Hey hey hey ! Oui je suis en retard mais c'est pas grave, parce que le chapitre est là ! OUI ! (j'ai pas d'excuse désolée, semaine chargée )
Je ne vous fais pas attendre plus longtemps (et surtout que j'ai aussi la flemme de taper un pavé, je l'avoue ! Vous pouvez me frapper (m_ _m) ) Quoi qu'il en soit, je vous remercie d'être arrivé.e jusque là dans la lecture, de votre soutien et tout ! Vous êtes vraiment trop cool ma parole !
Et sans plus attendre, le chapitre 10 !
X : Action ou Vérité
Les meubles de la pièce n'avaient pas bougé de leurs places depuis sa dernière visite, le jeune homme scrutant les murs peints en beige et gris sans grande conviction. Il fallait dire que le garçon à sa gauche parlait pour ne rien dire, déblatérant avec son coéquipier des derniers entraînements organisés par la fédération de basket avant le dernier grand tournoi de la saison. Et ce, depuis plus d'une heure. L'adolescent n'en avait pas placé une pendant tout le long de la conversation, ne trouvant pas grand-chose à redire, vu qu'il n'avait pas assisté à ces dits entraînements. Kagami ne faisait donc qu'écouter d'une oreille bien trop distraite tout en piquant parfois dans la pile de cookies que la grand-mère de son meilleur ami leur avait suggéré de prendre avec eux.
Il fallait dire que l'adolescent n'était pas du tout à son aise, assis sur l'un des coussins trônant dans la chambre de son ombre. Il ne l'avait pas vu depuis plusieurs jours, n'avait pas répondu à ses appels et avait donné très peu de nouvelles par message. Alors le voir et l'entendre, être à juste quelques mètres de lui rendait le rouquin plutôt nerveux. Et ce encore plus après la discussion qu'il avait eu avec Aomine quelques heures plus tôt. Retenant un soupir, le tigre se servit un nouveau gâteau qu'il mâchouilla sans grande conviction, le bruit de sa mastication prenant plus d'ampleur dans la pièce. Et pour cause, les deux autres basketteurs s'étaient arrêtés de parler.
Le silence qui avait pris place embarrassa davantage le lycéen qui ne savait ni ou se mettre ni quoi regarder. Il avait jeté un coup d'œil du côté de Kuroko qui le scrutait sans rien dire. Puis du côté du métis qui buvait son verre de jus tout en fixant un point à l'opposé de sa direction. Plus stressant comme situation, tu meurs. Taiga ne savait plus du tout sur quel pied danser, l'épuisement se faisant clairement sentir après cette journée bien trop longue – et la courte nuit qu'il avait eu.
- Bon, vous avez fini ? Lâcha-t-il dans un soupir, après de longues secondes d'hésitation.
- De quoi tu parles ? Répondit Tetsuya, sans se départir de son éternel masque de neutralité.
- Vot' cinéma là. Si tu as quelque chose à dire, dis-le tout simplement.
Un nouveau silence s'installa, le bleuté ne lui répondant pas tout de suite. Kagami faillit s'agacer, une moue crispant ses lèvres qui cachaient ses dents serrées. Il ne comprenait pas pourquoi son coéquipier et ami prenait autant de gant avec lui. Certes, les derniers jours avaient été compliqués mais cela ne voulait pas dire qu'il était aussi fragile qu'un nourrisson. L'américain avait bien envie de grommeler qu'on le traitait comme un gamin et que chacun pouvait lui adresser la parole normalement. Mais c'était sans compter la franchise de son capitaine.
- Tu comptes écouter ce que j'ai à dire ?
Nouveau silence. Les prunelles du rouquin se tournèrent alors vers le jeune homme à sa droite, son expression pleine de neutralité ayant été remplacée par un air plus soucieux. C'était rare de voir Kuroko faire ce genre de tête, l'américain haussant un sourcil quelque peu étonné. Fallait-il que les choses inquiètent autant le lycéen pour qu'il affiche une telle expression. Kagami laissa un grimace peindre ses lèvres, son regard se perdant dans la pile de gâteaux. Tout cela prenait de drôle de proportion.
- Je ne t'écoute pas d'habitude ? répondit-il avec lenteur.
- Si… la plupart du temps, laissa échapper le bleuté dans un soupir.
- La plupart du temps…
Le dunker n'ajouta pas grand-chose, la remarque l'ayant légèrement crispé mais c'était dire que le malaise que ressentait son ami était palpable. On aurait dit que le bleuté souhaitait juste se retrouver dans une autre pièce tellement il était tendu. Kagami ignorait si c'était la présence de son ancienne lumière qui le mettait dans cet état, ou si c'était bien lui la raison de tous ces tracas. Dans tous les cas, la situation actuelle ne lui plaisait guère et il sentait que pour que tout cela se dénoue véritablement, il leur faudrait du temps et de la patience. Car même après cette conversation, Taiga sentait que rien ne serait parfaitement comme il avait pu le connaitre auparavant.
- Disons plutôt, déclara mollement le bleuté, que ces derniers jours ont été…
- Compliqués ? Suggéra son ami en haussant une épaule.
- Ce n'est pas le terme que j'emploierai.
- Dis simplement que c'était le bordel, lâcha le métis non loin, son verre toujours à la main.
- Merci Aomine-kun.
- Il n'a pas complètement tort.
Le regard de Tetsuya sembla transcender son coéquipier, comme s'il voulait lire au plus profond de son être. Le rouquin n'appréciait jamais réellement cette façon de faire de son ami, son regard le gênant plus qu'autre chose seulement, il ne valait mieux ne pas couper l'adolescent dans sa réflexion et attendre qu'il ne s'exprime à nouveau. Kagami avait déjà eu le malheur d'interrompre le cours de ses pensées une fois pendant un entrainement et son capitaine lui avait bien fait sentir que cela ne lui avait guère plu.
Les secondes s'écoulèrent, rapidement, durant lesquelles Kuroko observa son camarade puis son ancienne lumière. Les deux garçons échangèrent à leur tour un regard, soucieux jusqu'à ce que leur ami ne s'exprime à nouveau, les laissant pensifs.
- Vous êtes réconciliés on dirait, finit par dire Tetsuya.
- Je ne dirais pas ça… souffla Kagami après un temps.
- Moi non plus… rajouta la panthère tout en passant sa main sur sa nuque.
- Ah ?
Malaise. L'américain retint un soupir, ses perles carmines se posèrent un instant sur son rival qui semblait aussi perplexe que lui. Fallait-il vraiment qu'ils reviennent là-dessus en présence du bleuté ? Kagami grimaça, peu coopératif.
- On est obligé d'en parler ? Lança-t-il alors ?
- Vous n'allez pas en parler ?
- T'es pas vraiment concerné, grommela Daiki en soupirant.
- Je peux vous laisser aussi, rétorqua le bleuté, un peu agacé.
- Vous êtes chiants les gars sérieux …
Le soupir du tigre calma quelque peu le jeu entre les deux autres adolescents, ceux-ci cessant de se fixer en chien de faïence. La tension n'était pas monté d'un cran, bien heureusement, Kagami la trouvant déjà assez forte comme ça alors qu'ils n'avaient pas dit grand-chose. Il pouvait comprendre l'inquiétude de son ami, après tout, ils ne lui avaient rien dit et le jeune homme était resté sagement dans le flou sans plus poser de questions. Il était normal que maintenant que les deux abrutis qui lui servaient d'amis étaient dans sa chambre, Kuroko souhaite davantage de réponses à ses interrogations. Personne ne pouvait lui en vouloir et personne ne lui en voulait. La situation était juste trop instable et précaire encore pour qu'ils puissent aborder le sujet sans que cela ne fasse de vague.
Ses doigts s'emmêlèrent à ses mèches couleur feu tandis qu'il retenait un faible soupir, ne sachant vraiment que dire. Bien sûr qu'il souhaitait s'expliquer convenablement avec les deux jeunes hommes seulement, la journée qu'il avait passé commençait à lui peser sur les épaules et la fatigue qui le harassait était de plus en plus persistante. Cela ne se voyait peut-être pas encore sur ses traits mais bientôt, Kagami aurait juste envie de s'étaler quelque part et dormir tout son soûl. Mais sûrement que son état fut perçu par le garçon à sa gauche puisqu'il prit la parole avant même qu'il ne prononce le moindre mot.
- Y'a pas grand-chose à dire, déclara le métis, le plus simplement du monde. On en a déjà parlé.
- Mais ? Renchérit Kuroko, perplexe.
- Tu peux arrêter de jouer les entremetteuses s'te plait ?
- J'aimerais bien que mes deux meilleurs amis ne se fassent pas la gueule tu vois.
Une seconde de silence s'écoula. Puis une autre avant que les deux rivaux ne fixent le jeune homme qui les hébergeait avec étonnement, le surprenant à son tour. Ils avaient bien entendu là ?
- Je peux te prendre dans mes bras ? Lâcha Aomine.
- Non ! s'insurgea alors l'ombre.
- Je sais pas comment je dois le prendre.
- Tu peux te répéter s'te plait ? Reprit Taiga, à présent sorti de son ahurissement.
- Vous n'avez pas bientôt fini ?
Un petit rire échappa au tigre qui reprit un gâteau, soudain bien moins stressé qu'auparavant. La tension était retombé d'un coup, Aomine marmonnant comme un enfant boudeur à côté de lui tendit que Kuroko donnait vraiment l'impression de vouloir les tenir, comme les petits monstres qu'ils étaient. L'atmosphère devint plus tranquille, pour le plus grand bonheur de l'américain qui souriait à présent à l'entente des remarques du métis à côté de lui.
- Comment elle fait ta gonzesse ?
- Comment ça ? Sourcilla le bleuté, le nez à nouveau dans son verre.
- Bah t'es pas tactile, tu veux pas coucher…
- Non mais… surenchérit Kuroko, vexé.
- Tu sais ce que c'est une conversation ? Lâcha Kagami d'un ton moqueur.
- Je t'ai rien demandé Bakagami.
- Bah fermes-la au lieu de dire de la merde Ahomine.
- Je t'emm…
- Ça ira.
Le ton sec du capitaine de Seirin coupa court à la dispute en devenir des deux adolescents, son regard lourd de sens les stoppant dans l'instant. Le métis s'en retourna finir son verre tout en grimaçant, mécontent de n'avoir pu malmener davantage son ancienne ombre pendant que l'américain reprenait sa dégustation silencieuse des cookies qu'il avait presque fini. Fallait-il dire aussi qu'il n'avait pu s'empêcher de manger tout le long de leur échange, signe avant de stress mais également, de soulagement. Mais on pouvait aussi dire que Kagami ne cessait de manger, qu'importe la situation, ce qui n'était pas complètement faux.
- Bah vous êtes réconciliés on dirait.
La remarque prononcée avec neutralité du bleuté fit réagir les deux autres lycéens qui se lancèrent une œillade un peu étonné. Réconciliés n'était pas le mot que Kagami aurait employé. Il était toujours assez mal à l'aise en présence du métis et c'était dire qu'il avait encore du mal à passer l'éponge sur sa bourde. Il sentait assez bien que sa rancune ne s'apaiserait aisément mais il pouvait tout de même se tenir dans la même pièce qui lui sans avoir envie de lui mettre son poing dans la figure. Il fallait croire, qu'en quelque sorte, ils étaient réconciliés. Bien que le rouquin savait parfaitement que les choses ne seraient plus jamais réellement pareilles entre eux.
- … On dirait, finit par lâcher Aomine tout en détournant ses yeux du tigre.
- Je suis rassuré dans ce cas-là, souffla l'ombre dans un sourire.
- Faut pas t'inquiéter autant tu sais, marmonna Taiga tout en mâchant son cookie.
- Après ce que tu m'as dit l'autre jour…
- Oui bon…
- L'autre jour ?
Les pupilles couleur marine se reposèrent sur l'américain qui de nouveau, se sentit de trop dans la pièce. Mais pourquoi fallait-il que Kuroko remette toujours les sujets compliqués sur le tapis ? Il était crevé, ne pouvait-il donc pas le laisser tranquille. L'As de Seirin retint une plainte, manqua de s'étouffer avec sa pâtisserie avant de reprendre contenance et lancer des éclairs grâce à ses iris sur son coéquipier et ami. Fichue capitaine de mes deux !
- Et bien… commença à bafouiller l'adolescent, comment dire…
- Ca a quelque chose à voir avec ton ex, c'est ça ? L'interrompit Aomine, le regard blasé.
- Comment tu es au courant de ça ? S'étonna le bleuté, les yeux grand ouverts.
- C'est venu sur le tapis.
- Oh.
Les oreilles du rouquin avaient doublé en température et certainement qu'elles devaient être aussi rouge que la racine de ses cheveux à ce moment-là. Un traquenard. C'était un putain de traquenard ! Et vu comment les deux basketteurs le fixaient avec insistance, il n'y avait aucune échappatoire possible. Kagami était coincé et dans l'obligation de parler. Ses pensées se bousculèrent dans sa tête à toute allure, la soirée précédente et la journée qui se terminait presque repassant comme un vieux film sous ses yeux. Comment il allait faire pour se dépêtrer de ce sac de nœud ?
Déglutissant, Kagami se redressa un peu avant que ses yeux ne fassent la navette entre les deux jeunes hommes l'encadrant. Il ne pouvait pas non plus tout raconter. Pas sa soirée en tout cas. Pas tout de suite. Nouveau malaise. Kuroko semblait surtout vouloir savoir comment il se sentait par rapport à son ancien petit-ami. Autant se concentrer sur ça. Sur ça et rien d'autre. Pas la soirée précédente. Taiga eut un coup de chaud. Ce n'était vraiment pas le moment pour y penser.
Reprenant contenance, le tigre prit une grande inspiration avant de souffler un bon coup et raconter ce que son ami voulait entendre. Son interrogation sur son ancienne relation, qui était toujours d'actualité, sa rencontre avec Mizuki au terrain de basket, l'arrivée d'Aomine et leur périple jusque dans le square. Cette sensation qui lui tiraillait les entrailles mais qui en même temps, commençait enfin à s'estomper et cette envie d'être tranquille, de ne plus penser à Kenshiro, que tout cela ne soit qu'un souvenir non douloureux. Tant de pensées que Kagami exprima par la parole, sous le regard de son ami et son rival qui ne l'interrompirent pas une fois. Ils attendirent qu'il ait terminé, le rouquin les remerciant mentalement pour cela.
- Voila, finit par dire l'américain avec gêne.
- Du coup, tu as vu l'ex de ton ex, Mizuki ? reprit Kuroko, pensif.
- Ouais.
- Le mec qui t'a embrassé t'à l'heure ? Rajouta Daiki, tout aussi concerné.
- Hm…
- Mais qui n'est pas celui qui t'a fait ces… commença le métis.
- Non.
- Bah c'est qui alors ? Sourcilla le capitaine de Seirin, perplexe.
- En quoi ça vous regarde ? Rechigna Taiga. C'était pas le sujet.
- Curiosité ?
- Ouais bah foutez-moi la paix.
- Aller, racontes, insista la panthère. Et on raconte chacun un truc ?
- Pardon ?
- Bah tiens, commences Tetsu.
La bouche du jeune homme resta ouverte comme l'aurait fait une carpe hors de l'eau, son expression étant partagée entre l'ahurissement totalement et l'incompréhension sourde. Le métis n'était pas sérieux là ? Il n'allait tout de même pas s'adonner à un jeu pareil pour arriver à ces fins, non ? Puis Kuroko se rappela le concours et son visage se décomposa. C'était tellement le genre d'Aomine.
- Euh… réfléchit le bleuté, peu à l'aise. Et bien…
- Et nous parle pas de ton asexualité(*), le coupa l'As de Tôô, catégorique.
- On est déjà au courant, renchérit Kagami avec flegme.
- … ok. Et comment ça se fait ?
- C'est écrit sur ton front ?
- Sérieusement ?
- Ça se ressent en fait, déclara le roux, comme pour reprendre la bourde de son rival.
- J'sais pas comment expliquer, ajouta l'adolescent. Bon bref, racontes un truc.
- … et bien…
Les traits de l'adolescent se fermèrent quelque peu, Kagami sentait que le situation ne l'enjouait pas du tout. Après tout, cela ne plairait à personne de se voir forcer d'avouer une chose sur elle et encore moins Kuroko Tetsuya. Seulement, il savait aussi que le jeune homme souhaitait l'entendre parler de ce qu'il avait dans le cou, sa curiosité et son envie de toujours être sûr que le rouquin aille bien étant plus fortes que le reste. Un soupir monta dans la gorge du roux qui observa le métis non loin, le jugeant sans vergogne du regard. Satané imbécile.
Pour autant, malgré son air contrit et son regard noir fixé sur Aomine, le bleuté se racla la gorge, prêt à parler. Les oreilles des deux autres s'ouvrirent en grand, attendant avec patience la déclaration du plus petit. Qui n'eut pas les réactions escomptées par l'ombre de Seirin.
- On a sauté le pas… avec Chizuru.
- Et ?
- Bordel Aomine…
- Non mais ça allait arriver à un moment ou un autre, se justifia la panthère. Faut qu'il complémente là.
- Et c'était pas génial…
Les joues de Tetsuya étaient aussi rouge que des pivoines, son embarras se faisant même sentir jusque dans la moelle de sa lumière. Il avait même du mal à les regarder, ne sachant sous se mettre. Peut-être sous le lit, là où on ne pourrait le voir et où il pourrait être tranquille. Quand, alors, vint les remarques de ses amis.
- C'est jamais ouf la première fois.
- M'en parles pas.
Les prunelles claires se relevèrent, découvrant le air à la fois sincère et amusé des deux lumières qui lui faisaient face. Ils ne s'étaient pas moqués, n'avaient pas ricané, ou fait de remarques désobligeantes. Ils avaient seulement relevé un point qui semblait être bien plus commun qu'il n'y paraissait, rassurant le jeune homme qui rougissait moins. Bien que sa peau soit toujours aussi rouge d'embarras.
- Vous êtes moins lourds que d'habitude, dit l'adolescent, plus calme qu'auparavant.
- Sympa, lâcha le métis en faisant la moue.
- Faut avouer que t'es pas tendre avec lui, sourit le tigre.
- Oui bon…
Les lèvres de Kuroko laissèrent échapper un petit rire amusé, arrachant un sourire à son coéquipier qui se sentit bien plus à l'aise en le voyant ainsi. Cela devait faire un moment qu'ils n'avaient pas passé une après-midi aussi tranquille à juste discuter ou jouer au basket. Alors voir son meilleur ami ainsi avait le mérite de le réconforter. Même la présence d'Aomine tout près de lui ne le dérangeait plus trop, bien que la panthère soit toujours aussi graveleuse et directe. Pourrions-nous dire que cela faisait partie de son charme ? Peut-être. Mais ça restait à prouver.
Celui-ci continuait d'ailleurs de piquer les gâteaux entreposés sur l'assiette presque vide, Taiga lui piquant le dernier avec un sourire malicieux à quoi le métis répondit par un grognement mécontent. Le propriétaire de la chambre les observa quelque peu amusé tout en buvant lentement sa boisson sans prononcer le moindre mot. Il en avait assez dit pour l'instant et ne souhaitait pas s'exposer davantage. C'était déjà un miracle que ces deux lascars n'aient pas fait plus de remarques alors autant ne pas attirer l'attention un peu plus.
- Bon, souffla soudain le tigre, une fois son gâteau totalement mastiqué. À ton tour Aho.
- Ok.
Un grand sourire s'afficha sur les traits du lycéen qui, tout pompeux, se mit bien droit pour annoncer ce qu'il avait à dire. L'ennui commençait déjà à peindre la face des deux autres jeunes hommes, désabusés par avance de ce qu'allait bien pouvoir leur dire l'As de Tôô. Et ils ne furent pas déçus et passablement surpris.
- J'ai rêvé que je couchais avec Akashii.
Il y eut un temps d'arrêt avant que Kuroko n'ouvre la bouche en grand, sa main venant ensuite s'écraser contre son visage pendant que Kagami haussait un sourcil abasourdi, un « Quoi ?! » ahuri quittant alors sa gorge. Choses qui accentuèrent le sourire goguenard de l'autre.
- C'était dément, ajouta-t-il, tout fier.
- Ok, je ne veux pas savoir, lâcha Kuroko, l'air choqué.
- Moi non plus, compléta le rouquin sur le même ton.
- Vous n'êtes vraiment que des prudes.
Daiki laissa une moue déçue apparaître sur ses traits boudeurs pendant qu'il reprenait une posture plus nonchalante. C'était limite s'il ne s'étalait pas sur les coussins, à même le sol, pour manifester son mécontentement. Le regard de son ancienne ombre l'enjoigna cependant à ne pas faire plus de vague que cela, une nouvelle grimace se dessinant sur ses lèvres quand son regard se perdit sur le rouquin qui était toujours totalement sous le choc. Après tout, le métis venait de leur avouer qu'il avait, en quelque sorte, des vues sur son ancien capitaine. Akaashi Seijuro… Un frisson le parcourut en imaginant la scène – frisson à l'origine indéterminée – quand au bout de quelques secondes, il se rendit compte des billes sombres et marines de la panthère plantées sur lui. Kagami déglutit, mal à l'aise tandis qu'Aomine lui, souriait d'un air espiègle.
- Alors ?
C'était son tour. Son tour. Le rouquin sentit une goutte de sueur perler dans son dos brûlante, sa main passant sur sa nuque sous la gêne et l'inconfort qui l'habitaient soudain. Bon sang, c'était son tour. L'embarras se lisait sur son visage quelque peu rougi, ses perles carmines allant un instant se poser sur son coéquipier et capitaine pour vainement chercher de l'aide avant de se reposer sur la table basse au centre de la pièce. Des secondes s'écoulèrent, longues et lentes quand finalement, ses lèvres se mirent à se mouvoir, maladroites et incertaines.
- On a passé la nuit ensemble… avec Ats… Murasakibara…
Il avait passé la nuit avec Atsushi. Toute la nuit. Et la matinée aussi. Le géant était venu chez lui, à l'improviste, l'avait presque engueulé avant qu'il ne rétorque avec force. Et qu'il se passe ce qu'il s'était passé. Kagami avait lui-même du mal à y croire. À se dire qu'il avait couché avec le pourpre et ce, le plus naturellement du monde. Ça s'était fait comme ça, sans qu'ils ne contrôlent quoi que se soit, sans qu'ils y songent vraiment. Ça s'était juste passé. De nouvelles rougeurs apparurent sur les pommettes de l'américain qui ne savait pas du tout où se mettre. Peut-être sous la table. Ou sous le lit. Non, il était trop grand pour rentrer sous le lit. Et Daiki cachait le passage y menant. Avec son petit air de fouine et son sourire dérangeant. Kagami tiqua, ennuyé.
- Atsushi hein ? Siffla la panthère, amusée
- Je me disais bien qu'il était bizarre, déclara soudain Kuroko, comme sortie de nulle part.
- Sans commentaire, coupa le joueur de Seirin, toujours aussi mal à l'aise.
- Il n'est pas venu à l'entraînement aujourd'hui, continua l'ombre, comme si de rien était.
- Ceci explique cela, répondit le métis avec flegme.
- Ça ira non ?
Il y eut un petit rire de la place de l'ancienne lumière qui continua de le taquiner du regard, Kagami l'ignorant du mieux qu'il put tout en finissant son verre. Tetsuya lui n'ajouta rien lui, observant simplement comme il le faisait toujours. Mais le silence qui s'installa alors ne plus guère à un curieux toujours affalé sur le sol. Un sourcil rubis se leva sur le visage dubitatif de dunker qui lorgna la panthère quémandeuse de plus d'informations. Et puis quoi encore ?
- Et c'est tout, déclara le roux avec véhémence.
- Mec !
- Non mais tu vas arrêter de vouloir tout savoir ?! Je vais pas te raconter non plus !
- T'es franchement pas cool, rechigna Aomine, boudant presque. Déjà que j'ai du mal à voir ce grand benêt en actif.
- On a compris.
- Non mais racontes là !
- J'ai dit non !
Une dispute éclata alors, sous les yeux désabusés de Kuroko qui les laissa se chamailler à leur guise, son verre vide retournant sur la table basse. Ses deux lumières passèrent les minutes qui suivirent à se prendre le chou, sans même voir la grand-mère de leur hôte repasser leur servir des gâteaux et du thé, ni voir l'heure qui défilait sans qu'ils ne le sentent passer. Ils ne firent même pas attention au bleuté qui souriait tout en les regardant se bouffer le nez, souriant parfois, soupirant plus qu'autre chose, les observant vider l'assiette de cookies, comme si de rien était. Le genre d'après-midi qu'ils avaient déjà vécu et qui se déroulaient avec une facilité déconcertante, Kuroko se demandant même s'il y avait pu y avoir un froid entre les deux jeunes hommes.
Oui, c'était presque une après-midi normale, qui se poursuivit sur un début de soirée qui surprit les deux bagarreurs qui, embarrassés, demandèrent à passer la nuit chez leur ombre. Comme souvent. Trop souvent. Et comme à chaque fois, le capitaine de Seirin accepta en soupirant, récoltant des sourires et des remarques désobligeantes, récompenses pour héberger ces deux nigauds qu'il appréciait beaucoup trop. Une soirée comme une autre qui, lentement, effaçait les dernières querelles et déboires, pour laisser place à autre chose. Quelque chose de semblable à avant. Presque semblable. Après tout, Kagami avait tout de même couché avec Murasakibara !
* : pour ceux qui l'ignorent, l'asexualité est l'état d'une personne (asexuelle) qui ne ressent pas d'attirance sexuelle pour une autre personne et/ou pour elle-même (on dit merci Wikipédia pour la def. Mais vous trouverez bien plus de trucs en cherchant bien sur internet ;)
