Note aux lecteurs : j'ai beaucoup ri en lisant vos commentaires suite au dernier chapitre.

Je tiens à préciser que les menaces ne me font pas peur. La peur n'évite pas le danger, comme disait ma mère !

Vous pourrez voir, si vous continuer à me lire, que j'ai fait bien pire dans une autre de mes fics (je ne parle pas de "jusqu'à ce que la mort...", ça c'était léger). Mais avant d'en arriver à cette histoire, il y en aura d'autres avant...


Dans le bloc, Kate était endormie.

Dans la salle d'observation, Castle s'était écroulé. Ses larmes coulaient sur la lettre de Beckett. Ses yeux étaient fixés dessus, mais il ne la voyait pas.

- Pourquoi, Lanie ? Pourquoi, elle ne m'a rien dit ?

- Elle ne voulait pas te faire de mal. Elle ne voulait pas que tu t'inquiètes. Elle ne… Oh, Castle, je ne sais pas quoi te dire, je ne sais pas comment t'expliquer.

- Depuis combien de temps souffre-t-elle ?

- D'après ce qu'elle m'a dit, ça remonte à son cauchemar. Quand elle s'est rappelé l'accident…

- Mon Dieu, Lanie. Ça fait des semaines et je n'ai rien vu. Comment c'est possible ?

- Ça fait des jours qu'elle prend des aspirines.

- Tu le sais depuis quand ?

- Deux semaines…

- Et tu ne m'as rien dit ? Pourquoi, Lanie ?

- Je ne pouvais pas. Elle me l'a fait promettre. Et je sais vraiment ce qu'elle a que depuis dimanche.

- Au pique-nique ?

- Avant. On n'est pas allée faire des courses ce jour-là. Je l'ai emmené chez un ami radiologue. C'est là qu'on a su.

- Tu veux dire qu'on a pique-niqué, plaisanté… alors que tu savais !

- Castle, c'est ma meilleure amie. Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Si je te l'avais dit, elle aurait pris ça comme une trahison. Tu la connais. Tu sais comment elle aurait réagi. Alors je ne t'ai rien dit. J'ai essayé de l'aider. Bien que…

- Et cette opération va la sauver ?

- Personne ne le sait.

- Ils l'opèrent sans savoir ?

- Non, Castle. Mais ils ne savent pas si ça marchera. Je suis désolée, Castle, mais…Elle peut mourir.

- Il ne faut pas Lanie. Je ne m'en remettrai jamais !

- Je sais. Mais, vu les radios, elle n'avait aucune chance. Il lui restait peu de temps. C'est l'opération de la dernière chance.

- Si l'opération réussit ?

- Elle pourrait retrouver la mémoire, mais surtout, il n'y aurait plus de problème !

- Je me fous qu'elle retrouve la mémoire, je veux pouvoir la tenir dans mes bras à nouveau, je veux l'entendre rire…

- C'est une battante, Castle. Elle a survécu à une chute vertigineuse…

- J'espère que tu as raison…

Les hommes en vert s'affairaient. Le chirurgien, qui allait être le premier, observait les clichés et expliquait à ses collègues ce qu'il allait faire.

D'autres étaient présents au cas où il y aurait un problème pendant l'intervention.

Pendant ce temps-là, une infirmière installa un premier set de chirurgie crânienne. L'anesthésiste intuba Kate pour que l'oxygène arrive jusque dans ses pouvons, vérifia les constantes et avisa le médecin que tout était bon.

L'homme s'avança, prit le trépan, l'installa sur la tête de Beckett, puis doucement perça le crâne aux différents endroits préparés auparavant.

Dans un des orifices, il plaça un tuyau qui permettait d'aspirer le sang que Beckett avait dans le crâne.

Un homme entra dans la salle d'observation

- Bonsoir, Dr Parish

- Dr Morris. Je vous présente monsieur Castle.

- Ah, oui. Kate m'a parlé de vous. Bonsoir.

- Bonsoir, fit Castle

- Je vous ai fait préparer une pièce où vous pourrez patienter pendant l'intervention

- Merci, dit Lanie. On va y aller

- Je reste ici, fit Castle

- Vous savez, c'est une opération qui va être très longue.

- Je reste ici. Je lui ai promis d'être toujours auprès d'elle. Je l'ai abandonné une fois. Ça ne se reproduira pas.

- Très bien. J'essaierai de vous tenir au courant à chaque changement.

- Quel changement ? demanda Castle

- A chaque changement de chirurgien.

- Pourquoi ? Vous êtes plusieurs ?

- Vous ne savez pas ?

- Savoir quoi ?

- Vu la difficulté de l'opération, et la durée, nous serons six à intervenir. Ainsi, il n'y aura pas d'interruption.

- Mais vous comptez l'opérer combien de temps ?

- Nous ne savons pas exactement… Je vais vous laisser. Je dois me reposer, car je suis le suivant

- Merci docteur, dit Lanie.

- Ayez confiance.

Il sortit de la salle.

Castle se leva, plia la lettre et la mit dans sa poche. Il plaqua ses mains contre la vitre et regarda la scène qui se déroulait devant lui. En fait, il ne voyait pas ce qu'il se passait. Il la fixait.

Il ne voyait qu'elle. Mis à part le tube qui sortait de sa bouche, elle était toujours aussi belle. Elle paraissait sereine, paisible. Il posa son front contre la vitre, comme s'il le posait contre le sien, et il ferma les yeux.

Lanie le regardait, ne sachant que faire.

La porte s'ouvrit.

Gates apparut.

- Lanie, comment ça se passe ?

- Ils viennent de commencer.

- Son père est au courant ?

- Je ne sais pas. Je vais l'appeler. Les gars sont au courant ?

- Oui, je leur ai dit. Ils passeront un peu plus tard. Et… dit-elle en montrant Castle

- Je pense qu'il ne nous entend pas. Il est figé contre cette vitre depuis un moment. Espérons que cette opération va marcher, sinon…

- On avisera le moment venu. Viens, on doit avertir son père.

Elles quittèrent la pièce, laissant Castle seul. Il ne les avait pas entendus. Il n'entendait plus ce qu'il se passait autour de lui. Il était avec elle.

Dans la pièce réservée pour les amis de Kate, Lanie et Gates furent rejointes par les gars. Puis le père de Beckett arriva. Suivi de Martha, Alexis et Max.

Lanie leur fit un résumé de la situation. Personne ne dit un mot. Martha et Alexis décidèrent d'aller voir Castle.

Quand elles entrèrent dans la salle d'observation, Castle était toujours dans la même position. Sa mère et sa fille l'appelèrent, mais il n'eut aucune réaction.

- Pourquoi le destin s'acharne-t-il sur elle ? demanda-t-il soudain. Après tout ce qu'elle a dû supporter, pourquoi encore ça ? Pourquoi n'a-t-elle pas droit au bonheur ? Pourquoi n'a-t-elle pas droit d'être heureuse ?

- Je ne sais pas mon chéri, dit Martha

- Elle a déjà tout perdu. Il faut aussi qu'elle y laisse sa vie ?

- Tu te fais du mal. Viens avec nous.

- Non. Je sortirais, quand elle sortira.

- Très bien

Elles retournèrent avec les autres. Pas besoin de poser de question, pour savoir qu'il ne les rejoindrait pas.

Huit heures plus tard, alors que le deuxième chirurgien allait être remplacé, l'anesthésiste demanda de tout arrêter.

- NON, cria Castle

Aussitôt tout le groupe le rejoignit.

Dans le bloc opératoire, les hommes s'agitaient, criaient à l'interphone. Des infirmières entrèrent avec des couvertures chauffantes. Beckett faisait une hypothermie. Sa température corporelle chutait dangereusement. Alors que tout se passait bien, elle tomba à 34°. Il fallait à tout prix la faire remonter pour poursuivre l'opération.

Les infirmières placèrent d'abord une, puis deux couvertures.

Tout doucement, par palier, la température remonta et se stabilisa.

Le troisième chirurgien entra, et l'intervention se poursuivit.

Le Dr Morris entra dans la pièce où ils étaient tous sauf Castle.

- Bonjour mesdames, messieurs

- Bonjour docteur.

- Comment va-t-elle ? demanda Jim

- Pour le moment, je dirai qu'elle va bien. Mais nous n'en sommes qu'au tout début.

- Commença au début ? Ça va faire 12H qu'elle est au bloc, demanda Ryan

- Le Dr Parisch pourra vous expliquer. Mais l'opération va durer encore un certain temps.

Je suis passée vous voir car nous allons faire une pause de 2H afin de permettre à Kate de respirer par elle-même et, par la même, voir comment elle va

- On pourra la voir ? demanda Esposito

- Non, Kate reste au bloc.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, assister à son réveil, mais le spectacle risque d'être pénible. D'ailleurs, si monsieur Castle…

- Inutile, docteur. C'est à peine s'il accepte un café.

- D'accord. Dr Parisch pourriez-vous rester auprès de lui pendant la durée du réveil de Kate ?

- J'y vais.

Une heure plus tard, l'anesthésiste s'approcha de Beckett et commença à lui parler. Puis il lui tapota une main. Tout doucement, elle commença à ouvrir les yeux, puis la panique s'empara d'elle. L'anesthésiste la rassura en lui demandant de respirer calmement par le nez, la bouche étant obstruée par l'intubation.

Ecoutant la voix apaisante du médecin, elle respira par le nez. Puis le médecin fit quelques tests pour vérifier si elle répondait à des ordres simples comme suivre un doigt avec les yeux.

A moitié comateuse, suite à la longue anesthésie, elle répondit tant bien que mal. Mais il estima que pour le moment, les réflexes étaient suffisants.

Dans la salle d'observation, Lanie avait rejoint Castle et lui avait expliqué ce qui allait se passer. Quand il la vit ouvrir les yeux, il tapa à la vitre. Mais aussitôt, un des hommes présents lui dit par l'interphone qu'il ne fallait pas que Kate bouge la tête. Heureusement, Beckett n'avait pas réagi.

Il la regardait, espérant qu'à un moment ou à un autre, elle bougerait les yeux vers lui. Mais pour le moment, les hommes de la salle lui parlaient, faisaient des signes. Et soudain, elle ne réagit plus du tout à ce qu'ils faisaient. En lui faisant suivre des yeux le doigt qu'il lui montrait, ceux-ci tombèrent sur Castle et ne bougèrent plus.

Castle s'en rendit compte. Il lui sourit tendrement et elle fit de même. Ils restèrent les yeux dans les yeux jusqu'à l'apparition du chirurgien suivant.

Quand il arriva, ses collègues lui expliquèrent ce qu'il venait de se passer. Connaissant l'histoire de la jeune femme, il comprit aussitôt, surtout quand il vit une larme coulée sur la joue de Beckett.

Il s'approcha d'elle et lui expliqua qu'ils allaient reprendre l'intervention. L'anesthésiste s'approcha et injecta le produit dans la perfusion. Ses yeux se refermèrent.

Castle se retourna vers Lanie avec un sourire timide

- Elle a souri, Lanie. Elle a souri

- J'ai vu Castle. Tu devrais venir te reposer. Tu as passé toute la nuit ici.

- Non, je ne veux pas l'abandonner.

- Viens au moins prendre un café, et une douche. Tu sais qu'elle ne voudrait pas te voir comme ça.

- Un café, et je reviens.

- D'accord.

Il sortit enfin de la salle d'observation, et accepta de prendre un café dans la pièce qui leur était réservée. Enfin, il réalisa que tout le monde était là. Il les regarda un à un. Ils avaient tous la mine défaite. Ils étaient rongés par le doute.

- Bonjour, Richard, dit Jim

- Bonjour.

- Ecoutez, il faut vous reposez. Ma Kathie ne voudrait pas que vous restiez comme ça. Elle aura besoin de vous pour récupérer, pour l'aider.

- Elle a souri, Jim. Quand ils l'ont réveillé, elle m'a regardé et elle a souri.

- C'est bon signe, alors. Ça prouve qu'elle réagit bien à l'opération.

- J'espère… Si seulement elle m'en avait parlé… Pourquoi elle ne m'a rien dit ?

- Richard, vous la connaissez. Même mieux que moi. Elle est têtue comme une mule. Et quand elle a décidé quelque chose, elle fonce. Je la comprends. Si j'avais été dans son cas, je n'aurai jamais pu le dire à Johanna. Elle vous aime, Richard. Elle ne voulait pas vous faire souffrir.

- Je sais. Je comprends. Mais c'est elle qui souffre. Et elle est toute seule pour se battre.

- Castle, tu devrais prendre une douche et te changer, dit Ryan

- Je ne veux pas partir.

- Je peux aller te chercher des affaires, dit sa fille. Il y a une douche ici

- Si tu veux. J'y retourne. Tu n'auras qu'à venir me chercher quand tu seras de retour.

Il retourna dans la salle d'observation.

Quand sa fille revint du loft, il accepta de se doucher et de se raser. Puis, il se remit à son poste.

12H plus tard, les chirurgiens firent une nouvelle pause. Beckett fut à nouveau réveillée. Ses réflexes étaient plus ou moins présents. Cette fois-ci, elle ne sourit pas. Elle était complètement assommée par l'anesthésie. Ses yeux étaient ouverts, mais c'est la seule chose qui prouvait qu'elle était éveillée.

L'intervention reprit. Castle fut rejoint par les autres. Ils s'installèrent sur les sièges, sauf Castle qui restait contre la vitre. Sauf pour boire un café, il ne s'éloignait pas. Au cours de la nuit, certains s'endormirent bercés par le « bip, bip » du monitoring cardiaque. Il n'y eut pas de problème durant les 12H.

Comme avant, on réveilla Beckett. Tout du moins, ils essayèrent mais ses yeux ne s'ouvrirent pas. Ils réussirent à lui faire serrer la main, mais ça s'arrêta là.

Et ils reprirent. Finalement, à part le problème d'hypothermie, l'intervention se passait bien. Le Dr Morris décida d'aller les voir

- Bonjour tout le monde, je viens juste vous annoncer que l'opération de Kate se passe bien. Même mieux qu'on pouvait l'espérer. Nous pensons avoir terminé dans la soirée

- Elle est sauvée ? demanda Jim

- Il faudra attendre son réveil pour en être sûr, mais on peut espérer.

- Merci docteur.

- Ce n'est rien. Nous n'avons fait que notre travail. Bon, je vous laisse.

Les douze heures suivantes leur parurent une éternité. Quand elles furent dépassées, chacun épiait les gestes du chirurgien, espérant voir un bandage arrivé.

Six heures plus tard, toute l'équipe de chirurgiens entraient dans le bloc. Le dernier venait de terminer.

Un homme entra dans la salle avec un brancard, le dossier relevé.

Le chirurgien lui retira l'appareil de trépanation qui lui tenait la tête droite. Il replaça les petits morceaux d'os qu'ils avaient retirés pour accéder à son cerveau. Puis deux infirmières s'avancèrent pour lui bander la tête, pendant qu'un des hommes la lui maintenait.

L'anesthésiste s'avança vers elle, et essaya de la réveiller. Elle réagit faiblement. Il lui retira le tube qui descendait dans sa trachée et machinalement, elle se remit à respirer normalement. Il vérifia ses constantes et au bout d'une quinzaine de minutes, indiqua qu'on pouvait la déplacer.

Délicatement, deux hommes la soulevèrent et vinrent la placer sur le brancard. Ils la recouvrirent. Puis l'homme, qui était entré avec le brancard, sortit du bloc opératoire avec Beckett.

Dix minutes plus tard, le docteur Morris entra dans leur pièce où ils étaient tous réunis.

- Voilà, nous avons fini.

- Comment va ma fille ? demanda Jim

- Il faut attendre son réveil, mais je dirais qu'elle devrait s'en sortir. Je ne peux pas vous dire si elle retrouvera la mémoire, mais, sauf problème inattendu, elle vivra.

- Merci, docteur, merci

- Elle va vivre ? demanda Castle

- Oui, monsieur Castle, elle va vivre

- Elle va vivre, murmura-t-il en sortant de la pièce

- Où il va ? demanda Ryan

- Il va revenir. Laisse-le récupérer, dit Lanie.

- On peut la voir ? demanda Jim

- On l'installe dans une chambre. Exceptionnellement, je vous laisse tous y aller, mais par la suite pas plus d'une ou deux personnes à la fois. Il faut qu'elle se repose.

Bien, je vous laisse. J'ai encore beaucoup de choses à faire.

- Encore merci, docteur, dit Jim

- C'est rien. Je suis content qu'on ait tous réussi. Maintenant tout dépend de Kate.

Il quitta la pièce.

Une demi-heure plus tard, une infirmière vint les chercher et les conduisit auprès de Beckett.

Ils se mirent en arc de cercle autour du lit. Jim s'avança et embrassa sa fille sur le front. Vingt minutes plus tard, ils sortaient.

Lanie trouva Castle devant l'entrée de l'hôpital.

- Castle, ça va ?

- Hm…

- Tu as compris ce que le docteur a dit ?

- Elle va s'en sortir… Lanie, elle va s'en sortir, cria-t-il en la soulevant dans ses bras

- Oui, Castle, elle va s'en sortir. Pose-moi, maintenant !

- Pardon.

- C'est pas grave… Tu peux aller la voir. Elle est dans la chambre 312

Lanie le laissa.

Castle entra dans l'hôpital et se dirigea lentement vers la chambre 312. Il pénétra à l'intérieur.

La pièce était plongée dans le noir. Seule une veilleuse était restait allumée. Une infirmière était à côté de Beckett. Elle relevait les constantes affichées sur les appareils qui étaient reliés à la jeune femme.

Il ne bougeait pas, ne faisait pas de bruit. Elle sursauta légèrement quand elle se retourna pour sortir.

- Oh ! Vous devez être monsieur Castle ?

- Oui.

- Bonsoir, ou bonjour. Vu l'heure. Je suis l'infirmière qui surveillera Kate cette nuit.

- Et, tout va bien ?

- Pour le moment, oui. Elle dort profondément.

Vous savez, je me suis déjà occupée d'elle, il y a deux ans. Je ne pensais pas la revoir ici.

- Ni moi, murmura-t-il

- Ne vous en faîtes pas ! Elle va s'en sortir. C'est une battante. Quand elle était dans le coma, avec toutes les fractures qu'elle avait, les médecins n'étaient pas du tout optimistes. Et elle s'est réveillée. Quand elle a découvert qu'elle était amnésique, ça a été dur. Mais elle a quand même tout fait pour s'en sortir. Et il y avait la rééducation. Là aussi, ça a été très dur. Heureusement, elle a été très entourée. Bien que la plupart du temps, elle somnolait quand il venait la voir, vu tout ce qu'elle avait enduré le matin.

Alors, évidemment, quand je prenais mon service, elle était réveillée.

- Vous ne travaillez que la nuit ?

- Oui, je préfère. Et finalement, c'est une bonne chose, car ainsi j'ai pu connaître Kate. On a sympathisé et quand j'avais fini la tournée de mes malades, je venais discuter avec elle et on mangeait des gaufres.

- Des gaufres ?

- Oui, c'est grâce à mes gaufres qu'on a fait connaissance. Vous savez, en ranimation, les repas sont… Enfin, bref, la nuit, elle avait faim. Et la première nuit où l'on a discuté, je lui en ai apporté une. Par la suite, c'est devenu comme un rituel.

Et quand elle a changé de service, j'ai continué à aller la voir

Bon… Je ne vais pas vous embêter plus longtemps… Mais vous savez, elle risque de dormir encore un moment, vous devriez aller vous reposer.

- J'aimerai rester avec elle.

- Vous pouvez. Sachez que je repasserai toutes les heures pour vérifier que tout va bien.

- Merci

- Vous n'avez pas à me remercier. A tout à l'heure.

Il s'approcha du lit. Il observa Beckett. Elle dormait paisiblement, les bras le long du corps. Elle avait un énorme bandage autour de la tête.

Il regarda autour de lui, prit un fauteuil et vint le placer à côté du lit. Il s'installa et prit une main de Kate dans les sienne.

Quand l'infirmière revint une heure plus tard, elle le trouva la tête posée sur le ventre de la jeune femme, lui tenant la main, endormi. Elle releva ses chiffres, et sortit sans faire un bruit.

Voilà deux jours que Beckett était sortie du bloc opératoire. Deux jours, et elle ne s'était toujours pas réveillée.

Le docteur Morris avait dit que c'était normal, vu la dose d'anesthésiant qu'elle avait reçu. Même Lanie l'avait dit.

Castle se préparait à passer sa troisième nuit sur le fauteuil quand l'infirmière arriva

- Vous devriez aller dormir dans votre lit.

- Je veux être là quand elle se réveillera

- Vous savez, avant qu'elle se réveille, les appareils nous avertiront. Si vous voulez, je vous appelle dès que je vois qu'il y a de l'activité au niveau du cerveau. Mais vous devriez aller vous reposer. Vous ne voulez pas qu'elle vous voit dans cet état !

- Promis. Vous m'appelez ?

- Je vous le promets. Je veille sur elle

- Entendu. Je reviens dans quelques heures.

Il était rentré à l'appartement de Beckett. Il s'était allongé et s'était endormi en serrant l'oreiller de la jeune femme dans ses bras.

Il se réveilla en sursaut à 6H du matin. Il bondit du lit, prit une douche et fonça à l'hôpital.

Alors qu'il sortait du taxi, son téléphone sonna. C'était l'infirmière. Beckett était en phase de réveil.

Il arriva dans la chambre. L'infirmière lui expliqua que l'électro-encéphalogramme montrait de l'activité au niveau du cerveau. Le docteur Morris était au chevet de Beckett.

La jeune femme s'agitait dans son sommeil, ses paupières bougeaient.

Castle avança et se plaça au côté du lit.

Le docteur attendait, vérifiait les appareils. Beckett s'agitait de plus en plus.

- Allez, Kate, n'ayez pas peur, dit le docteur. Vous pouvez vous réveillez. L'opération est terminée. Vous êtes dans votre lit.

- Kate, ouvre les yeux, murmura Castle. Fais le pour moi.

Elle s'agitait de plus en plus, portait ses mains à sa tête.

- Allez me chercher l'antalgique pour sa tête

- Elle a encore mal à la tête ? demanda Castle

- Vous savez, on est resté à l'intérieur de son cerveau pendant un bon moment. Donc, c'est normal. Mais ne vous inquiétez pas. La douleur n'a rien à voir avec ce qu'elle ressentait quand elle est arrivée.

L'infirmière administra le produit dans la perfusion. Dans les minutes qui suivirent, Beckett se calma.

Puis tout doucement, les mouvements de ses paupières s'arrêtèrent. Elle essayait d'ouvrir les yeux.

Au début, tout lui parut flou. Puis elle plissa les yeux, gênée par la lumière extérieure. L'infirmière baissa les stores.

Enfin, ses yeux s'ouvrirent. Elle regarda tout autour d'elle, examina la pièce où elle se trouvait. Puis elle dévisagea les personnes qui se trouvaient autour d'elle. Ils souriaient. Le docteur Morris s'approcha d'elle, lui prit la main.

- Kate ?

Elle tourna la tête vers lui

- Kate ?... Vous savez où vous êtes ?

- …

- Vous savez qui je suis ?

Elle le regardait en fronçant les sourcils, l'air perdu

- Kate ? Répondez-moi. Si vous avez du mal à parler, faites-moi un signe de la tête. Savez-vous où vous êtes ?

Elle le regarda de nouveau, et lentement, fit « non » de la tête.