Elle regarda dans la direction que Martha lui indiquait et reconnut Viviane

- Attends. Elle ne va quand même pas oser alors que je suis juste à côté, chuchota-t-elle à son tour

- Rien ne l'arrête. Si elle a décidé de se jeter sur lui… Elle a failli ruiner des mariages ! Cette fille est malade !

- Qu'elle vienne !

Evidemment, ce qui devait arriver, arriva. Quand la femme remarqua Castle, elle se dirigea droit sur lui, sans prêter la moindre attention à ce qui l'entourait. Alors qu'elle allait pousser Beckett pour passer, Martha s'interposa. Beckett la rattrapa de justesse, lui évitant de chuter. Entendant le remue-ménage, Castle se retourna, surpris. Il ne l'avait pas vu arriver. Viviane se rua sur lui. Il s'écarta et elle atterrit dans le rayon des bouteilles, en faisant tomber quelques-unes. Pas perturbée pour autant, elle tenta une nouvelle fois de se jeter sur lui. Il la repoussa tellement violemment qu'elle faillit tomber en glissant sur le liquide répandu par les bouteilles cassées. Malgré tout, elle tenta un nouvel essai.

- Non, mais je le crois pas ! dit Beckett

Cette fois Kate s'interposa et l'attrapa, lui fit une clé de bras. Emportée par son élan, la femme se retrouva plaquée au sol, le bras replié dans le dos, un genou la maintenant.

- Hé ! Vous êtes malade ! Vous me faîtes mal ! hurla-t-elle. Vous allez me le paierez ! Je vais porter plainte !

- Allez-y ! Je vous accompagne, si vous voulez !

- Vous allez me lâcher !

- Ecoute-moi bien maintenant ! Si tu t'approches encore une fois de mon homme, je t'expédie à l'hôpital. Ah ! Petit détail : je suis flic. Alors qu'est-ce que tu décides : tu arrêtes ton petit manège avec les mecs, ou je t'expédie en prison pour nymphomanie ? demanda-t-elle en lui chuchotant à l'oreille

- Ok, c'est bon ! J'ai compris !

- Sûre ?

- Oui… Lâchez-moi maintenant !

Beckett se releva en la lâchant. Viviane se releva et, voyant que tous les clients qui avaient assisté à la scène la regardaient, piqua un fard et se rua vers l'extérieur du magasin. Beckett fut applaudit par toute l'assemblée.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Je lui ai juste fait comprendre ce qu'il se passerait si je me mettais vraiment en colère !

- Tu lui as dit que tu lui mettrais deux balles entre les yeux ?

- Pire !

- Pire ?

- Bien pire !... Au fait, pourquoi tu ne l'as pas frappé, ça l'aurait peut-être calmé ?

- La frapper ! Kate, c'est une femme !

- Et alors ?

- Je suis incapable de frapper une femme !

- Tu te fous de moi, là ?

- Heu… Non

- Et tu comptais t'en débarrasser comment ?

- A force d'être repoussée, elle se serait calmée !

- Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre !... Bon, continuons et sortons d'ici !

Ensuite, Martha et Alexis voulant faire un peu de shopping, Castle et Beckett flânèrent dans le centre, en regardant les vitrines des boutiques, dans les bras l'un de l'autre. Ils s'installèrent ensuite à la terrasse d'un bistrot, se commandèrent un café. Quand le garçon vint leur déposer leur commande, ils ne le virent pas. Ils étaient plongés dans une de leur conversation secrète, isolés dans leur bulle. Tout doucement, comme au ralenti, Castle déplaça sa chaise, s'installa à côté de Kate. Il plaça son bras derrière ses épaules, et elle posa sa tête contre son épaule, les yeux fermés. C'est ainsi que les deux femmes et Max les trouvèrent.

De retour chez eux, après avoir tout ranger, les garçons et Beckett eurent droit à un vrai défilé de mode.

- C'est pas possible ! Comment avez-vous pu acheter tout ça en si peu de temps ? demanda Beckett

- C'est tout un art, ma chère !

- Imagine quand elles font une journée shopping ! ajouta Castle. Et là, ma mère ne m'a pas emprunté ma carte bleue !

La journée se termina dans la bonne humeur. Après le diner, ils décidèrent de faire une soirée films. Ils se dirigèrent donc dans la salle vidéo. La pièce était décorée avec goût. Le mur du fond était recouvert d'un immense écran de projection. Les murs étaient recouverts d'affiches originales des plus grands films. Un bar se trouvait à l'opposé de l'écran, et derrière le comptoir, sur les étagères, se trouvaient les trophées que Martha avait reçus au cours de sa carrière. Au centre de la pièce, il y avait des fauteuils, des canapés et de nombreux coussins.

Pour le choix du film, les garçons voulaient un film d'action, les filles voulaient un film romantique. Alors que chacun et chacune exposait son point de vue, Castle eut une idée de génie : un vote. Titanic gagna !

Pendant que Castle préparait et lançait le film, chacun s'installa sur un canapé. Alexis dans les bras de Max, Martha, seule, allongée, et Beckett, après avoir pris quelques coussins s'était calée dans un coin de canapé, ses jambes posées sur un repose-pied. Quand Castle vint s'installer, elle lui fit signe de s'asseoir à côté d'elle. Il fit une petite moue, mais quand il sentit Beckett l'attirer en arrière pour qu'il se retrouve la tête sur ses jambes, il ne put s'empêcher de sourire. Il s'allongea entièrement et passa un bras derrière le dos de Kate. Elle posa une de ses mains sur son torse, et elle passa l'autre dans ses cheveux.

Pendant la projection, Beckett glissa sa main sous la chemise de Castle, après avoir défait deux boutons.

Quand le film fut fini, Castle se leva pour changer de film et Kate se dirigea vers le bar pour prendre des rafraichissements. Puis, quand ils se réinstallèrent pour regarder « Saw », ils inversèrent leurs positions. Castle s'assit, une jambe allongée sur le canapé, et Beckett vint de blottir contre son torse. Ils s'étaient enlacés.

A l'issue de la projection, Martha fit un petit geste aux deux hommes pour qu'ils regardent leur compagne. Les deux femmes s'étaient endormies. Elle leur dit qu'elle allait s'occuper de ranger la pièce pendant qu'ils s'occupaient des jeunes femmes. Ils se levèrent délicatement, et chacun prit sa petite amie dans ses bras et les montèrent dans leur chambre.

Castle déposa doucement Beckett sur leur lit, puis il se changea et mit un caleçon et un T-shirt. Il se rapprocha du lit, et la déshabilla. Il lui passa ensuite le T-shirt qu'elle prenait pour dormir, et lui laissa sa petite culotte. Puis il contourna le lit et se coucha près d'elle. Il tira le drap sur eux. Elle se retourna et vint se blottir contre lui.

- Tu crois t'en tirer à si bon compte ? demanda-t-elle en l'embrassant dans le cou

- Quoi ?

- Tu ne penses quand même pas qu'après m'avoir réveillé, tu vas pouvoir dormir ? ajouta-t-elle alors qu'elle arrivait près de son oreille.

Il comprit qu'ils n'allaient pas s'endormir de suite, mais ça ne le gênait pas du tout, bien au contraire !

Quand il se réveilla, s'il n'avait pas senti un bras autour de sa taille, il aurait pu penser que Beckett était déjà levée, comme les matins précédents.

Mais là, elle était étendue, à plat ventre à côté de lui. Il se tourna vers elle et l'admira. Elle était magnifique, entièrement nue, ses beaux cheveux longs étalés sur ses épaules. Il lui déposa des petits baisers tout le long de sa colonne, ce qui la fit réagir, mais ne la réveilla pas. Il dégagea une mèche de cheveux qui cachait son si beau visage, et lui déposa un baiser à la commissure des lèvres. Elle sourit.

Il se leva, remonta le drap sur Beckett. Elle grogna et enfouit son visage dans son oreiller. Il sourit en voyant sa réaction après sa sortie du lit. Si on lui avait dit que la jeune femme était si câline, il aurait ri. La Lieutenant de police qu'il connaissait ne laissait rien paraître de ses émotions face à un suspect. Elle était capable de faire craquer même le plus coriace des criminels. Mais jamais, au grand jamais, il aurait pensé, qu'une fois son masque de flic enlevé, qu'elle pouvait devenir cette femme-là. Vu son tempérament, il avait toujours su que les nuits, avec elle, seraient torrides mais pas qu'elle pouvait paraître aussi fragile quand elle se blottissait dans ses bras. Cette femme avait deux personnalités complètement opposées, et il aimait les deux.

Il fila sous la douche, puis descendit préparer le petit-déjeuner.

Quand il arriva dans la cuisine, il trouva tout le monde attablé.

- Wouah ! Vous êtes déjà levés ! Vous avez prévu une sortie pour être debout de si bon matin ?

- Si on peut dire que 10H, c'est tôt ! dit Martha

- Quoi ? 10H ?

- N'ai pas l'air surpris comme ça, papa ! Je t'ai déjà vu te lever plus tard que ça ! Kate est déjà sortie ? demanda Alexis

- Heu… Non. Elle dort !

- Elle dort ?

- Oui, pourquoi ? Ça lui arrive aussi de jouer la marmotte !

- Mon chéri, si tu la laissais dormir la nuit, elle serait peut-être moins fatiguée le matin ! dit Martha

- Mère !... Et sache que si tu penses ce que je pense que tu penses, il faut être deux !

- Papa !

Ils étaient sur la terrasse, buvant leur café et déjeunant, quand Beckett apparut fraîchement douchée. Elle salua tout le monde. Alors que Castle se levait pour lui chercher un café, elle l'enserra et lui déposa un tendre baiser sur les lèvres pour lui dire bonjour.

La pluie commença à retomber.

L'après-midi se déroula tranquillement.

Max et Castle discutèrent de ses différents écrits dans son bureau. Castle dut reconnaître que le jeune homme écrivait très bien et avait de bonnes idées. Il lui donna néanmoins quelques conseils sur la façon d'étoffer une histoire ou les caractères de ses personnages. Il lui conseilla aussi de ne surtout pas faire comme lui : donner à son public une fausse image de soi. Car, même si c'est flatteur d'avoir pleins de femmes qui vous tournent autour, on ne sait jamais ce qui les intéresse vraiment : l'homme ou son argent. Et, quand enfin on rencontre la femme de ses rêves, elle ne veut pas de vous, à cause de l'image que vous avez ! Max comprit qu'il parlait de Beckett. C'était un des rares sujets qu'avait abordé Alexis avec lui. Elle lui avait expliqué que pendant quatre ans ils s'étaient tournés autour, sans jamais avouer leurs sentiments !

Les trois femmes étaient dans le salon. Martha lisait le script d'une pièce de théâtre, pendant que Kate et Alexis échangeaient sur les futurs cours et options que la jeune fille devait suivre à la rentrée.

- Peux-tu me dire qui passe ses vacances à étudier ? demanda Martha

- Grand-mère, je dois rendre mes choix au plus vite, sinon il n'y aura plus de place et je ne pourrais pas suivre les cours que je veux !

- Ça ne doit pas être bien difficile, vu que tu sais ce que tu veux faire !

Kate ? Ça va ? demanda-t-elle voyant la jeune femme se frotter les tempes

- Hm…

- Kate ? appela Alexis

- Oui ?

- Ça va ?

- Heu… Oui. Vous auriez de l'aspirine ?

- Ça ne va pas ? s'inquiétèrent aussitôt les deux femmes

- Si, j'ai juste un peu mal à la tête.

- Je vais te chercher un comprimé, dit Alexis

- Ne me regarde pas comme ça Martha. C'est juste un mal de tête. Rien de grave.

- Tu es sûre ? Parce que l'autre fois…

- Ça n'a rien à voir. Je te le promets… Merci, Alexis, dit-elle alors que la jeune fille lui tendait un verre et un comprimé

- Tu devrais te reposer. Tiens, je t'ai ramené l'oreiller de papa ! Je sais que tu aimes bien dormir dessus !

- Entendu, dit-elle en souriant, ayant compris le sous-entendu.

Elle s'allongea sur le canapé et s'endormit assez rapidement. Alexis et Martha continuèrent leurs activités. De temps en temps, elles jetaient un œil sur Kate pour voir si tout allait bien. Elles s'inquiétaient toujours dès que la jeune femme se plaignait de la tête. Il faut dire, qu'avant sa sortie de l'hôpital, le neurologue avait expliqué à tous ses amis que des maux de tête pouvaient survenir à tout moment et que lorsqu'ils se présenteraient, il fallait la surveiller, car ceux-ci pourraient déclencher le retour de certains éléments de sa mémoire. S'ils persistaient et devenaient plus que douloureux, il fallait l'avertir aussitôt car ils pourraient la replonger dans un coma, voire pire. Donc, depuis, dès qu'elle s'en plaignait, tout le monde la surveillait. Quand elle avait eu son épisode au commissariat, Gates avait averti toute l'équipe et Martha. Naturellement, ils avaient formés une chaîne autour d'elle pour être sûre d'intervenir à temps, car connaissant la jeune femme, elle n'irait jamais voir le médecin.

Mais ce jour-là, ça n'avait pas l'air d'être autre chose qu'un mal de tête banal. Malgré tout, elles ne pouvaient s'empêcher de s'inquiéter.

- Tu ne crois pas qu'on devrait appeler le Dr Morris ? demanda Alexis

- Pas encore. Elle a l'air d'aller bien. Après tout, ce n'est peut-être qu'un simple mal de tête. On va la laisser se reposer, et on verra à son réveil.

- J'ai toujours peur…

- Ne pense pas toujours au pire.

- Je sais. Mais maintenant qu'ils sont enfin ensemble et qu'ils sont heureux… Ce serait terrible si…

- Arrête, de penser à ça, dit sa grand-mère en la prenant dans ses bras. On connaît les risques, on sait ce qui peut arriver. Mais elle a le droit d'être heureuse, même si on ne se sait pas pour combien de temps. Tout peut s'arrêter demain, ou jamais. Elle ne doit pas s'arrêter de vivre pour autant. Elle doit profiter de chaque bon moment que la vie veut bien lui offrir. C'est une battante. Rappelle-toi le nombre de fois qu'elle a dû être réanimée pendant son coma, et après deux ans, elle est toujours là. Je sais que je suis une personne loufoque, mais je suis certaine qu'une jeune femme comme elle ne mourra pas son âme est trop pure.

- Oui, mais… Et papa…

- Ton père connaît les risques. Je lui en ai parlé. Si le pire devait arriver, sa vie serait gâchée mais il faudra qu'il tienne le coup. Pour toi. Car avec Kate, tu es la personne qui compte le plus pour lui !

- Ils s'aiment tellement ! Ça fait tellement longtemps…

- Je sais. Elle lui a tellement apporté en plus. Il a mûri avec elle, il est devenu plus adulte. Sans compter tout ce qu'elle a fait pour nous.

Restons optimistes… Tout va bien se passer, fais-moi confiance.

Viens, on va préparer le diner.

En sortant, Alexis recouvrit Kate avec un plaid.

Entendant des voix provenant de la cuisine en sortant du bureau, les deux hommes s'y rendirent. Alexis était contente de voir son père s'entendre aussi bien avec Max. Plus elle les observait, plus elle trouvait qu'ils se ressemblaient. Outre le fait qu'il voulait devenir écrivain, Max la faisait rire, avait des idées loufoques, inventait des théories pas possible et était très joueur. Tout comme son père.

- Où est Kate ? demanda Castle, constatant qu'elle n'était pas dans la pièce

- Elle se repose dans le salon, elle avait un peu mal à la tête, répondit sa mère

- Quoi ? Et tu ne m'as pas averti ?

- Ça va, ne t'inquiète pas. On lui a donné un comprimé et on l'a surveillé.

- Que je ne m'inquiète pas ! On parle de Kate, là.

- Papa, c'est bon. On t'aurait appelé si c'était grave. Mais c'est un simple mal de tête. Tu sais qu'on ne prendrait pas de risque.

- Oui… Pardon.

- Ne t'excuse pas, mon chéri, ta réaction est normal.

Il se dirigea dans le salon, et trouva Beckett assise sur le canapé, la tête entre les mains. Il s'agenouilla devant elle.

- Hey… fit Castle

- Hey…

- Tu vas bien ?

- Hm…

- Kate ? Regarde-moi

- Ça va. Promis, dit-elle en lui passant ses bras derrière son cou et en lui déposant un léger baiser sur les lèvres

- Hm… Tu m'as habitué à mieux !

- Et là, c'est mieux ? demanda-t-elle en lui donnant un baiser plus approfondi

- Je m'en contenterai !

- Quoi ?

- Je plaisante, je plaisante ! Viens dans mes bras !

Elle ne se fit pas prier. Elle aimait être entre ses bras. Elle se sentait en sécurité, elle avait la sensation que rien ne pourrait lui arriver quand elle était blottie contre lui.

- Chéri… Oh, pardon, fit Martha

- Non, c'est rien, mère. Qu'y-a-t-il ?

- Le diner est prêt. Kate, ça va mieux ?

- Oui, Martha, merci

- Dans tous les cas, ce soir, au lit de bonne heure et demain repos complet.

- Castle, je t'ai dit que je vais bien !

- Oui, mais samedi, on a un barbecue, donc tu vas te reposer pour être en forme. Et on ne discute pas !

- Très bien, soupira-t-elle

Malgré toutes ses tentatives pour passer sa soirée avec eux, Beckett dut se coucher tôt. Castle était resté intransigeant et tant bien que mal imperturbable. Elle fut juste autorisée à lire, une fois qu'elle fut couchée. Castle s'était installé à côté d'elle avec son ordinateur. De temps en temps, il la regardait et voyait bien qu'elle boudait. Puis elle posa son livre, éteignit sa lampe de chevet et lui tourna le dos. Il sourit.

Il continua de travailler pendant environ une heure, puis il rangea son portable et éteignit sa lampe. A peine venait-il de s'allonger que Beckett vint se blottir contre lui. Il le savait. Depuis qu'ils étaient ensemble, ils n'avaient jamais dormi sans être dans les bras l'un de l'autre.

- Bonne nuit, Kate ! dit-il en l'embrassant sur le front

- Bonne nuit, Castle !dit-elle en lui déposant un baiser dans le cou

Le lendemain matin, Castle se réveilla en sursaut. Il était à peine 6H et Kate n'était plus là.

- Ah, non… Elle n'est pas…

Il se précipita sous la douche et sortit de la maison. Il allait se diriger en direction du parcours de santé, quand il la vit, assise contre un rocher, sur la plage. Elle fixait l'océan. Il marcha vers elle et s'arrêta derrière le rocher. Il ne dit rien et ne bougea plus. Il la regardait. Elle portait son jogging. Elle buvait un café en fixant l'horizon.

- Tu peux venir t'asseoir, tu sais !

- Comment tu sais… tenta-t-il de demander en venant s'installer à côté d'elle

- Je suis flic, alors je sais quand quelqu'un s'approche. Et j'ai reconnu ton après-rasage ! répondit-elle en se glissant entre ses bras

- Oh !... Tu es levée depuis longtemps ?

- Un peu plus d'une heure ! Et je n'ai rien fait d'autre que regarder l'océan !

- Je n'ai rien dit !

- Ah, non ? Alors pourquoi tu es sorti en courant de la maison en direction du parcours avant de t'arrêter ?

- Tu m'as vu ?

- J'ai entendu la porte ! Alors je me suis retournée.

- Oh !...

- Il faut que tu arrêtes d'avoir peur pour moi. Tu vas te rendre malade à force !

- Je ne peux pas m'en empêcher. Je tiens trop à toi.

- Moi aussi, je tiens à toi.

Je fais un métier dangereux. Tu m'accompagnes dans les enquêtes. On peut être en danger à n'importe quel moment. Je sais qu'en cas de coup dur, je peux compter sur toi, et tu peux compter sur moi. Mais malgré tout, on risque nos vies et on peut être blessé, voire pire. Il faut qu'on vive avec. Ce n'est pas facile, je sais. Je veux bien que tu te fasses du souci quand on est au travail. Mais pas dans notre vie privée. On est en vacances, là. Si je te dis que je vais bien, c'est que je vais bien. Hier, je t'ai promis de ne rien faire aujourd'hui, et je n'ai rien fait. Mais tu as paniqué quand tu ne m'as pas vu. Et ça, je ne veux plus que ça arrive !

- Tu es en colère ?

- J'ai l'air en colère ? demanda-t-elle en se tournant vers lui

- Ben, en fait, je t'ai déjà vu calme comme ça devant un suspect et soudain tu sortais de tes gongs pour le faire craquer. Alors, je t'avouerai que je ne sais pas trop.

- Je croyais que tu arrivais à lire en moi ?

- Oui, mais tu arrives aussi à me surprendre !

- Je ne suis pas en colère. J'apprécie que tu t'inquiètes pour moi, ça prouve que je compte pour toi. Mais je ne veux plus te voir paniquer comme tout à l'heure. Je te l'ai dit le premier jour de mes congés quand tu es arrivé en trombes à mon appartement. Je ne me doutais pas de la réaction que tu allais avoir. Et je t'ai promis que plus jamais je ne te ferai un coup pareil. Quoi qu'il puisse arriver, je te le dirai.

- Je suis désolé.

- Tu n'as pas à être désolé de veiller sur moi. Je veux juste que tu me fasses confiance, tout comme moi je le fais avec toi.

- Tu me fais confiance ?

- Ne change pas de sujet Castle. Ça ne marche pas !

- Je vais essayer.

- Castle ?

- Je te le promets. Je te promets que je vais essayer !

- Je me contenterai de ça. Pour le moment… Tu veux un café ?

- Je vais aller…

- Pas besoin. J'en ai amené avec moi dans une thermos.

- Tu as tout prévu !

Elle leur servit un café, puis s'installa le dos contre son torse. Il mit ses bras autour de sa taille, et ils contemplèrent le lever de soleil sur l'océan. Elle entremêla ses doigts à ceux de Castle et soupira.

- Un problème ?

- Non. Je suis bien. Ici. Dans tes bras.

- Tu m'en vois ravi. Et je pourrai te garder dans mes bras toute la journée !

- Hm… Charmant programme !

Ils interrompirent leur beau projet pour aller préparer le petit déjeuner. Ils commencèrent par mettre les couverts sur la table de la terrasse. Ensuite, Beckett s'occupa du café et du jus d'orange, alors que Castle faisait les pancakes et le bacon.

Quand ils entendirent l'eau des douches couler, ils lancèrent les toasts. Alors que Castle était appuyé contre le plan de travail de la cuisine, Beckett s'avança vers lui, l'enlaça et l'embrassa. Tout d'abord, doucement, tendrement, puis elle lui demanda à l'approfondir. Le baiser devint intense, fougueux. Puis elle s'écarta lentement, laissant son front collé à celui de Castle. Elle souriait.

- Ce n'est pas que je me plaigne, mais c'était en quel honneur ?

- Comme ça ! Une envie !

- J'espère que tu en auras d'autres !

- Peut-être que oui, peut-être que non, répondit-elle en lui donnant un baiser esquimau

- Tu sais que je t'adore ? dit-il en la serrant plus fort dans ses bras

- J'espère ! fit-elle en l'embrassant à nouveau avec passion

- Je croyais que tu voulais qu'elle se repose ! dit Martha en entrant dans la cuisine

- Mère !

- Martha ! fit Kate en enfouissant son visage dans le cou de Castle

- Pas la peine de te cacher, Kate, vous ne faîtes rien de mal !

- Allez, tout le monde à table ! dit Castle

- Hé ben dites donc ! Comment on fera quand vous serez partis ? Qui préparera le petit déjeuner ? dit Martha en arrivant sur la terrasse.

Ils furent rejoints par Max et Alexis. Tout le monde s'installa et déjeuna dans la bonne humeur. Ils discutèrent de leurs projets de la journée. Martha passait l'après-midi chez des amis, Max et Alexis pensait aller se promener et proposèrent à Castle et Beckett de les accompagner.

- En fait, je pensais à quelque chose ! dit Castle en regardant Kate. Je sais que je t'ai demandé de te reposer, mais…

- Mais ?

- Que dirais-tu d'une ballade en… quad ? Une ballade en douceur, bien entendue !

- Et tu vas les trouver où tes quads ?

- Dans le garage !

- Dans le garage, il y a ta voiture ! S'il y avait des quads, je les aurait vus !

- Dans le deuxième garage à côté !

- Oh !... D'accord !... Va pour une ballade en quad !

- Hé ! On peut venir avec vous ? demanda Alexis

- Aucun problème, dit Castle

- Tu en as combien des quads dans ton garage ? demanda Beckett

- Seulement quatre !

- Seulement quatre ?

- Ben, c'est plus marrant à plusieurs !