Se glissant doucement dans l'ouverture de la porte de sa chambre d'hôpital, Marinette pénétra dans la pièce où son jeune ami à la chevelure doré dormait paisiblement. Lui jetant un regard tendre, elle s'approcha doucement, et passa timidement la main dans ses boucles d'or. Immédiatement, elle retira sa main, regardant furtivement autour d'elle, comme si elle craignait de se faire voir. Se rendant compte qu'elle était bel et bien seule, elle se mit à rire de sa bêtise, secouant la tête, un sourire amusé étirant ses lèvres. S'éloignant tout de même à regret du lit, elle s'occupa de tirer les rideaux, illuminant la pièce sombre, et ouvrant la fenêtre pour faire rentrer la douce fraîcheur du printemps.
Elle laissa son regard caresser les cimes hautes de bâtiment de Paris, dévorant avec égaiement les jolis couleurs que lui offrait le soleil se levant sur la cité endormie. Puis, détournant le regard pour le poser à nouveau sur son bien-aimé, elle sourit, et s'assied au bord de son lit.
Adrien dort paisiblement.
—
Une semaine. C'est le temps que mit Adrien pour se remettre complètement de sa blessure. C'est également le temps que prit Marinette pour accepter ces sentiments refoulés envers le convalescent. Chaque matin, elle venait lui rendre visite, amenant parfois un nouveau bouquet de fleur. Chaque matin, elle posait sur sa table de nuit un croissant frais qu'il semblait tant apprécié, car elle n'en retrouvait que des miettes.
Caressant du bout des doigts le bord du lit, elle prenait à malin plaisir à détailler les petits défauts de son visage serein. Enfin, elle le laissait se reposer en paix, le quittant à regret pour aller travailler.
Marinette s'en allait toujours, le sourire aux lèvres.
—
Ce matin là, comme à son habitude, elle se faufile dans la chambre, le paquet de croissant à la main, un nouveau bouquet dans l'autre. La pièce est sombre, calme, et Marinette entend la sereine respiration de son ami. Elle sourit, et elle pose le sachet de croissants sur la table de nuit, essayant de faire le moins de bruit possible. Elle glisse un regard à Adrien, et son cœur rate un battement. Ses joues se colorent doucement, et elle se mord la lèvre pou reprendre le contrôle de son esprit. Il semble si paisible et calme, dormant innocemment dans ce lit aux teintes délavées. Elle ne résiste pas, et elle finit par s'approcher doucement du lit, laissant ses doigts s'aventurer dans les boucles de son ami. Elle aime le contact avec ses cheveux doux, comme des fils d'or et d'argent. Sans le vouloir, un sourire gêné se dessina sur ses lèvres. Au fond, qu'est ce qu'elle n'aime pas chez le mannequin ?
Adrien bouge légèrement, et Marinette retire sa main, embrassée. Craignant de l'avoir réveillé, elle s'éloigne du lit, s'occupant distraitement de changer les fleurs, remplaçant le bouquet de rose par celui, plus candide et délicat, de perce-neiges. Caressant finement du bout des doigts le contour d'une pétale laiteuse, elle tend l'oreille. Lorsqu'elle fût sûre que son ami ne s'était pas réveillé, elle s'avança, sur la pointe des pieds, jusqu'à la grande fenêtre cristalline. Doucement, elle ouvrit les rideaux, éclairant la pièce d'une douce lumière claire. Comme chaque matin depuis une semaine, elle assiste au lever du soleil, se plaisant à regarder Paris s'éveiller. Elle pouffe de rire, regardant un couple d'oiseau s'envolant gaiement au delà de la Tour Eiffel.
Soudain, sans qu'elle ne s'y attendre, une voix douce interrompit le court de ses pensées.
— Marinette ?
Elle se retourne vivement, surprise, tandis que ses joues se colorent d'une adorable couleur rouge. Adrien, assis dans son lit, regarde son amie d'un regard amusé, bien qu'un peu étonné. Celle-ci fuit son regard, et joignant ses mains, elle s'avance vers lui, récupérant le paquet de croissants qu'elle avait posé en arrivant.
Elle lui fit un sourire tendre, et murmure doucement :
— Je ... t'apporte les croissants !
Elle maudit sa voix qui bégaye, et ses joues qui s'enflamment.
Super crédibilité, Marinette, pense t-elle. Elle se mord la lèvre, baissant le regard sur le sol. Mais Adrien rigole doucement, et tapote le lit pour l'inviter à s'asseoir. Timidement, Marinette s'approche, et s'installe au bout du lit. Elle est mal à l'aise, et son trouble doit sûrement se voir, car Adrien prend la parole, brisant le silence gênant.
— Merci de m'apporter les croissants ! Ils sont vraiment délicieux. Et merci aussi pour les fleurs, elles sont magnifiques.
Il lui désigna, d'un mouvement de tête le bouquet innocent que Marinette avait apporté ce matin. Elle sourit, et passa timidement la main dans ses cheveux. Prenant son courage à deux mains, elle lui demanda :
— Lesquelles sont tes préférées ?
— Les perces-neiges, répond-il sans hésiter, regardant Marinette dans les yeux.
Elle rougit, mais soutient tout de même son regard. Une question lui brûle les lèvres.
— Pourquoi ?
— Parce qu'elles te ressemblent. Elles ont l'air fragile et chétive. Mais elles sont les seules à braver les risques, fidèles à leurs convictions et à leurs déterminations.
Il lui offrit un sourire affectueux. Et Marinette sentit son cœur s'envoler.
—
— Tu stresses ? Demanda t-elle.
— Bien sûr que non. Et toi, tu stresses ? Lui répondit-il.
Marinette eut un rire nerveux, serrant ses mains ensemble, comme priant silencieusement.
— Un peu. Ce n'est pas moi qui passe devant l'objectif, pourtant.
Adrien rigola, et il s'apprêtait à répondre quand un jeune garçon entra dans la pièce où il se trouvait, en objectant énergiquement :
— C'est à vous, Monsieur Agreste.
Celui-ci hocha la tête, répondant par l'affirmative, adressant à Marinette un sourire assuré. Elle lui rendit son sourire, tout de même embarrassée. Adrien s'approcha d'elle, en écartant ses bras. Avec son sourire éclatant, et son charisme permanent, il demanda, hilare :
— Comment tu me trouves ?
Elle éclata de rire, détaillant le jeune mannequin qui lui faisait face. Pour le shooting, il avait revêtit les habits que Marinette avait fait pour lui. Il portait un long manteau léger, d'un joli cuir marron, ainsi qu'un jean à l'allure rapiécée, et une chemise semi-ouverte, laissant une ouverture sur ses muscles évidents. Pour une fois, Adrien avait laissé ses cheveux indisciplinés, lui donnant un petit air bad boy, rebelle que Marinette se surprit à apprécier.
La jeune créatrice sentit la fierté l'envahir tandis qu'elle regardait ses créations sur son mannequin. Son cœur battant à la chamade, elle réalisa qu'elle avait réussi, et qu'elle – avouons le – ne s'en était pas trop mal sortie.
Prenant un ton amusé, elle tenta d'effacer les rougeurs de ses joues, en murmurant doucement son ami :
— Tu es par-fait.
Les mots étaient sortis tout seul, et lorsque Marinette s'en rendit compte, elle devint cramoisi. Cachant son visage dans ses mains, elle lutta contre la gêne qui lui brûlait les joues, tandis qu'Adrien riait doucement. Mais son hilarité prit vite fin, quand le même garçon revint dans la pièce, pinçant les lèvres, demandant au mannequin de se dépêcher.
Il prit un air solennel sous les rires de Marinette, puis suivit la garçon, adressant un signe de main à son amie. Enfin, s'arrêtant sur le pas de la porte, il se retourna vers la jeune fille, et lui dit, en lui faisant un doux sourire.
— Attends moi, je ne serais pas long.
—
Marinette marchait d'un pas rapide, un grand sourire sur les lèvres, serrant un magazine contre son cœur. Après plus d'une semaine d'attente, le magazine Vogue avait sorti son édition spécial, avec en première page le magnifique, le splendide et irrésistible Adrien Agreste. Marinette était toute excitée, comme une enfant à qui on promettait des sucreries. Elle retint un petit cri de joie, gardant tout de même un semblant de dignité. Elle se promit d'accrocher le magazine dans sa chambre le soir venu.
C'était un vendredi parfait, une journée parfaite comme elle les aimait. Tout d'abord, il faisait un temps radieux, et Marinette avait pu enfiler la première robe de l'année. Du bout des doigts, elle toucha le fin tissu de son vêtement, qu'elle avait fait de ses propres mains. Avec une certaine fierté, elle prenait plaisir lorsque les gens la complimentait sur ses créations. Elle ne prenait pas la grosse tête, cependant. Elle savait que son travail comportait encore pleins de défauts, elle avait encore tant à apprendre. Et puis faire une robe ou un manteau, au fond, tout le monde pouvait le faire.
Sa journée avait été encore plus illuminée quand Alya l'avait appelée ce matin, confirmant à son amie qu'elle viendrait le samedi suivant pour passer l'après-midi avec elle. Marinette avait cru qu'elle allait hurler de joie ! Cela faisait si longtemps qu'elles ne s'étaient plus vues, elle avait tant à lui raconter. Les retrouvailles avec Adrien, les moments passés à l'hôpital, puis le shooting. La jeune créatrice en trépignait d'avance.
Arrivant devant la porte de l'atelier, elle poussa doucement la porte, avisant un Adrien penché sur son ordinateur portable. Sans bruit, elle se glissa dans la pièce, et s'installa à son bureau habituel, posant le paquet de croissant qu'elle avait amené avec elle, et son propre ordinateur. Elle jeta un coup d'œil à son ami, qui ne semblait pas l'avoir remarqué. Faisant un sourie taquin, elle s'approcha de lui, furtive, et mit les mains sur ses yeux, surprenant le garçon, en murmurant d'une voix amusée :
— Devine qui c'est ...
Adrien passe de la surprise au contentement. Il sourit, et prend un air quelque peu dubitatif. Feignant l'innocence, il demande :
— Hum, je ne sais pas ! Peut-être Nathalie, ou bien Père ? Je donne ma langue au chat.
Marinette éclate de rire, et retire ses mains, lui offrant un sourire ravi. Adrien se tourne vers elle, répondant à son sourire. Il se leva, frottant sa nuque endolorie. Puis, saisissant la main de la jeune fille, il l'attira vers lui, étreignant doucement Marinette. Celle-ci sentit son cœur chavirer, et timidement, elle répondit à son étreinte. Il recula quelques peu, sans pour autant lâcher la styliste, et déposa un baiser sonore sur sa joue.
— Bonjour Marinette ! Murmura t-il gaiement.
Elle sentit son cœur décoller, et ses joues se colorer. Se mordant nerveusement les lèvres, elle répondit faiblement à son salut, croisant ses bras derrière son dos et baissant les yeux. Adrien, comme si de rien n'était, se rassit sur sa chaise, et se retourna vers son ordinateur, poussant un sourire ennuyé. Marinette se pencha, jetant un regard à son travail, lui demandant d'une voix douce.
— Qu'est ce que tu fais ?
Il poussa à énième soupir, laissant ses doigts courir rapidement sur le clavier. Accordant un sourire à Marinette, il répondit simplement :
— Je dois mettre à jour mon dossier personnel de mannequinat, et prendre contact avec des agences de mannequins, et des photographes de mode pour me faire connaître.
Marinette lui fit un sourire encourageant, et avec douceur, elle posa ses mains sur la nuque de son ami. Il eut un léger sursaut, mais il ne dit rien. La créatrice pouvait deviner le sourire qui s'était implacablement dessiné sur son visage fatigué. S'appliquant du mieux qu'elle pouvait – elle n'avait malheureusement pas la même aisance qu'Adrien pour les massages – elle sourit elle aussi lorsqu'elle sentit qu'Adrien se détendait peu à peu.
— Merci, souffla t-il simplement.
Elle sourit doucement. Avant de laisser ses mains se balader légèrement, trouvant refuge dans les boules dorées de son ami. Sans vraiment s'en rendre compte, elle caressait lentement la tête de son ami, son geste se voulant apaisant, affectif.
— Qu'est ce que tu fais, ce soir ? Demanda soudainement Adrien.
Marinette réfléchit un instant, cessant à regret ses caresses, et répondit, légèrement embarrassée :
— Et bien ... Je pensais sortir un peu ... en boite, quoi.
Elle eut un rire nerveux, et Adrien lui fit un regard interrogatif.
— En boite ?
— En boite de nuit, affirma Marinette.
Il fit un sourire gêné, et passa la main dans ses cheveux, tentant de cacher son trouble.
— Ne rigole pas, mais ... Je ... Je ne suis jamais allé en boite !
Mais Marinette, au lieu de rire, le regarda, étonnée. Puis, mettant sa main devant sa bouche, elle pouffa tout de même de rire. Lui faisant un petit sourire, elle proposa :
— Tu veux venir avec moi ?
Son regard se remplit soudain d'étoiles, et il sauta presque de sa chaise pour prendre les mains de Marinette dans les siennes. Il lui fit un sourire ravi, et celle-ci, rougissante, ne put s'empêcher de sentir les papillons lui remonter dans le ventre. Aller en boite avec Adrien. Se trémousser. Danser ensemble. Soudainement, elle sentit son cœur faire une embardée. Qu'est ce qui lui était passé par la tête ?
— Je te dérange pas ? Tu es sûre ?
Voyant que la fille lui souriait doucement, il reprit :
— Parfait alors ! Je passerai te chercher à 8 heures tapantes !
—
Un coup de vent souffla et décoiffa la jolie coiffure que s'était faite Marinette se soir. Frissonnant, elle resserra son manteau d'elle. Il avait beau être au printemps, il faisait tout de même sacrément frisquet une fois la lune levée.
Nerveuse, elle jeta un coup d'œil à sa montre argenté.
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Une voiture noire se gara devant elle, et la fenêtre se baissa.Adrien lui lança un petit sourire, et murmura, d'une voix susurrante :
— Cette charmante demoiselle aurait besoin d'un taxi ?
Marinette éclate de rire, et s'installe dans la voiture. Adrien démarre immédiatement, tandis que Marinette l'observe en silence. Dans l'obscurité, elle a l'impression d'observer un autre Adrien. Il semble plus sûr de lui, plus mûre. Elle se mord la lèvre, sans se rendre compte qu'elle le dévore des yeux. Le jeune garçon surprend son regard, et lui sourit. Elle sursaute, secouant la tête pour se remettre en question.
Maudits sentiments, pense t-elle.
— Indique moi où tourner. Lui fit-il.
Elle hoche silencieusement la tête, et au bout de quelques minutes, elle murmure simplement :
— A droite. Voilà, maintenant gare toi là. On continuera à pied.
Il lui sourit, et elle s'empourpre. La voiture s'arrête, et Adrien court pour ouvrir la porte de Marinette. Touchée, elle prend la main qu'il lui offre, sans savoir qu'il ne compte pas la lâcher. Rougissant, elle remet une mèche de ses cheveux en place, détournant le regard.
Marinette entendit la musique avant de voir la boite de nuit. Main dans la main, ils marchaient lentement, sans vraiment se presser, tentant de rallonger le plus possible ce moment plaisant. Elle ne veut pas lâcher sa main chaude, elle veut le garder auprès de lui le plus longtemps possible. Mais ils arrivent en vue de l'entrée, et Adrien lâche à regret la main de la styliste.
Comme Marinette est une habituée, elle profite de son coupe-file pour entrer directement, suivi du blond, légèrement sur la retenue. La créatrice saluait les gens qu'elle connaissait, semblant tout d'un coup plus détendue, plus naturelle. Ils posent leurs manteaux au vestiaire, et rejoignent sans tarder la salle de fête, déjà passablement remplie.
La créatrice ne tarde pas à trouver une petite table pas trop loin de la piste de danse. Elle s'y installe, faisant un sourire éclatant à Adrien, qui la regarde, presque admiré. Le serveur s'approche, et la fille lui fait un clin d'œil.
— Pour moi, ce sera un whisky-coca ! Et pour toi, Adrien ?
Elle se tourne vers lui, et lui fait un sourire complice. Un peu perdu, il se contente de dire :
— Mettez en deux, merci !
Elle rigole, et Adrien admire sa simplicité, ainsi que son sourire adorable. Il n'a d'yeux que pour elle, et lorsqu'elle remarque qu'il la regarde, elle devint cramoisi. Pourtant, elle plonge son regard dans le sien, et la connexion se fait. Immédiatement, aucun des deux n'arrive plus à détourner le regard, comme happés par la présence de l'autre. Le monde semble s'arrêter autour d'eux, et même la musique semble se faire discrète. Doucement, leurs mains se croisent sur la table, et Marinette lui offrit un sourire.
Mais leurs bulles éclatent lorsque le serveur revient, et pose fortement les deux verres remplis sur la table. Marinette sursaute, et délie ses doigts, évitant le regard d'Adrien, et remerciant le serveur, qui s'empresse de s'en aller. Elle se saisit délicatement de son verre, et le lève en faisant un grand sourire.
— Santé !
Elle cogne doucement dans son verre, en riant et le porte à ses lèvres. Doucement, une sorte de chaleur se répand en elle, tandis qu'elle boit le doux et fort breuvage. Adrien fit de même, et Marinette éclata de rire lorsqu'elle vit sa mine déconfite.
— Ne me dis pas que tu as jamais bu d'alcool !
Il leva les yeux au ciel, et croisa les bras, prenant un air faussement boudeur.
— Bien sur que non, pour qui me prends-tu ? C'est juste que ... C'est très fort.
Il eut un rire gêné, et le cœur de Marinette fondit. Il était si adorable, surtout quand il prenait cette mine embarrassée. Tout en continuant de siroter leurs boissons, le silence s'installa, et les deux jeunes regardaient distraitement la scène où se déhanchaient des ados en folie.
Lorsque la musique changea, passant sur quelque chose de plus énergique, Adrien posa son verre sur la table, et se leva. Prenant un air assuré, il tendit la main à Marinette, qui le regardait, une lueur mi-étonnée, mi-amusée dans le regard.
— Shall we dance ? Demanda t-il avec un petit mais adorable accent anglais.
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La musique résonne à ses oreilles, son corps bouge au rythme de celle-ci. Son cœur éclate, ses oreilles bourdonnent. Elle sourit comme une gamine, car après tout, c'est ce qu'elle est, n'est ce pas ? Une gamine qui s'amuse, se dandinant voluptueusement sur une musique entraînante. Marinette capte le regard d'Adrien, et sans le vouloir, ils se rapprochent, dansent ensemble comme s'ils ne font qu'un, comme si les autres étaient invisibles autour d'eux. Il n'y a qu'elle qui compte pour lui. Il n'y a que lui qui compte pour elle. Elle noue ses bras autour de son cou, elle ferme les yeux, respirant sa douce et irrésistible odeur masculine. Son souffle chaud dans son cou, ses mains se perdent dans ses cheveux. Yeux dans les yeux, elle ne se rend pas bien compte de ce qu'il se passe.
Marinette se trémousse, collée à son maudit partenaire d'Adrien Agreste. Grisée par l'ivresse de l'inconnu, elle savait bien, que dans une relation, les quelques secondes qui allaient suivre étaient souvent les plus belles, les plus intenses, celle qu'elle ne pourrait jamais oublier : le moment magique avant le premier baiser.
—
Au début, leurs lèvres s'effleurent doucement, et se cherchent avidement. Puis leurs deux souffles s'entremêlent dans le noir. C'est un baiser caressant qui devient presque une morsure. Un baiser intense, cherchant les limites infinies de l'autre. Le premier fini, nez contre nez, ils se cherchent à nouveau, laissant leurs lèvres se rencontrer à nouveau, cette fois-ci, pour une étreinte plus passionnée, plus sauvage. Elle ferme ses yeux, savourant le goût sucré des lèvres de son amant contre les siennes.
Et soudain, elle réalise. Elle embrasse Adrien. Adrien. Elle prend peur, elle se ferme. Et fermement, elle le repousse, malgré son cœur lui hurlant de continuer. Elle n'ose pas affronter son regard perdu, ni même son expression peiné. Elle secoue la tête, et remarque que des larmes brûlantes ont coulés sur ses joues. La musique a prit fin, et le DJ est en train de changer de disque. Dans la salle, on n'entend que les rumeurs des conversations, parfois quelques brides de discussions. Marinette se mord la lèvre, et murmure doucement :
— Je ... Je ne suis pas prête. Je veux dire ... On travaille ensemble et ... Je ... Je sors juste d'une autre relation et ...
— Ne te justifie pas, je comprend.
Il lui fit un léger sourire, cachant avec peine sa déception.
— Prend le temps qu'il te faudra. Je t'attendrai toujours.
Les larmes ne s'arrêtaient pas de couler. Elle essuya ses yeux du revers de la main, mordant sa lèvre, et elle s'éloigna un peu.
— Je suis désolée. Je vais rentrer.
— Tu veux que ... se proposa t-il gentiment.
— Non. Je vais rentrer en taxi.
Sans rien ajouter de plus, Marinette lui tourna le dos, et quitta la disco, le cœur en miettes. Adrien lui, resta un moment, assis seul à sa table, finissant les deux vodkas entamées. Un peu éméché, lorsqu'une fille un peu pimpante l'aborda, il ne résista pas. Et pour l'espace d'un instant, il réussit à noyer sa peine, et à oublier le refus qu'il venait de subir.
—
Marinette n'avait pas beaucoup dormi, au contraire. Elle avait beaucoup pleuré, jusqu'à tomber de fatigue. Le matin, elle s'était contentée de rester au lit, jusqu'à se rappeler de la visite d'Alya. En vitesse, elle prit une douche rapide, espérant que l'eau gommerait son air abattu. En vain.
Tikki lui dit d'aller parler à Adrien, de lui dire ce qu'elle ressentait.
Marinette lui répondait que ce n'était pas si simple, que la honte la rongeait, et qu'elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait réagit comme ça.
Tikki lui dit qu'elle avait peur de s'engager dans une nouvelle relation.
Marinette ne répondit rien. La sonnette retentit. Sauvée par le gong. Elle jeta un coup d'œil discret à Tikki, qui alla tranquillement se cacher dans la chambre de la demoiselle, une réserve de cookies suffisante pour la journée.
—
— Tu as une tête de quelqu'un de déprimé, rigola Alya.
— Je ne vois pas de quoi tu parles. Mais toi par contre, tu as une tête de fille amoureuse.
La métisse éclata de rire, s'empressant d'expliquer à sa meilleure amie la façon dont Nino, son petit ami depuis le collègue, venait juste la demander en mariage, la veille au soir. Le ventre de Marinette se serra en pensant à la veille, mais elle fit comme si de rien n'était, s'émerveillant devant la bague de fiançaille de son amie.
Après des heures à papoter de tout et de rien, Marinette finit par lâcher, du bout des lèvres.
— J'ai revu Adrien. En fait, je ...
— C'est vrai ? La coupa son amie. Tu l'as vu sur la couverture du magazine Vogue ? Il est vraiment canon, même si je préfère quand même mon Nino.
Marinette hocha la tête, ayant un faible sourire.
— Je travaille avec lui, à vrai dire.
— Quoi ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ?!
Marinette leva les yeux au ciel, tentant de retenir ses éclats de rire.
— Laisse moi parler jusqu'au bout, idiote.
Marinette lui fit un sourire affectif, et elle continua.
— Et puis ... Hier, et bien ... Il m'a embrassé.
— Quoi ? Adrien Agreste t'a embrassé ?! Ma fille, tu as réussi ta vie.
Marinette éclata de rire, elle dût attendre de calmer son hilarité, avant de répondre à son amie.
— Mais, Alya, je ... Je ne peux pas avoir de relations avec lui ! On ... On travaille ensemble et puis ... Il y a Nathaniel qui ...
— Tu t'en fiches de Nathaniel, ça je peux te l'assurer. Je te connais, chérie. Ce qui cloche avec toi, c'est que tu as peur de le décevoir, je me trompe ? Tu as peur de ne pas être assez bien pour lui. Mais fonce, bordel ! Est-ce que tu veux rater ta chance, comme quand vous étiez au collègue ?
Marinette baissa les yeux, coupable. Au fond, Alya avait raison. Si elle s'opposait à cette relation, c'était juste car elle avait peur. Peur de ce que penserait les gens d'elle, de ce qu'il penserait de lui lorsqu'il verrait qu'il s'est éprise d'une vulgaire boulangère. Elle se mordit la lèvre, et elle sentit les larmes envahir à nouveau ses joues. Alya passa un bras réconfortant autour de ses épaules, et réconforta doucement son amie. Brisant le silence, la métisse murmura légèrement :
— Si j'étais toi, j'irais lui parler. Laisser ton cœur dicter tes actes, Marinette, arrête de trop penser.
Marinette hocha la tête. Elle irait lui parler, elle s'en fit la promesse, là, tout au fond de son cœur. Adressant un sourire chaleureux à son amie, elle répondit à son étreinte et chuchotant :
— Tu as sans doute raison. Merci Alya.
Hola le peuple ! Voilà le chapitre 4, en espérant qu'il vous plaise ! Je suis assez satisfaite ! J'ai essayé un nouveau style d'écriture, plus axé sur les dialogues. Dites moi ce que vous en pensez. (: Si vous voulez l'image pour laquelle je me suis inspirée de la tenue d'Adrien lors du shooting, je vous la passerai en privé ! ^^
N'hésitez pas à laisser des reviews, ou à favorite, ça me ferait super plaisir ! 3
Bisous et à bientôt pour le chapitre 5 !
