Salut mes lapins !
Comment ça va ?
Merci encore pour vos reviews ! Ça me motive a essayer de maintenir un rythme d'un chapitre une fois par semaine (même si en ce moment c'est deux fois plus dur, puisque j'essaye d'avancer aussi ma fic spideypool à un rythme décent ! )
Voilà le nouveau chapitre. Le prochain marquera une transition radicale, et un brusque virage dans l'intrigue. J'espère que vous appréciez le teasing xD
Bonne lecture !
Guest : Ravie d'avoir réussi à te voler ton temps de cette façon! J'espère que tu ne regrettes pas et que al suite est à ton goût =D
Chapitre 16 : Ne passez pas par la case départ.
Deux jours s'écoulèrent, lents et paresseux, à tel point que Loki et Tony crurent n'en voir jamais le bout.
Ils naviguaient, mal à l'aise, dans l'environnement de leurs deux malheureuses victimes, sans le connaître et sans n'y avoir jamais appartenu.
Chaque minute, chaque seconde apportait son lot de questions et d'angoisses.
Que fallait-il faire ? Où fallait-il aller ? Quels étaient leurs amis, ici, leurs ennemis ? Comment répondre aux questions sans paraître à côté de la plaque, comment coller à l'identité des gens dont on ignore tout ?
Le plus dur était de conserver un air calme et détaché, comme si tout était parfaitement normal.
A chaque nouvelle interaction, à chaque question, ils risquaient davantage d'être démasqués.
Jamais être sociable n'avait été aussi pesant pour Tony.
Il vivait tel un robot, suivant mécaniquement l'emploi du temps affiché sur son lit, voguant d'une situation irréelle à une autre.
La journée était stressante, et la nuit n'apportait aucun repos.
Sans compter les fréquents exercices inopinés imposés par des instructeurs sadiques en plein milieu de la nuit, l'ingénieur peinait à trouver le sommeil.
Partager de longues discussions télépathiques avec Loki devenait une habitude, à peine s'étaient-ils séparés pour le couvre-feu.
Sans prononcer un mot, ils échangeaient leurs hypothèses sur cet endroit, sur Nebula, ses objectifs et projets, le moment ou, enfin, elle poserait de nouveau les pieds sur ce navire, la manière dont ils l'approcheraient et bien d'autres choses encore.
D'une chose, ils ne parlaient jamais.
De l'avant. De leurs vies, avant.
Et, surtout, de l'après.
Les rares instants ou Tony parvenait à trouver le sommeil, des rêves d'une violence précise le submergeaient, pour le réveiller en sueur et au bord de la crise de panique.
La plupart présentaient Loki, toujours en proie aux tortures d'un être supérieur que Tony ne parvenait pas à identifier.
Parfois, le Jotun le pressait contre un mur, ses grandes mains venaient s'enrouler autour de la gorge de Tony, qui rêvait d'une asphyxie lente et douloureuse. La voix du sorcier, distordue, lui susurrait une phrase, toujours la même : « Je t'ai dit que tu serais le premier à mourir… »
Le reste était encore trop flou. Un hélicoptère, des draps froissés, des étagères pleines de livres et le fameux champ de lavande, seul de ses rêves à présenter un caractère agréable.
Il n'en parlait pas à Loki. De toute évidence, il s'agissait là des souvenirs enterrés au plus profond de lui, qui tentaient de percer un chemin jusqu'à la surface de sa conscience.
Au vu de la noirceur de la chose, Tony hésitait parfois à poursuivre sa démarche.
Avait-il vraiment besoin de savoir ?
La réponse variait environ trente fois par jour. Selon l'humeur.
Oui. Non. Oui. Non. Pourquoi faire, de toutes manières ? Connaître le passé ne changerait pas l'avenir.
Et pour l'instant, c'est sur l'avenir, qu'il devait se concentrer.
Un avenir proche.
Le milliardaire retrouva sa concentration juste à temps pour éviter un coup de poing magistral qui lui aurait probablement disloqué la mâchoire.
- Bob, t'es une vraie brute !
- Tu ramollis mon pote ! Belle esquive !
Tony se déplaça vivement sur la gauche, pour éviter le nouveau coup visant son plexus.
Pas assez concentré, il n'anticipa pas un vif changement de trajectoire.
Le corps de Bob, bien que massif, était d'une souplesse remarquable. Ses mains empoignèrent Tony : l'une par le col de son uniforme, l'autre par le haut de son pantalon.
Avant qu'il ne comprenne le pourquoi du comment, Tony effectuait un magnifique vol plané à travers la salle d'entraînement, pour s'échouer avec la grâce d'un mollusque apathique sur un tapis souple.
Il fallait reconnaître aux pirates leur organisation hors-norme, mais aussi la qualité de leur matériel.
Le navire comportait douze salle identique à celle-ci. Tapissées de murs d'escalade, ornées de parcours d'obstacle et pourvues d'un espace dédié aux arts-martiaux, instructeur et armes en bois inclus. Les soldats humains en seraient morts de jalousie.
Sonné, Tony accepta en grommelant la main d'un Bob rieur, qui l'aidait à se remettre sur pieds.
Quelques coups frappés sur un gong annoncèrent la fin de l'entrainement.
« Enfoiré… Si j'avais mon armure, tu ferais moins le malin ! Ou même, si je faisais trois mètres douze comme toi, ou si j'avais trois potes pour m'aider… »
Les deux hommes, transpirant de s'être battus deux heures durant, quittèrent la salle pour gagner les vestiaires, en compagnie d'une dizaine d'autres pirates.
Tony avait compté sur cette petite séance défoulement pour se vider la tête : c'était raté.
A côté de lui, Bob enfilait une veste de cuir cloutée au-dessus de son uniforme, bien trop moulante.
- Ça me fait penser à la fois ou on s'était paumés dans un village pourri de Muspelheim ! Comment c'était le nom déjà ?
Il réfléchit une seconde, et ne trouva pas la réponse. Il chassa le détail d'un geste de la main pour se recentrer sur l'essentiel.
- Bref, on s'en fout. Et il y avait cette arène avec les gars qui se tapaient dessus… Et John est descendu leur montrer comment on se bat, quand on est un homme ! Qu'est-ce qu'on s'était marrés n'empêche !
Tony força à un sourire convaincant à naitre sur ses lèvres.
- Tu m'étonnes ! Ça leur avait bien fais les pieds, ajouta-t-il, sans avoir la moindre idée du sujet sur lequel il s'avançait.
« Muspelheim ? John ?... Connais pas. »
« C'est l'un des neuf mondes de cette dimension, mortel. Les voisins d'Asgard, en quelque sorte. »
« Ça me fait une belle jambe »
Tony n'écoutait plus que d'une oreille distraite Bob se lancer dans l'explication détaillée de la technique de combat de ce fameux John. L'ingénieur se contenta d'acquiescer régulièrement.
« Et en plus, fallait que je tombe sur la pipelette du navire. Joie »
« Ne te plains pas, mortel, ou je t'étrangle. »
Tony sourit discrètement.
Effectivement, la situation de Loki n'était pas plus enviable.
- Tu m'as trompé, c'est ça ?! Allez, dis-le enfoiré, au lieu de mentir ! Tu ne sais faire que ça, mentir !
« Là, pour le coup, elle a pas tout à fait faux… T'as même obtenu un titre de dieu pour ça ! »
« Tais-toi mortel. Il me faut me concentrer. »
Loki se mordilla l'intérieur des joues d'un air faussement contrit.
Il avait réussi à éviter la sangsue pendant deux jours. Deux jours à fuir et se cacher aux détours de couloirs, à la plus grande hilarité du sinistre humain qui lui servait d'allié.
Cette fois, il s'était fait prendre de cours.
Adossé face à une porte fermée, il n'avait nulle part ou fuir. Okaï lui faisait face, les bras croisés sur la poitrine, les yeux furieux sous ses sourcils froncés.
- Je ne te reconnais plus, Ra. J'ai l'impression que tu n'es plus l'homme que j'ai rencontré au rocher solitaire, il y a quatre ans.
Loki retint un soupir. Tant de mièvrerie l'ennuyait.
Il chercha du soutien du côté de la présence télépathique de Tony.
Il ne parvint pas à effleurer l'esprit du milliardaire.
Un vent d'inquiétude le fit frissonner.
Ce n'était pas normal. Contacter un esprit qu'il connaissait si bien ne lui demandait aucun effort. Or, présentement, il ne rencontrait que le néant.
Son intérêt déjà maigre pour la conversation avec la jeune femme s'amenuisa encore.
- Réponds-moi !
- Mais si, je suis encore le même, répondit mécaniquement Loki, l'esprit ailleurs. Je suis fatigué, c'est tout.
Un sourire victorieux éclaira le visage d'Okaï.
Elle sortir de sa poche un poignard, et fit un pas en direction d'un sorcier ébahi, et quelque peu dépassé par les évènements.
- Fatigué au point d'oublier qu'on s'est rencontré ici-même il y a moins de six mois ?
Les pupilles du Jotun se dilatèrent alors qu'il réalisa son erreur.
Au bout du couloir, huit pirates avançaient, l'arme au clair.
- Je vous l'avais dit, les gars, cria Okaï. Alors enfoiré, t'es qui ? T'as fait quoi de mon mec ?
Loki recula d'un pas. Son dos percuta le mur, infranchissable.
Il passa rapidement en revue les possibilités qui s'offraient à lui.
Détruire l'ensemble du navire et de ses occupants lui plaisait bien. Il caressa l'idée.
Son espoir de destruction fondit bien vite en découvrant que deux des huit pirates qui s'approchaient inexorablement remorquaient un Tony inconscient, le retenant sous les bras comme une vulgaire poupée de chiffon. Une dague posée sur sa jugulaire, menaçante, retint Loki d'agir.
Un seul geste déplacé, et les pirates trancheraient la gorge de son seul allié.
Cette perspective l'ennuyait au plus haut point.
Il pouvait toujours fuir. Utiliser la magie. Faire naître une illusion pour s'en sortir. Mentir.
Mais rien de tout cela ne lui permettrait de s'assurer de l'état de Tony, ni même de boucler leur mission concernant Nebula.
- Tu ne veux pas parler ? le harangua Okaï, qui avançait toujours, prédatrice de l'ombre prête à déchirer sa proie. On va attendre le retour de la sorcière. Je suis sûre qu'elle sera ravie de vous trouver à tous les deux un châtiment adapté…
« Pourquoi pas. Ça veut dire qu'il y aura une confrontation, à son retour. Voilà qui est mieux que rien ».
Loki leva lentement les mains en l'air, faussement résigné.
- Ça va. Je me rends. Enlevez donc cette lame du cou de mon ami, et on pourra peut-être discuter comme des adultes civilisés…
Une douleur vivace tira Tony hors des griffes de l'inconscience.
Son crâne le lançait terriblement.
Ouvrir les yeux était encore trop dur.
Le milliardaire passa une main hésitante à l'arrière de sa tête, et souleva à peine une paupière.
Du sang séché.
La mémoire lui revint.
Bob l'avait frappé ! D'un grand coup sec, qui l'avait propulsé vers le néant.
Non sans ajouter « John n'existe pas, et on a jamais mis les pieds à Muspelheim, abruti ! »
C'est un sentiment d'urgence un peu tardif qui le poussa à se redresser brusquement, les yeux grands ouverts.
- Quoi ? Que… Hein ?
Il fut surpris de se découvrir entier et vivant, assis dans ce qui s'apparentait fortement à une cellule de prison. Le sol de métal mat était froid et lisse. Il régnait une odeur aseptique, comme celle qu'on trouve dans les hôpitaux. Un matelas constituait le seul mobilier de la pièce de quatre mètres carrés.
Un Kree gigantesque, assis en face de lui et dos au mur, passait le temps en dessinant du bout des doigts dans la poussière sur le sol.
Son cerveau se remettait doucement en place.
Loki. Sous la forme de Ra.
- Qu'estcequis'estpassé ? grogna l'ingénieur d'une voix rauque et ensommeillée.
Loki lui offrit un sourire franc. C'était une image étrange.
- Il semblerait que nous soyons tous les deux en prison. Encore.
- Encore ? Comment ça encore ?
Le sorcier se rembrunit, baissa les yeux vers son dessin et l'effaça d'un geste de la main. Presque rageur.
- Rien. Oublie.
Les mâchoires de Tony se crispèrent.
Oublier, il ne faisait que ça.
Et cet état de fait commençait à lui peser.
Merci d'avoir lu ! (Vous aussi vous trouvez la fin un peu brusque ? Moi oui xD Mais j'avais pas mieux ! )
On se retrouve au prochain chapitre, pour l'heure du changement !
La bise,
Laukaz.
