Salut mes petits Cobayes,

Ça va bien ?

Un nouveau chapitre en ce dimanche ensoleillé. Et ensuite, je vais aller boire une bière en terrasse. J'adore l'Alsace *-*

Sinon, pendant que j'en suis au racontage de vie, sachez que mon existence entière est dédiée à l'écriture en ce mois de Novembre, puisque outre mes fics, je participe au NaNoWriMo. Si vous aussi, faites-moi un signe =D On se soutiendra mutuellement.

Merci à tous de suivre et de commenter cette fic. Ça signifie beaucoup pour moi.

On se retrouve en bas !


Chapitre 21 : L'aube de la fin des temps.


- Loin de moi l'idée de vouloir troubler la joyeuse – mais néanmoins suicidaire- camaraderie de notre petite troupe, mais vraiment, messieurs, suis-je la seule à avoir comme un doute ?

Nebula, qui retenait au mieux quelques remarques caustiques depuis une bonne heure, n'y tenait plus.

Devant l'absence de réponse de ses alliés, elle s'entêta :

- Peut-être que, pour des raisons diverses et variées, vous souhaitez tous décéder rapidement. Ce n'est pas mon cas. Or, il s'avère que traverser un champ peuplé d'un bon millier de colosse à la nuit tombée revient à choisir une mort rapide et efficace. On ne va quand-même pas le faire ?

Loki lui lança un regard appréciateur.

Il n'avait pas trop aimé qu'elle le poursuive aux quatre coins de la galaxie. Son entêtement aurait pu lui coûter cher : il l'avait épuisé, presque réduit à l'impuissance. Mais désormais, il devait lui reconnaître une certaine classe.

Tony capta le regard du Jotun et le gratifia d'une pichenette sur le front.

- Je connais ce regard. C'est le regard « oh tiens et si je cherchais de nouveaux alliés pour commettre crimes et délits dès que je serais rentré sur Terre. » N'y penses même pas !

- Ton manque de confiance m'attriste, susurra Loki, ignorant l'impatience manifeste de Nebula qui aurait aimé que l'on s'intéresse à ses questionnements.

L'ingénieur prit le parti de l'ignorer.

- J'ai peut-être une idée. Malthael pourrait nous faire survoler ce champ, un par un, et nous déposer directement sur le perron du manoir. C'est pas classe ça ?

La créature le détrompa.

- Je regrette. Tu as de nouveaux alliés dans ton équipe, chevalier. Il est temps pour moi de partir…

- Quoi ? Tu me laisses avec un lieutenant puceau…

- Capitaine. Pas lieutenant ! s'insurgea le concerné.

- … un croisement entre un schtroumpf et R2-D2…

- Restez-polis, Stark, l'apostropha Nebula.

- …et un gothique à l'ego disproportionné ?

- Aussi gros soit-il, il ne réalise en rien avec le tien, lui fit remarque Loki, un sourcil haussé.

- C'est ce qu'ils disent tous… Héhé… Bref, on est quatre pécores contre une armée de géants bardés de métal ? Ça sent le décès…

Malthael ignora royalement l'échange.

- Sans déc ? On faisait une super team toi et-moi, tu me refiles les bras cassés et tu t'en vas ?

- Et nous, on compte pour du beurre ?

Une voix plutôt familière venait de résonner derrière eux.

Les quatre alliés se retournèrent comme un seul homme. Malthael profita de la distraction pour s'envoler gracieusement.

- Yo, Stark, Cap, le petit frère pas désiré et … Madame ?

Tony crut rêver. Loki le foudroya du regard.

- Ceci est bien une création de ton esprit, mortel ? Pourrait-on savoir par quel magie ces deux-là se retrouvent ici ?

Face à eux, sanglés dans leurs costumes emblématiques mais entièrement blancs, se tenaient Deadpool et Spider-man.

L'araignée, un grand sourire aux lèvres, vint donner l'accolade à Steve puis à Tony, alors que Wade Wilson se dirigeait vers Nebula.

Il saisit la main bleue entre ses doigts et fit mine d'y déposer ses lèvres, sous le regard effaré de la jeune femme.

- Salut les gars. Je peux savoir ce qu'il se passe ? J'ai manqué la fête ou quoi ? Et le délire des combinaisons albinos, ça sort d'où ?

- C'est une longue histoire, constata simplement Tony, qui cherchait encore une explication à l'arrivée des deux nouveaux.

Wade pestait contre l'absence de ses katanas fétiches.

Les autres se demandaient la raison de leur venue ici, et essayaient de comprendre comment tout ceci était possible.

Lui s'en fichait royalement.

- Sympa le décor ! J'ai l'impression d'être dans marioland !

- T'es pas un peu curieux, Wade ? s'enquit Peter, dont l'esprit rationnel peinait à accepter l'étrangeté des évènements.

- Ça doit être encore un de mes délires… Pas de quoi s'inquiéter. J'ai l'habitude des coups foireux de mes scénaristes… Regarde, il y a dix minutes, j'étais dans une autre fic occupé à essayer de te pécho. Alors bon, je ne cherche plus à comprendre.

Les autres échangèrent un regard, teinté d'incompréhension. Les propos du mercenaire n'étaient jamais réputés pour leur clarté absolue. Tony décida de passer outre – c'était le seul comportement à adopter.

- Ce qui m'inquiète, c'est qu'il soit en blanc. Je veux dire, pardon Wade, mais la dernière fois qu'on s'est croisé, t'étais déguisé en soubrette et t'as fait exploser ma tour !

- Ouais, désolé pour ça… Enfin tu sais, moi je suis du côté de celui qui me paye… Faut croire qu'on m'a payé pour te sauver les miches, Iron-man !

- Ridicule, souffla Loki.

Le mercenaire l'agaçait hautement. Il lui évoquait de bien sombres souvenirs, et son humour douteux lui paraissait particulièrement… inélégant.

- Bon, et bien voilà un fou, conclut Steve en pointant Wade du menton. Et une seconde tour.

- Ah ! Cet avorton, une tour ?

Le doute se lisait clairement dans les pupilles vertes du demi-dieu.

- Ohla, relax Lolo. T'es juste jaloux parcequ'une tour vaut plus de points qu'un cavalier. Allez pleure pas, si t'es gentil je te signerai un autographe à la sortie.

Il fallut toute la force de Steve et toutes les menaces de Tony pour empêcher Loki et l'araignée de se jeter l'un sur l'autre.

- Ce qui est bien avec des amis comme ça, prêts à s'entretuer, c'est qu'on n'a pas besoin d'ennemis, finalement, chuchota Nebula à l'oreille de Steve qui opina du chef.

Il fallut une bonne demi-heure pour faire retomber la tension de l'instant.

Lorsque les héros se concentrèrent de nouveau sur leur objectif, le soleil d'automne avait complètement disparut à l'horizon.

Le régiment noir et immobile qui occupait la plaine paraissait d'autant plus menaçant à la lueur tremblotante des quelques étoiles qui envahissaient les cieux.

Tony en fut surpris. Jusqu'à présent, il n'existait pas de nuit dans ce monde étrange, seulement cette étrange semi-clarté.

C'est donc de mauvaise grâce que le petit groupe choisit de « monter un camp » pour la nuit, bien que Peter fasse judicieusement remarquer l'absence de tente, de feu et de nourriture. « Et de filles de joie », ajouta Wade.

- On fait avec ce qu'on a, bougonna Tony.

- Ton esprit est super pauvre, rétorqua le mercenaire. La prochaine fois, prévois le camping-car et les hots-dogs.


« La tache vermeille reflète la lumière polychrome d'un vitrail. Des gouttes pourpres tombent au sol, au ralenti.

Le liquide, épais et brillant, couvre le tissu blanc, chaque seconde un peu plus.

L'image s'éclaircit, prend un nouveau sens.

Loki observe le manche du poignard qui est fiché dans sa poitrine, qui dénote sur son armure d'albâtre. Ses yeux s'écarquillent, du sang perle au coin de ses lèvres.

Il titube. Ses mains se referment sur le manche d'ébène.

Il s'effondre. »

Tony se redressa brutalement, contenant au mieux un cri de terreur.

Il lui fallut de nombreuses secondes pour calmer les battements affolés de son cœur.

Le craquement du bois léché par les flammes, et la respiration régulière de ses amis achevèrent de le rassurer.

Tout le monde était en vie.

Pour l'instant.

Un feu était apparu, comme sorti du néant, autour duquel ils s'étaient regroupés.

« Il a pas tort, Wade. Mon cerveau est complétement barré. Faut que je me paye une psychanalyse dès mon retour… »

Comprenant que le sommeil ne reviendrait pas, pas après ça, il se redressa prudemment.

Des étoiles blanches scintillaient dans un ciel sans lune. Sans la lumière orangée des flammes, l'obscurité aurait été quasiment totale.

Il avisa Loki, assis en tailleurs près du feu, les yeux bien ouverts. En vie.

Son tour de garde.

Tony se traîna jusqu'au sorcier, prenant bien soin d'enjamber les corps endormis de Peter, Steve et Nebula. Il nota l'absence de Wade.

Loki devina son interrogation silencieuse. Il murmura, lorsque Tony vint s'installer à ses côtés :

- Il m'a crié « je vais me masturber dans les bois, je re ». C'est un personnage horrible. Pourquoi est-il dans notre équipe ? Ai-je l'autorisation de le tuer ?

- Je me pose la même question, bougonna le coupable. Nous avons trop peu d'alliés pour nous permettre de les tuer nous-même.

Le silence s'installa, entrecoupé de crépitements et des grognements de Peter, probablement plongé dans un mauvais rêve.

Comme en écho à ses pensées, Loki lui lança, moqueur :

- Tu cauchemardais mortels ? Je t'ai vu t'agiter…

- Tu devrais pas me regarder dormir. C'est malsain, rétorqua Tony du tac au tac.

- Ton sommeil était plus calme dans mes souvenirs.

L'ingénieur se frotta les mains près du feu. Le froid s'infiltrait chaque minute un peu plus dans ses membres engourdis.

Depuis son arrivée, il lui semblait pouvoir sentir cette ligne gelée traverser son corps, s'étendre comme une toile d'araignée gigantesque, aux ramifications multiples et complexes.

Ses doigts touchaient presque les flammes, pourtant.

« Ça ne marche pas. Ça ne me réchauffe pas. C'est à l'intérieur, que j'ai froid… »

- Je rêve de ta mort, répondit-il simplement.

- Tu m'étrangles de tes propres mains ? Voilà qui devrait plutôt être satisfaisant…

- Ça devrait. Mais ça ne l'est pas. Et je ne t'étrangle pas. Je te plante un poignard en plein cœur, si tu veux tout savoir.

- Amusant.

Cette notion d'amusement échappait à Tony.

Cette vision récurrente le perturbait. Il préféra la chasser de son esprit.

- Que fera-t-on, demain ?

Loki étudia un instant la question, et choisit ses mots avec soin.

- Nous irons purger ce lieu de la présence maléfique du titan fou. Et nous rentrerons chez nous. Enfin, chez toi. Il n'y a pas de « chez moi « où que ce soit.

- Et ensuite ?

- Ensuite… Tu m'avais parlé d'une tequila, il me semble.

Un étrange besoin d'honnêteté et d'intimité traversa Tony.

- Improbable, quand on y pense. Toute cette histoire. L'étrange tournant qu'a pris notre… relation, à un moment donné.

Il avait oublié, l'espace d'un instant, les capacités de Loki. Son charisme, sa voix flutée, ses yeux rieurs. Ses mots de miels, ses mots envers lesquels Thor lui avait recommandé la plus grande méfiance. Le titre de « prince des mensonges » lui revint à l'esprit alors que Loki lui répondait :

- Tu veux ma version ? La voici. Toute ta vie, tu n'as pensé que de manière rationnelle. Avec ton cerveau, et ta logique. Et puis, le traumatisme de Manhattan, couplé à une accumulation de misère amoureuse et d'aventures improbables, t'a forcé à réfléchir avec une autre partie de ton anatomie…

- Improbable. Tu es bien conscient que je n'ai jamais désiré un homme ?

- Cette affirmation est fausse. En tous cas, le temps employé l'est, murmura le Jotun, cherchant l'attention de son interlocuteur.

Ce dernier la lui refusa, gardant les yeux obstinément rivés vers les flammes.

- Je n'avais jamais désiré un homme, consentit-il à contrecœur. Ça n'a aucun sens.

- Alors, peut-être qu'il est d'autres éléments de ma personnalité que tu as appris à apprécier…

Tony n'avait que son heaume à portée de main.

Il le jeta sans grande conviction sur l'importun, pour le faire taire.

Loki dévia l'objet dans un sourire, et le bruit du métal cognant contre le sol arracha un grognement à Steve de l'autre côté du feu.

Les deux complices baissèrent le ton, pour ne pas réveiller leurs compagnons.

- Tu penses trop, Stark. Il suffit d'observer ce monde, pour le comprendre. Tu es si compliqué. Ne peux-tu pas, simplement, prendre le temps de vivre, plutôt que de tenter de rationnaliser chaque chose ?

- Fallait le dire avant que je finisse le MIT à quinze ans… Désolé mon gros, mais dans ma famille, on est plutôt du genre rationnels. Et puis ton conseil, tu pourrais tout aussi bien te l'appliquer. Dans le genre compliqué, t'es pas mal non plus…

- J'aimerais t'embrasser, mortel.

- La vache ! Tellement de choses ne vont pas dans cette phrase que je ne sais pas par où commencer !

- Essaye…

- Depuis quand Monsieur Loki d'Asgard, dieu de la ruse, ancien dieu du mal, membre de la cabale et j'en passe, demande la permission ? Je t'ai connu à une époque où tu prenais par la force tout ce que tu convoitais…

- Il faut croire que même les dieux peuvent changer, mortel.

- Et puis ce n'est pas en m'appelant « mortel » toutes les cinq minutes que je vais répondre oui ! Et c'est vachement direct comme approche ! On en est juste au stade ou j'ai accepté de ne pas t'étriper, tu sais ?

- Ça valait le coup d'essayer, rétorqua le sorcier.

Il s'étira, puis lissa l'herbe derrière lui, retirant les cailloux irréguliers du sol afin de s'allonger confortablement.

- Sais-tu pourquoi je te nomme ainsi ?

- Parceque je suis mortel ?

- Exactement. C'est un rappel constant de la raison pour laquelle je me dois de rester détaché de ta destinée. Ton existence prendra fin d'ici quelques années, poussière devant les millénaires qui me restent à jouir de cette existence.

Il y avait une certaine amertume qui perçait les deniers mots, révélant leur nature hautement ironique.

- T'es vraiment pas doué pour remonter le moral, mec.

- Désolé.

Tony médita un instant l'information.

Puis il songea au lendemain. Plein d'incertitudes.

Puis il songea qu'il songeait trop. Et que Loki avait raison.

A l'horizon, le soleil naquit, mince trait brûlant qui chassait les étoiles et l'atmosphère feutrée de cette nuit glaciale. Au même moment, Wade apparut entre deux grands chênes non loin. Loki se redressa.

- Une raison à cette envie soudaine ? poursuivit Tony, qui aurait volontiers profité de ce calme encore quelques minutes.

- Il m'amuse de te mettre dans l'embarras. J'étais curieux de ta réaction.

- Connard.

Un coup de coude s'égara dans les côtes du sorcier, qui sourit en se relevant.

Il chassa distraitement la poussière de ses cuisses, déplissant le tissu vert et or qui le couvrait toujours. Puis il tendit une main à l'ingénieur, pour l'aider à se redresser à son tour.

- On peut savoir pourquoi ce sourire niais est plaqué sur ton visage ? grommela le milliardaire, presque vexé.

Loki resserra sa prise sur les doigts de son interlocuteur, et l'amena à lui.

Alors que Wade gagnait le camp et réveillait Peter en lui sautant dessus, Loki se pencha en avant, murmurant au creux de l'oreille de son compagnon des mots que lui seul put entendre :

- Ce n'est pas un sourire niais, mon cher. C'est un sourire satisfait. Satisfait de voir que tu es redevenu le Tony Stark que j'ai connu. Vulgaire, violent, égocentrique.

- Je ne vois pas en quoi c'est satisfaisant ?

- Si tu es de nouveau toi-même, alors il existe une chance que tu succombes de nouveau à mon charme…

Tony parvint à fuir l'emprise du grand homme, contournant le feu pour rejoindre la protection rassurante d'un Steve qui se réveillait difficilement.

- Aucune chance, espèce de pervers ! J'ai subi un syndrome de Stockholm une fois, ça suffit ! dit-il à l'attention du sorcier toujours amusé.

- Qu'est-ce que je disais ? Cette mauvaise foi…De nouveau toi-même.


- Mais qu'est-ce qu'il fait, cet abruti ?

Cette question flottait dans tous les esprits. Sous des formes peut-être moins crues, certes, mais l'idée générale demeurait la même.

Wade avait faussé compagnie au petit groupe à peine rentré de sa virée nocturne.

Pour descendre dans la vallée.

Il évoluait désormais à moins de vingt mètres de la première rangée de colosses, sous l'œil inquiet de ses compagnons.

Tony plaça ses mains devant son visage, pour que sa voix porte suffisamment loin :

- Qu'est-ce que tu fais, espèce de débile ?! Ils vont te massacrer!

- Je peux pas mourir, Stark, cria en retour le mercenaire.

Il avançait, les mains dans les poches, presque guilleret.

- Revient ! Tout le monde peut mourir ici !

- Ouais je sais, mais moi c'est plus compliqué ! Même si je meurs physiquement, j'ai eu un petit différent avec La Mort… Elle m'a banni de son royaume ! Quoiqu'il arrive, elle me foutra dehors. C'est toujours elle qui décide, à la fin, et en l'occurrence, elle ne veut pas me voir mettre les pieds chez elle !

- Ça ne va pas être joli, constata Nebula, le front plissé dans l'attente du drame qui ne tarderait pas à survenir.

Rien ne se produisit.

Wade franchit la première ligne de soldats sans aucun dommage.

Les géants de pierre ne cillèrent pas. Leurs yeux demeurèrent éteints, leurs mains sagement posées sur la garde de leurs épées de fer.

- Vous voyez ?! Pas de quoi flipper ! Allez, ramenez-vous !

- C'est la stratégie la plus simpliste de tous les temps, remarqua Loki. Je suis presque déçue qu'elle fonctionne.

- Avoue, tu aurais aimé le voir se faire étriper sur ce champ de bataille…

Le silence du sorcier confirma l'accusation.

- Oh, et puis merde, moi je le suis, enchaîna Spider-man.

D'un bond, il combla la distance qui le séparait du fond de la vallée, amortissant sa chute à l'aide d'un lancer de toile exemplaire.

Il courut après Wade pour se mettre à sa hauteur, et, ensemble, ils évoluèrent en discutant tranquillement au milieu des statues stoïques.

Les trois autres, dubitatifs, attendirent encore cinq bonnes minutes avant de consentir à les rejoindre.

- Après tout, il n'y a pas d'autre chemin, souligna Tony.

Ils rattrapèrent donc leur retard, et, bientôt, le petit groupe évoluait au cœur de l'armée ennemie, discutant de la pluie et du beau temps.

Wade, curieux, en vint même à frotter les pieds d'un colosse pour étudier sa réaction. Peter le foudroya du regard.

- Mec, n'abuse pas non plus ! Ce serait con qu'ils se réveillent tous en même temps !

Cette remarque doucha légèrement la bonne humeur générale.

Oui, ce serait vraiment con.

Ils accélérèrent le pas, pressés de laisser derrière eux cette collection inquiétante.

L'aube disparaissait au profit d'une journée magnifique lorsqu'ils parvinrent face au manoir.

Quatre tours fines et noires, des douves profondes traversées par un pont de marbre, des colonnes grecques finement sculptées pour soutenir une charpente délicieusement raffinée… Le mélange des genres était surprenant, mais pas désagréable à l'œil.

De part et d'autre du pont qui menait aux marches du perron se trouvaient deux mares.

Petites étendues d'eau absolument semblables : bordées de roseaux et d'ajoncs, surplombées de magnolias dont les grosses fleurs roses poudraient la surface des eaux placides, une seule différence existait.

Les eaux de l'une se teintaient d'un noir d'encre, celles de l'autre, du blanc le plus pur.

- Bon, les gars, c'est le moment de vous convertir, souffla Wade à l'oreille de Loki qui peina à masquer son mépris.

- De quoi ? s'inquiéta Steve, que les propos du mercenaire affectaient davantage encore que tout autre membre de la compagnie.

- Sérieux, je suis le seul à caler le délire ? Allez, Madame, Lolo, plongez là-dedans. Comme ça vous serez officiellement de notre côté.

Les deux complices, toujours vêtus de leur armure noire, hésitèrent.

Ce fut Nebula, la première, qui esquissa quelques pas en direction de la mare blanche. Elle marqua un nouveau temps d'hésitation lorsque ses pieds rencontrèrent la surface de l'eau. Puis, déterminée, elle s'enfonça au centre du lac, chassant les pétales roses de son chemin.

Loki soupira comme si tout le malheur du monde pesait sur ses épaules avant de daigner la rejoindre.

- C'est la première fois que j'assiste à un baptême, souffla Peter, faussement ému, alors que leurs deux alliés s'immergeaient complètement.

Ils ressortirent parfaitement secs, mais drapés de la couleur de leur nouveau clan.

Tous les cinq, face au manoir inquiétant, désormais officiellement dans la même équipe.

- Génial, maintenant j'ai l'impression qu'on fait partie d'une secte, un genre de Ku Klux Klan bizarre!

L'humour de Wade arracha un maigre sourire aux autres, Tony excepté.

Son cœur s'était serré, lorsque Loki était sorti de l'eau, vêtu d'une armure rutilante de nacre et d'argent.

Exactement la même armure qu'il portait dans cette vision récurrente où un poignard d'ébène lui transperçait la poitrine.

Steve serra affectueusement l'épaule de l'ingénieur. La sensation désagréable, ce mauvais pressentiment mêlé d'angoisse, reflua, mais ne disparut pas complètement.

- Allons-y, conclut sobrement le Capitaine.


Pfiou, et bien voilà pour ce chapitre. J'aurais dû considérer que mes fics entrent en compte pour le NaNo, avec des chapitres de cette taille j'aurais vite atteint l'objectif xD

J'espère que ça vous a plu, j'ai hâte de lire vos commentaires !

La bise,

Laukaz.