Pour une journée de printemps, le ciel était étonnement clair. Pas un nuage à l'horizon. Sur le bleu de l'azur se détachaient les flocons rosés des cerisiers.
Les élèves faisaient foule aux portes du collège. Les Première Année, exaltés par la perspective de rentrer enfin dans la cour des grands, franchissaient l'enceinte avec hâte pour découvrir ce lieu qui serait le témoin de leurs premiers déboires d'adolescents. Leurs aînés, plus ou moins en marge de cette effervescence, se préoccupaient davantage de retrouver leurs camarades de l'année précédente, et de vérifier non sans appréhension dans quelles classes le sort les avait fait échouer pour les douze prochains mois.
Au milieu de toute cette agitation, un jeune garçon faisait son petit bonhomme de chemin, sans jamais attirer l'attention. Il lisait un livre en marchant, et ne se souciait guère des bruits alentour. Le sac sur l'épaule, il tira légèrement sur le col de son blazer pour s'assurer qu'il était bien droit. Malgré son visage qui ne trahissait pas le moindre enthousiasme, intérieurement, il ressentait une certaine fierté à porter l'uniforme de Teikô. Le collège qu'il venait d'intégrer jouissait d'une réputation d'excellence, et surtout, il était fameux pour son club de basket au palmarès prestigieux. « Toujours victorieux », telle était la devise reine de l'établissement, et de ses joueurs d'élite.
Aussi, en dépit du fait qu'aucun des démarcheurs des différents clubs d'activité ne l'ait approché ce jour-là, Kuroko savait-il déjà vers où se diriger. Non sans une certaine inquiétude. L'idée de passer le test de sélection l'effrayait un peu. Cela faisait tout juste deux ans qu'il avait commencé le basket. Et il avait conscience de ne pas être très doué. Mais lui et son meilleur ami s'étaient fait une promesse, le jour où celui-ci avait déménagé. Ils s'étaient promis qu'ils s'entraîneraient chacun de leur côté, au sein du club de leur collège, et qu'un jour ils s'affronteraient, au cours d'un tournoi officiel. Aussi fabuleux que cela put paraître, il en avait fait son objectif, son rêve. Et il était prêt à fournir tous les efforts du monde pour le réaliser.
Bientôt, il arriva devant le gymnase où devaient se dérouler le test probatoire. Il ferma les yeux, inspira un grand coup. Et entra.
L'annonce des résultats se fit dans un climat de tension extrême. Pour intégrer le club de basket tant convoité, les candidats faisaient légion. Il fallait bien dire qu'il s'agissait d'une véritable institution au sein du collège, si prisée qu'elle avait été divisée en trois sections. Seuls les membres de la Première Section pouvaient prétendre au poste de titulaire. Mais parmi l'assemblée des Première Année, tous s'accordaient à dire qu'il était impossible pour eux d'intégrer la plus haute section. Aussi aspiraient-ils tous à être retenus dans la Deuxième. Kuroko, de son côté, était loin d'être aussi confiant. Il croisait les doigts de toutes ses forces, priant pour qu'on appelât son nom.
Les coachs nommèrent un à un les élèves qui feraient partie de la Troisième Section. Kuroko était au comble de l'angoisse. Il en oublia même de respirer.
Enfin, son numéro fut appelé. Le 31. C'était lui. Il avait réussi.
Un profond soulagement l'emplit de la tête aux pieds. Les membres de la Deuxième Section furent cités à leur tour, mais il n'y prêta pas attention.
Il était sur son petit nuage.
Lorsque la litanie du coach prit fin, il s'attendit à ce qu'on leur donnât congé, et à quitter le gymnase.
Mais, à la surprise générale, l'annonce des nouveaux membres se poursuivit.
Cette année-là, pour la première fois dans l'histoire du club, des élèves de Première Année intégraient d'office la Première Section.
Ils étaient quatre. Chacun avait quelque chose d'unique, un charisme incontestable, qui attirait tous les regards. Et pourtant, ils ne se ressemblaient en rien.
Le premier à être appelé était le numéro 8. Il était déjà grand, pour un collégien. Et son physique ne laissait aucun doute quant à ses compétences athlétiques. Il avait l'allure même d'un joueur de basket – à se demander s'il n'avait réellement que 12 ans. Son trait distinctif était sans doute sa peau mate, et il évoqua à Kuroko un cookie un peu trop doré. Son nom était Aomine Daiki.
Le second numéro fut le 11. Avec ses lunettes et sa coupe de cheveux très sage, Midorima Shintarô tranchait radicalement avec le précédent. A le voir, personne n'aurait deviné qu'il faisait du basket – ni même qu'il pratiquait le moindre sport, toute discipline confondue. Et, comme pour ajouter une couche supplémentaire au saugrenu de sa présence dans un gymnase, il tenait à la main un annuaire téléphonique. Kuroko hésita longuement quant à savoir s'il avait affaire à un asocial patent ou à un caractériel complètement dédaigneux de ce que pouvaient penser les autres.
Le numéro 23 était sans conteste celui qui sortait le plus du lot. Dans une démesure qui frôlait l'absurde, Murasakibara Atsushi se distinguait par une taille aussi interminable que son nom. De quoi faire vaciller les espoirs de Kuroko de paraître jamais crédible dans un match. Bizarrement, il n'avait absolument pas l'air affecté par sa nomination. Il regardait vaguement la porte, d'un œil las. Force était de constater qu'il n'était pas d'un naturel particulièrement vif.
Ce fut pourtant le quatrième et dernier élève à être appelé qui surprit le plus Kuroko. Comparé aux autres, le numéro 29 avait une apparence bien plus modeste. Il était loin d'être aussi grand – à vrai dire, il faisait sensiblement la même taille que le garçon aux cheveux clairs. Mais personne n'aurait contesté qu'il était à part. Son visage avait une expression d'une assurance qui contrastait singulièrement avec ses traits enfantins. Comme les autres élèves présents, il n'avait pas remarqué la présence de Kuroko, perdu au milieu de la foule. Mais lui, à l'abri des regards, apercevait Akashi Seijûrô pour la première fois.
La séance levée, tous quittèrent le gymnase en direction des salles de classe. Ceux qui avaient échoué au test marchaient la tête basse. A cet instant, Kuroko réalisa pleinement qu'il avait passé la première épreuve avec succès. Il faisait partie des élus. Et il se donnerait à fond pour gravir les échelons, et avoir un jour l'honneur de disputer un vrai match.
Le test suivant fut décevant. Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis la rentrée des classes. Depuis son entrée au sein du club, le quotidien de la Troisième Section était rythmé d'entraînements intensifs que d'aucun aurait qualifié de spartiates, et il peinait à suivre le rythme. Plusieurs fois, il s'était retrouvé, en pleine séance, au bord du terrain à rendre son déjeuner sur le parquet. Si tel était le lot de la plus faible des sections, difficile d'imaginer ce que pouvait donner ne serait-ce qu'une heure en Première Section. Il ne tiendrait sans doute pas le coup.
Malgré tout, il ne lâchait rien. Il s'efforçait de suivre la cadence.
A l'issue du second test, il dut faire face à un constat amer. Il avait beau se démener pour améliorer son niveau de jeu et palier sa maigre constitution, il ne parvenait même pas à se hisser à la hauteur de la Deuxième Section. D'autres avaient réussi. Mais pas lui.
Le soir même, il demanda à leur responsable s'il pouvait continuer à s'entraîner dans le gymnase, après les cours. Un peu surpris, celui-ci finit toutefois par lui donner l'autorisation. Mais Kuroko sentit bien qu'il était plus que sceptique vis-à-vis de son acharnement.
Tous les jours, en fin d'après-midi, il avait désormais le gymnase de la troisième section pour lui tout seul. Il répétait les exercices appris aux entraînements, encore et encore. Les premiers temps, il trouvait à peine la force de rentrer chez lui une fois ses heures supplémentaires achevées.
A la fin de chaque séance, il s'entraînait à tirer. Là-dessus, rien à faire. Soit, il n'était pas très grand. Il n'avait pas beaucoup de force dans les bras non plus. Mais à deux pas du panier, n'importe qui était capable de réussir au moins un tir de temps en temps. Il y avait presque du génie dans son immuable régularité. Quelle que soit l'application qu'il mettait dans ses shoots, il n'en plaçait pas un seul au bon endroit.
Les différentes sections étant réparties sur trois gymnases, les joueurs n'avaient presque jamais l'occasion de croiser. A de rares occasions, la Troisième et la Deuxième Sections disputaient un match lors d'un entraînement commun. En général, le résultat était couru d'avance. Mais c'était là les seules rencontres auxquelles assistaient Kuroko. Et encore, même pour ce genre de mini match, il passait son temps sur le banc.
Il se demandait parfois comment s'en tiraient les élèves de Première Année qui avaient intégré la Première Section. Eux participaient à de vraies rencontres. Ils étaient parmi les meilleurs. De temps à autre, il voyait s'afficher les résultats de l'équipe du collège à l'issue de ses matchs extérieurs. Ils ne faisaient pas mentir sa réputation. Et cela lui rendait d'autant plus incroyable l'idée que des garçons de son âge puissent prétendre à un tel niveau d'excellence.
Un jour, alors qu'il était en plein entraînement, il aperçut un groupe d'élèves portant la tenue du club de basket de Teikô passer devant leur gymnase. Bouche bée, les membres de la Troisième Section interrompirent leurs activités et se rapprochèrent pour les voir passer. Kuroko regarda avec fascination l'équipe du collège au grand complet défiler sous ses yeux. Il détailla attentivement chaque visage. Et, parmi eux, il reconnut ceux dont les numéros avaient été appelés le jour du test. Ils étaient là, tous les quatre. Ils ne dénotaient pas du tout avec le reste du groupe. Peut-être était-ce aussi dû à leurs vestes aux couleurs de Teikô, mais leur prestance était prodigieuse, et ils suscitèrent l'admiration de toute la Troisième Section. Les messes-basses allaient bon train. On disait qu'un autre Première Année avaient rejoint la meilleure section, un certain Haizaki. Et qu'en dépit de leur âge, ces quatre-là étaient déjà titulaires au sein de l'équipe. Pour Kuroko, ils faisaient presque partie d'un autre monde. A l'opposé diamétral du sien.
Pourtant, un soir qu'il s'entraînait en solitaire comme il en avait pris l'habitude, l'impossible se produisit.
Les rebonds du ballon contre le plancher résonnaient dans le bâtiment désert. La porte d'entrée grinça discrètement, et une tête se glissa par l'ouverture. L'intrus regarda à gauche, à droite. Les lumières avaient beau être allumées, il ne voyait personne. Avec une certaine anxiété, il se faufila à l'intérieur, et balaya longuement le terrain du regard. Rien. Pas un chat. A croire qu'il y avait réellement un fantôme dans le gymnase…
- Euh… Qui es-tu ?
Affolé, le garçon poussa un cri d'effroi et s'accroupit en un éclair, les mains sur la tête, tremblant comme une feuille. Kuroko, qui s'était une fois de plus approché sans un bruit, le reconnut subitement.
- Ah… Aomine-kun ?
L'intéressé se retourna lentement. Il avait beau être recroquevillé et avoir frôlé la crise cardiaque, c'était bien le garçon qu'il avait vu aux côtés des joueurs de l'équipe de Teikô.
- Tu… Tu sais qui je suis ?
- Oui. Tu fais partie de la Première Section, même en n'étant qu'en Première Année. Ça ne passe pas vraiment inaperçu.
Entre temps, il avait repris contenance, et tous les deux s'étaient assis sur le parquet.
- Ah, euh… Ouais, sans doute. Et toi ?
- Moi, je suis dans la Troisième.
- Mais non, pas ça. Ton nom.
- Ah. Kuroko Tetsuya.
- Ok. Tetsu, donc.
Kuroko fut un peu décontenancé par son aisance et sa familiarité. Ils venaient à peine de faire connaissance, et déjà il lui parlait comme s'ils avaient passé toute leur enfance ensemble. Qui plus est, la situation en elle-même avait quelque chose de surréaliste. Jamais il n'aurait imaginé pouvoir échanger aussi naturellement avec un membre de la Première Section. Il lui raconta ce qu'il faisait encore dans le gymnase alors que tous les autres étaient rentrés, comment s'était déroulé son dernier test, et son sentiment d'être à la traîne. Aomine l'écouta avec attention, s'étonnant de son absence totale de progrès malgré tout le mal qu'il se donnait.
Pour en juger par lui-même, il lui proposa de jouer contre lui, et Kuroko releva le défi.
Dans un temps record, il trouva le moyen de perdre le ballon en dribblant, et laissa son adversaire plus que sur sa faim.
- Euh… C'était quoi, ça ?
- Je te l'ai dit. Je suis dans la Troisième Section.
- Oui m'enfin quand même !
Au petit trot, Kuroko alla récupérer le ballon, et regagna le centre du terrain, où se tenait Aomine. Celui-ci le regardait d'un air songeur. Puis, avec un grand sourire, il lui fit une proposition qui lui parût sortie de nulle part.
- Tetsu, ça te dirait qu'on s'entraîne ensemble ?
- Pardon ?
- Y a pas beaucoup de gars aussi motivés que toi dans la Première Section. Toi, au moins, tu en veux. J'aime ça !
- Mais je n'ai pas du tout le même niveau que toi…
- On s'en fiche, du moment que tu aimes ce que tu fais. Perso, je pense qu'un type qui aime le basket est forcément un type bien. C'est ma théorie.
- … C'est bizarre, comme théorie.
- Eh oh !
Il était spontané, un peu trop même, et démarrait au quart de tour. Mais être avec lui n'était pas désagréable. Au contraire. Sa proposition le fit sourire, et finalement, il acquiesça.
- J'aimerais beaucoup qu'on s'entraîne ensemble. Merci.
- De rien ! Bon, alors on se retrouve demain, même lieu, même heure !
Kuroko hocha la tête. Aomine gagna la porte, et leva le bras pour lui dire au revoir. Après quoi, il repartit comme il était venu.
Dès lors, leurs rencontres furent quasi quotidiennes. Le soir, une fois leurs entraînements respectifs terminés, Kuroko restait dans le gymnase n°3, et Aomine le rejoignait peu de temps après. Leurs échanges les galvanisaient aussi bien l'un que l'autre. Kuroko avait l'impression constante d'apprendre une multitude de nouvelles choses lorsqu'ils jouaient ensemble, et Aomine se plaisait à lui montrer des techniques qu'il maîtrisait à la perfection, sans grand espoir toutefois de parvenir à lui inculquer quoi que ce soit.
Celui qui passait définitivement pour un novice ne pouvait s'empêcher d'être envieux du talent de son partenaire. Il le regardait marquer avec une facilité déconcertante. Mais, plus que tout, il éprouvait envers lui une admiration sans bornes. Le voir jouer était un vrai spectacle.
Lorsqu'il venait à prendre un peu de recul, il se rendait compte à quel point tout les opposait, pourtant. Leurs caractères étaient à des années-lumière l'un de l'autre, et il n'aurait jamais cru pouvoir s'entendre avec quelqu'un de si différent. Mais il y avait une chose qu'ils partageaient : leur passion pour le basket. Et c'était tout ce qui comptait.
Quelques jours après leur première rencontre, Aomine lui fit promettre qu'un jour, ils se tiendraient côte à côte sur le terrain, en tant que membres de l'équipe. Kuroko hocha la tête. Et ils cognèrent leurs poings l'un contre l'autre.
Le test d'aptitudes suivant arriva. Kuroko s'était démené pour surpasser ses maigres performances de la dernière fois.
Mais pas un seul nom ne fut appelé. Aucun élève de la Troisième Section ne changerait de gymnase, cette fois-là. Sans doute les autres nourrissaient-ils encore quelques espoirs de briller à la prochaine session.
Lui serra les dents. Il était le dernier de son groupe.
Alors que l'attroupement se dispersait après l'annonce des résultats, le coach de leur section fit signe à Kuroko d'approcher. Ce dernier sut immédiatement qu'un entretien particulier ne présageait rien de bon. Il déglutit, et s'avança timidement.
- Je vais être franc. Ce club n'est pas fait pour toi.
Il avait beau s'être préparé à un coup dur, être désavoué de la sorte par leur responsable le pétrifia. Il eut la sensation qu'un seau d'eau glacée venait de lui être renversé sur la tête.
- Comparé aux autres clubs, le nôtre compte un nombre d'inscrits sensiblement supérieur. C'est pourquoi ceux de la Troisième Section qui se classent parmi les cinq derniers sont invités à se retirer. Je sais que tu as fourni beaucoup d'efforts jusqu'ici. Mais malgré ça, tes résultats n'ont cessé de baisser. Je ne vais pas te forcer la main, c'est ton choix. Je veux juste que tu réalises qu'il n'y a probablement aucune chance que tu participes à un match un jour.
Il avait quitté le gymnase depuis longtemps. Inconsciemment, ses pas l'avaient mené sur un terrain extérieur, dans un quartier désert du voisinage. Il s'arrêta au pied de l'un des paniers. Les paroles du coach tournaient en boucle. Il se les répétait et répétait sans cesse.
Il n'avait fait aucun progrès. Rien, pas le moindre. Il avait pourtant tout donné. Il s'était donné plus de mal que tous les autres membres de sa section. Du moins, c'était son ressenti. Mais rien n'avait changé. Il avait même régressé.
Il n'était pas simplement mauvais. Il n'avait pas sa place sur un terrain.
- … Je suis désolé… Mais… Je ne sais plus… ce que je dois faire…
Personne ne croyait en ses chances. Et à présent, lui aussi ne se faisait plus d'illusion. Il repensa à son meilleur ami, à leur promesse. Il serait incapable de la réaliser. Incapable de tenir parole.
Au fond, il n'était rien de plus qu'un raté.
Il se laissa glisser le long du poteau, et posa son front contre les bâches qui en couvraient le pied. Il tenta de prendre sur lui. Mais sa frustration était trop forte. Il enfonça ses doigts dans la terre rêche, et se mit à pleurer.
Lorsqu'il retourna au gymnase, les membres du club avaient fait place nette depuis un long moment. Aomine était déjà là. Dos à la porte, il enchaînait négligemment les paniers. Toujours aussi aisément. Kuroko baissa les yeux. Il ne lui tenait pas rigueur de son échec. Il savait qu'il avait fait tout son possible pour l'aider. Et il lui en était profondément reconnaissant. Mais, à cet instant, le regarder était au-dessus de ses forces.
- Oh, Tetsu ! T'es à la bourre, aujourd'hui !
Le ballon rebondit au sortir du panier, et il le rattrapa sans y prêter attention.
- Alors ? Comment ça s'est passé, le test ?
Kuroko serra la bretelle de son sac. Finalement, il avait sans doute bien fait de pleurer avant de venir.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- … Je crois que… je vais quitter le club.
- Hein ?! Mais pourquoi ?
Sa réaction ne le surprit pas. Peut-être avait-il un peu trop noirci le tableau. Aomine, lui, avait toujours cru dur comme fer qu'il était capable de faire ses preuves. Mais cela n'avait rien changé. En plus d'essuyer une sévère désillusion, il allait décevoir celui qui l'avait soutenu des semaines durant.
- J'aime le basket. Mais ça fait six mois que j'ai intégré le club. Quand on n'est pas doué pour quelque chose, il arrive un moment où l'on doit se faire une raison. Qui plus est, dans une équipe comme celle de Teikô, je ne servirai probablement jamais à rien.
- J'ai jamais entendu parler d'un joueur inutile pour son équipe.
Il releva la tête, et trouva à Aomine un regard complètement différent. C'était la première fois qu'il le voyait aussi sérieux. Le garçon de la Première Section éleva le ton, et lui avoua d'une traite à quel point il admirait ses efforts. A quel point ils l'avaient poussé à se surpasser. C'était comme s'il le disputait. Pas pour ses mauvais résultats. Mais pour son renoncement.
- Je ne peux pas te dire avec certitude que tu arriveras à quelque chose si tu n'abandonnes pas. Mais, si tu laisses tomber, t'auras plus aucune chance.
Kuroko ne trouva rien à dire. Il aurait voulu acquiescer. Il aurait tout donné pour se convaincre qu'il disait vrai. Mais les résultats du test lui restaient plaqués en face des orbites. Il ne savait plus qui croire.
Aomine l'avait aidé. Il était sans doute le meilleur joueur qu'il eût jamais connu. Et pourtant, cela n'avait pas suffi. Dans un cas aussi désespéré que le sien, il aurait fallu un miracle pour qu'il continuât à jouer au basket.
- Aomine.
S'interrompant aussitôt, celui-ci regarda par-dessus l'épaule de Kuroko. Leur conversation les avaient tant absorbés qu'ils n'avaient entendu personne entrer. Kuroko ne connaissait pas cette voix. Il se retourna, et eut peine à en croire ses yeux lorsqu'il les aperçut.
Les trois élèves qui avaient excellé au test probatoire, ceux qui avaient intégré la Première Section aux côtés d'Aomine, se tenaient tous trois sur le bord du terrain. Il les reconnut aussitôt. Ils lui firent la même impression qu'au premier jour. A gauche, Murasakibara, le géant, avait déjà l'air de s'ennuyer à mourir. Midorima était à droite – toujours les mêmes lunettes, toujours le même air d'intello. Et au milieu, celui qui avait pris la parole, et dont les cheveux rouges tranchaient net avec le blanc et bleu de son uniforme : Akashi.
- Je me disais que je ne te voyais plus beaucoup ces temps-ci. C'est donc ici que tu étais.
Médusé, Kuroko ne les quittait pas des yeux. Il était au beau milieu du quatuor de prodiges au grand complet. Rencontrer Aomine avait déjà été un choc conséquent. A présent, il en venait à se demander si le désespoir ne lui donnait pas des hallucinations.
De son côté, le garçon à la peau mate était retombé dans la nonchalance la plus totale. Croisant les bras derrière la tête comme pour s'étirer, il répondit en ronchonnant.
- Hmm, y a trop de monde dans l'autre gymnase…
Akashi le considéra un court instant, puis haussa calmement les épaules.
- Du moment que tu t'entraînes, peu importe l'endroit…
Soudain, il s'interrompit. Kuroko se raidit sans s'en rendre compte. D'Aomine, ses yeux venaient de se poser sur lui.
Il l'avait vu.
Le garçon aux cheveux pâles lui rendit son regard.
C'était la première fois qu'il les voyait clairement. Ses prunelles, perçantes comme celles d'un chat. Elles luisaient du même rouge écarlate que les fines mèches qui tombaient sur son front.
Il l'observait intensément, comme s'il cherchait à voir à travers lui. En une fraction de seconde, son calme olympien s'était mué en surprise.
- Qui est-ce ?
Aomine, qui s'était approché entretemps, suivit son regard pour s'assurer qu'il parlait bien de Kuroko. Puis il reprit d'un ton tout aussi posé :
- Aah, c'est le gars avec qui je m'entraîne tous les jours. Il s'appelle Tetsu.
- Tiens ? Il me dit rien…
- C'est parce qu'il est pas dans la Première Section.
Peu enclin à s'étendre sur un sujet qui ne l'intéressait pas, Murasakibara sortit un Pocky au chocolat et se mit à le grignoter du bout des lèvres.
- Hmm, ah bon… Bon, on y vaaa ?
Mais Akashi avait déjà fait un pas en avant, sans prêter attention à ses jérémiades.
- Non. Il m'intéresse. C'est curieux… C'est la première fois que je vois quelqu'un dans son genre. Peut-être… qu'il possède un talent radicalement différent du nôtre.
A cet instant, Kuroko songea qu'il avait définitivement perdu le fil. Quelque chose avait dû lui échapper. Sinon, comment expliquer qu'il entendît tout et son contraire dans une même journée ? Peut-être qu'il avait mal compris. Peut-être qu'Akashi plaisantait.
Mais son visage était si sérieux qu'il ne pouvait douter de ses paroles. Ses yeux étaient plantés dans les siens, comme des serres.
- Désolé, mais vous pourriez rentrer sans moi ? J'aimerais avoir une petite discussion avec lui.
L'éclairage public projetait des grands cercles blancs sur le noir de l'asphalte. Les fenêtres s'éteignaient les unes après les autres. Au détour de la rue où il vivait, le chien d'un jardin voisin avait pris l'habitude de venir l'accueillir à chaque retour de l'école. Il s'accroupissait alors près du portillon et passait sa main entre les barreaux. Ses doigts s'enfonçaient dans la douce fourrure de l'akita qui rabattait docilement les oreilles et se laissait gratouiller, jusqu'à ce que le collégien reprît sa route.
Mais cette fois, il avait la tête ailleurs. Passant devant le portail, il lui fit un rapide signe de main, laissant l'animal perplexe. Et il continua de marcher à grands pas vers son immeuble, plongé dans ses pensées. Son cerveau fusait à deux cents à l'heure.
Quelque chose d'incroyable venait de se produire.
Il se repassait les évènements de la soirée dans l'ordre, point par point, phrase après phrase.
Ce n'était pas un rêve. Akashi lui avait proposé de rejoindre l'équipe.
A une condition, cependant. Il lui avait dûment rappelé que ses capacités physiques étaient loin en dessous de la moyenne. Qu'il ne dégageait rien de spécial, qui plus est. Et qu'il était remarquable que quelqu'un qui se donnait autant de mal culminât à un niveau aussi médiocre.
Mais ce n'était pas ce constat mortifiant qui l'avait secoué. Tout ça, il le savait déjà, même si le fait de se l'entendre dire par quelqu'un de son âge, et de beaucoup plus doué, lui inspirait un découragement sensiblement plus pénible.
Non, ce qui l'avait littéralement abasourdi, c'était la raison même de leur conversation. Jamais personne ne lui avait dit qu'il avait un talent, quel qu'il soit. Il avait toujours pensé que son indéniable manque de présence était lié à son absence de compétences.
Akashi avait tenu le discours inverse. Sa discrétion, son invisibilité parmi les autres, c'était son atout le plus précieux.
C'était ça, son talent.
Complètement absorbé dans ses réflexions, Kuroko n'avait pas remarqué qu'il avait déjà dépassé son bâtiment. Il secoua la tête, et revint sur ses pas.
L'appartement qu'il partageait avec sa famille se trouvait au premier étage. A peine eut-il entrouvert la porte qu'un doux fumet chatouilla ses narines. Il entra, et ôta ses chaussures. L'odeur du miso emplissait tout le couloir. Depuis le salon grésillaient les voix paillardes de présentateurs d'une émission de variétés. Sa grand-mère aimait cuisiner en laissant la télé allumée, bien qu'elle n'y prêtât que rarement attention. Le plus souvent, elle choisissait une chaîne dont la programmation se cantonnait presque exclusivement à des talkshows. Kuroko ne s'en souciait pas. Après le dîner, il ne s'attardait pas devant l'écran et se mettait à ses devoirs. Lorsqu'il avait du temps libre, il préférait lire.
Il s'approcha de la cuisine. Sa grand-mère, de dos, s'affairait au-dessus des fourneaux. Même lorsqu'elle portait son tablier, son allure était empreinte d'un discret raffinement. Ses cheveux gris, soigneusement bouclés, bordaient son visage avec douceur. Depuis sa plus tendre enfance, il aimait cette sérénité qui transparaissait dans ses traits.
- Tu es rentré, Tetsuya ?
- Oui.
Elle se pencha au-dessus du récipient et porta la cuillère à sa bouche. Puis elle éteignit la plaque chauffante, et le garçon l'aida à disposer les plats sur la table.
- Tes parents rentrent tard aussi, ce soir. Ce sera juste nous deux.
Il acquiesça. Assis l'un en face de l'autre, ils dînèrent sans un mot.
Kuroko s'était souvent confié à sa grand-mère. Elle lui avait toujours prêté une oreille attentive, et lorsqu'il y murmurait ses secrets, son cœur s'apaisait.
Néanmoins, cette fois, il préférait ne rien dire. Pas pour l'instant. Tant que rien n'était certain, il était trop inquiet à l'idée que cette opportunité tombée du ciel ne lui glissât entre les doigts.
Il faisait mine de n'avoir pas remarqué. Mais il savait qu'elle le regardait. Comme lui, elle avait un don pour observer les gens. Elle les avait si longtemps contemplés au quotidien, silencieuse, hors d'atteinte, qu'elle décelait sans peine les moindres petites manies. Aucun changement ne lui échappait. Surtout lorsqu'il s'agissait de son petit-fils, qu'elle avait élevé au même titre que sa fille.
Il resta muet. Elle ne lui posa aucune question.
Le repas terminé, il fit la vaisselle, lui souhaita bonne nuit, et gagna sa chambre. Une fois à l'intérieur, l'obscurité qui enveloppait la pièce lui apporta enfin le calme qu'il cherchait. Debout près de la fenêtre, il se remémora à nouveau la conversation dans le gymnase.
Pour rejoindre la Première Section, il y avait une condition à remplir. Trouver par lui-même comment mettre à profit son talent, dans l'intérêt de l'équipe. Personne ne le lui enseignerait. Akashi lui avait fait savoir qu'il ne pourrait pas superviser son entraînement. Aussi stupéfiant que cela pût paraître, il était déjà vice-capitaine de l'équipe. Et, en conséquence, il avait d'autres chats à fouetter.
Inspirant profondément, Kuroko ferma les yeux. Une chance unique lui était offerte. Il tenait qu'à lui de la saisir.
De trouver la réponse.
Le lendemain, il annonça à Aomine qu'il n'envisageait plus d'arrêter le basket. Celui-ci s'en accommoda avec un grand sourire, et, à partir de ce jour, leurs liens se resserrèrent d'une façon inattendue. De plus en plus souvent, ils rentraient du collège ensemble. Et ils discutaient de tout et de rien.
Lorsqu'il n'était pas pris par les entraînements, Kuroko cogitait dur pour trouver le chaînon manquant à son style de jeu. Il griffonnait des schémas sur son cahier de brouillon pendant les cours, élaborait des théories de plus en plus farfelues, jusqu'à ce que sa tête fût pleine comme une citrouille.
Aomine s'en mêlait rarement. Il s'écoula plusieurs semaines avant qu'il ne lui demanda où il en était. Ils marchaient côte à côte le long d'une rangée de vitrines, dans une rue commerçante du quartier.
- Alors, qu'est-ce que ça donne ? Tu as une piste ? Tu vois de quoi Akashi parlait en te disant de trouver ton propre style ?
- … Pas encore…
- C'est bien ce qui me semblait. Si ça se trouve, il cherche juste à te faire tourner en bourrique, en fait !
- Je vais vraiment finir par pleurer. C'est pas gentil.
Son acolyte ricana un bon moment en voyant sa moue frustrée. Kuroko fit mine de ne pas l'entendre. Même si c'était une boutade, l'idée qu'il se soit fait mener en bateau depuis le début ne l'avait pas complètement quitté. Il avait toujours autant de mal à faire la part des choses. Si seulement il savait ce que l'on attendait de lui, exactement. Qu'est-ce qu'Akashi pouvait avoir derrière la tête ?
Jusqu'ici, il s'était fié aveuglément aux intuitions de ce garçon, parce qu'il lui avait paru digne de confiance, et parce qu'il avait envie de le croire. Mais dans les faits, il ne le connaissait pas. Il ne savait rien de lui.
- … C'est quel genre de personne, Akashi-kun ?
Aomine lui lança un regard étonné.
- Hein ? Aah, bah, le genre très doué. Il est intelligent et analyse bien la situation, en tant que meneur.
Kuroko pencha la tête de côté d'un air méditatif. Il avait envisagé d'être meneur. C'était un poste qui ne nécessitait pas d'aptitudes particulières au tir, puisqu'il consistait essentiellement à distribuer le ballon et à organiser l'attaque et la défense depuis l'arrière. Mais si Akashi lui-même occupait ce poste, l'idée tombait à l'eau.
- Donc ce n'est pas non plus le rôle de meneur que je dois viser… De toute façon, même dans la Troisième Section, je n'ai jamais été très bon pour ça. Alors si Akashi l'est déjà, c'est complètement superflu.
- T'es meneur, toi ? Tetsu ?
- Akashi-kun m'a dit de trouver comment être utile à l'équipe. Je suis nul en tir, donc je me suis dit que je devrais me concentrer sur les passes et le soutien…
Ils s'arrêtèrent au bord d'un passage piéton, et il s'interrompit. Le feu passa au vert. Alors qu'ils reprenaient leur marche, Aomine marmonna d'un ton maussade :
- Bah, même si on parle d'Akashi, il est pas tout-puissant non plus. Y a des trucs qu'il peut pas faire, pas vrai ?
- … Comme quoi ?
- Genre une passe qui tourne. Style boomerang, tu vois le truc ?
- Personne ne peut faire ça.
Soudain, il aperçut l'enseigne d'une librairie. Il y avait un roman dont il attendait la sortie depuis plusieurs mois qui devait être paru au début de la semaine. Il s'excusa, laissa son camarade finir le chemin seul, et pénétra dans la boutique.
Au détour des rayons, il oublia le titre du livre qu'il cherchait. La suggestion dérisoire d'Aomine se substitua à lui. Il se retrouva devant les étagères consacrées au sport. Sous ses yeux se succédaient des ouvrages portant le mot « basket » sur leur tranche.
Plutôt que d'inventer quelque chose de nouveau, débarrasse-toi des cadres trop classiques.
Les paroles d'Akashi lui revinrent une fois de plus.
Même avec cet atout qui est le tien, tu restes quelqu'un de faible. Cette nouvelle façon de jouer, ce n'est pas pour toi que tu dois la trouver, mais pour l'équipe.
- … Une passe qui tourne…
Descendant du plafond de nuages, les flocons venaient se perdre sur le mince tapis blanc. Quelques rares élèves traversaient la cour à la hâte, pour aussitôt se réfugier auprès des radiateurs des salles de classe. Pour ceux qui avaient sport par un après-midi pareil, il était encore plus difficile de se résoudre à sortir du gymnase, les joues luisantes de sueur et les muscles en feu. La température extérieure leur aurait presque passé l'envie de rentrer chez eux, si leurs estomacs n'avaient pas été si indûment vides. Mais lorsqu'ils virent que la neige s'était remise à tomber, tous s'accordèrent pour prolonger leur séjour dans le gymnase de quelques minutes.
Emmitouflé jusqu'aux oreilles, Kuroko fut donc le seul à se risquer au dehors. Il n'avait pas vraiment le choix : les occasions où ses heures libres concordaient avec une séance d'entraînement de la Première Section ne se présentaient pas souvent. La porte se referma derrière lui. Tout était silencieux. Seuls résonnaient ses pas qui faisaient craquer la fine couche blanche.
Il gagna au plus vite le Gymnase n°1. Il n'avait rien à voir avec le leur. Il était gigantesque, et plus moderne en apparence.
Il hésita un court instant. Puis, les sourcils froncés et la démarche assurée – du moins, c'était ainsi qu'il la voyait –, il marcha droit vers l'entrée, et franchit le seuil. Sa réponse, il croyait l'avoir trouvée. Quant à savoir si elle était bonne ou non, il n'y avait qu'un moyen de le vérifier.
Le bâtiment était décidément immense. Il pensait tomber immédiatement sur eux, mais il arpenta plusieurs couloirs sans trouver le moyen d'accéder au terrain d'entraînement. Lorsqu'enfin il déboucha sur la grande salle du gymnase, il resta un moment près de la porte, admirant la scène qui s'offrait à ses yeux.
Tous les joueurs de la Première Section réunis étaient à l'œuvre, et s'activaient dans une cacophonie de ballons qui rebondissaient et de semelles qui crissaient sur le parquet. Cette division avait beau être la plus sélective, elle comptait suffisamment de membres pour que Kuroko se sentît perdu aussitôt qu'il fût entré. Un jeune homme qui semblait être en Troisième Année passa devant lui sans le voir.
- Excusez-moi, je voudrais parler à Akashi-kun.
- … Uwaaaah ! Mais t'es qu… Hein ?! Akashi ?
Pris de court, le type le dévisagea avec méfiance. Il dut d'abord croire à une farce, mais le visage on ne peut plus sérieux de Kuroko le détrompa. Sans plus de questions, il se retourna et appela d'une voix forte.
- Eh, Akashi ! T'as un invité.
A quelques pas d'eux, Kuroko le vit s'arrêter et tourner la tête dans leur direction, un ballon entre les mains. Ses yeux perçants se posèrent sur lui. Mal à l'aise, le nouveau venu inclina roidement la tête. Akashi savait pourquoi il était là.
- … Tiens, Kuroko-kun. Je t'attendais.
Il prit le ballon sous le bras, et approcha. L'élève de Troisième Année s'en était allé à ses impératifs.
Il s'arrêta à deux pas de lui. Kuroko ne disait toujours rien. Peut-être était-ce le regard insistant d'Akashi, ou bien sa présence même qui l'intimidait. Mais il ne parvenait pas à formuler la raison pour laquelle il était venu jusqu'ici.
- Ca fait bientôt trois mois… Tu as trouvé ta réponse ?
- Oui.
Voyant que Kuroko n'était pas plus loquace, Akashi s'apprêta à rejoindre leur coach.
- Dans ce cas…
- J'ai juste une demande à faire…
Surpris, le vice-capitaine s'arrêta, et le regarda de nouveau.
- Si c'est possible… est-ce que vous pourriez venir me voir jouer pendant un match ?
Devant son absence de réaction, Kuroko craignît d'avoir été trop insistant. Mais un sourire se dessina sur le visage du garçon aux cheveux rouges. Il acquiesça.
- D'accord. Je vais demander.
Le lendemain avait lieu l'entraînement commun des Troisième et Deuxième Sections. En plus d'Akashi, le capitaine et le coach de l'équipe prirent place dans les gradins pour assister à la rencontre. Toute leur attention était focalisée sur Kuroko. Et ce dernier avait pleinement conscience de la pression qui pesait sur l'issue de ce match. La crédibilité du vice-capitaine en dépendait : à voir leurs regards, ni le coach, ni le capitaine n'étaient pleinement convaincus de la pertinence de leur présence à ce test qui allait à l'encontre des procédés habituels. Mais surtout, c'était son avenir qu'il jouait. Il devait gagner. Et gagner au moyen de la technique qu'il avait élaborée lui-même.
Une erreur, et tout s'écroulait.
Ce jour-là, la Troisième Section l'emporta haut la main sur la deuxième. Le résultat ne marqua pas réellement les esprits, cependant. Ce que les observateurs retinrent de cette rencontre était tout simplement inédit. Ce fut la première fois qu'ils assistèrent aux passes invisibles de Kuroko. Un joueur qui disparaissait du match pour opérer dans l'ombre.
Akashi vit ses prévisions se confirmer. Il absorbait chacune des actions du match avec une exaltation telle qu'elle se lisait sur son visage. En réalité, ce qu'il avait sous les yeux dépassait l'imagination.
A sa droite, le capitaine de l'équipe demanda finalement :
- Tu savais depuis le début que ça se passerait comme ça ?
- Pas tout à fait. L'idée générale va dans le même sens, mais je n'aurais jamais pensé qu'il mettrait la manipulation visuelle à profit. C'est au-delà de mes espérances.
Fin du chapitre. Voici le retour de la case blabla~
A la fin, pour une fois. Je voulais éviter de mettre mes petits commentaires entre les deux parties, histoire de ne pas casser le rythme (genre, les effets de suspense à deux Dragibus ( = v =) ) Mais à présent que la crise est passée, je suis re-là~ !
Maintenant, parlons peu, parlons bien.
... Comment dire... Peut-être que vous ne lisez pas tous les scans (auquel cas, vous n'avez sans doute pas conscience que vous venez de lire un spoiler de 6700 mots avec ce chapitre, surprise~ ( 0 v 0) ), mais l'information est passée un peu partout, alors je crois que je n'apprends rien à personne en disant que Kuroko no Basket s'est arrêté cette semaine.
... Donc...
... Une seconde de silence ?
...
Merci beaucoup 8D Maintenant, je me dis que j'ai bien fait de ne pas avoir choisi d'écrire une fic comique, parce que j'aurais eu un peu de mal à sortir un nouveau chapitre dans l'immédiat ( U 3 U) Et je suis aussi contente qu'elle se passe après que Kuroko et les autres aient fini le lycée parce que... ça me donne l'impression d'avoir la suite, même si cette histoire n'engage que moi. Ca me réconforte de penser comme ça~ ( - v -)
Accessoirement, la partie flashback va continuer encore un petit peu, mais pas des années non plus, rassurez-vous. ( = 3 =) C'est assez bizarre d'avoir fait tout un chapitre en n'utilisant presque que des éléments du manga mais... Je sais pas, je trouve ça drôle 8D Ah, et j'ai changé la date du mariage. Il est prévu en décembre, et plus en octobre.
Bon allez, ça suffit. Komento, komento~
Laura-067 : *Petit tirage au sort des questions auxquelles répondre* Bon alors... Non, je ne vais encore rien dire sur Akashi, c'est comme ça x3 Pour les tournois, ça vient tout juste de commencer~ Et puis Takao va suivre le mouvement, parce que j'ai envie de le voir plus souvent 8D (Attends... je viens de faire deux alexandrins, là ? (O-O ) Oooh yay~). Pour Nanamine, elle n'ose pas faire quoi que ce soit pour annuler le mariage. Parce qu'elle ne serait pas la seule à en subir les conséquences. Mais ça ne l'empêche pas de s'en vouloir de laisser les événements suivre leur cours. Et du coup, j'enchaîne avec la review du petit chapitre ( ^ ^) Kuroko se souvient, oui, mais même avant l'accident, il y avait beaucoup de choses qu'il ignorait. Au passage, bonne analyse d'Akashi ( = v =) Et dernière réponse : Akashi dit cette phrase à Midorima, après la demi-finale de la Winter Cup. Merci, comme toujours~ ! ( ^ ^)
Pomme : Merci ! ( o ^ o) C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de persos qui brillent par leur épanouissement, mais j'aime les dramas pour ça~ Et puis les choses vont évoluer :3 Je suis d'accord pour les licences, j'espère que je vais réussir à le faire, mon marathon Kuroko ( = 3 =) Bonne lecture en tout cas~ !
Kyoko77 : Merci pour la comparaison avec Haru. J'ai bien compris que je représentais l'archétype du boulet, pour toi, et je vais renoncer à lutter ( = 3 =) En tout cas ça devrait te faire changer d'avis, Kuroko n'est plus "au courant de rien", maintenant ;3
liberlycaride : ... Tu as une image d'Akashi particulièrement dépravée, je me demande dans quelle mesure c'est ma faute ? xD En tout cas, le flashback va lui venir en aide (j'espère ('o o) ). Je ne vais pas dire comment ça va se terminer tout de suite, quand même xD Mais c'est pas trop mon truc, de faire pleurer les lecteurs :3 Contente que la fin de la première partie ait pu mettre un peu de suspense, c'est une des premières scènes que j'avais imaginées mais je me suis vraiment demandé comment l'écrire... Je crois que c'est la partie qui a subi le plus de retouches au brouillon xD Bon, je vais te laisser avec toutes ces hypothèses, mais ne t'en fais pas, tu sauras~ Et juste, au passage... je sais que tu y tiens, mais je n'ai pas dit qu'Akashi avait couché avec Kuroko pour l'instant ! xD Enfin, comme je cache toujours tout, tout est possible~
Emy-nee : Eh ben, maintenant... MEGA SPOIL de l'arc de Teikô ! xD Mais j'y peux rien, je l'adore aussi~...
chizumi-san : D'une tueuse de chaton ? Ca n'a aucun rapport avec mon pseudo, hein ? (O-O'') Pitié, pas moi, pas tout de suite ! Bref, et non, il n'y a eu aucune intervention pernicieuse de lait périmé dans cette histoire xD Même si j'aime beaucoup Hanamiya, j'adore le persécuter aussi (qui aime bien châtie bien~ surtout qu'il le mérite un peu quand même ! ;3) En fait, pour les dialogues, j'avais mon tome 23 à la main, et je tapais le chapitre de l'autre xD Le plus long, c'était plutôt de choisir lesquels mettre pour qu'il n'y en ait pas trop et qu'en même temps, ils se suivent de façon assez logique... Mais comme tu as sans doute pu le constater dans ce nouveau chapitre, je ne suis pas à ça près question récup' de dialogues xD Vas-y mollo sur le Nutella, la planète va entrer en pénurie de noisettes bientôt, c'est Le Monde qui le dit ( O^O) Sur ce, merci encore pour ta review~ :3
buli-chan : Alors, désolée (?), mais c'est loin d'être le dernier, ou même l'avant-dernier chapitre xD Je ne pense pas faire beaucoup de parties, c'était surtout pour marquer le coup de la fin de l'amnésie de Kuroko :3 En tout cas, à ton service ! Si je peux égayer, j'égaierai avec joie~
mellyrn : Le dernier chapitre n'est pas encore né, mes poussins~ Mais c'est sûr que ces deux chapitres ont remis un p'tit coup de pression, et moi j'adore ça~ ( O v O)
Merci vraiment beaucoup à vous tous ! Et oui, mes réponses sont vraiment trop longues, mais tant pis ! Au prochain chap', et ce ne sera pas le dernier :3
