Bonjour mes Cobayes,
Me voici rentrée dans la fournaise de mon appartement, je vous poste donc ce chapitre depuis l'Alsace ou je dépéris lentement mais sûrement !
Mille mercis à tous pour vos reviews, c'est toujours un vrai moment de plaisir de les lire et de vous répondre !
Genny : Merci pour ce petit mot, j'espère que j'ai réussi à te convertir à cette merveilleuse chose que peut être l'Ironfrost !
Chapitre 9 : Pris au piège
- Loki...Ça me fait mal...
-Détends-toi, mortel. Détends tes muscles. Ton corps devrait finir par s'habituer à cette position.
-Plus vite, s'il te plaît...
-Je vais aussi vite que possible, mais c'est si étroit...Je ne peux pas bouger davantage. Je pourrais te blesser.
-Il le faut pourtant. Toi et moi, on est allés trop loin pour faire demi-tour...Ce n'est pas la douleur qui me fera rennoncer. Vas-y…
-Tony...
-Oui?
-Je crois que mes doigts sont coincés. Je ne peux plus les enlever.
- Comment ça tu ne peux plus les enlever?
- Ils sont coincés, te dis-je! Franchement, tu pourrais huiler un peu ce type de passage...
- Désolé, mais j'ai laissé mon lubrifiant dans la table de chevet... Et maintenant arrêtes de te plaindre et magne-toi, avant que je ne tape une crise de claustrophobie!
C'est engoncés dans un minuscule conduit d'aération que Tony Stark et Loki d'Asgard ont cette étrange conversation. Les deux hommes, à moitié allongés pour avancer dans le passage sinueux, se contorsionnent l'un derrière l'autre pour tenter de rejoindre une hypothétique sortie.
Le demi-dieu, ayant pris la tête lors de leur expédition incongrue, bataille depuis plusieurs minutes avec une grille d'aération. Ses doigts, passés à travers les barreaux rouillés, peinent à déloger la grille de son emplacement.
Tony quant-à lui sent ses muscles hurler sous la contrainte qu'il leur impose. Le réduit est étroit, semé de coudes et d'arrêtes saillantes : il se contorsionne au mieux, enserré de toute part.
Après encore une minute d'acharnement, la grille cède enfin, et libère un passage aux deux hommes qui rampent dans le réduit.
Sous eux, dans la pièce qu'ils surplombent, un immense vacarme se fait entendre.
Deadpool mène visiblement une lutte acharnée contre les portes de l'ascenseur.
Tony se hisse à la force des bras. Il suit Loki de près, le visage à moins de dix centimètres des bottes divines.
La poussière et la chaleur qui règnent ici l'étouffent, et il se promet une chose : s'il s'en sort vivant, il demandera à Jarvis de vérifier l'état de toutes les conduites d'aérations de la tour.
"Nom de dieu...Mais comment en est-on arrivés là?"
Une heure plus tôt :
- La ferme! La ferme, tu m'entends! Je te préférais encore en mode catatonique!
-Je te conseille d'employer un ton plus avenant envers moi, humain, avant qu'il ne me vienne l'envie de t'ôter la langue. Dois-je te signifier qu'au vu des récents évènements, il me suffirait d'un claquement de doigt pour dissoudre ta piètre carcasse?
Un sourire mauvais para les lèvres de l'ingénieur.
- Alors parfait, nous sommes d'accord. Tu n'as plus besoin de moi, maintenant que tu as retrouvé tes pouvoirs. Tu es puissant. Tu es fort, tu es beau, tu es tout ce que tu veux : tu n'as plus besoin de moi. J'attends donc des explications, et j'attends également que tu te barres de ma tour!
Les sourcils de Loki s'arquèrent en une moue de mécontentement. Il croisa les bras, impérieux.
- Maintenant que Wade sait que tu m'as aidé, il te cherchera aussi. Tu n'en tireras pas comme ça.
- Était-ce une manœuvre pour m'obliger à te suivre? interrogea Tony, les mains serrées sur le dossier d'une chaise. Je préfère encore régler mes problèmes avec Wade, et, pourquoi pas, lui filer un petit coup de pouce dans son projet!
Loki leva une main menaçante. Avant qu'il ne puisse faire appel à la magie, Tony l'interrompit :
- Essaye seulement, le gothique. Jarvis, la procédure Inquisition est bien enclenchée?
- Parfaitement, répondit l'intelligence artificielle d'une voix neutre.
- Explique à notre invité son principe.
-Toute utilisation de magie dans l'enceinte de la tour provoquera immédiatement sa protection maximale : impossibilité d'en entrer ou d'en sortir, triplement des agents de sécurité, prévention du SHIELD et du FBI. De plus, une barrière antiparticules sera déployée autour d'elle, interdisant la moindre téléportation vers l'extérieur.
- Fais seulement appel à ta sorcellerie chez moi, mon pote, et cette tour sera ton tombeau, grinça Tony, un brin théâtral.
La nouvelle ne plût pas au demi-dieu. L'instant s'étira, tendu.
A peine rentrés de leur voyage inter-dimensionnel depuis vingt-quatre heures, les disputes s'enchaînaient.
Sauf que, maintenant Loki de nouveau en possession de ses moyens, les sarcasmes n'étaient plus à sens unique. Le moindre mot menait à l'altercation, et les deux hommes n'avaient même pas effleuré l'ombre d'un compromis concernant la conduite à tenir à présent. La tension, palpable, ne s'atténua pas suite aux révélations de l'Ingénieur.
Loki n'en démordait pas.
- Je pourrais te procurer mille morts sans l'aide de la magie.
- Mais qu'est-ce que tu veux à la fin? Je t'ai donné ce que tu voulais et maintenant je te suis parfaitement inutile! Respecte ta part du marché!
- Le marché incluait de m'aider à vaincre Nebula, souligna Loki. Et tu me serviras. Il est certaines choses qu'on ne peut faire seul.
Tony se prit la tête entre les mains.
Ce cauchemar n'avait donc pas de fin?
- Et pourquoi moi? Pourquoi pas n'importe lequel de tes contacts douteux? Je n'y comprends rien, pourquoi moi alors que des milliers de pigeons seraient prêts à tout pour se prosterner devant sa majesté?
Les rancœurs accumulées ses derniers jours atteignirent leur paroxysme à cet instant. Loki, lassé d'être en permanence désigné comme fautif et responsable, n'y tint plus.
Il répondit vivement, d'un ton ou se mêlaient l'acide et l'amer :
- Parce que, que tu le veuilles ou non, Stark, tu as été l'un de mes alliés, l'un de ceux prêt à tout pour m'aider. Le meilleur de mes alliés, peut-être. Et peut-être que, naïvement, j'avais espoir qu'il te reste, quelque part au fond de ton âme, un peu de cette envie de m'aider.
La réponse cloua Tony sur place. Pour la première fois depuis de très longues années, il ne trouva rien à redire. En face de lui, Loki effectua un demi-tour furieux, lui présentant son dos drapé d'or et de noir. Le milliardaire ne le vit pas se mordre les lèvres, conscient d'en avoir trop dit.
De nouvelles images se bousculaient dans l'esprit de l'ingénieur.
Il y avait toujours ce champ de lavande, ce sofa rouge et moelleux, dont l'évocation faisait naître chez lui une angoisse inexplicable, et ce plateau d'échec. Mais aussi, une image précise et nette comme seule la réalité peut-l'être.
Loki et lui, dans ce qu'il reconnut comme l'hôtel des Quatre Vents.
Un verre à la main.
En train de trinquer.
Heureux et détendus.
"Tu es froid comme la mort. Mais bon, tu sais ce qui réchauffe ? L'alcool !"
L'image se dissipa aussi vite qu'elle lui était venu, comme les brumes d'un rêve que l'on peine à retrouver au matin. Si le détail de cette scène lui échappait désormais, son essence, elle, demeurait intacte.
Cela ne pouvait être que la vérité : Tony ne sut pas comment gérer cette information.
La voix de Jarvis l'empêcha de s'attarder sur ce problème.
- Monsieur. Trois véhicules aériens non identifiés s'approchent de la tour par l'Est. Sans plan de vol.
- Et alors ? répondit l'autre avec humeur.
-Je pense leurs intentions hostiles.
-Qu'est ce qui te f…
Un fracas de tous les diables coupa Tony dans sa phrase.
Les trois appareils venaient de surgir dans le champ de vision général, face à la tour contre laquelle ils vidaient le chargeur de leurs mitrailleuses lourdes.
La fenêtre résistait pour l'instant, mais le vacarme soudain arracha un sursaut aux deux occupants des appartements.
- Le verre est à l'épreuve des balles, hurla Tony qui pianotait vivement sur son Starkphone pour enclencher une procédure d'alerte. Mais avec de l'artillerie lourde comme celle-là, je ne suis pas persuadé…
Ses pupilles se dilatèrent. Tout se passa très vite : en moins d'une seconde, les évènements s'enchaînaient.
L'un des appareils s'approcha dangereusement d'eux, et un homme s'agenouilla, armant un lance-roquette dans leur direction.
Le verre éclata au point de contact, et l'onde de choc se propagea à toutes les vitres de l'étage, les faisant exploser dans un vacarme formidable.
Les hélicoptères continuaient de cracher leurs salves dévastatrices : Tony comprit que son corps ne réagirait pas assez vite pour se mettre à couvert.
Une main se referma immédiatement sur son épaule, la serrant si fort qu'il en aurait un hématome le lendemain.
Loki tendit sa seconde main vers les assaillants, et une onde verte naquit de ses doigts pour se propager en un disque d'émeraude de trois mètres de diamètres. Les balles furent aspirées par le bouclier, comme dissolues dans le néant.
Le disque gagna en intensité, se teinta de noir comme si de l'encre se rependait en son sein : une vague d'énergie en jaillit et submergea les trois hélicoptères, achevant de dévaster le salon sur son passage.
Tony avait oublié de respirer. L'intensité des attaques échangées lui avait coupé le souffle. L'air gagna de nouveau ses poumons alors que ses oreilles sifflaient et bourdonnaient. Son cerveau se remit en marche lorsqu'un ronronnement au loin lui apprit que des renforts aériens revenaient à la charge.
Partout sur la tour Stark, des volets d'aciers se refermaient, des barrages se mettaient en place, des verrous magnétiques condamnaient les pièces une par une.
La procédure inquisition débutait.
- Merde merde merde… T'as utilisé ta magie, on va se retrouver enfermés ici !
- Ne me remercie pas d'avoir sauvé ta piètre carcasse, mortel… J'ose espérer que tu as prévu une issue de secours, pour pouvoir t'enfuir toi-même dans ce type de cas ?
- Évidemment, rétorqua Tony, vexé.
L'Ingénieur, peu désireux d'attendre de nouveaux ennemis à cet endroit, se mit à courir à travers le salon, bientôt imité par le demi-dieu. Ils gagnaient l'ascenseur privatif qui permettait de rejoindre les appartements privés du propriétaire de la tour lorsque la porte à l'autre bout de la pièce s'ouvrit brutalement.
Un Wade Wilson habillé comme l'un des agents de ménage de la tour se tenait dans l'embrasure.
Seul son masque rouge et noir trahissait son identité. Pour le reste, il était vêtu d'un chemisier bleu et d'un tablier cintré volé à une femme bien plus petite que lui. Des gants en latex et un foulard rouge féminin noué autour de la tête complétaient l'ensemble. Sa ceinture ou pendaient ses revolvers et quelques grenades détonnait avec le reste, ainsi que les deux katanas suspendus dans son dos.
Le tout aurait pu être hilarant si la situation n'était pas aussi critique.
- Room-service ! énonça-t-il à l'intention des deux hommes sur lesquels se refermaient les portes de l'ascenseur.
- Je vais le réduire en cendre, menaça Loki, qui voulut retenir les lourdes portes.
Tony l'en dissuada.
- On a peu de temps pour sortir, après ce sera impossible, sans compter que des agents du SHIELD et du FBI vont rappliquer dans tous les coins ! Et je n'ai pas envie de leur expliquer ce que tu fais ici !
Il ne laissa pas le temps à son compagnon de fuite de répondre. Ses doigts ne quittaient plus son Starkphone, commandant à distance le verrouillage de l'ascenseur.
- Quel étage ?
Tony sourit.
- Aucun.
Son regard s'arrêta sur le conduit d'aération qui les surplombait.
Ah oui. Voilà comment on est arrivés là.
- C'est bon !
Le cri de victoire du Jotun soulagea immédiatement l'humain ankylosé prostré derrière lui.
Malheureusement, cette détente fut de courte durée.
Une voix légèrement déformée par l'écho leur parvint.
- Bah alors les copains, on joue à cache-cache ?
Sans aucun doute, Deadpool venait de réussir à forcer les portes de l'ascenseur.
- Viiiiiiiiiiite ! s'égosilla Tony, qui ne se voyait pas engager le combat dans un tel endroit.
Devant lui, Loki dégageait enfin la grille rouillée, et reprit sa progression.
Il évoluait partiellement dans le noir, dans la poussière et l'humidité.
- La prochaine fois que tu as envie de mettre une barrière anti-téléportation dans ta tour, mortel, pense à ce moment. Ça te fera peut-être réfléchir !
- C'est surtout la prochaine fois que tu me demandes de l'aide, que je vais réfléchir !
La voix de Wade s'invita dans leur conversation, résonnant depuis les profondeurs :
- J'arrive en pleine dispute conjugale on dirait… Papa, Maman, ne me dites-pas que vous allez divorcer ?!
La voix déformée du mercenaire ne laissait place à aucun doute : il se jetait à son tour dans le conduit. Tony se crispa.
Ils n'avaient plus que quelques dizaines de mètres d'avance sur lui.
Oui je sais, la fin est particulièrement cruelle…
Mais je suis particulièrement cruelle ! En doutiez-vous ? :D
Bon sinon en ce moment je joue au jeu deadpool sur ps3. Et franchement c'est cool :p Je l'aime encore plus, et je ne regrette pas d'en avoir fait le anti-héros de cette histoire ! J'espère que vous non plus !
A très bientôt,
Laukaz.
