Bonjour mes petits cobayes, voici le chapitre deux de cette fiction !

Etes-vous-allés voir Avengers ? Je suis sûre que oui, ou que c'est pour bientôt ! Dites-moi ce que vous en avez pensé ! =D

On se retrouve en bas !


Chapitre 2 : Inextricable.


La vague des soldats de Thanos déferlait sur New York, brisant les buildings comme autant d'allumettes.

Tony, agacé, accéléra le défilement des images.

Une armée de Hulks, sortie de nulle part, taillait en pièce l'armée ennemie.

Une armée de Hulks. Rien que le concept dépassait l'entendement.

Il fit un arrêt sur image, dévisageant l'une des douze créatures vertes qui assiégeaient un complexe cinématographique pour le libérer du joug de l'envahisseur.

Il ordonna à Jarvis une reconnaissance faciale et le résultat ne le surprit pas : 100 % de compatibilité avec le Hulk, l'original, la partie schizophrène de ce bon vieux Bruce.

Tony se laissa tomber dans son fauteuil, le visage agité de tics nerveux.

Il avait mené sa petite enquête. Après vérification, le Hulk original ne faisait pas partie de cette troupe, et n'était même pas présent lors de l'attaque.

Mais d'où sortaient ces clones providentiels, tombés du ciel pour chasser l'ennemi et évaporés en un rien de temps ? A peine l'attaque conclue, ils avaient disparu, purement et simplement. Impossible de remettre la main sur un seul d'entre eux.

Tony effleura l'hologramme qui projetait la vidéo pour capturer le visage d'une créature. Il emmena le rectangle immatériel un peu plus loin, en plein centre d'une fresque holographique qui occupait un quart de l'atelier.

Loki, les pirates, Thanos, le sceptre, les chitauris, l'armée de Hulk, un champ de lavande, une pièce de jeu d'échec, les pirates… Tout était lié, il en était sûr. La réponse devait se trouver quelque part ici… Tous les évènements majeurs, toutes les bribes d'informations étaient rassemblés là, sous forme de photos, de vidéos, d'articles de journaux et de modélisations tridimensionnelles. Des fils holographiques rouges, luisaient dans l'obscurité de l'atelier, reliaient les différentes données entre elles pour former une toile d'araignée gigantesque.

L'ingénieur quitta le tabouret sur lequel il avait élu domicile et entreprit de faire le tour de sa construction.

Une multitude d'informations envahissait son cerveau, sans qu'il n'arrive à en déterminer le dénominateur commun.

Il rassembla chaque parcelle de sa volonté, sa concentration tournée vers un unique objectif : comprendre.

Les réponses étaient là, quelque part dans sa boîte crânienne… Il avait vécu ceci, il avait vécu des choses, il détenait les réponses…

Un violent mal de crâne interrompit sa profonde réflexion, faisant voler en éclat les morceaux du puzzle difficilement assemblés.

Son poing s'écrasa sur la table la plus proche, tremblant.

La frustration atteignait son paroxysme, une fois de plus.

Il se sentait comme un verre prêt à déborder, à éclater. La tension, la fatigue accumulée rongeait sa conscience, teintant la réalité des couleurs douceâtres de la mélancolie.

Il en aurait pleuré.

L'irruption de Steve Rogers dans la pièce l'empêcha de s'effondrer. Il serra la mâchoire, agacé d'être dérangé dans un tel moment de faiblesse.

Steve avança prudemment au cœur de l'atelier, ses yeux caressant avec un mélange de surprise et de désolation la toile d'informations qui flottait dans les airs.

- Tony… On pourrait discuter ?

Il s'adossa nonchalamment à la table, les bras croisés sur ce fameux tee-shirt blanc qui lui valait de nombreuses admiratrices hystériques.

- J'ai rien à dire, rétorqua Tony, les dents crispées.

- Je m'inquiète pour toi. On s'inquiète pour toi. On…

- Tu sais ce que c'est, Captain, le comble de la frustration ? Savoir que tu détiens quelque chose, et ne pas parvenir à mettre la main dessus, peu importe le temps que tu passes à essayer. Dans ta maison, il y a cet objet, tu le sais, tu en es certain, il ne peut pas être ailleurs. Il te le faut. Et tu retournes chaque pièce, chaque centimètre carré, tu arraches le papier-peint, le carrelage, tu fais abattre les cloisons, tu fouilles chaque meuble, chaque recoin… En vain. Et pourtant, il est là, quelque part, forcément…

La tirade déstabilisa le super soldat. Il y avait tellement de désespoir dans le ton pourtant froid et contenu de son ami…

- Vous pensez que je suis fou, je le vois bien à la manière dont vous me traitez. Toi, Nat, les autres… Pour vous j'ai toujours été un peu taré, un peu différent, mais là c'est pire. Mon obsession a pris une nouvelle forme, et vous êtes persuadés que je perds les pédales… Mais j'ai raison nom de dieu, s'emporta-t-il, frappant de nouveau la table de son poing.

Le gantelet de Mark 32 vola vers son propriétaire et s'absorba sur sa peau, la recouvrant des plaques d'armures or et rouge. Le geste brusque de l'ingénieur l'avait activé, et Tony se perdit dans la contemplation des pièces de métal. Depuis combien de temps n'avait-il pas touché à une armure ? Depuis combien de temps n'était-il plus l'iron-man, mais juste Tony Stark, rongé par l'incompréhension, le doute et l'obsession ?

- Je pense vraiment qu'on devrait parler, Tony.

L'air désolé, presque empreint de pitié du si parfait symbole de la nation acheva de fusiller le moral de Tony. D'un geste, il appela le reste de l'armure Mark 32 qui vola à travers la pièce pour venir se fixer sur son corps.

- Tu penses trop. Je me casse.

Sous le regard désabusé de son collègue, il activa les rétropulseurs et un ensemble de sas s'entrouvrirent pour lui créer un passage jusqu'à l'air frais du soir.


La file de badauds qui s'étendait devant L'établissement L'Érable aurait découragé n'importe quel individu doté de bon sens. La renommée de ce club justifiait cette forte affluence à la nuit tombée.

Un ronronnement sonore attira les regards et les expressions de surprises fusèrent, alors qu'Iron man atterrissait en toute élégance face aux deux gorilles qui protégeaient l'entrée du sanctuaire de la nuit.

- Monsieur Stark. Ravi de vous compter parmi nous ce soir, affirma l'un des videurs, s'écartant pour le laisser entrer.

Tony le gratifia d'un hochement de tête, ignorant la foule attroupée, électrisée par l'arrivée du milliardaire et encore plus désireuse de pouvoir rejoindre l'élite du club.

L'armure se désassembla alors que Tony traversait les vestiaires, pour aller gentiment se ranger dans le bureau du directeur des lieux. L'arrangement avait été convenu ainsi : c'était le prix à payer pour avoir le célèbre Tony Stark dans son établissement.

L'ingénieur traversa le hall au radar. Il connaissait l'endroit par cœur.

Une musique sourde pulsait depuis les salles attenantes baignées dans la pénombre.

Tony aurait pu trouver le chemin du bar les yeux fermés.

La boîte de nuit était déjà pleine à craquer. Des grappes de jeunes gens de bonne famille s'entassaient sur une piste de danse tournante et surélevée.

Le propriétaire des lieux, Canadien, avait rendu hommage à son pays à travers la décoration de la salle.

Sur le mur Est, blanc comme neige, s'étalait une immense feuille d'érable constituée de milliers de perles rouges assemblées.

Derrière le bar en bois blanc se trouvait une collection de photos du lac Moraine.

Mais ce n'était pas pour l'excellente poutine servie tard dans la nuit par le personnel que Tony Stark se réfugiait ici.

Il se laissa choir sur un tabouret face au bar, et une jeune femme aux dents étincelantes lui apporta une bouteille de Cognac sans qu'il n'ait besoin de formuler la moindre demande.

Il enchaîna rapidement deux verres, avant de déguster le troisième plus lentement.

L'un des avantages principaux de cet endroit demeurait la clientèle.

La sélection était drastique à l'entrée.

Un demi-tour sur son tabouret apprit à Tony Stark que du beau monde était là ce soir. Il reconnut quelques hommes politiques, deux animateurs de la télévision, deux actrices, un économiste et même…

Deux super-héros.

Il était très appréciable pour lui d'être entouré de ces gens : ils lui garantissaient une paix relative. Ici, il n'était qu'un visage connu parmi d'autres, et n'avait pas à subir les assauts d'une foule en délire. Disons, moins que d'ordinaire.

Non pas que l'admiration générale soit réellement déplaisante…

« Mais parfois, j'aime juste qu'on me foute la paix », songea-t-il, en repensant à Steve et son approche peu subtile plus tôt dans la soirée.

Affalés sur des canapés en cuir non loin, il avait reconnu Wade Wilson et son ami Nathan Summers Les deux hommes, occupés à empiler des verres pour construire un château en équilibre pécaïre sur une table en pin massif, lui adressèrent un vague signe de la main. Il était toujours étrange de voir Deadpool et Cable en vêtements civils. Le mercenaire, en plus de son tee-shirt geek et de son jean, avait néanmoins conservé son masque rouge et noir.

Tony renifla avec mépris.

Il n'aimait pas Wade. Le mercenaire, dépourvu de sens moral et complètement dément, avait en outre le mauvais goût d'être immortel. Un ennemi pénible, un allié instable, rongé par une folie difficilement supportable.

Tony eut un petit rire amer.

Les autres commençaient à le voir de cette façon-là, lui aussi. Bientôt, ses propres amis l'emmèneraient de force à l'asile, ce n'était plus qu'une question de temps…

Une femme en robe verte vint tenter sa chance, posant une main amicale sur son épaule.

Il ne supportait plus cette couleur.

« J'en suis réellement à ce point ? » songea-t-il, effaré, alors que la demoiselle vexée s'éloignait suite à une remarque cinglante.

Il rumina ces sombres présages de longues heures, accompagné seulement des regards discrets et curieux et de ses bouteilles de Cognac.


- Ta-dam !

Cable considéra un instant l'animal qui évoluait lentement sur la table, zigzagant entre les piles de verres.

Mais où diable Wade avait-il déniché une tortue ? Et pourquoi donc lui avait-il scotché deux couteaux sur le dos ?

- C'est une tortue Ninja ! Une tortue-ninja, Nathan, tu comprends ?

Ravi de sa boutade, Wade partit d'un grand éclat de rire, ignorant l'effarement de son compagnon.

Redevenant sérieux, il fit mine d'essuyer une larme au coin de son masque, et souleva légèrement le tissu pour aspirer une gorgée de tequila à l'aide d'une paille colorée.

- Ca faisait longtemps, grogna Nathan, à qui les frasques de son ami avaient manqué.

- J'avais un contrat !

- Qui ?

- Ahah, rétorqua Wade sur le ton de la manigance. Secret défense. En tout cas, je n'étais pas seul sur le coup. J'ai failli réussir…

Ses yeux effleurèrent Tony Stark, toujours affalé sur le bar, à moitié inconscient.

« Et toi mon pote, tu dois le chercher aussi, n'est-ce pas ? Si tu savais ce que je lui ai mis la semaine dernière, t'en penserais quoi ? »

- Allez, raconte, insista Nathan.

- Si je te le dis, tu viens danser !

L'intéressé soupira de tout son cœur. Deadpool marchait toujours au chantage, et lui qui détestait danser… Cela dit, il avait suffisamment consommé d'alcool pour que la proposition soit envisageable.

- Vendu.

- Allez, voici mon indice : j'ai un casque à corne et une très grosse lance.

- Tu es vulgaire, Wade…

- Une vraie lance, espèce d'obsédé !

Les yeux de Cable s'étrécirent alors que l'information parcourait ses synapses.

- Loki d'Asgard ? murmura-t-il, et le sourire diabolique du mercenaire lui confirma le fait. Effectivement, t'es loin d'être le seul sur le coup…

- Et j'y retourne dès demain, j'ai une nouvelle piste ! En attendant, bouge-moi ce corps, conclut-il en attirant l'autre vers la piste de danse.


- On devrait peut-être lui en parler…

Steve chassa la remarque d'un geste de la main.

- Ordre de Nick Fury. Il est persuadé qu'on ne peut plus faire confiance à Tony, et je ne suis pas loin de partager cet avis…

Natasha soupira. La situation, inextricable, était vouée à se dégrader.

- Réfléchis-y. Si on lui parle de l'hôtel des Quatre vents, peut-être que la mémoire lui reviendra… Et avec ça, on récupérera un Tony Stark normal, et pas à moitié fou.

- C'est un ordre, Nat. Le SHIELD envisage même la possibilité que Loki ait ramené ici son prisonnier après lui avoir lavé le cerveau. Si ça se trouve, il est de l'autre côté maintenant, il espionne peut-être même pour le compte du Jotun…

Natasha se replongea dans sa tasse de thé.

Inextricable, c'était le mot.


Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu ! Profitez-bien de ce long week end,

La bise,

Laukaz.