Chapitre 66

Time to Talk

Tony était sur le point de repartir sur le vaisseau du Shield quand il s'était heurté, non pas à Thor, mais à Steve.

« Tu ne seras pas en sécurité là bas, fit remarquer le blond.

— Je ne serai en sécurité nulle part ! répliqua le brun. Je te rappelle qu'Amora peut se téléporter ! Autant lui compliquer la tâche en allant là où elle ne pensera pas me trouver !

— Il a raison », intervint Clint.

Steve fut surpris de l'entendre prendre parti. Il lui jeta un rapide coup d'œil, cherchant des arguments qui feraient changer d'avis le nouveau directeur du Shield jusqu'à ce qu'il n'entende la suite :

« Tu seras bien plus en sécurité ici que sur l'héliporteur : ils n'oseront pas attaquer une tour pleine d'Asgardiens. »

Tony lui-même sembla surpris d'entendre Clint prendre le parti des Avengers et resta sans voix. Peut-être s'était-il attendu à ce qu'il soit de son avis ? Ce n'était clairement pas le cas, mais était-ce important ? Steve voulait juste assurer la sécurité de son ami, il avait une fois encore « perdu » Edward et n'avait aucune envie que Tony ne tombe entre les mains de Loki.

« Tu es censé être de mon coté », soupira Tony.

Comment pouvait-il être aussi détaché alors qu'Edward était entre les mains de Loki et qu'il venait juste d'échapper à une tentative de kidnapping... ou de meurtre ? Peu importait ! Son insouciance avait de quoi irriter le blond.

Tony capta son regard empli de rage, il lui prit le menton et arbora un air charmeur.

« Si tu veux, je te réconforte de ton chagrin d'amour, Captain », lui murmura-t-il d'un ton provocant.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Il le frappa, un coup de poing plus violent qu'il ne l'aurait voulu, le brun fut projeté en arrière, Thor le rattrapant.

« Ne te moque pas de moi ! cracha Steve. Edward est entre leurs mains et...

— Ils ont besoin de lui vivant ! répliqua Tony en essuyant une goutte de sang au coin de sa lèvre. Tu ne devrais pas t'inquiéter pour lui.

— Comment peux-tu te montrer aussi insouciant ? hurla le blond. Dieu seul sait ce qui peut lui arriver et...

— Crois-tu que t'inquiéter pour lui le fera revenir ? »

Cette vérité écrasante lui coupa le souffle, il fronça les sourcils en jetant au milliardaire un regard mauvais, se demandant s'il ne devait pas plutôt se servir de lui comme d'un appât pour leur permettre de retrouver Edward.

« Si tu t'inquiètes pour lui, tu ne seras pas opérationnel pour nous aider à le retrouver ! fit remarquer Tony. Tu t'investis trop... Nous ne pouvons rien faire à part les chercher. »

Le pire, c'était qu'il avait raison : ils ne pouvaient rien faire à part espérer que Loki se montre très rapidement et même dans ce cas, ils n'étaient pas sûrs de récupérer le jeune homme. Il leur faudrait probablement du temps avant d'y parvenir et c'était ça le plus terrible : ils avaient déjà mis trop de temps à récupérer Edward lorsqu'il s'était retrouvé entre les mains de Hydra.

Un fracas se fit entendre et Steve fut surpris de voir le bras métallique de Bucky en partie enfoncé dans le mur. Il n'eut aucun mal à se libérer et quitta la pièce.

« Tu n'es pas le seul à t'inquiéter pour Edward, fit remarquer Tony avec froideur. Ne crois pas être le seul à te faire du souci pour lui. »

Le brun le planta là, lui donnant l'impression d'être le plus grand connard de l'univers et il s'en voulut pour ses paroles dures. C'est à cet instant qu'il se posa des questions sur ses sentiments et ceux de Bucky : l'aimait-il et jusqu'à quel point ?


« Tony, je peux te parler ? », l'appela quelqu'un derrière lui.

Ce n'était pas Thor, ce qui était plutôt surprenant, il avait cru que le dieu ne prendrait pas le risque de le laisser s'échapper de la Tour, sauf qu'il devait plutôt être sur le toit, prêt à démolir n'importe quel appareil s'approchant d'un peu trop près. En tout cas, Tony était surpris de voir Wolverine et encore plus en le voyant l'examiner des pieds à la tête.

« Je peux au moins t'appeler Tony ? demanda-t-il avec scepticisme.

— Tu sais, tu n'as jamais rencontré le « vrai Tony » de ce monde, s'amusa le brun. Tu ne connais que moi...

— Et c'est pour ça que vous nous avez laissés dans l'ignorance ? Parce qu'on est juste « des petits nouveaux » ? »

Il faisait sûrement référence à Havok et lui, mais il devait bien se douter que d'autres motivations les avaient forcés à garder le silence concernant le membre de la Confrérie. Il sourit avec indulgence.

« C'était pour éviter les questions embarrassantes, admit-il à contrecœur. Si je l'avais fait plus tôt, je savais parfaitement que tu me tomberais dessus et ça, j'aurais préféré l'éviter définitivement. Alors, que veux-tu savoir ? »

Il sembla hésiter, troublé de réaliser que Tony le connaissait peut-être plus qu'il ne l'avait cru. Le brun l'invita à aller dans un endroit plus calme, ils n'avaient pas besoin d'être surpris, surtout au milieu de ce genre de conversation, et finirent par trouver le lieu idéal dans l'atelier où le brun sortit une bouteille de scotch d'une des armoires et servit un verre au mutant qui s'installait sur une chaise pas trop sale.

« J'avais du mal à comprendre pourquoi j'avais l'impression qu'on se ressemblait, dit-il. C'est parce qu'on se ressemble plus que je l'aurais cru. »

Ce n'était pas totalement faux : Wolverine avait vu bon nombre de ses amis mourir sous ses yeux pendant ses longues décennies d'existence tandis que Tony avait vécu presque le même scénario mais sur un plus court terme.

« Tu veux me rendre nostalgique ? soupira Tony.

— Tu as dit nous avoir vus mourir... Tu as parlé des X-Men...

— Et tu voudrais savoir dans quelles circonstances vous êtes morts ? »

Il lui tendit son verre, observant son visage qui s'était légèrement durci, il semblait hésiter à continuer cette conversation, peut-être n'avait-il pas envie d'entendre la vérité ? En tout cas, il ne semblait pas certain des questions qu'il voulait poser. Tony garda le silence, se servant et sirotant son verre, n'ayant jamais aimé parler de ce passé particulier. Ce genre de souvenirs le torturait, il préférait ne pas trop y penser, alors autant ne pas aborder le sujet lorsqu'il pouvait l'éviter.

« On est pareils, toi et moi : on veut tout faire pour oublier », finit par dire Wolverine.

Le brun avait l'impression de comprendre ce qui le travaillait autant, il hésita quelques instants à évoquer le sujet qui occupait l'esprit de son interlocuteur : sa mort à lui ne l'intéressait pas, ce qui l'inquiétait était le sort de ses alliés, comme la « gamine », ce petit brin d'énergie au pouvoir maudit.

« Je n'ai pas laissé mourir Malicia, je ne laisserai pas les autres mourir, assura-t-il.

— C'est comme ça qu'elle serait morte ? comprit Logan en levant les yeux vers lui.

— Tu ne veux pas savoir comment elle est morte, elle est vivante et le restera... Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver le plus de monde.

— Mais toi, comme moi, on sait que tu n'y arriveras pas, répliqua amèrement le mutant. Tu pars en guerre contre l'avenir mon p'tit et on ne remporte pas une guerre sans sacrifice. »

Ca, Tony ne pouvait que l'admettre, mais il était décidé à sacrifier le moins de personnes possibles et était prêt pour cela à mettre sa vie en jeu.


Pyro avait encore du mal à encaisser ce qu'il venait d'entendre, apprendre que l'homme qu'il avait pris pendant plusieurs mois pour Tony Stark n'était pas « leur Tony Stark » lui avait donné une migraine dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Havok lui avait parlé de ce qui s'était passé et dit lors de son enlèvement et cela ne fit qu'augmenter le nombre de questions qui lui tiraillaient les méninges depuis un moment.

Cet homme leur avait joué la comédie et ils n'y avaient vu que du feu, la Terre entière s'était laissée prendre à une supercherie grosse comme le monde. En y regardant de plus près, cette histoire de sérum et de donneur qui avaient permis de sauver Iron Man était trop belle pour être vraie mais ils leur avaient servi ça de façon si subtile et tout le monde avait voulut croire en cette illusion... Et voilà comment se sentir con, se rendre compte qu'on avait eu raison depuis le début de se méfier de cette mise en scène.

« Et Edward alors ? demanda le jeune homme à son allié.

— Quoi « Edward » ? répéta le blond en fronçant les sourcils.

— Il est le fils de Tony Stark, mais duquel ? Non, attends : est-il seulement le fils de Tony Stark ?

— Je ne sais pas, je n'ai pas réellement pensé à poser ce genre de question... Mais franchement : tu voudrais qu'il soit le fils de qui ? »

Pyro n'en savait rien du tout, mais savoir que Tony venait d'un autre monde lui donnait l'impression qu'Edward aussi pouvait être un pion de « ce genre ». Et si en réalité, tout n'était que mensonge ? Il avait l'impression que ses pensées étaient justifiées car elles expliqueraient la totalité des événements, mais concernant Edward, il y avait encore quelque chose de sombre à découvrir, il en était certain.

Ils décidèrent de ne pas en parler aux autres membres de la Confrérie dans l'immédiat, parce que cela ne serait bon pour personne de dévoiler cette vérité. Encore une fois, leur loyauté envers leurs frères de sang était mise à rude épreuve et ils avaient conscience de les trahir, mais aucun d'eux ne l'exprima de vive voix. Ils se quittèrent là, Havok retournant dans ses quartiers, se demandant sans doute quelle mort avait connu son frère dans cette autre réalité, quant à Pyro...

Pyro... Il resta pensif devant la baie vitrée, se demandant s'il avait quelqu'un à perdre dans cette histoire, il n'en était pas sûr... Et lui, est-ce que sa propre mort l'intéressait ? Bof, il s'était vu mourir un bon nombre de fois en esprit, alors une vraie fin ne serait pas un mal.

« Johnny », l'appela quelqu'un.

Le blond se tourna vers le nouvel arrivant, surpris de voir Iceberg s'approcher de lui. Son affrontement contre Skurge ne l'avait pas laissé indemne, au contraire, il avait une côte cassée et deux autres fêlées. Bruce avait dit qu'il devrait rester allongé un bon moment, mais il n'avait pas dû suivre cette simple directive, à le voir là. Le pauvre garçon avait une main posée contre son ventre et s'avançait en chancelant, il s'assit, ou plutôt se laissa tomber comme une masse, à côté de Pyro en grimaçant de douleur.

« Ils ont Edward, dit le mutant.

— Je sais, on est au courant. Et toi, tu vas comment ? », demanda le brun.

A priori, il semblait plus intéressé par son état que par la disparition de leurs amis, mais c'était compréhensible : les Avengers semblaient persuadés que Loki ne ferait pas le moindre mal à sa petite marionnette. Comment pouvaient-ils en être aussi sûrs ? Loki était un malade, il avait tué bon nombre de personnes et il se souvenait parfaitement des hurlements des gens se faisant tuer par les Chitauris. Cela s'était produit il y avait une éternité et pourtant, les souvenirs restaient frais dans son esprit : lui s'était trouvé en première ligne contrairement à son ami. Était-ce à cet instant qu'il avait oublié d'avoir peur pour lui ?

Loki était quelqu'un de dangereux et personne ici ne semblait s'en rendre compte. Il soupira, observant son interlocuteur qui en avait pourtant fait les frais. Comment auraient-ils pu imaginer devenir les cibles de cet être ? Bon Dieu, ils n'étaient que des héros de pacotille à qui on ne confiait que quelques missions dérisoires pour l'image. Comment auraient-ils seulement pu imaginer que Loki les attaquerait ? Il se leva pour partir dans sa chambre, décidant qu'une ou deux heures de sommeil ne lui feraient pas de mal. Bobby ne tarda pas à le suivre, il semblait avoir quelque chose à lui dire, mais ne semblait pas capable de l'exprimer. Pyro fit comme s'il ne l'avait pas remarqué, comprenant à demi de quoi il voulait lui parler. L'ascenseur ne se referma pas assez vite, il eut le temps d'entrer avant que les portes ne se referment.

Bobby prit appui contre la paroi, tout cela l'avait épuisé et le pauvre semblait bien pitoyable à tenter de reprendre son souffle, la douleur dans son torse le faisant grimacer. Bien fait pour sa gueule, il aurait dû écouter les directives du médecin de la Tour !

« Johnny, au sujet de ce qui s'est passé, marmonna le mutant.

— De ce qui s'est passé ? répéta Pyro en se tournant vers son interlocuteur.

— Avant que tu entres dans la Confrérie...

— Ne va pas sur ce terrain, Iceberg, t'as beau être blessé, je n'hésiterais pas à te péter la gueule si tu oses me poser la moindre question à ce sujet.

— Johnny, pourquoi tu n'es pas revenu au manoir ? »

Peut-être parce qu'ils l'avaient tous rejeté, lui, le mouton noir du groupe, le vilain garçon avec ses pensées légèrement extrémistes. À quoi bon se rendre compte de leur connerie maintenant... Quoi que, c'étaient ses conneries à lui, c'était lui qui avait choisi de suivre cette voie...

« J'étais bien dans la rue, je n'avais pas besoin de suivre les règles d'une bande de dégonflés et je m'y plaisais bien : pas de contraintes, pas de limites, déclara-t-il. Ça te va ?

— Tu étais comme Edward : tu avais besoin d'aide !

— Maintenant, c'est lui qui en a besoin, alors oublie-moi : ça ne sert à rien d'essayer de régler mes problèmes, ils sont là depuis longtemps. À moins que tu aies besoin de soulager ta conscience et te donner le beau rôle en essayant de jouer les bons samaritains ? »

C'était d'un pathétique absolu ! Le membre de la Confrérie soupira de soulagement en voyant les portes s'ouvrir sur son étage et il n'attendit pas un instant pour s'extraire de là, mais l'imbécile de service l'attrapa par le bras.

« On aurait pu t'aider ! »

Lui faire le reproche de ne pas être venu chercher du réconfort chez eux lui donna envie de le frapper, ce qu'il fit d'ailleurs, lui envoyant son poing au visage, ne supportant plus de l'entendre dire de telles conneries.

« Je t'ai dit que je m'y plaisais dans cette foutue rue ! assura-t-il froidement. J'aimais pouvoir me droguer, ça me libérait l'esprit ! Et m'envoyer en l'air me permettait de me faire de la thune facilement, alors fous-moi la paix !

— On aurait pu être là pour toi ! s'obstina tout de même Iceberg.

— Et moi, j'aurais préféré crever mille fois en m'étouffant avec mon vomi que de vous demander votre aide ! »

Il ne serait jamais retourné dans l'établissement de Charles Xavier, il était trop différent de tous les autres et n'y aurait jamais trouvé sa place, encore aujourd'hui il en restait persuadé. Sans attendre de réponse, il reprit son chemin sans se retourner jusqu'à sa chambre, elle se trouvait au fond, de l'autre côté du salon, là où se trouvaient les... Asgardiens ? Ils avaient dû se tromper encore une fois d'étage, en tout cas, ils s'étaient installés dans le coin et le gros avait déjà commencé à vider leur frigo avec ses deux amis de toujours.

« Si jamais il est au courant de quoi que ce soit, ce ne sera pas bon », marmonna une voix.

Pyro se tourna vers l'homme qui parlait, c'était le frère de Thor et il parlait avec Sif, celle-ci semblait toute ouïe et c'était aussi le cas du mutant qui trouvait ses paroles assez troublantes.

« Je ne crois pas qu'il en parlerait à Thor, même s'il était au courant, assura la femme d'un air embarrassé. Il n'était pas du genre à parler de ce genre de chose avec lui.

— Mais l'autre, je suis sûr qu'il sait quelque chose... Et lui n'hésitera pas à lui en parler : tu as bien vu dans quel embarras il nous a mis... Tous ça à cause d'histoires s'étant déroulées dans son monde...

— Je ne crois pas qu'il lui en parlera et...

— Je suis sûr qu'il a parlé à Thor pour l'éloigner de nous... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que cela l'arrange de l'écarter de son monde... Il essaie de nous diviser.

— Et que comptes-tu faire ? », demanda Sif.

Pyro n'était pas sûr de vouloir être surpris à entendre cette conversation, il vit que l'Asiatique du groupe avait détecté sa présence, mais il ne dit rien, détournant le visage et attirant même l'attention de ses deux amis. Lui donnait-il l'opportunité de partir ? Et lui, entendait-il les deux intrigants ?

« Je vais devoir trouver un moyen de me débarrasser de lui, il est un caillou dans nos chaussures », lâcha sombrement Balder.

Oui, il ne devait surtout pas être surpris à entendre ce genre de truc. Pyro se recula et se heurta à ce qui semblait être un mur en béton. Il fit volte-face pour tomber nez à nez avec Heimdall. L'homme était extrêmement impressionnant, son regard plus que tout le reste. Le géant garda le silence. Était-ce celui qui voulait dire « toi, tu n'aurais pas dû te trouver là » ou bien le même genre de silence qu'avait adopté Hogun ? Il décida de se casser de ce foutu étage en contournant le géant qui ne fit pas le moindre mouvement pour l'arrêter et alla même dans le salon.

C'était quoi encore ce bordel ? De qui Balder parlait-il exactement ? Il fallait qu'il le découvre, même s'il avait sa petite idée sur l'identité de la personne : a priori, Tony Stark pouvait avoir bien plus de secrets encore que ce qu'ils avaient pu imaginer.


Bucky s'était défoulé le temps nécessaire dans la salle d'entraînement, personne ne s'était risqué à l'affronter, mais de toute façon, il aurait refusé un duel dans son état. Trempé de sueur, il retourna dans sa chambre avec dans l'idée de se laver avant de redescendre pour massacrer quelques autres sacs de sable ou alors le béton du mur, son bras le lui permettant largement. Il se figea cependant lorsqu'il découvrit Steve assis à table avec un verre de scotch devant lui.

Le blond ne sembla pas remarquer sa présence et le ténébreux marqua un temps d'arrêt, regardant autour de lui pour s'assurer qu'il s'agissait bien de sa chambre, c'était le cas, il ne comprenait pas et haussa un sourcil en se tournant vers son ancien meilleur ami, posant un nouveau regard sur la table où il aperçut le second verre.

« Tu attends quelqu'un ? demanda Bucky.

— Toi », admit le si célèbre Captain America.

Cela laissa perplexe le tueur qui hésita quelques instants avant de céder et de s'asseoir devant son ami, jetant la serviette avec laquelle il s'était épongé au sol. Le regard bleu se posa enfin sur lui. Il y avait encore cette colère sombre au fond de ses prunelles, mais aussi cette compréhension que Bucky lui connaissait, celle qui avait toujours eut le don de le désarmer.

« Je ne t'ai pas fait trop attendre, au moins ? », sourit le ténébreux.

Mais le savoir devant lui le mettait mal à l'aise, surtout qu'il savait maintenant pour Ed et lui. Il préféra repousser ses pensées, regardant la main de son interlocuteur lui servir un verre. Ils restèrent ainsi à s'observer pendant ce qui sembla être une éternité, jusqu'à ce que Bucky ne se décide enfin à prendre le verre en main pour le siroter.

« Qu'ai-je bien pu te faire pour que tu tentes de me le prendre de la sorte ? », demanda finalement Steve.

Cela lui donna envie de rire, mais il s'en abstint, ne croyant pas une seule seconde qu'il puisse lui dire cela de cette manière, il se contenta de reposer son verre sur la table en regardant son interlocuteur dans les yeux.

« Ça n'a rien a voir avec nous deux, tu en as bien conscience ? demanda-t-il d'un ton amusé.

— Alors, je l'ai perdu lorsque je l'ai laissé faire cette mission... »

Il semblait à demi désespéré, vidant d'une traite son verre de scotch qui n'aurait aucun effet sur son métabolisme. Regrettait-il cet aspect du sérum ? Cela lui aurait-il fait du bien de sombrer dans cet état de léthargie ?

« Tu étais déjà en train de le perdre, Steve, et tu vas le perdre... »

Le blond lui jeta un regard glacial en se resservant un verre, il était clairement prêt à se battre, mais se dirigeait vers un champ de bataille duquel il ne reviendrait pas sans de profondes blessures, autant qu'il soit prévenu de ce qu'il s'apprêtait à combattre.

« Tu veux te battre pour lui, et bien vas-y, ne te gêne surtout pas, mais tu n'y arriveras pas, s'amusa Bucky. Moi, je n'ai qu'à être moi-même pour le garder, mais toi... Tu es trop parfait pour lui.

— Qu'est-ce que tu en sais ? répliqua Steve d'un ton de défi.

— On était ensemble avant, on l'est toujours je te signale : on n'a pas vraiment rompu que je sache... »

Cela le fit rire amèrement, il sirota son verre, ne goûtant l'alcool que du bout des lèvres.

« Tiens, en fait, c'est ironique ça : on sort ensemble et on sort tous les deux avec le même mec... En fait, ça pourrait presque faire un couple à trois ! Je suis sûr que ça ne le dérangerait pas... »

Ses paroles eurent le don d'énerver considérablement le blond qui balança la table à travers la chambre, elle se fracassa contre le mur, mais le meneur ne fit pas le moindre mouvement vers lui. C'était tout de même surprenant de le voir se mettre dans une telle colère : de toute son existence, il ne l'avait vu dans cet état qu'en de très rares occasions, il était quelqu'un de réfléchi et de très calme.

« Ne dis pas de telles choses ! lâcha Steve d'un ton menaçant. Je t'interdis de l'insulter !

— Ce qui prouve que j'ai une énorme avance sur toi, continua le ténébreux. Tu crois que tu le connais mieux que moi, mais en réalité, lui et moi sommes plus proches que tu ne le penses. »

Steve resta muet devant lui, il semblait avoir recouvré ce calme que tout le monde lui connaissait, mais le tueur préféra rester attentif, n'ayant pas envie de se faire battre à mort.

« Tu es trop parfait pour lui, Steve, répéta le ténébreux. Tu l'étais trop pour moi, cela m'a presque détruit... Et lui, il est comme moi, il y a des choses qu'il n'osera jamais te demander et c'est ça le point faible de votre couple. »

Bucky avait juste envie d'être sincère avec son ancien amant, juste une fois, tout en sachant que s'il l'avait été avant, il n'aurait jamais éprouvé ce sentiment d'infériorité et il n'aurait jamais eu besoin de prouver qu'il était plus fort qu'il ne l'était... Ils n'auraient jamais été séparés et auraient peut-être pu avoir un avenir ensemble...

Peut-être que c'était ça son plus grand regret : ne pas avoir essayé de parler de ses doutes avec Steve et maintenant, il tirait profit de la situation pour essayer de charmer ce jeune homme qui était à la fois si fort et si faible... Si puissant et si fragile...

« Tu ne t'es jamais posé la question la plus importante à son sujet, continua le tueur. Tu sauras qui il est quand tu connaîtras son passé plus en détails, tu ne crois pas ? »

Les yeux bleus de son ancien amant se posèrent sur lui quelques secondes, semblant peser le pour et le contre avant de se décider, acquiesçant d'un mouvement de tête et se levant pour quitter la pièce. Bucky regretta presque ce qu'il venait de dire, mais finit par reporter toute son attention sur son verre qu'il décida de finir à son rythme, se demandant où Steve pourrait bien trouver ce genre d'information.


Note de l'auteur : Bon, a partir de la semaine prochaine, sa risque de devenir "chaud" ... Je n'ai plus qu'un chapitre de près, en claire, bah ... Je risque de temps en temps de ne pas publier de chapitre sur Alone, mais la reprise des cours es pas mal difficile.

Donc, que dire de particulier ? J'en ai AUCUNE IDEE ... Ha, si ... J'ai oublier mes voeux la semaines précédentes : Bonne année et bonne santée à tous et toute ! Alors, pour cette année, j'ai prévus ... D'aller voir tout les films Marvel (surtout Avengers 2 !), d'écrire des fics et puis ... D'avoir mon BTS ! Sa serait cool ça ... Non ? Et vous ? Vous avez pris de bonne résolution ?