pourquoi je te jugerais sérieux ? Sourcilla le métis tout en se rapprochant.

- Qu'est-ce que j'en sais ? Venant de toi, j'm'attends à n'importe quoi parfois.

- T'abuses un peu là.

- On parle du concours ?

Les perles marine du scoreur s'en allèrent ailleurs, ne réussissant pas à soutenir le regard accusateur du roux qui était assis en face de lui. Pour le coup, il marquait un sérieux point, ne permettant pas à Aomine de répliquer.

- Oui bon...

Il perçut le ronflement du tigre qui posa ensuite son regard plus loin, observant avec attention et absence des arbres quelque peu penchés non loin de leur position. Mal à l'aise, le métis resta debout sans trop quoi dire, préférant laisser de l'espace à son rival pour mieux s'exprimer et dévoiler ces pensées qui semblaient plutôt torturées. Daiki avait du mal à se dire qu'il était la cause de tout cela, une partie de lui lui affirmant qu'il y avait bien plus sous la carapace du tigre pour que ce ne soit que sa faute. Tetsuya lui avait d'ailleurs fait sentir la même impression, le laissant assez perplexe et contrarié. Ce n'était pas le genre de l'as de Seirin de se la jouer mystérieux et secret, rendant la panthère bougonne et mal léchée. Alors, le voir se mordre les lèvres ainsi tout en fixant un point sur sa droite avait de quoi déstabiliser le jeune homme. Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir dans la tête cet abruti pour inquiéter tout le monde au juste ?

- Y'a un truc qui arrête pas de me revenir depuis le début du concours... depuis plus longtemps en fait... c'est complètement débile...

- Ça dépend. Dis toujours.

Un autre silence. Taiga passa sa main dans ses cheveux, repassant sur leur naissance à la base de sa nuque qu'il n'arrivait à lâcher. Aomine attendit, suspendu à ses paroles qu'il commençait sérieusement à attendre avec trop d'impatience. Colère et agacement s'étaient faits la malle, ne laissant que curiosité et flottement. Flottement qui devenait beaucoup trop insoutenable.

- J'arrête pas de me dire que j'étais trop à fond sur mon ex...

- ... et qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans ?

- ... je cherche toujours à l'oublier.

Les sourcils du métis se froncèrent, les perles carmines du dunker le fixant en biais, légèrement masqués par les mèches sombres du tigre. Il se mura à nouveau dans le silence, laissant Aomine cogiter sur ce qu'il venait de dire et les événements passés. Mais quel pouvait bien être le lien au juste entre tout cela ? Qu'est-ce que l'ex de Kagami pouvait bien avoir à faire avec ce qu'il avait pu dire, le concours, son état. De nouvelles secondes s'écoulèrent, l'adolescent faisant difficilement le rapprochement quand une phrase de Kuroko lui revint en mémoire, débloquant sa longue réflexion qui se termina sur une exclamation de surprise.

- Ok, je commence à comprendre.

Il put aisément remarquer le rougissement des pommettes de son rival qui ne le regardait déjà plus, sa main soutenant son menton et cachant sa bouche qui devait certainement être déformé en une grimace. Bien plus embarrassé qu'auparavant, Kagami ne prononça plus un mot, chose qui amusa quelque peu le métis qui s'installa enfin à ses côtés, une expression moins tendue peignant ses traits maintenant qu'il avait remis les pièces du puzzle à leurs places.

Une toute petite phrase. Qui était à l'origine même du concours. Une phrase que Kuroko avait dit quand il avait demandé à le voir, ce dimanche après-midi-là, pour lui faire part d'un problème qui le dérangeait depuis quelque temps. Quelques mots qui exprimaient l'envie du bleuté de caser son meilleur ami. C'était de cette discussion qu'était né le concours. Mais également d'un problème que le joueur fantôme avait perçu bien plus tôt et que le roux avait souligné quelques minutes de cela. Enfin, problème qui n'en était pas réellement un du point de vue du métis qui trouvait que tout cela avait pris de bien trop grosses proportions pour qu'ils en arrivent là. Mais sûrement que le dunker avait des plaies encore trop béantes pour que cela ne soit que simplement anodins pour lui.

S'installant assez confortablement, Aomine laissa son rival reprendre contenance tout en attendant de voir s'il reprenait la parole. Il porta un regard vers lui, le découvrant toujours plongé dans sa contemplation du quartier puis soupira faiblement.

- Franchement Bakagami, tu te prends trop la tête...

- J'sais mais...

- Mais rien du tout, rétorqua mollement la panthère. Lâches l'affaire. Si vous êtes plus ensemble, c'est qu'il y a une raison.

- Ouais bah j'ai pas demandé à c'qu'on en arrive là !

La remarque fut cinglante et soudaine, étonnant le scoreur qui n'avait rien vu venir. Kagami s'était même tourné vers lui, le visage tiré par l'énervement et la mâchoire serrée. Sujet sensible. Daiki n'aurait pas cru que la dernière relation sérieuse du rouquin l'ait autant marqué, surtout après son acceptation de participer au concours. Mais il fallait croire qu'il était plus simple de fuir que de faire face comme il le fallait aux choses qui nous tracassaient. Il n'était d'ailleurs pas mieux que le rouquin, qui avait reprit sa précédente position, la peau encore plus rougie et chaude. C'était limite si on ne voyait plus les succions qui parcouraient sa nuque et ses épaules. Puis au fait, ça sortait d'où tout ça ? Faisant la navette entre la peau marquée de l'américain et le bout de son nez qui dépassait, Daiki décida de jouer la carte de la naïveté, voir où cela le mènerait.

- Et la personne qui t'a bécoté t'à l'heure, elle en pense quoi ?

Réaction immédiate. Aussi rouge d'une fleur éclose, le jeune homme se tourna vers lui en bégayant, l'air complètement ahuri et gêné. Aomine faillit lâcher un gloussement en le voyant, ses dents se plantant dans sa langue pour éviter que cela n'arrive pendant que son rival agitait les mains tout en marmonnant bruyamment.

- Ça te regarde ?!

- Non, mais si c'est pas la même qui t'a dévoré le cou...

- Oui bon !

Un gloussement sonore finit tout de même par échapper au métis qui assista à la scène de bouderie de son vis-à-vis, le faisant rire davantage. Le jeune homme avait croisé les bras sur son torse, grinçant des dents sans se départir de la jolie couleur pivoine qui colorait ses joues et son cou. Ça en était hilarant. Il fallait dire que ce n'était pas souvent que Kagami se mettait dans de tels états alors autant en profiter un peu. Surtout après tout ce qu'il lui avait fait subir.

Finalement, la panthère mit quelques minutes à se calmer, son sourire amusé ne s'étant pourtant pas effacé alors que le rouquin continuait de lui tourner de le dos. Mais il réagit tout aussi rapidement quand le métis reprit la parole, avec un peu plus de sérieux cette fois-ci.

- T'as pensé à ton ex quand on l'a fait ? Demanda-t-il alors, le plus simplement du monde.

- Non mais !

- Et avec celui qui t'a mordu ?

- J't'en pose des questions ?!

Kagami avait juste envie de se cacher dans un trou de souris. Il ne comprenait pas pourquoi le lycéen lui posait de telles questions après la presque dispute qu'il avait eu mais c'était le rendre encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà. C'était quoi son problème au juste ? Il cherchait à se venger ? Et bien si cela était l'attention d'Aomine, il n'était pas bien loin d'avoir ce qu'il désirait. Cependant, son regard trop sérieux pour la situation déstabilisa le tigre qui se tassa un peu sur lui-même, ne saisissant toujours pas où il voulait en venir.

Est-ce qu'il avait pensé Kenshiro quand le métis l'avait embrassé la première fois ? Pas le moins du monde. Il n'avait d'ailleurs pas pensé à son ex tout le long du concours. Ni même pendant de longues semaines. Tout du moins, pas quand le rouquin se retrouvait avec quelqu'un. Son attention était totalement capté par la personne en face de lui, qui partageait ces instants fugaces avec lui et s'occupait de lui. Il n'y avait pas de place pour Kenshiro dans ces moments-là. Il n'était pas là. Alors pourquoi penser à lui ?

Ni quand il était avec ses amis d'ailleurs – sauf quant il fut un peu dans l'obligation de parler de lui à Kuroko, bien évidemment. Mais lors des cours, des entrainements, des repas et de sorties, ses pensées ne s'étaient jamais retournées vers le footballeur dont il était tombé amoureux. Pas une seule seconde durant ses moments, le rouquin n'avait eu même l'idée de songer à sa personne. Et sans vraiment qu'il ne comprenne comment, le métis près de lui semblait déceler la réponse à sa question juste en le voyant.

- Alors t'as pas pensé à lui, finit-il par déclarer avec un petit sourire.

- Nan...

- Pourquoi tu continues de te prendre la tête dans ce cas ?

- J'en sais rien...

Les doigts du dunker allèrent se loger dans ses mèches assombries par la tombée de la nuit, ces révélations et déclarations le laissant quelque peu démuni. Jamais Kagami n'avait réfléchi à tout cela, et encore moins de cette manière. C'était dire qu'il était un peu à côté de ses baskets et que remettre de l'ordre dans ce foutoir prendrait un peu de temps. Cependant, l'as de Tôô ne lui en laissa que très peu tandis qu'il se redressait soudain, étonnant le rouquin qui le vit s'étirer tel un félin.

- J'ai la dalle ! Et on sait toujours pas où on est ! Dis moi que t'as un GPS sur ton portable ?

- Euh...

Les paupières de Taiga battirent quelques secondes, assimilant ce qui était en train de se passer. La dispute avait été évitée, la conversation sur son ex terminée. Aomine était passé à autre chose, désireux de casser la croute et sûrement de retrouver son chemin. L'américain l'observa un peu perdu, attrapant enfin son cellulaire après de longues secondes de questionnement. Mais une nouvelle exclamation de son rival le fit sursauter, ses prunelles s'agrandissant de surprise.

- Hey ! Mais c'est Tetsu ! Bordel Tetsu, tu sors d'où ? J'ai trop la dalle mec !

Ni une ni deux, le métis se dirigea avec joie vers son ami qu'il saisit par les épaules, le bleuté ne comprenant rien à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Il fallait dire que ce n'était pas tous les jours qu'il croisait ses deux lumières dans son quartier, surtout à une heure aussi tardive et ce, sans qu'il soit prévenu. Kuroko les fixa tous les deux, Aomine le secouant bien trop alors qu'il essayait de ne pas faire tomber les courses de sa grand-mère et Kagami toujours assis un peu plus loin. La chose la plus rassurante était que ces deux nigauds étaient ensemble et ne semblait pas s'être mis sur la tronche. Mais la dite tronche de son coéquipier le laissait dubitatif.

Soucieux, le capitaine de Seirin observa son ami s'avancer dans leur direction, le scoreur babillant pour ne rien dire avant qu'il ne leur propose de l'accompagner chez lui, sans leur demander leur avis. Aomine ne se fit pas prier, heureux d'avance de pouvoir goûter les pâtisseries de madame Kuroko. Quant à Kagami, il comprit assez rapidement que son ombre voulait une explication. Un soupir lui échappa, sa main glissant sur sa nuque brûlante pendant qu'il suivait le pas docilement, un faible sourire encré sur ses traits. Il aurait peut-être mieux fait de rester au lit ce matin.


* : référence à Street Fighter.

** : référence au Big Bazar de Michel Fugain. Haha je suis trop drôle ! ... aheum...