Marinette se tournait, et retournait dans son lit sans pouvoir trouver le sommeil. Alya était partie depuis un petit moment déjà, et la couturière avait passé la fin de sa soirée à paresser sur le canapé, regardant distraitement la télé, et ruminant ses pensées. Très rapidement terrassée par la fatigue, elle ne tarda pas à se mettre au lit, rejoignant Tikki qui dormait déjà. Dès lors, elle n'était pas parvenue à fermer l'œil de la nuit, et elle fixait depuis quelques heures le plafond de sa chambre assombrie.

Elle soupira, et tourna la tête pour observer Tikki qui sommeillait de poing ferme. Caressant doucement sa petite tête rouge, elle sourit, tout en se souvenant de ce qui l'unissait avec la petite créature. Leur rencontre, puis lorsqu'elle s'était transformée pour la première fois en Ladybug, et même lorsqu'elle avait rencontré Chat Noir et …

Penser au super-héros lui serra le cœur. Le regard perdu dans le vide, elle se demandait vraiment où pouvait bien se trouver Chat Noir actuellement. Et surtout, est ce qu'il allait bien ? Enfin surtout, est ce que sa blessure était guérie ? Malgré la haine qu'elle lui avait voué pendant plus de quatre ans, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable … Si seulement elle ne s'était pas laissé distraire... Si seulement elle avait été plus attentive …

Son ventre se serra, et elle poussa un long soupir, essayant de faire évacuer toute son angoisse. Elle ne devait pas y penser, elle avait bien assez de problèmes pour se préoccuper aussi de lui. Elle secoua la tête. Il fallait vraiment qu'elle arrête de s'inquiéter pour tout le monde. Et surtout pas pour Chat Noir. Il n'en valait pas la peine. Vraiment pas. Pourquoi devrait-elle s'inquiéter pour lui, puisqu'il ne s'était pas préoccupé d'elle pendant 4 ans ?

Elle serra les poings, et enfouit sa tête dans son oreiller, essayant de se calmer. Voyant qu'elle n'y arrivait pas, et que le sommeil ne semblait pas vouloir revenir, elle se leva et enfila une robe légère, avant de quitter son appartement pour prendre l'air.

Le vent frais lui fit du bien, chassant ses idées accablantes et déprimantes. Légère, ses pas la portèrent jusqu'au parc de son quartier, où elle s'amusait à courir après les papillons, quand elle était plus petite. Étonnement, les rues de Paris étaient vides, et Marinette ne croisa aucune âme vivante. Mais elle n'était guère surprise : il se faisait tard, et la Ville Lumière profitait de quelques heures de répit.

Elle finit par s'asseoir sur un banc, le regard perdu dans le vide. Jouant machinalement avec une courte mèche de ses cheveux, elle réfléchissait à toute vitesse, cherchant vainement des solutions à son principal problème.

Est-ce que tu veux rater ta chambre, comme quand vous étiez au collège ?

La phrase que lui avait dit Alya quelques heures plus tôt hantait Marinette, revenant machinalement dans l'esprit de la jeune femme. Même si elle essayait de penser à autre chose, le visage angélique d'Adrien revenait la couvrir de honte et de remords. Mais quelle idiote. Pourquoi l'avait-elle jeté comme ça ?

Soudain, une voix interrompit le cours de ses pensées.

— Marinette ? Mais qu'est-ce que tu fais ici, à cette heure-ci ?

Chat Noir. Bien sûr, qui d'autre ? Lorsqu'elle le vit, étincelant, dans son costume sombre, elle sentit les larmes couler, sans même qu'elle puisse les retenir. Il n'était plus blessé ! Mieux encore, il était vivant.

Tout en mettant les mains sur sa bouche pour étouffer ses sanglots, il s'approcha d'elle, faisant une mine inquiète lorsqu'il vit ses larmes.

— Marinette, répéta-t-il, pourquoi tu pleures ?

Elle secoua la tête, se rendant compte qu'elle ne pouvait pas jouer le coup de la blessure. Seule Ladybug était au courant, Marinette n'était censé ne rien savoir. Et Chat Noir ne mettrait pas long à deviner sa véritable identité, si elle se mettait à dire des choses dont elle n'était pas censé avoir eut vent.

— C'est juste ... Le pollen !

Le pollen. Le pollen, bien sûr. Qui était assez stupide pour croire cette stupide et ridicule excuse ? Chat Noir la regarda, haussant un sourcil, sans rien dire. Il s'était sûrement rendu compte du mensonge de la jeune fille, mais il avait décidé de ne rien dire. Ou alors, il était juste vraiment stupide.

Il s'approcha tout de même d'elle, et s'assit à côté d'elle, sur le banc, passant doucement son bras autour des épaules de Marinette, l'attirant vers lui pour la serrer dans ses bras. D'abord surprise et réticente – elle n'oubliait ni sa haine ni sa rancune –, elle s'apprêtait à le repousser, quand son cœur lui souffla de ne pas le faire. Alors doucement, elle répondit à son étreinte, laissant ses larmes couler comme un torrent translucide. Elle s'en voulait un peu de se montrer faible devant lui, et de se laisser aller malgré tout. Mais son odeur épicé et ses bras protecteur comblaient le vide et le remords dans la poitrine de la jeune fille.

— Pleure autant que tu veux, murmura Chat Noir d'une voix réconfortante, et je te promet, qu'après, tout ira mieux.

Doucement, il se mit à lui caresser la tête, apaisant, relaxant.

— Pourquoi tu es parti, demanda-t-elle lorsque ses larmes se tarirent.

— Mon père m'a obligé à voyager, pour le travail.

Il se racla la gorge, mal à l'aise. S'il révélait à Marinette qu'il avait dû faire des stages de mannequinats, elle se rendrait immédiatement compte de sa véritable identité. Pour couper court la discussion, surtout pour empêcher la jeune fille de poser des questions, il lui demanda :

— Et toi, tu deviens quoi ?

La jeune fille eut un faible sourire.

— Je viens de commencer à travailler pour un célèbre couturier. Je suis devenu créatrice de mode.

Des étoiles remplirent un instant ses yeux, avant que ceux-ci ne se voilent d'une tristesse qu'Adrien identifia comme étant de sa faute. Il se mordit la lèvre, gêné.

— Et niveau ... relation, demanda-t-il soudainement.

Elle le regarda d'abord étonnée, avant de pouffer de rire, et de murmurer.

— J'ai fréquenté un garçon de ma classe, Nathaniel, pendant quelques années ... Mais je l'ai quitté récemment.

Elle soupira, et Chat Noir la regarda attentivement. Elle était sortie avec Nathaniel ? Et bien, le dessinateur devait probablement s'être décoincé en quatre ans. Il se rappelait quand le garçon épiait Marinette au collège, sans jamais oser lui parler. Il étouffa un éclat de rire, reportant son attention sur Marinette qui continuait à parler.

— Et ces derniers temps, et bien, il y a quelqu'un. Mais, je ... Enfin, je suis perdue ! J'ai peur de ne pas être assez bien pour lui, que les gens le regardent de travers ou le jugent simplement parce qu'il sort ... avec moi.

— Pas assez bien pour lui ? Mais Marinette, tu es parfaite. Tu es jolie, tu es drôle, tu es talentueuse. Et s'il est amoureux de toi, pourquoi tu perds une occasion d'être heureuse ?

— Peut-être qu'il se sent redevable envers moi ? Parce que je lui crée des vêtements ? Et c'est peut-être pour ça qu'il est gentil avec moi, murmura Marinette.

— Et pourquoi t'aurait-il embrassé s'il n'avait pas de sentiments ? coupa Chat Noir, excédé.

Un silence gênant s'installa doucement, et Marinette tourna la tête pour regarder le héros longuement.

— Je ne t'ai jamais dit qu'Adrien m'avait embrassé.

Chat Noir plongea son regard dans le sien. Ses mots étaient sortis tout seul, sans réfléchir. Et maintenant, le héros se retrouvait dans une situation improbable. Devait-il lui dire ? Il ne s'était pas imaginer se dévoiler comme ça, mais puisque Marinette commençait à avoir des doutes, autant y remédier immédiatement. Cherchant le courage au fond de lui-même, il inspira un bon coup, et murmura précipitamment :

— En fait, Marinette ... Et bien, Adrien et moi, on ...

Bip bip, bip bip. Son miraculous se mit à sonner.

— On est meilleurs amis ! Il me dit tout ... Et c'est pour ça que je suis au courant, conclut-il avant de lui adresser un signe de main, et de s'en aller avant de se retransformer.

Perplexe, Marinette rentra chez elle. Qu'Adrien et Chat Noir ne fasse qu'un, c'était tout simplement impossible. La mannequin était raffiné, gracieux, terriblement attirant et sexy. Bien sûr, Chat Noir l'était aussi, mais pas de la même façon. Le héros incarnait plus le côté sauvage, incontrôlable, tandis qu'Adrien était un ange tombé du paradis.

Elle poussa un long soupir en tombant dans son lit. Cette fois-ci, elle ne tarda pas à s'endormir, dans un sommeil bercé de rêve et de songes.

Le lendemain, elle profita de son dimanche matin pour dormir. Une fois debout, elle resta tranquillement chez elle, à faire de la couture, ou du ménage. La routine habituel, en soi, mais Marinette remuait ces pensées, tentant de trouver quoi dire à Adrien le lendemain. Devait-elle s'excuser ? Probablement. Devait-elle s'ouvrir à lui, lui dire ce qu'elle avait sur le cœur ?

Rien qu'à cette pensée, elle devint cramoisi. Elle enfouit cette idée au fond d'elle-même, et en chercha d'autre. Et si elle lui disait qu'elle était Ladybug ? Non, ça ne changerait rien à leur problème.

— Pourquoi tu ne lui dis pas simplement que tu en pinces pour lui, suggéra Tikki.

— Ce n'est pas si facile, soupira la créatrice.

— Vous, les humains ... Vous êtes si compliqués.

Marinette éclata de rire, et Tikki la rejoignit immédiatement.

Au final, la journée passa sans que Marinette ne trouve quoi dire à Adrien. Tant pis, elle improviserait. Elle avait toujours été une championne de l'improvisation après tout. Surtout avec Adrien.

Le cœur battant, le ventre dans les talons, Marinette essayait de marcher le plus normalement possible, sans réussir à paraître normal. Elle avait mit ses plus beaux habits, elle s'était coiffée du mieux qu'elle l'avait pu, et elle avait même mit des talons. Car aujourd'hui, on était lundi, et elle revoyait Adrien. Et elle avait prit sa décision, elle irait lui parler, et elle lui dirait tout. Enfin, excepté son identité secrète, qu'elle ne sentait toujours pas prête à assumer.

Arrivant devant la porte de son atelier – qui lui était désormais familière, elle prit son souffle, et poussa la porte en déclarant, à peine rentrée :

— Adrien ! On doit parl-...

— Bonjour, Mademoiselle Dupain-Cheng, coupa la voix froide de Gabriel Agreste.

Merde. Merde. Gabriel Agreste. Elle qui pensait trouver Adrien, elle trouvait son père. C'était sûrement la dernière personne qu'elle voulait voir. Heureusement, Adrien était là, lui aussi, et il lui adressa un faible sourire. Immédiatement, elle devint aussi rouge qu'une pivoine, et murmura quelques excuses brèves. Le grand créateur l'invita d'un geste de main à s'asseoir en face de lui, ce que fit sans rechigner la jeune femme.

— Si je suis ici, c'est pour vous communiquez une information de la plus haute importance, commença le couturier. Je vous ai inscrit au Concours International de Mode, qui se déroulera le mois prochain.

Marinette étouffa un cri étouffé, et Adrien tenta de cacher sa surprise. Ils échangèrent un regard étonné, tandis que Gabriel semblait apprécier l'élan d'effarement qu'avait suscité son annonce. Il se tourna vers Adrien et lui fit un regard dur.

— Peux-tu aller chercher des cafés, Adrien ? J'ai à parler à Mademoiselle Dupain-Cheng.

D'abord étonné, il hocha la tête, et quitta rapidement la pièce. Gabriel reporta son attention sur Marinette, et lui dit sèchement, en la transperçant de son regard froid.

— Vous pensez peut-être utiliser Adrien comme tremplin dans le monde de la mode ? L'amadouer, user de vos charmes et le jeter lorsque vous serez en haut du podium ? Je vois clair dans votre jeu, Marinette, mais sachez que je vous ne laisserez pas faire.

La mâchoire de la créatrice se décrocha. Avait-elle bien entendu ? Son patron l'accusait à tord, pire, encore, la montrait du doigt. La gloire et le succès, Marinette n'en avait que faire. Elle, tout ce qu'elle voulait, c'était pouvoir coudre un peu, sans vraiment se poser de questions ou de se donner un genre. Un goût amer envahit sa bouche, et elle parvint tout de même à retourner un regard ardent à Gabriel. Prenant une voix neutre et hachée, elle déclara simplement :

— Je vous conseille de retourner voir votre opticien. Votre vue semble vous faire défaut.

Il eut un petit silence, avant que Gabriel éclate de rire, et se lève sans rien ajouter de plus. Il semblait satisfait, comme si Marinette avait répondu exactement comme il l'avait voulu. Troublée, la créatrice secoua la tête, essayant de percer les vices et malices de cet homme qu'elle connaissait bien peu. Pourtant, sans rien ajouter de plus, il posa une enveloppe devant elle, avant de se diriger vers la porte, sans accorder un regard de plus à Marinette. Alors qu'il allait ouvrir la porte, celle-ci s'ouvrit et Adrien entra dans la pièce, chargé de trois café brûlants.

— Père ! Vous partez déjà ? ... Et le café ?

— J'ai à faire. Toutes les informations concernant le concours sont dans l'enveloppe que j'ai donné à Mademoiselle Dupain-Cheng.

Il saisit un café, manquant de faire tomber le plateau entre les mains d'Adrien. Il s'apprêtait à sortir, mais il se retourna soudainement sur le pas de la porte, pour adresser à Marinette un regard glacial.

— Ne me faites pas regretter ma décision, Marinette.

Et il claqua la porte, laissant un silence glacial dans la pièce, laissant un vide et une tension palpable. Marinette fit mine de s'intéresser à l'enveloppe que lui avait donné Gabriel, mais ses mains tremblaient et son cœur battait la chamade. Elle sentit qu'Adrien s'asseyait à côté d'elle, la regardant faire. Elle sentit qu'il glissait doucement la café vers elle.

Son souffle dans son cou, son odeur épicée, sa présence rassurante.

— Tu voulais me parler de quelque chose ?

Sa voix électrisa Marinette, qui resta un instant muette. Toujours concentrée sur sa lettre, elle réussit enfin à l'ouvrir, et sortit un feuille soigneusement pliée. Elle en lut quelques lignes, avant de répondre timidement à la question d'Adrien.

— Non non, ce n'est rien.

Rien ne semblait vouloir déranger le silence insoutenable qui régnait dans la pièce. Seuls des respirations calmes se faisaient entendre, et parfois, des bruissements de papiers, du froissements de tissus et des soupirs.

Il lui jeta un regard en coin, la regarda un instant travailler silencieusement, avant de lui même se remettre au travail. Il tapotait sur son clavier, se massant la nuque, sans vraiment savoir ce qu'il faisait vraiment. Ils ne se parlent plus, du moins, le moins possible. Seulement lorsqu'ils le doivent. Un simple bonjour le matin, un oui faible pour un café, et un au revoir sans conviction lorsqu'il est l'heure de partir.

Adrien soupira. Pourquoi leur relation avait-elle évolué comme ça ? S'il en croyait ce que Marinette avait révélé à Chat Noir l'autre soir, elle partageait les mêmes sentiments. Alors pourquoi, oui pourquoi, se murait t-elle ainsi derrière le silence et la froideur ? Devait-il lui parler ? A cause de ce stupide baiser ... Ne pouvaient-ils pas faire comme si rien ne s'était passé ? Les choses auraient été si simple ...

Un sentiment de honte l'envahit. Il pensa à ce qu'il avait fait, ces derniers soirs. Pour essayer d'oublier ses sentiments, il avait cherché la compagnie d'autres filles, sans arriver à penser à autre chose qu'à elle. S'il ne trouvait pas de fille pour partager son lit, il s'évadait sous la forme de Chat Noir, ne rentrant qu'au petit matin et dormant le reste de la journée.

Elle le hantait, de jour comme de nuit. Son sourire, son odeur, sa joie. Et ce sentiment, il n'était pas prêt de le retrouver. L'amertume envahit sa bouche, et il se sentit comme vide, traversé de millions d'épées accusatrices. Il avait l'étrange impression d'essayer d'attraper de l'eau, même si elle lui échappait sans cesse, glissant entre ses doigts.

Je ne suis pas prête.

Un frisson le parcourut, mais il ignora cette sensation. Il finit par la couvrir d'un regard protecteur. Même si elle avait besoin de temps, et qu'elle s'enfermait dans le silence, il la surveillait, il veillait sur elle. Il l'aimait, et il était prêt à attendre l'éternité pour que son amour lui revienne.

Un mois. Lorsque qu'ils regardaient le calendrier, ils se disaient qu'ils avaient le temps. Mais les jours passaient, et plus la date se rapprochait. Elle se rapprochait, inévitablement, même si Marinette essayait désespéramment d'arrêter le temps. Elle se rapprochait, comme le chasseur se rapprochant de sa cible. Et c'est comme ça qu'elle se sentait. Piégée.

Un mois. L'appartement noyé de tissu, sa machine jamais au repos, la fatigue se lisant sous ses yeux, au travers de petites valises noirs. Elle soupira. Elle avait mal à la nuque. Elle mourait d'envie d'aller dormir. Mais elle continue, elle continue toujours. Elle est motivée, déterminée, et elle ne veut pas le décevoir.

Un mois. De son côté, il reste chez lui, pour la plupart du temps. Il surveille son alimentation, il perd cinq ou six kilos et affine sa silhouette. Il s'entraîne à poser, à marcher. Il déteste cela, mais il s'accroche. Il le fait pour elle, il veut qu'elle soit heureuse.

Un mois, cloîtré dans le silence et la peur, dans le stress et l'appréhension. Ils ne se sont toujours pas parler, du moins, ils essaient. Ils se rapprochent sans le vouloir, de ces quelques moments d'intimités, le regard se croisant, timide, un sourire léger au coin des lèvres. Alors qu'elle essaye de s'éloigner de lui, elle ne fait que l'attirer. Il est là, toujours là et il l'attend. Parfois, ils sont trop proches, et elle détourne la tête. Parfois, elle le touche sans le vouloir, et il frissonne.

Sans se parler, sans vraiment le vouloir, ils se rapprochent, ils s'aiment en silence, en secret. Et ils le savent, sans jamais se l'avouer.

Un mois. Ça parait long, mais ça passe bien trop vite. Une semaine avant le concours, elle donne un dernier coup de ciseau, elle coupe les derniers fils et elle pousse un long soupir.

Enfin. C'est le mot, oui. Enfin, elle a fini les deux tenues pour le concours. Elle compose avec empressement le numéro d'Adrien qu'elle connaît par cœur. Il décroche à la première sonnerie, comme s'il l'attendait.

— J'ai fini, s'exclame t-elle. J'ai tout fini !

Un cri de joie et de surprise lui répond.

— C'est super ! Si tu savais comme je suis heureux ! J'arrive !

Elle hésite un instant, mais finit par décider:

— Viens chez moi. Ce sera plus pratique pour les dernières retouches.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la sonnette retentit, et Marinette courut ouvrir la porte de son appartement. Cette fois-ci, elle ne s'était pas vraiment préparée. Les cheveux en pétards, un mini short et coton, et un débardeur trop grand lui suffisait. Adrien, lui, était comme à son habitude, bien coiffé, bien habillé, dans sa grâce et son charme habituel. Un instant, Marinette se sentit mal-à-l'aise, mais elle secoua la tête. Elle n'avait pas de temps pour ces conneries. Elle laissa son ami entrer, avant de courir vers sa chambre et de revenir avec deux petits tas de vêtements.

Elle présenta le premier tas à son ami, en déclarant d'une voix enjouée :

— Voici la première tenue, il faut que tu ailles l'essayer. J'ai acheté les accessoires aussi, que tu porteras sur scène.

D'un œil expert, il examina les vêtements, notant quelques points à retoucher, avant d'aller dans la salle de bain et de se changer. Nerveuse, Marinette attendit dans le salon, se rongeant les ongles et le sang. A vrai dire, elle ne savait pas si elle stressait à cause des vêtements, ou à cause de lui en train de se changer dans la pièce d'à côté. Elle eut un rire nerveux, et elle tenta de calmer son cœur qui battait la chamade.

Depuis la conversation avec Gabriel Agreste, elle s'était totalement dégonflée. Elle qui voulait parler avec Adrien, elle s'était au final enfermée dans le silence. Elle était devenu froide et distante, sans vraiment parvenir à effacer ses sentiments. Elle avait tenté de lui parler, mais les mots n'avaient jamais dépassé ses pensées, et restaient bloqué dans sa gorge. Avec amertume, elle repensa à ce que lui avait dit Alya. En un mois, Adrien était sûrement passé à autre chose, il avait peut-être rencontré quelqu'un. Elle secoua la tête. Elle ne voulait pas savoir, d'abord. Pourquoi se prenait-elle la tête avec ça ?

Un raclement de gorge la ramena sur Terre, et elle regarda Adrien qui sortait la salle de bain.

Son cœur s'arrêta. Avant de repartir, encore plus rapide qu'avant. Le rouge aux joues, un long silence s'installe. Plongé yeux dans les yeux, ils s'observèrent doucement, s'échangèrent un regard aimant, sans rien se dire. Il sourit, et elle lui rendit le sien, avant de se mordre la lèvre, baissant le regard, cramoisie.

— Wow ... Hum ... Ça te va très bien.

Il rigola, et elle ne tarda pas à rejoindre son rire.

— Merci ! C'est grâce à toi ! L'ensemble a beau être simple, il correspond parfaitement au thème demandé !

Elle rougit, tout en enroulant une de ses mèches dans ses cheveux.

— Ma tenue serait fade si ce n'était pas toi qui la portait.

Ses joues se colorent, mais elle lui sourit tout de même. Elle lui tendit la deuxième pile, et il s'éclipsa à nouveau dans la salle de bain.

Lorsqu'il en ressortit, Marinette sentit à nouveau son cœur s'emballer. Alors qu'elle allait le complimenter, Adrien s'approcha d'elle et s'empare de ses mains, en murmurant rapidement.

— Tu es tellement talentueuse, Marinette ! Regarde moi ces tenues, elles sont tout simplement parfaites.

Elle pouffa de rire, et croisa ses doigts aux siens. Elle fuit son regard, mordant ses lèvres. Mais ses yeux s'aventurait dans la courbe de son torse qu'on apercevait en dessous de son chemisier. Elle se mordit à nouveau la lèvre, et tenta de détourner le regard.

Ils étaient proche, tellement proche. Elle releva la tête, et sans le vouloir, dévora ses lèvres du regard. Sans s'en rendre compte, ils s'approchaient, réduisant la distance entre leurs deux corps. Doucement, leurs lèvres s'effleurèrent, leurs souffles se mélangèrent.

Mais Adrien recula, et murmura, le regard fuyant.

— Désolé, vraiment ... Je ne veux pas faire d'erreurs, Marinette.

Le réveil. Elle détourna la tête, la déception se lisant dans ses yeux. Elle ne comprenait pas bien ce qu'il s'était passé, mais elle comprenait ce qu'avait ressenti Adrien lorsqu'elle l'avait jeté, un mois plus tôt. La déception, l'amertume. Une question trottant dans la tête.

Pourquoi ? Ne suis-je pas assez bien pour lui ?

— C'est le grand jour, soupire t-il.

— ...

— Tu stresses, non ? N'essaye pas de le nier, je le vois sur ton visage.

Elle rit nerveusement, lissant machinalement un pli sur sa jupe.

— C'est ma première fois ... Et si je me loupe ? Et si je tombe au milieu du plateau, et m'étale sur les juges ? Et si je dis n'importe quoi ?

Il éclate de rire, ce qui a le don de calmer un peu l'angoisse de la jeune fille.

— Reste naturel, c'est la meilleure chose à faire.

Elle hoche la tête, et lui offre un grand sourire. La porte s'ouvre soudainement, et une voix se fait entendre.

— Marinette Dupain-Cheng, c'est à vous.

Elle perd son sourire, et son poing se serre. Elle se lève, droite et stricte. Elle serre contre elle un petit paquet de feuilles et photos soigneusement rangées. Elle jette un dernier coup d'œil à Adrien, et marche maladroitement jusqu'à la salle. Lorsqu'elle disparaît derrière la porte, il pousse un long soupir. Une porte à l'opposé s'ouvre, et le mannequin est appelé à son tour.

— Adrien Agreste, je présume. Allez vous préparer, c'est bientôt à vous.

Il prend avec lui le sac de vêtements que Marinette lui a confectionné, et s'avance, d'une démarche gracieuse et élégante.

Les deux héros s'avancent en même temps, dans une salle différente le cœur à l'unisson. Le ventre serré, le cœur battant la chamade, ils marchent ensemble vers une épreuve qu'ils sont heureux de traverser ensemble.

Au loin, ils entendent les cris de la foule en folie. Ils entendent aussi la voix d'un présentateur qui s'écrie, enjoué :

Que le Concours International de Mode commence !


Bon, je vous dit la vérité, je suis extrêmement déçue de ce chapitre. J'avais les idées, mais je savais juste pas comment les formuler. Au final, ce chapitre est mou et mal décrit, je suis désolée de vous pondre quelques chose d'aussi nul. Promis, je me rattraperai sur la suite. Je suis tellement déçue, si vous saviez xD C'est pas possible ;_;

Ah aussi, je tenais juste à vous remercier de votre soutien, ça me fait immensément plaisir, et c'est grâce à vous que j'ai la motivation d'écrire la suite Vous êtes géniaux ! Un grand merci à vous ! ^^