Chapitre 75
Let's talk
« Tu peux venir deux minutes ? J'aurais besoin de ton aide », lui avait glissé Bucky à l'oreille.
Avant de disparaître dans le couloir, laissant le jeune homme perplexe. Il regarda autour de lui pour connaître les réactions des autres, mais tout le monde avait mieux à faire que de s'occuper de ses problèmes de cœur et de conscience. Il hésita encore quelques secondes avant de se dire que peut-être, il n'y avait pas le moindre sous-entendu dans cette phrase et que le soldat avait peut-être simplement besoin d'aide ?
Edward soupira en se frottant la nuque, et décida de le suivre. Mais, en croisant le regard de Steve, il ne sut plus vraiment ce qu'il devait faire, surtout au vu de l'expression de son visage. Le blond s'avança alors vers lui et, peut-être parce qu'il eut peur, le génie se précipita vers sa seule porte de sortie, la pièce où se trouvait Bucky. Une chose était sûre, le meneur évitait le plus possible le soldat, autant en profiter, même si cela le mettait dans une situation embarrassante. Il le retrouva dans sa chambre, se débattant avec son bras métallique.
« Tu veux que je m'occupe de ton problème, c'est ça ? demanda tout de même Edward avant d'entrer dans la chambre.
— Ça commence à être embêtant, admit le ténébreux. Tu peux t'en occuper, non ?
— C'était Tony qui s'en occupait avant, mais je devrais m'en sortir. »
À l'origine, c'était parce que personne ne voulait que le Winter Soldier soit mis en présence du jeune homme, surtout après ce qui s'était passé lors de sa capture par Hydra, et le bras métallique ayant besoin d'un entretien constant, Tony Stark s'en était chargé jusqu'au retour de leur mission contre les Chitauris, ils avaient eu trop de choses à faire pour prendre le temps de le réparer. Edward s'approcha donc, tandis que Bucky retirait sa chemise et que le génie s'installait pour examiner la structure qu'il avait toujours rêvé d'étudier plus attentivement. Il y avait une trousse de matériel qui servait justement à l'entretien du bras, mais le soldat n'avait pas l'habitude de s'occuper lui-même de cette prothèse bien particulière qu'on lui avait « offerte ».
Ils ne se dirent rien tandis qu'il réparait le bras métallique, peut-être parce que le soldat n'avait rien à dire ou peut-être parce qu'il savait à quel point Ed aimait jouer avec tout ce qui avait trait à la mécanique.
« Cela aurait été moins long si tu avait demandé à Tony de jeter un coup d'œil, soupira-t-il.
— Je ne pouvais pas le faire, répondit Bucky.
— Tu sais, c'est pas parce qu'il a pété un câble et qu'il a voulu te tuer qu'il le referait nécessairement.
— Je préfère quand c'est toi qui t'occupes de moi. »
Edward haussa négligemment les épaules et replaça le bras. Le ténébreux en testa alors la mobilité, repliant à plusieurs reprises les doigts, le poignet, vérifiant chaque articulation sous le regard du génie qui savourait son travail.
« Je n'ai jamais voulu te faire de mal », murmura distraitement Bucky.
Le jeune homme grimaça en se demandant s'il n'aurait pas plutôt dû affronter Steve, il n'avait pas envie de l'entendre parler et tenter de le rassurer sur leur relation, ouais, parce qu'il se sentait mieux à l'idée d'avoir trompé Steve pour un mec qui l'aimait plutôt que pour un simple bon coup ! Ça le déculpabilisait un peu et même si c'était lâche et égoïste, il avait besoin de ça.
« Je ne veux plus t'entendre là-dessus », dit-il en se levant.
Mais Bucky lui saisit le bras, le forçant à se rasseoir, ne lui laissant pas réellement le choix. Même s'il n'y avait pas vraiment de menace sous-jacente dans son comportement, il voulait lui parler et il le ferait.
« Qu'as-tu vu quand Loki a frôlé mon âme ? demanda-t-il. Quand toi-même... tu as découvert mon cœur ? »
Il décida alors d'être sincère avec lui :
« Tu étais contrôlé... Tu n'a pas été toi-même pendant tous ces mois passés auprès de nous...
— Pourquoi ne pas en avoir parlé aux autres ? Tu sais que certains d'entre eux doutaient de moi et qu'avec ça, j'aurais été éloigné de vous... Certains me soupçonnaient déjà de tenter de détruire le groupe.
— Mais tu ne l'es plus, ça n'aurait servi à rien que je le dise ! protesta Edward en fronçant les sourcils. Je sais pas qui te contrôlait, je ne sais pas comment... Mais tu ne l'es plus... Cela n'aurait pas été juste pour toi de-
— Tu es tellement bête, garçon... »
Ça, c'était lui... Il en était sûr... Mais si c'était pour se faire insulter, alors il pouvait toujours aller voir Steve. Le blond était plus doué pour ça, la fois précédente, il avait même été sur le point de le traiter de traînée. Mais, encore une fois, le soldat le retint et le génie faillit en soupirer d'exaspération.
« Tu ne peux pas me tromper, dis-moi pourquoi tu ne leur en as pas parlé », ordonna-t-il.
Cela déstabilisa légèrement le jeune homme qui ne pouvait pas fuir, le ténébreux le retenant toujours par le bras. Il le tira même à lui, semblant chercher à retenir toute son attention. Ce fut efficace, il était troublé par le soldat.
« Tu l'as dit : j'ai pu frôler ton cœur, je sais que tu l'aimes toujours... Et je suis sûr qu'il t'aime toujours, admit Edward.
— Et tu penses sérieusement que Captain sera mieux avec moi qu'avec toi ? ironisa Bucky.
— Tu me connais, tu sais que ça n'ira jamais, que je ne suis pas... Je ne suis vraiment pas... fait pour lui... Je ne l'aime pas comme toi et puis je-
— Arrête de dire n'importe quoi, le coupa le soldat. Tu as frôlé mon cœur comme moi j'ai frôlé le tien et je te comprends mieux que toi-même... Tu as juste un problème, Edward, tu es quelqu'un de lâche et d'égoïste.
— Tu comptes m'insulter encore longtemps ?
— Tu décides pour les autres sans prendre en considération leurs sentiments ! Tu penses que Steve est trop bien pour toi sans te demander ce qu'il veut, lui. Tu penses que je suis mieux pour lui parce que tu as l'impression de ne pas l'aimer suffisamment...
— C'est le cas, je l'ai trompé, tu t'en souviens ?
— Oui, tu es incroyablement faible... Et lâche... Mais tu n'as pas le droit de choisir pour les autres : tu ne quitteras pas Captain pour que je me mette avec lui... »
Le jeune homme voulut protester, mais le soldat se leva, plaquant la main contre sa bouche pour le faire taire.
« S'il veut te quitter, il le fera, ne choisis pas pour lui et ne choisis pas pour moi... Parce que je ne ferai pas ce que tu veux, garçon... Je vais faire tout le contraire. »
De nouveau, Ed tenta d'échapper à son emprise, mais il l'attira à lui, continuant de garder la main contre sa bouche, indifférent à ses protestations, frustrant le jeune homme incapable d'exprimer le fond de sa pensée.
« À mon tour d'être égoïste : je pars, je te laisse Steve et je t'abandonne à lui...
— Quoi, comment ça tu pars ? », s'écria ce dernier, sur le seuil de la porte.
Steve était présent pratiquement depuis le début de leur conversation, la porte n'avait pas été verrouillée et le travail sur le bras métallique avait donné l'opportunité au blond de se décider sur l'invitation de Bucky qui était plutôt satisfait de lui : le petit génie n'avait rien vu venir et le pauvre semblait déboussolé. Il ne savait pas depuis quand le meneur était là, il n'était pas fait pour être un espion, le blond n'avait même pas tenté de se cacher, il était resté debout devant le seuil de la porte...
Tout, il avait tout entendu et n'était pas intervenu une seule fois dans la conversation, alors pourquoi maintenant ? N'aurait-il pas pu attendre encore un peu ? Le soldat soupira et entrava Edward, n'ayant aucune envie de l'entendre protester.
« Non, lâche-le tout de suite ! s'exclama Steve en fronçant les sourcils.
— Je ne veux pas entendre ses protestations, fit le ténébreux. Tu nous as interrompus pendant que-
— Tu ne peux pas quitter les Avengers comme ça ! », le coupa le blond.
Le soldat réalisa qu'il n'avait plus une personne contre lui mais bien deux, l'une se tenant face à lui et l'autre se débattant farouchement entre ses bras. Un combat perdu d'avance, semblait-il, mais c'était justement le genre de défi qu'il appréciait. Il eut un sourire signifiant qu'il acceptait le défi, ce qui sembla le déstabiliser.
« Suis-je prisonnier ? demanda-t-il en s'approchant, retenant toujours Edward. Ou alors, aurais-je signé un contrat, une clause de confidentialité ou un truc du genre ? Je ne crois pas...
— Tu as des obligations vis-à-vis de nous !
— Je ne vois vraiment pas lesquelles... »
Steve n'accepta pas sa réponse, l'attrapant par le col de sa chemise pour le tirer vers lui, oubliant qu'il tenait toujours Edward et était toujours bien décidé à ne pas écouter ses protestations.
« Tu sais parfaitement desquelles il s'agit : nous t'avons aidé, tu ne peux pas nous quitter sans motif valable et-
— Je dois partir, retrouver celui qui me manipulait et lui régler son compte ! le coupa Bucky.
— Et tu comptes faire ça seul ?
— Pourquoi pas ? Ne devrais-tu pas être content de me voir partir ? Je ne serai plus ton rival.
— A priori, tu n'as jamais été mon rival... »
Vu son visage, il n'avait pas oublié ce qu'il lui avait soufflé quelques semaines plus tôt. Le ténébreux soupira de lassitude, désespéré par ces deux hommes. Le blond le relâcha, les sourcils froncés, et il décida de se moquer un peu du meneur, attirant Edward contre lui de manière plus suggestive, allant frôler son oreille de ses lèvres. Le pauvre garçon frémit entre ses bras.
« Je le suis, Steve », assura-t-il.
Mais il ne réagit pas spécialement, se contentant de croiser les bras sur son torse et de le fixer d'un air réprobateur, même Edward y croyait plus que lui. Peut-être devait-il pousser le jeu un peu plus loin ?
« Je ne baise pas quelqu'un que je n'aime pas un minimum...
— Arrête de mentir ! répliqua avec amertume le jeune homme. J'en ai marre ! Va te faire mettre ! »
Évidemment, il continuait de douter et c'était ça le plus énervant, mais ces deux là avaient des raisons légitimes de douter des mots qui pouvaient sortir de sa bouche. C'était énervant de ne pas pouvoir se faire comprendre, il devait trouver un moyen pour qu'ils le comprennent sans qu'il n'en dise trop, pour les protéger tous les deux. Le garçon profita de son manque de concentration pour s'échapper d'entre ses bras, s'écartant de lui. Tout ce qu'il voulait, c'était que pour une fois, l'histoire finisse bien.
« Nous nous ressemblons beaucoup, c'est peut-être pour ça que nous ne pouvons que nous apprécier », avoua-t-il à ses deux interlocuteurs.
Il était cependant clair qu'Edward n'était pas du même avis que lui, son regard ne laissait aucun doute quant à ses pensées et c'était ça le plus désolant dans cette histoire : aucun d'eux n'était totalement pur comme il semblait le penser, ils étaient tous sombres, autodestructeurs, égoïstes !
« Nous avons nous aussi un côté effrayant, nous avons fait des choses bien plus terribles que toi, Edward, ne crois pas que nous soyons blancs comme neige. Au contraire, tu n'as jamais tué personne que je sache, nos mains à nous sont tachées... Toi, tu es un allumeur, parce qu'on t'a appris à l'être comme on nous a appris à tuer... »
Il aurait pu lui répliquer que ce n'était pas la même chose, il sembla vouloir le dire, mais il s'abstint d'ouvrir la bouche parce que Bucky lui aurait rétorqué que c'était moins grave d'être un salaud qu'un assassin. Il aurait aussi pu répliquer qu'on l'avait forcé à devenir un tueur, qu'on l'avait manipulé, mais le garçon savait qu'en retour, le ténébreux aurait rappelé que c'était aussi son cas. Il ne pouvait pas protester face à ça et Steve non plus, lui s'était sentit mal face aux choses qu'ils avaient fait dans certaines situations. Combattre Hydra les avaient forcés à agir en conséquence, leurs soldats étaient leurs ennemis...
À la guerre, il y a deux camps et ce ne sont pas les hommes qui sont en bas qui sont mauvais, mais ceux en haut, ceux qui choisissent, ceux qui donnent les ordres pour ne pas avoir à prendre de risques et évitent ainsi de se salir les mains... Et ceux d'en bas, les soldats, étaient-ils mauvais ? Pas vraiment, ils étaient tous les fils des quelqu'un, les pères d'enfants, les maris ou fiancés de certaines, ils étaient des êtres humains au mauvais endroit au mauvais moment, parce que s'ils avaient été ailleurs, ils auraient sans doute été de bons gars... Mais à cet instant, ils étaient des hommes de Hydra et c'était les tuer ou être tués.
« Et nous sommes pareils, ce chaos qui est en nous et qui nous plonge dans ce désir de détruire notre propre existence, nous le possédons tous les trois, Edward, tu n'es pas le seul à avoir peur de ce bonheur qui pourrait s'offrir à nous... »
Edward, cela se remarquait sans mal, tout le monde l'avait remarqué, mais uniquement parce qu'il était jeune et inexpérimenté, qu'il ne savait pas dissimuler cet aspect de sa personnalité, ce besoin de se détruire pour les erreurs qu'il commettait, se droguer, s'envoyer en l'air avec d'autres en sachant quels risques cela lui faisait prendre.
Bucky n'avait jamais avoué son amour à Steve, il avait fini par s'engager et lorsque Hydra l'avait capturé la toute première fois, il avait eu cette possibilité de se dévoiler, mais ensuite, la perspective d'un bonheur à deux avec le blond lui avait fait peur et il avait alors fait certaines choses, espérant que cela mettrait fin à leur relation, mais ça n'avait pas marché. Il avait fini au fond d'un gouffre et était retombé entre les mains de Hydra, une fois encore...
Et Steve n'échappait pas à la règle, tout le monde croyait savoir qui il était, mais au final, le fait qu'il cherche à s'engager alors qu'il était dans un état physique inadapté ? Qu'il soit prêt à se sacrifier pour tout et n'importe quoi ?
« Et nous sommes lâches et égoïstes... »
Edward venait de prouver en quoi, une fois encore, choisissant pour les autres et évitant toute conversation. Bucky l'était tout autant, évitant les discussions en provoquant les gens, égoïste parce que lui aussi avait fait un choix pour eux, quant à Steve...
« Combien de fois étais-tu derrière la porte à nous écouter nous envoyer en l'air et as-tu décidé de tourner les talons ? », demanda-t-il à Steve en le regardant dans les yeux.
Il ne répondit rien, serrant davantage les poings, lui adressant un regard glacial mais, au fond de lui, il savait que ce qu'il disait était vrai, ils le savaient tous et la plus grande des preuves à cet instant était leur silence mutuel.
« Aucun de nous n'est honnête avec les autres...
— Parce que toi tu l'es, peut-être ? lui reprocha Edward en détournant le regard. Tu comptes partir, je te rappelle.
— Je n'ai pas le choix, j'ai des choses à faire !
— Et tu comptes revenir ? demanda Steve.
— Je ne suis pas sûr de pouvoir revenir...
— Parce que tu comptes te sacrifier ? Pour qu'on soit ensemble et qu'on file le parfait amour pendant que toi, tu feras quoi exactement ? »
Un sourire ironique s'afficha sur les lèvres de Bucky, il se rapprocha du blond qui semblait en colère, normal, ils avaient était démasqués, du moins, en grande partie. Certains secrets devaient rester enfouis, mais d'autres au contraire devaient être déterrés.
« Dis-lui que tu l'aimes, que tu ne vois plus ta vie sans lui, qu'il est devenu la chose la plus importante de ton existence, ordonna-t-il à Steve. Prouve-lui qu'il t'appartient et qu'il n'a plus le choix maintenant... »
Bucky se pencha vers lui, rappelant au blond, dans un souffle audible seulement de lui, qu'il l'avait fait avec lui à une certaine époque. Pourquoi n'avait-il pas agi de la même manière avec Edward ? C'était difficile à expliquer, peut-être parce que son rival était son ex ? Celui qu'il avait cru mort ? Celui avec qui il était toujours, étant donné qu'il n'y avait jamais eu de réelle rupture. Le ténébreux se tourna ensuite vers le brun, se rapprochant de lui et glissa une main contre sa joue.
« Et toi, dis-lui donc tout, parle-lui, ne t'obstine pas avec tes secrets, soupira-t-il. N'aie pas peur de lui demander de t'aimer.
— Non, ne me demande pas de...
— Je ne te le demande pas, je pars et tu n'auras plus le choix... Tu devras lui demander de te faire ces choses qui te manquent et puis... Ne le trompe pas, je n'accepterai pas que tu le fasses avec un autre...
— Parce que tu ne veux pas qu'il me trompe ou qu'il te trompe toi ? glissa la voix de Steve juste à son oreille.
Bucky eut un sursaut, surpris de le sentir aussi proche, il se tourna à demi vers le meneur qui était vraiment trop proche de lui et cela le mit mal à l'aise, probablement parce qu'il était plus sensible à ce genre de truc ? Surtout à son odeur ? Et puis... Merde, ce n'était vraiment pas bon pour lui...
« Je ne sais plus », admit-il franchement.
Il ne savait plus ? Hé bien, il n'était pas le seul à ne plus savoir ! Steve ne savait plus quoi penser de tout cela, mais ses doutes avaient débuté lorsque Bucky lui avait dit ces mots alors qu'il croyait sans doute ne pas survivre.
« Je t'aime »... Jolie déclaration... Sortant de la bouche de son ex... Qui avait tout fait pour se taper son petit ami après qu'il l'avait sauvé ! En clair, tout cela n'avait pas le moindre sens, davantage encore maintenant qu'il l'entendait dire tout ça.
« Et toi, pourquoi ça t'a tant énervé qu'on s'envoie en l'air ? demanda le ténébreux. Parce que je couchais avec ton copain ou parce que lui couchait avec moi ? Ce qui t'énervait le plus, c'était qu'Ed te trompe ou bien moi ? »
Cette simple question énerva Steve, mais uniquement parce qu'il ne savait pas quoi répondre, parce qu'à ce moment là, il était juste en colère de les voir ensemble. Pourquoi ? La toute première fois, il avait eu peur pour Edward, il avait cru voir autre chose et après était venue la résignation, comprenant que c'était une chose inévitable...
« Est-ce que ça te plaisait, cette idée de lui et moi dans ton lit ? », demanda Bucky.
C'était sournois venant de sa part.
« Et toi, tu en penserais quoi ? répliqua-t-il avec amertume.
— Ça me plairait bien ! admit un peu trop rapidement Bucky avec un sourire en biais. Tu as posé la mauvaise question : j'adore cette idée de toi au-dessus de lui... Et toi, Edward, tu as un avis... Oh, c'est vrai : tu es comme moi, tu serais du genre à aimer ça, non ? En fait, ça te plairait même de regarder.
— Ne l'insulte pas...
— Arrête ! s'écria Bucky avec agacement. C'est ça qui est énervant avec toi, je ne l'insulte pas, je le prends pour ce qu'il est. Tu devrais savoir maintenant que c'est un petit pervers, un peu salope sur les bords ! »
Steve avait des envies de meurtre, ne comprenant pas comment son ami d'enfance pouvait passer du mec compréhensif au mec qu'on veut faire taire par tous les moyens ! Il voulut répliquer, mais Bucky le fit taire d'une manière plus que radicale, en lui décochant un coup de poing... avec son bras métallique, ce fut efficace. Surpris autant par la puissance du coup que par l'attaque, le blond se retrouva à terre, incertain et jetant un regard perdu à son ami d'enfance.
« Nous avons été élevés dans l'idée que nous devions attendre la bonne partenaire pour danser, lui a été élevé par un homme qui lui a appris à vendre son corps pour avoir ce qu'il veut, il l'a séquestré, violé, offert à ses amis comme s'il n'était qu'une marchandise... Et il lui a fait croire que c'était normal. Oublie l'amour parfait auquel tu crois, sinon, tu ne pourras pas le garder... »
C'était le bon moment pour s'éclipser, Bucky se dirigea vers son lit pour attraper le sac qui se trouvait en dessous. Il l'avait préparé il y avait déjà un moment, il fallait juste qu'il se change avant de partir, pour passer inaperçu. Il avait déjà tout préparé.
« Bucky, ne pars pas », lâcha le garçon.
Il semblait vraiment désespéré par cette simple idée, peut-être croyait-il être responsable de cette situation ? Le soldat se détourna de lui, allant à l'armoire pour prendre une chemise quelconque et l'enfila. C'était comme s'il l'ignorait volontairement, peut-être parce qu'il céderait s'il lui portait la moindre attention ? Évidemment, avec cet air un peu perdu, Edward aurait fait craquer n'importe qui, il émanait de lui une telle fragilité.
« Vous aussi, vous avez des trucs à faire de votre côté. Je pars parce que je n'ai pas le choix, je dois faire mes recherches, mais vous aussi, vous allez devoir trouver des réponses...
— Des réponses à quoi ? répliqua Steve, toujours à terre.
— À « Où sont-ils passés » et « Que sont-ils devenus »... On avait trop de choses à faire pour remarquer leurs disparitions, mais maintenant, ça devrait être plus clair dans vos petites têtes...
— De quoi tu parles ?
— Edward, je te fais confiance pour ça, dit-il au gamin en enfilant une veste, détournant son attention sur Steve. Où est Vipère ? Et Fury ? Et pourquoi Fatalis ne se montre-t-il plus ? Il y a des choses qui nous échappent... Non ? »
Oui, il y avait certaines choses qui leur échappaient et cela titilla Steve. Son ami d'enfance attrapa le sac sur le lit. Le blond ne savait pas comment faire pour arrêter le soldat, pour le faire changer d'avis, mais avec ces dernières interrogations, il y eut comme un déclic dans l'esprit du meneur : il y avait certaines choses à élucider... Et son poste de commandant « remplaçant » l'aiderait à trouver certaines réponses à ces questions. Quant à Bucky, il devait suivre son propre chemin...
Lorsqu'il passa devant le brun, celui-ci lui attrapa la manche et le soldat lâcha un soupir, laissant tomber son sac au sol pour se tourner vers le plus jeune, l'attirant à lui.
« J'avoue que je n'ai jamais pu oublier Steve et que mon affection pour lui n'a pas faibli, pas une seule fois, mais je t'assure que l'affection que je te porte est tout aussi forte. Je te le jure... »
Steve regarda Bucky se pencher sur son petit ami pour l'embrasser, mais il n'éprouva pas la moindre envie d'intervenir, il se contenta d'observer la scène, rien de plus. Cela ne dura pas, ils se séparèrent et cette fois, le soldat semblait bien décidé à partir. Il récupéra son sac et quitta la pièce. Le blond ne resta pas longtemps immobile, se précipitant dans le couloir pour rattraper son ami d'enfance qui entrait dans l'ascenseur. Le meneur le bloqua d'une main.
« Comment on fait pour te contacter ? demanda-t-il, ne sachant quoi dire d'autre.
— C'est moi qui vous contacterai... Tu diras au revoir aux autres de ma part ce soir... »
Le ténébreux se rapprocha de lui, leurs visages si proches l'un de l'autre que le meneur pouvait sentir son souffle chaud contre sa joue.
« Fais attention à lui. »
La seconde suivante, il s'écartait, prêt à partir pour de bon, mais patientant le temps que Steve relâche la porte. Le meneur resta incertain devant lui, il avait l'impression de ne comprendre qu'à moitié le sens de ça phrase.
« Tu nous aimes tous les deux ? finit-il par demander.
— Oui, c'est stupide et égoïste, mais... C'est ainsi, je ne me l'explique pas... Mais je ne pars pas à cause de ça, il faut bien que tu le comprennes.
— J'ai compris, mais si tu étais resté, que se serait-il passé ?
— Je n'en sais rien... Ça n'aurait pas dépendu que de moi... Si je reviens, on réglera ça... »
S'il revenait... Mais reviendrait-il ? Steve n'en savait rien et cette idée lui fit peur, c'est sans doute pourquoi il ne put s'empêcher de dire :
« Alors reviens vite ! »
Il lâcha la porte de l'ascenseur, ne sachant pas à quel point ce qu'il venait de dire pouvait être terrible, mais il le pensait, ce qui était vraiment bizarre. Il aurait dû être content d'être débarrassé de son rival, mais au contraire, après tout ce qui venait de se dire, il avait l'impression que tout cela n'avait été qu'une illusion, c'était sûrement le cas, il faudrait qu'il en parle rapidement avec Edward, mais pas ce soir, il ne serait pas en état...
Steve se retourna, voulant rejoindre son petit ami, mais tomba nez à nez avec Clint qui fixait la porte de l'ascenseur, les sourcils froncés.
« Qu'est-ce qui vient de se passer ? demanda-t-il, inquiet.
— On s'est un peu disputés, improvisa le meneur. Il avait besoin d'air...
— Il va dormir à l'hôtel ?
— Je crois, mais je n'en suis pas sûr... Je dois retourner voir Edward. »
Il lui tapota l'épaule et partir, jetant juste un regard en arrière, se demandant pourquoi Clint semblait aussi inquiet, mais l'archer finit par repartir de son côté, alors Steve rejoignit Edward qui était assis par terre, contre le mur. Le meneur le rejoignit et le força à se relever pour le traîner sur le lit, avant de l'enlacer.
« Il reviendra, il n'en a pas fini avec nous... Et il ne nous a pas quittés « officiellement », aucun de nous... »
Et il ne le ferait jamais, c'était sûr... Steve le sentait au plus profond de lui... Était-ce parce qu'il ne reviendrait peut-être pas ? Pourvu que ce ne soit pas parce que c'était un pervers profiteur !
« Il reviendra... »
Note de l'auteur :
Mince, j'ai louper mon coup ! J'voulais que sa finisse en Three, j'vais pas mentir, j'ADORE les Three ... Mais ça n'a pas marché, je trouver incohérent de les faires s'envoyé en l'aire, donc, désolé, y a pas encore de sexe pour se chapitre ... Bon, en même temps, que celle qui pense qu'un lemon dans se chapitre était possible le dise ! ...
