Une fois qu'elle eut disparu,
- Oh, mon Dieu, je ne savais pas…
- Tu ne savais pas quoi ? demanda son père
- Les cicatrices… Je savais pour sa jambe puisque les médecins la maintenaient en extension, elle n'avait qu'un demi-plâtre placé en dessous, et donc j'avais vu les vis et les sutures. Mais pour le bras et l'épaule, rien n'était visible. Et par la suite, quand je passais la voir, elle était toujours en tenue de sport.
- Elle les a acceptés, il faut en faire autant.
- Je n'ose pas imaginer les souffrances qu'elle aurait endurées si elle avait été consciente.
- Tu l'as vu combien de temps après l'accident ?
- Après que Ryan nous ait avertis, Grand-mère et moi sommes allées à l'hôpital. Elle était au bloc opératoire. Quand tu nous as appelés, c'est là qu'on était. On a voulu t'avertir…tu connais la suite. On est resté avec toute l'équipe pendant les deux jours qu'elle a passée en salle d'opération. On arrêtait pas de voir des chirurgiens entrés et sortir, et aucun d'eux ne donnaient de nouvelles. Même pas à son père. Ils avaient l'air anxieux. A un moment, on a même pensé qu'elle ne s'en sortirait plus. Mais finalement, un des chirurgiens est venu nous voir et nous a annoncé qu'elle était encore en vie, mais dans le coma…
- Si j'avais su…
- Tu aurais pu le savoir si tu ne nous avais pas raccrochés au nez ! J'aurai aimé que tu sois là car ça n'a vraiment pas été facile !
- Je t'ai expliqué au parc pourquoi j'avais agi ainsi.
- Oh, j'ai compris tes raisons. Mais, moi, qu'est-ce que je t'avais fait ? Et grand-mère ? Tu nous as rayés de ta vie pendant deux ans ! Tu imagines deux années pendant lesquelles on ne savait même pas si tu étais encore en vie ! Deux années durant lesquelles j'ai dû me débrouiller seule ! Grand-mère était là, bien sûr, elle faisait de son mieux tous les jours, elle fixait le téléphone, espérant ton appel, et puis, tout doucement l'espoir s'est envolé.
- Je suis désolé, ma chérie. Mais je ne vous ai pas rayé de ma vie. Je pensais à vous tous les jours, mais je ne pouvais pas…
- Tu m'as menti, papa. Tu avais dit que tu serais toujours là pour moi, que je pourrais compter sur toi. Mais où étais-tu quand j'ai dû faire des choix ?
Et Kate ? Rappelles-toi : après la fusillade, tu m'avais dit que tu n'y retournerais plus. Et puis tu y es retourné car tu devais l'empêcher d'enquêter sur le meurtre de sa mère, tu ne voulais pas qu'elle se fasse tuer. Et le jour où tu te rends compte que rien ne pourra l'arrêter, tu t'enfuis !
La jeune fille était en larmes. Castle essayait de la calmer.
Kate qui venait d'arriver, avait entendu une partie de la conversation. Voyant qu'il n'arrivait pas à apaiser sa fille, elle s'approcha, et en lui faisant un petit sourire, prit Alexis dans ses bras.
- Chut ! Calme-toi. C'est fini maintenant.
Elle lui caressait les cheveux, lui embrassa le front. Voyant que Castle ne savait pas quoi faire, elle l'attrapa par la main et lui fit comprendre de les prendre dans ses bras. Il les encercla toutes les deux. Il avait les larmes aux yeux. Il savait qu'il avait fait souffrir sa fille, mais il n'aurait jamais imaginé qu'elle lui en voulait autant.
Quand les larmes de la jeune fille eurent fini de couler, elle se détendit, puis se détacha de Beckett pour se glisser dans les bras de son père. Kate embrassa Alexis sur la tête, puis Castle sur la joue puis se sépara d'eux pour les laisser seuls.
Tout en gardant sa fille dans ses bras, il la guida vers la terrasse.
Beckett se dirigea vers la cuisine pour préparer le repas. Elle fut rejointe par Martha et Max
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Martha
- Discussion père/fille, répondit Beckett
- Oh ! Ça va être difficile ! Elle lui en veut énormément !
- Je sais
- J'ai tenté d'abordé le sujet plusieurs fois avec elle. Mais elle a toujours refusé de me parler de son père. Elle disait que les absents ont toujours torts, dit Max
- Elle s'est sentie tellement abandonné pendant ces deux années ! J'ai essayé de l'aider, mais je n'étais pas lui, dit Martha.
- Ça va s'arranger, dit Kate. Il saura trouver les bons mots. Ce sera long, mais ils y arriveront. Et puis, on est là pour les soutenir. Et toi, Martha ?
- Oh, tu sais, pour moi, l'important c'est qu'il soit revenu. Il m'a donné ses raisons. Même si je ne les approuve pas forcément, je peux les comprendre. Ce que je regrette, c'est qu'il ne m'ait pas écouté à l'époque !
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je lui avais dit de t'avouer ses sentiments, car j'avais bien vu que tu avais les mêmes mais que tu n'osais pas lui dire. Mais il avait tellement peur de te brusquer, que tu ne sois pas prête… Il y a eu trop de non-dits dans cette histoire !
Mais si toi, tu l'as pardonné, alors Alexis devrait y arriver. Tu as toujours été un modèle pour elle.
- Je n'ai rien fait d'exceptionnel
- Tu ne te rends pas compte Kate : tu as toujours été là quand elle en avait besoin. C'était toi la blessée, qui avait besoin d'aide, et tu prenais du temps pour t'occuper d'elle.
- N'importe qui en aurait fait autant
- Non. Elle n'a demandé à personne d'autre, même pas à moi, ni même à Max, j'en suis sûre. Elle s'est tournée vers la femme en qui son père avait confiance, vers la femme que son père aimait et qui l'aimait.
- C'est vrai Kate, grâce à toi elle a retrouvé le sourire. Quand je l'ai rencontré, elle était complètement renfermée. Elle ne souriait même plus.
- C'est bon, vous deux. N'oubliez pas que vous m'avez aidé aussi… Allez, on passe à table ! Tout le monde sur la terrasse !
- En tout cas, je suis bien contente de vous voir ensemble, toi et mon fils.
- Merci Martha. Je ne sais pas ce qu'aurait décidé l'ancienne Beckett, mais, moi, je suis heureuse !
- Ça se voit ! Et mon fils aussi !
Après le déjeuner, Beckett s'approcha d'Alexis
- Si tu proposais une petite balade à ton père ?
- Kate !
- Il faut que vous parliez tous les deux. Laisse-le s'expliquer. Donne-lui une chance. Tu sais qu'il t'adore, tu es tout pour lui !
- Oui, ben il l'a oublié pendant deux ans !
- Alexis !
- Entendu, Kate ! Mais je ne te promets rien.
- Fais-moi confiance !
Alexis s'approcha de son père qui s'était isolé à un bout de la terrasse.
- Papa ?
- Oui, ma chérie
- Ça te dirait qu'on aille faire un tour ?
- Volontiers.
Ils s'éclipsèrent. Beckett les regardait. Ils marchaient l'un à côté de l'autre, mais Alexis maintenait une petite distance entre eux. Elle soupira : l'après-midi serait dure pour Castle.
- Bien ! Et nous ? Vous voulez faire quelque chose ? demanda Beckett
- J'ai rendez-vous avec des amis cette après-midi, et je pense rentrer tard ce soir, alors ne m'attendez pas !
- Entendu. Et toi Max ?
- On pourrait aller faire une balade à cheval ? Enfin, si tu peux ?
- Je peux toujours essayer.
- Entendu. Je vais chercher les clés de la voiture.
- Pourquoi ? C'est loin ?
- Assez ! Une demi-heure en voiture !
- Ok ! Mais je vais prendre les clés de Castle, car Martha t'a piqué ta voiture !
- Tu plaisantes ?
- Non, regarde !
Ils rirent. Avant de partir, Beckett laissa un mot à Castle pour lui dire où ils étaient, puis ils prirent sa voiture. Arrivés au haras, le propriétaire leur montra ses chevaux. Après lui avoir parlé de l'accident dont elle avait été victime, il lui choisit un des plus vieux, car plus calme. Quand ils eurent leurs montures, Max aida Beckett à monter, puis ils se dirigèrent vers un petit sentier que leur avait indiqué le propriétaire. Le chemin suivait la plage. Max et Beckett chevauchait côte à côte tout en discutant.
De leur côté, Castle et Alexis s'étaient rapprochés.
- Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ? demanda Alexis
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Avec Kate ? Avec nous ?
- J'espère que nous arriverons à reformer une famille comme avant.
- Tu sais que je ne pourrais pas oublier ces deux années ?
- Je m'en doute, oui. Mais on peut essayer de reprendre là où on en était ?
- On peut essayer. Et pour Kate ?
- Quoi Kate ?
- Tu n'en profites pas, tu ne profites pas de son amnésie ?
- Non ! Pour qui tu me prends ? Tu sais que je l'ai toujours aimé. En plus, c'est elle qui a fait le premier pas !
- C'est juste que je ne veux pas qu'elle souffre !
- Ne t'inquiète pas. Je tiens bien trop à elle.
- Tu sais qu'elle peut rester comme ça, ou retrouver la mémoire ? Et que si elle la retrouve, elle pourra oublier ce qu'elle vit aujourd'hui ?
- Je sais. Mais on avisera à ce moment-là.
- Tu ne t'enfuiras pas ?
- Je te le promets, plus de fuite. Je me battrais cette fois.
Sa fille le regarda et dans ses yeux, elle vit qu'il était sincère. Elle se blottit dans ses bras. Il était heureux. Il s'était expliqué à cœur ouvert avec Alexis, et les choses s'arrangeaient. Il devrait encore faire ses preuves, mais il ferait tout ce qu'il faut pour retrouver leur ancienne complicité.
Quand ils rentrèrent, ils trouvèrent la maison vide.
- Kate ?
- Max ? Grand-mère ?
- On dirait qu'ils nous ont abandonné !
- Max et Kate sont allés faire du cheval, dit Alexis qui venait de découvrir le mot de Beckett
- Je ne sais pas si c'est raisonnable. Natation, parcours de santé ou footing, oui et encore elle ne doit pas forcer. C'est pour ça que je l'accompagne. Mais le cheval, c'est dangereux. Si elle tombe ?
- Papa, Max est avec elle. Il sait qu'il faut faire attention.
- Oui, mais…
- Elle ne risque rien avec lui. Et en plus ils ont dû expliquer les blessures de Kate pour qu'elle ait un cheval calme !
- J'espère !
- Et vu comme tu l'aides pour la natation…
- Quoi ?
- Papa, as-tu oublié que ma chambre donne sur la plage !
- Oh ! Et Max…
- Sous la douche !
- Ah !... Et si on prenait un café ?
Alors qu'ils étaient tranquillement installés sur la terrasse, Castle reconnut le moteur de sa voiture. Il se leva et alla ouvrir la porte d'entrer. Max et Beckett arrivaient bras dessus, bras dessous, en riant. Quand elle vit Castle, elle se détacha de Max et l'enlaça.
- C'était bien ? demanda-t-il en l'entraînant vers la terrasse
- Génial ! On devrait en faire ensemble.
- Tu n'es pas raisonnable. Et si tu étais tombée ? Tu sais, on ne sait pas comment va réagir un cheval.
- Avec celui que j'avais, pas de risque. Pour qu'il aille plus vite, il aurait fallu que Max le tire avec son cheval… Et le sentier était plat, pas de montée, pas de creux… On a longé la plage, c'était magnifique !
- D'accord. Je n'insisterai pas.
- Et toi ? Avec Alexis ?
- Je dois encore faire mes preuves, mais je dirais que ça va mieux. Tu sais où est passé ma mère ?
- Elle nous a dit qu'elle allait voir des amis et qu'il ne fallait pas l'attendre ce soir. Puis elle est partie en prenant la voiture de Max. C'est pour ça que j'ai pris la tienne. Tu ne m'en veux pas ?
- Non, tout ce qui est à moi, est à toi. Tu prends ce que tu veux. Un café ?
- Oui, merci
- Tu veux faire quelque chose avant le diner ? Max et Alexis vienne de sortir.
- Je crois que je vais aller m'installer un peu dans le salon et me reposer un peu en lisant.
- Fatiguée ?
- Un peu.
- Je peux t'accompagner ? Je pourrais essayer d'écrire.
- Bien sûr !
Ils s'installèrent donc dans le salon. Castle s'assit au coin du canapé avec son ordinateur portable sur les jambes. Kate s'allongea et posa sa tête sur sa cuisse et reprit l'histoire de Nikki Heat.
Les jeunes rentrèrent une ou deux heures plus tard. Ils entrèrent dans le salon.
- Papa, on est… Oh…, fit Alexis
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Castle
- Chut, papa. Kate s'est endormie !
- Oh, je ne m'en étais pas rendu compte ! Tu peux aller chercher un oreiller dans nôtre chambre ?
Elle redescendit avec un oreiller et le tendit à son père. Tout doucement, il se déplaça et déposa sa tête sur le coussin. Tendrement, il lui caressa la joue. Elle réagit à son toucher et pivota pour blottir son nez dans le coussin qu'elle enserra dans ses bras. Il regarda Alexis
- Je crois que c'est le tien ! fit-elle en souriant
Il sourit à son tour, se redressa, pris un plaid et la recouvrit. Avant de sortir, il l'embrassa, ce qui la fit grogner. Il ramassa le livre qui était tombé et le posa sur la table basse, puis sortit.
Il retrouva sa fille et Max et les aida à préparer le repas.
- Elle m'a dit qu'elle était un peu fatiguée, dit Castle
- Trop de natation ? le taquina sa fille
- Alexis !
Ils rirent. Max les regarda ne comprenant pas pourquoi ils riaient. Ils continuèrent à s'occuper du repas, préparèrent la table sur la terrasse.
- Papa, j'ai essayé de réveiller Kate, mais rien à faire.
- Je vais y aller.
Il retourna dans le salon. Sa belle dormait toujours aussi profondément. Il s'agenouilla près du canapé, se pencha et déposa de tendres baisers dans son cou. Elle ne bougea pas. Il lui caressa le dos, après avoir glissé sa main sous sa chemise et lui donna des petits baisers derrière l'oreille, puis descendit dans son cou. Elle pivota légèrement, et à moitié endormie passa sa main derrière le cou de Castle et l'attira à elle pour lui déposer un tendre baiser sur les lèvres.
- Hm… je pourrais m'habituer à des réveils de ce genre, dit-elle
- Et tu embrasses toujours les hommes qui te réveillent ?
- Non, seulement toi. Je te reconnais même quand je dors ! Et en plus, à part toi, il n'y a pas d'homme chez moi.
- Ça aurait pu être Max ?
- Il n'aurait pas osé. Et dans le cas contraire, tu serais en train d'appeler le 911 ! dit-elle en se redressant et lui entourant le cou avec ses bras
- Loin de moi l'idée de vous déranger, mais on a faim, fit Alexis en entrant dans le salon. Papa, tu devais la réveiller ?
- Ben, je l'ai fait !
- Pour qu'elle vienne à table, pas pour…
- Alexis !
- J'ai rien dit, j'ai rien dit, fit-elle en sortant
- Je vois que la bonne humeur est de retour ! dit Beckett
- Oui. Allez, viens !
Après le repas, Beckett s'excusa mais étant fatiguée, elle monta se coucher. Alexis proposa une soirée vidéo, les deux hommes acceptèrent. Avant de se coucher, Beckett se détendit dans un bain chaud, puis s'allongea avec Nikki Heat.
Quand Castle la rejoignit quelques heures plus tard, elle dormait à poings fermés, son livre serré dans les bras. Il sourit. Il prit le livre et le déposa sur la table de nuit. Puis, il s'allongea près d'elle, son torse contre son dos, et l'enlaça. Elle se retourna, enfouit son nez dans son cou et l'enserra avec ses bras et une de ses jambes, comme si elle avait peur qu'il s'échappe.
Le lendemain matin, comme d'habitude, Beckett était la première levée. Alors qu'elle se préparait un café, Alexis la rejoignit.
- Salut, Kate
- Salut, Alexis
- Bien dormi ?
- Comme un bébé.
- Et toi ?
- Pareil. Je voulais aller refaire le parcours ce matin.
- Tu veux que je t'accompagne ?
- T'es sûre ? Parce qu'hier, tu étais fatiguée.
- Oui, ça ira. Allez viens.
Pendant le trajet, Beckett prit le temps de discuter avec la jeune fille
- Alors, tu as mis les choses au point avec ton père ?
- Oui. Mais je ne pourrais pas oublier ces deux dernières années. Tu sais c'est difficile de se retrouver seule du jour au lendemain, sans savoir pourquoi. Penser que son père ne t'appelle pas car tu as prononcé un nom.
- Je sais. Mais tu sais, il n'est pas le seul responsable dans cette histoire. J'ai aussi ma part, apparemment.
- Oui, mais tu te fis à ce qu'il t'a dit. Tu ne t'en souviens pas.
- Entre ce qu'il m'a dit, et ce que m'a raconté Lanie, je crois qu'ils ont dit la vérité. Il attendait que je me décide. Tu dois en savoir quelque chose toi aussi.
- Oui, c'est vrai. Votre relation n'était pas simple. Je savais qu'il t'aimait, et quand je te voyais, c'était flagrant que tu avais des sentiments. Mais tu semblais avoir peur.
- Donc il ne t'a pas menti !
- Ok, mais ça n'excuse pas le fait qu'il n'est pas appelé. Un mois ou deux, passe. Mais presque deux ans !
- Vu qu'il faisait la fête presque tous les jours, il n'avait peut-être pas les idées très claires !
- Peut-être. On verra, avec le temps.
- Oui, t'as raison. Il faut lui laisser une chance de se racheter !
Sur le chemin du retour, un orage éclata. Beckett dit à Alexis de rentrer en courant pour éviter d'être trempée. Mais elle refusa. Tout comme Kate, elle adorait la pluie. Donc elles continuèrent de marcher. Comme des enfants, elles s'amusaient à sauter dans les flaques. Elles riaient. Elles étaient trempées mais elles s'en fichaient.
En arrivant devant la maison,
- On pourrait aller se baigner, dit Alexis, ça remplacera le parcours qu'on n'a pas fait !
- Tu as remarqué qu'il tombe des trombes d'eau !
- Non, tu crois !
Elles piquèrent une tête dans l'eau. Elles avaient juste enlevées leurs chaussures. De toute façon, le reste étaient déjà trempées. Elles ne nagèrent pas vraiment. Au début, c'est ce qui était prévu. Mais au moment où Alexis s'était lancée, Beckett lui avait sauté dessus, la faisant couler. La jeune fille s'était vengée. Et depuis, c'était à qui éclabousserait le plus l'autre.
Elles sortirent de l'eau.
- Oh, oh ! On est attendu, fit Alexis en voyant son père et Max sur la terrasse
- Oui, j'ai vu !
- C'est fou quand même ! Tu as vu, ils ont adopté exactement la même position. Ils font sérieux avec les bras croisés sur le torse. Tu crois qu'on va réussir à les amadouer ?
- En ce qui concerne ton père, je sais comment faire ! Mais pour Max, il faudra que tu te débrouilles toute seule !
- Sympa !
- Alexis, tu dois bien connaître ses points faibles, depuis le temps ?
- Quelques-uns, oui !
- Alors sers-t'en. Maintenant, on peut aussi essayer de les dégeler !
- Ah, oui ! Et comment ?
- Tu trouves normal que nous soyons les seules à être mouillées ?
- Oui, bonne idée
- Suis-moi, et fais comme moi !
Elles avancèrent lentement vers la terrasse, comme si de rien était, en continuant de sauter dans les flaques, et riant.
- J'ai comme un mauvais pressentiment ! dit Max
- T'es pas le seul ! T'as vu les regards qu'elles nous lancent !
- En fait, je n'ai jamais vu Alexis comme ça !
- Crois-moi ! Avec les années, j'ai appris à déchiffrer les regards de Kate ! Et celui-là, n'annonce rien de bon !
Elles se postèrent devant eux, dans la même position, bras croisés sur le torse, avec un regard malicieux dans les yeux. Alexis imitait Kate. Les deux hommes déglutirent.
- Vous n'avez pas remarqué qu'il pleut ? demanda Castle
- Oh, c'est pas de la transpiration ? rétorqua Kate
- Eh !... Qu'est-ce que tu comptes faire là ? fit-il en reculant alors qu'elle se rapprochait de lui
- Je voulais te prendre dans mes bras ! dit Alexis qui avait fait le même mouvement qu'elle
- Ben, voyons ! répondit Max
Elles se regardèrent, et sans qu'ils s'y attendent, commencèrent à secouer leurs cheveux dans tous les sens, les arrosant.
- Hey ! firent-ils
- Kate, tu vas me le payer !
- Tu vas me donner une fessée ? dit-elle en s'approchant
- Reste où tu es !
- Tu as peur Castle ?
Elle ne s'attendait pas à ce qu'il allait faire. Il se pencha, et la fit basculer sur son épaule, et la souleva. Max fit de même avec Alexis
- Lâchez-nous ! crièrent-elles
- Sûrement pas ! Maintenant à la douche !
C'est ainsi qu'ils entrèrent dans la maison, sous le regard amusé de Martha !
Une heure plus tard, les deux couples redescendirent, et s'installèrent pour le petit déjeuner.
- Alors les filles, vous avez gagné ? demanda Martha
- Hm, firent les filles
- Quoi ? Mère, je te rappelle que c'est nous qui avons gagné ! Tu nous a vus passé tout à l'heure ! Elles n'en menaient pas large !
- Richard ! Comment tu fais, toi qui as vécu au milieu des femmes, pour en savoir aussi peux sur elles ?
Max, passe encore, mais toi ?
- Quoi ? firent les deux hommes
- Dites-moi, messieurs : qui a fini sous la douche, et qui a obtenu ce qu'il voulait ? Vraiment… Vous vous ferez toujours avoir ! demanda-t-elle en riant, accompagnée par les deux jeunes femmes.
Les deux hommes faillirent recracher leur café en entendant la tirade de Martha : ils s'étaient fait avoir !
Comme il pleuvait, les activités extérieures étaient exclues. Martha fit remarquer que les provisions allaient manquer. Castle proposa d'organiser un barbecue le samedi et d'inviter Mike et sa famille. Tout le monde fut d'accord. Castle appela Mike, lui parla du projet. Celui-ci accepta.
Après le déjeuner, ils prirent donc la direction de la grande surface pour faire les achats dont ils avaient besoin. Les hommes prirent chacun un chariot. Ils se répartirent les tâches pour éviter d'y rester trop longtemps. Alexis et Max s'occupèrent des fruits et légumes, Kate et Castle, le reste, suivis de Martha. Alors que Castle était en train de choisir les boissons,
- Danger, droit devant ! chuchota Martha à l'oreille de Beckett
