Yo et bienvenue ou rebienvenue sur ... Je cherche un acronyme ou un surnom plausible pour cette fanfic. Avant on avait Bibliothèque et SOTR, mais là ... Essayez de prononcer ODSY, ça fait un peu ...
Bref.
Merci à tous pour vos messages, vos avis, vos... Êtres. Pas vos âmes, j'ai dit que j'en avais pas forcément besoin pour l'instant.

Je vous souhaite une bonne lecture, un bon week-end et... Euh... Je retourne essayer de faire brûler des Sims. Et savourer les caméos improbables du facteur dans la piscine.

NB: A partir de maintenant, cette fiction pourrait passer en couple mystère. Je dis bien couple mystère... Ou rester en Destiel. J'ai deux plots. Vous préférez quoi, honnêtement ?
NBB(nota benamente bene)(ça se voit que je ne suis pas en cours d'italien ? ): Oui, il y aura prochainement une version de Let It Go sur Lucifer à la fin du chapitre.


"C'était un bêta."

Les mots de Castiel tournent dans la chambre de motel qui danse, éclairée par la lumière de la journée qui commence et du moment qui s'enfuit. Une ombre se détache et se lance, cachée par la noirceur du ciel. Le regard couleur forêt, plaine, prairie - un vert changeant dans l'or orangé de l'extérieur qui fuit - de Dean se laisse sombrer sur le corps de son frère.
Il a envie de le veiller, de rester ici jusqu'à ce qu'il s'éveille. De le surveiller, réveiller, d'alléger ses peurs infondées. La scène de leur père brûlant une carte d'identité devant leurs yeux repasse au fond des siens, il ne peut s'empêcher de frissonner.
L'aîné a toujours été un être un peu macho, inquiet, certain de devoir suivre son père pour venger quelque chose de lointain.

Depuis son enfance, après l'incendie, sa mère - une oméga adorable dont l'odeur vient quelquefois caresser sa mémoire - morte et leur père étant leur père, il a été élevé dans l'idée de supériorité des alphas sans pour autant sous-estimer bêta et omégas. John Winchester leur a toujours exprimé ça de la même manière: Peu importe la dynamique, si à un moment ça se retrouve de l'autre côté de votre canon avec votre doigt sur la gâchette, on tire.
Au moins, pour ça, le chasseur peut le remercier.

"Dean, je comprends que tu ne veuilles pas accepter ça, reprend Castiel d'une voix douce, une main sur son épaule. Mais...
- La dynamique ne change pas, bordel ! "
Sa réponse, violente, alors qu'il se lève franchement, brutal dans ses gestes et paroles, semble frapper l'ange de plein fouet. "La dynamique ne change pas, c'est gravé dans le code génétique et à moins que les emplumés de ta famille jouent encore à modifier notre ADN pour un Apocalypse 2.0, Sam ne doit pas changer ! "

Dean a peur de la vérité. Il attrape une serviette qui pend lamentablement sur le dossier d'une chaise - verte à filaments bleus -, fouille dans son sac pour trouver un boxer digne de ce nom - noir et un peu trop large, peut-être - et une chemise blanche avec son pantalon de costume. Il ne fait pas attention à l'ange qui couvre chacun de ses gestes d'un regard désolé, anxieux.
"Je vais me doucher. Alors à moins que tu ne veuilles me dire que, mystérieusement, maintenant se laver rend sale, à tout à l'heure.

- Dea-"
La porte claque, coupant le prénom du chasseur pour en laisser la dernière lettre sur la langue de Castiel.

Il soupire, fronce les sourcils, mécontent. Il devrait s'excuser, la situation semble le demander. Mais pourquoi ? Pour avoir dit la vérité ? Il sait les humains magnifiquement hypocrites, prêts à se blâmer, à se transformer pour se laisser sombrer dans une forme infâme que l'on nomme prétentieusement société. Alors peut-être ce comportement en fait-il partie ?

Une part de l'esprit de Dean le sous-estime, le prend pour un bébé engoncé dans un trench-coat trop grand. Un bébé qui agite ses ailes un peu trop vite pour créer de mini-tornades tourbillonnantes mais il n'en est rien. Castiel effleure peut-être à peine le sol terrestre alors que bon nombre de ses frères en connaissent chaque recoin, mais il a besoin d'apprendre. Observer les hommes n'est pas se mêler à eux. Connaître les principes de reproduction, les dynamiques, les odeurs, comment le cerveau de l'humain réagit à tel ou tel stimuli pour provoquer les chaleurs ou indiquer qu'un tel alpha a déjà un partenaire ce n'est pas comme l'expérimenter. La pratique sera toujours différente des connaissances. Et c'est ce que Castiel n'a pas.
De la pratique.

A coté de lui, sa main lui semble curieusement vide. Il n'a pas eu le temps de lâcher celle du blond qu'il était déjà loin Il n'a pas eu le temps de le regarder que déjà il s'énervait, claquait la porte de la salle de bain et tentait, sans aucun doute, d'oublier. Il n'a pas eu le temps de s'expliquer.
Un autre soupir caresse et s'échappe de ses lèvres. Sam, à ses côtés, se met à bouger soudainement. Ses yeux s'ouvrent tranquillement, il s'étire et baille comme au sortir d'une bonne nuit de sommeil passée à sauter de nuage en nuage pour éviter de tomber au milieu des cauchemars.

"Cas ? Vous êtes rentrés ? " demande-t-il, presque joyeux. Au fond de ses yeux, au fond de son âme, les restes sombres des souvenirs s'effacent doucement. Il n'en conservera aucune trace. "J'ai l'impression d'avoir dormi dans un sauna toute la nuit... Je suis trempé. "
Effectivement, le haut qu'il a enfilé, plus tôt pour dormir colle à sa peau alors qu'il bouge. Il a l'impression d'être dans un mauvais film porno - Casa Erotica, sans doute. Bon Dieu que ces merdes sont nulles - et que dans trente secondes Katsuni va arriver et ...
Vous voyez le topo.

"Sam, comment te sens-tu ? l'interroge le brun aux yeux électrique qui roulent le long de son corps, à la recherche d'une blessure ou de n'importe quoi.
- ... Bien mieux qu'avant de m'endormir. Je n'ai plus mal à la tête, juste... Tu as toujours senti ça ? "
La question déconcerte pendant un instant.
"Senti ça ?
- La pluie. Les livres. La cire... Le miel." Ses mots sont encore confus, il secoue légèrement la tête. "Je crois que oui. Excuse. Les odeurs... Pas l'habitude de me plonger dedans. Je dois m'y faire."

Une lumière rouge s'allume intérieurement dans le cerveau de Castiel. Bien sûr que les bêtas n'ont pas d'odorat - ou alors si peu qu'ils ne peuvent sentir qu'en présence d'un être absolument puant - et en général aucune odeur. Ils n'ont pas, non plus, cette impression de fuite, de plongeon dans l'univers olfactif que l'on réserve aux alphas et omégas.
La lumière rouge tournicote et se jette en hurlant contre les parois de son esprit. Joie. Le cerveau de Castiel se comporte comme celui d'Ana de Fifty Shades, avec une personnalité étrange qui vit dedans.
Même s'il n'a aucune idée de qui est cette Ana. Et pourquoi sa lumière pourrait être confondue avec une prétendue personne qui vivrait dans le cerveau de cette demoiselle.
Mais l'on s'égare, c'était un caméo inutile.

" Sam ? J'ai une question à te poser.
- Ouais, bien sûr, fait-il allant fouiller dans le minibar - au cas où, miraculeusement, Dean aurait ramené quelque chose à manger -.
- Es-tu conscient que cacher ton état à Dean est dangereux ? "
Le grand suspend son mouvement, à moitié redressé, une mèche de cheveux lui tombant devant le regard.

"Il a suffisamment de problèmes comme ça. "

La porte de la salle de bain s'ouvre et l'aîné des Winchester en sort. Chemise à moitié ouverte et yeux qui fixent le canapé vide et sombre.

"Sam ? " Le soulagement dans sa voix est palpable. Aucune odeur bizarre autour de son frère, aucune impression... Dérangeante. Juste Sam. Simplement Sam. Il n'a pas le temps de comprendre ce qu'il fait qu'il serre son frère dans ses bras, trempant au passage sa chemise de sueur.
C'est dégueulasse, mais bon.

"Eh, Dean, je suis pas parti à l'autre bout du monde... J'ai juste dormi. Tu sais, ce que toi tu n'as pas l'air d'avoir fait.
- Ta gueule Sammy."

~O~

"Ok, alors, qu'est-ce que j'ai manqué ? interroge Sam, assis à la table un peu bancale du diner où ils ont leurs habitudes, depuis qu'ils sont ici. La dernière chose dont je me souvienne, c'est une histoire d'Haribo et de téléphone qui sonne... "
Et le mal de tête. Au contraire, maintenant, dans la lumière de la journée, le jeune Winchester se sent parfaitement tranquille et à l'aise.
"Un nouveau cadavre, retrouvé en pleine nuit. Dave S., une vingtaine d'années, répond Dean, les doigts autour de sa tasse de café et un bout de tarte dans l'assiette.

- Il avait des mouches plein l'estomac, lui aussi ?

- Nan, mais il est mort en nous faisant la reine des neiges version satanique. "

C'est sûr que ça a tout de suite un côté plus inquiétant. L'esprit du brun se représente rapidement Lucifer en train de chanter Let It Go dans une version ... Intéressante*, frissonne.
Jamais plus.

"Je vois. Dynamique ?
- Bêta."
Les mots glissent hors de la bouche de Dean, alors que Castiel fronce les sourcils. Sam ne le remarque pas, se lève de son siège. Il s'éloigne un peu, prétextant des toilettes. Restés seuls, l'ange grogne un peu.
"On sait pertinemment qu'il n'était pas un bêta, Dean.

- Oui, un thêta. Bravo, Cas. Mais je n'allais pas le dire à mon frère.
- Mais pourquoi ?
- Parce que ! " Sa voix tremble un peu et se tord. "Cas, tu as vu comment les gens de cette ville traitent les bêtas. Les thêtas... Sont une ancienne dynamique que la science a redécouvert récemment, au début des années quatre-vingts. La moitié de la population n'est pas au courant de leur existence, l'autre moitié est d'accord pour l'oublier.
- ... Je n'y comprends rien, admet l'ange, les sourcils froncés. Je connais ça, j'ai vu leur extinction progressive, mais je n'ai pas compris pourquoi.
- Ils sont instables. Ils sont entre les omégas et les bêtas, ... Honnêtement, ce n'est pas la meilleure chose pour eux. Ils peuvent se réveiller un matin les jambes grandes ouvertes à suer, un enfant dans le ventre peu après, comme chaque oméga et se rendre compte des mois après que l'enfant est lentement ingéré par leur système...
- Les transformant en monstres ?
- ... La plupart du temps, oui. Quand ils ne deviennent pas fous, admet Dean, les yeux dans le vague et une certaine tristesse dans la voix. J'avais fait des recherches dessus. L'inconstance et l'instabilité de leurs gènes poussent souvent à la création d'entités surnaturelles qui leur sont reliées - fantômes de proches qu'ils s'attachent inconsciemment, démons, anges gardiens involontaires - ou de perturbations qui ... attirent les trucs. Papa avait des notes là dessus dans son journal. Sam sait ce qu'il est. Il a toujours espéré que sa dynamique de bêta le resterait."

Tout un monde de peine et de douleur se lit au fond des yeux de l'alpha de la famille Winchester. Sa main trouve celle de l'être millénaire devant lui, alors que son frère revient.

"Vous avez fini ? On y va. J'ai réglé."
Froissement de vêtements. Regards désapprobateurs sur le jeune homme de deux mètres aux cheveux bruns qui s'approche de la sortie, ses yeux cherchant quelqu'un. Mais personne n'est là, personne d'amical en tout cas.
"Eeeeh, mais c'est le toutou de Mel, dis donc ! "
Sam se retourne.
Dean et Castiel non.

"Comment ça va ? Toujours aussi désespérément bêta ? lance un Eric railleur, appuyé contre un pilier. Qui sait quand, pourquoi, comment ce dernier est rentré par ici. Ce qui est sûr, c'est que le ton de sa voix fait frémir sur ses fondations le benjamin de la team free will. Eh, j'te cause, gamin. "
Sam a l'impression d'être vaguement revenu à l'école primaire. D'avoir besoin que Dean se retourne et le protège.
"Eric...
- Un problème, Sammy ? demande son frère - merci. - en se retournant.

- Polygame en plus, 'Sammy', bravo...

- Excusez-moi, on vous a demandé de l'ouvrir ?
- Eh euuuh ! Bah euh c'est pas... "
Les alphas bourrés ont toujours eu le sens de la répartie. Les trois hommes sortent en trombe de leur point de goinffrage du matin, se regardent et soupirent.

"Je vais interroger la famille de ce Dave. Il doit forcément y avoir un lien avec son apparition... Sataniste. Ou disparition.
- On vient.
- Dean, pas besoin... tente Sam.
- On t'ouvrira même pas la porte si t'y vas seul. Crois-moi, à trois, ça ira mieux. "

~O~

A trois... Et Sam l'a cru, franchement. Sérieusement. Alors oui, au début, ils étaient trois. Sam d'un côté de Dean, Cas de l'autre. Une musique un peu stylée en arrière-plan, peut-être - ou son esprit commence encore à lui faire mal, ça peut arriver aussi - et la légère impression d'aller nulle-part.
Enfin bon. Ca c'était au début. Très vite, les deux alphas se sont rapprochés en marchant, rejouant devant les yeux - et désormais dans ses narines - du jeune Winchester la comédie absolument pathétique, niaise et écoeurante du 'je te touche la main, ah bah tiens je te la prends discrètement eheheheh.'

C'est à peu près à ce moment-là que le benjamin a décidé de prendre un autre chemin. Ses talons de chaussures claquent contre le béton blanc gris, les maisons alentour ont encore leurs rideaux tirés. Etonnant. C'est juste dix heures du matin. Et comme une mauvaise habitude, badge du FBI en main, on se présente devant la porte d'un frère réveillé depuis le milieu de la nuit.
On lance un faux nom qui résonne, fait se tourner l'homme aux lunettes de soleil en pleine journée, prêt à fermer la porte.
On attend un dernier refus, mais l'odeur qui s'insinue jusqu'au nez de la personne en face fait se stopper le mouvement du panneau de bois.
"Vous êtes comme lui, n'est-ce pas ? "

Alors les chaussures s'essuient sur le paillasson, la poupée étrange qui semble bouger en arrière-plan incline la tête et Sam jette un dernier coup d'oeil derrière pour savoir où Castiel et son propre frère sont passés. Rien ne lui répond.

~O~

"Je ne sais pas comment ça a pu arriver. L'heure d'avant, on était là, sur le toit avant que je n'aille me faire mon visionnage hebdomadaire de ma série. Et dix minutes après, peut-être, le téléphone se met à hurler à côté de moi. " Les mots coulent le long des lèvres de l'homme en chemise blanche et casquette à l'intérieur.
"Vous avez déjà expérimenté ça ? Senti qu'une saloperie vient de s'insinuer dans votre vie, comme une ombre se détacherait de vous pour simplement vous... Poignarder de cette connerie de sentiments. "

Les questions s'enchaînent et se déchaînent contre lui. Sam sait quoi n'a aucun scrupule, aucune appréhension à poser la question qui tue. La question qui fait mal. Il s'arrange juste pour ne pas blesser. Profonde antithèse que sa façon de procéder.
Dave n'a rien.
Aucun rapport avec les autres. Aucun rapport avec un quelconque culte. Juste rien. Trois meilleurs amis morts des années plus tôt, lors d'un jeu à quatre idiot. Depuis, il vivait enfermé dans sa chambre, à peine s'il en sortait. Les rares personnes à le connaître étaient son frère et les parents de ses amis. Le reste de la ville...
Eh bien, le reste de la ville devait sûrement se comporter avec lui comme il se comporte avec Sam.

'RAS niveau interrogatoire. Où êtes-vous ? '
Le sms part, discrètement tapé alors que le thêta prend congé de son hôte. Il vibre contre un mur, dans une allée qui sent la nuit, l'alpha et l'oubli. Dean ne répond pas. Ses mains sur le corps de Castiel semblent danser, accrocher le tissu pour laisser entrevoir la peau, marquée ici et là de baisers. Il en grogne, frustration et désir mêlés, alors qu'ils se pressent l'un contre l'autre, à la recherche d'une union qu'ils ont peur de tenter. Leurs pantalons n'ont pas le temps de s'ouvrir, leurs dents n'ont pas le temps de s'enfoncer dans la nuque de l'être aimé pour simplement le marquer. C'est juste un besoin éclair, deux érections qui se frottent à travers le tissu des vêtements, des prénoms qui volent et des soupirs violents.
C'est juste la douleur de s'aimer, de se le dire et se le répéter mais de ne pas pouvoir se lier.