Le docteur continua son interrogatoire. Mais Beckett ne semblait se souvenir de rien. Mais ne souffrait pas de la tête. Puis, il lui fit faire quelques mouvements. Mais là encore, elle avait des problèmes de coordination.

Il la rassura, en lui expliquant qu'elle venait de subir une lourde opération et qu'il fallait laisser le temps faire son œuvre.

Il l'emmena faire toute une batterie d'examens. Alors que Beckett subissait diverses radios, Castle reçut un message sur son téléphone. Il sortit son portable et fut surpris de voir l'expéditeur. C'était Beckett. Il ouvrit le message, le lut et fondit en larmes en regardant son écran sur lequel était écrit « Je t'aime ».

Lanie arriva. Elle venait tous les matins avant sa prise de service et revenait le soir quand elle avait terminé.

Quand elle découvrit la chambre vide et Castle effondré, elle s'approcha de lui.

- Qu'est-ce qui se passe, Castle ? Où est Kate ?

- …

- Castle ? demanda-t-elle, en s'approchant de lui

- Elle m'a envoyé ça, dit-il en lui montrant son téléphone

- Aujourd'hui ?

- Non, il date du jour de l'opération

- Oh, Castle…Et où est Kate ?

- Ils l'ont emmené pour des examens. Elle s'est réveillée

- Mais c'est merveilleux !

- Elle ne parle pas et… elle ne se souvient de rien

- Comment ça ?

- Elle ne sait pas où elle est, elle n'a pas reconnu le médecin…

- Laisse-lui du temps. Il faut que son cerveau cicatrise. Elle est où là ?

- Ils lui font faire des radios

- Ok. Allez viens. En attendant qu'il revienne, je te paye un café !

Deux heures plus tard, alors qu'ils attendaient dans la chambre, un brancardier ramena Kate, suivi par le docteur Morris

- Tout va bien. Tous les examens qu'on a réalisés montrent que l'opération est un succès.

- Mais alors, pourquoi…

- Ne vous inquiétez pas, monsieur Castle. La parole et ses mouvements devraient aller mieux d'ici peu. N'oubliez pas que son activité cérébrale a été arrêtée pendant plus de deux jours, et mise au repos jusqu'à son réveil. Donc, il lui faut un peu de temps pour se remettre en route.

- Et pour sa mémoire ?

- Pour ça, je ne peux rien vous promettre. On verra avec le temps.

Il quitta la chambre, les laissant avec Beckett. Elle les regardait, l'air toujours aussi perdu.

- Hey, Kate, comment tu te sens ? Ça va ?

Beckett acquiesça de la tête

- Tu me reconnais ? Je suis Lanie.

Beckett fit « non » de la tête

- C'est pas grave. Ne t'inquiète pas, ça va revenir

La journée passa. Entre sommeil et réveil.

Dans la soirée, le docteur Morris revint voir sa patiente.

- Bonsoir, Kate. Comment allez-vous ce soir ? Bien ? La tête ?

Elle le regarda, fronça les sourcils

- Va, murmura-t-elle

Castle se leva d'un bond. Le docteur lui fit signe de ne pas bouger

- Bien, Kate. Avez-vous mal à la tête ?

A nouveau, elle fronça les sourcils en le regardant

- Non.

- Parfait. Je vais vous laisser vous reposer. Je vous revois demain. Bonsoir, Kate

- Soir.

Castle s'approcha, s'installa dans son fauteuil et la regarda les yeux remplis de larmes. Elle le regardait. Elle ne comprenait pas pourquoi il était là, l'air triste et heureux à la fois. Une larme s'échappa des yeux de Castle. Instinctivement, elle essaya d'essuyer celle-ci, mais ces gestes n'étaient pas précis. Castle lui attrapa la main et la posa contre sa joue. A son contact, elle la retira aussitôt.

Dans la nuit, l'infirmière, comme d'habitude, vint la voir. Castle s'était endormi. En s'approchant, de la jeune femme, elle vit qu'elle était réveillée.

- A cette heure-ci, vous devriez dormir, chuchota-t-elle

- Faim… Articula-t-elle. Gauf

- Oh, on dirait que la mémoire revient. Je reviens.

L'infirmière sortit et réapparut avec une gaufre. En la voyant, Beckett fit un petit sourire. Elle aurait bien pris la gaufre, mais ses gestes étaient toujours désordonnés. Alors l'infirmière lui donna morceau par morceau, tout en lui parlant, lui posant des questions simples.

Castle se réveilla en entendant leur chuchotement, mais ne bougea pas. Il les regardait, content. Beckett répondait plus facilement aux questions de l'infirmière et souriait de temps en temps. L'infirmière, qui avait vu qu'il s'était réveillé, lui sourit, lui faisant comprendre que Kate allait bien.

Elles discutèrent encore un petit moment, puis le sommeil gagna la jeune femme.

Le lendemain, quand Castle revint de l'appartement après s'être douché et changé, il trouva Beckett habillée sur son lit. Elle portait un jogging, et elle était installée en position semi-assise sur le lit.

Un homme entra. C'était Roger, le kiné. Il salua Castle.

- Bonjour, Kate

- Bonjour.

- Je suis Roger. Je viens vous aider. On va essayer de refaire fonctionner tout ça, d'accord ?

- D'accord.

Elle ne faisait pas encore de phrases complètes, mais au moins la parole était revenue.

Tout d'abord, il l'aida à s'asseoir sur le bord du lit, les jambes pendantes. Il la maintint jusqu'à ce qu'elle garde l'équilibre. Quand elle tint toute seule, il essaya de la lever. Mais avec toutes ces journées, restée allongée, elle fut prise de vertiges. Voyant qu'elle allait tomber, Castle s'était précipité. Mais Roger le stoppa dans son élan. Il la fit se rasseoir sur le lit et attendit. Puis, il recommença.

Au bout de quelques essais, elle réussit enfin à faire quelques pas. Devant les félicitations de Roger, elle souriait. Il la fit marcher pendant une quinzaine de minutes, puis il l'installa dans un fauteuil. Il lui expliqua qu'il repasserait le lendemain matin, mais que si elle voulait se déplacer, il ne fallait surtout pas qu'elle le fasse seule. Elle acquiesça.

Elle resta dans le fauteuil, regardant le ciel par la fenêtre. Elle ne parlait pas. Castle s'était installé à côté d'elle il la regardait.

Quand elle commença à bouger, il se leva et se pencha vers elle.

- Kate, qu'est-ce qu'il se passe ? Tu veux quelque chose ?

- Dehors.

- Tu veux sortir ?

- Oui

- Attend, j'appelle une infirmière.

Quand l'infirmière arriva, Castle lui expliqua que Beckett voulait sortir. Elle ressortit et ramena un fauteuil roulant qu'elle plaça à côté de la jeune femme. Quand elle se baissa pour l'aider à s'installer dans le fauteuil, Kate refusa

- Non, dit-elle en regardant Castle, les larmes aux yeux. Marcher.

- Si vous voulez sortir mademoiselle Beckett, il faut le fauteuil

- Non, non, non

- Laissez, je vais l'aider, dit Castle

- Mais…

- Ecoutez, elle ne veut pas de votre fauteuil, et elle veut aller dehors. Alors, je l'accompagne. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas lui faire de mal et je ferai attention.

- Entendu.

Il l'aida à se lever et la maintint comme Roger l'avait fait. Tout doucement, ils avancèrent jusqu'à l'ascenseur et descendirent au rez-de-chaussée. En sortant de la cabine, Kate s'arrêta au bout de quelques pas. Elle n'arrivait plus à avancer. Alors, délicatement, Castle se baissa, passa un bras sous ses jambes et la prit dans ses bras. Arrivés dans le parc de l'hôpital, il l'installa sur un banc et prit place à côté d'elle.

- Merci, dit-elle.

- De rien, Kate.

Au bout d'un moment, il sentit la tête de Beckett tomber sur son épaule. Il souleva son bras et cala Kate contre son torse et la serra dans ses bras pendant qu'elle dormait.

Il soupira. Cela faisait des jours qu'il ne l'avait pas tenue contre lui. Même si elle ne lui parlait pas, même si elle ne se souvenait pas encore de lui, elle était en vie et c'était tout ce qui comptait pour lui. Même s'il la perdait définitivement, elle était vivante !

Ils restèrent ainsi une bonne partie de l'après-midi.

Quand elle se réveilla, il l'aida à se redresser. Puis ils se levèrent, et doucement retournèrent dans la chambre, et il l'installa dans le fauteuil.

Dans la soirée, le docteur Morris passa.

- Bonsoir, Kate. J'ai appris que vous êtes allée faire un petit tour dans le parc ?

- Oui. Le soleil

- Vous avez raison, ça ne peut que vous faire du bien. Mais attention de ne pas attraper froid.

- D'accord.

- Et il semblerait que la nuit, on mange des gaufres ?

- Qui vous dit ?

- L'infirmière. Elle note tout ce qui se passe.

- Pas punie ?

- Non, Kate. Elle ne risque rien. Sinon, elle ne l'aurait pas notée. Et puis, vous l'aviez déjà fait avant

- Oui, c'est vrai.

- Vous vous en rappelez ? demanda-t-il surpris par sa réponse

- Oui.

- C'était quand, Kate ?

- Y a longtemps. Elle gentille avec moi. On parlait la nuit.

- Oui, c'est ça ! Vous vous souvenez d'autre chose ?

- L'océan. Le soleil sur l'océan. Beau

- C'était où ? demanda-t-il alors que Castle la regardait surpris, des larmes dans les yeux

- Je sais pas. Mais j'étais bien là-bas

- Vous êtes seule devant l'océan ?

- Non. Y a homme. Mike, dit-elle en fronçant les sourcils

- C'est un ami ?

- Je sais pas. Il est gentil. On parle

- Et vous parlez de quoi ?

- Il veut faire sport. Puis il parle de Richard.

- Qui est-ce Richard ?

- Je sais pas. C'est flou. Mélange dans tête

- C'est bien Kate. On va arrêter pour aujourd'hui. Reposez-vous. Je passerai demain. Ah, j'ai failli oublier : le docteur Burke passera demain après-midi pour discuter avec vous.

- Il parle pas. Me fais parler.

- Vous le connaissez ?

- Oui. Mon psy.

- Bien. Allez à demain.

Quand il fut sorti, Castle le rejoignit

- Docteur, attendez

- Oui, monsieur Castle

- Vous pensez que sa mémoire revient ?

- Vous avez entendu comme moi. Elle se rappelle des gaufres, elle se rappelle son psy… Pour le reste, je ne sais pas

- On a passé une semaine dans les Hamptons et tous les matins, elle allait sur la plage

- Et Mike ?

- C'est un ami.

- Et je suppose que Richard…

- C'est moi.

- Restez optimiste monsieur Castle. La parole revient elle commence à faire des phrases. Elle marche, lentement, mais elle marche. Et la mémoire il faut attendre. Comme on dit : la nuit porte conseil.

Bonsoir monsieur Castle, à demain

- Bonsoir docteur

Pendant qu'il discutait avec le docteur, Beckett avait une visite

- Papa, Matha, bonsoir

- Kathie, tu me reconnais ? Tu nous reconnais ?

- Bien sûr ! Pourquoi ?

- Et tu parles ?

- Ça revient

- Où est Richard ? demanda Martha

- Qui ? demanda Beckett

- Richard, Kate. Il passa ses journées avec toi

- Oh, sorti avec docteur

- Tu ne savais pas que c'était Richard ?

- Non, il parle pas beaucoup. Mais aide.

- Oui, il tient beaucoup à être là pour toi… Ah, Richard, on se demandait où tu étais, dit-elle en voyant son fils entrer. Mais Kate nous l'a dit.

- Je voulais juste discuter un peu avec le médecin

- Et ? demanda Jim

- Il est content. Kate récupère bien et la mémoire semble revenir.

- Oui, on a vu ça. Elle nous a reconnu, dit Martha

- C'est toi, Richard ? demanda Beckett

- Oui. Mais tu peux m'appeler Rick si tu veux, dit-il en s'accroupissant devant elle

- Non, tu mens.

- Non, je t'assure. Mère ?

- Kate, il ne te ment pas. C'est mon fils, Richard.

- Non, pas vrai. Vous mentez. Mal à la tête

Castle appuya sur le bouton d'alarme

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda une infirmière

- Kate a mal à la tête, dit Castle

- Ah, tenez. Donnez-lui ça, ça va la soulager

- Merci.

L'infirmière sortit, suivie par Castle et Martha, laissant Kate avec son père. Ils s'installèrent dans la salle d'attente. Castle était anéantie.

- Je ne comprends pas pourquoi elle a réagi comme ça, dit Martha. Si elle nous a reconnu, elle doit bien savoir qu'on ne lui ment pas !

- Il faut lui laisser du temps, mère. Et puis ce n'est pas si grave, le principal, c'est qu'elle soit en vie. Le reste m'est égal.

- Arrête de dire des bêtises, tu veux. Tu ne peux pas vivre sans elle. Il faut qu'on arrive à lui faire comprendre !

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Lanie

Martha lui expliqua ce qui était arrivé. Kate avait reconnu son père, l'avait reconnu elle, mais ne reconnaissait pas Castle et refusait de croire ce qu'ils avaient dit. Lanie sourit.

- Tu trouves ça drôle ? demanda Castle

- Oui. Tu n'as pas compris pourquoi elle a réagi comme ça ?

- Non, mais toi tu vas me le dire !

- Réfléchit, c'est évident.

- Lanie ! Je suis un peu fatigué là. Alors si tu as une idée …

- Ok ! Calme-toi ! Comment elle t'appelle ?

- …

- Est-ce qu'elle t'a déjà, même une seule fois, appelé Richard, ou Rick ? Sauf pour te taquiner, ou peut-être dans votre intimité ?

- C'est vrai. Je n'y avais pas pensé.

Il fonça vers la chambre, entra et retourna s'accroupir devant Beckett

- Castle, je m'appelle Castle. Tu te souviens ?

- Castle ? Comme l'écrivain ?

- Oui ! C'est ça

- Que faites-vous là ? Arrêté !

- Arrêté ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Toi, prison

- Ah, oui. Tu m'as arrêté deux fois mais tu ne m'as pas mis en prison. On travaille ensemble.

- Pourquoi dire Richard ?

- C'est mon prénom. Mais tu m'as toujours appelé Castle. Tu te souviens ?

- Vous êtes dans ma tête, mais pas enquête

- Ne cherche pas trop, ça va te revenir

- Merci, Lanie, dit-il en se déplaçant vers elle

- De rien, Castle

- D'ailleurs, toi aussi tu m'appelles Castle. Tu ne voudrais pas m'appeler Richard ou Rick ? Depuis le temps !

- Peut-être ! Pourquoi pas, Rick !

Une heure plus tard, tout le monde était parti, sauf Castle. Après le repas, il l'aida à se déplacer jusque dans la salle d'eau pour qu'elle se change. Il lui ramena un shorty et un T-shirt. Elle le regarda. Il lui expliqua que c'est ce qu'elle mettait pour dormir. Il l'aida à retirer son pantalon, puis la laissa seule pour le reste, en lui disant bien que si elle avait besoin d'aide, elle devait l'appeler. Au bout de quelques minutes, elle tapa sur la porte. Il l'aida à marcher jusqu'à son lit. Quelques minutes plus tard, elle s'endormait.

Une heure plus tard, quand l'infirmière passa, Castle lui expliqua qu'il devait s'absenter. Il lui demanda de l'avertir s'il se passait quelque chose. Elle accepta.

Il se rendit à l'appartement de Beckett, puis au loft pour prendre des affaires de rechange pour plusieurs jours. Il ne voulait pas la quitter, aussi avait-il décidé de prendre ses douches dans la salle de bain de la chambre de Kate.

Il était de retour une heure plus tard.

Il s'installa à côté d'elle, dans son fauteuil et s'endormit.

Il fut réveillé vers 4H du matin. Kate s'agitait dans son sommeil. Elle se débattait, elle parlait. Il appuya sur le bouton d'alarme. L'infirmière apparut et resta avec eux un petit moment. Castle s'assit sur le bord du lit et lui prit la main. Il commença à lui parler doucement, à la rassurer. Puis il lui caressa la joue. Lentement, Beckett se détendit et son sommeil redevint calme.

A 7H heure, elle dormait encore. Castle décida de se changer, puis alla se chercher un café. Il arrivait à la chambre quand il aperçut le docteur Morris

- Bonjour monsieur Castle. Alors quoi de neuf aujourd'hui ?

- Kate a eu une nuit un peu agitée, mais elle s'est calmée. Et depuis elle dort.

- Sûrement rien de grave. Peut-être des souvenirs qui remontent à la surface.

- Sûrement. Et puis la journée a été quand même difficile. Entre la parole qui revient, la marche, le soleil…

- Oui, mais elle est forte. Vous savez, la première fois que je l'ai vu, j'ai tout de suite su que je ne pourrai pas faire comme je voulais. Comme je le faisais avec mes autres patients. Et quand elle avait décidé quelque chose, j'avais beau me battre pour la faire changer d'avis, il n'y avait rien à faire. Remarquez, dans un sens, elle a eu raison : elle remarche, elle travaille… je n'y croyais vraiment pas. Alors quand elle est venue me voir l'autre jour, je ne pouvais pas la laisser tomber. Elle s'était tellement battue pour s'en sortir, qu'elle méritait qu'on tente le tout pour le tout.

- C'est une vraie tête de mule !

- C'est vous qui l'avez dit ! Pas moi ! Allez venez, allons voir comment se porte ma patiente !

Quand ils entrèrent, ils s'aperçurent que la patiente n'allait pas bien du tout. Elle était agitée, le lit tremblait… Le médecin se précipita sur le bouton d'alarme. Une infirmière entra

- Amenez-moi le chariot d'urgence, vite. Monsieur Castle, j'ai besoin de votre aide. Maintenez-la, empêchez-là de bouger.

Castle, bien que paniqué, s'approcha et plaqua Beckett contre le lit. Malgré tout, le lit continuait à bouger. Car ses jambes remuaient elles aussi, elle se cambrait. Castle avait du mal à la maintenir, non seulement il ne voulait pas lui faire de mal, mais elle avait une force phénoménale.

- La tête, monsieur Castle, maintenez-lui la tête

L'infirmière arriva avec le chariot. Elle sortit une ampoule, remplit une seringue et la donna au docteur. Il injecta le produit dans la perfusion. Quelques minutes plus tard, le calme était revenu.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Castle

- Calmez-vous monsieur Castle, elle va bien

- Vous plaisantez ? Vous trouvez ça normal ?

- Elle a eu des convulsions. Ça peut arriver avec l'opération qu'elle a subie. Je pensais juste qu'elle les aurait plus tôt. Mais ce n'est rien d'inquiétant.

- Et maintenant ?

- Elle va dormir. Sûrement toute la matinée. Venez, allons prendre un café. Ça vous fera du bien

- Mais… fit-il en regardant Kate

- Elle dort et l'infirmière veille sur elle. On m'avertira aussitôt s'il y a le moindre problème.

Elle passa effectivement sa matinée à dormir. Il n'y eut pas d'autres épisodes de convulsions.

En début d'après-midi, elle émergeât. Tout doucement. Castle était face à la fenêtre, lui tournant le dos. Elle le regarda, les sourcils froncés. Elle s'assit au bord du lit.

- Hé, je peux savoir ce que tu comptes faire ?

- Je veux m'habiller.

- Attends, je t'aide

- Je peux le faire toute seule !

- Ben, voyons !

Il la conduisit jusqu'à la salle de bain. Il se replaça devant la fenêtre en attendant qu'elle sorte. Mais elle ne toqua pas cette fois. Elle sortit en se tenant à la porte, puis au mur. Le temps qu'il s'approche, elle était assise dans le fauteuil. Elle le regardait.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai faim

- Oh. On peut aller à la cafétéria, si tu veux ?

- On y mange bien ?

- Ça peut aller !

- Allons-y !

Elle se leva, il lui prit le bras. Ils s'installèrent à une table. Castle prit un plateau, le remplit et le déposa sur leur table.

- Tu comptes nourrir un régiment ?

- Non, mais je n'ai pas mangé moi non plus… Mais dis-moi, tu parles !

- Oui.

- C'est génial.

Ils mangèrent en silence. En fait, c'est Castle qui mangeait. Beckett le regardait, tendrement, en souriant. Puis, il releva la tête et découvrit qu'elle le fixait.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ? J'ai quelque chose sur le visage ?

- Non.

- Alors pourquoi tu me fixes ?

- C'est flippant, hein ? De se sentir observer

- Heu, oui… Hé, attends, fit-il en rapprochant d'elle. Répète ce que tu viens de dire !

- Je te disais que c'est flippant …

- Tu te souviens ?

- D'après toi ?

- Tu te souviens de quoi exactement ?

- Beaucoup de choses. Mais aussi de ça, dit-elle en se penchant et en l'embrassant tendrement.