- Lanie, tu manges avec nous ? J'ai commandé chinois !
- D'accord ! On pourra discuter comme ça !
- Et Javier ? demanda Beckett
- Oh, il a une soirée avec ses potes, donc je suis célibataire ce soir !
- Parfait, dit Castle
- Par contre, je vais vous abandonner un petit moment, dit Beckett. Je vais changer de tenue.
- Pas de problème, dit Lanie. J'en profiterai pour discuter avec Castle
- Lanie ! Ne le torture pas trop ! ajouta-t-elle, en embrassant l'écrivain.
Elle se rendit dans sa chambre, et décida de défaire les bagages avant de se changer
- Alors, Castle ?
- Quoi ?
- Ah, non ! Tu ne vas pas faire comme Kate !
- Qu'est-ce que tu veux savoir ? Si on est ensemble ? Oui. Tu en as parlé avec Kate. Alors quoi d'autre ?
- Tu es sincère, hein ? Tu ne joues pas avec elle ?
- Non, Lanie. Tu sais depuis combien de temps…
- Oui, je sais. Si tu savais le nombre de fois où je l'ai poussé…
- C'est du passé, Lanie. On est parti sur de nouvelles bases, et ça se passe très bien. Et je vais tout faire pour la garder !
- Au moins, vous êtes sur la même longueur d'ondes !
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Rien… je me comprends. Et sinon ? Comment elle va ?
- Bien… Par contre, elle a fait un cauchemar, la nuit dernière. Enfin, j'ai cru que c'était un cauchemar. En fait, elle s'est souvenue de quelque chose. Mais tu l'aurais vu : elle se débattait, elle transpirait… J'ai essayé de la réveiller. Mais rien à faire. On aurait dit qu'elle était en transe. Et d'un coup, plus rien. Elle s'est réveillée. Mais elle était affolée.
- Elle s'est rappelée de quoi ?
- De sa chute… et de notre dernière conversation.
- Oh ! Et comment elle le vit ?
- Ben, après je l'ai rassurée et elle a réussi à s'endormir. Aujourd'hui, ça a l'air d'aller.
- Ecoute. Si ça se reproduit, laisse faire. N'essaye pas de la réveiller. Surveille là pour qu'elle ne se fasse pas mal, rassure là, mais ne le réveille pas.
- Pourquoi ?
- Tu risques de bloquer l'apparition d'un souvenir. Et ce blocage, empêchera l'apparition des autres ! Je sais que ça peut paraître impressionnant, mais avec le temps ça va s'atténuer !
- Si tu savais comme j'ai eu peur ! Heureusement que ma mère était là pour m'aider !
- J'imagine. Tu me le signales s'il y en a d'autres ?
- Bien sûr.
- Et si tu as besoin de parler, je suis là !
- Je te remercie.
Ils continuèrent à discuter quand on sonna à la porte.
- J'y vais, dit Beckett qui sortait de sa chambre.
Elle revint avec les paquets et les posa dans la cuisine. Castle la rejoignit, sortit des couverts qu'il ramena dans le salon, puis retourna chercher une bouteille de vin. Beckett apporta les plats préparés sur un plateau et déposa le tout sur la table. Puis, elle s'assit à côté de Castle
- Qu'est-ce qui te fais sourire comme ça ? demanda Kate à Lanie
- On dirait un vrai petit couple !
Ils passèrent une agréable soirée. Beckett et Castle parlèrent de leurs vacances. Lanie leur résuma ce qui s'était passé au poste pendant leur absence, soit pas grand-chose. Les gars commençaient à en avoir marre de faire de la paperasse, mais au moins, il n'y avait plus de dossiers en instance. Puis voyant que Kate baillait de plus en plus, elle prit congés et leur dit à demain.
Ils débarrassèrent le salon, puis allèrent se coucher. Vu leur dernière nuit, ils s'endormirent très vite.
Ils furent réveillés par une sonnerie de téléphone. Beckett grogna et enfouit son visage dans le cou de Castle.
- C'est le tien ! fit-il d'une voix endormie
- Hm…
Elle pivota et tendit le bras pour attraper son portable et se remit contre le torse de Castle. Elle décrocha.
- Hm…
- Beckett ?
- Espo ? T'as vu l'heure ?
- Désolé. Mais on a deux corps !
- Où ça ?... Ok ! Je prends une douche et je vous rejoins.
Elle embrassa Castle, lui dit de rester au lit car il était vraiment tôt. Mais il refusa. Ils se préparèrent et se rendirent sur la scène de crime. Sur le trajet, Castle la fit s'arrêter pour prendre leurs cafés et les tint jusqu'à leur destination.
Arrivés sur place, du monde attendait.
- Wouah ! Pourquoi tout ce monde ? Regarde ! Le maire, même Gates est là !
- Castle ! Pas de blague ! Si Gates est là…
- Lieutenant Beckett ! fit Gates
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- C'est un des nôtres ! Allez voir… Mr Castle, si vous pouviez…
- Beckett m'a déjà averti, chef !... Bob !
- Salut Richard.
- Tu connaissais les victimes ?
- Non, seulement l'homme. C'est le procureur Dean Corman.
- Dean ?
- Castle, vous le connaissiez ? demanda Gates
- Oui et non. Je l'ai rencontré deux ou trois fois, et on a sympathisé… Je vous laisse, je vais rejoindre Beckett.
Beckett était en train d'examiner la scène. Comme d'habitude, pendant que Lanie faisait les premières constatations, elle observait tout ce qu'il y avait autour de la scène de crime. Les corps se trouvaient dans une voiture : une femme, côté chauffeur, l'homme, à la place passager. Elle avait reconnu l'homme.
- Lanie, qu'est-ce que tu peux me dire ?
- Tués par balles, à travers le pare-brise. Ils ont reçus chacun 3 balles.
- Une heure ?
- Je dirai 3 ou 4H, maxi
- Donc minuit, ou 1H du matin !
- Pour le reste…
- J'attends ton appel.
Castle s'approcha
- Lanie !
- Castle ! Déjà levé
- J'ai été réveillé par une sonnerie de téléphone. Crois-moi, j'aurai préféré resté là où j'étais !
- Je veux bien te croire ! Allez, je vous laisse.
- Hey ! Ça va ? demanda-t-il à Kate
- Hm… Ryan, tu peux vérifier la plaque d'immatriculation ?
- Je m'en occupe.
- Espo ?... Qui est la femme ?
- On n'a pas trouvé de papiers, donc pour le moment…
- En tout cas, ce n'est pas sa femme ! fit Castle
- Tu la connais ? demanda Esposito
- Non, mais je connais la femme du procureur, et ce n'est pas elle !
- Tu connaissais le procureur adjoint et sa femme ? demanda Beckett
- Je l'ai rencontré pendant des soirées avec le Maire, et on a un peu discuté. Il avait l'air sympa !
Ils continuèrent à examiner la scène de crime à la recherche d'indices, mais le tueur n'avait vraiment rien laissé. Donc Beckett décréta qu'il était temps de rentrer au commissariat.
Une fois garée devant le 12th, Beckett soupira en ouvrant sa porte. Castle la stoppa en lui prenant la main.
- Hey, ça va ?
- Oui, mais je suis fatiguée. Je n'ai pas assez dormi.
- On rentrera tôt ce soir et tu pourras te reposer. Je te préparerai un bon bain.
- Ouais, si on rentre !
- Tu rentreras ! Maintenant, va au bureau et je te rejoins.
- Où tu vas ?
- Chercher ta drogue !
- Merci, Castle, dit-elle, en lui déposant un léger baiser.
Elle sortit de la voiture, prit l'ascenseur et rejoignit son bureau.
- Dur, le retour de congés, fit Esposito
- Le retour, ça va. Mais le réveil !
- Désolé.
- Tu n'y peux rien si les criminels ne respectent pas nos heures de sommeil !... Allez, on a du boulot.
Elle se mit devant son tableau blanc. Elle mit au centre les photos des victimes. Sous la photo de l'homme, elle mit son nom et sa fonction. Sous celle de la femme, un point d'interrogation.
Puis elle traça la ligne du temps et plaça l'heure approximative de leur mort.
- Esposito ?... Pendant que Ryan fait les recherches sur la plaque d'immatriculation, va au bureau du procureur adjoint et ramène-moi les dossiers sur lesquels il travaillait depuis 18 mois !
- Je suis parti
- Merci !
Elle s'assit sur son bureau et regarda son tableau blanc. Elle entendit le « ding » de l'ascenseur et sourit en ayant reconnu les pas de Castle. Il vint s'asseoir à côté d'elle et lui tendit sa drogue.
- Merci ! Comment tu fais pour être si alerte ? On s'est levé à l'aube !
- C'est un don ! Pas mal pour une marmotte ?
- Ah, ah !
- On en est où ?
- On attend. Lanie pratique les autopsies, Ryan s'occupe de l'immatriculation et Esposito est allé chercher les dossiers sur les 18 derniers mois. J'ai lancé une recherche pour voir s'il y avait un procès prévu ou en cours, mais rien.
- Et sa femme ?
- J'irai la voir tout à l'heure. Je ne vais pas débarquer à 7H du matin !
- Je t'accompagne ?
- Pourquoi ? Tu as autre chose de prévu ?
- Heu…Non. Rien de mieux !
Deux heures plus tard, Lanie les appela. Ils prirent l'ascenseur pour se rendre à la morgue. Etant enfin seuls, Castle s'approcha de Beckett et la prit dans ses bras. Elle l'enserra à la taille et se blottit contre son torse.
- Je te l'avais dit ! dit-il
- Oui. Je crois qu'on va le prendre souvent cet ascenseur.
Elle se redressa, passa ses bras derrière son cou et l'attira à elle pour l'embrasser. C'est la sonnerie de l'appareil qui les fit se séparer.
- Alors Lanie, tu as du nouveau ?
- Pas grand-chose en fait. Mais grâce aux empreintes, j'ai le nom de la femme : Alison Adams. Ah, et pas de traces d'activité sexuelle !
- Ben, qu'est-ce qu'il faisait avec une jolie fille dans un telle endroit ?
- Jolie ?
- Kate ! Tu vois ce que je veux dire !
- Hé, c'est vous les enquêteurs. Moi je vous dis seulement ce que j'ai découvert !
- Entendu ! Si tu trouves autre chose…
- Je t'appelle !
- Merci, Lanie.
Ils retournèrent au poste. Esposito venait de revenir et avait déposé les dossiers dans la salle de réunion.
- Tu es remonté jusqu'à quand pour les dossiers ? Il va nous falloir des mois pour tout étudier ! fit Castle en voyant la pile
- 18 mois, comme l'a demandé Beckett. Mais, tu lis vite toi, ça ne devrait pas te poser de problème ! répondit sèchement le Latino
- Il s'occupait des violences domestiques et des cas de maltraitance. Alors voilà. Tu as une idée de ce que ça donne ! dit Beckett
- Je ne comprendrai jamais comment on peut frapper une femme, et encore moins s'en prendre à un enfant ! dit Castle
- Ben, il y en a que ça ne gêne pas.
Elle s'approcha du tableau et nota le nom d'Alison Adams sous la photo de la femme
- J'ai fait des recherches sur cette femme, fit Ryan. Elle a 27 ans. Elle a été mannequin et danseuse exotique. Sans emploi depuis 6 mois, mais l'argent ne manquait pas.
- Prostituée ! firent Beckett et Castle
- Oui, mais dans le haut de gamme quand tu vois ses photos et celles de sa voiture !
- La voiture sur la scène de crime n'était pas la sienne.
- Non. Elle appartient à une certaine Veronica Dell. C'est sa colocataire.
- Ok ! Avec Esposito, vous allez voir cette Véronica Dell. Avec Castle, on va aller chez madame Corman.
- Heu… Beckett ? Il va être midi. On peut manger un morceau et y aller après ?
- Oui, évidemment ! On se retrouve ici après. Il faudra faire des recherches sur ces dossiers !
- A plus tard, firent les deux hommes
- Castle ! Tu viens ?
- Je te suis !
Ils quittèrent le commissariat, montèrent en voiture et prirent la direction de la maison du procureur adjoint. En chemin, Beckett s'arrêta devant le drive d'un fastfood.
- Franchement, tu veux me payer un hamburger dégoulinant de graisse, et plein d'oignons ? Avec des frites hyper grasses ? demanda Castle
- Prend une salade !
- Non, ça m'ira.
Ils reprirent leur route après avoir reçu leur commande. Arrivé à destination, Beckett lui indiqua un parc où ils pourraient manger
- Comment tu connais ce parc ? demanda-t-il
- Je ne le connais pas, mais il y a presque toujours un parc dans un quartier dit « résidentiel »
- Hm…
Ils s'installèrent et mangèrent. Avec la fatigue, Beckett n'avait pas d'appétit. Ils étaient assis sur un banc. Beckett était penchée en avant, les coudes sur ses genoux. Fixait-elle son hamburger, ou le sol ? Personne n'aurait pu le dire. Castle avait terminé le sien et la regardait. Soudain, la jeune femme se leva et jeta son sandwich dans la poubelle placée non loin d'eux. Elle mit ses mains dans ses poches et soupira. Castle l'attrapa par la main et la fit asseoir sur ses jambes. Puis il la serra dans ses bras. Elle avait la tête appuyée contre son torse.
- Castle ! On a une enquête en cours ! Si je reste là, je vais m'endormir !
- On ne la résoudra jamais aujourd'hui ! Tu es épuisée, alors repose-toi un peu. Et si tu t'endors, je te réveillerai
- Castle ! On a deux cadavres.
- Je sais. Ils ne vont pas s'enfuir !
Kate s'endormit, bercée par les battements de cœur de Castle. Une heure plus tard, il la réveilla.
- Kate ?
- Hm…
- Kate, on doit y aller.
- Où ça ?
- On a une enquête. Tu te rappelles ?
Elle se redressa, regarda autour d'elle comme si elle se demandait où elle se trouvait, puis se retourna face à Castle
- Merci
- De rien… A ton service. Ton coussin était confortable ?
- Très ! fit-elle en se penchant pour l'embrasser. On doit y aller !
Ils allèrent donc chez la femme du procureur adjoint
- Bonjour, madame Corman, je suis le lieutenant Beckett et voici monsieur Castle
- Entrez, et installez-vous. Je vous rejoins, je dois aller voir comment va mon fils.
- Comment va-t-il ? demanda Beckett quand elle les eut rejoints
- Il dort. Il n'a que 18 mois, alors il ne se rend pas compte…
- Je suis désolée, mais je dois vous posez quelques questions.
- Je sais. Vos collègues m'ont averti que quelqu'un allait passer. Ils m'ont dit qu'il y avait une femme avec lui. Qui c'était ?
- On ne sait pas encore, madame Corman… Où étiez-vous, hier ?
- Avec ma sœur, on a fait du shopping jusqu' à 21H30, puis je suis rentrée. Ma mère avait gardé le bébé toute la journée. Et puis, elle est partie. J'ai regardé un peu la télé, et je me suis couchée jusqu'à…
- Je comprends.
- Ça ne vous a pas surpris que votre mari ne rentre pas ? demanda Castle
- Non, depuis un moment, il travaillait tard sur son projet
- Quel projet ? demanda Beckett
- Il voulait quitter son service pour aller dans celui des stupéfiants, et depuis plusieurs il travaillait là-dessus, répondit-elle en leur ouvrant le bureau de son mari.
Ils découvrirent une pièce dont les murs étaient recouverts de documents, de photos… Beckett fit le tour des murs, essayant de voir de quoi il s'agissait. Sur le bureau, il y avait pleins de dossiers.
- Madame Corman, j'aimerai récupérer tous ces documents. Cela vous dérangerait-il si je repasse demain avec une équipe pour tout prendre ?
- Non, aucun souci. De toute façon, je ne sais pas ce que j'en ferai.
- 8H, ça vous va ?
- Pas de problème, Lieutenant. Vous savez, avec mon fils, je me lève tôt.
- Merci, madame Corman, on va vous laisser. Et encore toutes mes condoléances.
- Merci, Lieutenant. A demain.
Tout le monde se retrouva au poste.
- Ryan, Esposito, qu'avez-vous trouvé ?
- En fait, la colocataire n'était pas chez elle. Mais, on l'a retrouvé grâce à un voisin qui la connaissait, dit Ryan.
- Ouais, on s'est rendu dans un bar d'hôtesses, ajouta Esposito. Hé, Castle, tu aurais vu les filles !
- Je croyais que tu étais avec Lanie, répondit Castle
- Ouais, ben, j'ai des yeux pour voir !
- Ils ne devraient voir que Lanie.
- Tu vas me faire croire…
- Donc, reprit Ryan, voyant que la situation allait s'aggraver, on a trouvé Veronica Dell. Elle attendait quelqu'un, mais ne me demande pas qui. Elle ne voulait pas répondre à nos questions au début mais quand on l'a menacé de la coincer pour racolage, elle nous a donné un nom : Monica Danner.
Après quelques recherches, elle dirige un service d'escorts.
- Et on la trouve où cette Monica Danner ? demanda Castle
- T'aimerai bien le savoir, hein, Castle ? demanda Esposito. Mais tu ne pourras pas la voir, elle n'est pas en ville pour le moment. Elle ne doit rentrer que demain ou après-demain.
- Espo, suis-moi, fit Beckett
- Je dois…
- Maintenant !
Il la suivit dans la salle de repos. Elle claqua la porte.
- C'est quoi ton problème ? demanda-t-elle
- J'en ai aucun
- Ah, oui ! Alors pourquoi tu cherches Castle en permanence depuis qu'il est revenu ? Pourquoi tu le critiques ? Je croyais que tu étais son ami ?
- Mon ami ? Je rêve là ! C'est toi qui dis ça ? Je te rappelle qu'il t'a laissé tomber ! Il a fui, comme un lâche ! Et monsieur revient parce qu'il a pitié de toi, qu'il se sent responsable…
- Tais-toi ! Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Tu ne sais pas pourquoi il est parti.
- Parce que toi tu le sais peut-être ? Qu'est-ce qu'il t'a raconté ? Que tu es la seule responsable ?
- Je le sais, car je m'en rappelle.
- Tu te…
- Oui. Il ne m'a pas abandonné comme tu le dis. Il m'a demandé de faire un choix, et je n'ai pas fait le bon. S'il y a un responsable dans ce qui est arrivé, c'est moi. Et seulement, moi. Alors, arrête ton cinéma. Quand tu t'attaques à lui, c'est comme si tu t'attaquais à moi ! Et je ne te le permettrai pas !
- Tu parles de lui, comme si…
- Pour les détails, tu n'as qu'à demander à Lanie. Maintenant, rentre chez toi, réfléchis à ce que je viens de te dire. Quand tu reviens demain, je ne veux plus rien entendre. C'est clair ?
- C'est toi le boss.
- Ne l'oublie pas !
Il sortit de la salle, se dirigea vers sa chaise pour récupérer sa veste et quitta le commissariat sans dire un mot. Kate était restée dans la pièce. Elle avait les mains appuyées devant la machine à café, la tête baissée. Elle ne s'était jamais disputée avec ses collègues. C'était ses amis, ils l'avaient aidé. Mais, Esposito avait été trop loin. Elle n'avait pas eu le choix. Castle la rejoignit
- Ça va ?
- Non !
Il lui passa une main dans le dos pour qu'elle se détende ce qui réussit. Quand elle se redressa, il lui caressa le visage et elle appuya sa joue contre sa paume, après avoir posé sa main sur la sienne. Tellement pris par ce qu'ils faisaient, ils ne virent pas Gates passer devant la salle pour aller se chercher un café. Elle fit demi-tour et se dirigea vers Ryan
- Du nouveau ?
- On a identifié la femme, on a les dossiers du procureur adjoint…
- Et pour Castle et Beckett ?
- Quoi ?
- Je viens de les voir dans la salle de repos !
- Oh !
- Tu es au courant depuis combien de temps ?
- On les a vus par hasard avec Jenny. Ça doit faire trois semaines.
- Et tu ne m'as rien dit ?
- Kate voulait garder leur relation entre eux pour le moment. Tu sais, histoire de voir comment ça évolue !
- Et ça évolue comment ?
- Ils ont l'air heureux !
- Bien. Alors laissons les tranquille !
- D'accord.
- Bien, reprends le travail. Et, je ne suis au courant de rien, d'accord ?
- Ok.
Elle rentrait dans son bureau, quand Beckett et Castle revenaient avec un café.
- Que voulait Gates ? demanda-t-elle
- Savoir où on en était ! répondit Ryan
- Bon, il faut qu'on s'occupe des dossiers de Corman. Peut-être qu'un de ses « clients » a voulu se venger ?
- Vu la pile, il va y en avoir un paquet de « clients », fit remarquer Castle
- Ouais, alors mieux vaut s'y mettre !
Castle, Ryan et Beckett s'installèrent dans la salle de réunion. Chacun s'installa sur une chaise. La méthode était simple : type d'affaire, la victime, le coupable.
Ils venaient de passer 3H à décortiquer les dossiers, et ils n'avaient même pas fait la moitié. De temps à autre, Beckett regardait Castle, et souriait en le voyant si concentré sur ce qu'il faisait. Il avait étudié un peu plus de dossiers qu'eux. Mais il faut dire qu'il lisait de manière à ne retenir que ce qui était important. Il avait appris ça très jeune, et ça lui était très utile quand il devait faire des recherches.
Depuis que Gates les avait vus, elle jetait de temps en temps un petit coup d'œil dans la salle. Et elle devait reconnaître qu'ils étaient très professionnels. Rien ne pouvait faire croire qu'ils étaient ensemble. De toute façon, elle était contente pour Kate. Depuis son accident, elle avait appris à bien la connaître et avec tout ce qu'elle avait appris avec les autres, elle se doutait que ça ne pouvait finir que de cette manière.
Alors qu'elle était en train de les observer, elle vit Kate se ressaisir après avoir piqué du nez. Elle regarda sa montre. Il était 19H. Cela faisait 16H qu'ils étaient sur cette enquête.
- Beckett, messieurs, rentrez chez vous.
- Chef ?
- Beckett, vous êtes sur cette affaire depuis 3H du matin ! Un peu de repos vous fera le plus grand bien. Et, c'est un ordre ! Allez-y, je verrouille la porte, comme ça vous pouvez laisser les dossiers tels quels !
- Bonsoir, chef, fit Ryan
- Chef, dit Castle
- Beckett, ça va ? demanda Gates, alors que la jeune femme s'apprêtait à sortir
- Fatiguée, mais ça va. A demain !
- Repose-toi.
Arrivé à l'appartement, Beckett s'écroula sur le canapé. Elle était vidée. Castle se dirigea dans la salle de bain. Quand il réapparut, il s'approcha d'elle, l'aida à se lever. Elle se blottit contre lui.
- Vient prendre un bon bain pendant que je prépare le diner. Et après, au dodo !
- Charmant programme.
Il l'emmena dans la salle d'eau et ressortit. Il s'attela à la préparation du repas. Vu leurs états de fatigue, il se dit qu'une salade et un peu de fromage ferait l'affaire. Il dressa la table du salon, alluma la télé et choisit une chaîne musicale. Puis il retourna à la salle de bain
- Kate ? dit-il en frappant à la porte
- …
- Kate ?
N'ayant pas obtenu de réponse, il entra. La jeune femme était profondément endormie. Il ressortit, prit son T-shirt et son shorty, et retourna près d'elle. Il la sortit de la baignoire, l'essuya, l'habilla. Puis il la prit dans ses bras et la porta dans sa chambre. Il la déposa délicatement dans le lit et la couvrit.
Il partit grignoter un morceau, prit une douche et après avoir remis l'appartement en ordre, alla se coucher à son tour. A peine allongé, Beckett vint se coller à lui et lui donna un baiser dans le cou. Il l'embrassa sur la tête, et la serra dans ses bras. Puis, il s'endormit.
Le lendemain, comme à son habitude, Kate se réveilla de bonne heure. Elle ne se rappelait pas comment elle était arrivée dans son lit, mais elle avait bien dormie.
Elle se leva, lança un café, se doucha, et se prépara pour le travail. Elle but un café, déposa le petit mot. Puis elle alla déposer un tendre baiser sur les lèvres de Castle et sortit de l'appartement. Elle sourit en arrivant à sa voiture. Ça faisait un mois qu'ils étaient ensemble, et ils avaient déjà des habitudes.
Arrivée au 12th, elle se prépara un nouveau café, et le but en étudiant son tableau blanc. Puis elle entra dans la salle de réunion, et se remit à l'étude des dossiers. Aux alentours de 8H, elle descendit au central et demanda à deux officiers de l'accompagner chez les Corman pour prendre ses dossiers.
Castle arriva juste après son départ, toujours avec ses deux cafés. Il rejoignit Ryan et Esposito dans la salle de réunion.
- Beckett n'est pas là ? demanda-t-il
- Elle est allée chercher les dossiers de Corman, répondit Ryan
- Seule ?
- Non, il y a deux officiers avec elle.
Castle déposa un café devant la pile de Beckett et reprit sa place et ses dossiers.
Ça faisait une heure et demie que Beckett était partie, quand Gates entra dans la pièce.
- Messieurs ! On a un problème. Beckett a été blessée !
