Dimanche
Un petit rayon de soleil s'infiltrait dans la chambre, chatouillant son visage. Elle enfouit son visage dans le coussin en grognant. Elle étendit un bras à gauche, puis à droite, et ne trouva personne. Elle se redressa, et sentit une bonne odeur de café. Elle s'étira, se leva et se dirigea dans son salon. Et là, elle le vit. Il lui tournait le dos et était en train de préparer le petit déjeuner. Elle s'avança sans faire de bruit, le prit dans ses bras et colla sa tête entre ses épaules.
- Déjà levée ! Tu me diras, il n'est que 10H !
- J'avais un coussin très confortable !
- Confortable ? On m'a donné beaucoup de qualificatif, mais jamais celui de confortable ! dit-il en se retournant pour l'embrasser. Bonjour toi.
- Bonjour. Bien dormi ? demanda-t-elle en se blottissant contre lui
- Oui, en plus j'avais une super couverture !
- Couverture ?
Ils rirent.
Ils prirent leur petit déjeuner dans la joie et la bonne humeur. Puis ils se préparèrent pour le pique-nique. Au moment de partir
- Je peux te poser une question, Castle ?
- Tout ce que tu veux.
- J'ai rêvé à quelque chose cette nuit, et je ne vois pas ce que ça peut signifier !
- Un cauchemar ? Des flashs ?
- Non, rien de tout ça ! Des pommes !
- Des pommes ? demanda-t-il en souriant
- Oui, des pommes ! Oh, ne te moque pas ! Je voyais des pommes et j'entendais quelqu'un dire pomme, pomme, pomme…C'est mon fruit préféré ? Qu'est-ce qui te fais sourire ?
- C'est moi que tu as dû entendre !
- Tu as rêvé de pommes, toi aussi ?
- Non. C'est ce que je disais à chaque fois que tu me tirais le nez pour que tu me lâches !
- Je te tirais le nez ?
- Oui, et l'oreille aussi !
- Pourquoi ?
- Ben, disons que c'était le moyen que tu utilisais pour que j'arrête de faire ou de dire des âneries !
- Oh, et ça marchait ?
- Un moment, oui. Mais ça faisait mal. Je passais à temps fou à me frictionner l'oreille !
- Oh, et c'était laquelle ?... Celle-là ? demanda-t-elle en embrassement délicatement son oreille droite. Ou celle-là ? en embrassant l'autre
- T'as oublié mon nez ! Lui aussi tu l'as martyrisé !
- Oh… ça va mieux ? dit-elle en l'embrassant sur le bout du nez
- Si j'avais su, je t'aurai demandé de me soulager plus tôt ! dit-il en souriant et en lui donnant un léger baiser.
Ils quittèrent l'appartement et se rendirent dans Central Park. Ils se dirigèrent vers le saule où ils étaient la veille. C'était un coin du parc un peu isolé. Les familles ne s'y approchaient pas trop, car il y avait un lac et cela pouvait être dangereux pour les enfants. Et donc cette zone était devenue le lieu où tous les amoureux, qui avaient besoin d'être seuls, se rendaient.
En attendant que le père de Beckett arrive, Castle s'était assis contre le saule. Beckett était allongée sur l'herbe, la tête sur une de ses cuisses. Elle poursuivait sa lecture de Nikki Heat. Castle essayait de faire des mots croisés, tout en jouant avec les cheveux de Beckett.
Ils étaient tellement plongés dans ce qu'ils faisaient qu'ils n'avaient pas vu qu'ils étaient observés.
En arrivant au parc, Jim Beckett était tombé sur Martha, Alexis et son petit ami. D'abord surpris, Martha lui expliqua que sa fille lui avait laissé un message leur donnant un rendez-vous pour un pique-nique. Et donc, c'est ensemble, qu'ils s'étaient dirigés vers le lieu de rencontre. Et quelle ne fut pas leur surprise en voyant le tableau qu'ils avaient devant leurs yeux. D'abord surpris, ils sourirent, pensant tous « enfin ».
Ils avancèrent lentement vers le couple, sans dire un mot. C'est quand ils le firent de l'ombre, que le couple releva la tête.
Beckett se releva et embrassa son père, puis Martha et enfin Alexis et Max, son petit ami. Castle, surpris, n'avait pas bougé. Au ralenti, il se leva et embrassa à son tour, sa mère, sa fille. Il serra la main à Max et au père de Beckett.
Voyant l'embarras de Castle, Beckett s'excusa auprès d'eux, le prit par la main et l'éloigna du groupe.
- Je suppose que c'est toi qui as invité ma mère et ma fille ?
- Oui
- Pourquoi Kate ? Tu sais qu'on est en froid, qu'Alexis ne veut plus me parler.
- Je sais. Mais si moi, j'ai accepté tout ce que tu m'as dit, je ne peux pas croire que ta famille ne fasse pas pareil. Tu dois leur parler, leur expliquer. En deux ans, on a tous changé. Tu étais persuadé que j'allais encore partir, et je suis là, dans tes bras.
- Je ne sais pas, Kate.
- Et si je t'aide.
Disant cela, elle passa une main derrière sa nuque et attira on visage vers le sien. Elle l'embrassa. Mais ce n'était pas un baiser comme ceux qu'elle lui avait donné depuis la veille. Elle décida de l'approfondir et lui demanda l'accès à sa bouche. Il accéda à sa requête. Leurs langues se trouvèrent et se découvrir. Ils entamèrent une danse amoureuse, mais une danse très lente. Puis ils se séparèrent et restèrent front contre front. Ils souriaient. Puis Castle se sépara d'elle, et s'approcha de sa mère et de sa fille. Il proposa son bras à Martha et prit la main d'Alexis. Il lança un regard à Kate, qui lui fit un petit sourire pour l'encourager, et commença à s'éloigner.
Max les avait laissés seuls, ne voulant pas s'immiscer dans leurs histoires de famille. Donc Beckett fut rejointe par les deux hommes. Au début, elle ne les avait pas remarqués, car son regard était fixé sur Castle. Elle savait que ce qu'elle lui avait demandé était difficile, mais c'était un mal pour un bien. Tout se passerait bien.
Puis, elle détourna son regard et le posa sur Max et son père.
- Alors, ça va vous deux ?
- Pas de souci, dit Max
- C'est à toi qu'on doit poser la question, dit son père
- Je vais bien, pas de problème
- Et Richard ? dit-il, la prenant à part pour que Max n'entende pas
- Aussi.
- Kathie, ce n'est pas ce que je te demande. Depuis quand…
- Hier, papa
- Oh !... Et comment…
- On a eu une grande discussion, comme celle qu'il a en ce moment avec sa mère et sa fille. En fait, c'est lui qui a parlé. Et puis… C'est arrivé… Voilà… C'est tout
- C'est tout ?
- Oui, c'est tout ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise… On est ensemble et on verra bien ce qui arrivera.
- Oh !... Et tu ne crois pas que c'est un peu rapide ?
- Rapide ?
- Ben, ça ne fait pas longtemps que vous vous êtes retrouvés !
- Je sais. Et si ça peut te rassurer, je n'ai pas fait de bêtises ! Mais depuis qu'il est apparu, je ressens de drôles de choses, j'éprouve des sentiments, j'ai besoin de l'avoir près de moi.
- Mais tu te rappelles de quoi exactement ?
- De rien ! Je n'ai toujours aucun souvenir. Mais, je ne sais pas pourquoi, mon corps me pousse vers lui. J'en ai parlé avec le Dr Burke. Et il m'a dit que même si mon cerveau ne se rappelait de rien, mon corps et mon cœur avaient gardé leurs mémoires intactes. En plus, tout le monde m'a parlé des sentiments que Castle avait pour moi, et de ceux que j'avais pour lui sans jamais lui avouer.
Alors, je me suis dit pourquoi pas ? Papa, je suis bien. Ça fait deux ans que je n'ai plus de vie : ni l'ancienne, ni la nouvelle. Depuis qu'il est arrivé, j'ai l'impression de revivre. On va se fabriquer de nouveaux souvenirs !
- Ouah ! Si seulement tu avais eu cette spontanéité avant. Tu es magnifique quand tu es heureuse ma Kathie ! Et je le dois encore à Richard !
Que va-t-il se passer si…
- Je ne sais pas, papa. Le médecin a été clair : soit tout revient, soit rien du tout, soit je retrouverai ma mémoire avec le risque de perdre ces deux années.
- Je ne voudrai pas que tu oublies ce que tu vis actuellement.
- Moi non plus papa. Mais je ne vais pas m'empêcher de vivre car je dois attendre ce qu'il va se passer. Si ça dure des années ? J'ai le droit d'avoir une vie moi aussi, non ?
- Si ma Kathie, et tu m'en vois heureux.
- Merci papa… Et si on préparait le pique-nique ?
Alors que Max aidait Jim à déplier une couverture sur le sol, Beckett observait la scène qui se déroulait un peu plus loin. Elle voulait que la famille Rodgers se ressoude. Quand Martha venait la voir, à l'hôpital ou à son appartement, elle était toujours souriante, voire égocentrique. Mais elle savait que quelque chose la peinait. Et Alexis. La jeune fille était venue la voir souvent pour lui demander des conseils sur ses choix de cours, sur sa relation avec Max. Cela la fit sourire, car en y repensant, vu son ancienne vie, elle était quand même la moins bien placée pour dire quoi faire avec un homme ! Au début, elle lui avait dit d'en parler avec ses parents, mais Alexis lui avait fait comprendre que sa mère ne s'intéressait pas plus que ça à elle, et que son père avait dû s'absenter. Mais elle avait vu qu'en parlant de son père, la jeune fille avait eu les larmes aux yeux : c'était quelqu'un d'important pour elle. Alors Beckett avait fait de son mieux pour aider la jeune fille.
- Vous pensez que ça va aller ?
- Max, je t'ai déjà dit que tu peux me tutoyer et m'appeler Kate. Evite juste Kathie ! Il n'y a que mes parents qui m'appellent comme ça et pourtant ils savent que j'ai horreur des surnoms !
- Qu'est-ce que tu dis ? Demanda son père, surpris
- Je dis que je n'aime pas…
- J'ai entendu ! Mais comment tu le sais ?
- Tu me l'as dit !
- Non, et personne ne le sait. A part moi et ta mère. Mais tu le tolérais venant de nous !
- Je ne sais pas, ou alors…
- Tu te souviens, ma Kathie, dit-il en la prenant dans ses bras !
- Arrête papa ! C'est sûrement un réflexe inconscient !
- Tu as peut-être raison, mais pour moi c'est un signe !
- On verra papa… Max, pour en revenir à ta question, j'espère que ça va bien se passer. Au début, ce ne sera pas facile, mais avec le temps… Castle aime sa fille plus que tout, et il fera tout pour retrouver sa confiance. Et Martha, c'est Martha. Tout ce qu'elle veut, c'est que tout le monde soit heureux. Elle sera la plus facile à amadouer. Pour le reste, j'aiderai Castle, et toi, Max, tu aideras Alexis. Mais, d'après ce que je vois là-bas, je dirai que c'est bon signe !
Tout en discutant, ils avaient fini de préparer le pique-nique. En attendant que les Rodgers reviennent, ils décidèrent de marcher un peu près du lac. Beckett était entre les deux hommes, tenant le bras de chacun d'eux. Ils parlaient de tout et de rien. Max racontait ce qu'il se passait à la fac pendant cette session d'été, parlait de sa future installation avec Alexis. Beckett était contente pour eux : ils formaient un très joli couple. Jim, quant à lui, parlait de ce qu'il avait fait pendant la semaine. Tellement pris par ce qu'ils disaient, ils n'entendirent pas les trois personnes qui arrivaient derrière eux.
Max fut tiré de la conversation par une main qui lui saisit le bras
- Kate ? Qu'est-ce que tu fais au bras de mon petit-ami, dit la jeune rouquine en souriant
- Heu… Rien ! Je te le gardais au chaud !
Alors que Beckett sentit deux bras lui enserre la taille
- Et vous, Jim, vous essayez de m'enlever la femme de ma vie ? demanda Castle en l'embrassant
- Je ne m'y risquerai pas !
Et il restait Martha
- Jim, je crois qu'il ne reste plus que nous !
- Je le crois bien ! Prenez mon bras que je vous raccompagne jusqu'à notre emplacement
Tout le monde se dirigea vers le pique-nique, sauf Castle et Beckett qui restèrent un peu en retrait
- Merci, dit-il
- De quoi ?
- Pour ça ! D'avoir fait en sorte que je m'explique, de m'aider à retrouver ma famille !
- Toujours !
- Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ?
- J'ai dit…
- Je sais ce que tu as dit ! C'est notre mot ! Comment tu peux… Ta mémoire revient ! dit-il en la soulevant dans ses bras
- Doucement Castle ! C'était peut-être juste un réflexe. Je ne m'en suis même pas rendu compte. C'est sorti naturellement.
- Non, ce n'est pas un réflexe ! Tout à l'heure, c'était les pommes et maintenant ça !
Tellement heureux, il l'embrassa.
Il la prit pas les épaules et ils rejoignirent les autres.
Pendant le repas, l'ambiance était bon enfant. Castle préparait les sandwiches de Beckett et vice-versa, Max et Alexis faisaient pareil, ainsi que Martha et Jim. Pui ils discutèrent un peu de tout et de rien.
- Alors, Max, qu'est-ce que tu étudies ? demanda Castle
- Je fais des études littéraires, Mr Rodgers
- Tu peux m'appeler Richard ou tout simplement Rick, tu sais. Mr, c'est un peu trop solennelle. Et par la suite ?
- J'aimerai être écrivain, mais je ne sais pas encore sur quel thème !
- Oh ! Un deuxième écrivain dans la famille ! Quand tu disais que ma fille choisirait quelqu'un qui me ressemble, je ne pensais pas à ça, dit-il en regardant Beckett
- Je ne t'ai jamais dit ça !
- Oh, si ! Et toi, Alexis, tu en es où ?
- Deuxième année de droit !
- Tu fais du droit ? Tu veux faire quoi ?
- En fait, j'hésite : avocat ou inspecteur comme Kate !
- Oh ! C'est vrai qu'avec un modèle comme Kate… Je suis fier de toi ma chérie. Je sais que tu feras le bon choix
- Merci, papa
- Et toi, mère ?
- Oh, tu sais, toujours l'école…
Ils continuèrent ainsi, jusqu'à ce que le repas se termine. Après avoir rangé tout le matériel, chacun s'installa confortablement. Castle se plaça contre le saule avec Beckett dans ses bras, assise entre ses jambes. Les deux jeunes décidèrent d'aller faire une petite ballade. Martha et Jim s'installèrent sur un banc à côté du couple.
- Richard ? Est-ce que je pourrais vous parler en tête à tête ? demanda Jim
- Si cela concerne Kate, je préfèrerai le faire devant elle. Il y a eu trop de non-dit entre nous et je n'en veux plus.
- Sachez que je ne vous fait pas de reproche. Mais vous m'aviez dit que vous la protégeriez et …
- Je sais, et je suis parti malgré tout. Si vous saviez comme je le regrette.
- Mais pourquoi, alors ?
- Je l'ai déjà expliqué à Kate. Lors de cette enquête, je suis passée la voir pour lui demander d'arrêter. Et comme elle s'entêtait, j'ai dû lui avouer que j'étais en contact avec une personne qui avait passé un accord avec le responsable de la mort de votre femme. L'accord était qu'il laisserait Kate tranquille, si elle n'enquêtait plus.
- Et comment il comptait l'empêcher d'enquêter, elle était tellement bornée ?
- A qui le dîtes-vous ?... Aie, cria-t-il en recevant un coup de coude dans le ventre. En fait, cet homme ne pouvait rien faire puisque même moi je ne le connaissais pas. Le seul qui pouvait empêcher Kate de le faire, c'était moi car elle me faisait confiance. Donc, comme elle insistait, j'ai tenté le tout pour le tout sachant que je courrais le risque de la perdre définitivement. Mais, je préférai la perdre, plutôt que de la voir se faire tuer. Je lui ai même avoué que je l'aimais. Mais c'était trop tard. Tout ce qu'elle voyait, c'était ma trahison. Et à bout d'argument, je lui ai dit que je partais, que j'arrêtais notre partenariat.
Une fois chez moi, j'ai attendu toute la nuit un coup de fil de sa part m'annonçant qu'elle acceptait, mais rien.
Mais je vous jure que c'est la pire décision que j'ai eu à prendre.
- Je comprends mieux, maintenant. Merci Richard
- Vous ne m'en voulez pas ?
- Personne ne pouvait la raisonner le seul qui avait prise sur elle, c'était vous. C'est pour ça que j'étais venu vous voir. Vu tout ce qu'elle m'avait dit sur vous, je savais que je pouvais vous faire confiance. Mais vous n'êtes pas infaillible, Richard. Surtout, avec ma Kathie et son foutu caractère !
- Papa, je suis là !
- Je te l'ai déjà dit en face ma fille ! Et crois-moi ! Tu es toujours aussi bornée, même aujourd'hui !
- Merci, papa, je t'aime aussi !
- Ce n'est peut-être pas le moment, mais comme on en est aux révélations, qu'est-ce que tu as fait pendant ces deux dernières années ? demanda sa mère
- Rien d'intéressant. J'ai été dans différents pays sans les voir, j'ai bu, j'ai fait la fête…
- Vu des filles ? demanda Beckett
- Oui, beaucoup. Je passais mon temps dans des soirées. Et comme j'avais de l'argent, ça les attirait ! Mais, je te jure qu'elles n'ont jamais franchi la porte de ma chambre. Je ne pouvais pas alors que le but de cette échappée, c'était de t'oublier. Je croyais y être arrivé et c'est pour ça que je suis revenu. Mais il a fallu que je trouve cette maudite tête…
- Tu regrettes ?
- Oh, non ! dit-il en la serrant un peu plus fort. Mère, je suis désolé de ne pas vous avoir appelé pendant tout ce temps. J'espère arriver à me faire pardonner.
- Oh, avec moi, tu n'auras pas trop de problème. Une mère ne peut qu'aimer son enfant. Mais avec Alexis, il va falloir y aller en douceur pour que tu retrouves la relation que tu avais avant !
- Je sais. Mais je vais y aller pas à pas. Et j'aurai de l'aide, dit-il en regardant Beckett
- J'en suis sûre. Bon, je vais aller me dégourdir un peu les jambes. Des amateurs ?
- Je vous suis, dit Jim
- On vous rejoint, dit Castle
Alors que leurs parents s'éloignaient bras dessus, bras dessous, Beckett pivota et prit Castle dans ses bras
- Ça va toi ? demanda-t-elle
- Oui, mais on peut dire que tu ne m'auras rien épargné ce week-end !
- Tu as fait le plus dur. Maintenant, il va juste falloir que tu rattrapes ces deux années, surtout avec Alexis. Mais, on y arrivera, ensemble !
- Oui, tu as raison. Ensemble, on a toujours été plus fort ! Tu imagines : ma fille veut devenir inspectrice comme toi ! C'est formidable !
- Ou avocate.
- Je la connais : elle va choisir inspectrice !
- Je te rappelle que c'est un métier dangereux ! Tu veux avoir des cheveux blancs avant l'âge !
- J'ai des relations ! Je la ferai affecter au 12th !
- C'est Victoria qui va être contente ! Elle a déjà un Castle, ça lui en fera deux !
- J'imagine déjà sa tête !...Mais ça ne lui fera pas deux Castle à surveiller. Je te rappelle que ma fille s'appelle Rodgers. Il n'y a qu'un seul Castle : moi !... Allez, tu as envie de rejoindre les autres ?
- Le seul et unique, hein !...Oui, allons-y
La journée touchait à sa fin. Il était temps pour chacun d'eux de rentrer. Ils s'embrassèrent et se promirent de se retrouver très bientôt. Jim remercia encore une fois Castle de prendre soin de sa fille. Puis, ils se séparèrent.
Beckett et Castle restèrent sur place. Ils se réinstallèrent contre le saule afin de savourer encore des deux ou trois heures de luminosité qui restaient.
Ils savouraient ce moment de simple bonheur : tous deux les yeux fermés, Castle tenant Beckett dans ses bras. Si quelqu'un était passé, il aurait pu croire que le couple était endormi. Tout d'un coup, une ombre.
- Castle, qu'est-ce que tu fais ? Arrête de jouer. Cette ombre me donne froid, dit-elle les yeux fermés, resserrant les bras de Castle autour de sa taille
- Mais, je ne fais rien ! Oh…Euh…, dit-il en ouvrant les yeux. Bonjour vous deux ! Ou plutôt bonsoir, ou…
- Ryan ! … dit Beckett, après avoir ouvert les yeux et en sursautant
- Salut vous deux, vous allez bien ? dit-il en souriant devant l'air surpris de Beckett
- Heu… Oui… Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle
- Avec Jenny, on aime bien venir se promener ici de temps en temps et on en profite pour venir voir notre arbre
- Votre arbre ?
- Oui, ce saule, c'est l'arbre des amoureux du parc. Chaque couple y a gravé son cœur.
- Quoi ?
Ils se levèrent et suivirent Ryan. En effet, en faisant le tour du saule, ils virent que plein de cœur avaient été gravés sur le tronc. Ryan leur montra le sien avec les initiales J + K à l'intérieur.
- Kevin, je ne te savais pas si romantique ! dit Beckett
- Et vous, vous faîtes quoi ici ?
- Heu…
- Kate, je ne parle pas de …
- On a fait un pique-nique en famille, dit Castle. Ils viennent juste de partir.
- Ça vous dit de venir diner avec nous ? dit Jenny
- Heu … Oui, dit Beckett
- Pas de petits plats maison ce soir, Kevin ? demanda Castle en souriant
- Qu'est-ce que tu lui as raconté ? demanda Jenny
- Heu… Rien
- Sachez, Mr Castle, que je veux que mon mari reste en forme !
- Oubliez le Mr appelez-moi Richard ou Rick et je vous appellerais Jenny ! Et on pourrait aussi se tutoyer !
- Entendu !
Ils se rendirent donc au restaurant. Ils passèrent encore la soirée à se remémorer ce qu'ils avaient vécu tous ensemble, des souvenirs qui firent rirent Beckett, comme lorsque Castle avait failli y laisser un pantalon quand il avait été poursuivi par chien…d'autres qui ne la firent pas du tout rire quand ils parlèrent de l'enquête où une ex de Castle était impliquée et qu'il avait été pris en photos en train de l'embrasser, ou alors celle avec l'agent d'assurance qu'il avait aussi embrassé pour faire diversion. A l'évocation de ces souvenirs, elle s'était tendu. Castle s'en était rendu compte et l'avait rassuré d'un seul regard. Et tous ces souvenirs qui prouvaient qu'il tenait beaucoup à elle : ceux où il lui avait sauvé la vie, celui où après l'explosion de son appartement, elle avait perdu la montre de son père. En fait, Castle l'avait retrouvé et l'avait faite réparer avant de la lui rendre.
Après le restaurant, ils décidèrent de retourner au OldHaunt pour terminer la soirée devant un verre. En arrivant, les filles dirent au gars d'aller choisir une table pendant qu'elles allaient chercher leurs boissons.
Elles étaient en train de patienter pendant la préparation de leur commande, quand une main saisit le bras de Beckett, la faisant pivoter violemment. Heureusement que Jenny était à côté d'elle, sinon elle serait tombée. Elle reconnut de suite l'importun.
- Alors ma beauté ! Tes petits copains ne sont pas là pour t'aider ce soir ?
Le barman, ayant aussi reconnu l'homme et ne voulant pas que la situation dégénère, commença à faire le tour du comptoir
- Ecoutez, je viens pour passer une soirée tranquille, donc je vous demanderai de bien vouloir me lâcher, dit calmement Beckett
- Je voulais juste une danse, donc ce soir tu vas me l'accorder ! Et après, on verra
- Je n'ai pas envie de danser avec vous ! Alors lâcher moi, insista-t-elle en essayant de dégager son bras.
- Oh, mais si, tu vas venir, que tu le veuilles ou pas, ma beauté
- Oh, oh, pas bon, fit Ryan qui venait de voir la scène
- Quoi ? fit Castle suivant le regard de Ryan
Il se leva tellement vite que sa chaise tomba. Ryan le suivit car il avait aussi peur pour Jenny. Alors qu'ils arrivaient près des filles, ils virent Beckett changer totalement de comportement. Elle afficha un joli sourire sur son visage, posa une main sur le torse du gars et se colla presqu'à lui. Le gars ne bougeait plus, comme paralyser. Et alors qu'elle se penchait lentement vers son oreille, elle releva violemment son genou. L'homme se retrouva plier en deux, au sol. Beckett se pencha et lui dit :
- Quand je dis non, c'est non, c'est clair !
- Oui, réussit-il à articuler
- Si je te revois encore une fois ici, je te colle une balle entre les deux yeux. Et je connais quelqu'un qui pourra faire disparaître ton corps !
Elle se redressa et vit Ryan et Castle qui grimaçaient, alors que Jenny avait du mal à se retenir de rire. Elle prit leur plateau avec les boissons et se dirigea vers leur table.
- Cette femme est incroyable ! dit Castle à l'oreille de Ryan
- Tu crois qu'il a compris le message cette fois-ci ? lui demanda Ryan
- Dans tous les cas, il va se rappeler de sa soirée !
Beckett s'était assise et discutait avec Jenny comme si rien ne s'était passé !
- Tu pourrais m'apprendre quelques-uns de tes trucs ? demanda Jenny
- Non, non, surtout pas, dit Ryan
- Pourquoi ? demanda Beckett
- Pour que ça se retourne contre moi ? Sûrement pas !
- Tu as peur de Jenny ? demanda Beckett
- Autant que Castle a peur de toi ! répondit Ryan
- Quoi ? fit-elle en se retournant vers Castle, le voyant cacher ses oreilles et son nez tant bien que mal
Ils éclatèrent de rire. Beckett s'approcha de lui et l'embrassa tendrement sur la joue.
- Alors, vous deux… lança Jenny
- Jenny ! dit Ryan, sachant qu'elle avait tendance à mettre les pieds dans le plat !
- Non, laisse, dit Beckett. Vu comme vous nous avez trouvé au parc, on ne peut pas nier. Je ne vais pas le crier sur les toits, mais oui, on est ensemble. Mais, c'est tout neuf !
- On est vraiment content pour vous deux, dit Jenny. Tu viens danser Ryan ?
- Volontiers !
Beckett s'appuya contre Castle et il lui enserra la taille. Ils regardaient Ryan et Jenny évoluer sur la piste de danse. Au début de la deuxième musique, Castle se leva et emmena Beckett sur la piste. Un slow venait de commencer. Il l'attira contre lui, elle mit ses bras autour de son cou et déposa sa tête sur son épaule. Il déposa son menton sur le dessus de sa tête. Alors, qu'avec ses doigts, elle jouait avec ses cheveux, il lui caressait le dos, remontant langoureusement jusqu'à son épaule, puis sur son bras. Leurs pas suivaient la musique, mais eux étaient déjà ailleurs. Plus rien n'existaient autour d'eux.
Ryan et Jenny les regardaient, fascinés. Oh, ils s'aimaient eux aussi et plus que tout. A un tel point qu'ils s'étaient mariés. Mais jamais ils n'avaient ressenti entre eux une telle connexion : l'amour qu'éprouvaient Castle et Beckett l'un pour l'autre s'exprimait par le langage de leur corps ils n'avaient pas besoin de mots.
Vers minuit, ils décidèrent d'un commun accord de rentrer. Ils saluèrent le barman, puis sortir du bar.
Jenny et Ryan rentrèrent en taxi, alors que Beckett prirent le chemin de l'appartement à pieds, dans les bras l'un de l'autre.
Arrivés chez Beckett, ils se douchèrent et se couchèrent comme la veille.
