Un joli chapitre un peu court (trop court) et pas franchement intéressant. Mais je pouvais pas vous caser un chapitre de flashbacks inutiles. Je vous promets que bientôt tout sera expliqué.
Bientôt...
Bientôt. Façon de parler.

Merci pour tout ceux qui lisent, review, follow etc etc vous savez et connaissez les nombreuses options possibles de ce site mieux que moi après tout !
Bonne lecture.
(Ps, pour ceux qui me connaissent... Vous saviez que Scorpions avait sorti un nouvel album ? 8D )

Oh et oui, il y a un cameo d'un personne définitivement important.


"Nom ?
- Sam...
-
Âge ?
- Vingt ans."

Le docteur regarde le jeune homme en face de lui. Grand, un désordre qui se veut ordonné autour d'un visage encore marqué par l'enfance. des yeux changeants ni tout à fait brumeni tout à fait vert, bleu ou noir; des yeux changeants qui reflètent la carte provisoire d'identité qui s'étend, preuve d'un rendez-vous urgent, entre eux.
Provisoire à vingt ans.

"Vous avez vingt ans et vous n'êtes jamais encore venu vous faire 'découvrir' ? " La médecine et son jargon inutile.
"Mais vous attendiez quoi, l'Apocalypse ? "
Le ton du professionnel de santé est sec, comme la faible odeur qui court et coule autour de lui.

Un beta dont Sam Winchester parvient à graver chaque trait dans sa mémoire, les cheveux blonds aux reflets caramel rouillé qui scintillent sous la lumière crue des appliques, les yeux étrangement whiskey au chocolat - ou cookie au café - qui brillent et se foutent ouvertement de lui, la blouse un peu trop grande qui semble vaguement neuve.
"Ca m'est sorti de l'esprit. "
Dans un soupir le médecin se lève et indique la table d'examens.

"Eh bah on va voir ça, écoutez. "

~O~

Castiel tapote nerveusement de ses doigts contre le tissu de sa jambe. Dean a insisté pour qu'il rentre avec lui au motel, argumentant que les autorités n'accepteraient pas de leur livrer une seule information de plus pour le moment, qu'il était humain et qu'il n'accepterait pas de 'passer la putain de nuit enfermé dans une bibliothèque ouverte toute la nuit dans le seul but de chercher des infos.' Dean a insisté alors l'ange l'a suivi, après avoir salué d'un signe de tête et d'un regard bleu éternité les agents autour d'eux.
Désormais, dans la voiture qui roule jusqu'à leur chambre - ou tout du moins la chambre de Dean et Sam. Castiel et le sommeil ... - l'ange fait courir le bout de ses doigts de gauche contre son pantalon. Comme s'il était nerveux.
Et il l'est.

Ce n'est pas rien. Tout ça, cette mise en scène, ce cadavre, ce symbole, cette glace, ce sang, ce n'est pas rien. Ce sont des milliers de petits détails vierges de raisons humaines de s'inquiéter. C'est vrai que de ce côté-là, les humains sont plus du genre à frissonner et changer de chaîne devant le journal de vingt heures quand on leur annonce un symbole pareil.
Attribuer aux maniaques et aux fous le culte d'une étoile tombée du ciel revient à hurler que seuls les dingues sont forcés de quitter leur famille.
Des fois, Castiel se demande s'il n'est pas fou, en plus d'être nerveux.

"Cas ? "
Le prénom rompt le silence trompeur et dangereux, lourd de tensions et de peurs inavouées. De fuites et de débandades dans un bruit de plumes qui se délient.

"Oui ?
- Tu restes, cette nuit ? "

La question le prend au dépourvu. Il lui a demandé de rester. Il lui a spécifiquement demandé, à mots couverts, de le garder. Et l'ange n'est pas du genre à laisser ses demandes sans réponse.

"Je reste, Dean. "
Le souffle qui sort d'entre les lèvres du trentenaire Alpha - son Alpha - fait sourire Castiel. Le soulagement, la peur de se retrouver seul peut-être. En tout cas, apaiser le Winchester est une des raisons pour lesquelles laisser ses prières et muettes interrogations trotter trop longtemps dans sa tête est une idée abominable.

La voiture avale la distance qui les sépare de leur motel dans une atmosphère bien moins pesante qu'auparavant. Une atmosphère où se mêlent leurs effluves relaxées, le cuir de Dean et le léger ozone qui accompagne les gestes de l'être millénaire. S'il n'y avait le levier de vitesse, la radio au volume minimal et leurs ceintures, qui sait...
Mais les pensées sont éphémères, la route bien trop courte et les paupières de Dean bien trop lourdes pour seulement y songer. Pourtant leurs mains se trouvent et se touchent, leurs doigts dansent pour s'entrelacer et se nouer. Pourtant Dean se gare et retient Castiel encore un peu, dépose un baiser sur sa joue douce aux contours à peine effacés.
Une manière de dire merci. De dire je t'aime sans le crier.
Hurler ses sentiments ne servirait à rien, n'est-ce pas ?

~O~

Ils sont obligés de se séparer, pour sortir, fermer les portes, s'approcher de l'entrée de leur chambre.
"Attends..." Intervient le chasseur, une main sur son bras. "Je rentre en premier. "
L'odeur d'omega - impossible que Sam sente autant le bonbon, le sucre et ce genre de choses - qui l'a perturbé pourrait tout aussi bien agresser Castiel. Pas qu'il ait peur de le perdre pour un autre, non, mais...
Mais malgré ses milliers de souvenirs, sa puissance qu'il sent vibrer au font de ses yeux bleu glacier, les ailes qui se dessinent en ombres chinoises sur les rideaux de leurs chambres d'emprunt quand leur amour les fait danser, malgré son nom aux sonorités angéliques, malgré tout ça Dean persiste à le prendre pour cet enfant en trench-coat perdu dans un monde bien trop grand.

Dans la chambre, l'odeur sucrée, presque gélatineuse, est bien trop forte. Elle saute à la gorge, vous déchire en deux et fait des fraises Tagada de vos entrailles. Elle est partout et nulle-part à la fois, poisse et englobe tout un univers. Le blond trentenaire ouvre la fenêtre - et tant pis pour les voisins qui vont gueuler qu'on les empoisonne. - et fait signe à Cas de rentrer. L'air frais arrive et évacue les lambeaux presque solides d'air vicié.
D'air vicié.

Sam n'a pas bougé. Toujours endormi, son corps étalé, cette odeur tout autour de lui. Dean soupire et s'assoit sur son lit, faisant silencieusement signe à l'ange de venir vers lui.
Ce sont des chuchotis entre les paupières qui se ferment.
"Promis, tu restes ? "
La peur d'un enfant sur le point de s'endormir.

Alors que Dean sombre dans un monde écarlate et noir de promesses qui ne se brisent pas, que la main de son ange dans ses cheveux trace un doux chemin qui l'apaise et l'envoie plus loin, Sam s'agite et semble s'étouffer.

~O~

"Faites Aaaaah."
Aaaaah.
"Ouais non, y a rien dans la bouche."

Le corps déjà trop grand de Sam Winchester s'étend, bouge et se penche quand il le faut. Le docteur ne cache pas sa surprise quant à ce que qu'il voit, ce qu'il constate et à cette science assez dangereuse, troublée et incompréhensible pour le commun des mortels.

"Je sais ce qu'il y a, Sam. Vous permettez que je vous appelle Sam ?" Le blond au sourire inquiet - digne d'un soap-opéra, ce gars - ironique et moqueur prend un air sérieux.
"Remettez votre tee-shirt. Et si possible calmez-vous aussi, je suis en consultation."
Un regard appuyé - les yeux de cet homme sont comme deux liquides qu'on ne peut contenir totalement, ils ondulent et captent l'attention de Sam qui se rhabille, gêné - sur ses parties intimes légèrement trop... Promptes à la réaction.
"Alors ? " demande le Winchester, quelques instants plus tard, le temps que le sang reprenne un circuit normal dans son corps.
"Alors, Sam..."

~O~

Alors, Sam.
Il se réveille en sursaut. Les pupilles dilatées, le sang battant à ses tempes, l'odeur tout autour de lui. Il se noie et commence à s'inquiéter. Une partie de lui est toujours dans ce cabinet médical de Stanford, une partie de lui est toujours enflammée par la réponse qui pend aux lèvres du jeune médecin.
Une partie de lui sait déjà.
Alors, Sam.

Le sourire ironique et moqueur du docteur. Ses paumes moites sur son jean. Le jeune sent pourtant les coussins sous sa tête, ses chevilles croisées. Alors, Sam. Comme un disque rayé, la phrase se répète inlassablement.
Mais donnez-lui la suite !

Une douleur violente le prend alors qu'il inspire par réflexe. Elle lui brûle la gorge, les narines, paralyse son corps tout entier et lui donne l'impression d'être suspendu dans une bulle.
Une bulle brûlante, rouge, grise.
Une bulle brisée par le sursaut de son prénom.

"Sam ?"
Alors, Sam.

Une main fraîche, caresse éphémère et apaisante contre tout ce qui court dans ses veines et son esprit. Le brun respire à peine, le son s'échappant en bulles sonores de ses lèvres tenant plus du sifflement que du souffle pur sensé oxygéner son cerveau.
Il divague et navigue entre deux couleurs, seulement sûr de la chaleur et de ce qui lui détruit peu à peu l'intérieur. Il chavire et démarre, s'envole et brille dans le noir, tombe, tombe toujours plus loin, tombe, tombe, tombe, tombe éveillé ! Il tomberait si la fraîcheur de la main contre son front n'était pas une ancre dans la stabilité.
Et pourtant le Winchester sombre et perd pied.

Alors Sam. La voix est moqueuse, la voix est douloureuse. Je sais ce qu'il y a. Mais comme tu es têtu, borné, obstiné, appelle ça comme tu le voudras, tu sais pertinemment que encore une fois tu le nieras. Oh que oui, tu le nieras. De toutes tes forces et de toute ta pauvre, déchirée mais brillante âme.
La voix est souvenir. Les doigts d'un ange sans doute sur son front sont gelés.
La voix va revenir. Les doigts d'un homme le faisant douter sur son front se sont effacés.

Alors, Sam.
Devant lui, dans l'ombre de la nuit, se tient une pâle figure habillée de blanc. Sourire ironique. Souvenir iconique.
Si on s'asseyait et qu'on parlait ?

~O~

"Cas, ça fait combien de temps qu'il est comme ça ?
- Trois heures. Il ne se réveille pas.
- Et tu fais quoi avec une carafe d'eau à la main ? "

Dean n'aura pas sa dose de sommeil, décidément. Réveillé à l'aube par son alpha, les yeux bleus inquiets remplis d'incertitude, d'une légère panique - ridicule, pourquoi paniquerait-il ? - la chambre curieusement emplie d'une chaleur inhumaine l'a tiré complètement de sa transe. Encore en jean et chemise de la veille, une main dans la sienne, il tente de secouer son frère. Les questions fusent, s'entrechoquent et disloquent l'intérieur de son crâne embrumé.

"J'ai tenté de le réveiller... "Argumente Castiel, inquiet. "Mais apparemment, lui renverser de l'eau dessus ne marche pas.
- Bordel ! "

C'est un juron qui s'échappe naturellement.

Sous leurs doigts entrelacés - le besoin d'un soutien moral, le besoin d'un être à son coté - la peau de Sam brûle et semble vouloir s'embraser. Ils s'asseyent sur la table en face, leurs mains se séparent.
"Mais c'est quoi ce foutoir, à la fin. Depuis qu'on est là, Sam semble laisser des bouts derrière à chaque pas. J'y comprends rien. Juste rien... "

La réponse est lente, le visage de Castiel figé. Une statue à peine éclairée par les quelques rayons du soleil de Samedi qui viennent lui rappeler le commencement de la journée.
"Les symptômes ressemblent aux chaleurs d'un omega. Du moins la température corporelle et l'odeur. Mais...
- Sam n'est pas un omega."

La réponse est sortie rapidement, sèche et précise, comme un texte que l'on aurait répété des milliers de fois. C'est un trait, c'est un fait.
" Bien sûr que non. Il n'en est pas un, se reprend Cas. Ou tout du moins, c'est ce que tu m'as dit et ce que j'avais cru comprendre. Il n'a jamais eu d'odeur...

- Bien sûr qu'il n'a pas d'odeur, c'est un beta ! Ils ne sont pas supposés avoir d'odeurs, pas plus qu'ils ne sont supposés se transformer en putain de four géant !
- C'était un beta."

~O~

"Alors, Sam..."
Le ton est joueur, peiné et moqueur à la fois. Assis nerveusement sur une chaise en plastique rouge, le jeune homme fixe le docteur.
"Je suppose que tu le savais déjà ? "

~O~

"C'était un beta ?

- Je suppose que ça devait arriver, Dean.
- Arriver ? Que ça devait arriver ?! "
Les mots sortent de sa bouche sans qu'il ne le veuille. Ils sont violents, aiguisés, entourés d'un désespoir qui fait mouche et se plante dans le coeur de Castiel. La douleur et la peine qu'il peut sentir traverser chaque lettre lui fait s'interroger sur les horreurs vécues.
Sur les mensonges traversés.

"C'est un beta. La dynamique ne change pas, ne changera jamais. Ca devait arriver ?! Sam a toujours été classifié en temps que beta, c'est pas une fièvre carabinée qui va le changer ! " Sa voix tremble et sa rage dégouline le long de ses lèvres. "Il a toujours été un beta, il sera toujours un beta, il a voulu l'être et il le restera.

- C'était un beta. "

~O~

Sam a vingt ans. Sur sa carte provisoire est gribouillé un symbole au stylo encre noir. Un symbole rond, une barre.
Un bouclier.
Une lettre grecque.
Une dynamique oubliée.
Il ouvre la paume et la regarde s'envoler pour l'oublier avant de perdre la tête. Pourtant dans son esprit les mots de l'ombre aux yeux d'ombre whiskey résonnent et sonnent.
"Alors, Sam, tu sais quoi des theta ?"

Et Alors Sam baisse le front face au vent et serre les dents.
"Je sais qu'ils n'existent pas."

Sam n'a pas vingt ans, Sam ne croise pas les doigts. Sam n'a pas de carte qui s'envole dans le vent, de lettre grecque et de dynamique dont il se sépare doucement.
Sam dit qu'il n'existe pas.