Salut mes lapins,
Comment ça va ?
Encore mille merci pour votre soutien et vos reviews !
Je me suis levée tôt ce matin exprès pour finaliser ce chapitre. J'espère que vous imaginez l'effort que ca m'a demandé ! =D
Bonne lecture,
Laukaz
Chapitre 15 : L'ordre de mission
Des lambeaux de peau sanguinolents. Les ongles arrachés, la peau presque translucide, des dizaines d'os brisés…
Et le tison, brûlant, qui s'approche des yeux. Inexorablement.
Les iris verts, stoïques, demeurent immobiles.
Le contact fait naître une explosion de peur et de douleur.
- Loki !
Tony se réveille en sursaut. Ses voisins lui jettent quelques regards mi moqueurs, mi désapprobateurs.
Heureusement, le pirate qui rédige des lignes d'équations sur un grand tableau noir ne s'est pas retourné.
- Bah alors, Dane, tu veux tellement capturer cet enfoiré que t'en rêve même la journée ?
- M'en parles pas, grogna Tony, les yeux encore brillants de fatigue.
La brute qui l'avait enjoint à se rendre chez Nebula à son arrivée – Bob, apparemment- s'était installée à côté de lui, au début de…
De quoi d'ailleurs ?
Du cours. Il n'y avait pas d'autres mots.
Trente pirates, homme et femmes plus ou moins intéressés, assis derrière des bureaux ternes à écouter d'une oreille distraite les palabres de ce qu'on ne pouvait nommer autrement qu'un « professeur ».
Car après tout, c'est ce qui décrivait le mieux sa situation.
Tony et son complice avaient ainsi découvert, le matin même, l'activité réelle qui prenait place au cœur de Sanctuaire.
Des cours.
Une fois par mois, les pirates de Nebula regagnaient le vaisseau-mère pour suivre des formations diverses et variées. Parmi elles, Tony avait déjà repéré « histoire militaire », « stratégie et négociation », corps à corps » « réseaux informatiques » et bien évidement, « science des poisons », cours auquel il assistait depuis une bonne heure et demie.
La situation était parfaitement irréelle.
Il se trouvait donc actuellement en plein milieu de l'espace, assis à côté d'une brute humanoïde à écouter un pirate parler des mérites comparés de l'arsenic et de la cigüe. Et il s'était endormi.
« Ca me rappelle les cours soporifiques au MIT. Allez, c'est décidé, je déclare officiellement cette situation la plus absurde qui soit », songea le milliardaire qui peinait toujours à concevoir la réalité de la chose.
Une voix résonna dans sa tête et manqua de le faire sursauter.
- Tu rêves trop fort, mortel.
- Tu m'espionnes directement dans mon cerveau, maintenant ?
- Désolé. J'essayais de te joindre, en fait. Je ne pensais pas que tu dormirais à ce moment crucial de notre plan.
- Tu veux quoi ?
- Savoir à quel moment tu comptes te décider à passer à l'action !
Tony cligne plusieurs fois des yeux.
- Si tu ne m'avais pas tenu la jambe toute la nuit, je ne me serais pas assoupi !
- Ca ne répond pas à ma question !
- Et bien on y va maintenant, voilà, satisfait ?
Pour répondre à son interrogation, une alarme retentit dans l'ensemble du bâtiment, hululant d'un ton strident très désagréable.
A l'image de tous les occupants de la pièce, Tony se redressa docilement pour quitter les lieux.
Son esprit était encore embrumé des visions violentes de ses cauchemars.
Qui avaient un amer goût de réalité.
Tony prit son temps, faisant mine de renouer un lacet, afin de sortir le dernier de la salle.
Une fois qu'il se fut assuré qu'on ne l'observait pas, il s'engouffra dans le couloir sur sa droite, au lieu de suivre le flot humain qui convergeait vers l'Ouest du vaisseau.
Les protocoles d'urgence trouvés par les araignées la veille leur étaient plus qu'utiles.
Ainsi, Tony avait appris qu'en cas d'alarme incendie, l'ensemble de l'équipage devait rejoindre le hall central, près des téléporteurs, afin de se préparer à évacuer en cas de besoin.
C'était exactement ce dont ils avaient besoin.
Quelques lignes de codes portées par l'une des araignées au cœur du système informatique avaient fait le reste.
L'équipage tout entier, soldats et officiers, se dirigeait placidement vers le lieu de l'évacuation.
Ce qui laissait aux deux intrus le champ libre.
Tony gagna rapidement le poste de pilotage, prenant grand soin d'éviter les files de pirates qui convergeaient au cœur du navire.
En quelques minutes, il atteignait son objectif.
Loki l'attendait déjà, adossé contre la porte et les bras croisés. La sonnerie stridente résonnait toujours.
- Tu es tellement lent…
- Tu aurais pu commencer, souligna très justement le milliardaire grincheux. Rien que la porte risque de nous prendre du temps…
Et c'était vrai.
L'immense porte d'acier protégée par un scanner ne laissait entrer que les membres pourvus des autorisations adéquates.
Loki haussa un sourcil.
Il se saisit de la poignée, et donna un coup d'épaule contre la porte.
Celle-ci s'arracha de ses gonds, devant un Tony stupéfait.
- J'oublie parfois que tu es une vraie brute…
- J'ai de la force. Ne confonds pas tout !
Sans plus attendre, ils se glissaient à l'intérieur du cockpit déserté. Loki prit soin de remettre la porte à son emplacement originel.
Le plan, élaboré très tard dans la nuit – ou très tôt le matin, selon le point de vue-, était d'une simplicité efficace.
En théorie.
Les deux hommes commencèrent à fouiller les lieux avec prudence, à la recherche de documents d'importance.
Tony se dirigea naturellement vers l'ordinateur central, alors que Loki ouvrait les tiroirs des nombreux bureaux disposés dans la pièce.
L'urgence première consistait à découvrir les plans de Nebula, notamment l'endroit où elle était partie, et pour quelle raison. Ainsi, ils sauraient tous deux à quoi s'attendre lors du retour de la petite fille de Thanos, et seraient mieux à même de lutter contre elle.
Après quelques minutes d'une fouille fébrile, l'alarme cessa de retentir.
Tony accéléra ses recherches, mais l'ordinateur central refusait de délivrer le moindre secret intéressant.
- Nous devrions partir. Les officiers ne vont pas tarder à regagner leur poste. Il faudrait… Tiens ?
Tony leva les yeux vers son coéquipier, curieux.
Loki tenait à la main une pile de documents, qu'il parcourait avidement du regard.
Le milliardaire combla la distance qui les séparait pour lire par-dessus son épaule.
- Des ordres de mission ? Nikel ! Il n'y a qu'à trouver celui de Dane, et on aura une idée plus précise de ce que Nebula cherche…
Les doigts divins feuilletaient les documents à grande vitesse, ignorant les diverses activités telles que demandes de rançons, extorsions et cambriolages.
- Je n'en reviens pas qu'ils aient des ordres de mission, souffla Tony.
- Elle offre des semaines de formation à ses soldats. La rigueur des pirates est bien plus développée que celle des gens de ton peuple. Plus rien ne me surprend.
- Dépêche-toi, rétorqua Tony, qui entendait un mélange de bruits de pas et de discussions se rapprocher dangereusement. Ils ont compris que c'était une fausse alerte, on n'a plus beaucoup de temps !
- Pourquoi diantre n'emmènerions nous pas le tout ?
- On n'a pas le temps de faire des phrases aussi compliquées, s'énerva Tony en lui arrachant les papiers des mains. Tiens, là ! Ordre de mission pour Dane Vell ! Et le lieu indiqué est « Knowhere ! » C'est là où tu m'as traîné dans ce bar douteux, pour les cueillir, ça ne peut être que ça !
Ils avalèrent avidement les informations contenues dans la lettre cachetée.
Ils achevèrent leur lecture en échangeant un regard d'effroi.
- La gemme de l'esprit ?! Cap m'en a parlé, c'est un artefact très puissant ! Mais pourquoi elle voudrait mettre la main dessus ? Pourquoi ça ne…
Les voix se rapprochaient et furent bientôt à l'angle du couloir.
Loki saisit Tony par le poignet et lui intima le silence d'un regard.
Bientôt, ils disparurent du spectre visible.
La démonstration était impressionnante.
Plusieurs officiers en grande conversation pénétrèrent dans le cockpit sans les voir, passant à moins de dix centimètres d'eux.
Tony, parfaitement décontenancé par cette performance, eut le bon goût de réussir à demeurer immobile. Lui-même ne parvenait plus à discerner ses mains, ses jambes et tout l'ensemble de sa personne. Il se pinça discrètement pour vérifier qu'il était bien là.
Les secondes s'étirèrent ainsi, avant que le duo ne parvienne à gagner la porte pour quitter les lieux.
Une fois hors de danger, le sorcier libéra l'humain de son emprise, et le manteau d'ombre qui les avait couvert fondit.
- La vache ! Tu sais faire ça, toi ?
- Je sais tout faire.
Le cerveau de Tony fonctionnait à vive allure. Il mourrait d'envie de discuter avec Loki de leur récente découverte. Cependant, les couloirs bondés ne fournissaient pas un lieu d'échange idéal. Il se força à contenir son enthousiasme et changea de sujet.
- Tu vas être en retard à ton rendez-vous, constata Tony, alors qu'une horloge holographique affichait 12 :25 sur le mur le plus proche.
Un mépris ennuyé non déguisé s'inscrit sur le visage de Loki.
Même avec l'apparence d'un autre, il conservait cette attitude aristocratique dédaigneuse parfaitement insupportable. C'était assez perturbant.
- Alors c'est ainsi, je vais vraiment être obligé de l'occire ?
- Bah écoute, tu y vas, tu t'occupes d'elle dix minutes, et tu reviens pour qu'on prépare la suite ! Voit ça comme un bonus !
- Un bonus ?
Le doute planait indubitablement dans le regard du Jotun.
Et autre chose, également. Plus difficile à déchiffrer.
- Cela ne te dérange pas, que j'aille batifoler en plein milieu d'une mission ?
- Pourquoi ça me dérangerais, rétorqua Tony, sur la défensive sans trop savoir pourquoi.
Loki se mordit la langue pour ne pas répondre.
Ce n'était pas le moment de faire preuve de sentimentalisme.
Alors quoi, il aurait aimé voir ce stupide mortel jaloux ? Quelle naïveté. Après tout, ils n'avaient partagé tous deux qu'un bref moment d'intimité, dont il était le seul à avoir conservé le souvenir.
Pour Tony, il n'était plus qu'un vague allié circonstanciel, une source de désagrément plus qu'autre chose.
Il était vraiment temps de s'y faire.
Un mutisme boudeur les sépara de longues minutes, le temps qu'ils gagnent une salle commune. Tony, surpris par l'étrange réaction de son compagnon, ne savait que penser.
Lorsque Loki lui annonça fermement sa résolution d'ignorer royalement Okaï, la petite amie de Ra, une sensation diffuse et indéterminée détendit ses épaules.
Il ne s'en rendit pas vraiment compte, et ne parvint pas non plus à déterminer précisément l'origine de sa soudaine meilleure humeur.
- Bob ? Je peux te parler cinq minutes ?
Le géant et meilleur ami de Dane leva les yeux de son plan de bataille rédigé à la va-vite.
Exercice pour le lendemain.
- Okaï ?
Il invita la jeune Kree à s'asseoir à ses côtés. Une moue résignée fronçait ses sourcils, et elle s'affala en croisant les bras.
- Ça ne va pas ?
- Ra m'a posé un lapin. Ce n'est pas son genre. Il est vraiment bizarre, depuis qu'il est rentré de sa mission avec Dane.
Bob mâchonna pensivement le bout d'un stylo.
- Dane aussi me paraît différent, maintenant que t'en parles. Il n'a pas décroché un mot depuis son arrivée, ou presque. Il s'est endormi pendant la séance de ce matin. Inhabituel.
Okaï se redressa sur sa chaise, intéressée par ce type de renseignements.
- Qu'est-ce qu'ils cachent, les deux-là ? Ra m'ignore royalement ! Son sens de l'humour à totalement disparu, et il est presque hautain. Il m'a trompé, tu crois ?
Bob haussa les épaules, peu convaincu.
- Tu penses ?
- Je te promets, Bob. On dirait une autre personne. Ils nous cachent quelque chose, c'est sûr.
La paranoïa de sa collègue eut tôt fait de trouver un profond écho chez la brute.
- Qu'est-ce qu'on fait alors ?
Elle s'approcha de lui, vérifiant que personne n'écoutait leur conversation, et murmura :
- On découvre ce qui se trame. J'ai un plan. Voilà ce qu'on va faire…
Loki jouait distraitement avec la gemme verte.
Lisse et chaude, agréable contre sa peau, l'avoir sur lui lui procurait un certain sentiment de réconfort.
Alors comme ça, Nebula convoitait cet artefact, ce petit bijou de puissance.
« C'est de famille ? Elle aussi veut reconstruire le gant de l'infini ? »
Pourtant, dans les ordres de missions, il n'était nullement question des autres pierres. Juste celle-ci.
Tony ignorait que le propre grand père de Nebula, Thanos, avait lui-même mis la main sur cette gemme afin de créer le pouvoir suprême. Loki s'était bien gardé de lui rappeler que tous deux, ensemble, avaient réussi à déjouer les plans du titan. Et également qu'il possédait l'objet convoité par sa Némésis au fond de l'une de ses poches. Il s'était contenté de partager les suppositions douteuses de l'ingénieur quant aux motivations supposées de leur ennemie.
Si Nebula était allé chercher la gemme sur Knowhere, elle reviendrait bredouille.
La curiosité lui piqueta l'estomac.
Que voulait-elle en faire ?
Il rangea précautionneusement l'artefact.
Ils le sauraient bien assez tôt.
Voilà pour ce chapitre matinal mes cobayes. J'espère qu'il vous aura plû.
A très vite,
Laukaz.
