Dans le cabinet de radiologie
- Merci d'avoir pris sur ton temps de repos, dit Lanie
- Toujours à ton service. Je suis désolée pour ton amie. Elle va avoir besoin de beaucoup de soutien car elle va souffrir énormément, si ce n'est pas déjà le cas.
- Je sais. J'ai compris en voyant les clichés. Il faut qu'on trouve une solution. Je ne veux pas perdre ma meilleure amie.
- Lanie, si tu es croyante, prie !
- Tu me connais mal. Je vais chercher et je vais trouver.
- Tu pourras peut-être trouver. Mais y arriveras-tu as temps ? Tu sais, vu l'état de son cerveau, elle n'a plus beaucoup de temps devant elle.
- C'est une battante !
- Je suis vraiment désolé, Lanie. Vraiment.
- Je te laisse. Salut.
Elle quitta le cabinet de radiologie. Elle descendit les escaliers en larmes. Elle était médecin. Elle avait tout de suite compris en voyant les clichés. Elle avait dit qu'elle allait chercher un moyen pour sauver sa meilleure amie. Mais elle savait que c'était impossible. Kate allait mourir. Mais dans combien de temps ?
Elle se retrouva sur le trottoir, devant l'immeuble. Le soleil brillait. La journée était magnifique. Ce n'était pas normal. Après une nouvelle pareille, il devrait pleuvoir. A croire que le temps les narguait.
Elle tourna la tête et découvrit Kate, accroupie contre le mur de l'immeuble. Elle s'accroupit devant elle, lui prenant les mains.
- Hey, ça va aller, dit-elle
- Lanie.
- On va se battre.
- Pourquoi Lanie ? Pourquoi je dois encore subir ça ? Vous m'avez dit que j'avais tout perdu. Pourquoi je dois encore endurer ça ? Pourquoi m'avoir laissé vivre après cet accident, pour que je meure finalement ?
- Tu ne vas pas mourir.
- Lanie, tu es médecin ! Tu sais lire des radios. Alors, arrête de mentir ! Ton ami a eu le courage d'être honnête.
- Je suis désolée. Je ne sais pas quoi te dire.
- Alors ne dis rien.
Elle se releva. Elle soupira. Elle sentit son téléphone vibrer elle venait de recevoir un message. Elle le sortit de sa poche et regarda l'écran. Elle sourit. C'était Castle. Le message disait : « pique-nique ? »
- Ça te dit ? demanda Beckett en lui montrant le message
- Tu ne crois pas…
- Tu veux ou pas ? Espo peut venir aussi
- Ok, je lui envoie un message. On va où ?
- Central Park
Elle répondit « OK » au message et lui demanda d'inviter les Ryan
- Tu vas le dire à Castle ?
- Bien sûr. Je vais aller au pique-nique, le prendre dans mes bras, l'embrasser et je vais lui dire « je vais bientôt mourir ! ». C'est une belle entrée en matière, tu ne trouves pas ?
- Kate !
- Quoi ? Tu connais une meilleure façon d'annoncer à l'homme qui t'aime que tu vas mourir ? Si oui, dis la moi !
- Je ne sais pas… Mais tu ne peux pas…
- Evidemment ! Tu me vois lui annoncer ma mort comme ça !
- Mais tu vas lui dire ?
- Pas encore. Pas pour le moment.
- Kate, tu ne peux pas faire comme si de rien était. Tu dois en parler. Tu sais que tu vas souffrir de plus en plus.
- Je sais, Lanie.
- Bon, qu'est-ce que je peux faire ?
- Paye-moi un café !
- Kate, je suis sérieuse !
- Moi, aussi. Il faut que je prenne quelque chose. J'ai mal à la tête !
- Ok, viens, on va en face.
Elles s'installèrent à la terrasse d'un café. Lanie commanda deux cafés et Beckett demanda un verre d'eau. Elle regarda son amie sortir ses aspirines et les avaler.
- Tu en prends combien ?
- Deux.
- Pour la journée ? Ça va, il ne t'en faut encore pas trop !
- Non, Lanie. Je dois en prendre une dizaine pour la journée ! Ça dépend des jours !
- Mon Dieu, Kate ! Comment tu as fait pour que personne ne s'en rende compte ? Pourquoi tu n'es pas venue me voir plus tôt ?
- Tu connais un remède ?
- Non
- Alors, tu vois, ça n'aurait servi à rien !
Elles se rendirent à Central Park. Elle suivait Beckett car elle ne savait pas où était le rendez-vous. Soudain, la jeune femme s'arrêta et se tourna vers son amie.
- Surtout, tu fais bonne figure ! Je ne veux pas que Castle se doute de quoi que ce soit.
- Ça ne va pas être facile. Il va vouloir savoir ce qu'on a fait ?
- Je te rappelle qu'on est allée faire les boutiques !
- C'est vrai. Tu as raison
- Lanie ?
- C'est bon, j'ai compris.
Elles continuèrent d'avancer. Beckett avait lancé une discussion, si bien que quand elles arrivèrent, Castle les vit plaisanter comme le faisaient des amies.
- Hey ! Alors Lanie, j'espère que tu as trouvé ce que tu voulais ? Parce que sinon je t'en voudrai de m'avoir privé de la femme de ma vie ! dit-il en prenant Beckett dans ses bras pour l'embrasser.
- Oui, on a trouvé. Tu sais, Kate a toujours eu un goût sûr. C'est pour ça que je voulais son avis. Javier est arrivé ?
- Pas encore.
- Et Ryan ? demanda Beckett
- Ils sont là. Ils font une petite balade. Ils vont nous rejoindre.
- Et tu as déjà tout installé ?
- Ça m'a occupé en vous attendant !
- Je meurs de faim, dit Beckett en se blottissant contre son torse
- Heu… Tu parles du pique-nique, là ?
- A moins que tu aies autre chose à me proposer ?
- Il va falloir que tu attendes un peu pour ça, lui murmura-t-il
Ils pique-niquèrent tous ensemble, discutèrent, plaisantèrent, se baladèrent. En les voyant ainsi joyeux, personne ne pouvait imaginer que l'une d'eux n'avait plus que très peu de temps à vivre.
Le lendemain matin, quand Castle se réveilla, Beckett était déjà partie. Il se prépara et se rendit au commissariat.
- Hey, salut les gars !
- Salut, dirent Ryan et Esposito
- Où est Beckett ?
- Je ne sais pas, fit Ryan
- Elle n'est pas encore arrivée, ajouta Esposito
- Vous êtes sûrs ?
- On n'a même pas d'affaire ! dit Ryan
- Messieurs, Beckett a appelé pour dire qu'elle serait en retard, dit Gates
- Elle vous a dit où elle était ? demanda Castle
- Non, mais ça doit important si elle le fait pendant ses heures de travail.
Castle essaya de la joindre sur son téléphone, mais il tomba directement sur la messagerie
Bureau du Dr Morris
- Merci de me recevoir à l'improviste
- C'est normal, Kate. Que puis-je pour vous ?
- Mes maux de tête sont revenus et s'intensifient de jour en jour.
- Je vais vous faire des examens et vous prescrire quelque chose pour vous soulager
- Ce n'est pas la peine, docteur. J'ai fait des radios, dit-elle en lui tendant ses clichés
Il prit les clichés. Il demanda à Beckett de le suivre et l'emmena dans une salle de radiologie. Là, il plaça les clichés sur plusieurs négatoscopes et les examina
- Vous les avez faits quand ?
- Hier !
- …
- Alors ? Vous pouvez faire quelque chose ?
- On vous a expliqué ce qu'il y a sur ces clichés ?
- Oui.
- Kate, je ne peux rien faire ! Je suis désolé !
- J'en n'ai rien à faire que vous soyez désolé. Est-ce qu'il y a une solution ? Un remède ?
- Vous n'imaginez pas le temps qu'il faudrait pour réparer tous ces dégâts ? Sans compter que si ça ne réussit pas, vous allez souffrir énormément !
- Et à l'heure actuelle ? Qu'est-ce que vous croyez ? Je m'éclate peut-être ?
- Je peux imaginer.
- Non, vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez pas imaginer la douleur que je ressens. J'ai l'impression que mes os sont en train de se détacher, je bous à l'intérieur, je ne peux pas dormir, je ne pourrais bientôt plus travailler… Sans prendre des pilules qui commencent à ne plus faire d'effet… Je ne vais pas attendre que ça explose. Donc soit vous m'aider, soit je me fais sauter la cervelle !
- Vous ne comprenez pas. C'est une opération délicate, très délicate. Il y a des risques…
- Je suis condamnée. Qu'est-ce que je risque ? Mourir ? Vous me faites rire ! Alors, je veux savoir si vous accepter de faire quelque chose ? S'il le faut, je vous signe une décharge, je m'en fous. Je ne veux plus souffrir. Quel que soit le résultat !
- Il va me falloir du temps pour préparer…
- Je vous rappelle que, moi, je n'ai pas de temps. Donc je veux que ce soit le plus tôt possible. Ne cherchez pas à faire traîner les choses. Je souffre, mais je ne suis pas encore idiote !
- Non, je ne veux pas faire traîner les choses. Je dois contacter des confrères. Je vous appelle dès que possible.
- Entendu.
- En attendant, prenez ça, dit-il en lui tendant une ordonnance. Et Kate ? Je vous appelle très vite, voire demain si tout se passe bien. D'accord ?
- J'attends votre appel. Au revoir
Elle réapparut au commissariat en début d'après-midi. Il le fallait bien. Elle ne pouvait pas rester cacher. Elle sortit de l'ascenseur, passa devant les gars, les salua et se dirigea vers le bureau de Gates.
- Chef. Je peux vous parler ? En privé, je veux dire
- Bien sûr, Kate. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je sors de chez le Dr Morris.
- Tu as mal à la tête ?
- Oui, ça recommence. Je ne vais pas entrer dans les détails mais avant que je te dise quoi que ce soit, essaye de faire bonne figure. Je n'ai rien dit à Castle.
- Tu me fais peur Kate !
- Si tu prends cet air dramatique, il va comprendre qu'il y a un problème. Agis normalement.
- Je vais essayer
- Avec l'aide de Lanie, j'ai fait des radios. Le résultat n'est pas bon. La seule opération envisageable semble impossible. Le Dr Morris va appeler des collègues pour voir si on peut faire quelque chose.
- Kate ! Dis-moi qu'il va trouver une solution. Dis-moi que tu ne vas pas…
- Je ne peux pas te dire ça.
- Et tu ne l'a pas dit à Castle ?
- Je ne peux pas. Tu le dirais à ton mari, toi ?
- Je ne sais pas, Kate. Je ne suis pas dans ta situation.
Elle sortit du bureau. Castle la regardait. Il ne disait rien. Elle s'avança vers lui, lui prit la main et l'entraîna dans la salle de repos. Elle se retourna et se blottit contre son torse. Il hésita, puis la serra dans ses bras.
- Tu sais qu'on est au commissariat ?
- Je sais… Je suis désolée pour ce matin… De ne t'avoir rien dit… Mais je suis allée voir le Dr Morris… Mes maux de tête sont revenus.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- Je voulais savoir d'abord ?
- Et ?
- Après quelques examens, il pense que mon cerveau travaille un peu trop. Il m'a donné un nouveau traitement. Je le revois dans quelques jours pour voir ce que ça donne. Il faut juste que je me repose un peu plus, et ça ira !
- Tu es sûre ? Tu ne me caches rien ?
- Non, promis.
Il la serra plus fort contre lui en soupirant. Elle était restée blottie contre lui, ainsi il ne pouvait pas voir ses yeux remplis de larmes. Elle resta ainsi jusqu'à ce que ses yeux s'assèchent.
Les jours passaient et toujours pas de nouvelles du Dr Morris. Beckett prenait de plus en plus de médicaments. Ses maux de tête devenaient insupportables.
Puis le vendredi, en début d'après-midi, il appela. Il devait la voir. Elle s'éclipsa discrètement.
Bureau du Dr Morris
- Kate ! Laissez-moi vous présenter le Dr Smith, le Dr Hamilton, le Dr Hackmann, le Dr Harris et le Dr Murphy.
- Messieurs
- Mes confrères et amis ont la même spécialité que moi. Nous sommes tous chirurgiens neurologues
- Bien. Et ?
- Je leur ai parlé de vous. De, l'accident, de votre amnésie… Votre cas les intéresse et ils ont accepté de vous aider
- Comment ?
- Nous allons vous opérer.
- Vous avez dit que c'était impossible !
- Je vous ai dit que je ne pouvais pas le faire car il y a beaucoup à faire. Voilà pourquoi je les ai contactés.
- Vous allez m'opérer tous en même temps ?
- Non, ça ferait trop de mains !
- Docteur, j'ai mal au crâne, alors soyez plus clair !
- L'opération va être très longue. Donc nous allons le faire à tour de rôle. Toutes les quatre heures, vous aurez un nouveau chirurgien. Il va de soit que ce sera pareil pour l'anesthésiste.
- Combien de temps ?
- Nous ne savons pas. Mais ce sera peut-être plus long que la dernière fois !
- Bien. Et vous comptez faire ça quand ?
- Il faut le faire le plus tôt possible. Mes collègues et moi-même pouvons commencer dès maintenant. C'est à vous de décider.
- D'accord… Je peux vous parler en privé ?
- Bien sûr. Excusez-nous messieurs
Les médecins sortirent du bureau
- Kate, je sais que ça paraît impressionnant, mais il y a une chance. C'est la seule. On doit la tenter. Ça fait deux ans que vous vous battez ! Vous n'allez pas renoncer maintenant
- Je sais
- Je dois vous signaler que des étudiants risquent d'assister à votre opération. Ça pose un problème ?
- Non.
- A quoi pensez-vous ?
- Quand peut-on le faire ?
- Tout est prêt Kate. Il ne manque que vous.
- J'ai des petites choses à régler avant. Si l'opération se passe bien, que se passera-t-il après ?
- Vous serez sûrement dans le coma.
- Combien de temps ?
- Je ne sais pas. Tout dépend comment se fera la guérison.
- Et ma mémoire ?
- On ne le saura qu'à votre réveil.
- Vous allez me raser la tête ?
- Non, Kate. Seulement les zones où nous allons intervenir. ne vous inquiétez pas, ça ne se verra presque pas.
- Vous me donnez deux heures ?
- Pourquoi faire ?
- je dois avertir mon amie, Lanie, que vous connaissez et à qui je donnerai pouvoir pour toutes les décisions me concernant. Je souhaite aussi qu'elle assiste à vos réunions.
- Entendu. Dès que vous serez là, on vous préparera et on commencera.
- Déjà !
- Il n'y a pas de temps à perdre
- Autre chose. Mr Castle va sûrement venir.
- Qui est-ce ?
- L'homme que j'aime. Il faudra l'aider. Il ne vous lâchera pas tant qu'il n'aura pas de réponse, tant qu'il ne m'aura pas vu. Je vous en prie, tenez le courant même si c'est difficile pour lui. Mes amis le soutiendront, mais vous devrez le faire aussi. Il est extravagant, enfantin… Mais il est sincère, il tient à moi, même un peu trop… Mes amis viendront sûrement aussi.
- D'accord. Je vous le promets. De toute façon, j'ai fait préparer une salle spécialement pour vos visiteurs, car je me doutais que ce serait comme la première fois. Ils pourront même manger ici, s'ils le désirent.
Elle se rendit à la morgue après être passée chez elle.
- Salut, Lanie
- Hey, Kate. Comment tu te sens ?
- Je sors de chez le docteur. Comme tu le sais, il n'y a pas de remède pour ce que j'ai.
- Kate !
- Ecoute-moi, Lanie. Le Dr Morris m'opère aujourd'hui. Il tente l'opération. Je t'ai écrit une lettre manuscrite de ma main où je te donne tout pouvoir. Et tu pourras aussi assister aux réunions des médecins.
- Kate ! Tu ne peux pas me demander ça.
- Tu veux que je demande ça à qui ? Mon père ? Castle ? Tu es ma meilleure amie et tu es médecin. Tu sauras quand intervenir.
- Je ne sais pas si…
- Lanie, je t'ai toujours fais confiance. Tu m'as dit que je pourrais toujours compter sur toi, quelle que soit la demande. Alors je te demande de prendre ces décisions pour moi.
- Entendu !
- Voilà un mot pour Gates. Je lui explique mon absence. Et celle-là…
- C'est pour…
- Castle !... Remets-lui le plus tard possible
- Attends : tu veux que j'attende alors que toi tu seras peut-être…
- Morte ! Oui.
- Castle ne sait pas que…
- Non, je ne lui ai rien dit !
- Mais Kate. Il doit…
- Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ? Salut, Castle ! Ah, au fait, j'ai oublié de te le dire mais je vais mourir ! Et tu sais le plus drôle, ça peut être dans une heure ! Je ne veux pas lui dire ça ! Tu le dirais à Esposito ?
- Tu lui as dit que tu venais me voir ?
- Je ne l'ai pas revu depuis que j'ai quitté le bureau tout à l'heure.
- Tu ne vas pas le voir avant…
- Je ne pourrais pas le regarder dans les yeux et faire semblant d'être heureuse, sachant ce que je vais faire.
- Je peux t'accompagner si tu veux.
- Ça va aller.
- Tu te rends compte que tu me pourris la vie, là ?
- Tu sais que je n'ai pas beaucoup de choix qui s'offre à moi ?
- Je sais. Je passerai te voir tous les jours.
- Tu sais comment je vais être ?
- Je sais, mais je viendrais quand même. Je veux que tu saches que je ne t'abandonnerai pas. A quelle heure, il t'opère ?
- Lanie…
- Quelle heure ?
- Dès que je me présente, on me prépare, et je pars au bloc
- Je te rejoins dès que j'ai fini.
- Ça va être long, Lanie. Tu n'as pas besoin…
- Je serai là !
- Ok… Une dernière chose…
- Qu'est-ce que tu me réserve encore ?
- Ma voiture est devant la morgue. Si tu peux…
- Pas de problème.
- Je te laisse. Et encore merci.
- Comme si j'avais le choix !
- Merci quand même.
Elle embrassa son amie, puis quitta la morgue. Elle sortit un sac de sa voiture et monta dans le taxi qui l'attendait. Quand il passa devant le commissariat, elle jeta un dernier regard sur le bâtiment, sur l'étage où elle travaillait, où se trouvait Castle. Elle pleura.
Quand elle arriva à l'hôpital, elle fut prise en charge aussitôt. On lui prit son sac car après l'opération, elle serait en réanimation. Elle aurait une chambre qu'une fois rétablit. Elle prit une douche, passa une blouse d'hôpital. Puis une infirmière, vint lui couper quelques mèches de cheveux, puis raser le crâne aux endroits correspondant. Kate changea à nouveau de blouse. Puis l'infirmière lui dit de patienter quelques instants. Elle prit son téléphone, tapa un message et programma un envoi différé.
Quelques minutes plus tard, un homme entra dans la chambre avec un brancard. Elle souffla, se leva et se dirigea lentement vers le brancard. Elle s'allongea. Aucun mot n'avait été échangé.
Puis l'homme l'emmena vers le bloc opératoire, où tous les médecins l'attendaient. Ils lui expliquèrent ce qui allait se passer encore une fois, puis elle fut installée dans un siège. En effet, pour cette opération, elle allait être assise. Elle fut ceinturée, puis on lui fixa la tête.
Au même moment, au 12th.
Castle n'en pouvait plus. Elle avait disparu depuis des heures. Personne ne savait où elle était. Soudain, il entendit la sonnerie de l'ascenseur. Il s'y précipita. C'était Lanie. Elle venait de pleurer. Elle traversa le bureau comme un zombie et entra dans le bureau de Gates.
Il se passait quelque chose. Lanie pleurait. Gates aussi.
Quelques minutes plus tard, Lanie sortait du bureau. Castle se précipita sur elle
- Qu'est-ce qu'il se passe, Lanie ? C'est Kate ?
- Castle, je suis désolée…
- Qu'est-ce qu'il y a ? Elle a eu un accident ? Dis le moi !
- Non, elle n'a pas eu d'accident.
- Alors, quoi ?
- Je suis vraiment désolée. Mais c'est elle qui me l'a demandé, dit-elle en lui tendant une enveloppe.
Castle décacheta l'enveloppe, lut la lettre. Il fut anéanti en quelques secondes. Il lâcha la lettre et sortit en trombes du commissariat suivi par Lanie. Quand il sauta dans le taxi, Lanie fit de même.
Arrivé à l'hôpital, il fonça à l'accueil. Il était dans un tel état, que la femme qui était là ne savait pas quoi faire. Finalement, après avoir passé un coup de téléphone, elle lui indiqua la salle d'observation du bloc opératoire.
Quand il y arriva, la scène qu'il vit lui parut irréelle. Des hommes, tout de vert vêtus, s'affairaient autour de Beckett, assise. Elle était en train de compter à rebours. Il s'appuya de toutes ses forces contre la vitre
- KATE ! Hurla-t-il
Alors qu'elle allait s'endormir, elle l'entendit. Les hommes s'écartèrent, surpris. Elle le vit une dernière fois, avant de fermer les paupières.
Lanie s'approcha de lui et posa une main sur son bras.
- Elle n'a pas le choix… Elle le fait pour elle… Pour toi…Pour vous
Elle lui tendit la lettre qu'il avait laissé tomber. Il se laissa tomber sur un des sièges, les yeux fixés sur les mots qu'elle avait écrite.
Castle
J'ai cherché mes mots, mes phrases, en essayant de t'exprimer ma douleur, pour que tu saches tout l'amour que je te porte. J'ai réfléchi longtemps cette lettre, je l'ai pensé. J'ai des tas de brouillons, mais dès que je commence à écrire, mes mots ne sortent plus dans le bon ordre, et puis je me dis que puis-je dire d'ailleurs de plus que mes mots, mes gestes, ma conduite, mes regards à ton égard, parfois même mes silences ne t'aient dit avant moi ?
Pardonne-moi…
Pour moi, c'est une journée tragique…
Tu vas tellement me manquer…
Ton entrée dans mon existence m'a insufflé la vie. Cela m'a donné une excitation pour chaque nouveau jour et j'attendais avec anticipation chaque fois où j'allais te voir.
Ces quelques semaines avec toi furent pleines de surprises. Quand j'essaye de comprendre d'où cela est parti, je ne parviens à aucune explication. Je crois que c'est comme ça, mine de rien la relation s'est tissée comme une toile d'araignée, fil à fil, par hasards de moments choisis de la vie…
Je me suis souvent demandé quelle place j'avais dans ta vie, ce que je représentais à tes yeux, si tu avais de moi la même image admirative et douce que j'ai de toi… Je sais aujourd'hui que cela n'a plus d'importance et que le principal c'est d'être lun à l'autre par petit bout…
Je t'aime et crois-moi encore une fois, je n'ai jamais, avant toi, aimé de cette façon, à en perde la raison. Je t'aime pour tout ce que tu as été avec moi et même ce que tu n'as pas été je t'aime pour tout ce qu'on s'est dit et pour le reste qui se devine dans nos silences…
Dans toute ma courte vie, je ne me suis jamais sentie aussi en paix que lorsque j'étais dans tes bras. J'ai été captivée par la beauté de tes sourires, ensorcelée par le scintillement dans tes yeux et submergée par la passion de tes baisers…
Le plus dur pour moi c'est de te laisser
Voilà. Le moment est venu pour moi de te quitter, de faire un grand saut dans l'inconnu et je mentirai en t'affirmant que je n'ai pas peur : tu ne seras pas là pour me tenir la main.
Je terminerai cette lettre en ne te demandant qu'une dernière chose. Si ce que je m'apprête à tenter tourne mal, promets-moi de refaire ta vie. Tu as tellement à donner. Tu mérites d'être heureux. Tu es un homme bien…
Je pars en emmenant ton image avec moi
Kate
