Au 12th, le lendemain
8H du matin. Tout le monde était arrivé et s'activait sur l'affaire en cours. Tout le monde, sauf Beckett. Personne ne l'avait encore vu.
Les gars se dirigèrent vers le bureau de Gates qui était ouvert.
- - Chef ?
- - Oui, Esposito, des nouvelles sur l'enquête ?
- - On avance. Mais vous avez vu Beckett, ce matin ?
- - Non, pas encore. Mais vu qu'elle n'a pas dormi avant-hier, je pense qu'elle récupère. Et ça ne peut que lui faire du bien. Mais si à 9H, elle n'est toujours pas là, vous irez voir ce qu'il se passe. Entendu ?
- - Bien Chef
Ils retournaient à leur bureau quand Castle arriva et frappa à la porte de Gates
- - Quoi encore, Esposito
- - C'est Castle, Chef
- - Oh ! Entrez et fermez la porte
Il entra et se dirigea vers le canapé. Gates lui fit signe qu'il pouvait s'asseoir.
- - Bien que votre venue ne m'enchante guère, j'accepte que vous repreniez votre place au côté du Lieutenant Beckett. Mais, attention ! Si vous revenez, c'est pour rester. Quand on vous appelle, vous répondez et ce quel que soit l'heure du jour ou de la nuit.
- - Je ferai de mon mieux
- - Je ne vous demande pas de faire de vôtre mieux, monsieur Castle ! Je vous demande un engagement ! Le lieutenant Beckett, même si ça ne se voit quand on la voit, est très fragile. Et votre retour ne facilite pas les choses.
- - Je vous le promets. J'accepte de l'aider.
- - Comme je vous le disais, votre retour n'a pas été facile, ni pour elle, ni pour nous. Nous avons dû lui révéler ce qu'il s'est passé le jour de son accident et nous avons dû lui parler de vous. Sans compter toutes les recherches qu'elle a faites pour savoir qui vous étiez.
- - Elle ne savait pas pour son accident ?
- - Non. Elle savait qu'elle avait eu un accident, mais elle ne connaissait pas les détails. Et toutes ces informations ont entraîné une hyperactivité de son cerveau, l'empêchant de dormir et lui donnant un mal de tête intense. Je suis intervenue et elle doit suivre un traitement.
- - En quoi est-ce inquiétant ce mal de tête ?
- - Elle a le cerveau d'un nouveau-né, si on peut dire. Et comme un enfant, il doit recevoir les informations au fur et à mesure. Juste un petit peu chaque jour. Si elle en reçoit trop en une fois ça peut être dangereux pour elle, voire fatal.
- - Mais je ne peux pas empêcher son cerveau de fonctionner !
- - Non, mais vous pouvez faire attention à ce que vous allez lui dire. Rappelez-vous : au compte-gouttes ! Un petit peu, par un petit peu. Compris ?
- - Compris
- - Bien, vous pouvez disposer
- - Heu…
- - Oui, Castle ?
- - Beckett ?
- - Pas encore arrivée
- - Quoi, il est plus de 8H et elle n'est pas là ?
- - Comme je vous l'ai dit, le jour où vous êtes réapparu, elle n'a pas dormi. Donc, elle doit être en train de récupérer. Et sachez aussi, que tant que les médecins ne m'auront pas dit qu'elle est à 100% de ses moyens physiques et mentaux, je tolèrerai des écarts du Lieutenant Beckett. Du lieutenant Beckett, Castle, pas de vous ! C'est clair ?
- - Très clair
- - Au travail maintenant !
Castle sortit du bureau et resta planté devant la porte. Il allait se diriger vers la salle de repos pour se faire un café quand :
- - Salut Castle, dit Ryan
- - Détective
- - Eh, tu peux continuer à m'appeler Ryan
- - Entendu, bonjour Ryan
Il vit Esposito s'avancer vers lui
- - Pareil pour moi. Salut Castle
- - Esposito
- - Mais pas de connerie, hein ?
- - Je sais
- - Tu viens boire un café avec nous ?
- - Oui, je veux bien
Et ils se dirigèrent vers la salle de repos.
Ils étaient en train de boire leurs cafés tout en discutant de l'affaire en cours, histoire de mettre Castle au courant, quand un « ding » caractéristique se fit entendre.
Ryan et Esposito sortirent la tête pour voir qui arrivait. C'était Beckett.
- - Yo, Beckett, et tes béquilles ?
- - Bonjour à toi aussi, Espo. Salut Ryan
- - Salut boss.
- - Vous me préparez un café, j'arrive.
Elle déposa ses affaires à son bureau et se rendit dans la salle de repos. Ryan lui tendit son café. Elle remarqua qu'ils avaient l'air un peu tendu
- - Ne vous inquiétez pas les gars, Roger a dit que je pouvais laisser tomber les béquilles tant que j'étais dans un endroit où je pouvais me tenir si le besoin s'en faisait sentir. Mais je les ai dans la voiture avec le fauteuil !
Pendant qu'elle leur parlait, elle nota qu'ils fixaient un point derrière elle. Elle se retourna un peu vite et faillit perdre l'équilibre. C'est Ryan qui la retint.
- - Castle ! Qu'est-ce que vous faîtes là ?
- - Heu, Castle reprend du service avec nous, expliqua Ryan
- - Quoi ?
- - Gates nous l'a annoncé hier soir.
- - Et pourquoi je n'ai pas été avertie ?
- - Tu n'étais pas là.
- - Et le téléphone ? Vous avez oublié mon numéro ? Pour le peu que j'en sais, l'amnésie ce n'est pas contagieux !
- - On s'est dit que ça pouvait attendre aujourd'hui !
- - Ne bougez pas, je vais voir Gates !
Et elle sortit. Les gars se regardaient. Castle ne disait rien.
La porte de Gates s'ouvrit avec élan. S'en relever la tête de ses papiers :
- - On frappe avant d'entrer !
- - Désolée !
- - Kate, ça va ? Mais… tes béquilles ?
- - Heu… Oui, ça va. Castle ?
- - Il est de retour. Je t'en ai parlé l'autre jour.
- - Oui, mais il va faire quoi ?
- - J'aimerai qu'il redevienne ton équipier, si tu veux bien !
- - Mais ? Je ne le connais pas ce type !
- - Fais-moi confiance et fais-lui confiance. C'est un bon équipier, même s'il n'en n'a pas l'air.
- - …
- - Tu ne m'as pas répondu ?
- - A quel sujet ?
- - Tes béquilles ?
- - Dans la voiture !
- - Pourquoi ?
- - Oh ! Roger a dit que je pouvais m'en passer dans les endroits sûrs.
- - Bien. Je suis contente pour toi.
- - Ah, et je peux reprendre le footing mais en étant accompagnée, bien sûr
- - Tu trouveras des volontaires, j'en suis sûre. Et ta tête ?
- - Plus de douleur, le traitement a l'air de marcher
- - Parfait ! Et si on se remettait au travail ?
- - J'y vais.
Elle rejoignit les gars et prit son café et retourna à son bureau. C'était le signal. Les gars la suivirent, Castle derrière eux. Ils se placèrent devant le tableau blanc, Beckett, elle, assise sur le bord de son bureau.
- Bon, on en est où ? demanda Beckett
Ryan prit la parole
- Pendant que tu étais à la prison, on a fait des recherches sur les coups de fil reçus et envoyés par Yushka, ainsi que sur les visites. Pour le téléphone, rien de particulier. Par contre, la veille de la mort de sa fille, un dénommé Namirov est passé le voir. L'entretien n'a duré que 10 minutes.
- C'est qui ce Namirov ? demanda Beckett
- Un tueur professionnel, appartenant à un autre gang russe.
- Vous l'avez interrogé ?
- Non, il a disparu. Mais on a pu interroger sa petite amie qui nous a appris qu'ils devaient partir pour Hawaï. Donc on s'est renseigné et il avait bien réservé deux billets d'avion pour Hawaï pour aujourd'hui.
- Attendez, ça ne tient pas debout ! dit Castle. Elle a été tuée, il y a deux jours. Si c'était lui, il serait parti dans les 2H, il n'aurait pas attendu deux jours que l'on remonte jusqu'à lui. J'ai fait suffisamment de recherches, pour savoir qu'un tueur professionnel ne reste jamais après son crime !
- Exact, dit Beckett, ça ne tient pas la route cette histoire. A moins que …
- A moins que quoi ? firent les trois hommes en cœur
- Et s'il avait été devancé ? demanda Beckett. Faire fondre quelqu'un, c'est pas trop leur méthode ! En général, c'est plutôt une balle entre les deux yeux, un bloc de béton aux pieds et dans l'eau !
- D'accord, mais devancé par qui ? demanda Esposito
- Je ne sais pas encore ! Vous avez trouvé quelque chose chez elle ? reprit Beckett
- Tout ce qu'on a trouvé est dans la salle de réunion, dit Ryan
- On y va
Une fois dans la salle, ils se mirent à éplucher tous les papiers retrouvés chez la victime. Ryan s'occupait des comptes, Esposito triait les photos et Beckett feuilletait les papiers de tous les autres documents sous l'œil de Castle.
- Et si son nouveau livre n'avait aucun rapport avec la mafia, dit-elle
- Et sur quoi alors ? Demanda Esposito
- Il y plein de pages de brouillon où elle parle de la « Chase Académie » et des recherches sur des titres comme « L'académie des Horreurs », « Contes extra-scolaires »…
- Ouah, la Chase Académie !
- Vous connaissez Castle ? Demanda-t-elle en tournant la tête vers lui
- Pas personnellement, mais je sais que c''est là que l'on met tous les cas difficiles. Il y a eu les cousins Kennedy, George Tate, le directeur du Ledger ...
- Et pas toi ? demanda Esposito. Si mes souvenirs sont bons, tu nous as dit que tu t'étais fait virer de tous les établissements que tu avais fréquentés !
- Vraiment ? Et pour quelles raisons ? demanda-t-elle
- J'étais un adolescent rebelle ! Et non, Espo, je n'y suis jamais allé ! Mais je n'ai pas fait tous les établissements, non plus !
- Merci de nous faire part de vos souvenirs personnels ! Sinon, on a autre chose ? demanda Beckett
- On pourrait peut-être en parler avec Mr Kenneth Strike ? dit Esposito
- C'est qui ?
- D'après cette photo de remise de diplôme datée de 1982, ils avaient l'air assez proche ! Il y a aussi toute une série de photos avec Mr Tates !
- Ok, on commence par là. Vous allez voir Strike, et je vais chez Tates.
Ils quittèrent la salle de réunion. Beckett prit sa veste et se dirigea vers l'ascenseur.
- Hé, Castle ! lança Esposito
- Quoi ?
- T'es son équipier, ou non ? Allez cours.
Castle la rattrapa au moment où les portes de l'ascenseur se refermaient. Il plaqua une main sur l'une d'entre elles et y pénétra.
- Qu'est-ce que vous faîtes ? demanda Beckett
- Je vous accompagne. Je suis votre équipier.
- Equipier ? Vraiment ? Pour le moment vous n'êtes qu'un consultant que je dois supporter. Je n'ai rien demandé. On vous a imposé à moi sous le prétexte que vous pourriez m'aider à me rappeler ce que j'ai oublié de ma vie passé. Mais le peu que j'ai appris de vous et vu comment s'est terminé notre partenariat, je ne sais pas si je peux vous faire confiance.
Castle ne releva pas. Ne se rappelant pas toute l'histoire, elle s'était centrée sur le fait qu'il était parti la veille de son accident. Sur le fait qu'il n'était pas à ses côtés lorsqu'elle avait eu besoin d'elle. Il fallait qu'elle retrouve confiance en lui, il fallait qu'il lui montre de quoi il était capable pour elle. Car même s'il ne le montra pas, il reçut sa dernière phrase comme un coup de poignard dans le cœur.
Ils montèrent en voiture et se dirigèrent vers le bâtiment du Ledger
- Bonjour monsieur Tates, je suis le Lieutenant Kate Beckett, et voici…
- Monsieur Castle ! Vous êtes de retour chez nous ?
- Comme vous le voyez.
- Quand êtes-vous rentré de votre voyage ?
- Ça fait environ 3 mois. Mais je ne suis pas là pour parler de moi. Le Lieutenant…
- Oui, le Lieutenant Beckett ! Qui ne vous connaît pas. Vous nous avez fait des frayeurs, jolie demoiselle…
- Monsieur Tates, je ne suis pas là pour parler de moi, mais de Ilana Yushka.
- Ah, oui, j'ai appris la nouvelle. C'est bien triste ce qui lui est arrivé.
- On pense qu'elle avait l'intention d'écrire un livre sur la « Chase académie »
- Oh, vous savez, il n'y avait pas matière pour un bouquin
- Ou peut- être sur des indiscrétions concernant les étudiants ? demandant Castle
- Non, les seules indiscrétions dont Ilona pouvait avoir peur, ce sont celles la concernant.
- Si ça lui faisait si peur, c'est que ce n'était pas des indiscrétions concernant les garçons, mais plutôt les filles. Une fille en particulier ? reprit Castle
- Ilona avait violé le couvre-feu un vendredi soir et avait emprunté la voiture du directeur. Elle a été surprise avec une autre fille sur un parking, devant un bar. Elles étaient en train de s'embrasser et de se tripoter. Ça s'est passé en novembre 78.
- Qui était l'autre fille ? demanda Beckett
- Ursula Stobin ! Vous devez sûrement mieux connaître son magazine « Anna et sa maison de rêve ». Mais renseignez-vous auprès de la sécurité de Chase !
- Je vous remercie Mr Tates pour ces renseignements
Ils rejoignirent leur véhicule.
- Où va-t-on ? demanda Castle
- Voir Mme Stobin
