Bonsoir tout le monde !
:)
Voici à présent le chapitre 6, et un grand tournant attends nos deux protagonistes )
D'où le soudain rating M huhu
Savourez bien et n'hésitez pas à commenter (encore merci à ceux qui le font :D)
Île Flottante
Quelques secondes passèrent, durant lesquelles Hannibal fixait devant lui. Will les laissa passer, et se redressa, ramenant ses genoux contre son torse. Ses joues rougies, son souffle encore court, et ses yeux brillants indiquaient soudain une forte gène.
« Je ne sais pas… si je suis... » commença t-il.
Hannibal ne le laissa pas finir.
« Tu sais, quand j'étais à l'internat, » dit-il d'une voix monotone, demeurant dans sa position, stoïque « à peu près à ton âge, » continua t-il avant de tourner son regard vers l'adolescent, « j'ai tué un garçon. »
L'adolescent sursauta, ne s'attendant certainement pas à ça. Un frisson glacial parcouru son échine et il se crispa sensiblement. Pourquoi Hannibal lui disait ça maintenant ? Un désir de fuir courru dans ses veines. La poésie s'effondra brusquement autour d'eux, et les ombres riaient probablement dans le dos de Will. Il se sentait dupé.
« Co-comment ça ? » Sa voix tremblait et il souhaitait que cela ne transparaisse pas.
« Un accident, j'imagine ? »
Le regard de l'étudiant en médecine ne laissait rien transparaitre, et sa voix restait totalement sous contrôle, alors Will prit une profonde inspiration, luttant pour le soutenir.
« Ca veut dire quoi, j'imagine ? » Ces mots ne ressemblaient pas à un discours de Hannibal, il n'y avait jamais de doute ou de questionnement dans ses paroles. Et puis, peut-on douter d'avoir tué quelqu'un par accident ? Will ne voulait pas se laisser faire sur ce terrain, il voulait montrer de la force, de la résistance, après cette soumission génante sur les jambes même de l'homme qui se tenait près de lui. « Pourquoi vous me dites ça maintenant ? »
La bouche de Hannibal s'étira en un petit sourire en coin. Brusquement, une sorte de colère s'éleva en Will. « Est-ce que vous vous foutez de moi, c'est ça ? »
Hannibal laissa finalement aller un petit rire. « Peut-être, mais à propos de quoi ? » dit-il en haussant les sourcils. Il jouait, de manière provocante cette fois. Cela n'amusait plus vraiment le jeune homme. Pourquoi Hannibal lui faisait ça, maintenant ? S'était-il moqué de lui avec cette approche, quelques minutes avant ? Se moquait-il de lui maintenant ? Qu'y avait-il de drôle à malmener quelqu'un ?
Puis l'adulte se leva soudain. « Je vais te cuisiner quelque chose, ça dissipera la drogue. »
Et il quitta la pièce. Alors cela positionna l'adolescent face à de nouveaux questionnements : tout ce qui venait de se passer s'était-il passé ? Oui, sûrement il n'y avait pas d'hallcinations avec la marijuana, n'est-ce pas ? Hannibal essayait probablement de le plonger dans une confusion plus profonde. Il en conclut que c'était simplement frustrant et pas du tout amusant, et interpella le chien en tapotant ses cuisses.
Dans la cuisine, Hannibal fouilla les divers rangements à la recherche de quelque chose d'agréable à marier et déguster. Une recherche vaine qui lui fit lâcher plus d'un soupir. Il ignorait s'il pouvait cuisiner réellement à partir de quelques pâtes et de chocolat. Tout comme on ne s'improvise pas cannibale (des entrainements répétés sur le choix des morceaux, la cuisson, et le goût pour l'association -choses qui ne s'apprennent pas sur internet) il ne pouvait s'improviser cuisinier de survie. Alors quelques pâtes natures feraient l'affaire.
En regardant l'eau chauffer, il se mit à laisser resurgir les souvenirs de la première victime qu'il avait préparée. Cela ne remontait pas à très longtemps, car, seulement âgé de 28 ans, et considérant les années tranquilles après la vengeance des meurtriers de Mischa, il n'était en fait pour l'instant qu'assez novice en matière de cannibalisme. Tout comme il était assez novice en matière de sexe.
Bien que le meurtre et le sexe soient deux pratiques proches, par la sensualité, la sauvagerie et la passion de l'acte, et contrairement au commun des mortels, pour lui le meurtre était une pratique plus courante. Soulager les pulsions sexuelles n'était que rarement réalisé par un autre individu (vivant en tous cas). Et il considérait cela dommage, car, assoifé de sang, il pouvait aussi l'être en matière de sexe et de jouissance. L'extase charnelle conduit à une satisfaction proche de celle du dernier soupir d'une victime. La libération et le soulagement s'approchent de ceux ressentis par la mort arrivante, alors faire jouir quelqu'un peut coincider avec donner la mort. Il sembla à Hannibal que cette idée était pour le moins brillante. Il ne pouvait pas tuer Will -pour le moment- mais il pouvait peut-être alors partager avec lui des jouissances répétées ?
L'eau se mit à bouillir et il glissa une poignée de spaghettis dedans.
Dans le salon, une odeur de fumée de cigarette saturait déjà l'air. Will, allongé sur le canapé, caressait le chiot : son nouvel ami, fidèle et intrahissable. Il réfléchissait à un prénom pour échapper aux questions bien plus présentes et pressantes au sujet de la sexualité, de Hannibal et de la situation. Will n'avait jamais eu d'attirance envers le même sexe, et il préférait tout faire pour ne pas penser à cela maintenant. D'ailleurs, il se rendit compte que le chien était probablement une femelle.
« Alors, comment tu veux t'appeler ma belle, hm ? » dit-il en souriant, expirant de la fumée sombre. La chienne remua la queue pour toute réponse.
« Rosie ? Cynthia ? Eleonore ? Chouquette ? Belette ? Cappuccino ? »
« Kali. »
Will eut un sursaut qui se communiqua à la chienne. Il en avait oublié la présence de l'adulte, et il leva rapidement la main pour chasser la fumée, regrettant immédiatement son geste car après tout, il était chez lui, et il faisait ainsi ce qu'il voulait, décida t-il. Alors il tira une nouvelle bouffée provocatrice, puis haussa une épaule et regarda la chienne dans les yeux.
« Kali ? » demande t-il, et la chienne jappa et remua la queue de plus belle.
« Une déesse mère protectrice de l'Hindouisme, » ajouta Hannibal, s'appuyant contre l'encadrement de la porte. « Une déesse detructrice aussi, destructrice du mal. Elle détruit les démons en buvant leur sang, voire en les dévorant… Prête à tout pour protéger. »
Will eut une légère grimace. « Sans le côté gore, ça sonne très bien. »
Hannibal sourit en coin. « La cruauté est nécessaire pour restaurer le bien. »
« Il n'y a pas de cruauté chez ma chienne, » lança t-il avant de se redresser pour écraser sa cigarette. D'une main, il gratouilla la chienne. « Alors tu seras Kali ? Ca lui plait. » Puis il tourna sa tête aux cheveux ébouriffés vers l'étudiant en médecine. « Merci pour elle, Hannibal. »
Il eut un hochement de tête pour réponse, et Hannibal repartit pour finir de cuisiner.
Plus tard, à l'extérieur, le vent sifflait désormais puissamment, au milieu d'ombres envahissantes. Le charme du soleil avait laissé place à une nuit scintillante d'étoiles minuscules dont le pourtour vibrait.
Les deux hommes, sur une futur pente glissante, avaient terminé leur diner, et la chienne découvert son petit jardin, ravie et soulagée d'avoir un foyer et un maitre affectueux. Dans la maison, l'ambiance se détendait doucement à mesure que les deux individus relachaient leur comportement provoquant. La tension diminuait, et les muscles de l'adolescent le faisaient moins souffrir.
« Vous travaillez demain ? » demanda soudain Will, sans vraiment d'idée en tête mais simplement pour discuter.
« Oui, je vois des cas cliniques de patients en psychiatrie. »
« Des cas plus compliqués que moi ? » demande Will avec un léger et doux rire.
Hannibal sourit en coin et lui jeta un regard. « A quel point juges-tu ton cas ? »
Une hésitation traversa l'adolescent, et il hocha ses minces épaules.
« Voudrais-tu que je sois ton psychiatre ? »
« Ai-je besoin d'un psychiatre ? » lâcha Will, tournant également ses yeux vers le futur docteur.
Hannibal sourit davantage, et éloigna le cendrier sur la table basse. « Tu as surtout besoin de compagnie. »
« Êtes-vous cette compagnie, alors ? »
« Je t'ai offert un chien. » Le ton était plus sec, et blessa évidemment l'adolescent. Avant qu'il ne put répondre, Hannibal reprit. « Mais les chiens sont dénués de parole. »
« Je ne veux pas... , » hésita Will, puis il gratta la peau de son avant-bras, avec un son spécifique aux ongles qui frottent la chair. « Je ne veux pas que vous ayez pitié. »
« La pitié n'est pas une de mes plus proches amies, tu peux en être certain. »
Soudain, un volet claqua brusquement avec un bruit de bois et métal. Will frissona.
« Ne réfléchis pas trop, William, » ajouta Hannibal, puis il se leva soudain et lissa sa chemise. « Je vais rentrer, maintenant. »
Le jeune homme, légèrement surpris, se redressa aussi et ne sut pas tout de suite quoi dire. Ils n'avaient pas parlé de ce qu'il s'était passé, et cela lui brûlait la langue, bien que ça l'effrayait aussi. Il voulait savoir ce qu'il s'était passé, savoir si l'homme cherchait à le séduire, loin de se douter que l'assaut portait surtout en son sein un désir pur de violence. Devait-il s'éloigner d'un homme qui cherchait peut-être à le séduire ? Devait-il le repousser ? Mais Hannibal lui faisait tant de bien, qu'il serait idiot de le rejeter. Pourquoi Hannibal avait-il fait ça, ça allait tout gâcher, non ? Devait-il se méfier ? Mais, lui-même, n'avait-il pas aussi ressentit de l'excitation et du désir ? Cherchait-il lui-même à inhiber ce désir en rejettant la faute sur l'adulte ? Will détestait cette manie d'avoir toujours mille questions en tête, ça le rendait malade, et aucune vraie réponse ne se présentait il n'avançait pas et stagnait, tournait en rond dans son propre crâne, en proie aux traumatismes et aux émotions que les autres profitaient à jeter en lui par les ouvertures laissées entre les questions, dans la perdition. Et cela l'empêchait d'avoir une conversation normale avec un individu, car, perdu en son propre lui, il oubliait ce qui se disait, ce qu'il fallait dire, comment exprimer les choses. Et un grand manque de pratique le lésait davantage.
« Hannibal, je ne sais pas si je suis… » Il réitéra la tentative de tout à l'heure, et abaissa son visage vers le sol. « Hom-homose... » Le radical 'sex-' avait décidément bien du mal à franchir la barrière de ses lèvres.
Alors il vit une main s'approcher de lui, puis la sensation douce d'une peau se glissa contre son menton. Il frissona et s'en voulut.
« Homosexuel ? »
Bouche-bée, aucun son ne put sortir et il hocha la tête de manière idiote, dans l'incapacité de regarder l'homme face à lui. Les doigts glissèrent sous son oreille et un rougissement brûlant envahit ses joues. Il se sentait comme une petite chose sans véritable structure, sans prise de décision, victimisée par le contact humain. Il était si rarement touché que, malgré le peu de convictions qu'il pensait posséder, il était impossible de reculer. Il brulait de besoin pour du contact.
Le pas en avant que fit ensuite le prédateur l'inquiéta. Car l'adolescent savait qu'il ne pourrait contrôler la suite des événements, il ne pourrait pas le pousser facilement. Il avait une envie forte de faire également un pas en avant, autant que celle de le faire en arrière.
Les doigts continuèrent leur course le long de sa nuque. Il était si agréable et doux d'être caressé ici, là où de doux petits cheveux se dressaient contre la main, pour les appeler à plus, pour être aggripés. Et la main exerça une légère pression, ferme et suffisante pour l'obliger à redresser son visage vers le haut, vers celui taillé à la serpe de l'homme mûr devant lui.
Ses yeux s'y ancrèrent, confus, subtilement humides, et à travers ses lèvres fines entrouvertes passait un souffle court. Les milliers de questions fusaient à travers sa tête. Si près de lui, le même visage que tout à l'heure, désireux, fiévreux et glacial à la fois, stoîque mais peut-être chargé d'émotions, fort et foutrement désirable. Will sentit ses propres mains moites se mettre à trembler et lorsque la bouche particulière de Hannibal s'approcha, ce ne fut que pour se poser sur son front. Il sentit à la fois du soulagement et une déception le traverser, et s'en voulut pour le côté déçu. Il ferma ses yeux, prit une grande inspiration, puis enfin, une décision.
Il fut presque fier de sentir un sursaut chez Hannibal lorsqu'il posa ses deux mains sur les flancs de l'adulte. Avait-il réussit à surprendre celui qui n'était pas surprenable ? Mais ses propres mains ne se glissèrent que dans le dos large et puissant du futur psychiatre, afin de l'enlacer et de se serrer contre lui. Ainsi, il se blottit et trouva que c'était la parfaite alternative : donner lui-même un câlin qui passait pour amical, et brisait l'assaut intraitable de Hannibal. Il entendit un soupir (soulagé ou déçu?) au dessus de son crâne, et Hannibal lui rendit l'étreinte. Une étreinte qui dura un temps assez long, mais qui semblait nécessaire. Qui allait la briser ?
Ce fut finalement Hannibal, et Will n'osa pas le regarder après ça. Il resta là et entendit bientôt la porte claquer brutalement derrière le médecin, à cause d'un coup de vent. Dans son propre corps, le vent sembla souffler également.
Ce soir-là, il avait mis des heures à s'endormir, après des dizaines de cigarettes consommées dans un état agité. Et même la nuit était sans repos, car des rêves étranges le bousculaient. Actuellement, un rêve chargé de couleurs pulverisait son crâne. Il était difficile de dire avec précision de quoi il était question ici, mais la présence de couleurs vives était une chose très positive. Bizarrement, son corps suait légèrement et la couverture ne couvrait que ses jambes amaigries.
Il remuait de temps en temps, et tout cela sous le regard d'un prédateur se tenant dans le coin de la pièce en désordre et saturée d'odeurs. Hannibal n'était jamais sortie de la maison, et il se tenait là depuis un petit moment déjà, le regard brillant. Cela faisait des semaines qu'il n'avait pas mis les pieds à l'intérieur de cette chambre d'adolescent, et il se souvenait avec précision de la rencontre forte avec le jeune homme brisé au sein de cette pièce. Lorsque, prenant la place de la faucheuse et du prête, il avait décidé de bousculer la vie de cet être. Et il ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin. Alors, finalement, il avança silencieusement sur le vieux parquet, en chaussettes. Au bord du lit, il contempla les courbes du jeune homme en caleçon : des os saillaient à plusieurs endroits, et il n'y avait décidement pas assez de viande sur ce corps là. Mais l'idée ici n'était pas de le manger. L'idée ici était de l'agiter de sensations et d'émotions.
Lentement, il s'accroupit près de la tête de l'adolescent et fixa le visage endormi de ce dernier. Un visage tendu mais plus serein qu'à l'habitude. Un visage qui allait rapidement changer d'expression. Alors Hannibal se releva, fit le tour du lit et déboutonna tranquillement sa chemise. Il ne voulait pas non plus traumatiser Will, alors il garda son pantalon. Son torse blème et parfaitement dessiné luisait à la lueur de la lune.
Tranquillement, il se glissa près de l'adolescent.
Désormais, c'était à sa nuque qu'il faisait face. Une nuque dont il inspira la peau après s'être penché. Les odeurs que dégageaient Will étaient toujours incroyables des senteurs de perdition, de peur, des saveurs mélées d'enfance et d'adulte, des senteurs de cigarette et de légère transpiration la transpiration décuplait l'odeur naturelle et rendait l'arôme fantastique. Hannibal posa ensuite une main sur le flanc de Will. Cela ne le réveilla pas. Il ne fallait pas l'effrayer et perdre l'avantage, alors son deuxième bras passa au dessus de la tête de l'adolescent et il glissa ses doigts frais à travers la chevelure du garçon. Cette fois-ci, un soupir se fit entendre. La pression sur sa hanche s'accentua, afin que la garçon ne puisse s'échapper tout de suite. Tendrement, il continua de caresser ses cheveux et pensa au jour où il pourrait croquer cette chair jusqu'au sang.
Sous son pantalon, son sexe se gonfla chaudement.
Ses carresses descendirent vers le cou de Will, et ce dernier se tortilla. Lorsqu'il toucha son épaule, un sursaut éveilla l'adolescent brusquement et un cri lui échappa.
Son corps chercha à se tourner et ses yeux croisèrent le regard grand de Hannibal. La stupéfaction le saisit et il demeura littéralement bouche-bée, son cœur battant soudain la chamade. Il ouvrit la bouche pour parler mais Hannibal posa un doux doigt dessus. En contre jour, il ne pouvait pas vraiment discerner l'expression de l'homme. Une angoisse noua son ventre mais il luttait, cherchant à se calmer, fixant les yeux devant lui avec de l'inquiétude.
« Je ne vais pas te violenter, » murmura doucement Hannibal.
Will voulu répondre 'heureusement', mais ne dit rien. Rêvait-il toujours ? Un long frisson parcourut son échine. Osant baisser les yeux, il put s'apercevoir que l'homme était à moitié nu. Le doigt contre sa bouche finit par se retirer, mais il sentait toujours la main sur une de ses hanches, fermement accrochée. Il ne se demanda pas comment Hannibal était là, et avait bien compris que l'homme pouvait surgir n'importe quand, n'importe où. Son cœur battait toujours extrèmement vite et l'inquiétude ne disparaissait pas.
« N-non... »
Tout cela était trop à gérer. Hannibal se rendit compte que Will tremblait. Ce dernier ne sut pas s'il devait se sentir sécurisé lorsque le futur docteur l'enlaça pour l'approcher de lui, ou s'il fallait à présent crier et tenter un rejet. Mais il existait pourtant une certaine sureté ici, à savoir que quelqu'un veillait sur lui même la nuit, période terrible de rencontre avec les démons. Maintenant, il était question de savoir si ce n'était pas le diable qui prenait ce rôle. Mais l'adolescent avait accordé sa confiance en l'adulte, et ceci dès le premier soir alors il se devait de ne pas douter.
Alors il prit une longue inspiration et lorsqu'il expira, ce fut pour chasser les démons dans l'ombre.
Finalement, après ce processus, la paix fit son retour en ce monde, et sa petite tête chevelue s'enfouie dans le cou large de l'homme. Comme pour s'accrocher à la bouée qui semblait le secourir, il attrapa même un des forts biceps entre ses doigts. Trop confus pour penser à des questions d'homosexualité ou de différence d'âge maintenant, au cœur de cette nuit où personne ne verrait rien, car la nuit garde bien des secrets en son sein ténébreux. Cela dit, le versant sexuel s'était éteint de son côté et il ne souhaitait pas aller plus loin que cette étreinte rassurante. Comme l'étreinte qu'il n'avait jamais eu avec quiconque, celle que tout le monde est même censé avoir, bébé, avec ses propres parents.
Mais cela était sans compter sur Hannibal, d'un avis plutôt différent. Alors la bouche qui en avait mangé d'autre glissa contre l'oreille de Will pour l'y embrasser. Will fut troublé et ses ongles s'enfoncèrent plus loin dans la peau du prédateur.
Finalement, il n'était pas si surpris à présent par la tentative de son ainé, et le laissa agir en savourant la douceur de ce baiser, rejettant toute autre pensée ou question invasive qui attaquerait sous ses méninges. Par contre, il lâcha un drôle de bruit aigu lorsque ce dernier approcha ses jambes et qu'ainsi une dure érection couverte de tissu se colla contre ses cuisses nues. Il haleta.
« Hanni-… Je... »
Il ne put répondre car une main venait de se poser sur son propre sexe enfermé. Un gémissement tremblant lui échappa, et il haletait. Jamais personne ne l'avait touché ici et c'était pour tout dire sensationnel. Une des meilleurs sensations probablement jamais ressentie durant sa courte vie, et tout se brouilla dans son esprit alors que son sexe durcissait. Fermant les yeux, ses orteils se crispèrent dans les draps et il se tortilla. Comment pouvait-il arrêter la machine infernale à présent ? Et le prédateur sentit que sa victime venait de flancher.
Alors, les yeux fermés, aggripé à tout ce qui se trouvait à proximité, l'adolescent laissa son ainé lui ôter son vêtement et le masturber. Il ne sut combien de temps dura le processus, peut-être quelques minutes, peut-être quelques secondes. Mais le monde bouillait, et son corps prenait feu à mesure que l'homme exerçait ses caresses. Loin, désormais, toutes les considérations sur l'homosexualité. Loin la méfiance, loin les emmerdes, loin l'enfance. Le plaisir brut et sexuel le saisissait et la jouissance fut éclatante : des milliers d'étoiles explosèrent dans son crâne tandis qu'il éjacula comme jamais auparavant. Une gêne se méla au soulagement en sentant la fontaine de sperme éclater, en sentant l'humidité se déverser. Il se sentit devenir adulte à cet instant précis, et lorsqu'il relacha son corps auparavant cambré sur le matelas, sa respiration était forte et saccadée. Il ne put ouvrir les yeux.
