En s'entendant, elle descendit du rebord de la fenêtre, sortit de la chambre, dévala l'escalier et sortit sur la terrasse. Elle stoppa quand elle vit Martha et Alexis. Puis elle reprit sa course.
- Castle ! hurla-t-elle
Il eut à peine le temps de se retourner, qu'elle lui sautait au cou. Emporté par l'élan, sentant qu'il allait se retrouver dans l'eau, il eut le réflexe de pivoter et tomba sur le sol. Il l'enserra, tout en pleurant, tellement content de l'avoir à nouveau dans ses bras. Il ne demanda rien, lui laissant le temps de se calmer. Tout en pleurant, elle n'arrêtait pas de l'embrasser sur le visage, les lèvres, le cou. Castle lui caressait le dos, essayant de la rassurer. Au bout d'un moment, elle calqua sa respiration sur la sienne, et commença à se calmer. Elle blottit son visage contre son cou, s'agrippant à sa chemise.
- Pardon, Castle.
- Je veux bien te pardonner, mais de quoi ?
- Pour mon comportement envers toi aujourd'hui. Tu ne le méritais pas. Je t'ai fait souffrir.
- Tu as souffert autant que moi, si ce n'est pas plus. Tu veux bien me dire pourquoi ? C'est à cause de notre départ de demain ?
- Oui…Non
- Tu sais que j'ai beaucoup d'imagination, mais là, je cale. Tu peux être plus précise ?
- C'est… le travail
- Tu n'as pas envie de reprendre ton poste ?
- Non !... Si
- Tu recommences !
- C'est pas facile. Mais au travail, je ne pourrai pas te… me blottir dans tes bras quand j'en aurai envie.
- On devrait y arriver. Après tout, on l'a déjà fait avant !
- Oui, mais avant les vacances, on n'avait pas…
- Ça va, j'ai compris. On peut essayer de contourner un peu le problème en disant à Gates qu'on est ensemble. Elle ne me vira pas puisque c'est elle qui m'a conseillé de revenir.
- Je me fous que Gates soit au courant ! Mais tous ces derniers jours, on pouvait…
- Ok ! Je te promets que tu pourras me prendre dans tes bras, même au travail
- Je te rappelle qu'entre collègues ça ne se fait pas ! fit-elle en se redressant
- Je sais. Mais techniquement je ne suis pas ton collègue, vu que je ne suis pas payé. Et comme j'ai autant envie que toi de t'avoir dans mes bras, je trouverai un moyen.
- Je serai curieuse de savoir comment tu comptes faire ?
- Fais-moi confiance !
Sur la terrasse
- Alexis, je crois qu'on va pouvoir sortir la glace au chocolat, dit Martha
- Remède contre les coups de déprime ! fit Max en regardant Alexis
- Je pense que le coup de blues est passé, mais ça leur fera du bien à tous les deux ! reprit Martha
- Ok, je m'en occupe.
- Et n'oublie pas la chantilly !
- Grand-mère ! Tu en prendras aussi ?... Bon, dessert pour 5 !
Sur la plage, Castle avait changé de position. Il était maintenant au-dessus d'elle, la serrant dans ses bras. Il la regardait. Elle tenait toujours sa chemise, et le regardait aussi. Elle lui fit un petit sourire. Il était plongé dans ses beaux yeux verts émeraude et pouvait voir toute la détresse qu'elle avait ressentie au cours de la journée. Beckett, fixait ses beaux yeux bleus océan et pouvait voir aussi toute la douleur qu'il avait éprouvait.
- Plus jamais ! dit-il
- Plus jamais.
Il se pencha et lui donna un léger baiser
- Tu m'as manqué ta peau m'a manqué ton corps m'a manqué, ajouta-t-il
- Toi aussi, tu m'as manqué
Elle lui attrapa la tête d'une main, et l'attira à elle pour l'embrasser. Elle tenait sa chemise tellement fort, qu'il se colla complètement contre elle. Leur baiser était fougueux, torride. Ils évacuaient toute la détresse ressentie au cours de la journée. A bout de souffle, ils se séparèrent et restèrent front contre front, les yeux fermés. Puis ils ouvrirent les yeux, se sourirent.
- Si tu savais à quel point je t'aime ! murmura-t-elle
- Moi aussi, je t'aime, Kate !
Ils se décidèrent à se relever et rejoignirent Martha, Alexis et Max. Après avoir avalé leur pot de glace, ils décidèrent d'aller se coucher. La journée avait été fatigante. Tout le monde s'endormit très vite.
Beckett et Castle dormaient profondément dans les bras l'un de l'autre. Ils étaient émotionnellement épuisés, autant l'un que l'autre. Mais, au milieu de la nuit, Kate commença à s'agiter. Elle se débattait, ou plutôt, elle se battait contre quelque chose ou quelqu'un. Castle se réveilla quand il reçut un coup dans l'abdomen. Beckett dormait toujours. Castle la regarda et vit qu'elle était en sueur. Il tenta de la réveiller, mais rien n'y fit. Elle continuait de se démener dans le lit, tantôt se pliant en deux comme si elle avait reçu un coup, tantôt donnant des coups de pieds ou de poings. Elle parlait aussi « dites-moi », « qui »….
- Kate, tout va bien ! Kate, Réveille-toi !
Martha entra dans la chambre.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Elle doit faire un cauchemar, mais je n'arrive pas à la réveiller ! Elle se débat, comme si il y avait quelqu'un dans le lit avec elle.
Alexis et Max arrivèrent.
- C'est bon les enfants. On s'en occupe, dit Martha
Ils refermèrent la porte.
- Va chercher un gant avec de l'eau froide. Elle est trempée
- C'est pas un cauchemar, ça !
- Non, mais un souvenir ! Mais pas un bon… Qu'est-ce que tu fais ?
- Elle a besoin d'aide. Il faut la réveiller, la rassurer, lui faire comprendre qu'on est là…
- Tu vas prendre un mauvais coup, oui !
- C'est pas grave.
Il essaya de la prendre dans ses bras, mais elle bougeait tellement qu'il avait du mal à la tenir. Elle lui lacérait les épaules en tentant de s'y accrocher, elle continuait de parler avec des sanglots dans la voix, « non »… « pas comme ça »… « Castle »
- Kate, je suis là !
Mais, elle n'entendait rien.
Puis soudain, elle se raidit et tomba en arrière en hurlant « Caaaaaastttlllllllllle ».
Elle ne bougeait plus, ne parlait plus. Sa poitrine montait et descendait à toute vitesse. Martha donna un nouveau gant à son fils. Le contact du froid lui fit ouvrir les yeux. Elle regarda autour d'elle et s'accrocha au cou de Castle, complètement paniquée.
- Je t'ai appelé… Tu n'étais pas là… J'ai eu si peur… sanglota-t-elle
- Chut, c'est fini. C'était un cauchemar. Calme-toi. Je suis là.
Elle pleurait, elle hoquetait. Elle le serrait tellement fort qu'il en avait mal au cou. Mais il ne dit rien. Il attendit.
- Il faudrait qu'elle se change, elle est trempée, fit remarquer Martha
- Je m'en occupe, mère. Tu devrais aller dormir maintenant.
- Dormir ? Je n'arriverai plus à m'endormir après ça.
- Passe-moi un T-shirt, s'il te plaît
Il desserra l'étreinte de Beckett en lui expliquant ce qu'il allait faire. Elle se laissa déshabiller et rhabiller, et se raccrocha à Castle.
- Kate ! Il faut que tu te reposes. Allez, recouches-toi, fit-il en commençant à l'allonger
- NON ! NON !
Elle bondit du lit et sortit en courant de la chambre. Ne s'attendant pas à cette réaction, Castle réagit un peu tard et quand il arriva dans la cuisine, elle n'était pas là. Mais Alexis et Max, oui. Ils préparaient du café. Il était 3H du matin et tout le monde était réveillé ! La journée allait être longue.
- Kate est sur la plage, papa ! C'était quoi ce cauchemar ?
- Je crois qu'elle s'est rappelée de quelque chose qui lui a fait très peur.
- Mais quoi ?
- Vu le peu qu'elle en a dit, et sachant que j'étais toujours avec elle sauf une fois, je pense qu'elle vient de revivre sa chute.
- Mais c'est horrible !
- Donne- moi deux cafés, je vais aller la rejoindre. Et allez vous coucher, ne nous attendez pas.
Avant de sortir, il prit des oreillers, des plaids dans le salon. Arrivé près d'elle, il lui tendit une tasse. Elle le remercia, but une gorgée, puis garda ses mains autour du récipient. Il lui mit un plaid sur les épaules et s'assit à côté d'elle. Elle posa sa tête contre son épaule.
- Je sais ce qui s'est passé… Je sais ce que tu m'as dit…
- Et ?
- Rien… J'ai pris une mauvaise décision… Ce jour-là !
Il ne la força pas à parler. Elle le ferait quand elle serait prête. Il lui entoura les épaules avec son bras, et elle se blottit contre son torse.
Sentant qu'elle commençait à s'endormir, il s'allongea très lentement, posant sa tête sur les oreillers, plus agréables qu'un rocher. Quand il fut étendu, il fit glisser Kate vers lui et les recouvrit avec les plaids. Il pensa qu'ils allaient passaient leur dernière nuit, comme la première fois : sous les étoiles !
Tout en dormant, Beckett s'allongea entièrement sur lui en soupirant, plaçant ses mains sur ses épaules. Il la serra contre lui un peu plus fort et lui embrassa les cheveux.
Il pensait à ce qui venait de se passer. Pour lui, la tension de la journée avait provoqué ce cauchemar. Et si à chaque fois qu'un morceau de sa mémoire réapparaissait ainsi… Et dans quel ordre ces morceaux allaient-ils revenir ? Elle venait de se rappeler de leur dernière discussion et son accident. Quel serait le suivant ? Et que se passerait-il si une nuit il n'était pas avec elle ?
Elle avait eu l'air tellement effrayé une fois réveillée. Lui aussi avait eu peur. Il ne l'avait jamais vu dans un tel état, elle lui avait semblé possédée. Il n'avait pas réussi à la réveillée. Il n'avait pas pu l'empêcher de souffrir. Et il ne voulait pas qu'elle souffre. Il voulait la voir sourire, la voir heureuse, tout comme elle l'avait été tout au long de cette semaine. Il voulait la voir amoureuse.
C'est en repensant à tout ce qu'ils avaient fait qu'il s'endormit enfin.
Les premiers rayons du soleil pointaient, et s'amusaient à leur chatouiller le visage. Beckett essayait de se cacher dans le cou de Castle, mais un rayon arrivait toujours à l'atteindre. En grognant, elle attrapa un plaid et le passa au-dessus de sa tête.
Castle ouvrit un œil, l'air un peu perdu. Puis il se remémora les évènements de la veille. Ils étaient sur la plage. Il allait embrasser Beckett, quand ses lèvres se posèrent sur le plaid. Il commença à le retirer, quand il entendit un grognement. Il sourit. Il remplaça le plaid par la paume de sa main. Au contact de celle-ci, Kate frotta sa joue contre sa main et lui embrassa la paume.
- Et si on se levait ? demanda-t-il
- Trop tôt… Encore sommeil, dit-elle
- Et c'est moi la marmotte !
- Hm… Tu ressembles à un bébé quand tu dors !
- Tu me regardes dormir ?
- Hm…
- Et tu fais quoi d'autres quand je dors ?
- Si tu savais !
- Tu n'as pas osé…
- Non, pour ça je veux que tu sois réveillé !
- Oh !
Elle se redressa, et le regarda, un sourire malicieux sur les lèvres. Puis tout en l'embrassant langoureusement, elle défit lentement les boutons de sa chemise puis glissa ses mains en dessous. Il commença à relever son T-shirt
- Le petit déjeuner est prêt les enfants !
- Je vais l'étrangler, dit-il en levant un bras pour montrer qu'ils avaient entendu
Beckett le regarda et rit devant sa mine déconfite. Elle se pencha vers son oreille et lui murmura qu'ils se rattraperaient sous la douche. Devant cette promesse, il la serra dans ses bras et l'embrassa.
Ils se levèrent et rejoignirent Martha.
- Bonjour les enfants !
- Bonjour mère
- Martha… Je voulais te dire… Je suis désolée pour hier. Pour tout ce qui s'est passé.
- Kate ! Ce n'est rien. Le barbecue s'est bien déroulé, malgré tout, et pour cette nuit… Je suis contente d'avoir été là pour t'aider, même si je n'ai pas pu faire grand-chose… Tu veux qu'on en parle ?
- J'ai juste eu des flashs, tu sais. Mais je sais au moins pourquoi j'ai fait cette chute. Si j'avais écouté Castle… Ce ne serait peut-être pas arrivé…Ou si…
- Arrête, dit Castle en lui prenant la main. Ce n'est pas en repensant à ce que tu aurais pu faire ce jour-là…
- Mais toi, tu savais ce qui allait arriver. Tu m'as demandé de ne pas le faire. Je t'ai laissé partir pour une affaire, dit-elle, les larmes aux yeux
- Chut ! fit-il en la prenant dans ses bras. Tu le faisais pour ta mère.
- Mais qu'est-ce que ça m'a rapporté ? En fin de compte, je ne me rappelle même pas d'elle. J'aurai dû attendre d'avoir plus de preuves et accepter de l'aide. Au lieu de ça, j'ai foncé… Les gars ont réussi à coincer le coupable six mois après.
- Arrête de te torturer. C'est passé.
- Pour toi, c'est du passé. Moi, ça vient juste de me revenir, dit-elle en le regardant. J'aurai dû te retenir, j'aurai dû… On serait peut-être ensemble depuis…
- Arrête ! On est ensemble maintenant, c'est tout ce qui compte, dit-il en la prenant dans ses bras.
Ils restèrent ainsi quelques instants. Voulant détendre l'atmosphère, Martha demanda qui voulait un café. Deux mains se tendirent simultanément. Castle et Beckett se séparèrent, souriant en voyant leurs deux bras tendus pour être servis.
Ils prirent leur petit déjeuner et passèrent une bonne partie de la matinée à discuter jusqu'à ce que les jeunes se lèvent enfin.
Castle et Beckett s'éclipsèrent pour aller prendre leur douche et se changer.
Alors qu'ils venaient d'entrer dans leur chambre, Castle plaqua Beckett contre la porte de la chambre, ce qui la referma.
- Hm… Tu es bien pressé Castle !
- Ce n'est pas ce que tu crois ! répondit-il en la regardant
- Non ?
- Non. Je veux qu'on parle. Et comme ça, tu n'esquiveras pas.
- Tu veux me parler de quoi ?
- D'hier. Je ne veux plus revivre une journée comme celle d'hier… Kate ! Regarde-moi, dit-il voyant qu'elle baissait la tête. Si un jour, quelque chose ne va pas, pour toi comme pour moi, il faut qu'on se le dise. Il ne faut pas que l'autre reste dans le désarroi.
- Tu sais que pour moi c'est pas facile…
- Je sais, mais pour moi, c'est pareil. Ce que nous vivons, je ne l'ai jamais vécu avant. Et je ne veux pas que ce soit gâcher à cause de non-dits.
- J'essaierai… Je te le promets.
- Autre chose !
- Quoi ?
- Pas de fuite. Si un jour, on a un différent, et ça va sûrement arriver plus d'une fois, on ne quitte pas l'appartement ou la maison sans dire où on va. Et avant d'en arriver là, on essaye de résoudre le problème à deux. Je n'aimerai pas aller au travail en étant en colère contre toi, ou le contraire.
- Parce que tu crois que les autres couples…
- On n'est pas comme les autres couples, Kate. C'est trop fort entre nous. On pourrait se faire beaucoup trop de mal. Repense à hier. Ça m'a fait mal, mais toi aussi tu as souffert.
- Ça ne va pas se faire du jour au lendemain, tu t'en rends compte ?
- On devra faire des efforts, mais on y arrivera. Rappelle-toi : ensemble, on est plus fort… Alors, tu es d'accord ?
- … D'accord !
- Parfait.
Ils se regardaient. Castle se pencha vers elle et l'embrassa, comme pour sceller leur pacte.
- Tu ne m'avais pas parlé d'une douche ce matin ? demanda-t-il
- Moi ?... Non… fit-elle, le regard malicieux, en entrant dans la salle de bain
- Kate ! dit-il, y pénétrant à son tour.
Personne ne les revit jusqu'au moment du déjeuner. C'était leur dernier jour, aussi passèrent-ils un long moment ensemble.
Alors que Castle et Max s'occupaient de mettre les bagages dans la voiture, Beckett était allée sur la plage. Comme pour lui dire au revoir.
- On reviendra ! dit Castle en la prenant dans ses bras
- Oui, mais quand ? demanda-t-elle en appuyant son dos contre son torse
- Chaque week-end, si tu veux. Ce n'est pas si loin de New York.
- Ce serait bien !
Ils retournèrent dans la maison. Martha et les jeunes les accompagnèrent jusqu'à la voiture. Tout le monde s'embrassa. Castle signala à sa mère qu'ils reviendraient sûrement pour un week-end, mais qu'il la préviendrait, puisque Beckett avait des permanences à assurer.
Pendant le trajet de retour, Beckett s'endormit, la tête posée contre l'épaule de Castle. Il faut dire que leur nuit avait été courte.
Deux heures plus tard, ils arrivaient dans la grande Pomme. Castle se gara devant l'immeuble de Beckett, et réveilla Kate en douceur. Ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le coffre pour prendre leurs affaires.
- Kate ?!
- Lanie !... Fit Beckett, en se retournant surprise. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je n'ai pas eu de nouvelles depuis une semaine, alors je suis passée voir si tout allait bien !
- Je vais bien Lanie. Je n'étais pas chez moi.
- Je le vois bien. Je crois qu'il faut qu'on cause !
- Maintenant ?
- Oui, maintenant !
- OK ! Suis-nous !
Ils entrèrent dans l'appartement. Lanie s'installa sur un canapé et remarqua que Castle connaissait bien l'appartement puisqu'il monta les bagages dans la chambre de Beckett. Kate pendit leurs vestes dans la penderie de l'entrée puis vint s'asseoir en face de Lanie. Castle redescendit avec un sac.
- Je vais faire l'échange des voitures, vérifier mon courrier et prendre du change. D'accord ?
- Tu ne pars pas trop longtemps ?
- Non, ne t'inquiète pas ! Où sont tes clés de voiture ?
- Dans le petit sac, dans la penderie.
- Kate ?
- Tu peux regarder, ça ne me gêne pas.
Il l'embrassa, prit ses clés et quitta l'appartement. Il savait qu'elle préférait discuter en tête à tête avec Lanie. Elle était sa meilleure amie depuis des années. Elle connaissait des secrets que même lui n'avaient pas découvert, mais elle ne les dévoilerait jamais. Quand Kate avait besoin de se confier, c'est vers elle qu'elle se tournait. Donc, vu les nouveaux évènements, il se doutait que Lanie voudrait tout savoir, et Beckett préfèrerait lui en parler seule.
- Alors ? attaqua Lanie
- Quoi ?
- Castle ?
- Oh ! On est ensemble, comme tu as pu le voir !... Tu veux boire quelque chose ?
- Kate, ne change pas de sujet !
- Qu'est-ce que tu veux savoir d'autre ? demanda-t-elle en allant chercher des rafraîchissements. On est ensemble, et on a passé mes congés ensemble !
- Mais comment ?
- Quoi comment ? Comment c'est arrivé ? J'en sais rien, ça c'est fait, c'est tout. Ça t'es arrivé comment, toi, avec Javier ?
- Ma fille ne change pas de sujet ! Depuis combien de temps ? Tu as craqué pendant tes congés ?
- Ça fait un mois.
- Un mois ? C'est pas possible. Et tu ne m'en as pas parlé ?
- Qu'est-ce que tu voulais que je te dise ? Et puis, on voulait garder ça rien que pour nous. C'était notre secret. Il n'y a que Kevin qui est au courant.
- Tu l'as dit à Kevin, et pas à ta meilleure amie ?
- Je ne lui ai rien dit, Lanie. Il nous est tombé dessus alors qu'on était à Central Park, et du coup, on a passé la soirée avec lui et Jenny.
- J'aurai dû me douter qu'il y avait quelque chose !
- Comment ça ?
- Tu n'as jamais pris de congés. Un jour ou deux, par ci, par là, mais une semaine !
- Il n'y avait pas d'enquête !
- Non, non, non ! Même quand il ne se passait rien, tu venais au bureau !
- Ben, j'ai changé !
- Ah, ben, pour changer ! C'est le jour et la nuit ! Et avec Castle, en plus !
- Quoi, Castle ? Tu n'as pas arrêté de me dire qu'on était fait l'un pour l'autre ! Tu devrais être contente ?
- Je le suis, sois en sûre ! Mais toi ? Es-tu sûre de toi ? Est-ce que tu n'as pas franchi le pas parce qu'on t'en a parlé ?
- Je suis sûre de moi. Mais au début, j'avais des doutes. Alors j'en ai discuté avec le psy.
- Qu'est-ce qui te faisait douter ?
- C'était pas clair. Dans la tête, je ne pensais pas, enfin je ne sais pas l'expliquer. Mais par contre mon corps me provoquait de drôle de sensations dès que Castle apparaissait. Alors il m'a expliqué que même si mon cerveau ne se rappelait plus, mon corps et mon cœur se rappelaient.
- J'en étais sûre. J'en ai parlé avec Vicky et les gars lorsqu'elle nous a annoncé que Castle revenait pour t'aider… Et sinon, il a emménagé depuis quand chez toi ? Parce qu'il sait où est ta chambre !
- Depuis un mois !
- Kate Beckett ! Je veux bien que tu es changée, mais là tu as peut-être été un peu rapide, non ! Tu veux dire que dès le premier jour…
- Non… Attends, ne t'emballes pas. Il ne s'est rien passé jusqu'à très récemment. Pendant les vacances.
- Tu veux me dire que pendant trois semaines, il n'a pas…
- C'est ce que je veux dire. Je n'étais pas prête… Il a attendu que je décide.
- Oh, mon Dieu ! Avec tout ce qu'il avait déjà patienté… Pardon, je ne voulais pas…
- Ce n'est pas grave.
- Et alors ? Il est comment ?
- Quoi ? Attends Lanie, tu ne crois pas que je vais te dire… Non, je ne te dirai rien. Seulement que c'est génial ! Je n'ai pas souvenir de mes autres aventures, mais saches, qu'en aucun cas, je le laisserai partir !
- Et au bureau, tu vas faire comment ?
- Castle est un civil, et un consultant. Donc je ne vois pas où est le problème. Il faudra juste qu'on évite de s'embrasser ou de s'enlacer pendant le travail.
- Et tu vas y arriver ?
- Castle réfléchit à une solution, fit-elle en souriant
- Ah, ben, s'il s'en occupe !
Elles en riaient encore, lorsqu'elles entendirent la porte s'ouvrir.
- Et il a les clés ?
- Ben, oui ! Pourquoi ?
- Parce que tu ne les as jamais donnés à personne !
- C'est que je ne devais pas avoir assez confiance !
Elles rirent de plus belle !
Castle remis les clés de Kate dans son sac et les rejoignit.
