Bonjour à tous !
Le temps passe beaucoup trop vite, mes excuses. Voici le chapitre 9.
Merci à birgitte26 et Meranath pour vos commentaires .
Bonne lecture !
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Chapitre 9
2 mars 2002
Monsieur Potter,
Vous êtes invités ce quatre mars 2002 à prendre le thé en compagnie de Narcissa Malefoy.
Moyen de transport préconisé : cheminée
Mot de passe : Manoir Malefoy
Twinky vous accueillera et vous guidera.
Tinky, représentante de Narcissa Malefoy.
Harry bondit de son fauteuil et courut vers sa cheminée pour appeler Hermione en catastrophe. Il n'avait absolument rien à se mettre.
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3 mars 2002
- Ta mère fait souvent écrire ses missives par ses elfes de maison ?
- Oui. Les seuls courriers qu'elle écrit sont pour sa famille.
- Charmant.
Drago et Harry se baladaient le long de la Tamise et papotaient joyeusement de tout et de rien. La crise de panique passée et la tenue achetée, Harry s'était détendu et avait donné rendez-vous à Drago la veille de sa rencontre avec Narcissa Malefoy pour savoir à quoi s'attendre.
- Sais-tu pourquoi elle veut me voir ?
- Aucune idée. Peut-être parce que je lui parle beaucoup de toi.
Harry lui fit un sourire resplendissant. Il s'était habitué aux sous-entendus et compliments de Drago.
- Tu as une tenue décente pour aller là-bas ?
- Bien sûr ! s'insurgea Harry. Pour qui tu me prends ?
- Pour quelqu'un qui se fiche complètement de son apparence.
Harry allait ouvrir la bouche pour nier mais se ravisa. Effectivement, il s'en fichait éperdument.
Il se découvrait peu à peu avec Drago. Sa personnalité se dessinait doucement.
- On rentre ? J'ai froid.
Drago hocha la tête. Il se trouvèrent un coin désert et transplanèrent directement dans la maison de Harry. Cette maison était devenue leur point de ralliement. Drago avait fini par craquer et avait visité absolument tous les recoins de la maison.
Puis, il avait amené quelques outils pour refaire un peu la cuisine. Puis les peintures de la salle à manger. Puis la salle de bain de Harry.
Un jour, Drago était arrivé avec un carton rempli d'objets qui teintaient. Harry n'en avait pas vu le contenu mais, trois jours plus tard, de magnifiques lustres en fer forgé estampillés Black décoraient tous les plafonds de la maison et trois autres têtes d'elfes avaient disparu.
Quand Harry avait questionné Kreattur, celui-ci lui avait encore répondu « Monsieur Malefoy tient son accord, maître Harry ». Il avait donc posé la question à Drago.
« Ton elfe est un excellent négociant, mais moi aussi » avait été tout ce que Harry avait pu lui tirer.
Ils retirèrent leurs manteau moldus et les accrochèrent à la patère de l'entrée. Sur la pointe des pieds –il restait six têtes d'elfes et Walburga – ils se rendirent dans leur salon. Oui, leur salon. Harry s'était fait à l'idée depuis quelques semaines. Après trois séances chez son thérapeute et de longues discussions avec Hermione et Ron.
Drago avait pris beaucoup de place dans sa vie ces derniers mois. Ils se voyaient au moins deux fois par semaine et toutes les excuses étaient bonnes. Drago avait entamé des travaux dans plusieurs pièces sans demander l'avis de Harry qui se retrouvait régulièrement avec lui dans sa maison les weekends. Et Harry prétextait quelque chose à lui dire ou à lui montrer pour qu'ils puissent déjeuner certains midis ensemble. Malgré la drague flagrante de Drago, leur relation était restée platonique mais Harry en avait assez d'attendre.
Assez d'attendre que sa tête accepte sa situation. Salamèche voulait Drago, c'était suffisant non ?
Ils s'installèrent confortablement et prirent une tasse de thé apportée par Kreattur. Le silence s'installa et Harry ferma les yeux, profitant de l'instant.
- Pourquoi tu ne bois pas d'alcool ?
La question le fit rouvrir brusquement les paupières. Son regard se posa sur Drago qui avait les sourcils froncés. La gêne se lisait dans ses yeux mais il avait un air déterminé qui disait à Harry qu'il ne pourrait pas se défiler.
Il se tortilla sur son fauteuil, mal à l'aise.
- Parce que je suis alcoolique.
Il avait pensé mettre les formes mais la réponse s'était échappée de ses lèvres sans son autorisation.
Il avait remarqué ça, dans sa personnalité. Il était franc.
- Si tu étais alcoolique, tu boirais encore.
- Un alcoolique le reste toute sa vie, même lorsqu'il a arrêté de boire.
Harry posa sa tasse de thé et se leva. Il tourna le dos à Malefoy. La vérité avait éclaté. Il n'était pas parfait. Et malade.
- Pourquoi tu ne manges pas ?
Harry glissa ses mains sur son visage et se frotta les yeux.
- Parce que je n'ai pas faim.
- Depuis combien de temps tu n'as plus faim ?
- Depuis bientôt quatre ans.
- Pourquoi tu ne me regardes pas ?
- Parce que je ne suis pas parfait. Parce que je ne suis pas le putain de héros parfait décrit dans les journaux et que tu ne vas plus vouloir de moi maintenant que tu sais.
Il entendit un froissement de tissus mais ne se retourna pas. Une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter.
Ses rêves venaient de s'écrouler. Lui qui s'était décidé à faire un pas vers Drago pour faire évoluer leur relation avait été stoppé net dans sa course. Il serait comme tous les autres, déçu de se rendre compte que Harry n'était pas Harry Potter mais juste lui, Harry. Avec ses pots cassés, ses cadavres dans les tiroirs et du sang sur la conscience et ses mains.
Il savait que Drago perdrait patience et lui poserait toutes ces questions. Mais Harry aurait préféré qu'il attende encore un peu. Mais attendre quoi ? Leur mise en couple ? Leur mariage ? Leur premier baiser ? Était-ce vraiment ça qu'il voulait ? Une relation avec Drago basée sur le mensonge ? Une relation où Harry aurait fait comme si tout allait bien ? Où Drago aurait fait semblant de ne pas voir ses sautes d'humeur, ses crises de panique et ses côtes trop voyantes ?
Une odeur de rose l'enveloppa et il sentit une main chaude caresser sa joue. Il rouvrit des yeux qu'il n'avait pas eu conscience de fermer et tomba dans le gris cerclé de bleu de Drago.
- Je ne veux pas du héros, Harry. Je te veux toi.
Les larmes lui montèrent aux yeux.
- Mais je ne sais pas qui je suis…
- Alors laisse-moi t'accompagner dans ta quête de toi-même.
Sans qu'il ne s'en rende compte, les lèvres de Drago se posèrent tout contre les siennes et une main chaude entoura sa taille, la seconde toujours sur sa joue. Le baiser fut chaste mais doux. Des papillons prirent leur envol dans l'estomac de Harry.
Le baiser se termina trop vite et il sentit Drago reculer.
- Prends ça comme une proposition. Non, comme une promesse. Fais-moi savoir ce que tu veux de moi Harry, et je le serai.
Il vit Drago se reculer encore puis il sortir de sa vision. Il passa sa langue sur ses lèvres, se rappelant la sensation du baiser. Chaud, doux, et mouillé. Il regarda ses doigts. Une perle transparente s'y était posée. Il pleurait. Drago Malefoy l'avait embrassé et il pleurait.
Il pleurait parce qu'il était la première personne à le vouloir lui, Harry.
Au final, il ne savait même pas ce qui l'attendait le lendemain avec Narcissa Malefoy.
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4 mars 2002
Comme promis dans la missive, Harry se fit escorter au petit salon de l'aile ouest par une elfe de maison prénommée Tinky.
À son grand soulagement, ils ne passèrent pas par les pièces où Hermione avait été torturée et où ils avaient été enfermés. Il ne s'en serait sûrement pas remis.
Le salon dans lequel il entra était lumineux, fait de couleurs reflétant le soleil. L'écru et différentes nuances de brun prédominaient dans la pièce, laissant une douce sensation de chaleur sur la peau.
Les canapés crème donnaient envie de se prélasser dessus avec un livre de la bibliothèque qui tapissait l'un des murs.
Narcissa Malefoy l'attendait, debout devant la fenêtre inondée par le soleil de fin d'après-midi. Vêtue d'une longue robe printanière de la même couleur écrue que la pièce, elle faisait cinq ans de moins que son âge. Pour la première fois, Harry la trouva belle.
Ses traits étaient plus détendus qu'auparavant, ses cheveux étaient relâchés et bouclaient naturellement. Adieu les cheveux lisses des Malefoy, bonjour la coupe bouclée des Black.
- Monsieur Potter, bienvenue au Manoir. Installez-vous je vous prie.
Harry s'assit du bout des fesses sur l'un des canapés en la remerciant.
Il attendit qu'elle ait servi le thé qui était déjà posé entre eux. Il observa ses mains s'activer et se rendit compte que Drago avait les mêmes. Fines, lisses et soignées.
Drago. Il s'était refusé à y penser aujourd'hui et ce n'était toujours pas le moment. Chaque problème en son temps. Numéro un : savoir ce que Narcissa Malefoy lui voulait.
Il regarda la femme s'installer et boire une gorgée de thé. Il en fit de même et attendit.
- Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous ai invité à prendre le thé, Monsieur Potter.
Ce n'était pas une question, donc Harry ne répondit pas.
Elle reprit.
- Mon fils est toute ma vie, vous savez. Mon mari sans âme, plus rien ne m'empêche de le choyer et le protéger comme j'aurais aimé le faire durant sa plus tendre enfance. Hélas, pour Lucius et également pour ma famille, élever un enfant dans l'amour et la tendresse maternelle ne l'aurait rendu que faible et ignare, incapable d'être fort et intelligent comme un homme de bonne famille se doit.
Les doigts de Harry se crispèrent sur sa tasse. Il but une gorgée de thé pour se donner contenance. Délicieux, ce thé d'ailleurs.
- Seul l'amour paternel compte. Nous sommes dans une coutume patriarcale, après tout. L'éducation de mon fils a été façonnée pour qu'il ne voie que son père et surtout, à travers son père. Pour qu'il pense la même chose, dise la même chose, fasse les mêmes gestes que son père. C'est ainsi dans cette famille. Même si Lucius était bien moins cruel que son propre père. Mon beau-père aimait particulièrement les sévices corporels en terme de punition. Ce que Lucius – merci Merlin – a refusé de reproduire sur son propre fils. Mais je m'égare.
Son regard se porta sur la fenêtre par laquelle on voyait le soleil décliner ainsi qu'une roseraie qui avait l'air magnifique.
- Lorsque Drago a enfin ouvert son magasin après trois ans de lutte contre le Ministère, j'ai été la maman la plus fière du monde. Mon fils prenait son envol. Surtout, il faisait ce qu'il voulait faire, ce pour quoi il était bon. Son père disparu, il était libre. Bien sûr, il a de la peine, Lucius était un père aimant à sa manière. Mais sa condamnation a été la meilleure chose qui soit arrivée dans la vie de Drago.
Elle le regarda soudain et Harry lui rendit son regard, choqué. Comment une mère pouvait-elle dire ça du père de son propre fils ? Les mots étaient durs pour Harry, lui qui aurait donné n'importe quoi pour connaitre un membre de sa famille, même s'il avait été dérangé. Bon, peut-être pas si ça avait été Bellatrix Lestrange.
- Depuis quelques mois, mon fils est lumineux. Il a retrouvé le sourire, me fait des blagues de mauvais goûts comme lorsqu'il était enfant. Il m'a enlacée, m'a dit qu'il m'aimait.
Harry détourna les yeux en voyant les yeux de Narcissa Malefoy devenir humides. Il en profita pour finir son thé.
- Vous avez redonné le goût de vivre à mon Drago, Monsieur Potter, je vous en serai éternellement reconnaissante.
Harry n'osa pas ouvrir la bouche et répliquer que, non, il n'avait rien fait. C'était plutôt Drago qui illuminait ses journées, pas l'inverse.
Un long silence s'étira. Harry laissa le temps à son hôtesse de se reprendre. Il entama un mouvement pour prendre congés mais Madame Malefoy l'interrompit.
- Vous savez, Monsieur Potter, qu'une dette de vie est très difficile à rendre.
Harry déglutit. Le geste de protection que Narcissa Malefoy envers lui dans cette forêt avait créé cette dette de vie. Même si son intention était égoïste : sauver son propre fils. Hermione lui avait expliqué les implications que cela avait et il n'en avait pas été ravi du tout.
Narcissa Malefoy pouvait lui demander n'importe quel service pendant toute sa vie et Harry ne pourrait pas refuser. Comme un contrat magique ou un Serment Inviolable. Et le pire était que ça se transmettait de génération en génération si la dette n'était pas remboursée.
- Votre dette est remboursée.
- Pardon ?
Harry la regarda, éberlué. Mais il n'avait rien fait !
- Votre dette est remboursée, répéta-t-elle. Vous m'avez offert le meilleur des cadeaux en respectant mon fils, en lui amenant des clients et, surtout, en lui redonnant sa joie de vivre. Vous ne devez plus rien à cette famille.
Un souffle frais passa sur sa peau et la sensation d'un poids se retirant sur son cœur le fit grimacer. Alors, c'était aussi simple que ça ? Pas d'incantation, pas de sort, juste des mots ?
Narcissa dut voir sa surprise sur son visage.
- Pour annuler une dette de vie Monsieur Potter, il faut soit un geste héroïque, soit un contrat de remboursement en bonne et due forme rempli, soit des mots sincères. Et les miens sont les plus sincères. Merci Monsieur Potter.
Tinky apparut soudain à côté de lui et il se laissa escorter à travers le Manoir jusqu'à la cheminée par laquelle il était apparu.
Arrivé chez lui, dans un état second, il s'affala sur son canapé et réfléchit à ce qui venait de se passer.
Sa dette de vie avait été remboursée car Narcissa Malefoy pensait qu'il avait rendu son bonheur de vivre à Drago Malefoy. Mais, c'était plutôt l'inverse. Drago lui tenait la main au quotidien, c'est lui qui aidait Harry à trouver son chemin dans les méandres de son esprit disloqué.
« Fais-moi savoir ce que tu veux de moi Harry, et je le serai. »
Tout. Harry voulait qu'il soit tout. Son confident, sa boussole, son amant, sa canne, son ami, sa vie.
La pendule de la bibliothèque sonna : 18 h. Il n'était pas trop tard.
Harry bondit de son canapé, prit sa cape et transplana vers le Chemin de Traverse.
Arrivé sur les lieux, il marcha lentement mais sûrement vers le magasin de Drago. Il ne fit pas attention aux personnes qui le saluaient ou qui tentaient de l'approcher. Il avait un objectif et ne voulait pas le perdre ou fuir comme un lâche s'il se laissait distraire.
Il poussa la porte du magasin. Le bruit d'une scie circulaire moldue le dirigea vers l'arrière-boutique. L'endroit était encombré d'objets en tout genre, de plaques de bois et de tubes en acier ainsi que de beaucoup de machines moldues et sorcières. Il aperçut l'établi de découpe d'ingrédients miniature remis à neuf sur une étagère et sourit.
L'air état saturé de sciure de bois. Drago était penché sur une immense pièce et s'appliquait à la découper avec sa scie. Sa chemise rose était devenue beige et ses cheveux étaient parsemés de morceaux de bois.
Harry toussa, gêné par les particules en suspension dans l'air. Drago se retourna brusquement et arrêta la scie.
- Harry ! Tu m'as fait peur ! Que fais-tu là ?
Le concerné s'avança prudemment dans ce fouillis organisé et s'arrêta à quelques centimètres de Drago. Ce dernier avait les manches retroussées et Harry passa un doigt sur la marque des Ténèbres plus pâle que trois ans auparavant mais toujours présente. Des frissons parcoururent le bras de Drago et il essaya de le retirer mais Harry l'empoigna.
Il glissa sa main sur la joue pâle, avec tendresse et plongea dans ces yeux si gris et si expressifs.
- Je veux que tu sois tout, murmura-t-il en posant son front contre celui de Drago.
Il baissa les yeux sur ses lèvres puis les embrassa doucement. Un bras se posa sur sa taille et resserra sa prise sur son corps.
Lorsque la langue de Drago demanda l'accès à sa bouche, il poussa un soupir tremblant. C'était ça le paradis ?
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14 mars 2002
Monsieur Potter,
Votre demande de projet a bien été prise en compte par le Ministère des Aides Sociales. Votre dossier a été transmis aux instances compétentes. Une réponse vous sera transmise dans les prochains jours.
Bien Cordialement,
Pansy PARKINSON
Représentante du Département des Aides Sociales.
Harry froissa le courrier impersonnel et inutile du Ministère. En voyant arriver le hibou ministériel, Harry avait pensé avoir une réponse plus… moins… Une réponse ! Et tout ce qu'il avait, c'était ça : une notification comme quoi on avait bien eu son dossier. Cela voulait tout dire et rien dire à la fois.
Est-ce qu'on allait vraiment étudier sa proposition d'orphelinat ? Qu'étaient ces instances officielles ? Quelles étaient leurs réactions ? Pourquoi est-ce que ça n'avançait pas plus vite ?
Un hibou s'engouffra par la fenêtre ouverte, laissa tomber un parchemin aux pieds de Harry et repartit aussi vite qu'il était arrivé.
Potter,
Ton projet fait beaucoup de bruit dans les hautes sphères. Attends-toi à une convocation par le Magenmagot dans les prochains jours.
Je t'envoie Drago pour préparer ton plaidoyer. Appelle ton amie Granger et vois si elle est d'accord pour que vous témoigniez ensemble, ou au moins pour qu'elle t'aide. Une tête pensante et rationnelle ne sera pas de trop.
Je ferai du mieux que je pourrai de mon côté. Ton projet est fou, mais il me plait.
P. Parkinson
Une convocation au Magenmagot ? Mais… Pourquoi ? Il était si difficile d'accepter qu'un orphelinat ouvre ses portes dans le monde magique de Grande-Bretagne ? Il s'agissait d'enfants, par les couilles de Merlin !
Le feu crépita soudain et Drago sortit de l'âtre en époussetant ses vêtements. Il embrassa rapidement Harry.
- Pansy t'a prévenu, dit-il en jetant un œil au courrier que Harry tenait encore. Parfait, je vois qu'elle t'a déjà contacté. Ton plaidoyer doit être irréprochable. On va devoir y travailler d'arrache-pied. On est vendredi, donc on a tout le weekend devant nous. Et il faut que tu préviennes Granger, on va avoir besoin d'elle. Elle connait le dossier sur le bout des doigts. Enfin, toi aussi, mais elle est beaucoup plus méthodique que toi, sans vouloir te vexer. Où est-ce… Quoi ? s'interrompit-il soudain.
Harry, le parchemin toujours en main, s'était approché en souriant et avait attrapé sa hanche du bout des doigts.
- D'abord, murmura-t-il, je veux que tu me dises bonjour, comme il se doit.
Les yeux de Drago se mirent à pétiller.
Le baiser fut d'abord doux et tendre. Harry lâcha un soupir de contentement. La réaction de Drago fut immédiate.
Les mains du blond se glissèrent sur les fesses de Harry et s'y agrippèrent. Leurs langues se rencontrèrent dans un ballet sensuel, fait pour séduire et convaincre. Harry se colla un peu plus à son petit-ami et leurs bassins se rencontrèrent. Harry gémit dans la bouche de Drago et celui-ci lui répondit.
Drago entama un mouvement de rotation avec son bassin et Harry sentit son sexe se comprimer dans son caleçon. Il agrippa les épaules de Drago, sans relâcher son baiser et répondit aux mouvements.
Il aurait dû avoir peur. Peur de l'inconnu qu'était le sexe. Mais dans les bras de Drago, il se sentait tout puissant, en sécurité. Juste bien.
L'une des mains de Harry prit sa liberté et se glissa sous la chemise de Drago. Il caressa son ventre et cette ligne de poils qui conduisait vers le paradis. Drago rompit le baiser et le poussa sur le canapé pour l'allonger dessus.
Harry l'observa s'installer entre ses cuisses et la peur s'infiltra sous sa peau. Il la chassa.
Les frictions étaient plus intenses et Harry sentit monter un plaisir jusqu'alors inconnu. Il perdit ses mains dans les cheveux de Drago et sentit une main glisser sous ses fesses et surélever ses hanches.
- Harry !
Le front de Drago tapa sur sa clavicule et il grogna de dépit. Harry releva les yeux et observa sans trop comprendre le Patronus en forme de loutre qui flottait au-dessus de Drago.
- J'ai appris pour la convocation au Magenmagot. J'arrive demain matin à dix heures avec le petit déjeuner. Demande à Malefoy de venir, ses connaissances du Magenmagot nous seront utiles.
Le Patronus disparut.
Drago se redressa en position assise sur le canapé. Harry reprit doucement pied avec la réalité.
- Je veux des bonjour comme ça tous les jours, fit-il en regardant Drago. Sans les interruptions par contre.
Le blond rit doucement, se leva et se dirigea vers la cheminée. Il se retourna un instant et sourit à Harry.
- Je serai là demain à dix heures.
La cheminée l'avala et Harry se retrouva seul. Le souvenir du baiser et d'un peu plus resta imprimé sur ses rétines longtemps après s'être couché, la convocation du Magenmagot oubliée.
