Cabinet du Dr Burke

- - Bonjour Kate. Nous n'avions pas rendez-vous aujourd'hui ?

- - Je sais, dit-elle dans un soupir

- - Vous êtes en colère ?

- - Non, non, je ne suis pas en colère.

- - Kate ?

- - Bon, oui, je suis en colère

- - Que s'est-il passé ? C'est le travail ?

- - Oui, et non

- - C'est-à-dire ?

- - Je suis sur une nouvelle enquête. Une tête a été trouvée par un passant.

- - Et ça vous pose un problème ?

- - Non, c'est une enquête comme une autre. Seulement, je ne peux pas en parler car je ne m'en suis pas occupée depuis ce matin.

- - Donc, il y a bien un problème. Kate, parlez-moi. Si vous êtes venue, c'est pour me parler. Alors ?

- - C'est le témoin.

- - Vous pensez qu'il est plus qu'un simple témoin, qu'il est coupable ?

- - Non. Je ne sais pas. Je ne le connais pas, ou plutôt plus.

- - Plus ? Soyez plus claire, je ne vous suis pas.

- - Il s'appelle Castle !

- - Oh !

- - Quoi, oh ?

- - Non, rien…

- - Attendez. Vous le connaissez, vous aussi ?

- - Pas vraiment.

- - Ne me dites pas que vous aussi vous m'avez menti ? Que vous aussi vous m'avez caché des choses, comme mes amis ?

- - Non, Kate. Je ne vous ai pas menti. Je vous rappelle que c'est vous qui parlez dans ce cabinet. Moi, je vous écoute et je tente de vous aider.

- - Donc, je vous ai déjà parlé de Castle ?

- - En effet

- - Et ?

- - …

- - Docteur, dites-moi ce que je vous ai dit. Je vous avertis, j'ai enfermé mes collègues et mon Capitaine dans un bureau pour qu'ils me disent ce qu'ils savaient, et j'ai obtenu gain de cause. Alors, je peux aussi le faire avec vous aussi. Ou alors je peux changer de docteur, et dans ce cas lire mon dossier. Mais, je préfèrerai que ce soit vous qui me parliez car je vous fais confiance. Vous m'avez beaucoup aidé pendant ces deux années, alors j'espère que vous allez continuer. Le Dr Parish m'a déjà résumé notre partenariat de quatre ans et l'équipe vient de faire la même chose avec mon accident. Mais, je veux savoir ce que moi j'ai dit, ce que je pensais de mon équipier. Je crois que j'en ai le droit. Et ça pourrait peut-être m'aider à me rappeler.

Le Dr Burke réfléchissait. Il connaissait la jeune femme depuis trois ans. Au début, elle n'était venue le voir que vous avoir son accord pour reprendre son poste après la fusillade au cimetière. Mais elle était revenue. Elle lui avait avoué qu'elle avait menti lors de son évaluation. Et ce jour-là, elle lui avait demandé son aide pour reconstruire sa vie afin qu'elle puisse vivre comme elle le souhaitait, avec l'homme qu'elle aimait.

- - Kate…

- - S'il vous plaît, docteur. Aidez-moi.

- - D'accord. Mais je ne sais que ce que vous m'avez raconté et cela ne remonte qu'à trois ans. Et vous ne m'en avez parlé que pendant un an, puisqu'il y a eu…

- - L'accident. Je comprends. Ce que je veux savoir, c'est si on était seulement des équipiers, ou si nous avions une liaison.

- - Je vous répondrais non, Kate. Vous n'aviez pas de liaison.

- - Quoi ? Mais les journaux insinuaient… Même Lanie a sous-entendu…

- - Monsieur Castle… Comment dire… Votre histoire avec lui n'est pas simple.

Quand vous vous êtes fait tirer dessus au cimetière…Outre le fait que monsieur Castle vous a sûrement sauvé la vie, il vous a aussi avoué qu'il vous aimait. A votre réveil, vous avez joué la carte de l'oubli car vous n'étiez pas prête. Pas prête à entendre cet aveu, mais surtout pas prête à vous lancer dans une aventure, et surtout, vous pensiez abandonner votre mère si vous vous permettiez d'être heureuse. Au fil des mois, le comportement de monsieur Castle vous a rassuré sur ces sentiments. Et vu la façon dont vous en parliez, vous étiez sur le point de lui avouer les vôtres. Le seul problème que vous avez soulevé lors de votre visite avant l'accident, c'était qu'il avait recommencé à venir au commissariat avec une « bimbo » à son bras et qu'il travaillait avec un autre flic…

- - Lanie m'en a parlé. Il avait découvert mon mensonge …

- - Nous en avons discuté et finalement déduit qu'il essayait peut-être de se protéger émotionnellement, le temps que vous preniez votre décision.

- C'est tout ce que je peux vous dire sur votre relation avec monsieur Castle.

- - Mais d'après vous, les sentiments de Castle étaient sincères. Et moi, j'en étais où ?

- - Vu ce que vous m'en avez dit je dirai que monsieur Castle était sincèrement amoureux de vous et était prêt à tout pour vous, y compris mettre sa propre vie en danger. Quant à vous, vous étiez sur le point de franchir le pas. Je crois que sans cet accident, vous seriez ensemble aujourd'hui. Voilà ce que je pense Kate.

- Kate ? Kate, vous m'entendez ? Kate, ça va ?

- - Hein… euh, oui, ça va. J'ai juste mal à la tête.

- - Mal comment ?

- - J'ai l'impression d'avoir des maracas dans la tête.

- - Attendez, je vais vous donnez quelque chose.

- - Merci.

- - Il faut vous reposez Kate. Je pense que vous avez reçu trop d'informations aujourd'hui.

- - Oui, je vais rentrer.

- - Et, Kate ?

- - Oui ?

- - Si le mal de tête persiste, promettez voir d'aller voir votre neurologue.

- - D'accord

- - Kate ?

- - Je vous le promets.

Au loft

Il n'avait pas réussi à dormir, pourtant il était épuisé.

Cela faisait trois mois qu'il était revenu et que tout se passait relativement bien : il sortait la nuit et restait chez lui le jour. Il avait suffi qu'il la revoit, qu'il la revoit une fois, pour que tout lui revienne, comme s'il ne l'avait jamais quitté.

Finalement, il s'était levé et douché.

Il était dans la cuisine en train de se préparer quelque chose à manger quand il entendit la porte de l'appartement s'ouvrir.

- - Bonjour, vous deux

- - Papa, dit la jeune fille en montant dans sa chambre sans un regard.

- - Bonjour mon chéri. Tu es en retard aujourd'hui. D'habitude, tu es dehors à cette heure-ci.

- - Je ne sors que le soir, et là il fait encore un peu jour !

- - Oh, désolée ! Je pensais que tu sortais à heure fixe. J'espère que tes nuits se passent bien, ainsi que tes journées d'ailleurs.

- - Si on veut. Vous avez déjà dîné ? Car je suis en train de préparer le repas…

- - Ne te tracasse pas pour nous. Nous avons des projets pour ce soir. Une amie m'a demandé de passer la voir et Alexis a décidé de m'accompagner.

- - Je sais mais il n'est qu'à 20 H ton rendez-vous !

- - Comment tu sais ça ? Tu as mis mon téléphone sur écoute ?

- - Non, mais je sais que tu as rendez-vous avec ELLE.

- - Comment tu peux le savoir, je doute que Ka…

- - Je ne veux pas qu'on prononce son nom ici, tu le sais.

- - Tu ne m'en empêcheras pas. Kate a toujours été la bienvenue ici et c'est notre amie, à ta fille et moi.

- - Je te rappelle que tu es chez moi, ici

- - Au s'il n'y a que ça pour te faire plaisir, je trouverai un appartement. Et au besoin, je peux rester à mon école. C'est ce que tu veux ?

- - Je partirai avec grand-mère, dit sa fille qui était redescendu

- - Je te rappelle que je suis ton père, jeune fille

- - Et moi je te rappelle que je suis majeure et que depuis deux ans je me débrouille sans toi. Et puis de toute façon, je vais emménager avec Max dans peu de temps !

- - Max, qui c'est ce Max ?

- - Quelqu'un que je connais. Grand-mère, tu devrais te préparer. On doit encore passer prendre notre commande avant d'aller chez Kate.

- - J'y vais Alexis, à tout de suite

- - Alors comment sais-tu que nous allons vous voir ? demanda sa fille

- - J'étais à côté d'ELLE quand ELLE a appelé ta grand-mère

- - A côté d'ELLE ? Vraiment ?

- - Oui, vraiment

- - Et on peut savoir pourquoi tu es allée la voir, puisque tu ne le voulais plus.

- - Pendant ma sortie nocturne, j'ai trouvé quelque chose qui m'a obligé a appelé le 911, et c'est ELLE qui est venue.

- - Les retrouvailles se sont bien passées ?

- - Pas vraiment

- - Qu'est-ce que t'as fait ?

- - Je me suis un peu emporté et je LUI ai dit ma façon de penser

- - Quoi ? Mais ça ne va pas. T'as pas remarqué qu'elle n'était pas au mieux de sa forme, qu'il fallait la ménager

- - ELLE ne pas paru aussi fragile que ça malgré son état !

- - Si tu lui as fait du mal …

- - Qu'est-ce qu'il se passe ma chérie ? Pourquoi tu cries ? demanda Martha

- - C'est papa, il a vu Kate

- - Oh, mon Dieu, j'espère que tu n'as rien fait d'irréparable, dit sa mère. Alors c'est pour ça qu'elle veut me voir. Qu'est-ce que tu lui as dit ?

- - Rien de particulier. Elle t'a appelé quand ELLE a su que je m'appelais Castle et vous aussi !

- - Alexis, on y va. Tu passes chez le traiteur et tu me rejoins chez Kate, d'accord ? j'espère que tout va bien.

- - Eh, attendez, je vous assure ...

Elles étaient déjà partie.

Dans un appartement

Kate était rentrée.

Après avoir vu le Dr Burke, elle était passée chez son kiné, Roger. Il avait tout de suite remarqué que quelque chose n'allait pas et qu'il devrait sûrement reporter leur séance. Après avoir appris qu'elle avait mal à la tête, il lui avait proposé un petit massage de relaxation. Elle avait accepté. Il lui avait fait un massage crânien et des cervicales. Cela lui avait fait du bien, à moins que ce que lui avait donné le Dr Burke agissait. Il lui avait conseillé de prendre un bain bien chaud, histoire de détendre tous ses muscles.

Elle était donc dans un bain bien chaud. Elle avait les yeux fermés. Si quelqu'un l'avait observé, il aurait pensé qu'elle s'était endormie. En fait, non. Elle essayait de se détendre, laissant l'eau chaude faire son action sur toutes ses blessures, tant physiques que morales. La seule chose qu'elle n'arrivait pas à détendre c'étaient son cerveau. Il tournait à plein régime. Elle mettait de l'ordre dans toutes les informations qu'elle avait reçu toute la journée. Elle avait toujours mal à la tête. Quand l'eau commença à refroidir, elle sortit de son bain. Après s'être sécher, elle enfila un jogging et un T-shirt grande taille.

Elle passa par la cuisine pour se prendre une bière et alla s'asseoir sur son canapé. Elle avait allumé sa télé mais ne la regardait pas. Elle regardait son intérieur. C'était le seul endroit où elle pouvait se déplacer sans béquille et sans fauteuil. Elle était libre de tout mouvement. Elle était bien chez elle.

Une sonnerie la sortit de ses pensées

Elle se dirigea vers sa porte et découvrit Martha

- - Tu es en avance, Martha ! Bonsoir

- - Oui, je sais. Je te dérange. Je peux revenir plus tard.

- - Non, ça va, entre

Martha embrassa Kate et l'observa

- - Tu as une petite mine aujourd'hui. Des problèmes au travail ou c'est… Richard ?

Martha n'avait jamais eu sa langue dans sa poche. Kate la regardait, surprise. Cette femme avait toujours su la surprendre. Pendant ses longues semaines d'hospitalisation, elle était venue la voir régulièrement. Elle arrivait à la faire rire, même quand sa rééducation la faisait souffrir à la faire pleurer. Elle pouvait tout lui dire. Au fil du temps, elle la considérait un peu comme la mère qu'elle n'avait plus.

- - Euh, non.

- - Non, quoi ?

- - Pas de problème au travail.

- - Alors c'est Richard ! Je m'en doutais.

- - Attends. De quoi tu parles ? Comment tu sais que j'ai vu ton fils ?

- - Il me l'a dit tout à l'heure ! Qu'est-ce qu'il a fait ?

- - Rien. Avant de t'énerver, je vais t'expliquer, d'accord ?

- - Je t'écoute

- - Il a fait une découverte assez macabre ce matin il a appelé le 911 et ils m'ont contacté. Mais il n'a rien fait.

- - Alors pourquoi tu as une mine aussi affreuse ?

- - Je te remercie ! En fait, je me suis rendu compte que, pour mon bien et à cause des médecins, vous m'aviez caché des choses importantes de mon passé.

- - Richard ?

- - Oui. Et les circonstances de mon accident. C'est pour ça que je t'ai appelé ce matin. Mais depuis, j'ai obtenu les informations que je voulais.

- - Donc, tu sais tout.

- - Je sais ce que mes amis et mon psy m'ont dit. Mais toi, qu'est-ce que tu peux m'apprendre ?

- - Que puis-je t'apprendre que tu ne sais pas ?

- - Est-ce… qu'il m'aimait ?

On sonna à la porte

- - Ne bouge pas, j'y vais, ce doit être Alexis.

- - Alexis ?

- - Entre ma chérie.

- - Bonjour Kate, dit la rouquine. Oh, t'as mauvaise mine ?

- - Bonjour Lex et merci pour le compliment. Décidément, ta grand-mère et toi…

- - Je lui ai déjà dit, signala Martha

- - Bon, qu'est-ce que tu nous ramènes de bon ?

- - Chinois !

Kate se leva pour aller chercher des couverts et des boissons en prenant soin de dire à ses deux invités de ne pas bouger. Le repas se déroula dans une ambiance bonne enfant. Alexis raconta ses dernières journées à la fac et en profita pour demander quelques conseils à Kate puisqu'elle prenait des cours de droit. Elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait faire par la suite. Elle hésitait entre avocat ou inspecteur comme Kate. Et pendant ses congés, elle continuait à travailler avec Lanie. Quant à Martha, elle parlait de ses élèves, du prochain spectacle qu'elle préparait, des costumes qu'elle devait réaliser… Kate, elle, leur raconta sa journée depuis l'apparition de leur fils et père et le fruit de ses recherches. Elles rirent aux éclats quand elles apprirent qu'elle avait osé enfermer Gates dans son bureau. Par contre, quand elle leur parla de son mal de tête qui durait depuis des heures, elles s'inquiétèrent aussitôt. Kate les rassura en leur disant que le Dr Burke lui avait donné quelque chose.

Ensuite, elles débarrassèrent la table et firent la vaisselle. Puis, elles se réinstallèrent dans le salon.

Elles se regardaient, ne sachant pas quoi dire, quel sujet lancer. C'est Kate qui attaqua :

- - Martha, je t'ai posé une question avant qu'Alexis arrive.

- - Vous voulez que je vous laisse, dit la jeune rouquine

- - C'est à ta grand-mère de décider

- - Non, je pense que tu peux rester. Tu en sais autant que moi, et si je me trompe ou si j'oublie quelque chose, tu pourras intervenir.

- - D'accord. Mais on doit parler de quoi ?

- - Kate veux savoir si ton père…avait des sentiments pour elle.

- - Oh ! Ben, la réponse est facile ! Je ne l'ai jamais vu aussi amoureux. Même avec maman et Gina !

Kate et Martha se regardèrent, et rirent

- - Qu'est-ce qui vous fait rire ? C'est la vérité

- - Et…moi ? hésita Beckett

- - Je dirai que c'était réciproque, dit Alexis

- - Je confirme, dit Martha. Je me rappelle, quand on a été pris en otage dans la banque. Quand tout a été fini, tu es entrée et la seule chose que tu arrivais à prononcer c'était son nom. Et quand tu l'as vu, tu t'es agenouillé devant lui pour lui détacher les mains et tu as saisi le col de veste. Mon Dieu, tu avais un de ces sourires… Et vos regards. Je ne vous aurai pas coupé pour que tu me détaches les mains, je crois que tu l'aurais embrassé.

- - Martha !

- - Ah, il faut appeler un chat, un chat !

- - C'est vrai, Kate ! Je vous ai vu à la morgue quand tu passais voir Lanie avec lui. Vous n'aviez pas besoin de parler, vos regards suffisaient. Et vos sourires. Je n'ai jamais vu des yeux aussi expressifs. C'était comme si vous étiez plongés dans une bulle où personne ne pouvait entrer. Dans ces moments, vous étiez seuls au monde. Vous étiez des âmes-sœurs !

- - Mais alors, si ses sentiments étaient si forts, pourquoi est-il parti ?

- - Alors ça ! dit Martha. Je crois qu'à part lui, tu es la seule à le savoir. Mais c'est enfoui quelque part dans un coin de ta cervelle. Tout ce que je sais, c'est qu'il est passé te voir un soir. Il avait un truc important à te dire. Alexis l'a vu à son retour.

- - Oui, c'est vrai. Il regardait la tenue que je devais mettre le lendemain pour la remise des diplômes. Sur le coup, j'ai bien remarqué qu'il y avait un problème mais il a fait comme si de rien n'était. Et j'étais tellement obnubilé par mon discours que je n'ai pas relevé. C'est par la suite, que je me suis aperçu qu'il n'était pas comme d'habitude, qu'il avait perdu cette petite étincelle qu'il avait dans les yeux. A la place, il y avait des larmes Mais je ne les ai jamais vues couler. Le lendemain, il est venu à la remise de diplôme et à la fin de la fête, il nous a annoncé son départ. Voilà, c'est tout.

- - Donc, tout a basculé la veille de mon accident ? Qu'est-ce que j'ai pu lui faire ?

- - Arrête de te faire des reproches, dit Martha. Pendant quatre ans, vous avez joué au jeu du chat et de la souris. Vous étiez aussi têtus l'un que l'autre. Aucun de vous n'a voulu exprimer ce qu'il ressentait pour l'autre. La seule fois où Richard a osé te dire qu'il t'aimait, tu venais de te prendre une balle dans le cœur. Tu n'es pas plus coupable que lui. Il y a autant de reproches à faire d'un côté comme de l'autre.

- - Donc, si je veux savoir ce qu'il s'est passé, je n'ai pas trente-six solutions : soit, je retrouve la mémoire, soit, je dois parler avec Castle !

- - Eh, il te reste quelque chose de ton passé !

- - Quoi ? Comment ça ?

- - Oui, grand-mère, tu as raison ! Kate, tu n'as jamais appelé papa autrement que Castle.

Il se faisait tard. Les deux rouquines décidèrent de partir car elles savaient que Beckett devait se reposer. Elles s'embrassèrent et se souhaitèrent une bonne nuit.

Quelque part dans Central Park

Après le départ de sa mère et de sa fille, il n'avait pas eu le cœur à manger. Il avait une boule au creux de l'estomac, l'empêchant d'avaler quoi que ce soit.

Tous ces souvenirs remontaient. Il avait l'impression d'avoir un tsunami dans la tête. La vague arrachait toutes les barrières qu'il avait mis tant de temps à mettre en place. Son cœur s'emballait, ses poumons le brûlaient, sa tête lui faisait mal. Il prit une veste, et sortit.

Ses pas l'avaient mené à Central Park. Il était assis sur un banc, les yeux dans le vague. Son visage était noyé sous les larmes. Ses coudes étaient appuyés sur cuisses, ses mains enserrant sa tête qui allait exploser sous le flot des souvenirs. Il souffrait, plus qu'il n'avait jamais souffert.

Il se remémorait toutes les belles choses qu'il avait vécues avec ELLE.

Il revoyait son sourire quand il lui apportait son café le matin, la façon qu'elle avait de lever les yeux au ciel quand il faisait une de ses théories loufoques, leurs échanges les yeux dans les yeux et qu'ils ne se retrouvaient plus qu'eux deux comme s'il n'y avait plus personne autour d'eux, la façon qu'ils avaient de finir les phrases de l'autre. Il se souvenait que d'un simple regard, ils étaient capable de savoir ce qu'il se passait dans la tête de l'autre. Ils étaient en symbiose parfaite…

C'était tellement vrai, que pendant son absence, il n'avait pas trouvé une seule femme qui aurait pu la remplacer. Il se rendait compte, que même s'il n'avait pas pensé à ELLE, croyant l'avoir enfin oublié, qu'il avait comparé toutes ses rencontres avec ELLE. Aucune n'avait pu prendre sa place, aucune n'était ELLE. Il fallait qu'il soit réaliste : il était toujours amoureux d'ELLE.

Mais c'est lui qui l'avait abandonné. C'est à cause de lui qu'ELLE était devenue ce qu'ELLE était aujourd'hui. Il se rappelait mot pour mot la dernière discussion qu'ils avaient eue ce jour-là, la veille de son départ, la veille de cet accident stupide.

FLASH BACK

Ce soir-là, il s'était présenté à son appartement. Il devait la convaincre de laisser tomber l'enquête sur sa mère. Elle lui avait ouvert avec un grand sourire et lui avait expliqué qu'Esposito avait trouvé une piste. Alors qu'elle commençait à lui expliquer ce qu'ils allaient faire pour trouver le sniper, il l'interrompit :

- - Vous devez arrêter ça… Cette enquête, il faut que vous l'arrêtiez

- - Castle, on en a déjà parlé. Je vais bien. Je maitrise la situation.

- - Non ce n'est pas vous qui maitrisez la situation, ce sont eux. Et si vous n'arrêtez pas, ils vous tueront Kate

- - Mais qu'est-ce qui vous prends ?

- - Avant que Montgomery aille dans ce hangar, il a envoyé un paquet à une personne, un ami en qui il avait confiance. Ce paquet contenait une information qui met en péril la personne qui est derrière tout ça. Montgomery voulait vous protéger mais le paquet n'est pas arrivé à temps et on vous a prise pour cible à ses funérailles. L'ami de Montgomery a pu conclure un accord avec eux : s'ils vous laissaient tranquille, ce paquet et cette information qu'il contenait ne reverraient jamais la lumière du jour. Ils ont accepté mais à une seule condition : que vous ne les inquiétiez plus… C'est la raison pour laquelle vous êtes en vie, Kate, vous ne les inquiétiez plus.

- - Comment vous savez tout ça ?

- - Pour que ça marche, quelqu'un devait s'assurer que vous ne poursuiviez pas l'enquête…

- - Vous n'êtes pas là-dedans ?

- - Je voulais vous protéger avant tout

- - En omettant de me dire la vérité sur la chose qui me touche le plus dans ma vie ?

- - C'était uniquement pour vous protéger

- - Je suis assez grande pour le faire toute seule. Ce que je voulais c'était une piste et vous me l'avez caché pendant un an. Qui est cet homme ? Comment l'avez-vous trouvé ?

- - Ce n'est qu'une voix au téléphone, ce n'est… ce n'est qu'une ombre dans un parking…

- - Vous l'avez rencontré ? Comment pouvez-vous être sûr qu'il n'a pas commandité le meurtre de ma mère ? Qu'il n'est pas impliqué ? Et comment avez-vous pu me faire ça ?

- - Parce que je vous aime… Mais vous le savez déjà, non ? Vous le savez depuis un an !

- - J'ai du mal à y croire. Vous me dites ça maintenant alors que vous venez tout juste de m'avouer que vous m'avez trahi

- - Kate, écoutez-moi…

- - Que je vous écoute, pourquoi voulez-vous que je vous écoute ? expliquez-moi comment je pourrai croire un instant ce que vous pourriez me dire ?

- - Comment vous pourriez ? Mais pour tout ce que nous avons vécu ensemble. J'ai été là pendant 4 ans, 4 ans à attendre que vous ouvriez les yeux pour voir que j'étais là pour vous seule. Je suis plus qu'un coéquipier. Si tous les matins je vous apporte votre café c'est pour voir un sourire illuminé votre visage parce que je crois que vous êtes la personne la plus remarquable, la plus frustrante, exaltante et la plus exaspérante que j'ai jamais connu… Et je vous aime. Si jamais ça compte un tant soit peu, ne vous obstinez pas dans cette quête qui ne vous mènera qu'à votre perte

- - Si vos sentiments comptent un tant soit peu, et qu'est-ce que vous avez fait des miens en concluant un accord pour moi comme si j'étais une enfant alors qu'il s'agissait de ma vie. La mienne. Vous n'aviez aucun droit de faire ce choix

- - Si vous poursuivez vos recherches, ce sont eux qui feront un choix. Ils enverront quelqu'un pour vous tuer

- - Ah, oui, eh bien je l'attends. Ils ont envoyé Coonan et je l'ai tué. Ils ont envoyé Lockwood, et Lockwood a été tué, alors que moi je suis toujours là,Castle, et je suis prête

- - Vous êtes prête. A quoi ? A mourir pour votre cause ? ce n'est plus une enquête sur un homicide, c'est une guerre qu'ils vous ont déclaré

- - Si c'est la guerre qu'ils veulent, croyez-moi ils vont l'avoir. J'irai même les chercher si besoin est.

- - Je suppose que tout ce que je pourrais dire ne servirait à rien ?

- -

- - Très bien… Oui vous avez raison, c'est votre vie. Vous pouvez vous en débarrasser si vous le souhaiter mais moi je ne vais pas rester là à vous regarder faire. Alors… C'est fini… Je m'en vais.

Voilà comment il en était arrivé là. Voilà pourquoi ELLE en était là.

Il n'avait pas respecté sa promesse, leur « Always ». Pour les autres, ce n'était qu'un simple mot. Mais pour eux, ça voulait tout dire. Pour eux c'était : « je serai toujours là pour toi », « je te protègerai »… Tout était de sa faute. S'il était resté, s'il l'avait suivi… ELLE avait raison : où était son équipier quand ELLE en a eu besoin ?

Il devait réparer son erreur. Mais comment ? Comment faire pour qu'ELLE se souvienne ?

Pour lui, ces quatre années avaient été les plus belles de sa vie. Mais pour ELLE, elles n'existaient plus, et lui non plus. Quatre années de balayées, en un claquement de doigts. S'il le fallait, il se rappellerait pour deux et lui parlerait de tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Mais pourquoi accepterait-elle de l'écouter ?