Elle rentra plus tard que prévu à l'appartement. Elle avait flâné dans les rues qui menaient à chez elle. Elle avait réfléchi à ce qu'ils s'étaient dit. Elle s'était aussi arrêtée dans une pharmacie pour s'acheter deux flacons d'aspirine.
Elle ne pouvait pas dire à Castle ce qui lui arrivait. Il s'inquièterait trop, il aurait peur, il l'empêcherait de travailler. Elle ne voulait pas tout cela. Elle ne voulait pas qu'il la voit s'effondrer, dépérir chaque jour. Elle voulait qu'il garde d'elle, l'image d'une femme forte, d'une femme amoureuse et heureuse.
Oh, il serait aux petits soins pour elle, il chercherait tous les spécialistes de la planète… Mais il n'y avait pas de miracle à attendre. Le médecin avait été clair à ce sujet. Si les maux de tête persistaient, son espérance de vie était limitée. Qu'est-ce qui était le mieux : le coma ou la mort ? Le coma, elle le savait, Castle passerait ses jours et ses nuits à ses côtés, au détriment de sa propre vie. Elle ne le voulait pas. Elle voulait qu'il soit heureux. Le seul moyen d'y parvenir serait qu'elle ne soit plus là. S'il ne la voyait plus, peut-être arriverait-il à refaire sa vie. Donc oui, pour le moment, elle préférait ne rien dire, et profiter de son amour tant qu'elle pouvait lui rendre, tant qu'elle aussi pouvait le rendre heureux.
Elle arriva enfin à l'appartement. Quand il entendit la porte s'ouvrir, il se leva du canapé.
- Enfin, je commençais à m'inquiétais ? Tout va bien ?
- Oui, tu sais avec lui, on sait quand ça commence, mais jamais quand ça va finir.
- Il est comme moi alors !
- Comment ça ?
- Tu sais quand je commence, mais tu ne sais jamais quand ça va finir, dit-il en l'embrassant tendrement
- Oh, monsieur Castle, des promesses, toujours des promesses !
- Tu veux me mettre à l'épreuve ?
- Tu parles trop, Castle. Il va falloir prouver ce que tu dis. En attendant, je vais prendre une douche !
Elle n'eut pas le temps de fermer la porte de la salle de bain, qu'il était déjà derrière elle.
- Tu veux des preuves, tu vas en avoir !
Elle rit en entrant dans la douche.
Ils n'en sortirent que lorsqu'ils se rendirent compte qu'ils étaient sous un jet d'eau froide. Quand ils furent habillés, il la fit asseoir dans le salon pour lui refaire ses pansements. Ensuite, elle refit le bandage de sa main qui était devenu bleue.
Ils mangèrent et passèrent la soirée devant un film, puis se couchèrent.
Le lendemain matin, quand ils arrivèrent au commissariat, Beckett lui dit qu'elle devait aller voir Lanie, qu'elle le rejoignait plus tard. Sachant que parfois elle échangeait des « secrets » entre filles, il la laissa y aller.
- Salut, Lanie
- Hey, salut, toi. Que me vaut le plaisir ?
- J'ai un service à te demander. Mais tu ne dois en parler à personne.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien. Promets le moi. En tant qu'amie, promets !
- Ok, je te le promets. Qu'est-ce que tu veux ?
- Est-ce que tu as tout ce qu'il faut ici pour faire des radios ?
- Evidemment.
- Je veux dire, tes appareils fonctionnent aussi bien avec les morts que les vivants ?
- Oui, ce sont les mêmes appareils. Pourquoi ?
- Tu peux me faire…
- Quoi ?
- Je voudrai une radio de la tête.
- La tête de qui ?
- La mienne, Lanie, la mienne
- Qu'est-ce qu'il y a ? Des douleurs ?
- Des petites. Est-ce que tu pourrais voir s'il n'y aurait pas un problème autre que ma mémoire ?
- Avec la radio, on verra un minimum de chose. Mais j'ai un ami qui dirige un cabinet de radiologie, je pourrai lui demander de me laisser utiliser son IRM
- Il ne dira rien ?
- Non. Mais pourquoi tu ne veux pas le dire ? Pourquoi tu n'appelles pas le Dr Morris ?
- Tu sais ce qu'il va faire. Me donner des pilules ou m'hospitaliser.
- Tu l'as dit à Castle ?
- Non, et tu ne lui dis rien. Pour le moment, ça va. Je maîtrise la situation. Alors pas de blague. Quand ce sera le moment, je le mettrai au courant, mais pas avant.
- Entendu. Tu veux faire ça aujourd'hui ?
- Le plus tôt possible.
- Ok. Je t'appelle.
Quand elle arriva à son bureau, son café l'attendait.
- Alors, les gars, vous avez les relevés de comptes de Freddy et Monica ?
- Oui, et tu avais raison. Monica a fait un versement de 75OOO dollars à Freddy, dit Esposito
- Et la scientifique ?
- Pas encore.
- Allez me chercher ce Freddy, j'ai quelques questions à lui poser.
- On y va !
Elle s'installa à son bureau, feuilleta un dossier, soupira. Elle but le café que Castle lui avait déposé. Elle se frotta machinalement la tête.
- Hey, ça va ? demanda Castle
- Hm…
- Il y a un problème ?
- Non, non, je réfléchissais.
- Et Lanie ? De quoi vous avez parlé ?
- De trucs de filles. Et je ne te dirais pas lesquels, dit-elle. Et pas la peine de me regarder comme ça !
- Très bien. Mais je trouverai !
- Comme il n'y avait que Lanie et moi, j'en doute. Elle ne te dira rien non plus !
Les gars revinrent deux heures plus tard avec le dénommé Freddy. Beckett leur dit de l'installer dans une des salles d'interrogatoire.
- On fait comment ? demanda Esposito
- On va le laisser mariner un peu, dit Beckett
Elle se leva et se dirigea dans la salle de repos. Castle la suivit, et la devança pour faire les cafés. Ils furent rejoints par les gars. Ils s'installèrent autour de la table.
- J'en ai marre d'attendre ! Je vais à la scientifique ! dit-elle en sortant, ne laissant pas le temps à Castle de la suivre
- Castle, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ryan. Elle a l'air énervée ce matin.
- Je ne sais pas. Elle est allée voir Lanie tout à l'heure, et depuis qu'elle est revenue, elle est comme ça. Tu peux essayer de savoir Espo ?
- Je préfère interroger un suspect, plutôt que Lanie ! En plus, si c'est un secret entre filles, elle ne lâchera pas le morceau, répondit le latino
- Déjà hier, elle est restée près de trois heures chez le psy, ajouta Castle
- Trois heures ? Attends ses séances n'ont jamais duré aussi longtemps ! Une heure maxi, et encore, au début, dit Ryan. Tu l'as appelé ?
- Ryan, le secret médical. Il ne dira jamais rien !
- T'as pas remarqué si ses maux de tête n'étaient pas revenus ? demanda Esposito
- Non, elle va bien. Si elle prenait des comprimés, je l'aurai remarqué ! Et, puis, elle me l'aurait dit !
- Oui, t'as raison. Ça doit être cette affaire qui l'agace ! ajouta Ryan
Alors qu'elle se rendait à la scientifique, elle se rendit dans son vestiaire pour avaler deux aspirines et s'assit sur un banc, attendant que son mal de tête passe.
Une heure après, elle réapparut, détendue, avec les résultats de la scientifique en main.
- Les gars, allez me cherchez cette Monica Danner et n'oubliez pas de lui lire ses droits. Castle, tu viens, on va voir Freddy !
Ils entrèrent dans la salle d'interrogatoire et s'installèrent face à lui. Castle la regardait. Elle ne ressemblait pas à la femme qu'elle était une heure plus tôt.
- Hey, ma beauté, vous gâchez vos talents ici ! Quand, je vais sortir, venez avec moi, je vous montrerai comment utiliser vos atouts ! fit Freddy
- Oh, un peu de respect, dit Castle
- Merci, monsieur Hopper, mais mon travail me convient. Si on en revenait à notre affaire ?
- Quelle affaire ?
- Le meurtre du procureur adjoint Corman et d'Alison Adams.
- Je ne vois pas !
- Vous ne voyez pas ? Je sais que vous travaillez pour monsieur Encoporo, je sais que vous travaillez aussi pour Monica Danner et je sais que vous étiez en relation avec Alison.
- C'est vrai, je connais ces personnes.
- Voici un relevé de compte de Monica Danner, et voici le vôtre. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi elle vous a versé 75000 dollars, le lendemain de leurs morts ?
- Ça n'a rien à voir. C'est un dédommagement pour service rendu !
- Sacré service, dit Castle. J'aimerai bien savoir ce que vous rendez comme service, parce que ça rapporte. Je n'aurai plus besoin d'écrire !
- Monsieur Hopper, j'ai tout un dossier vous concernant sur votre trafic de drogues. Je ne pourrai pas faire tomber votre patron, mais vous allez en prendre pour longtemps. Maintenant, si vous me dîtes ce qui s'est passé, je peux glisser un mot au procureur, qui pourrait oublier les charges pour la drogue. Ce qui m'intéresse c'est le meurtre, dit Beckett
- D'accord ! C'est bon ! Monica a découvert qu'Alison montait son propre réseau en lui piquant ses filles. Alors elle m'a demandé de l'en débarrasser.
- Et pour le procureur adjoint ?
- Je ne savais pas qu'elle aurait un passager. Je m'en suis rendu compte après avoir tiré
- Freddy, il avait tout un dossier contre vous et votre patron. Alors ne me mentez pas ?
- Je viens de vous avouer que j'avais tué deux personnes. Alors si ça avait un rapport avec ce que vous dîtes, je vous le dirai. C'était un accident !
Ils sortirent de la salle d'interrogatoire
- C'est pas croyable, dit Beckett. Il est mort parce qu'il se trouvait au mauvais endroit, au mauvais endroit ! Un simple dommage collatéral. Comment je vais expliquer ça à sa femme ?
- Tu es obligée de lui dire ?
- Castle ! Si tu perdais quelqu'un, tu ne voudrais pas savoir pourquoi ?
- Si, tu as raison
Les gars arrivèrent avec Monica Danner. Ils regardèrent Beckett, qui leur indiqua la salle d'interrogatoire. Ils l'installèrent. Kate prépara son dossier, prit la clé USB et entra dans la pièce, suivie de Castle
- Monsieur Castle, c'est toujours un plaisir de vous voir, dit la femme
- Désolé, mais le plaisir n'est pas partagé, répondit celui-ci. J'ai beaucoup apprécié la lecture de vos fichiers
- Oh !... Vous êtes fâchés à cause de ça. Ce n'était qu'une petite blague. Si vous voulez, je saurai me faire pardonner, fit-elle en l'aguichant
- Sûrement pas, répondit-il, s'apercevant que la situation dégénérait et mettait Beckett mal à l'aise. Il se leva et sortit.
Ryan vint le remplacer.
- Pourquoi est-il sorti ? Vu sa réputation…
- Ça suffit ! dit Beckett. Je vous rappelle que vous êtes ici pour répondre à une affaire de meurtre !
- Je ne suis pas concernée par cette affaire. Je vous l'ai déjà dit.
- Ce n'est pas ce que nous a raconté monsieur Hopper. Il nous a dit que vous l'avez engagé pour tuer Alison
- Et vous le croyez ! C'est un dealer, alors que moi, je suis une honnête femme d'affaires !
- Et on sait de quelles affaires vous parlez ! dit Ryan. Maintenant, écoutez ça !
Il ouvrit l'ordinateur portable et enserra la clé USB
« J'irai raconter aux flics que toi et Encoporo, vous fournissez tout le secteur ouest de la ville ! »
Il arrêta l'ordinateur
- Je suppose que vous avez reconnu votre voix ? demanda Ryan
- Mais on ne m'entend pas demander à Freddy de tuer Alison. Je me trompe !
- Non, vous avez raison, dit Beckett. Mais vous savez, on a parfois des soucis dans la salle des pièces à convictions. Certaines d'entre elles disparaissent. N'est-ce pas Ryan ?
- Oh, oui ! C'est courant
- Une clé USB, c'est petit. Qui pourrait s'en apercevoir ?
- Très petit !
- Imaginez, madame Danner, que par le plus grand des hasards, monsieur Encoporo tombe sur cet enregistrement sur lequel vous menacez son homme de mains de le donner aux flics, dit Beckett
- Ouch, mauvais ça, il va pas apprécier, dit Ryan
- Vous n'avez pas le droit, dit Monica, vous êtes des flics
- Vous savez comment Encoporo s'occupe des balances ? Il aime jouer avec des cigarettes allumées et des petites pinces, ajouta Ryan. Ça doit être atroce ! Et après, il vous découpe en morceaux !
- Alors, madame Danner, toujours rien à dire ?
- Entendu. J'ai demandé à Freddy de tuer Alison. Mais vous comprenez, elle voulait détruire mon affaire que j'ai mis des années à bâtir. Je me suis construite une solide réputation dans ce milieu. Mes clients ont confiance en moi
- Tout ça pour une histoire de réputation ! dit Beckett en se dirigeant vers la porte
- Au fait lieutenant, comment avez-vous réagi quand vous avez vu le nom de monsieur Castle sur mes liste ? J'aurai aimé voir votre tête !
- Beckett, sort, dit Ryan, alors qu'elle commençait à se retourner les poings serrés.
Ryan ferma la porte. Il appela deux officiers qui vinrent chercher Monica Danner pour l'emmener en cellule, à côté de Freddy Hopper
Beckett posa ses documents sur son bureau.
- Sacré coup de bluff, dit Ryan
- Oui, mais ça a marché ! Et où est-ce que tu as été cherché cette histoire de cigarettes et de pinces ?
- Oh, j'ai dû le lire quelque part. Ça lui a fait peur !
- Tu m'étonnes ! Où est Castle ?
- Je l'ai vu sortir de la salle d'observation et aller se faire un café
- Merci. On fera les papiers cet après-midi. Vous pouvez aller manger. On se retrouve dans deux heures.
- On pourrait aller tous ensemble chez Rémy ?
- D'accord. On vous rejoint.
Elle alla chercher Castle
- Tu viens. On va chez Rémy
- Oui.
- Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-elle en s'agenouillant devant lui, voyant qu'il était préoccupé
- Si tu avais un problème, tu me le dirais ?
- Bien sûr. Mais tout va bien.
- Tu es sûre ?
- Oui. Arrête de t'inquiéter et emmène au resto !
- Tes désirs sont des ordres, fit il en lui prenant la main, puis la relâchant aussitôt car ils étaient au poste
Une fois sortis, ils se rendirent chez Rémy, chacun tenant l'autre par les hanches. Ils s'installèrent à une table que le patron gardait toujours de côté pour l'équipe du 12th. Elle se situait dans le fond, entourée de banquettes. Ils furent rejoints par Lanie et Jenny. Pendant le repas, Castle essaya de faire parler Lanie, mais il n'y eut rien à faire. Ses lèvres restèrent scellées. Mais il nota quand même que la jeune femme était troublée. Elle avait le même regard que lorsqu'elle avait découvert qu'une victime avait été tuée par le même tueur que la mère de Beckett. Il se tramait quelque chose, il le sentait. En plus, les deux femmes évitaient de croiser leurs regards mais il savait que ni l'une, ni l'autre ne parlerait. Si elles s'évitaient comme ça, c'est qu'il y avait un problème. Et la seule qui pouvait en avoir un, c'était Beckett. Pourtant, quand il la regardait, elle semblait aller bien. Elle mangeait, elle riait et vu la soirée qu'ils avaient passée… Il décida qu'il allait la surveiller.
De son côté, Kate n'avait rien raté de ce qui s'était passé. Lanie avait réussi à s'en sortir quand Castle l'avait interrogé, mais elle avait un peu trop hésité et son visage s'était crispé. Si ça ne lui avait pas échappé, ça n'aurait pas échappé à Castle. Il allait falloir la jouer fine. Puis elle l'avait senti l'observer. Tout ce qu'elle voulait éviter, était en train d'arriver : il s'inquiétait. Elle allait le rassurer. Pour le moment, les aspirines, qu'elle prenait, l'aidaient à supporter la douleur. Maintenant, il fallait attendre la radio et en fonction, voir ce qu'il y aurait lieu de faire.
Deux heures plus tard, ils étaient de retour au commissariat. Les gars commencèrent à remplir le rapport pendant que Beckett et Castle rangeait les dossiers du procureur adjoint Corman.
En milieu d'après-midi, Mme Corman se présenta. Beckett s'isola avec elle dans la salle de repos et lui expliqua ce qui était arrivé à son mari. La jeune maman s'écroula en larmes. Perdre son mari dans l'exercice de ses fonction, elle pouvait le comprendre mais parce qu'il était au mauvais endroit... C'était vraiment idiot.
Finalement, elle remercia Beckett et quitta le commissariat.
Beckett se prépara un café et se mit devant la table
- Hey, fit Castle en lui caressant discrètement le bras, ça va ?
- Ce n'est jamais facile.
- J'imagine. Je n'aimerai pas avoir à le faire. Et je ne sais pas comment tu y arrives.
- Il faut bien que quelqu'un le fasse.
Ils retournèrent au bureau. Beckett se mit devant son écran et Castle s'installa sur sa chaise. Il l'observait.
- Arrête de me regarder comme ça, dit-elle sans se détourner. C'est flippant !
- Comment tu sais que je te regarde ?
- Je le sens. Occupe-toi plutôt de débarrasser le tableau, tiens !
- Tout de suite, chef !
- Je ne suis pas ton chef !
- Peut-être, mais tu es armée et pas moi !
- Ne l'oublie pas alors quand tu me fixes !
- Tu oserais vraiment me tirer dessus ? murmura-t-il
- Peut-être
- Tu ne le feras pas car tu ne peux pas de passer de moi !
- Je trouverai une autre solution alors. Et si je t'interdisais mon lit ? Ou ma douche ?
- Tu n'oserais pas ?
- Tu veux essayer ?
- Non, non. Je t'ai vu bluffer tout à l'heure ! Je m'occupe du tableau !
- Bien ! Bonne idée.
La journée se passa ainsi. De joutes verbales, en joutes verbales. Lui, la charmant, elle, le taquinant. Quand le rapport de l'enquête fut terminé et contrôlé, Beckett le rendit à Gates. La journée touchant à sa fin, le capitaine les laissa partir, et leur souhaita un bon week-end.
Avant de partir, Castle leur proposa de passer la soirée du samedi au Old Haunt. Les gars acceptèrent et dirent qu'ils en parleraient à leurs compagnes.
Le samedi soir, comme convenu , ils se retrouvèrent tous ensemble, autour d'une table, au Old Haunt. Comme d'habitude, Castle apporta la première tournée de bière Mais contrairement aux autres fois, il y avait Esposito et Lanie, qui purent découvrir à quel point leurs amis étaient proches. Jenny et Ryan le savaient déjà.
Pendant la soirée, alors qu'Esposito était parti chercher une nouvelle tournée, Lanie s'approcha de Kate
- Hey, Castle, j'aurai besoin de te voler Kate demain matin, ça te dérange ?
- Si Kate est d'accord. Mais laisse là dormir un peu quand même !
- Hey, ça ne vous dérange pas trop que je sois là ! dit Kate. Qu'est-ce que tu veux faire ?
- Tu sais, on en a parlé l'autre jour. J'ai trouvé ce que je voulais et je voudrais ton avis
- Pas de souci. Tu as une heure.
- Je passe te chercher vers 9H ?
- Ok. Je serai levée !
- Et moi ? demanda Castle
- Toi, tu fais la marmotte ! répondit Kate en souriant
- Tu sais ce qu'elle te dit la marmotte ?... Viens danser avec moi !
Il lui prit la main, et l'emmena sur la piste. Il l'enlaça. Elle se blottit contre son torse, les bras autour de son cou, une main caressant ses cheveux. Elle décolla sa tête, et le regarda, les yeux emplis de tout l'amour qu'elle lui portait. Il baissa la tête et ils s'embrassèrent longuement, tout en suivant le rythme de la musique. Lanie les regardait, à la fois heureuse pour eux, mais en même temps inquiète quant à la requête que lui avait faîte la jeune femme.
Le lendemain matin, Kate attendait son amie devant son immeuble. Quand celle-ci arriva, elle grimpa dans le taxi.
Elles arrivèrent devant un grand immeuble blanc. Beckett suivait Lanie. Arrivées au quatrième étage, elle vit un panneau « Cabinet de radiologie ». Lanie donna trois petits coups à la porte. Deux minutes après, un homme de type afro-américain, grand, mince leur ouvrit la porte et les fit entrer.
- Salut, Lanie. Et vous devez être son amie, Kate ?
- Oui !
- Alors, Lanie, explique- moi ce que tu veux exactement.
- Voilà. Kate a eu un grave accident. Depuis elle est amnésique. Mais elle souffre par moment de maux de tête, et on voudrait savoir d'où ça pourrait venir. Alors j'ai pensé à ton IRM.
- Tu as tout à fait raison. S'il y a quelque chose à trouver, l'IRM le trouvera. Venez avec moi
Il indiqua à Beckett une pièce ou se changer puis la fit entrer dans l'appareil.
- Kate, tu n'as pas mal à la tête en ce moment ? demanda Lanie
- Non, pourquoi ?
- L'examen est un peu bruyant.
- Bruyant comment ?
- Bruyant. Ça va résonner dans tout le cylindre. Et l'examen va durer une bonne demi-heure
- Ça ira, Lanie. Ne t'inquiète pas.
- Entendu. On y va. Surtout, tu ne bouges pas.
L'homme lança l'examen. A chaque cliché que prenait l'appareil, Beckett sentait que sa tête allait exploser : le bruit était infernal. Mais elle ne bougea pas, ne dit rien
Une heure plus tard, l'examen était terminé et Beckett put se rhabiller. Elle s'installa dans une petite pièce et attendit. Lanie vint la rejoindre.
Une demi-heure plus tard, l'homme vint les chercher et les ramena dans la salle de radio ou il avait mis les différents clichés sur des négatoscopes. A voir sa tête, les nouvelles ne devaient pas être bonnes. Quand Lanie vit les radios, elle ne dit rien, mais Beckett comprit qu'il y avait un problème.
L'homme se tourna vers elle
- Kate, je peux vous appelez Kate ?
- Heu, oui
- A quand remonte votre accident ?
- Un peu plus de deux ans
- Vous avez eu un traumatisme crânien ?
- En fait, j'ai fait une chute de 10 étages, et d'après ce que m'ont dit les médecins ma tête a fortement cogné le bitume
- Qui est votre neurologue ?
- Le Dr Morris
- Je ne comprends pas qu'il soit passé à côté de ça. Depuis votre sortie, avez-vous fait des radios ?
- Non, rien. Pourquoi ?
- Je ne sais pas comment vous le dire.
- Soyez direct. Ce sera plus simple !
- Vous avez un hématome sous-dural, et vu l'ampleur, il ne date pas d'aujourd'hui.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est une hémorragie. Provoquée par votre traumatisme. Quand vous avez heurté le sol avec votre tête, des vaisseaux ont éclatés et provoqué une hémorragie. Et si le Dr Morris ne l'a pas décelé, c'est qu'elle devait être minime au départ. Le problème, c'est qu'avec le temps, suite à des maux de tête, ces vaisseaux se rouvrent et continuent de saigner. Le sang qui est coagulé s'agglutine et forme une masse de plus en plus importante. Et c'est ce qui entraine les maux de tête que vous ressentez. C'est dû à la pression de cette masse sur votre cerveau.
- Et pour mon amnésie ?
- Un hématome de ce genre peut provoquer une amnésie.
- Et on peut faire quelque chose ?
- A ce stade ? Je ne veux pas paraître pessimiste Kate, mais ce serait un miracle. Regardez, ici, là, là, là…. Toutes ces petites veines ont lâchées. Le traitement consiste à ligaturer toutes les veines qui ont été coupées. Mais là …
- Vous voulez dire que…
- Il n'y a que peu de chance. Vous faîtes parties des rares cas, où …
- Mais on peut encore opérer ? Réduire les dégâts ?
- Tout est possible, oui. Mais c'est une opération qui va durer des heures, voire beaucoup plus… Je ne connais personne qui voudra…
- Je vous remercie. Je peux avoir les clichés ?
- Bien sûr, tenez.
- Merci.
Elle sortit du cabinet, de l'immeuble, et s'accroupit dos contre le mur.
