Bon, je suis malade, du coup bloquée chez moi, et j'ai été inspirée. Voici donc un (long) chapitre, et probablement le dernier. En effet, cette fin me semble parfaite pour cette histoire. Mais je pense ajouter quelques scènes si je me sens inspirée, en quelque sorte des petits 'épilogues', car je me suis attachée à mes personnages :)

Merci à tous ceux qui ont suivi mon histoire, et n'hésitez pas à commencer ce dernier chapitre, c'est toujours constructif d'avoir des retours !

Attention, la fin est... huhuh ;)

Je vous embrasse bien fort, et peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures Hannigram (parce que c'est bon.)

3

Catharsis.

Le commun des mortels fuit l'étrange et le monstrueux. Il tressaille devant un visage dérangeant, devant l'amputation, ou devant n'importe quel 'freak' qui aurait eut sa place dans un cirque au siècle dernier.

Mais le commun des mortels ne tressaille pas autant devant la violence. La violence tire une source en chacun de nous, que nous taisons et tarissons depuis des siècles afin de se conformer à nos sociétés. Par éducation, l'humain n'est plus un animal violent. Et pourtant, ça semble être là un des traits naturels le définissant, à l'état dit sauvage. Aujourd'hui, les humains allument leur télévision et savourent secrètement l'étalage de sang et de cris présenté.

Will ignorait à quel point il existait une source de violence en lui, et croyait même aussi la plupart du temps ne pas en être capable, de violence. Par contre, l'adolescent ne tressaillait pas tant que ça devant le monstrueux, qui toujours a su attisé sa curiosité. Mais le mélange acide et mortel du monstrueux psychologique et de la violence auquel il venait de faire face, dépassait de loin toutes les frontières qu'il connaissait, et ça avait eu raison de lui.

Les ténèbres dans lesquels il avait sombré ne laissaient ni la place aux pensées, ni la place aux rêves. Ce qu'il aurait trouvé dommage, s'il avait pu s'en rendre compte, car il avait besoin de plusieurs jours à consacrer uniquement au flot de pensées et à l'analyse de la situation. En effet, quand le seul ami que l'on pensait avoir, qui était également un sauveur, un père et un amant (la prise de ces statuts avait été incomplète mais rapide) trahissait à ce point toute confiance et s'avérait être un lion sans rancune, il y avait de quoi avoir besoin de réfléchir. Mais Will n'en aurait pas l'occasion pour le moment. Et il savait que ça le rendait sincèrement fou.

Quand Hannibal avait aperçu Will entrer dans la cuisine, quelques regrets l'avaient pincé. Il n'avait pas directement souhaité que l'adolescent découvre tout cela, mais la vérité était qu'il n'avait pu s'empêcher de tuer cette pauvre personne. Normalement, il réfléchissait suffisamment aux conséquences, mais parfois les pulsions étaient incontrôlables. Et lorsqu'elles le sont, la raison se fait submerger et la violence n'a plus de limites.

Hannibal était cela dit tout à fait conscient du fait que la nuit sexuelle qu'ils avaient partagée l'avait plongé dans cet état. La faim qui avait grondé toute la nuit au creux de son ventre et de ses mains, celle qui était entièrement dirigée vers le corps de l'adolescent et tout ce qui s'en approchait, l'avait sans cesse repoussé dans ses retranchements. Et un monstre n'a pas autant de contrôle que cela.

S'il avait tué cette personne, c'était pour ne pas dévorer Will.

Pourrait-il l'expliquer à l'adolescent de cette matière ?

Il n'en était pas convaincu.

Dans tous les cas, même s'il trouvait cela regrettable, il était désormais obligé d'enfermer son protégé quelque part pour ne pas que la situation dérape à son réveil. Il faudrait prendre le temps d'expliquer à Will des choses, et tenter qu'il ne se brise le moins possible. S'il se brisait trop, alors... Il pourrait toujours (et enfin) le dévorer.

Puis Hannibal revint sa décision et décida de ni l'enfermer, ni l'attacher : un défi à lui-même ?

Il avait réfléchit et s'était dit que Will voguait exactement entre deux mondes : celui de l'enfance, symbolisé par l'innocence mais aussi par la cruauté ; et le monde adulte, où il y mettait maladroitement les pieds, n'avançant qu'avec peu d'assurance. Ainsi Will oscillait sans cesse entre les deux, mais il n'était pas encore devenu homme. Alors Hannibal devait profiter de cette brèche ouverte, de cette période transitoire, pour tenter le défi de faire de Will l'homme qu'il souhaitait, de le sculpter (au sens figuré) entièrement. Et la confiance ne pourrait s'installer que s'il n'usait pas de la force.

Alors Will finit par s'éveiller, couché sur son propre canapé, une tasse fumante à l'odeur de fleurs posée sur la table devant lui. Sur le tapis, le chiot était couché. De cette scène suintait la sérénité. Mais malheureusement, l'adolescent se souvint très vite des images terrifiantes et se redressa, totalement en alerte. Un tambourinement sourd remontait jusqu'à ses oreilles : son propre cœur.

Et Hannibal se permit de débarquer le plus naturellement possible dans la pièce, les lèvres légèrement tirées en ce qui pourrait ressembler à un sourire. Mauvaise imitation.

Will l'entendit. En un éclair, il s'était tourné pour regarder l'homme qui s'approchait, à la fois effrayé et confus. Que s'était-il passé, bon sang ? Son cerveau, déjà brouillé au niveau de surcharge, était incapable de reconstituer les événements correctement, ou de piocher dans tous les détails depuis sa rencontre avec Hannibal, tous ces détails qui auraient pu lui montrer la vérité sur l'homme. Le Diable se trouve dans les détails.

Hannibal stoppa son avancée, se figeant soudain au milieu de la pièce. Il ne voulait pas davantage effrayer Will. Dans la poche arrière de son pantalon, un couteau pliable. Valait mieux pouvoir réagir vite si tout venait à être hors de sa maîtrise. Il fixait l'adolescent qui n'osait plus bouger, et avait malheureusement l'air d'un acteur dans une grande performance.

« William, » commença Hannibal, « tu n'as pas à avoir peur. »

Pour confirmer ses dires, il souleva ses mains dans les airs, et tenta un petit pas. L'adolescent ne bougeait toujours pas, en proie à un brouhaha immense dans sa cervelle, si bruyant qu'il voulait foncer droit dans un mur. Ses yeux fixaient Hannibal mais n'avaient pas l'air de le voir réellement ; cependant il entendait ses mots.

« La violence et le crime font partit de chacun de nous. Et résister à l'extrême à ce genre de pulsions meurtrières finit par gangrener l'être. J'ai fait le choix d'être entièrement moi et de ne pas faire semblant. De ne pas me nourrir d'illusions jusqu'à en tomber malade.» Ses mots ne semblaient pas avoir le poids qu'ils auraient dus porter. C'était là naturel et sincère de la part d'un Hannibal même pas trentenaire.

« Tu es jeune, Will, mais je sais que tu es l'un des seuls qui peut comprendre ce que je te raconte. Car tu n'es pas idiot. Si tu l'étais, malheureusement, tu ne serais plus ici à l'heure qu'il est. »

Hannibal esquissa cette fois un sourire sans pouvoir s'en empêcher, pensant à quel point Will était appétissant.

« Ton intelligence, ton élégance et ta personnalité particulière te sauvent la vie. »

Will tressaillit. Bloqué comme il l'était dans une spirale émotive et interne, l'empêchait d'extérioriser quoi que ce soit. Cela le laissait aussi à l'écoute, attentif, et plus apte à gober le genre de discours qu'était en train de lui servir Hannibal. Il avait déjà tout compris, il en était conscient, mais luttait encore un peu pour ne pas le croire.

« Et je compte te protéger, William. »

Un pas de plus en avant, mais toujours aucune réaction de la part du jeune homme. L'écoutait-il toujours, se demandait Hannibal.

« Je suis navré que tu ais eu à voir ce qu'il s'est déroulé dans la cuisine. Je peux clairement avouer que cette fois là, j'ai manqué de prudence. » Par ta faute, voulut-il ajouter. Tu me pousses à bout. Dois-je vraiment risquer de perdre le contrôle pour tes beaux yeux ?

Toutes les 5 secondes, Hannibal voulait cuire Will sur une broche et s'en nourrir jusqu'à la paix et la plénitude. Mais 4 secondes sur 5, il ne voulait plus.

« Si tu refuses de voir les crimes, je te jure de faire en sorte que tu ne les voies plus. »

Hannibal s'exprimait comme si déjà Will avait accepté tout ce qu'il racontait ; en quelque sorte, il ne lui laissait pas le choix. A quel point Will pourrait l'intégrer ? Quelle carte utiliser maintenant pour être sûr ?

L'adulte s'avança encore vers le jeune homme, jusqu'au bord du canapé, et baissa les mains. Sans quitter Will des yeux, il s'assit le plus prudemment possible. Il hésitait; rare était l'hésitation chez lui. Mais Will ne fit pas un mouvement et le laissa atteindre son espace personnel. L'écoutait-il, bon sang ?

Hannibal pencha légèrement son visage pour mieux l'observer, et essaya d'attirer son regard, de le sortir des ténèbres à l'intérieur de lui.

« Tu es exceptionnel, Will, et je n'ai pas envie de te laisser. Si tu me le demandes, je pourrai le faire, mais j'aimerai… Garder ton amitié. »

Les paupières de l'adolescent tombèrent comme deux voiles sur ses globes oculaires, et il prit une longue inspiration tremblante malgré lui. Puis il rouvrit les yeux, semblant réagir plus qu'auparavant. Il semblait l'avoir écouté, avoir intégrer à sa manière les informations. Hannibal attendit ; il pourrait rester ici des heures à patienter, jusqu'à ce que Will décide de revenir vers lui. Le chemin allait être long, mais ça en valait la peine.

Plusieurs minutes s'écoulèrent. Les deux humains se jaugeaient, s'observaient. Chacun voulait pénétrer en l'autre par l'esprit, chacun voulait comprendre, et Will ne semblait pas avoir réellement peur. Hannibal se dit que Will était habitué à la violence et la cruauté : sa mère l'avait battu. Alors il serait assez intelligent pour comprendre ce que Hannibal lui avait dit, et il intégrerait surtout le fait que cette violence ne sera jamais tournée vers lui. Du moins, Hannibal espérait qu'il l'intégrerait ainsi. La promesse de la protection avait en effet constituée un argument qui attirait Will. Car l'adolescent avait été trop brisé et cherchait un abri à la violence de la vie. Hannibal pouvait-il retourner ce processus, utiliser sa violence dans un sens orienté à l'inverse de Will, et ainsi repousser le mal pour le protéger ? Pointer son arc en étant dos à Will, et tirer sur chaque monstre qui souhaiterait l'approcher. C'est ainsi que Will commençait à voir les choses. Après tout, il avait depuis longtemps compris que sa vie ne pourrait échapper à la violence, et que les humains constituent bien trop souvent des monstres. Plus tard, il aurait une carrière qui frôlerait ces monstres.

Car une pointe de fascination le secouait. Il aurait peut-être aimer avoir la force d'en être un aussi.

Will finit par pousser un soupir.

« Combien de victimes ? » fut la première chose qu'il articula de manière distincte. Il semblait éteint, épuisé par le combat intérieur. Il parlait avec peu d'émotions, trop détaché.

Hannibal trouvait positif que Will ait parlé, et l'espoir renaissait en lui. Will n'était pas partit en courant, ne hurlait pas. Certes, il semblait un peu résigné, mais ça irait.

« Je n'ai pas compté, Will. »

« Hm. » Un froncement de sourcils passa rapidement sur le visage du jeune homme, puis il articula de nouveau. « Comment c'est ? »

Hannibal imita ce froncement de sourcil peu après, et se pencha légèrement vers Will pour essayer d'attirer son regard qui lui avait encore échapper.

« Comment c'est, quoi ? »

« De tuer, » lâcha Will.

La question surprit le futur docteur, puis l'enchanta complètement. C'était mieux que tout ce qu'il avait espéré de la part l'adolescent. Maintenant, Will semblait venir vers lui, s'intéresser.

« Tu te souviens de la sensation que tu as eu dans la forêt, avec le cerf ? » Hannibal se rendit compte qu'il était soudain heureux, et il avait du mal à cacher son sourire. « Ca apporte un grand soulagement et un plaisir incommensurable. C'est mon moyen de trouver la paix intérieure. Chacun de nous a la sienne, n'est-ce pas ? »

Un haussement d'épaules, puis Will reporta enfin son regard sur l'adulte. Ce dernier voulut l'attirer contre lui et le féliciter d'avoir réussit cette séance. Il se félicitait aussi lui-même.

« J'aimerai avoir la force de te tuer, » lâcha soudain Will.

Hannibal eut un léger rire, sincèrement joyeux. Mais ne lui avoua pas que c'était réciproque. « Tu sais donc à quoi ressemble la pulsion meurtrière. » Il n'ajouta pas non plus qu'il savait déjà que Will portait en lui ce genre de pulsions -sa mère avait installé ça en lui, sans aucun doute- et qu'il était confiant sur le fait qu'un jour, Will saurait mettre à bien le crime.

Will ne demandera jamais si c'était Hannibal qui avait assassiné sa mère, car quelque chose en lui connaissait la réponse mais refusait d'y faire face.

Hannibal se pencha, saisit la tasse de thé, et la glissa prudemment entre les doigts de Will.

« Je vais finir de nettoyer la cuisine. Puis je pense que tu devrais déménager. Cette maison te maintient dans un semi-cauchemar et il est temps que tu commences une nouvelle vie, William. » Le futur docteur avait utilisé un ton confiant, presque paternel, chaleureux. Il sourit et se redressa. « On s'occupera de tout ça. »

Will ne dit rien mais l'accepta. Il fut même, quelque part au fond de lui, soulagé et heureux que Hannibal lui montre toujours de l'attention et s'occupe de lui.

Ils n'en avaient pas rediscuté pendant plusieurs jours. Les premiers jours qui avaient suivi la révélation, Will avait continué d'être proche d'un état léthargique et dénué d'émotions. Hannibal était venu chaque jour dîner avec lui, et l'avait poussé chaque matin à aller au lycée, en téléphonant sur son fixe. Ils n'avaient pas dormi de nouveau ensemble, n'avaient pas mentionné le caractère sexuel de leur relation, et n'avaient rien montré de cela. Ni le caractère meurtrier.

Il avait fallu attendre environ deux semaines avant que Will recommence à trouver des couleurs sur son visage, et dans son cœur. Durant ces deux semaines, Hannibal avait déjà entamé la procédure de vente de la maison, et Will avait commencé à trier et ranger le contenu de ce domicile. Pratiquement tout ce qui rappelait sa mère n'allait pas être gardé par lui.

Quand Will recommença doucement à vivre, il émit un désir (ce qui était une avancée considérable car il ne semblait avoir sincèrement envie de rien en particulier depuis ce fameux jour), celui d'aller cette fois dîner chez Hannibal. Hannibal avait d'abord été surpris puis ravi.

Alors il était venu le récupérer à la sortie du lycée, en voiture, et les avait conduit chez lui. En entrant, Will prit une longue bouffée d'air pour inspirer l'odeur de la demeure de Hannibal. Et il se souvint de la nuit si agréable qu'il avait passé une fois ici, dans une chambre et un lit royaux, dans des draps somptueux. Il se souvint de la masturbation frénétique dans la salle de bain et rougit.

Cela faisait deux semaines qu'il n'avait même pas pensé au sexe.

Hannibal, lui, n'avait pas oublié. Éloigner les pulsions meurtrières était assez difficile, mais il était impossible d'éloigner les pulsions meurtrières et les pulsions sexuelles à la fois.

Will se débarrassa de son manteau, toujours dans le hall de l'entrée avec Hannibal, et ne put empêcher ses pensées sexuelles de continuer à remonter à la surface et à vouloir le noyer dans un liquide chaud qui s'emparait de son ventre. Soudain, être dans la maison de Hannibal semblait être quelque chose de tout à fait excitant, différent. Ainsi, ça avait été une bonne chose de venir ici, changer un peu de chez lui. Et les pulsions sexuelles sont fréquentes chez les sujets dépressifs, qui cherchent un moyen de retrouver quelque chose de stimulant.

Hannibal s'approcha pour récupérer le manteau de Will, et lorsque ce dernier lui tendit, il lui attrapa la main. Hannibal fut surpris, et posa ses yeux sur ceux de l'adolescent. Ils étaient soudain éveillés d'une lueur qu'il n'avait plus vu depuis longtemps, et qui fit plaisir à Hannibal. Will allait mieux, et même plus que ça. A la manière dont Will s'était saisit de ses doigts, à la fois de manière envieuse, désespérée et timide, Hannibal avait compris le message.

Alors il ne lâcha pas cette main, et d'un pas assuré tira Will derrière lui en direction de sa propre chambre. Il n'allait pas laisser passer cette occasion : il s'était longtemps occupé de Will et nécessitait maintenant qu'on s'occupe un peu de lui, et surtout de son érection qui pointaint déjà sous le tissu beige de son pantalon. Il eut envie de grogner et de tout de suite sauter sur l'adolescent. Mais il attendit d'arriver devant la porte, l'ouvrit puis fit passer Will devant lui. Son visage était soudain adorable et excité en même temps, et c'était trop pour Hannibal, qui pour la première fois, se jeta sur la bouche mince de Will.

Le baiser avait surpris Will, et il le rendit d'une manière si maladroite que cela fit encore plus fondre Hannibal. Leurs lèvres s'alignaient, s'approchaient et s'éloignaient, d'une façon affamée et timide. Le futur chirurgien ne put s'empêcher d'y mettre les dents et attrapa la lèvre inférieur de Will pour tirer dessus. Ce dernier gémit, de surprise et de plaisir. Tout s'enflammait en lui, et soudain Hannibal apparaissait comme un homme si fort contre lui, si grand, incroyable. L'adolescent se laissa diriger jusqu'au lit, et glapit quand Hannibal le souleva légèrement pour presque l'y jeter. Will tomba sur le dos et eut un petit rire très agréable à l'oreille.

Will ne ressentait bizarrement presque aucune crainte. Hannibal se montrait parfait avec lui (si on occultait qu'il s'agissait d'un meurtrier) depuis toujours, et il pouvait désormais lui faire presque entièrement confiance. Oh, Will n'était pas encore au courant du détail supplémentaire du cannibalisme. Mais ce n'est pas le sujet ici.

Hannibal tira rapidement sa chemise de son pantalon puis au dessus de sa tête pour l'enlever. Will contempla ce torse parfait, et le désira profondément. Alors il laissa l'adulte s'étendre sur lui, se glisser entre ses cuisses, et lui mordre le cou sévèrement. Il était prêt à s'abandonner pour Hannibal, physiquement comme métaphoriquement.

Hannibal faisait tout pour contenir sa violence, et ses doigts s'accrochaient sans cesse à la couverture, aux draps, aux oreillers. Leurs baisers étaient mouillés, sucrés, désespérés et intimes. Rapidement, Will se détendit pour ouvrir les lèvres et laisser Hannibal en goûter l'intérieur, le laisser venir chatouiller sa langue de la sienne. La sensation était incroyable, pour l'un comme pour l'autre, et les fit gémir alors qu'ils appuyèrent en même temps leurs deux sexes l'un contre l'autre.

Il était temps qu'ils se consomment.

Will montait ses mains fragiles sur le dos large de Hannibal, et le griffait de temps en temps, ce qui avait pour effet de rendre un peu plus fou notre psychopathe. Ce dernier glissa ses paumes sur le ventre chaud de l'adolescent, et lui ôta son pull avec son t-shirt, à califourchon sur lui. Puis il descendit de son corps, s'agenouillant à côté d'un Will haletant et foutrement dur dans son pantalon, pour déboutonner ce dernier. D'une manière atrocement mignonne et excitante, Will entrouvrit sa bouche et détourna son visage rougissant.

Hannibal tira sur son pantalon, emportant le boxer de Will avec, et le mit ainsi totalement nu. Son corps était encore plus mince que dans ses souvenirs, mais Hannibal le trouvait délicieux à regarder. Et la fierté humide qui se dressait au milieu du tableau le faisait presque saliver.

Soudain, Will se tourna sur le flanc et tendit les mains pour ouvrir la ceinture de l'homme qu'il désirait ardemment. Hannibal lâcha un grondement effrayant et désirant, et Will ouvrit ensuite son pantalon. Mais il n'eut pas le temps de finir que Hannibal le repoussait pour se glisser de nouveau sur lui. Une main ferme appuya sur son ventre pour l'empêcher de bouger, et l'autre attrapa brutalement une de ses cuisses. Puis un cannibale bientôt célèbre vint glisser dans sa bouche le pénis d'un jeune homme brûlant. Mais il n'eut pas envie de mordre, car le cri que poussa Will était si délicieux, tout comme sa manière de se tortiller sous lui, haletant, le souffle coupé, qu'il n'eut envie que de sucer encore et encore. Ses lèvres charnues glissaient le long du membre dressé de Will, et l'odeur et le goût qui s'en échappaient rendaient Hannibal littéralement ivre.

Une odeur amère, si particulière, de musc, et un goût doucement acide, crémeux, important, précieux. Hannibal suçait et déglutissait régulièrement, sentant dans sa gorge le liquide séminal de Will couler et atteindre son estomac. S'il ne s'était pas focalisé sur les bruits émis par l'adolescent, il aurait peut-être perdu les pédales et aurait dévoré cette queue. Mais Will s'était mis à compter pour lui.

Malheureusement, cela ne dura pas longtemps avant que Will éjacule -probablement deux minutes- car il avait été si excité, si intouché depuis des jours. Il avait voulu pousser Hannibal, mais ce dernier ne s'était pas laissé faire. Alors Will s'était tortillé, avait presque battu ses bras dans les airs et tordu son corps sous le cannibale lorsque une vague trop intense de plaisir l'avait submergé. L'orgasme fut puissant, et le foudroya dans un cri incroyable, courbant son corps. Hannibal reçut sur son palais une giclée brûlante qu'il laissa un temps sur sa langue pour en savourer le goût les yeux fermés, ayant l'impression d'être béni, avant de l'avaler. Lorsque Will se détendit sur le matelas, la respiration courte et la tête assommée de plaisir, Hannibal continua de nettoyer son sexe à coup de langue.

Will s'était sentit si incroyablement bien, et ça avait aussi été un peu étrange, d'être presque entièrement dans la bouche de quelqu'un. C'était si chaud, mouillé et délicieux. Il avait voulu s'y enfoncer plus fort et se retirer à la fois car c'était trop. Maintenant, il était enivré comme jamais.

N'importe qui, conscient du fait que les dents de Hannibal avait cisaillé tant de chairs, n'aurait jamais enfoncé son pénis dans cette bouche dangereuse et malsaine.

Pendant qu'il le nettoyait, Hannibal tira sur son propre pantalon. Puis il se redressa pour l'enlever, libérant son sexe douloureux, tendu et épais. Will le faisait bander comme personne. Puis l'adulte n'hésita pas à revenir se coucher sur Will, glissant son sexe entre ses cuisses, sous celui de Will, et fixant son visage rouge et comblé. Il grogna profondément quand son pénis entra en contact avec le corps de Will, qui réagit. Il ré-ouvrit les yeux (sans avoir réalisé qu'il les avait fermé) et fixa un Hannibal affamé qui ne comptait pas s'arrêter là. Will écarta alors davantage les cuisses, offert, et gémit aussi en sentant ce sexe dur glisser sous ses testicules.

Il n'avait pas encore touché le sexe de quelqu'un d'autre, et c'était déjà si incroyable de le sentir contre soi, si excitant. Surpris, il se sentit bander de nouveau. Il n'était pas rassasié, finalement, et il pouvait imaginer ce qu'ils allaient faire ensuite. Et il le désirait tant qu'il sentait son anus se crisper d'envie, son intérieur clamant sentir la présence du sexe de Hannibal, s'unissant et ne faisant plus qu'un. Ils s'embrassèrent de nouveau, et Will glissa une main entre leurs corps, se penchant doucement, pour attraper entre ses doigts l'érection de Hannibal.

Wow, elle était vraiment impressionnante. Différente de la sienne, intéressante, et humide. Il entreprit de la caresser, doucement, pour s'habituer à ce contact, et l'explorer. Bon dieu, ça n'allait jamais rentrer.

Hannibal grognait contre ses lèvres, de façon sauvage. C'était si affolant de sentir la douce main de Will le caresser doucement, gentiment, amoureusement.

Soudain, Will sentit contre ses lèvres les doigts de Hannibal qui forçaient le passage. Il fronça les sourcils puis ouvrit la bouche, et en les sentant pénétrer ainsi, il gémit et les suça fiévreusement. Son sexe durcissait tellement fort entre ses cuisses, désormais.

Puis rapidement, un doigt de Hannibal se trouva contre son entrée. Will haleta, stoppa ses caresses sur le sexe de son partenaire, et pour la première fois depuis qu'ils étaient dans cette pièce, il parla.

« Vas-y, » gémit-il alors, d'une façon presque suppliante. Hannibal faillit déraper tant l'appel l'excita, et il enfonça son doigt presque trop fort. Soudain, il désirait simplement enfoncer son sexe à l'intérieur du corps de Will et abuser de lui jusqu'à le tuer. Le baiser durant des heures, si fort.

Will prit une bouffée d'air tremblante quand le doigt entra. La sensation était étrange, assez inconfortable. Ca ne lui procura pas vraiment de plaisir physique sur le coup, car c'était un peu douloureux, mais l'idée lui plut. Et l'autre main de Hannibal (qui se contenait toujours de passer à un viol) vint caresser son sexe pour le détendre. Will souffla et se détendit en effet. Alors Hannibal plia légèrement son doigt, cherchant la petite bosse à l'intérieur, celle qui ferait hurler l'adolescent. Il était assez doué en anatomie, en tant qu'étudiant chirurgien, pour savoir exactement où elle se situait. Et il appuya dessus, intraitable.

Will ignorait qu'il était possible de ressentir ça à cet endroit. Un éclair passa devant sa vue qui devint entièrement blanche, et son corps se raidit sans qu'il le contrôle, un cri aigu (presque un hoquet) passant ses lèvres. Et lorsque Hannibal commença à exercer des mouvements incroyables dessus, avec juste un doigt, Will était si en proie au plaisir qu'il désira sentir ce genre de choses toute sa vie. La découverte était fascinante, et bientôt il se tortilla sur le doigt de Hannibal, demandant pour plus, le front moite et ses gémissements suppliants.

Alors Hannibal joua avec deux, puis trois doigts.

Will n'en revenait toujours pas, et se tortillait si fort. Parfois, ça faisait un peu mal, mais dès que Hannibal touchait cet endroit, c'était le paradis. Il gémit de déception quand les doigts disparurent, et puis sursauta quand il sentit un gland épais et mouillé se coller à son entrée. Will ouvrit les yeux et jeta un coup d'œil à Hannibal. Mon Dieu, se dit-il. L'homme était si beau au dessus de lui, et il parut le voir pour la première fois. Ses traits étaient purement magnifiques, et son expression affamée le fit fondre. Il eut l'impression de tomber littéralement amoureux de cet homme qu'il voyait en fait réellement pour la première fois. Peu importe si c'était un tueur ou un docteur, c'était l'amant le plus parfait pour Will.

Quand leurs corps s'unirent pour ne faire qu'un, leurs mains se cherchèrent et s'aggripèrent pour se serrer. Une douleur étrange transperça Will, mêlée à un plaisir et un soulagement incroyable. Il se cambra, cria, gémit, haleta. Hannibal, lui, était saisit par la puissance de l'union : il était désormais plongé à l'intérieur de cet adolescent fou qui avait désormais tant d'emprise sur sa propre vie. Il se sentait à la fois piégé dedans, mais surtout comblé car il le possédait. Il possédait cet être fragile, qui l'avait définitivement changé. Hannibal se sentait soudain capable de quelque chose qui ressemblait à de l'amour. Il avait perdu ceci en même temps que Mischa, et soudain, son cœur battait si sourdement qu'il lui sembla l'entendre pour la première fois depuis des années.

Ce soir-là, ils firent littéralement l'amour. Peu de gens aujourd'hui font l'amour complètement, et il n'y a pas de mots suffisants pour décrire de tels sensations uniques en leur genre, mais cela se situe entre : Plénitude, folie, faim, vibrations, passion, respiration, halètement, sueur, émotions, joie, bonheur, inquiétude, admiration, perte de soi et découverte de ce qu'est la sensation d'être pleinement vivant.