Le lendemain matin Beckett se réveilla avant que son réveil sonne. Elle tendit le bras pour l'éteindre, et se recala contre Castle.

Elle se redressa, se mit sur un coude et posa sa tête sur sa main. Elle regarda Castle. Il dormait bien, un léger sourire au coin des lèvres. Délicatement, elle lui caressa le visage, passa ses doigts sur la cicatrice qu'il avait au front et remis en place une mèche rebelle de ses cheveux.

Délicatement, elle s'écarta de lui et alla dans sa cuisine. Elle lança sa machine à café et partit sous la douche. Une fois préparée, elle but un café. Elle déposa un petit billet devant la cafetière : « Je suis au bureau, Kate ». Au moment de sortir, elle retourna dans la chambre et déposa un léger baiser sur les lèvres de Castle. Puis elle quitta son appartement.

A l'heure où elle arriva, il n'y avait pas un chat.

Elle appréciait ces moments de calme. Quand il y avait une enquête en cours, ça lui permettait de réfléchir sur la marche à suivre quand il n'y avait pas d'affaire, elle pouvait faire la paperasse en retard. Et c'était le cas aujourd'hui. Pas d'affaire. Elle prit le dernier dossier de la pile car c'était le plus ancien.

Avant de s'y atteler, elle alla se chercher un café.

En revenant à son bureau, elle entendit le « ding » caractéristique de l'ascenseur. C'était Gates qui arrivait.

Les deux femmes étaient souvent les premières arrivées. Cela aussi les avait rapprochés, le fait d'être seules le matin.

- Kate, qu'est-ce que tu fais là ? Un problème ?

- Non, aucun. J'étais réveillée et donc je suis venue.

- Dommage, vu qu'on n'a pas d'affaire en ce moment

- Au moins, on peut mettre les dossiers à jour. Car ils s'entassent. On résout les affaires plus vite qu'on remplit cette foutue paperasse

- Oui, je sais. Au fait, avec Castle, comment ça se passe ?

- Heu… fit-elle troublée. Comment ça ?

- Des problèmes avec lui ? Tu veux que je le renvois ?

- Non, non… Ca ira. Je m'en arrangerai, t'en fais pas.

- Ok, sinon tu me le dis, hein ?

- Oui.

- Bien. Sinon, bon courage pour les papiers, et si tu as besoin d'aide, tu sais que je suis là.

- Je te remercie, Victoria.

Elle s'installa. Elle but une gorgée de son café et se plongea dans son dossier. Quand les gars arrivèrent, elle prit quelques dossiers de sa pile et leur donna.

- Hey, on n'a rien fait ! Pourquoi tu nous punis ? demanda Esposito

- Je sais, mais comme on n'a pas d'affaire, on fait la paperasse ! Allez, au boulot.

Dans l'appartement de Beckett, un rayon de soleil vint chatouiller le visage de Castle. D'une main, il chercha Kate, mais tout ce qu'il trouva c'est une place froide. Il ouvrit les yeux et vit qu'elle n'était plus à côté de lui. Il se leva et se rendit à la cuisine. Il trouva son petit mot et sourit en voyant qu'elle lui avait préparé le café. Il se servit une tasse. Après avoir bu, il rinça sa tasse et alla sous la douche. Puis il se prépara, sortit de l'appartement. Il attrapa un taxi et se rendit au 12th. Pendant le trajet, il demanda au chauffeur de s'arrêter pour acheter deux cafés.

Pendant ce temps, au commissariat, le calme régnait. Tout le monde avait la tête plongée dans les papiers. C'était un travail fastidieux : il fallait classer tous les documents par ordre chronologique, en respectant le déroulement de l'enquête, taper les comptes rendus… Beckett était concentrée sur ce qu'elle faisait car comme elle était la responsable de l'équipe, c'était sa signature qui était apposée sur chaque document. Sa responsabilité était engagée. Puis tout était contresigné par Gates. Si quelqu'un était condamné, elle devait être sûre que son dossier était complet et que les preuves étaient les bonnes. Il ne fallait pas avoir le moindre doute.

Beckett regarda sa montre. Il était 9H. Ça faisait deux heures qu'elle était sur ces dossiers. Elle regarda la chaise de Castle et soupira. Ryan la regarda et lui fit un petit signe de la tête en souriant, lui faisant comprendre que Castle allait sûrement bientôt arrivé. Elle lui rendit son sourire.

Le « ding » de l'ascenseur retentit. Elle fit comme si de rien n'était, mais son cœur se mit à battre la chamade. Puis au bruit des pas, elle sut que c'était lui.

- Salut Castle ! dit Esposito. Tu aurais dû appeler avant de venir, il n'y a pas de nouvelle affaire. Seulement de la paperasse ! A moins que tu veuilles nous aider ?

- Salut les gars ! Pourquoi pas, Espo ? Après tout, j'ai tellement observé Beckett que je sais ce qu'il faut faire !

- Vraiment ?

- Oui, vraiment.

- Mais tu n'as jamais fait ça auparavant ?

- Comme quoi les gens peuvent changer !

Puis il se tourna vers Beckett

- Votre café, Lieutenant, dit-il en lui tendant le café, lui souriant

- Merci Castle, dit-elle en lui rendant son sourire

En prenant sa tasse, leurs doigts se frôlèrent.

Alors que Castle se penchait au-dessus de son bureau pour attraper un dossier, elle lui murmura à l'oreille :

- Merci, pour le café, mais je t'ai déjà donné un baiser ce matin, murmura-t-elle en se rappelant la signification de ce geste

Il faillit faire tomber la pile de dossier en entendant ces mots. Il tourna la tête vers elle et dans un murmure :

- La prochaine fois, réveille moi !

Puis, il reprit sa place sur sa chaise et commença à feuilleter le dossier. Au bout d'un moment, il se leva et alla s'installer dans la salle de réunion car il n'y avait pas assez de place sur le bureau de Beckett et il risquait de mélanger les différents documents. Il s'installa de telle façon qu'il pouvait la regarder si le besoin s'en faisait sentir. Il avait besoin de cette connexion. Tout comme elle, qui relevait de temps en temps la tête pour l'observer. Elle savait qu'il n'aimait pas faire la paperasse, mais elle savait aussi que le dossier dont il s'occupait serait parfait. Et si elle devait retaper un compte-rendu, ou s'il manquait un élément, ce serait signalé par un petit mot.

La matinée touchait à sa fin et elle terminait à peine son deuxième dossier. Il faut dire que quand on s'occupe de meurtre, les dossiers ne sont jamais minces. Les gars n'avançaient pas plus vite qu'elle.

- Beckett ? fit Esposito

- Hm…

- Tu veux qu'on commande de quoi manger, il est bientôt midi ?

Elle regarda sa montre. En effet, l'heure du repas approchait. Et elle se rendit compte que son estomac la rappelait à l'ordre. Elle n'avait rien avalé à l'exception des cafés que Castle lui avait apportés. Elle sourit en y pensant : à chaque fois qu'elle avait regardé sa tasse vide, une main la prenait et lui ramenait pleine !

- Heu, non… Enfin, oui. Allez manger. Prenez une pause et revenez dans deux heures. Moi, je vais aller prendre l'air

- On te prend quelque chose ? demanda Ryan

- Non, pas la peine, je trouverai bien quelque chose en route

Les gars rangèrent leurs papiers et se levèrent. Ils s'arrêtèrent devant la salle de réunion dans laquelle Castle s'occupait d'un dossier. Il était très concentré sur ce qu'il faisait. Quand il entendit la porte s'ouvrir, il sursauta

- On va manger, tu viens avec nous ? demanda Ryan. On a droit à une pause de deux heures !

- Et Beckett ?

- Elle préfère aller faire un tour.

- Je vais l'accompagner… vu qu'elle ne prend plus ses béquilles !

- Ah, c'est vrai, j'avais oublié, dit Ryan en lui adressant un sourire plein de sous-entendus. Alors à tout à l'heure !

- Entendu. Bon appétit à vous deux !

Les gars partirent, les laissant seuls. Castle classa ses papiers, sortit de la salle et se dirigea vers Beckett.

- Il paraît que vous allez vous promenez ?

- Oui, je suis ici depuis près de six heures et j'ai besoin d'air frais ! Mais vous auriez dû aller manger avec les gars !

- Vous oubliez Lieutenant que je suis votre béquille !

- Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je suis assez stable sur mes deux jambes pour marcher sans !

- Peut-être. Mais je suis votre équipier. Donc ça veut dire que je dois être à vos côtés

- Si je comprends bien, je n'ai pas le choix ? dit-elle en lui souriant

- Il n'y a pas à discuter ! répondit-il, un sourire sournois au coin des lèvres

A leur tour, ils quittèrent le commissariat.

Il n'avait pas remarqué que Gates les observait pendant leur joute verbale. La façon qu'ils avaient eue de se parler si près l'un de l'autre lui avait paru suspecte. Aussi s'était-elle approchée de la fenêtre qui donnait sur la sortie. Elle vit Beckett et Castle sortir, la jeune femme tenant le bras de son équipier avec ses deux mains. « Il se trame quelque chose » pensa-t-elle. Elle continua à les regarder, jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans le parc. Puis, elle retourna dans son bureau en se disant qu'il fallait qu'elle ait une discussion avec Ryan, Esposito et Lanie. Après tout, ils étaient les mieux placés pour savoir s'il se passait quelque chose entre Beckett et Castle.

Une fois dans le parc, Beckett lâcha le bras de Castle pour lui enserrer la taille et poser sa tête sur son épaule. Castle en fit autant. Ils marchèrent ainsi un petit moment appréciant juste le moment présent. Ils arrivèrent devant le stand d'un petit vendeur ambulant qui vendait des gaufres. Beckett s'arrêta et alla en acheter deux : elle s'en prit une au sucre, et en prit une au chocolat avec beaucoup de chantilly pour Castle. Quand elle se retourna, elle vit que Castle la regardait étrangement

- Quoi ? demanda-t-elle

- Comment tu sais ?

- Comment je sais quoi ?

- Pourquoi tu as choisi ça pour moi ?

- Je ne sais pas, une idée. Tu n'aimes pas ?

- Si, j'adore.

- Ben, alors, viens, on va aller s'asseoir et manger !

Ils allèrent s'installer sur un banc un peu à l'écart. Castle était content : tout doucement, certains souvenirs revenaient à Beckett naturellement. Ce n'étaient pas encore de grands moments de sa vie passée, mais juste des bribes de souvenirs qui ne concernaient qu'elle, que lui, qu'eux. Ce qui semblait dire que ces petits détails avaient été importants pour elle, ils l'avaient marqué.

Quand ils eurent finis de manger, Beckett pivota sur le banc et passa ses jambes entre le dossier et l'assise du banc, ce qui fit qu'elle se retrouva face à Castle. Délicatement, elle lui essuya le bout du nez car il avait de la chantilly. Elle sourit. Puis, elle se blottit contre lui en le serrant dans ses bras tout en poussant un soupir de contentement.

- Ça va ? demanda Castle en la serrant dans ses bras

- Hm

- Kate ?

- Tu m'as manqué !

- Je n'étais pourtant pas très loin de toi ! dit-il, alors qu'il ressentait la même chose

- Tes bras m'ont manqué, ton odeur…

- Toi aussi, tu m'as manqué te voir si proche de moi et ne pas pouvoir te toucher, c'était un vrai supplice !

- Mais au commissariat, on ne peut pas…

- Je sais, je comprends. Même Ryan n'a rien dit !

- Oh, je ne m'inquiétais pas pour Ryan. Je pense qu'il sait que je veux que notre histoire reste juste entre nous pour le moment. C'est notre petit jardin secret !

- Oui, moi aussi. Tu sais, je n'ai jamais connu une relation comme celle-là, même avec mes ex-femmes. C'est nouveau pour moi, et même si je parais un peu égoïste, j'aimerai la garder pour nous le plus longtemps possible.

Elle se décolla de lui et le regarda. Dans ses beaux yeux bleus, elle put voir tout l'amour qu'il éprouvait pour elle. Alors, elle se pencha vers lui et l'embrassa. Sentant les lèvres douces et chaudes de Beckett sur les siennes, il l'entoura de ses bras et l'attira à lui, écrasant sa poitrine contre son torse. Le baiser devint avide, passionné, tout en restant tendre. Il semblait ne pas pouvoir prendre fin. Ce n'est que lorsque leurs poumons manquèrent d'air qu'ils y mirent un terme, gardant quand même le contact entre leurs lèvres qui continuèrent de se caresser tendrement. Puis Beckett rompit le contact, affichant un petit sourire sur ses lèvres et replongea dans le regard de Castle. Elle laissa une de ses mains redessiner les traits du visage de son écrivain, tandis qu'il lui caressait le dos et les hanches. Ils savouraient ce moment, sachant qu'ils allaient devoir bientôt retourner au 12th.

- Je sais que tu attends plus de notre relation… dit-elle

- On a tout le temps, Kate. L'important c'est que nous soyons ensemble.

Ils s'embrassèrent à nouveau, puis elle se blottit dans ses bras.

- Il va falloir y retourner, dit Castle

- Je sais…J'ai pas envie, je veux rester là !

- Moi aussi, mais on n'a pas le choix ! On se rattrapera ce soir !

- Hm… Je rentrerais sûrement après toi, j'ai rendez-vous avec Roger !

- Tu n'apprécies plus mes massages ?

- Hm, si… Mais je dois faire des exercices aussi

- Oh !

- C'est de la rééducation, Castle, que de la rééducation ! Je ne vais pas m'amuser !

- Je sais ! Mais je ne peux pas m'empêcher d'être jaloux !

- Oui, j'avais remarqué !

- Quoi ? Comment ?

- A chaque fois qu'on croise des hommes dans la rue et qu'ils me regardent, tu te crispes et tu resserres ton bras autour de moi !

- T'es sûre ?

- J'aurai un panneau « propriété privée » que ce ne serait pas plus clair ! Tu sais, je ne vais pas m'enfuir !

Ils se levèrent et prirent le chemin du commissariat.

- Je voulais te dire… Je dois aller voir mes éditeurs en fin de semaine. J'ai rendez-vous vendredi matin.

- Pour ta conférence de presse ?

- Entre autre. Et pour mon livre.

- Alors, c'est décidé : tu arrêtes la saga, tu vas tuer Nikki ?

- Eh, bien en fait c'était mon idée première. Pas de tuer Nikki, je n'aurai pas pu. C'est toi qui m'as inspiré pour le personnage, je te rappelle. Mais je voulais arrêter la saga. Comment j'aurai pu continuer alors que je pensais ne plus te revoir.

- Et donc tu vas écrire un nouveau Nikki ?

- D'abord, il faut que je remanie celui que je viens d'écrire. Donc il faut que je repousse la date de publication

- Et pour la conférence ?

- Elle n'a plus lieu d'être.

- Et cette entrevue va durer longtemps ?

- Oh, avec Gina, tout est possible, mais je te promets de rentrer au plus vite.

Juste avant de quitter le parc, ils s'enlacèrent et s'embrassèrent une dernière fois.

Arrivés au bureau, ils se replongèrent dans leurs dossiers. Les heures s'égrenaient très lentement.

En fait toute la semaine passa très lentement. Aucune affaire n'était arrivée. A croire que tous les criminels s'étaient mis en vacances. Beckett n'en pouvait plus. Passer un peu de temps au bureau, c'était bien. Mais un peu. L'action lui manquait. Quand le jeudi soir arriva, n'y tenant plus, elle alla voir le capitaine

- Je peux vous parler, chef ?

- Un problème Lieutenant ?

- Pas vraiment. Mais j'en ai assez !

- Castle ?

- Non, il n'a rien à voir là-dedans ! La paperasse ! Une semaine que ça dure ! Pas un crime ! Pas d'enquête !

- Je te comprends. Mais que veux-tu que j'y fasse ? Je ne vais quand même pas tuer quelqu'un pour te faire plaisir ?!

- J'ai encore plein de congés à prendre. Alors, je me disais que je pourrais prendre une petite semaine. Bien sûr, si une affaire se présente, je serai joignable !

- Et tu comptes partir quand ?

- Ce soir, et je reviens lundi dans une semaine.

- Entendu. Je te laisse l'annoncer à ton équipe et à Castle.

- Ryan et Esposito, je veux bien, mais je n'ai pas de compte à rendre à Castle.

- Bien. Je lui annoncerai demain, et je lui dirai qu'il pourra rester chez lui jusqu'à ton retour !

- Bonne idée ! Comme ça, il ne me posera pas de question. Bon, je te laisse. A bientôt !

- Passe de bonnes vacances et surtout profites-en !

- Compte sur moi !

Quand elle sortit du bureau de Gates, Castle venait de déposer un dossier sur son bureau. Quand il la vit ranger ses affaires

- Je rentre Castle, je vous dépose ?

- Volontiers.

- Passez devant, je vous rejoins

Elle attendit que les portes de l'ascenseur se soient fermées pour aller voir les gars

- Les gars, Gates m'accorde une semaine de congés

- On est en congés ? demanda Esposito

- Non, JE suis en congés ! Pas vous. Si une enquête se présente, vous pourrez m'appeler. Entendu ?

- Tu sais, on peut enquêter tous seuls, dit Ryan

- Je sais, mais si vous avez besoin de moi, je serai joignable

- Ok, alors passe de bonnes vacances ! ajouta Ryan, se doutant qu'il y avait anguille sous roche

Elle partit et rejoignit Castle qui l'attendait à côté de sa voiture.

Le lendemain matin, comme tous les matins depuis le début de la semaine, Beckett se reveilla de bonne heure.

Comme tous les matins, elle prépara le café, laissa un petit mot puis quitta l'appartement. Mais contrairement aux autres matins, elle ne se rendit pas au 12th.

Non, elle n'alla pas travailler, puisqu'elle était en vacances. Elle partit flâner dans Central Parc. Vers 7H30, elle se dirigea vers un petit troquet, s'assit de façon à ne pas être vue, commanda un café. Puis elle attendit.

Une heure plus tard, elle vit Castle sortir de son immeuble. Une fois qu'il se fut éloigné, elle rentra chez elle.

Castle se rendit comme il l'avait dit à sa maison d'édition. Finalement son rendez-vous avait duré moins longtemps que prévu. Evidemment, il fallait décaler la date de parution du nouveau Nikki Heat, mais après tout, c'était le travail de Gina. Pour la conférence de presse, il suffisait d'avertir les journalistes.

Après son entrevue, il passa prendre ses deux cafés et se rendit au commissariat. En arrivant, il fut surpris de ne pas voir la voiture de Beckett. Il se réjouit en pensant qu'il y avait eu un crime. Ce n'était pas tant le fait qu'il y ait une victime qui le faisait sourire, mais il avait bien remarqué que Beckett en avait marre de faire de la paperasse, et lui aussi d'ailleurs. Bien qu'en quatre jours, les dossiers étaient quasiment tous à jour.

Quand il arriva au bureau, il fut surpris de voir les gars. Beckett ne se déplaçait jamais sans eux sur une scène de crime. Ryan et Esposito avaient, eux aussi, l'air surpris de le voir. Mais Gates éclaira la situation

- Bonjour, Mr Castle !

- Chef.

- Ce ne sera pas la peine de venir pendant les prochains jours, étant donné que le Lieutenant Beckett ne sera pas là !

- Comment ça pas là ? Où est-elle ?

- Le Lieutenant Beckett a pris une semaine de congés, donc je ne veux pas vous voir dans nos murs jusqu'à son retour.

Il déposa les cafés devant Ryan et Esposito, les salua, puis quitta le commissariat. Il héla un taxi, et se rendit à l'appartement de Beckett.

Arrivé devant l'immeuble, il descendit du véhicule et courut jusqu'à la porte. Il l'ouvrit et découvrit Beckett dans sa cuisine en train de boire un café.

- Tu aurais pu me le dire que tu prenais des congés ?

- Tu n'es pas allé au 12th ce matin ?

- Si et c'est Gates qui me l'a appris en disant qu'elle ne voulait plus me voir jusqu'à ton retour.

- Et tu as eu l'air surpris ?

- Evidemment ! J'ai cru…

- Attends ! Je ne voulais pas t'inquiéter. Je me suis juste dit qu'ainsi personne ne se douterait que je passerai mes congés avec toi ! Je n'ai pas pensé que tu pourrais croire que je partais ou que je te laissais. Je suis désolée je ne voulais pas te faire peur, dit-elle en le serrant dans ses bras

- Ne me fais plus jamais un coup pareil, dit-il en la serrant aussi fort qu'il pouvait.

Ils restèrent ainsi un moment.

- Et sinon, tu comptes faire quoi pendant tes congés ? demanda Castle

- Rien de particulier. Seulement être avec toi.

- Oh ! Planning intéressant, mais si ton idée était qu'on ne sache pas qu'on est ensemble, on va être obligé de rester enfermer ici puisqu'on risque de tomber sur quelqu'un qui nous connaît. Pas que l'idée d'être coincé avec toi dans ton appartement me soit désagréable…

- On pourrait aller dans le chalet de mon père ! Ah, non, il n'y a pas de réseau, là-bas et je dois rester joignable, au cas où !

- Et si on allait dans les Hamptons ? Je pourrais demander à Mère et Alexis de venir aussi.

- Les Hamptons ? Et t'as besoin de deux chaperons ? Tu as peur de moi ?

- C'est toi qui veux que je me rapproche de ma fille et de ma mère et je le souhaite aussi. Et question chaperon, je pense qu'Alexis en a plus besoin que moi. Et non, je n'ai pas peur de toi. Une seule chose me fait peur : c'est de te perdre !

- Ça n'arrivera pas, je te le promets. Il va falloir que tu me supportes encore un peu.

- Je n'aurai aucun mal pour ça ! dit-il en l'embrassant. Alors, les Hamptons ?

- Les Hamptons !

- Parfait. Donc, tu prépares tes affaires, on va au loft, je prépare mes affaires, on mange, et on s'en va. Le programme te convient ?

- Tant que tu es avec moi, ça me va !

Ils firent donc comme convenu. Au moment du départ, ils échangèrent les voitures de place. Puis ils prirent direction les Hamptons. En chemin, il lui apprit qu'Alexis, Max et sa mère n'arriveraient que dans l'après-midi du lundi. Ils avaient le week-end rien que pour eux deux.

Ils arrivèrent en fin d'après-midi.

En voyant la maison, Beckett fut surprise. Elle ne s'attendait pas à voir quelque chose de si grand. Elle savait que Castle était riche, mais pas à ce point. Il l'invita à entrer et lui fit faire le tour de la propriété après avoir déposé leurs affaires dans la chambre à coucher.

On aurait pu s'attendre à voir un intérieur tape à l'œil, mais chez Castle ce n'était pas le cas. Il ne faisait pas étalage de sa fortune. Certes le mobilier était de qualité, mais l'ensemble était sobre. Beckett appréciait ce côté de l'écrivain.

Enfin, ils passèrent côté jardin. C'était simple : que du gazon ! Et, à l'abri des regards indiscrets une piscine. Mais le plus beau, c'était la vue sur l'océan qui passait juste devant la propriété.

La soirée était vite passée. Après avoir dîné, ils s'étaient promenés le long de la plage en regardant le coucher de soleil. Puis ils étaient rentrés et s'étaient couchés.

Beckett se réveilla en sursaut. Castle n'était plus à côté d'elle. Elle regarda le réveil : 1H. Elle sortit du lit, puis de la chambre, fit le tour des pièces et ne le trouva pas. Alors elle regarda par la grande porte fenêtre, et le vit. Plutôt, elle discerna une ombre qui se dessinait devant l'océan. Mais cette ombre, elle l'aurait reconnu entre mille autres. Elle ouvrit la porte pour le rejoindre, mais elle se rendit compte que le fond de l'air était frais. Ne portant qu'un shorty et la chemise de Castle, car c'est ce qu'elle mettait tous les soirs afin de s'endormir avec son odeur, elle chercha autour d'elle ce qui pourrait la couvrir. Sur le canapé du salon, elle trouva deux plaids, puis sortit de la maison. Tout en avançant, elle s'enveloppa dans un des plaids. Arrivée au bord de la plage, elle l'observa. Il était assis, face à l'océan, ses bras entourant ses jambes. Il fixait un point à l'horizon. Elle le trouvait magnifique. Elle s'approcha doucement pour ne pas l'effrayer. Elle s'agenouilla derrière lui, se colla à son dos, posa son menton sur une épaule, et l'enserra en posant une main sur son torse, alors que l'autre se plaçait au niveau d'une de ses hanches. Elle ne dit rien, ne bougea pas.

Le contact de Beckett contre son dos le fit légèrement sursauter. Il décolla délicatement la main qu'elle avait posée sur son torse, embrassant sa paume et la garda dans sa main contre son cœur. Il ne disait rien lui non plus.

Il savourait simplement ce moment. Une légère brise se leva et libéra une délicieuse odeur de cerise.

- J'ai acheté cette propriété car la première fois que je l'ai vu, j'ai trouvé que c'était un endroit romantique. Alexis était née. Et je m'étais dit que ce serait bien de venir ici en famille le week-end pour partager des moments inoubliables. Mais Mérédith faisait passer sa carrière avant nous, elle n'était jamais là. La plupart du temps, je venais seul avec Alexis. Oh, j'ai de beaux souvenirs, mais seulement avec ma fille. D'ailleurs, elle adore cet endroit. Ensuite, il y a eu Gina. Pure New Yorkaise. Elle ne supportait pas de séjourner ici et elle ne s'intéressait pas à Alexis.

Beckett ne disait rien. Elle le laissait parler.

- Puis Alexis a grandi. On venait régulièrement, on avait des week-ends spéciaux. Mais j'étais seul au final. Oh, j'étais entouré, les gens croyaient me connaître. Ils ne voyaient en moi que l'homme publique, le fêtard, l'homme à femmes… C'est vrai que j'en ai rencontré beaucoup, mais elles étaient plus intéressées par mon compte en banque que par moi.

Et puis je t'ai rencontré. A mon habitude, j'ai tenté de te séduire comme je le faisais avec les autres, après tout, à toutes les soirées auxquelles j'ai assistées, je pouvais repartir avec une fille à mon bras. Alors pourquoi pas toi. Mais non. Le Lieutenant Beckett n'était pas ce genre de fille. Tu te fichais de ma renommée. Tu te fichais de mon argent.

Alors je me suis immiscé dans ta vie de force. Je n'étais pas habitué à ce qu'une femme ne s'intéresse pas à moi. J'ai appris à te connaître. J'ai découvert qui tu étais vraiment, j'ai découvert ta souffrance…Car derrière le masque de dureté que tu affichais, il y avait une femme fragile, blessée par la vie. Et cette femme, au fil du temps, je me suis mis à l'aimer. En même temps, sans t'en rendre compte, tu m'as changé. Je suis devenu plus mature. Et je me suis mis à espérer. Je nous voyais un avenir commun. Je me disais que finalement, je pourrais l'avoir la vie de famille que je souhaitais, qu'on pourrait élever nos enfants ici.

Et puis, il y a eu cette enquête…

Castle ne disait plus rien. Beckett pivota et se retrouva face à lui. Son visage était éclairé par la lune et elle vit que ses yeux étaient remplis de larmes. Elle se pencha vers lui et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Elle passa une main derrière sa nuque et l'obligea à la regarder

- Je ne me rappelle pas de tout ce que nous avons vécu ensemble. Tout ce que je sais, ce sont les autres qui me l'ont raconté.

Je ne sais pas si je me rappellerai un jour…

Je voudrai juste que tu saches… Oh, je ne sais pas manier les mots aussi bien que toi… Mais, je suis là, ici avec toi, et pour rien au monde je ne voudrai être ailleurs. Je ne veux pas que tu es peur de me perdre. Je ne veux pas que tu t'inquiètes quand un autre homme me regarde… Oui, j'ai perdu la mémoire, mais pas mon cœur, pas mon corps. Depuis le jour où tu es arrivé, j'ai été irrésistiblement attiré vers toi…

Je ne sais pas ce qui va arriver, je ne peux pas prédire l'avenir, mais pour l'instant tout ce que je veux, c'est être avec toi ! Et je me fous de l'endroit, je me fous que tu es de l'argent ! L'important pour moi c'est que nous soyons ensemble.

Il ne parvenait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Beckett venait de lui faire la plus belle déclaration d'amour qu'il pensait ne jamais entendre.

Tout doucement, il prit son visage dans ses deux mains et l'embrassa tendrement. Il passa une main derrière sa tête et la fit s'allonger sur le sable, se retrouvant au-dessus d'elle. Elle l'enserra avec ses deux bras le collant contre elle. Il se détacha de ses lèvres et la regarda. Elle souriait, ses yeux verts s'étaient assombris, devenant presque noir. Il put y voir tout l'amour qu'elle ressentait pour lui. Il lui sourit.

Il se pencha, et l'embrassa de nouveau. Avec sa langue, il dessina le contour de ses lèvres, lui demandant ainsi l'accès à sa bouche. Ce qu'elle accepta et leurs langues refirent connaissance. Sans se détacher d'elle, il glissa légèrement sur le côté et commença à déboutonner la chemise qu'elle portait. Arrivé au dernier bouton, et à bout de souffle, il mit fin au baiser. Il la regarda à nouveau pour savoir s'il pouvait aller plus loin. Sans un mot, tout en le fixant, elle se redressa légèrement, retira la chemise et se rallongea.

- Kate, tu es magnifique !

Tout en douceur, elle enlaça son cou avec ses deux mains et l'attira à elle pour l'embrasser. Elle entoura ses hanches avec ses jambes pour le coller encore plus contre elle. Il abandonna ses lèvres pour descendre dans son cou. Il le couvrait de baisers. Puis il remonta jusqu'à son oreille. Alors qu'il déposait un baiser derrière celle-ci, elle poussa un gémissement. Ce qui le fit sourire. Il s'y attarda, car il venait de découvrir un de ses points sensibles. Il continua son exploration à la recherche d'autres points. Il traça une ligne de son oreille à son épaule, puis de son épaule à sa poitrine. Avec ses lèvres, il effleura ses seins ce qui la fit se contracter. Puis il lui mordilla chacun des tétons. Elle poussa un nouveau gémissement. Il descendit encore, embrassant ses flancs. Il la sentait se tordre sous lui, elle lui plantait les ongles dans le dos. Quand il arriva à son nombril et qu'il entreprit d'en faire le tour avec la langue, n'y tenant plus, elle lui attrapa le visage et plaqua ses lèvres sur les siennes. Mais il ne garda pas le contact. Il continua ses caresses tout en la regardant. Il fit descendre sa main jusqu'au petit bout de tissu qui servait encore de rempart et le fit glisser le long de ses jambes. Elle laissa échapper un cri de surprise et de désir. Il continua de la caresser, ses mains montaient et redescendaient le long de son corps lui faisant pousser de plus en plus de gémissements. Puis il descendit plus au sud. Il la regardait toujours, analysant ses expressions. Il fit de nombreux mouvements répétitifs. Ils étaient tantôt lents, tantôt rapides. Il sentait que sa respiration était saccadée, elle haletait. Elle voulut l'embrasser, mais il n'en fit rien. Il continua ses caresses. Elle ne pouvait plus retenir ses gémissements, puis elle cria au moment où il la pénétra avec deux doigts et en faisant des mouvements de va et vient. Elle se cambra en criant.

- Rick !

Elle s'écroula sur le sable, les yeux fermés. Il la regarda. Quand elle les rouvrit, elle le vit avec un sourire victorieux sur les lèvres. Il venait de lui donner son premier orgasme. Elle lui sourit à son tour.

Quand elle eut repris ses esprits, d'un mouvement de hanches, elle le fit basculer et se retrouva au-dessus de lui.

- A toi de crier grâce, Castle ! dit-elle avec un petit sourire narquois

Elle plongea sur ses lèvres, et tout en l'embrassant commença à le caresser. Voyant qu'il voulait reprendre le dessus, elle lui plaqua les mains au sol et les maintint avec ses genoux. Elle commença à le torturer avec un long cortège de baisers. Elle caressa le contour de sa mâchoire avec ses lèvres, descendit le long de son cou, s'attardant sur sa pomme d'Adam, remonta derrière ses oreilles qui était pour lui aussi un point sensible. Quand il gémit, elle se redressa pour le regarder. Ses yeux bleus étaient assombris de désir. Elle sourit. Elle reprit son balai infernal de caresses et de baisers. C'était une vraie torture car pendant que ses lèvres caressaient son cou et ses épaules, il sentait la poitrine tendue de Beckett lui caresser le torse. Elle continua sa descente, lui mordilla les tétons puis arriva à son nombril. Alors qu'elle y glissait délicatement sa langue, il se cambra en gémissant. Puis, elle lui retira son caleçon. Avec le bassin elle entama une danse langoureuse au-dessus de sa virilité.

- Mon Dieu, Kate ! Arrête ça !

A ces mots, elle le fit glisser lentement en elle leur entrainant un gémissement partagé. Elle ne bougea plus et le regarda. Il la fixait. Elle se pencha. Tout en l'embrassant, elle fit de lents mouvements avec le bassin. Ayant réussi à se libérer les mains, il lui attrapa les hanches et voulut accélérer le rythme. Mais Beckett le freina. Son mouvement de bassin reprit, s'accéléra et devint plus puissant. Leurs gémissements se répandaient dans la nuit étoilée. Leurs souffles devinrent plus saccadés. Elle haletait et sentait son plaisir revenir, et en regardant Castle elle s'aperçut que lui aussi était tout proche. Elle le voyait sur son visage, dans ses yeux noircis de désir. Puis, grâce à un dernier coup de bassin, ils se cambrèrent dans un même mouvement, criant leur nom en même temps. Pantelante, mais souriante, elle lui caressa le visage puis s'allongea sur son torse tout en le gardant en elle.

Il l'enveloppa de ses bras, après les avoir recouvert avec un plaid. Elle le retenait de ses bras, de ses jambes comme une corde qui le liait à elle.

Et c'est ainsi que, enlacés dans les bras l'un de l'autre, ils s'endormirent, bercés par la musique des vagues s'échouant sur la plage.

C'est aux premières lueurs du jour, que Castle commença à sortir des bras de Morphée. Il commençait à réaliser où il était, quand il sentit Beckett bouger légèrement. Il ouvrit les yeux. Bien qu'elle ait remuée, elle dormait toujours. Ayant peur qu'elle est froid, il passa doucement une de ses mains sur son corps nu, ce qui la fit se tortiller et grogner. Il se rendit compte que sa peau était tiède. Mais au cas où, il attrapa le deuxième plaid et recouvrit le dos de Kate. Sans trop bouger, il se fabriqua un repose-tête avec une pierre qu'il enroula dans son sweat. Puis il resserra son étreinte autour de Kate, attendant qu'elle se réveille.

Il repensa à leur première rencontre. A la fin de l'enquête, il lui avait proposé de passer la soirée avec lui. Elle avait refusé car elle ne voulait pas être un nouveau trophée de chasse. Elle lui avait dit au revoir et il avait ajouté :

- Dommage, on se serait bien amusé !

- Vous n'avez pas idée ! lui avait-elle répondu