Hey tout le monde, bienvenue ou rebienvenue sur cette fanfic !
Je tenais à vous remercier pour vos follows/reviews - auxquelles j'essaye de répondre le plus vite possible une fois reçues - qui m'ont réconfortées quant au niveau du chapitre précédent.
Dans ce chapitre... Eh bien... Vous verrez. Un petit détail cependant. Je m'attache toujours à décrire la naissance d'une relation. Alors là, j'ai eu envie de changer. Ahahah.
Oui, le destiel est déjà établi. Vous verrez.
Pour ce qui est des rythmes de publication, je vais sans doute en rester à 1 chapitre toutes les 2 semaines. Je sais, c'est long, mais faire plus vite rend des chapitres glauques.
Quoi qu'il en soit, bonne lecture, n'hésitez pas à me laisser un petit message pour me dire ce que vous en avez pensé ! :33
(oui, si vous lisez sur ordinateur, je suis désolée des titres de chapitre. Je hais les titres. )
"Je vais lui offrir une montre pour remplacer son cadran solaire angélique... " Grogne Dean en regardant sa montre. "Ca fait trois heures qu'il devrait être là ! "
Ca fait trois heures que Dean attend Castiel, avec Sam, assis sur un banc. Leur affaire partie de rien sent l'attente et le vide. Ils n'ont rien à faire. Ils attendent. C'est tout, c'est rien. Castiel ne saurait pas les retrouver, autrement. Ils attendent.
"T'es certain qu'il t'a dit qu'il viendrait ici ?"
L'air autour d'eux s'est rafraîchi. Il est rempli d'odeurs gelées - Alphas qui passent en distillant autour d'eux des impressions hostiles - et si différentes de celle du Winchester.
Ici, au fin fond de l'état de... Les odeurs agressent. Il s'agit d'huile de moteur et de cannelle brûlée, de vanille âcre et de cendre. Sous-entendu de souffre sur teinte d'herbe roussie par le soleil. Tout un monde absent à la limite du défunt. Un monde qui ne veut pas de Sam.
Ce sont ces odeurs, d'ailleurs, qui lui fichent un mal de crâne pas possible. Son odorat n'est pas plus développé que ça, ordinairement: à peine si il peut repérer dans une foule son frère, ou distinguer une personne d'une autre. Même pour un Bêta, cette caractéristique est rare.
Il en est quasiment un paria parmi les parias. Comme si il n'avait pas déjà suffisamment de problèmes comme ça.
Ce sont donc les odeurs autour d'eux qui lui filent un mal de tête impossible. Elles lui sautent dans les narines, dévalent les canaux nasaux et envoient dans son cerveau des milliers de messages.
Pour un seul même résultat.
Tu n'es pas le bienvenu ici.
"Sam ?"
Tu n'es pas le bienvenu ici. Casse-toi. Même ton frère a plus sa place. Les pensées sont insidieuses et dégoulinantes de haines. Casse-toi. Elles tambourinent à l'intérieur de son crâne. Il sent. Casse-toi. Pourquoi est-ce qu'elles lui en veulent tellement ? Pourquoi, pourquoi pourquoi ?
Casse-toi.
Mais fermez-la.
"Sam ? "
Il relève la tête, entouré d'un nuage dilué de milliers de senteurs étrangères. Elles n'accrochent pas à sa peau, pas à ses cheveux qui flottent dans l'air. Un rayon du soleil timide, sur le point de se cacher derrière un nuage, lui effleure ses mèches brunes. Comme une auréole à un ange tombé et brisé.
Mais on n'a jamais dit aux anges de partir, de se casser.
Mais on a jamais agressé un ange pour ce qu'il était.
"Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu veux rentrer ?" Sa voix est inquiète. Tu veux partir ? semble-t-il demander. "Je comprends pas, Cas aurait dû arriver depuis longtemps. Un coup d'ailes, on lui a filé l'adresse et il arrivait, non ! "
Les yeux de son cadet sur lui rappellent à Dean combien il s'inquiète et s'énerve trop facilement pour l'ange. Ce n'était pas de sa faute, hein. Pas de sa faute si l'ange avait l'habitude désagréable de se foutre dans un bordel pas possible quand il s'agissait d'entrer en contact avec la vie humaine, ou en matières de relation... En beaucoup de choses, en somme. Heureusement pour l'aîné du duo, l'ange n'était pas totalement dépourvu de sens pratique, et il les avait sortis de bon nombre de mauvais pas plusieurs fois, avant de les plonger la plupart du temps dans des situations ambiguës et improbables qui se soldaient généralement par une explication confuse.
Dean est heureux que Castiel soit avec eux. Mais si il pouvait bouger son cul parce qu'ils se les gèlent, sur un banc, il en serait encore plus content.
"Putain mais qu'est'c'qu'il branle..."
~O~
Cinq heures. Ils ont passé cinq heures, gelés, sur ce maudit banc. Cinq heures à se tourner les pouces, à se raconter des anecdotes, à problématiser leur problème, le thématiser - Sam a tenté de faire une dissertation dessus pour passer le temps. Il n'a pas réussi. Peut-être parce qu'un cadavre n'est pas un sujet suffisamment large -...
Tout ça pour que, à l'heure où ils avaient prévus de se lever et de partir dignement dans le soleil couchant, une explosion en arrière-plan au ralenti, Castiel était arrivé, les mains dans les poches et l'air légèrement perdu.
Il s'est posé sur le banc, comme si de rien n'était. Les yeux grand ouverts de Dean le fixent, à moitié conscient de ce qu'il se passe. Peut-être parce que le sang qui monte habituellement à son cerveau est à moitié gelé par le manque d'activité.
"Cas ?"
Le prénom résonne et roule, sorti du fond de sa gorge. Comme un joyau ou comme une pierre que l'on voudrait précieuse. Il a encore un peu de mal à croire qu'il est là.
"Désolé du retard. "
Sam secoue la tête. Sa manière de dire 'C'est rien' lui amène au creux des narines et de sa gorge l'odeur de l'ange. Quelque chose d'ancien. La senteur d'un vieux livre, peut-être, sur une touche acide de miel. Une odeur déconcertante, dont la singularité vient aussi du fait qu'elle se marie et se même parfaitement à celle de son frère.
Deux Alphas ensemble...
Et après, c'est le cadet l'anormal.
"Ca ne va pas, Sam ?
- Mal de tête... Ca va passer.
- D'accord. "
Regards gênés. Bleu et brume. Sourire rassurant. T'en fais pas, je vais bien. C'est pas un mal de crâne qui va abattre Sam Winchester. Il tente de faire bonne figure, pour ne pas alarmer, reste le dos droit contre le banc en pierre si froid, la respiration régulière qui le bombarde tout aussi régulièrement de haine.
Tenir encore.
"Bon, lance Dean. C'est bien gentil, de te pointer quand on t'appelle, hein. Mais je sais pas si t'as vu l'heure, mais on est juste à se geler le cul ici depuis cinq heures."
La délicatesse fait homme. Il ne veut pas blesser l'ange en face de lui. Pourtant, ses mots font apparaître dans la couleur glacée du regard adulé - Castiel a les yeux qui font rêver au Ciel - de la neige de douleur.
Le ton du chasseur s'adoucit un peu.
"Enfin, ce que je voulais dire... La prochaine fois, on essayera de se mettre au chaud. Ou je t'offrirai une montre. "
Sourire, inclinaison de la tête brune.
"Tu n'as pas besoin.
- J'ai envie.
- Peut-être. Mais tu n'as pas besoin. Je suis sincèrement désolé de vous avoir fait attendre.
- ... Ouais. C'est bon, c'est passé. Tu as pu réfléchir à ce que c'était que ce machin ?
- J'ai essayé.
- Et ?
- ... Rien. "
Les yeux de Dean s'agrandissent un peu. Ses mains sortent de ses poches, se rejoignent sur ses jambes, poings fermés.
Ils ont poirauté pour un ange pendant cinq heures pour s'entendre dire rien ?
Sam grogne un peu à côté. Mouvement simultané des deux autres hommes.
"Sam ?"
Un écho de voix qui se mêlent, comme leurs odeurs.
"Ca va aller, je vous ai dit, soupire le brun. Je vais juste... Aller chercher un truc ou deux, d'accord ? On a attendu, Cas a rien, et moi j'ai juste envie de m'avaler une boite de Doliprane avant de me frapper contre un mur. Je vais aller voir du côté des archives, si il y a déjà eu quelques problèmes du genre. "
Il a un petit sourire en coin en se levant, le bas du dos douloureux.
"Et je pense que vous avez des choses à vous dire. Ca se sent."
Quand même les odeurs de son frère et de l'ange qui les accompagnent - odeurs complémentaires - se mêlent et lui hurlent qu'il interrompt quelque chose, le Winchester préfère s'éloigner. Il n'est même pas sûr que son frère ait entendu ce qu'il disait, qu'il s'éloignait, qu'il allait plus loin.
Il n'est même pas sûr que Dean ait compris que leurs odeurs en venaient à lui filer l'envie de s'enfiler la boîte de Doliprane pour s'empêcher de se frapper la tête contre un mur.
~O~
Les mains dans les poches, il marche désormais dans des rues vides de sens. Il commence à faire vraiment froid, dans la ville de ... et Sam ne sait pas si il a bien fait de les laisser. Car si les rues sont vides de sens et de sang, il a eu la bonne idée d'emprunter la voie principale. Celle où circule, aux heures de pointe, des centaines de personnes plus ou moins ivres et plus ou moins intéressées dans les histoires de dynamiques.
L'élan bêta est déjà, en soi, difficile à rater. Du haut de son mètre quatre-vingt-quatorze, lorsqu'il arpente une foule de gens qui se sépare sur son passage, il fait sensation. Du fait de sa voix, peut-être ?
En tout cas, il a l'impression de divaguer et de se perdre plus que d'avancer sérieusement. Peut-être la faute à ce qui l'entoure. Ceux qui l'entourent. Les mains dans les poches, il marche dans des rues qu'il vide de sens. La tête haute et le dos droit, les yeux vers l'horizon et des excuses qui sortent de sa bouche lorsqu'il bouscule in intentionnellement quelqu'un. Les mains dans les poches, il avance. Il tressaille à peine quand il sent quelque chose s'étaler dans son dos.
Aucun oiseau dans le ciel, gris certes mais loin de pleuvoir. Des ricanements qui poussent et fleurissent autour.
Casse-toi.
Et les odeurs qui reviennent.
Les mains dans les poches, Sam accélère son pas dans la rue principale. Il n'a pas peur, non. Son coeur bat à peine plus vite. Cette ville lui semble peuplée d'alphas, uniquement. Une ville remplie de connards dyna...Dynamophobes ? Betaphobes ? Il n'est même pas sûr qu'un terme existe pour décrire ce genre de personnes.
Une ville où sa dynamique n'est pas acceptée, en tout cas. Il y en a tellement.
Et toutes hurlent Casse toi ! quand il marche dans les rues.
Les mains dans les poches, Sam passe la porte d'un bâtiment aux allures officielles. Une secrétaire, occupée à feuilleter on ne sait vraiment quoi, jette un coup d'oeil et fronce le nez.
Son odeur à elle frappe le Winchester pour s'additionner à sa migraine. Parfaite combinaison pour l'empêcher d'avoir une réaction normale à sa voix déprimante.
"C'est pour quoâ ? "
Elle a cet accent qui transforme les 'oi' en 'â'.
Un coup de badge plus tard - FBI, tout ce qu'il faut pour exciter les sens d'une fonctionnaire en mal de sensations fortes - elle est tout sourire crispé et talons qui claquent sur le carrelage froid du hall.
Les mains dans les poches, il la suit. Elle a beau lui sourire, battre des cils et tenter de se coller contre son corps qui se tend vers le ciel, elle n'est pas 'belle', pour lui. Jugement aussi esthétique que moral. Ses cheveux bruns tirés en arrière, son tailleur strict tâché... On ne veut pas savoir de quoi et son rouge à lèvres impeccable - rouge, trop rouge -. Sa senteur de cire et de citron est justement trop propre, son comportement trop prévisible.
Ses préjugés remarquables à cinq kilomètres à la ronde.
"Vous savez, d'ordinaire, nous n'autorisons pas les Bêtas, fussent-ils des fédéraux, à pénétrer ici... Mais... Je suis très ouverte..." Elle fait un clin d'oeil. "D'esprit. "
Disons dix kilomètres à la ronde.
Il la salue d'un simple signe de tête, prend la carte avec son numéro griffonné, une marque de rouge à lèvres impeccable dans le coin supérieur droit. Elle n'est pas 'belle'.
Sam remonte ses manches. Devant lui, des casiers à perte de vue.
"Au boulot."
~O~
"Dean, tu es certain de ce que tu fais ?
- Totalement."
Pas du tout.
"J'aimerais quand même que tu prennes en compte le fait que nous sommes dans un parc..."
Il y a des histoires de mains qui se glissent sur des pantalons, du côté de l'aîné Winchester. De senteurs épicées, de couleurs qui se mêlent. Il y a des histoires de Castiel et lui sur un banc. De la chaleur qui s'en va avec les heures qui fuient. Pendant que son frère arpente la rue, Dean a joué.
Il a joué avec la patience de l'ange, il a joué à le tenter.
C'était rien au début. A peine ses doigts qui effleurent sa paume, son poignet. Quelques mots qu'il avait dit la voix volontairement plus basse pour le rapprocher de lui et observer le grain de sa peau.
C'était rien, au début. Ses doigts qui appuient un peu plus longtemps au creux de sa paume et sur son poignet. Ses yeux qui scintillent, leurs lèvres qui s'approchent.
'Dean, tu es certain de ce que tu fais ?' avait été posé déjà quatre fois.
Quatre baisers qui les avaient laissés pantelants et dégageant une odeur à ameuter les omégas du quartier.
Une seule odeur à deux.
"On devrait vraiment se mettre à l'abri." Remarque le brun en trenchcoat, à moitié basculé sur l'homme.
" T'as peur des gars en chaleur qui vont nous sauter dessus ? "plaisante Dean... Avant de se rendre compte que Castiel, à la différence de son partenaire, ne plaisante pas. " Cas, t'es sérieux ? On est deux, ils vont pas venir et te forcer à les prendre sauvagement !
- Mais... D'après ce que j'ai pu comprendre, ils dégagent également une odeur qui pourrait nous faire...
- Ouais."
Le chasseur se tait un peu. Il se demande si le coeur qui bat dans la poitrine du véhicule bat au même rythme que celui de l'être céleste. Il reprend.
"Mais là, c'est pas pareil.
- Pourquoi ?
- Parce qu'on s'aime. "
Leurs yeux se rencontrent. Le ciel affronte la terre.
"Je pense tout de même qu'on devrait aller ailleurs.
-...Okay..."
Et d'un regard qui signifie 'banquette arrière', Dean se lève en prenant ses clés dans sa poche. Le ciel affronte la terre.
Une seconde, dix, même pas.
Les portières claquent. Se verrouillent.
Le chasseur retrouve avec bonheur celui qu'il avait perdu pour plusieurs heures devenues des mois, des millénaires et des univers. Entre leurs corps entremêlés leur union insensée ressemble à un doigt d'honneur levé au système de dynamiques et autres histoires qui les font chier.
De toute façon, Castiel ne peut pas deviner que cette histoire remplie de baisers brûlants parfumés à l'alcool prendra bien vite un arrière-goût de sang.
