Le lendemain matin, au commissariat, la tension était tombée. L'ambiance était plus décontractée. Ils s'étaient retrouvés en salle de repos, autour d'un café, pour faire un résumé de l'affaire. Puis Beckett leur avait demandé de continuer de vérifier les noms de la liste, ainsi que les relevés téléphoniques d'Alison Adams, pendant qu'elle allait rendre visite à Monica Danner avec Castle.
- Bonjour, je suis le lieutenant Beckett, et voici…
- Richard Castle! s'écria Monica Danner. Qu'est-ce que vous faîtes là ?
- Monsieur Castle travaille avec la police de New York pour ses recherches, ajouta Beckett
- Oh ! Dommage.
- Les affaires ont l'air de marcher, dit Castle en regardant tout autour de lui
- Je ne fais rien d'illégal. Je réponds aux demandes de mes clients !
- Je ne m'occupe pas d'affaires de mœurs, madame Danner, mais de meurtre. Que pouvez-vous me dire au sujet d'Alison Adams ? demanda Beckett
- C'était une de mes employées
- Et au sujet de monsieur Corman ?
- Le procureur adjoint ? Ce n'était pas un client.
- Et un certain Freddy Hopper ?
- Je sais que c'est un dealer local. C'est un parano et en plus il est violent... Il appelait souvent Alison et ils se retrouvaient parfois en dehors du service.
- Ça ne vous dérangeait pas ?
- Ce que les filles font après le travail ne me regarde pas !
- Je vais devoir interroger les clients qu'Alison a vus. Pourriez-vous me donner une liste ?
- Tout est sur agenda électronique. Chacune de mes filles en a un. Mais pour le consulter, il faudra un mandat
- Je ne vous demande pas son agenda, mais une liste !
- Je dois protéger la vie privée de mes clients. Donc pas de mandat, pas de liste !
Ils retournèrent au poste
- Ryan, il me faut un mandat pour l'agenda électronique d'Alison Adams, et tant qu'à faire demande aussi pour l'ordinateur de Monica Danner ! dit Beckett
- Quel motif ?
- Un procureur adjoint a été tué, alors tu ne devrais pas avoir de mal à en avoir un !
- Elle t'a énervé ? demanda Castle
- Secret professionnel ! Elle se prend pour qui ? Un médecin ?
- Ben, quand on y réfléchit, ses filles offrent des consultations à leurs clients !
- Tu peux appeler ça comme tu veux, ce n'est que de la prostitution ! Espo ? Je voudrais que tu interroges Freddy Hopper pour confirmer l'histoire de Monica et voit si quelques filles peuvent te donner des infos sur Alison. Ryan, tu l'accompagnes !
- Tu veux que Ryan me surveille ? demanda le latino
- Non, mais Lanie est ma meilleure amie et si elle apprend que je t'ai envoyé interroger des jolies filles seul, elle va me tuer !
- T'as raison !
- Je peux l'accompagner, moi, pendant que Ryan s'occupe du mandat ! lança Castle
- Alors là, sûrement pas !
- Tu n'as pas confiance en moi ?
- En toi ? Si. Mais en elles, non !
Elle s'installa devant le tableau, assise sur le bureau. Castle la rejoignit.
- Alors Corman découvre qu'Alison fréquente Freddy Hopper qui travaille pour Carlos Encoporo. Il lui propose d'oublier le flagrant délit si elle lui donne des infos. Freddy le découvre et il les tue ! résuma Castle en glissant sa main sur celle de Beckett posée sur le bureau.
- Hm…fit-elle en entrelaçant ses doigts à ceux de Castle
- Qu'est-ce qui t'embête ?
- C'est trop évident ! Un procureur adjoint qui fricote avec des prostituées et des dealers…Ça fait cliché ! Il y a autre chose. On a dû louper un truc !
- Lieutenant ?
- Oui, chef, fit-elle en se redressant
- J'ai votre mandat.
- Déjà ?
- Quand la victime est un procureur adjoint ! Comme les gars ne sont pas là, vous n'avez qu'à envoyer Karpowski.
- Entendu.
En début d'après-midi, les gars revinrent et firent un résumé à Beckett
- Alors voilà, commença Ryan. En discutant avec les filles, on a découvert qu'Alison montait son propre réseau en débauchant les filles de Monica.
- Et Freddy ne travaille pas seulement pour Carlos. Il travaille aussi pour Monica. Tout ce que les clients veulent, il fournit : ecstasy, coke, viagra… ajouta Esposito
- Quel est le lien avec Corman ? demanda-t-elle
- On ne sait pas. Personne n'a parlé de lui !
- Trouvez-moi les relevés de comptes de Monica et Freddy !
- C'est parti, firent les gars
- Tu crois que Monica a tué Alison ? demanda Castle
- Ou l'a fait tuer ! Si Alison lui volait ses filles, ça lui fait un bon motif !
- Tu penses à Freddy ?
- Hm…
Elle se dirigea dans la salle de réunion et se plaça devant les panneaux de Corman. Castle la suivit et la regarda. Elle venait de comprendre quelque chose mais il ne savait pas quoi. Elle scrutait méticuleusement chaque photo et chaque document en passant la main dessus.
- Il a regroupé tout ce qu'il faut pour coincer Freddy. Mais il y a des lacunes capitales dans toutes ces pièces, pensa-t-elle tout haut
- Il était peut-être nul comme procureur ?
- Non, c'est pas ça. Tous les trous sont précis, comme s'il avait volontairement retiré des pièces importantes. Et où cache-t-on des secrets ?
- Un journal ?
- Des secrets professionnels ?... 886 749 9016, dit-elle en prenant un carton sur le tableau
- Un coffre bancaire ! s'exclamèrent-ils
Après avoir fait quelques recherches, Beckett trouva la banque. Elle demanda à Esposito d'y aller avec Castle car Karpowski venait de revenir avec les ordinateurs et les agendas électroniques. Elle les déposait à la scientifique avant de ramener les listes papiers. Beckett était toujours dans la salle de réunion quand Karpowski arriva.
- Ryan ?
- Oui ?
- Tiens, voilà les listes. J'ai demandé à la scientifique de tout vérifier dans l'ordinateur et les agendas.
- Pourquoi ? Il y a un problème ?
- Regarde les listes ! Beckett ne va pas aimer.
- Comment ça ?
- Regarde ! Là, là, là… fit-elle en soulignant ce qu'elle montrait en jaune. Et il y en a d'autres !
- On est dans la m…
- Bonne chance !
Beckett sortit de la salle quelques temps plus tard.
- Ryan, Karpowski n'est pas encore arrivée ?
- Hm…
- Ryan ?
- Heu… Si… Elle a ramené une première liste.
- Et ?
- Rien… de particulier
- Mais encore ? demanda-t-elle en s'approchant
- Il faut encore vérifier les noms
- Montre-moi
- Je peux le faire, tu sais
- Montre-moi ça, insista-t-elle en lui prenant la liste
Quand elle la lut, elle pâlit.
- C'est pas vrai !
- Ecoute, Beckett, il faut vérifier. Il y a sûrement une erreur !
- Sur tous les agendas !
Elle quitta le bureau en emportant la liste.
- Ryan, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Gates
- Voyez par vous-même ! dit-il en lui tendant les listes qu'il avait photocopié
- On en est sûr ?
- La scientifique fait des vérifications mais ça risque de durer !
- Où est allée Beckett ?
- Je ne sais pas !
- C'est pas possible ! Où est Castle ?
- A la banque avec Esposito. Ils ne devraient pas tarder
Justement, en parlant d'eux.
- Hey ! Le procureur adjoint Corman avait une clé USB cachée dans son coffre ! On l'a donné à la scientifique pour qu'il la décode. Demain, on saura ce qu'il y a dessus, dit Esposito
- Décidément, c'est leur journée ! dit Ryan
- Où est Beckett ? demanda Castle
- Sortie, répondit Ryan
- Castle, je peux vous voir ? demanda Gates
- Heu, oui
- La scientifique a sorti cette liste de l'ordinateur de Monica Danner. Bien sûr, ils vérifient encore mais pouvez-vous m'expliquer ça ? demanda-t-elle en lui tendant la liste
- Quoi ?... Qu'est-ce… Vous avez sorti ça de son ordinateur ? demanda-t-il en haussant le ton. C'est pas possible. C'est un faux.
- Vous maintenez que vous ne connaissez pas Monica Danner ?
- Oui ! Je l'ai vu pour la première fois avec Beckett
- Alors pourquoi votre nom apparaît sur chaque page de cette liste ? Et ils n'ont imprimé que trois années.
- Je ne sais pas pourquoi il y a mon nom là-dessus. En plus, je n'étais pas à New York pendant deux ans !
- Ça c'est vous qui le dites ! On n'a pas vérifié.
- Chef ! Je n'ai jamais eu besoin d'avoir recours à ce genre d'agence. Et à part Kate, je n'ai fréquenté aucune femme depuis plus de trois ans ! Donc, soit quelqu'un s'est fait passer pour moi, soit la liste a été trafiquée !
- Je veux bien vous croire. Mais je dois tenir compte de cette liste en attendant le rapport de la scientifique
- Je sais. Vous savez où est Beckett ?
- On ne le sait pas. Elle est sortie en emportant la liste.
- Elle a quitté le commissariat ?
- Je ne crois pas. Les agents en faction ne l'ont pas vu sortir. Mais on peut sortir sans passer devant eux.
- Mais dans ce cas, où peut-elle être ? Je n'aurai pas dû aller dans cette fichue banque !
- Castle ! Réfléchissez ! Regardez cette liste ! Pendant votre absence, il y a bien quelque chose dont vous vous rappelez et qui prouverait que cette liste est fausse.
Tellement inquiet par la réaction de Kate, il n'avait pas pensé à ça. Il reprit la liste et commença à vérifier. Puis soudain, au lieu de lire les premiers feuillets, il passa directement aux derniers. Il sourit.
- Castle ! Arrêtez de sourire comme un niais ! Qu'est-ce que vous avez trouvé ?
- Je ne pouvais pas y être à cette date, ni à celle-là d'ailleurs !
- Vous pouvez le prouvez ?
- Oui.
- Allez-y
- Le seul problème, c'est que mon alibi est dans la nature. J'étais avec Kate dans les Hamptons.
- Vous ne vous êtes pas absenté ?
- 4H aller-retour, plus un rendez-vous ? Non. Et si Kate fait attention à la date et l'heure du rendez-vous, je vous jure que si je mettais absenté, elle l'aurait remarqué.
- C'est bon, pas de détail.
Son téléphone sonna
- Capitaine Gates.
- …
- Merci, Lanie. Enfin une bonne nouvelle ! dit-elle en raccrochant
- Lanie a trouvé du nouveau sur les corps ?
- Non. Mais Kate est chez elle !
Elle avait à peine finie sa phrase que Castle était déjà devant l'ascenseur. Quand les portes s'ouvrirent, il bondit à l'intérieur et appuya au moins vingt fois sur le bouton avant que les portes ne se referment. Une fois arrivé, il ouvrit les portes battantes et tomba sur Lanie.
- Tu as perdu quelque chose, Castle ? Ou peut-être quelqu'un ?
- Ne plaisante pas avec Kate ? Tu plaisantes avec tout ce que tu veux, mais pas avec elle.
- Désolée. Elle est dans mon bureau
Il sortit de la salle d'autopsie, et fonça jusqu'au bureau. Il ouvrit la porte et…personne.
- Lanie, je vais te…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, que la porte se ferma, et qu'il se retrouva plaquer contre le mur, les lèvres de Beckett collées sur les siennes. Il la serra dans ses bras et répondit à son baiser. Quand l'oxygène manqua, ils se séparèrent. Elle se blottit contre son torse le serrant aussi fort qu'elle pouvait.
- Tu as mis combien de temps avant de comprendre ? demanda-t-il
- Trop !
- Et comment ?
- En passant directement à la dernière page.
- Ah, tu as remarqué aussi !
- Je ne pourrai jamais oublier cette date, pas notre première nuit ! dit-elle en le regardant
- Moi, non plus, je ne l'ai pas oublié, dit-il en se penchant pour lui donner un long et tendre baiser
C'est ce moment que choisit Lanie pour entrer dans son bureau, mais ils ne s'interrompirent pas. Elle prit le dossier qu'elle voulait et ressortit. Quand ils se séparèrent, ils se souriaient.
Ils se prirent par la main et remontèrent au bureau. En sortant de l'ascenseur, ils se lâchèrent.
Beckett posa ses papiers sur son bureau et se dirigea vers Ryan
- Tu as des nouvelles de la scientifique ?
- Non, peut-être demain
- Et, au fait, Castle, vous avez trouvé quoi à la banque ?
- Oh, c'est vrai. Une clé USB, mais on l'a donné à la scientifique car elle est codée. Donc, on est bloqué pour le moment !
- Donc on ne peut rien faire, soupira Beckett. J'aurai pourtant bien aimé avoir une discussion avec cette Monica !
- Juste une discussion ? demanda Ryan
- Pour commencer, oui. Bon, pour ce soir, on va s'arrêter. On reprendra demain, dit-elle en regardant sa montre. Et puis, j'ai un rendez-vous
- Oh, une soirée romantique en tête à tête, dit Ryan en faisant un clin à Castle
- Non, dit Beckett
- Avec qui ? demanda Castle
- Un homme, fit-elle en se dirigeant vers son fauteuil pour récupérer sa veste
- Quel homme ? demanda Castle en la suivant jusqu'à l'ascenseur
- Tu es trop curieux, dit-elle en entrant dans la cabine
- Dis-moi.
- C'est un homme avec qui je peux parler. Il m'écoute, me conseille. Il connaît beaucoup de choses sur moi, dit-elle en s'approchant de lui et en lui déposant un léger baiser
- Tu sais que tu m'as fait peur. J'ai vraiment cru que tu allais voir un autre homme !
- C'est le cas, fit-elle en sortant de l'ascenseur
- Quoi ?
- Tu peux ramener la voiture ? Je te rejoints un peu plus tard.
- Stop ! Je ne joue plus là, dit-il en la bloquant contre la voiture, ses deux mains posées sur le toit de celle-ci. Où tu vas ?
- Castle, je vais être en retard !
- J'attends !
- Je croyais que tu avais confiance en moi ?
- Je te fais confiance, mais je veux savoir qui tu vas voir. Je n'aime pas quand tu me fais des cachotteries. Et là je vois bien que tu t'amuses avec moi. Alors ?
- Je vais de l'autre côté du parc. Je dois voir le docteur Burke !
- Oh ! Un problème ?
- Rien de particulier. Mais j'ai toujours des séances de prévue.
- D'accord. Alors je ramène la voiture. Tu peux y aller.
- Castle, je pourrais y aller quand tu m'auras libérer.
- Je ne peux pas, il y a quelque chose à faire pour que mes bras te libèrent mais je ne sais plus quoi !
Elle sourit, s'approcha de lui, posa ses mains sur ses hanches, et après s'être mis sur la pointe des pieds l'embrassa.
Il la libéra. Elle l'embrassa une nouvelle fois, puis se dirigea vers le parc. Castle attendit qu'elle disparaisse pour monter en voiture.
- Bonjour, Kate
- Docteur.
- Alors, que me vaut le plaisir de vous voir ?
- Je voulais juste… J'ai besoin…
- Kate ! Quand vous m'avez appelé pour fixer ce rendez-vous, ça avait l'air urgent. Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez des problèmes au travail ? Avec Mr Castle ?
- Non, rien de tout ça !
- Bien reprenons depuis le début. La dernière fois, vous êtes venus avec Mr Castle. Comment se passe votre partenariat ? Il est toujours avec vous ou il est parti ?
- Non, il est toujours là… On est ensemble
- Ensemble !... Ensemble, comme… en couple ?
- Oui, en couple !
- Et ?
- …
- Il y a un problème ?
- Non, tout va bien, même très bien. Il est présent, à mon écoute…
- Mais ?
- Pourquoi mais ? Je vous ai dit que tout va bien
- Si tout allait bien, vous n'auriez pas demandé à me voir. Donc, il y a un problème, et j'aimerai que vous me disiez lequel !
- J'ai fait un cauchemar. Je me suis rappelé du jour où je suis tombée, du jour où Castle est parti et de tout ce qu'il m'a dit
- Et ça vous a fait réfléchir sur votre relation avec Mr Castle ?
- Non. Je n'ai pas de doute au sujet de notre relation. Je sais ce que je ressens pour lui et je connais ses sentiments pour moi.
- Alors quel est le problème ?
- J'ai peur.
- Peur de quoi ?
- Ce cauchemar a été horrible. On aurait dit que c'était réel. Je ressentais tout ce que j'éprouvais à ce moment-là. Mais le réveil fût pire. J'étais trempée, effrayée et j'avais mal à la tête.
- Y-a-t-il eu un évènement qui aurait pu provoquer ce cauchemar ? Un mal de tête, un stress ?
- J'ai juste eu un mal de tête deux jours avant. Mais rien de grave. Il est parti après que j'ai pris une aspirine. Par contre, le jour de ce cauchemar, je n'étais pas bien.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- On devait revenir à New York le lendemain car je devais reprendre le travail. Mais après la semaine qu'on venait de passer ensemble, j'appréhendais la reprise. Ça m'a travaillé toute la journée.
- Et vous vous êtes couchée dans cet état de stress ?
- Non. Castle a réussi à me rassurer. Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur, peur du prochain cauchemar.
- Kate ! Avant tout, il faut que vous évitiez les situations de stress
- C'est une plaisanterie ! Vous connaissez le métier que je fais ! Encore aujourd'hui, je suis tombée sur une liste de noms sur laquelle Castle figurait. La liste de rendez-vous d'une call-girl !
- Et, il la connaissait ?
- Non ! Mais avant que je le réalise…
- Vous avez douté ?
- Evidemment ! Vous n'auriez pas douté, si vous aviez trouvé le nom de votre femme dans le carnet de rendez-vous d'un homme ?
- Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
- Je le connais bien maintenant. Je vois la réaction des femmes quand elle le croise. Il n'a pas besoin de payer pour trouver…
- Eh, bien, il y a du progrès. L'ancienne Kate serait montée sur ses grands chevaux. Vous avez su relativiser.
- Peut-être. Mais que va-t-il se passer la prochaine fois ?
- Qu'est-ce qui vous fait peur, Kate ? Qu'est-ce que vous ne me dites pas ?
- Depuis ce cauchemar… Depuis que je me suis rappelé… J'ai eu des flashs. D'autres souvenirs. Oh, pas des choses très importantes. Mais des petites choses quand même.
- Et c'est ça qui vous fait peur ? C'est plutôt une bonne nouvelle !
- En fait… Depuis ce jour-là… J'ai mal à la tête en permanence !
- Vous en avez parlé au Dr Morris ?
- Non.
- Kate ! Il faut lui en parler. Il faut faire des examens. Il faut…
- Pour l'entendre dire que mon cerveau est en train de partir en miettes ! Qu'il va exploser ! Que je vais sombrer dans le coma ! Ou mourir ! Merci, bien.
- Il pourrait vous soulager !
- L'aspirine me soulage pour le moment !
- Et après ?
- J'aviserai à ce moment-là !
- Kate ! Si vous n'appelez pas le Dr Morris, je vais…
- Je vous interdis de l'appeler. Si vous le faîte, vous ne me reverrez plus.
- Faîtes au moins une radio. Il y a peut-être quelque chose d'autre qui provoque ces maux de tête ?
- J'y penserai
- Et qu'en dit Mr Castle ?
- Je ne lui ai pas dit. Il s'inquiète bien assez comme ça ! Pas la peine d'en rajouter.
- Kate, il doit savoir.
- Non ! Lui dire pour qu'il souffre chaque journée qu'il passera avec moi, pour qu'il ait peur au moindre vertige… Non, il a assez souffert comme ça, par ma faute ! Je suis peut-être égoïste, mais je veux continuer à vivre ce que nous vivons aujourd'hui.
- Je comprends ce que vous ressentez, Kate. Vous vivez enfin la relation que vous vouliez vivre avant votre accident. Mais, à un moment ou à un autre, il vous faudra prendre une décision. Et vous serez deux à souffrir !
- Et d'après vous, qu'est-ce qui est mieux : souffrir pendant des jours, des semaines, des mois… Ou juste quand c'est la fin ?
- Je n'ai pas de réponse à cette question
- Moi, non plus !
Elle quitta le cabinet du Dr Burke sur ces paroles. Elle n'était pas plus avancée, mais au moins elle avait pu en parler. Il était le seul à qui elle pouvait parler de ce problème.
