Bonjour mes Cobayes.
Oui, j'avoue, je plaide coupable : je me suis fait plaisir sur ce chapitre. Je n'ai aucune excuse ! Pardonnez moiiiiii !
Joyeux anniversaire JustanotherTime ! J'ai bouclé ce chapitre juste à temps, j'espère qu'il te plaira :D
On se retrouve en bas !
Chapitre 12 : Tournée des bars!
-Loki, quel est cet endroit franchement ?
L'air ahuri de Tony Stark amusa beaucoup le demi-dieu.
- Je te l'ai déjà dit mille fois. Le bar le plus réputé à plusieurs ceintures années lumières de là.
- Et c'est quoi cette ville, une mine construite dans la tête d'un géant de l'espace ?
Loki haussa un sourcil. Tony ne savait pas à quel point il était proche de la vérité.
- Knowhere. Il s'agit effectivement d'une colonie minière fondée dans la tête décapitée d'une antique créature céleste.
Tony, les yeux ronds, le dévisagea comme pour tenter de deviner l'ironie dans cette réponse.
« Et merde… Dans quoi est-ce que je me suis fourré encore ? »
- Et pourquoi on est là ?
- Tu pourrais suivre un peu ! Car Dane et Ra font, comme énormément de pirates, de nombreuses escales ici, où ils dilapident leur solde. Ils sont là un soir sur deux, nous n'avons plus qu'à espérer…
L'air était lourd et confiné, témoin de la quantité astronomique de gens qui occupaient le lieu -d'une taille pourtant réduite.
Des effluves de charbon, d'alcool et de parfums prirent Tony à la gorge.
La chaleur, la fumée, la promiscuité et les néons bleus qui jetaient sur le bar une lumière froide : il n'y avait à priori aucune raison d'aimer cet endroit.
Et pourtant…
Un groupe de musiciens Krees occupait une minuscule scène et dispensait une musique entrainante.
Toutes les espèces, connues et inconnues, se côtoyaient dans une mixité sociale rarement égalée.
Tony avait même aperçu un arbre vivant, accompagné d'un raton laveur doté de parole. Et d'un gros fusil d'assaut.
Parmi la population grouillante et frémissante, il avait reconnu certains de ses amis et ennemis.
Une table oblongue occupait le centre du bar. De petits animaux hurlaient en se précipitant d'un bout à l'autre du meuble, sous les acclamations de la foule attroupée.
On pariait et on buvait beaucoup. L'argent et la liqueur coulaient à flots. Tony reconnut la masse imposante de Drax le Destructeur, qui parlait fort et trinquait à tout va, et il se félicita de l'anonymat que lui procuraient son sweat à capuche ainsi que l'immersion au milieu d'une foule versatile.
Il s'arracha à sa contemplation médusée pour reporter son attention sur Loki.
Dissimulé par l'une de ses illusions, il possédait une stature moins impressionnante qu'en temps normal. Plus petit, plus fin, ses longs cheveux noirs étaient ramenés en un catogan à l'arrière de sa tête, et des lunettes de métal venaient cercler ses yeux pour lui conférer un air doux et sérieux que Tony jugea écœurant. Des vêtements de terrien typiques venaient compléter l'ensemble et parachever son anonymat.
« Quand on le regarde comme ça, sans savoir, on pourrait se laisser avoir. Il a l'air presque gentil. Inoffensif. A vomir. »
Il leur fallut dix minutes pour obtenir leurs boissons, et ils s'éloignèrent pour rejoindre l'un des nombreux canapés défoncés qui bordaient la salle principale.
Les places étaient rares, chasse gardée pour la plupart. Tony parvint à s'installer de justesse à l'extrémité d'un fauteuil. Loki dut se contenter de l'accoudoir ou il s'appuya à peine.
Tony sirota distraitement le cocktail d'un bleu chimique peu engageant qu'on lui avait servi. Il y avait des morceaux au fond, et l'ingénieur refusa de chercher à en savoir plus à ce sujet. Le tout pétillait et réchauffait sa gorge d'une manière inquiétante.
- Bon, et ils arrivent quand tes gars ? demanda-t-il finalement, perturbé par le goût d'amande qui chatouillait sa langue.
Loki haussa une épaule en guise de réponse, signifiant clairement qu'il n'en avait pas la moindre idée.
Cette petite excursion à l'autre bout de la galaxie n'était pas dépourvue d'intérêt.
Tony peinait toujours à accepter que dix minutes auparavant, il se trouvait encore sur Terre, dans les jardins d'un magnifique manoir.
Il lui avait suffit d'attraper le sorcier par le bras, et en une fraction de seconde, il avait traversé l'espace pour gagner ce lieu de perdition spatiale.
L'aventure était nouvelle, et avait un petit quelque chose d'exaltant.
Deux heures s'envolèrent sans qu'il ne trouve le temps de s'ennuyer. Il y avait tant de choses à observer, à étudier, à conjecturer…
Une violente altercation naquit à la table de pari.
Drax le destructeur se battait avec l'espèce d'arbre humanoïde que Tony avait repéré plus tôt dans la soirée. Les deux êtres échangeaient de violents coups, roulant au sol sous les encouragements et les cris des spectateurs. Un être à la peau jaune et au sourire vicieux prenait les paris.
De sa place, Tony profita pleinement du spectacle, jusqu'à l'intervention du raton laveur, suivi de près par un jeune homme accompagné d'une femme à la peau verte. Le visage de cette femme pour le moins exotique éveilla un petit quelque chose dans la mémoire de Tony, sans qu'il ne puisse mettre la main dessus.
L'attention générale était accaparée par ces drôles d'énergumènes. Tony sursauta lorsque Loki lui tapota l'épaule.
- Là !
En effet, deux Krees se dirigeaient vers les vestiaires, jetant de fréquents coups d'œil vers le remue-ménage provoqué par Drax et ses compagnons. Dane et Ra.
Tony se redressa vivement, pour marcher à la suite de l'Asgardien.
C'est en mettant un pied au sol qu'il regretta d'avoir consommé quatre de ces cocktails étranges. Le plancher humide tournoyait sous lui, et la foule tanguait tout autant qu'un bateau.
- Whoo, qu'est-ce qu'ils mettent là-dedans ? grogna-t-il, la bouche soudain pâteuse.
Sa main se referma sur l'épaule de Loki qui fendait la foule d'un pas décidé.
Tony s'accrocha fermement à la veste de son improbable allié, peu désireux de se retrouver seul dans de telles circonstances.
Ses pas chancelants arrachèrent un soupir exaspéré au demi-dieu, qui l'agrippa par le bras pour le ramener à ses côtés.
- Il faut toujours que tu te fasses remarquer, hein ?
- T'aurais pu me prévenir… Que c'était fort !
- Je pensais qu'avec ton entraînement, ça irait, rétorqua Loki, pince-sans rire.
- Touché. Enfoiré.
Un sourire se déploya sur les lèvres de Loki, sans que Tony ne parvienne à en comprendre la signification.
Il ne pouvait deviner le sentiment qui envahissait l'Asgardien à ce moment précis.
Une forme de joie, à l'idée de retrouver un Tony Stark qu'il connaissait. Pas celui enfermé dans l'obsession et le mépris, dans la haine aveugle et indifférente. Un Tony Stark sarcastique, vulgaire et dépravé. En bref, de nouveau lui-même.
L'espoir de parvenir à bâtir de nouveau une relation cordiale avec le milliardaire caressa un instant l'esprit de Loki. Après tout, s'il était parvenu à séduire le mortel une première fois, pourquoi pas une seconde? Il se contenterait même d'une amitié froide et distante… Il repoussa ces idées.
Il y avait encore trop d'amertume, trop d'incompréhension dans le cœur du mortel. La situation avait changé. Ils avaient changé…
Le Jotun se recentra sur la mission.
L'ingénieur tenta tant bien que mal de faire de même. Déjà, l'attention générale quittait le groupe de Drax pour revenir à une situation plus calme.
Les deux acolytes empruntèrent un couloir non loin qui débouchait sur les vestiaires.
Une trentaine de clients quittaient leurs vêtements les plus encombrants, d'autres enfilaient au contraire leurs scaphandres pour repartir. Les deux Krees, eux, déposaient leurs armes auprès du tenancier tout en échangeant des plaisanteries.
- Et on fait quoi maintenant ? Avec tout ce monde ?
Loki leva les yeux au ciel comme si la question débordait de stupidité.
- On n'y arrivera pas, on va se faire repérer…
- Ne soit pas stupide.
Quelques pas suffirent au Jotun pour combler la distance qui les séparait de leurs proies.
Dane-Vell et Ra-Kar s'éloignaient désormais du comptoir. Loki passa à l'action.
Un concert de hurlements stridents déchira le brouhaha. Toutes les personnes présentes se tournèrent vers l'origine du cri, pour découvrir, horrifiées, une dizaine de créatures monstrueuses ramper sur le pan de mur derrière le comptoir.
Le préposé aux vestiaires lui-même hurla et trébucha en voulant sauter par-dessus le meuble.
D'immenses mille pattes de la taille d'un chien se mouvaient à la verticale. Pourvus de pattes velues, d'appendices globuleux et d'antennes d'un rouge vif, ils n'étaient pas beaux à voir. Leurs pattes cliquetaient sur la tapisserie et de puissantes mandibules crachaient un liquide vert de mauvais augure.
Même Tony en resta estomaqué.
Il lui fallut plus de trois secondes pour comprendre qu'il s'agissait là d'une illusion de son comparse, destinée à détourner l'attention.
Mais détourner l'attention de quoi ?
Seulement, il vit que Loki n'était plus à côté de lui. Et Dane et Ra non plus.
« Bordel… Faut toujours que je sois dépassé par les évènements, hein ? »
Il accrocha du coin de l'œil un mouvement en périphérie de son champ de vision.
Les deux Krees étaient propulsés par une force invisible à l'intérieur d'un débarras au bout du couloir. Loki pénétra dans la pièce après eux, un sourire mauvais aux lèvres.
L'illusion sur le mur fondit. Certains clients n'en furent pas rassurés, d'autres rirent : l'affaire se dissiperait bientôt.
Tony se décida à rejoindre la petite salle engoncée entre deux murs, s'appuyant lui-même sur la cloison pour réussir à mettre un pied devant l'autre.
« Ca m'apprendra à vouloir tester les produits locaux. »
Il entra finalement dans le débarras après s'être assuré qu'on le l'observait pas, et referma la porte.
Les deux Krees étaient étendus au sol, parfaitement nus.
- Loki, nom de dieu, c'est quoi ce bordel ?
Le Jotun s'affairait auprès de l'une des deux victimes. Il plaçait avec soin le nano-masque au contact de la peau bleuté, afin d'en retirer les informations nécessaires.
- Ne pleure pas, mortel. Ils sont justes inconscients. Que faut-il faire, ensuite ?
Il tendit le voile métallique à Tony, qui l'appliqua sur son propre visage. Il configura rapidement le petit bijou de technologie, et, bientôt, l'air épaté de Loki lui apprit qu'il venait de réussir.
- Fais pareil avec le deuxième. Et surveille la porte !
Tony ne se fit pas prier, peu envieux de se faire surprendre dans cette situation pour le moins étrange.
Une fois les deux masques programmés, Loki rassembla les vêtements et les quelques accessoires que possédaient Dane et Ra. De la monnaie locale, un décapsuleur, des badges magnétiques et quelques autres babioles.
Quelqu'un devait avoir repéré leur manège : des coups sourds résonnèrent contre la porte.
- Merde… Qu'est-ce qu'on fait ?
- Ah vraiment, homme de fer, tu es d'une inutilité flagrante… Gronda Loki, affairé auprès des deux Krees. Il me faut encore quelques minutes. Je vais effacer les souvenirs de ces deux personnages. Il serait malvenu qu'ils décident de nous déranger lorsque nous en serons à la prochaine étape du plan…
Des coups furieux et répétés se firent de nouveau entendre.
Quelqu'un de l'autre côté essayait d'ouvrir la porte : Tony se jeta dessus juste à temps pour empêcher cette catastrophe de survenir.
- L'accès est interdit ! C'est réservé au personnel, sortez d'ici ! cria une voix de l'autre côté des murs.
Tony regretta l'absence de son armure et du multiplicateur de forces. La personne en face pesait de tout son poids sur la porte.
Il lui fallait gagner du temps.
- Désolé ! cria-t-il. C'est juste que je ne peux pas ouvrir, là !
- Ouvrez cette porte ! Max, Vlad, venez m'aider !
« Et merde. Encore. »
- Non non non, hurla-t-il, toujours plaqué contre le bois vermoulu qui subissait un assaut simultané. Pas besoin de renforts, je vais ouvrir, c'est juste que là je ne peux pas !
- Qu'est ce qui se passe ici, tonna une grosse voix de l'autre côté.
Le cerveau de Tony se lit en pause et sa bouche resta ouverte, en suspens, incapable d'improviser.
Que dire ?
« Désolé, un sorcier Jotun est en train de fouiller deux gars bleus qu'il a complètement déshabillé pour leur voler leurs têtes. »
- Si vous ne sortez pas tout de suite, on va défoncer la porte ! menaça la grosse voix.
Loki avait chacune de ses mains posée sur le front d'un Kree. Les paupières closes, il peinait visiblement à se concentrer sur son art.
- Vous avez gagné, on enfonce la porte !
- Non ! hurla Tony. Ne faites pas ça ! Je suis nu ! Voilà. N'entrez pas, c'est gênant ! Nous sommes nus. Tous les deux. Vraiment. Dans une position équivoque. N'entrez pas. On se rhabille et on sort.
Un instant d'hésitation figea la scène. Le flottement s'étira. L'Ingénieur sentit une goutte de sueur perler le long de son front, alors que le verdict se faisait attendre.
« Mais je croyais que t'avais dit que c'était deux mecs ? » murmura-une voix interloquée de l'autre côté de la porte.
« Génial. Vraiment top l'improvisation mon pote. »
- Magnez-vous de vous rhabiller et de sortir d'ici ! conclut finalement un homme d'une voix troublée.
Les muscles de Tony se détendirent. Loki ouvrait les yeux. Il chuchota :
- C'est bon, ils ont oublié jusqu'à leur nom. Aucun souvenir d'avoir été pirates. On peut y aller.
- Et on les laisse là ?
Un sourire malicieux étendit les lèvres du sorcier, qui se redressa en s'étirant.
- Après ce que tu viens de raconter aux deux hommes derrière cette porte, ça ne choquera personne…
Tony se mordit la langue pour ne pas rétorquer.
De toute façon, Loki avait raison. Il avait été nul sur ce coup.
Une douzaine de secondes plus tard, ils se téléportaient au siège de la Cabale.
Tony s'affala dans un canapé, une barre douloureuse traversant son front.
- C'était les heures les plus absurdes de ma vie, soupira-t-il.
Loki reprenait tranquillement son apparence habituelle, et son éternelle arrogance. Décidément, côtoyer un Tony Stark plus mordant que haineux lui était fort agréable.
- Les plus ridicules, tu veux dire ?
Tony médita un instant.
Un bar à l'autre bout de la galaxie, des ratons laveurs et des arbres dotés de parole, des boissons traîtresses et des mille pattes géants, deux Krees nus et une maudite porte en pin délabrée.
- Non. Les plus absurdes, vraiment.
Voilà pour ce chapitre… Je l'avais en tête depuis que j'ai revu les gardiens de la galaxie ( comme vous auriez pu le deviner…) j'espère que vous aurez pris du plaisir à le lire !
La bise,
Laukaz.
