Yo tout le monde ! Je suis désolée à propos du temps que je prends, en ce moment, mais je me suis vu contraint de me mettre à publier plus doucement, juste toutes les 3 semaines sauf erreur. Avec le bac qui s'approche, j'ai besoin d'apprendre et de moins en moins le temps d'écrire.
Bref.
Merci à tous pour les follows/favorites/reviews et autres !
Bonne lecture...
On dit recoucou à Mélanie !
Et si vous réussissez à trouver la personne à la fin du texte, eh bien ... Euh ...
Euh peut-être que vous aurez un petit indice sur ce qu'il peut arriver plus tard. Peut-être.~


Dans la vie, avec le progrès, il y a de plus en plus de choses qui disparaissent. Et d'autres qui, étrangement, apparaissent. Magie. Alors que ce soit la vie, les fonctionnaires, les professeurs mystérieusement remplacés par le sosie de Dracula ... Les Winchester savent que ce perpétuel cycle de remplacement n'a aucun sens, mais que l'endiguer serait vain.
La vie est remplacée par la mort, certes, mais un cadavre ne pourra jamais en remplacer un autre. Les mains de Dean s'abattent sur la table. Putain de bordel de merde.
"Fais chier ! "
... Oui, bon, c'est presque la même chose, hein.
Sa fureur, son étonnement, sa rage presque, ne s'expliquent pas. Un mort de plus, oui. Ca reste un mort du plus. Un 'suicide', légalement - on a pas réussi à changer l'avis du pseudo professionnel avec ses théories absolument abracadabrantes - , un meurtre dans l'opinion publique avide de sang.
On est dans une ville d'alphas après tout.

"Fais chier, merde... " grogne-t-il alors qu'ils sont de retour dans leur "QG", chambre dégoûtante dans laquelle l'odeur de Sam si neuve à leurs narines s'est épanouie. Les jurons fleurissent dans sa bouche comme des fleurs toxiques aux épines dégoulinantes. Dans son cou, des traces de dents et du sang qui coule encore un peu, la même marque chez Castiel.
" Nous avons trois morts dans la même ville, récapitule l'ange sans un regard pour quelqu'un d'autre que Sam. Un bêta ...
- Alec.
- Un thêta, Dave.
- Sur celui-là, intervient l'élan, on a rien. Il a passé six ans enfermé dans sa chambre depuis la mort de ses amis lors d'un jeu à quatre, sur une île de Pacifique ou je sais pas quoi... C'était assez confus. Quoi qu'il en soit...
- Ca pourrait être un de ses amis, non ? Un fantôme ?
- Les corps ont été laissés sur l'île et enterrés là-bas. " Ou bouffés par des t-rexs, pour un peu qu'ils aient joué à recréer Jurassic Park. "Je doute que les fantômes puissent venir se manifester jusqu'ici. De plus, il n'y a rien dans le récit ou la vie de Dave qui aurait un rapport avec de la glace...
- Ni dans celle d'Alec avec des mouches ou un triangle, continue Dean qui s'efforce de se calmer.
- Et là une jeune oméga retrouvée lacérée, un enfant mort dans les bras. Toujours aucun lien. Elle n'a pas de nom."

Côté casse-tête, le moment a l'air particulièrement bien choisi. Dean lance un regard vers l'ange, trop près de son frère. Il a la tête qui sonne, les mains lourdes et la bouche pâteuse : en plein dégoût de vivre, sans compter la cicatrice qui saigne encore et lui brûle la nuque, on lui demande de travailler sur la mort de trois cadavres exotiquement assassinés.
Pourquoi faut-il désormais que les gens ne meurent dans la rue au lieu de rester dans leurs lits, sagement, à attendre qu'un faucheur avec un collier de fleurs vienne les faucher ?
Il a la tête qui sonne, les mains lourdes et une morsure au creux de son cou. La vie est bien chiante, lourde et emmerdante.
Et dire qu'après, ça va dans des bouquins.

C'est vrai, quoi. Il lance un regard à Castiel en appuyant ses mains un peu plus sur la table.
" Bon. Les archives, on les a faites en long, en large, en travers et peut-être en profondeur, même.
- Je confirme. Mais uniquement dans le cas d'Alec... Et un peu Dave. J'ai le sentiment qu'ils n'ont pas leur place là bas. On y trouvera rien.
- Appelle ta pote la secrétaire, alors.
- ... Mélanie ? "

Rien que le prénom peut ramener dans ses narines la douloureuse impression de se faire transpercer de part en part par une odeur repoussante. Il grimace. Pas qu'elle lui soit si ennuyeuse, non ! Juste...
Des fois, il se demande si elle a quelque chose à voir avec ça. Bon, après, se rencontrer et donner envie de sauter sur quelqu'un, l'attirer dehors pour ensuite disparaître de la circulation - elle n'est toujours pas retournée travailler, il lui semble - n'est pas le meilleur moyen de paraître innocente...
Mais bien de se cacher.

Sam n'a pas vraiment envisagé qu'elle puisse avoir ... Un rapport. Tout ce qui touche ce qu'il avait avant de finir à moitié mort avec les sinus récurés à la Javel, ceux qu'il a connu alors qu'il n'entendait plus que les mots des odeurs, les événements de leur arrivée et ses premières recherches... Flottent plus ou moins dans un vide sans substance et sans raison, un vide où Mélanie s'est retrouvée reléguée.
Et s'il se trompait ?
"C'est une bonne idée, finit-il par admettre, sans cacher son léger trouble. Et si. Vous m'attendez ici ?
- On a une vie, aussi, Sammy. "

On a une vie, se retient de répéter Dean.
Mais pas ensemble, pas aujourd'hui.

~O~

"Allo, Mélanie ?
-... Oui, bonjour.
- C'est Sam. Sam... "

Appuyé contre le mur, à l'extérieur, les mots volent et se frappent contre la pluie fine qui tombe. Il est à peine protégé, et les odeurs tombent du ciel en suivant les gouttes, dégringolent et éclaboussent ses pieds, mortels moments parfumés. Mélanie a une voix chantante, au final, qui fredonne et virevolte pour s'écraser avec la pluie au coeur des oreilles de Sam.

"Sam, oui, bien sûr ! "
Une voix qui fredonne et pourtant qui sonne si métallique, quand la personne n'est pas en face de lui. Elle reprend:

"Je désespérais d'avoir de vos nouvelles. J'ai été forcée de m'absenter de la ville quelque temps, pour des raisons personnelles.
- Raisons personnelles ? "
Ne pas être présent sur les lieux pourrait poser un problème à des crimes normaux ou à des inspecteurs rodés aux raisonnements logiques.
Pas à un Winchester.

"Que diriez-vous d'en discuter autour d'un verre, dans... Disons deux heures, au même endroit que la dernière fois ?
- Je serai là, promet-il alors qu'un rire résonne.
- A tout à l'heure alors."

Dans le classement des conversations les plus étranges qu'il n'ait jamais eues avec une jeune femme résolue à coucher avec lui et potentiellement suspecte - les étincelles d'un minuscule doute suffisent à allumer en lui les plus grands des soupçons -, cette conversation arrive à mi-chemin entre le 'tu baises, bébé ? ' d'une sirène croisée il y a de cela bien longtemps et Ruby.
La sirène étant la moins pire.

Il rentre dans la chambre, à l'atmosphère électrique, manque de s'étouffer. "Je pense que vous pourriez au moins mettre un coup de désodorisant, si jamais ..." La phrase franchit ses lèvres alors qu'il attrape son manteau, pas loin. Dean Semble prêt à sauter à la gorge de Castiel. Pour l'embrasser ou le démonter, ça reste à voir, toujours est-il que la tension entre eux est palpable, et la mauvaise humeur de l'alpha manifeste.

"Tu crois aller où comme ça ?
- Interrogatoire. "

La porte se referme sur Sam, sur son odeur coupée brutalement en deux alors qu'il marche jusqu'au restaurant. Les rues autour sont comme de longs couloirs oppressants où il est, enfin, une part de l'océan olfactif. Les pensées, les sentiments et les souvenirs sont comme des bulles dans le liquide parfumé.
Et il distille les siennes le long des pavés.

Néanmoins, ses sens s'affolent. Si il se sait oméga à moitié, au moins, il ne peut nier que la présence d'autant d'alphas autour -pour ceux qui ne sentent pas la sueur et les vestiaires de gym - fait augmenter rapidement son rythme cardiaque, la façon dont il marche, son odeur et grimper le long de ses jambes, de son torse pour se nicher de toute manière entre ses aines et son bas-ventre une sensation de chaleur loin d'être déplaisante.
Putain, je me sens comme une écolière.

La porte d'entrée ne lui a jamais semblé être autant une échappatoire à la rue. L'ambiance lourde, enfumée de la salle qui quelques heures plus tôt résonnait de cris et de joies de gamins - accompagnés par des alphas, évidemment. Des fois que la présence d'un puissant chef de famille comme il en existait des milliers au sein de cette ville puisse les empêcher de virer bêta - lui fait se demander ce qu'il se passe.
Il aperçoit Mélanie, dans un coin, assise dans un box.
Elle a changé. Il ne saurait pas dire comment. Toujours la même posture, la même tenue de petite fonctionnaire aux rêves assez lubriques de prince charmant en cuir, ses lunettes sur le nez et sa chemise un peu ouverte, le même sourire et le même éclair dans les yeux quand elle aperçoit Sam.

"Je commençais à me demander si je n'avais pas convoqué un fantôme, rit-elle alors qu'il se glisse en face.
- Non, je suis bien réel. Mais merci de me croire mort, j'apprécie.
- On ne sait, jamais, avec les morts de ces derniers temps... J'en frissonne rien que d'y penser ! " Elle joint le geste à la parole, alors que une serveuse - oméga, note le Winchester. Son nez ne le trahit pas, malgré le fait qu'il n'ait rien appris de tout ça. Intuitions. - leur apporte deux boissons.
"Je me suis souvenue, ajoute Mélanie. "

Super, une psychopathe. Après des remerciements, Sam s'approche un peu d'elle.

"Mélanie ? Est-ce que vous connaissiez les victimes ?
- Encore ? Je croyais être déjà passée à l'interrogatoire la dernière fois...
- Seulement à propos d'Alec. Ici, nous en avons deux autres sur les bras. "

Leurs boissons coulent entre leurs lèvres, laissent des gouttes rouler aux commissures et sur le menton, emportant chez lui ses mots et chez elle ses soupirs.

"Dave était un adolescent qui avait pour habitude de venir à la bibliothèque lors de mes rares passages. Nous échangions, avant l'incident...
- L'incident ?
- L'île. Son jeu vidéo. Je suppose que je ne vous apprend rien, quand je vous dis que suite à la mort de ses amis, il s'est enfermé dans le regret. Je ne l'ai jamais revu depuis. "

Non, en effet, elle ne lui apprend rien de nouveau. Autour de son cou, un collier rouge sombre, rouge sang séché, en forme curieuse de V scintille doucement.
" Je regrette de ne pouvoir vous aider... Mais il y a eu un troisième meurtre ?
- ... Peut-être. "
Immédiatement, Il voit le regard terre et ciel mêlés - ses yeux sont fascinants, à tout bien songer - se mettre à pétiller, rempli de bulles de curiosité. Et son odeur fade, entêtante et repoussante au possible - citron, cire, et quelque chose qu'il n'arrive pas vraiment à discerner parmi le parfum de fumée qui les entoure... Du sang, peut-être ?
Du sang ou du sucre - les enveloppe.

Sauf que celle de Sam, aussi, s'y met. Cendre sur une fleur de sucre glace, coton et alcool, tout pour que l'air poisse aux mains, aux lèvres et à l'instant.
Pour que l'alpha en face de lui, rouge à lèvres pétant, se recule en s'excusant.
Qu'elle se redresse, le prenne par la main comme un enfant et le tire en dehors, alors que son odeur laisse une marque indélébile le long du trottoir et des rues.
"Où va-t-on ? "
C'est la question qui tue.

~O~

"Cas, tu comptes me faire la gueule toute la journée ? "
Il ne te fait pas la gueule, Dean, il t'ignore sciemment. Assis sur une chaise, assez loin de l'aîné Winchester, l'ange regarde le vide et la fenêtre en réfléchissant. Pas un mot n'a été prononcé depuis le départ de Sam. Pas un mot, entre eux. L'air ambiant est lourd, dehors la pluie depuis longtemps s'est arrêtée.

"Je ne te fais pas la gueule, Dean. Je trouve simplement stupide l'idée que nous avons eue, et je tiens à te faire part de mon avis sur la question ...

- En m'ignorant comme un gosse de six ans ?
- Si cela peut te permettre de renoncer à recommencer. "
Le rire de l'homme est rauque, comme brisé.
"Je vais pas recommencer. A quoi ça nous servirait, de toute manière ? A rien. A rien. "

Dean se lève, s'approche de Castiel qui ne bouge pas. Avec des gestes lents, pour ne pas l'effrayer, il écarte le col du trench qu'il porte toujours, et fait courir ses doigts sur la marque de dents de sa nuque. Une marque boursouflée, infligée quelques heures auparavant que l'autre alpha n'a pas eu le courage de soigner. Parce que c'était sur lui, parce que peut-être c'était par Dean.
De toute manière, c'est raté.
Ils ne seront jamais liés.

"J'ai juste voulu tenter ma chance, bordel. Tu n'peux pas me refuser d'avoir voulu essayer ! "
Tu ne peux pas me refuser d'avoir voulu quelque chose qu'on ne saura jamais avoir. D'avoir teinté notre relation du sang qui a coulé de nos baisers.
"Je ne te refuse rien, Dean. Je pense juste que tu aurais pu réfléchir. "

Les doigts de Dean courent sur la peau satinée, sur la bosse irrégulière et sur les creux laissés. Ici il devine ses incisives, ses canines. Il devine Castiel se raidir, aussi, il entend dans sa tête le cri de suprise, et la douleur.

On lui a toujours dit qu'un lien se passait doucement, tendrement. Que même dans l'effort du moment, dans la précipitation, dès l'instant où les dents se touchaient, où la chair se retrouvait marquée à vie, l'un comme l'autre devaient ressentir une exaltation proche de l'extase, du nirvana.
On lui a toujours dit, il l'a lu, il l'a entendu.
Mais apparemment, le nirvana n'était pas pour lui.

"Je suis désolé. " marmonne-t-il en se reculant. Il s'assoit sur le lit, tire au hasard un bouquin dans le sac magique de Sam. Le sac à livres. Un sac rempli. Romans, théâtres et poèmes, un peu de tout - pour les soirées à s'emmerder -, Vonnegut ou RR Martin.
Ou un sombre poète du XIXème siècle français. Des vers qui tombent et riment - ça serait mieux dans la langue originale, bien sûr - et des bouts sans sens.
Jusqu'à un certain texte.

"Cas ? Je crois qu'on a quelque chose, là."