4H du matin, au 12th
Après le départ des deux rouquines, elle s'était couchée, espérant ainsi récupérer les heures perdues de la nuit précédentes. Mais, elle n'avait pas réussi à s'endormir. Elle avait des flashs qui surgissaient par moment, mais ils étaient tellement flous, qu'elle ne discernait rien. Et elle avait toujours mal à la tête. Elle s'était relevée, repris un bain. Sachant qu'elle n'arriverait pas à dormir, elle avait pris le chemin du commissariat.
Avant de s'installer à son bureau, elle s'était fait un café.
Elle allait s'asseoir, quand elle remarqua le tableau blanc. Les gars l'avaient mis à jour. Elle sourit. Depuis qu'elle était revenue, ils étaient aux petits soins pour elle. Ils arrivaient même à devancer ce qu'elle allait demander.
Elle s'était assise sur le bord de son bureau, prit le dossier que les gars avaient déposé et l'ouvrit. Afin de savoir où ils en étaient, elle devait étudier le tableau et le dossier simultanément. C'était plus facile pour la compréhension de l'affaire.
Elle n'en revenait toujours pas : elle ne se rappelait rien de sa vie personnelle, mais elle n'avait eu aucun problème pour reprendre son travail. Elle signait aussi ses rapports de la même signature qu'avant. Elle avait réussi son évaluation de tir sans aucune difficulté et avec la même réussite qu'avant ! Il y avait des petites choses comme ça qui lui étaient revenues normalement, sans qu'elle ne se pose de questions ou sans avoir à réfléchir avant. Mais par contre, tout ce qui la touchait personnellement s'était envolé, comme ce café avec un nuage de lait et une pincée de vanille dont Castle avait parlé… Castle… Elle regarda la chaise à côté de son bureau : elle s'était toujours demandé pourquoi elle était là, maintenant elle savait…
Elle était encore plongée dans ses réflexions quand Gates arriva.
- Kate, qu'est-ce-que vous faîtes là, de si bonne heure ?
- Je n'arrivais pas à dormir, alors je me suis dit que j'allais rattraper mon retard d'hier !
- Il n'y a pas de retard, Ryan et Esposito ont assuré l'intérim, vous savez
- Oui, j'ai vu et j'apprécie. Je m'excuse pour hier.
- Vous n'avez pas à vous excuser, Kate, c'est normal. On le sait tous ici que vous voulez vous souvenir, et on le comprend. On a fait ce qu'on a pu jusqu'à présent, avec ce que l'on savait, et en tenant compte des conseils de votre médecin mais on ne peut pas empêcher l'apparition d'éléments extérieurs. Il faudra bien que vous les affrontiez et nous aussi.
- Des éléments extérieurs, comme Castle ?
- Oui, comme Castle !
- Pourquoi ai-je l'impression que tu ne l'apprécies pas ?
Les deux femmes étaient devenues amies au cours de son hospitalisation et en étaient venues naturellement au tutoiement. Mais elles ne se tutoyaient pas pendant le service, sauf quand elles étaient seules. Cela c'était mis en place naturellement.
- En fait, je ne peux pas dire que je ne l'apprécie pas. Je peux même t'avouer que j'adore ses livres et notamment la série basée sur toi. Et je dois avouer que votre partenariat se passait bien, et que pour certaines enquêtes son esprit de déduction nous a été utile. Mais, ce que je n'ai pas aimé, c'est que le Maire me l'impose !
- Et tu n'aimes pas que l'on te force la main, hein ?
- Tout à fait. C'est qui Iron Gates, ici ?
Elles rirent mais Gates remarque que Beckett portait sa main à la tête
- - Kate, ça va ?
- - Oui, j'ai juste mal à la tête.
- - Tu as pris quelque chose ?
- - Non, mais ne t'inquiètes pas, c'est supportable. Ce doit être la fatigue.
- - Tu ne me caches rien ?
- - Non… Sinon, rien d'autre sur Castle ?
- - C'est un sujet qui t'intéresse, on dirait. A part votre partenariat, je ne sais pas grand-chose de votre relation. La première fois que je vous ai vu ensemble, je vous croyais en couple !
- - Toi aussi ?
- - Ce qui est clair, c'est qu'il y avait quelque chose ! Ensuite, j'ai essayé de te montrer que tu pouvais travailler sans lui, qu'il ne t'était pas particulièrement utile. Donc, lors d'une enquête, je t'ai gardé au bureau, pendant que les gars et Castle faisaient des recherches à Las Vegas.
- - Et ?
- - L'enquête a été résolue, mais tu n'as pas pu t'empêcher de les rejoindre ! Heureusement d'ailleurs, car le patron d'un casino voulait lui faire sa fête ! On aurait dit que tu avais comme un sixième sens dès qu'il s'agissait de lui ! Et c'était réciproque. Mais, j'ai dû m'avouer que lorsque vous étiez ensemble, vous étiez meilleurs, et en plus, il mettait de la bonne humeur dans le service ! Et vu le métier qu'on fait…
- - C'est vrai qu'avec ce qu'on voit…
- - Dis-moi ? Si, par hasard, il demandait à revenir ? S'il voulait refaire équipe avec toi ? Tu dirais quoi ?
- - Pourquoi il voudrait revenir puisqu'il est parti à cause de moi ?
- - Kate, attends. Personne ne sait pourquoi il est parti du jour au lendemain !
- - Il est venu me voir juste avant. Donc ça coule de source ! C'est peut-être moi qui lui ai demandé de s'en aller.
- - Tu n'en sais rien. Lui seul peut le dire. Mais, lui seul aussi peut t'aider à combler les trous que nous ne connaissons pas. Tout ce que tu as fait avec lui, tous ces moments que vous avez passé ensemble… Et il te connaissait tellement bien, il arrivait à lire en toi comme dans un livre. Rien qu'en te regardant, il connaissait ton humeur, il pouvait te dire à quoi tu pensais… Il pourrait t'aider, crois-moi.
- - C'est toi la chef ici, fais comme tu le sens. Et après tout, je n'ai rien à perdre !
- - Oh, je dirai que tu as tout à y gagner si tu retrouves ta mémoire !
- - T'es une marrante, toi ! Tu crois que je ne vois pas où tu veux en venir ? Et tu te dis « Iron » ?
- - Tout à fait ! Et pour te le prouver : Lieutenant, au boulot ! Mais avant, viens, je te paye un café !
Bureau du Dr Burke
- Bonjour, monsieur Castle, et merci d'avoir accepté de me rencontrer. Prenez place.
- Bonjour. Vous ne m'avez rien dit au téléphone, mis à part que vous suiviez mademoiselle Beckett, mais pourquoi voulez-vous me voir ?
- Eh, bien justement, pour parler d'elle.
Castle se leva
- Je n'ai rien à dire LA concernant. Cela fait deux ans que je ne l'ai pas vu. Vous feriez mieux de vous adresser à ses amis.
- J'ai déjà discuté avec ses amis et collègues, j'ai même vu votre mère et votre fille…
- Comment ça ? De quel droit vous êtes-vous permis…
- Je vous arrête de suite. Je ne leur ai rien demandé. Elles se sont proposées d'elles-mêmes pour m'aider, ainsi que pour aider votre amie
- ELLE n'est plus mon amie depuis deux ans.
- Mais vous l'avez été ? Non ?
- C'est loin tout ça maintenant.
- Je voudrai justement revenir sur votre partenariat. J'ai besoin d'en savoir un peu plus. Voyez-vous, mademoiselle Beckett est venue me voir pour que je lui parle de vous.
- Mais vous ne me connaissez pas !
- En effet ! Tout ce que je sais sur vous, c'est ce que mademoiselle Beckett m'a dit, il y a trois ans, après qu'elle ait été blessée. Et c'est ça qu'elle voulait savoir.
- Eh, bien, vous n'aviez qu'à lui dire !
- C'est ce que j'ai fait.
- Bien ! Mais je ne vois toujours pas pourquoi vous m'avez demandé de venir vous voir ? Comme je vous l'ai dit, je n'ai plus de contact avec ELLE depuis deux ans et je ne sais plus rien de sa vie. Donc qu'est-ce que vous voulez de moi ?
- Je souhaite vous connaître monsieur Castle !
- Vous n'avez qu'à aller sur internet, ou vous n'avez qu'à lire la presse people !
- Non, vous ne m'avez pas compris. Je veux connaître l'homme, celui dont mademoiselle Beckett me parlait lors de ses séances, je veux savoir qui vous êtes quand vous n'êtes pas sous les projecteurs !
- Elle vous parlait de moi ? Qu'est-ce qu'ELLE a dit ?
- Je ne peux rien vous dire à ce sujet, c'est confidentiel. D'ailleurs, cette conversation l'est aussi. Alors, dites-moi, qui êtes-vous ?
- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je suis un mec comme les autres. Je me suis marié deux fois, j'ai divorcé deux fois, j'ai une fille. Ma mère vit avec nous, c'est une ancienne actrice. J'écris des romans policiers. J'ai participé à des enquêtes au 12th pendant quatre années. Quoi dire de plus ?
- Tout le monde sait cela monsieur Castle. Parlez-moi de ce que les gens ne peuvent pas lire dans les journaux. Parlez-moi de votre collaboration avec mademoiselle Beckett.
- Je ne peux pas vous parler de cette collaboration, j'ai fait une croix dessus il y a deux ans et j'ai oublié tout ce qui avait un rapport avec ELLE.
Il commençait à se sentir mal. Il n'avait qu'une envie, partir.
- Vous avez oublié quatre années de votre vie ? Vous avez eu un accident ? dit le médecin, avec une petite pointe d'ironie
- Non, je n'ai pas eu d'accident. Sinon, croyez-moi, cela aurait été bien plus facile.
- Alors comment avez-vous fait pour oublier quatre années de votre vie ?
- Vous savez ce n'est pas aussi difficile que ça le paraît. Il vous suffit de compartimenter votre cerveau : dans un compartiment, vous placez les choses à oublier et dans l'autre, vous mettez celles dont vous voulez vous rappeler. Et avec du temps…
- Ah ! Et ça marche bien ? Et qu'est-ce qui se passe quand vous vous retrouvez face à un évènement ou une personne que vous avez placé dans votre compartiment « chose à oublier » ?
- Comment ça ?
- Vous avez revu mademoiselle Beckett récemment, que vous avez « oublié » selon vous dire. Alors, l'avez-vous reconnu ? Lui avez-vous demandé son nom ?
- Evidemment que je l'ai …
- Donc, votre méthode ne fonctionne pas. Et depuis votre rencontre ?
- Je ne l'ai pas revu. Et ne compte pas LA revoir.
- Ecoutez, monsieur Castle. On va arrêtez ce petit jeu. Je sais que vous n'avez pas oublié vos quatre années de partenariat avec mademoiselle Beckett. A moins d'avoir eu un sévère traumatisme crânien, il est impossible de perdre sa mémoire. Certains souvenirs semblent avoir disparus, mais ils sont gravés quelques part. En plus, quand je vous regarde, c'est évident. Vous tremblez, vous avez du mal à respirer, je suis sûr que votre cœur s'est accéléré et votre regard devient fuyant quand vous devez parler d'elle. Je ne cherche pas à vous faire souffrir, je veux seulement que vous m'aidiez à aider mademoiselle Beckett. Et qui sait, peut-être que cela pourra vous aider tous les deux !
- …
- Ne me regardez pas comme ça ! Sachant ce que mademoiselle Beckett m'a dit et après vous avoir observé, il n'y a pas de doute possible. Je vais faire une entorse au secret professionnel : je sais ce qu'il s'est passé il y a trois ans au cimetière, je sais ce que vous avez dit à mademoiselle Beckett avant qu'elle perde connaissance !
- Et ?
- Qu'en est-il maintenant ? Que ressentez-vous ?
- C'est difficile. Ça a toujours été compliqué entre nous. Si seulement, je n'étais pas parti ce jour-là…Si je l'avais accompagné, si j'avais tenu mon rôle d'équipier…
- Attendez. Vous n'êtes pas responsable de ce qui lui est arrivé !
- Mais j'aurai dû être là. Je lui avais promis que je serai toujours auprès d'elle.
- Mais rien ne nous dit qu'elle ne serait pas tombée. Il ne faut pas vous culpabiliser, ça ne sert à rien, à part vous faire du mal. Mais maintenant que vous l'avez revu, que comptez-vous faire ?
- Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Elle ne me connaît plus. Je suis le seul à me rappeler ces quatre années. Bien sûr, je pourrai les lui raconter. Après tout, je suis écrivain, je sais écrire des histoires. Mais raconter des choses vécues, ce n'est pas les vivre, ce n'est pas les ressentir.
- Mais vous pourriez peut-être essayer ?
- Je ne sais pas.
- Je vais vous poser une question personnelle : L'aimez-vous encore ? Soyez sincère avec vous-même.
- Evidemment que je l'aime, comme au premier jour. Depuis que je l'ai revu, tous mes sentiments sont remontés à la surface. Et l'a voir dans cet état, ainsi diminuée, ça me brise le cœur.
- Ne dites pas ça. Elle n'est pas diminuée. C'est vrai qu'il lui reste encore un long chemin à parcourir pour être à 100% de ses capacités physiques. Mais son amnésie ne l'a gêne pas dans sa vie courante. C'est vrai, il y a des moments plus durs que d'autres, quand par hasard elle croise des personnes qu'elle a connu avant et qu'elle ne reconnaît pas, ou quand elle ne reconnaît pas certains lieux. D'ailleurs, en parlant de ça, il y a un endroit qu'elle apprécie particulièrement, que ses amis ont découvert, et où elle se rend dès qu'elle a besoin de réfléchir. Vous le connaissez peut-être : c'est un petit parc, en face d'une librairie. Il n'a pas de nom, c'est un petit square de quartier où il n'y a que deux balançoires.
- Oui, je connais l'endroit. C'est là qu'on était allé quand elle était revenue après trois mois d'absence. Elle m'avait expliqué pourquoi elle ne m'avait pas donné de nouvelles et expliqué pourquoi elle ne pouvait pas avoir la relation qu'elle voulait avec un homme.
- Vous voyez, c'est avec ces petits détails que vous pouvez l'aider. Pas la peine de lui parler de vos enquêtes, il y a des dossiers pour cela. Mais parlez-lui de toutes ces petites choses qu'elle affectionnait. Et peut-être que le déclic se fera !
- Mais comment ? Je ne vais pas débarquer chez elle comme ça ?
- Non, mais si vous le permettez, je vais appeler madame Gates et lui demander de vous reprendre comme consultant.
- Alors, là, ça relèverait du miracle. Elle ne m'a jamais apprécié. Et je ne sais pas si les autres vont accepter, vu la façon dont ils m'ont abordé !
- Je vous garantis que madame Gates acceptera. Pour les autres, il faudra que vous vous expliquiez. Tout ce qu'ils veulent c'est savoir pourquoi vous êtes parti et surtout pourquoi vous n'avez pas répondu à leurs appels. Sinon, vous comptez reprendre quand ?
- Je ne sais pas encore. Je dois réfléchir. Je ne vous promets rien
- Entendu. Quoique vous décidiez, sachez que vous pourrez retourner au 12th à n'importe quel moment. Et si besoin, passez me voir. Je pourrais aussi vous aidez ! - Merci docteur.
9H – Bureau de Gates
Beckett était allongée sur le canapé du Capitaine. A côté d'elle, se trouvait Gates et le Dr Taylor. Quand elle l'avait vu arriver, elle avait été surprise. Mais elle sut très vite ce qu'il se passait quand Gates était sortie de son bureau pour venir l'accueillir.
- - Bonjour docteur et merci d'être venu aussi vite
- - De rien Capitaine. Je vous l'ai déjà dit. Au moindre problème, vous m'appelez, de jour comme de nuit.
- - Qu'est-ce que vous faîtes là ? demanda Beckett
- - Il paraît qu'une certaine personne a mal à la tête, et ne me l'a pas dit ?
- - Mais ce n'est qu'un mal de tête ! Je ne vais pas faire une annonce officielle à chaque fois que j'ai un bobo !
- - Kate, vous savez que de toutes vos blessures, la plus grave est votre traumatisme crânien. Donc dès qu'une douleur apparaît, aussi minime soit-elle, vous devez me prévenir.
- - Je sais…
- - Venez, rejoignons votre Capitaine dans son bureau, elle nous attend.
- Et donc, elle s'était allongée sur le canapé
- - Depuis quand souffrez-vous de la tête ? Et ne me mentez pas
- - Ça a commencé hier après-midi. J'en ai parlé avec le docteur Burke, qui m'a donné quelque chose, et ensuite, Roger a essayé de me soulager. Quand je suis rentrée chez moi ça allait un peu mieux, mais la douleur est revenue peu à peu et depuis elle est restée. C'est pour ça que j'étais là si tôt ce matin. Je n'arrivais pas à dormir.
- - D'autres symptômes associés à cette douleur ?
- - Non, rien. J'ai des flashs qui apparaissent mais comme d'habitude. C'est toujours flou. Je devine bien des visages mais impossible de voir. C'est comme si on avait oublié de mettre le décodeur, comme si c'était une émission cryptée.
- - Y-a-t-il eu quelque chose de particulier hier qui aurait pu entraîner ces maux de tête ?
- - Non, rien…
- - Si, son ancien équipier est réapparu et elle a passé la journée à faire des recherches, lâcha Gates. Elle nous a même enfermés dans ce bureau pour obtenir ce qu'elle voulait. Donc nous lui avons parlé de l'accident et de son partenaire.
- - Kate, ça s'est passé comment avec monsieur Castle ?
- - Vous le connaissez aussi ? Décidément !
- - Non, je ne sais que ce que vos amis m'ont appris. Il fallait que je connaisse votre vie pour savoir l'étendue des dégâts dans votre cerveau. Mais sinon, je vous promets, je ne l'ai jamais vu.
- - Je dirai que ça ne s'est pas très bien passé, repris Gates. Quand il a revu Kate, il a pensé qu'on lui faisait une blague, donc j'ai dû lui expliquer la situation. Ensuite, Kate a voulu parler avec lui mais la discussion est partie en vrilles, le ton est monté et Castle est parti. Ensuite, Kate a fait ses recherches.
- - Kate, je vous ai expliqué qu'il fallait y aller doucement. Votre cerveau n'est plus le même qu'avant. Les informations doivent arriver au compte-gouttes. Si vous en recueillez trop en une seule fois, il n'arrive pas à faire le tri. C'est pour cela que vous souffrez. Je vais vous faire une injection qui devrait vous soulager d'ici une vingtaine de minutes, et je vais vous faire une ordonnance. Vous suivrez le traitement que je vais vous prescrire pendant 10 jours. On est bien d'accord ?
- - Oui, Docteur.
- - Donnez-moi l'ordonnance, je m'en occupe, fit Gates
- - Je peux le faire…
- - Je n'en doute pas, mais de cette façon je suis sûre que tu auras ton traitement dans la matinée !
- - Bien. Sur ce, mesdames, je vous laisse. Kate, vous vous reposez le temps que le produit agisse.
Bureau de Beckett
Une heure après, Beckett avait rejoint son équipe. Elle allait mieux. Même si le produit avait agi rapidement, Gates l'avait obligé à rester allonger.
- - Bien, vous en êtes où ? demanda-t-elle
- - Eh bien, on sait que son père est à Sing-Sing et on a pris rendez-vous avec son éditeur. Il nous attend, lui dit Esposito
- - OK, je vais appeler la prison pour leur dire que je passerai voir monsieur Yushka en début d'après-midi.
- - Je t'accompagne, si tu veux, proposa Ryan
- - Non, ça ira. Et puis, il faut encore fouiller dans sa vie privée. Je vous ai fait perdre assez de temps hier.
- Pendant qu'elle attaquait les recherches, les gars partirent pour la maison d'édition.
Une maison d'édition à New York
- - Bonjour, messieurs, que puis-je pour vous ?
- - Pourriez-vous nous parler de Ilona Yushka ?
- - Mademoiselle Yushka avait passé un contrat avec nous pour son premier livre, et nous l'avons revu il y a une semaine. Elle nous a annoncé qu'elle avait l'intention d'en écrire un nouveau.
- - Sur quel sujet ?
- - Elle n'a rien dit. Mais c'était sûrement encore sur la mafia russe. Elle ne connaissait que ce sujet.
- - C'est tout ?
- - Après qu'on lui ait fait une avance, elle est partie.
- - Une avance de combien ?
- - 100 000 dollars.
- - Tant que ça ?
- - Oh, vous savez, ce n'est pas beaucoup. Si on considère ce que le premier livre a rapporté, on pouvait espérer encore mieux pour le second.
- - Merci bien pour ces renseignements. On vous recontacte si besoin.
Retour au 12th
Beckett avait passé le reste de la matinée à faire des recherches sur la victime. Le tableau blanc se remplissait avec les nouveaux éléments qu'elle avait trouvés.
Quand les gars arrivèrent, ils la trouvèrent assise devant le tableau. Esposito lui fit un rapide résumé de ce qu'ils avaient appris, pendant que Ryan notait les informations.
En début d'après-midi, elle leur demanda d'approfondir les recherches sur l'académie où elle avait ses études, ainsi que sur une certain Kenneth Strike, qu'elle semblait voir fréquemment. Puis elle leur dit qu'elle se rendait à Sing-Sing pour voir le fameux Yushka, et qu'à l'issue de son entretien, elle rentrait directement chez elle, mais qu'en cas de besoin, il pouvait la contacter. C'était une précision inutile, car depuis sa reprise, il ne l'appelait jamais, préférant la laisser se reposer le plus possible. S'ils découvraient vraiment des choses importantes, Gates en était avertie. Voilà comment cela se passait depuis son retour.
Salle d'interrogatoire de Sing-Sing
Beckett avait été introduite dans la salle avant le détenu. Devant laisser au poste de garde tout ce qui pouvait représenter une arme, elle avait dû aussi y laisser ses béquilles. Donc pour ne pas se montrer diminuer, elle avait demandé à pouvoir y pénétrer la première.
Vladimir Yushka entra dans la pièce, pieds et mains menottés, accompagné de son avocat.
- - Il me semble que j'avais demandé à le voir seul, dit Beckett
- - Il a voulu que je sois présent, répondit l'avocat
- - Monsieur Yushka, je suis là au sujet de votre fille, dit Beckett, ignorant l'avocat.
Il la regardait fixement, mais ne disait rien. Beckett regarda l'avocat
- - J'ai conseillé à mon client de ne rien dire
- - Je vous rappelle que je ne viens pas le voir comme suspect, mais comme témoin
- - Cela n'empêche rien !
- - Bon, que pouvez-vous me dire sur le meurtre de sa fille ?
- - Mon client étant en prison, il ne peut en être accusé !
- - Oui, mais c'est elle qui a entraîné sa chute avec son livre. Ce sont vos hommes qui ont voulu se venger ?
- - …
- - Ou une bande adverse. On sait qu'elle allait en écrire un autre. Ils vous ont peut-être envoyé un message ?
Yushka se leva et fit signe au gardien de lui ouvrir la porte
- - Mais vous ne voulez pas savoir qui a fait ça ?
Il était sorti, laissant Beckett et son avocat seule
- - Je vous avais dit qu'il ne répondrait à aucune de vos questions
- - C'est pas grave. Il a juste confirmé ce que je pensais
- - C'est-à-dire ?
- - A moi de ne pas répondre, monsieur l'avocat. Au revoir
Au loft
Castle était en pleine réflexion.
Après son entretien avec le Dr Burke, il avait erré dans les rues, puis dans Central Park.
Il avait passé 2H avec cet homme qu'il ne connaissait, alors que lui le connaissait. Lui savait ce qu'il ressentait pour ELLE, lui savait ce qu'ELLE ressentait pour son équipier. Il lui avait demandé s'il pour L'aider à se rappeler.
Mais se rappeler quoi. Qu'il n'y avait jamais rien eu entre eux malgré leurs sentiments respectifs. Qu'aucun des deux n'avaient osé avouer quoi que ce soit, simplement par peur. Oui, la peur. Pour lui, la peur d'un amour non partagé, et pour ELLE, la peur que cela ne marche pas, la peur de le perdre comme elle avait perdu tous ceux auxquels ELLE s'était attachée.
Et puis lui rappeler leur partenariat, c'était aussi lui rappeler à lui. C'était faire ressortir tous ces moments passés ensemble qu'il avait désespérément enfoui au fin fond de sa mémoire. C'était l'obliger à se souvenir qu'il L'aimait plus que tout. Et que se passerait-il si ELLE se rappelait et qu'ELLE le rejetait ? Car si ELLE se rappelait, ELLE se souviendrait de leur dernière conversation. Et ELLE se rappellerait qu'il L'avait trahie.
Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, à l'issue, il resterait seul : s'il ne lui disait rien, ELLE ne le connaissait plus, mais s'il lui parlait, ELLE le quitterait pour ce qu'il avait fait.
Alors que devait-il faire : parler ou se taire ?
S'il ne parlait pas, s'il ne la revoyait pas, il finirait bien un jour par l'oublier complètement et définitivement ou alors il serait le seul à en souffrir.
S'il lui parlait… Il souffrirait aussi mais au moins ELLE éprouverait quelque chose pour lui : de la haine. Et ne dit-on pas que la haine est un sentiment très proche de l'amour. On ne peut haïr que celui qu'on a vraiment aimé.
Il prit son téléphone sur le bureau
- - Commissariat du 12th, Capitaine Gates.
- - C'est Castle
- - Oh, monsieur Castle, je note que vous vous rappelez mon numéro de téléphone !
- - J'ai vu le Dr Burke ce matin
- - Je sais !
- - A quelle heure dois-je me présenter demain ?
- - Faîtes comme d'habitude, monsieur Castle !
- - Entendu.
- - Oh, monsieur Castle ! En arrivant, vous passez par mon bureau ! C'est bien compris ?
- - Compris, Sir.
Au 12th
La journée touchait à sa fin. Gates ouvrit la porte de son bureau, et fit signe à Ryan et Esposito de la rejoindre.
Lanie arriva quelques minutes plus tard.
- - Asseyez-vous, je vous prie. Entretien privé !
- - Qu'est-ce qu'il se passe ? Un problème avec Kate ? demanda Lanie
- - Pas vraiment, répondit Gates. Bien que ce matin, j'ai fait venir le Dr Taylor.
- - Les maux de tête ? dit encore Lanie
- - Tu le savais ? demanda Javier
- - Je suis médecin, Jav, donc oui je savais que ça allait arriver un jour ou l'autre. Kate a perdu la mémoire suite à un traumatisme crânien plus que violent. Donc plus elle va chercher à se rappeler, plus elle va avoir mal à la tête. Et vu ce qu'elle a découvert depuis hier matin, crois-moi que ça a dû chauffer dans sa tête !
- - En effet, c'est ce qu'a dit le Dr Taylor, reprit Gates. Mais il lui a prescrit un traitement sur 10 jours pour la soulager. Et si elle n'essaie pas trop de retrouver ses souvenirs ou au moins pas tous en même temps mais progressivement, ça devrait aller. Donc, il va falloir qu'on la surveille. Tant qu'elle est au poste, il faut s'assurer qu'elle prend bien son traitement, celui du midi, et surtout, et ce point est important, s'assurer qu'elle n'essaie pas de trouver trop de choses concernant son passé.
- - Et quand elle n'est pas avec nous ? demanda Ryan
- - Sur ce point, je crois qu'on ne doit pas trop s'inquiéter. Ses fins de journées, elle les passe entre le Dr Burke et Roger, son kiné. Et après, elle rentre chez elle. Les seules visites qu'elle peut avoir ce sont les femmes Castle, nous et son père.
- - Bien, donc il faut surtout qu'on la surveille quand elle vient ici ! Pour le moment, elle ne devrait pas trop faire de recherches personnelles puisqu'on est au tout début d'une enquête, dit Esposito.
- - Oui, ça c'est le côté positif !
- - Qu'est-ce qui t'inquiète ? Tu veux qu'on la freine ? demanda Ryan voyant son visage se fermer
- - Ce qui m'inquiète, c'est que Castle m'a appelé.
- - Qu'est-ce qu'il voulait ? Il connaît ton numéro aujourd'hui ? Alors qu'il n'a pas appelé une seule fois en deux ans et qu'il ne nous a jamais répondu alors que Kate avait besoin de lui !
- - Calme-toi, Jav, dit Lanie. Il n'est pas responsable de l'état de Kate et ni toi. On ne sait pas ce qu'il s'est passé. Il n'y a que lui et Kate qui savent. Alors, pourquoi il t'a appelé ?
- - Il revient au poste demain !
