Coucou tout le monde ! Merci pour vos review, ça me fait tellement plaisir !


« Une femme qui perd son amour perd aussi le sommeil. »

-André Lévy

Chapitre 2 : Je ne suis pas Edward.

Cela faisait quelques jours que j'étais sous la surveillance de Sue. Ce qui était bien depuis que mon père la fréquentait c'est qu'elle lui préparait souvent à manger et j'avais plus de temps pour moi. Harry était mort depuis quelques mois déjà, un accident de chasse. Mon père et elle avaient réussi à faire leur deuil ensemble et c'est naturellement qu'ils ont entamé une relation. Je n'étais ni pour ni contre, ça me faisait bizarre de partager mon père avec une autre femme mais en même temps je le voyais heureux. Sue était dans la cuisine, elle regardait son livre de cuisine bien qu'elle connaissait les recettes par cœur. De temps en temps, je la voyais jeter un œil dans ma direction et avoir un sourire triste.

-Tu comptes faire quoi aujourd'hui ? Me demanda-t-elle.

-Sortir avec mes amis je pense, mentis-je.

Aujourd'hui samedi, était une bonne occasion de m'échapper de la maison et d'aller chez les Cullen.

-Et ton père est au courant ?

-Non, ça vient de se décider, continuai-je en montrant mon téléphone.

-Vous allez où ? Insista-t-elle.

-Sue, soupirai-je. Je ne vais pas fuguer ou me jeter d'un pont. Je vais aller en ville regarder quelles genres de robe je pourrais porter pour le bal avec Jessica et Angela, après on va manger et je rentrerais sagement.

-Je ne suis pas sûre, hésita-t-elle. Il y a beaucoup d'agression en ce moment.

-Ce n'est pas pour ça que les enfants de la tribu sont interdits de sortie ! M'emportai-je.

-Bon vas-y, amuse-toi alors ! Céda la compagne de mon père. Mais je ne suis pas responsable si ton père s'énerve.

-Je prends la responsabilité ! Souris-je.

Je montais dans ma chambre pour prendre un petit sac, histoire d'être convaincante. Je me changeais aussi, enfilant un pull à capuche et un legging, pour être à l'aise. Sue était toujours dans la cuisine, elle venait de terminer une fournée de gâteau, j'en pris un qui me faisait de l'œil et claquais la porte. La pluie était au rendez-vous comme à son habitude mais au moins il ne neigeait pas ! Mon camion m'attendait fidèlement dans l'allée, je souris en sachant que j'avais enfin un peu de liberté. Je pris la route de la villa, elle était un peu brouillée dans ma mémoire mais après m'être trompée une fois, je reconnus le chemin mêlant le béton et la terre.

La maison était restée la même, je n'avais pas l'impression qu'ils étaient partis. Et pourtant aucune lumière n'était allumée, il n'y avait pas de bruit et aucune voiture n'était garée. Je détestais cette sensation de vide et de froid qui s'installait en moi. Alors ils étaient vraiment partis ! Je m'approchais de la porte, essayant de l'ouvrir mais elle était fermée. Je fis le tour de la propriété et je m'aperçus que plusieurs meubles étaient recouverts de draps blancs. Cela rendait la maison fantomatique, il n'y avait plus de photos accrochées aux murs, les pièces avaient perdus leur chaleur, leur beauté. J'avais toujours trouvé cette maison incroyablement magnifique mais sans les propriétaires c'était une maison quelconque, sortit d'un catalogue de décoration. Vraiment glauque. Je m'enfonçais un peu plus dans le jardin, jusqu'à la balançoire. J'appréciais être ici l'été, au soleil avec Esmée et Alice. Même si elle était mouillée, j'eus un certain plaisir à retrouver ma place. C'était comme s'ils étaient tous partis chasser et que Rosalie restait dans le garage pour surveiller la maison et me protéger au cas où.

-On se sent seul ? Dit une voix derrière moi.

Je sursautais, peu habituée à entendre quelqu'un parler ici. Je faillis tomber de la balançoire mais Alec me rattrapa de justesse et souris.

-La prochaine fois, je ferais plus de bruit.

-Si c'est ta façon de t'excuser, c'est pitoyable, ronchonnai-je.

-Je ne m'excuse pas, riposta-t-il. Un vampire aurait entendu mes pas.

-Je ne suis pas un vampire, je ne suis qu'une pauvre humaine.

-Je l'avais remarqué ça, rit Alec en me relâchant.

J'étais certaine que j'aurais un bleu demain. Je me remis dans la position, mais essayant de paraître heureuse.

-Ne joues pas à ça avec moi Bella, soupira le vampire. Je sais reconnaître la tristesse dans les yeux de quelqu'un en plus ça fait plusieurs jours que je te vois pleurer dans ta voiture.

-Tu m'espionnes ?

-Non je t'observe, contredit Alec.

-Mouais, c'est la même chose. Bref que veux-tu ?

-Je me demandais si tu avais besoin d'un petit coup de main.

-En fait oui, j'ai besoin d'un renseignement.

-Demande moi, sourit le vampire.

-Qu'est-ce que tu sais des Cullen et de moi ?

-Je sais que vous étiez ensemble avec Edward. C'est pour ça que Victoria est venue nous voir, elle voulait ta mort, raconta Alec. Je sais aussi qu'ils sont partis dans un autre pays et qu'ils ne prévoient pas de revenir aux Etats-Unis pour le moment.

-Comment le sais-tu ? M'intéressai-je.

-Mon clan sait tout sur tous les vampires. Notre royaume repose sur la base d'information, on contrôle tout pour éviter les sources de conflit.

-Les Cullen sont une source de conflit ? M'étonnai-je.

-Non, soupira Alec. Mais ils sont très proches de notre chef, c'est un ami intime.

-Oh je vois. Merci Alec, dis-je sincèrement en me relevant.

Je m'apprêtais à rentrer chez moi quand Alec m'interpella.

-Je peux aussi t'ouvrir la porte de la maison, sourit-il.

-C'est vrai ? Doutai-je.

-Oui, j'ai un double des clés, expliqua mon interlocuteur.

-C'est mal de voler les clés de quelqu'un, blâmai-je.

-Tu les veux ou pas ?

-Évidemment ! Beuglai-je presque.

Il ouvrit la porte d'entrée comme s'il était chez lui. Pendant un moment, j'hésitais à entrer avant de jurer et d'avancer. La maison avait gardé la même odeur, un mélange de chacun d'entre eux. Je passais ma main sur la table, pas une trace de poussière. C'était si étrange d'être là, je me sentais étrangère maintenant. Je regardais Alec dans l'espoir de trouver quelque chose à dire, mais rien ne me venait. J'étais simplement nostalgique du temps où je venais ici tous les jours, il n'y avait rien à dire.

-C'est étrange cette sensation de vide dans une maison, murmura-t-il.

-Elle n'est pas vide pour moi, répliquai-je. Elle est hantée par de vieux souvenir, par exemple, derrière ce canapé, c'est là que ma vie a basculé. Et tu vois le piano ? C'est un nouveau car l'ancien a été détruit par Edward et Jasper. Sur l'écran plat, Emmett passait des heures à jouer.

Je fermais les yeux pour ne pas pleurer.

-Je ne sais même pas pourquoi je te raconte tout ça, avouai-je.

-Parce que ça te fais du bien de partager tes souvenirs, déduit Alec en souriant gentiment.

-C'est bizarre, on dirait que la maison est incomplète.

-Il manque des photos, comprit Alec. Regarde, tous les cadres sont vides.

Je haussais des épaules mais ça me blessait en réalité. Je montais à l'étage, me dirigeant vers la chambre d'Edward. C'était une des seules qui ne fermait pas à clés. Il n'avait de secret pour personne et les fois où nous étions dans la chambre, personne ne venait nous déranger. L'odeur de mon Edward était encore plus forte ici. Tous les CD avaient disparus, laissant place à un vide troublant. J'appuyais sur le lecteur de disque mais aucun son n'y sortit. Alec était resté derrière la porte, une sorte de respect je pense. Je trouvais un t-shirt qui traînait par terre, je le ramassais en tremblant, c'était un de mes t-shirt.

-Un jour, je mangeais de la glace dans le salon en compagnie d'Edward et Esmée quand Emmett est arrivé. Il m'a fait tellement peur que j'ai renversé toute la glace sur mon t-shirt, Esmée m'en a prêté un autre le temps qu'elle le lave mais je n'avais jamais revu ce t-shirt jusqu'à ce jour, narrai-je.

-Qu'est-ce que tu ressens Bella ? Demanda Alec d'une drôle de voix.

-Une douleur physique dans le cœur. C'est comme si à chaque battement, une épine s'enfonce à l'intérieur.

-Je vois, murmura le jeune homme. Je me suis toujours demandé ce que pouvais ressentir un humain face à l'abandon.

Il fit un petit sourire, comme si tout cela l'amusait. Je n'arrivais pas à le comprendre, qu'est-ce qui le poussait à être comme ça avec moi ?

-C'est tout ce que tu voulais ? Me demanda-t-il en voyant que je regardais la chambre sans rien prendre.

-Qu'est-ce que je pourrais prendre de plus ? Il ne reste rien ici, plus rien qui constituait ma vie. Je pensais...

Je m'arrêtais de parler, qu'est-ce que je voulais en fin de compte ? Alec me regardait fixement, il avait adopté l'une de leur position de statue à faire froid dans le dos. Je réprimais un frisson en passant à côté de lui. Dans le couloir, une étrange odeur de parfum flottait autour de moi, j'essayais de savoir de quoi ça provenait, sans succès. Je touchais les murs d'un blanc pur du bout des doigts, me rappelant chaque souvenir passé ici. C'était à la fois douloureux et apaisant, je savais que ces murs se rappelaient de la même chose que moi. J'essayais d'ouvrir la porte de la chambre de l'excentrique Alice mais elle était fermée à clé, je pestais.

-De si vilains mots ne devraient pas sortir d'une si jolie bouche, me gronda Alec en passant devant moi.

D'une main experte, il crocheta la serrure et une pièce que je connaissais par cœur s'ouvrit dans un grincement lugubre. Le volet était baissé, la pièce était dans le noir total, tellement différente sans Alice et sa joie « contaminante ».

-Lugubre, marmonna le vampire en entrant.

-C'est ce que je pensais mais en temps normal ce n'est pas comme ça, expliquai-je. Attends, j'ouvre les volets et tu vas voir comme cette pièce rayonne.

Je cherchais à tâtons l'interrupteur mais Alec fut plus rapide que moi, saleté de vitesse vampirique. Quand la pièce prit un bain de lumière, je retrouvais le désordre familier de cette chambre. Des vêtements étaient stockés dans un endroit, du tissus était posé sur le lit et beaucoup de croquis trainaient sur son bureau. Mais les murs étaient parsemés de photo de sa famille, il y en avait une d'elle et moi. Je la saisis, elle était accrochée par une petite épingle colorée, Alice avait écrit quelque chose au dos.

« Chère Bella,

Si tu lis ça c'est que tu as réussi par je ne sais quel miracle à entrer chez nous. J'avais vu que tu serais dans ma chambre, je t'ai vu prendre cette photo. Je te demande pardon ma douce Bella, par tout. Déjà pour tout le mensonge que l'on a répandu dans ta vie mais également pour l'enfer qui t'attend. Tu attends Edward, et tu l'attendras toute ta vie car il ne reviendra jamais.

Je vois comment se finit ta vie et je ne le veux pas, je ne veux pas que tu finisses ta vie comme s'est terminée ma vie humaine. Tu ne dois pas accepter d'être enfermée car tu y mourras.

Promets-moi d'être forte, trouve une occupation et trouve le véritable amour. De ce que je sais, beaucoup de garçons t'aiment bien au lycée, et même si cette idée me dégoute un peu, il y a ce Jacob qui te mange dans la main.

Prends soin de toi Bella.

Alice, ta meilleure amie. ».

Cette lettre me fit plus de mal que je ne voulais me l'avouer. J'avais enfin une preuve de notre amitié, je n'avais pas inventé ça. Un peu plus loin, il y avait une housse fermée avec mon nom dessus. En l'ouvrant, je découvre une magnifique robe blanche, comme une...

-Non ce n'est pas...

-C'est une magnifique robe de mariée, commenta Alec.

-Je ne comprends pas, murmurai-je.

-Tu comptais te marier avec quelqu'un ? Se moqua Alec.

Je me retournais pour le fusiller du regard avant de m'approcher de la robe, elle s'était peut-être trompée.

-C'est une erreur, fis-je avant de refermer la housse.

-Alice ne se trompe jamais, répondit Alec en secouant la tête. Elle a probablement vu que tu allais te marier.

-Non puisqu'elle me voit enfermer et mourir dans un hôpital psychiatrique, contrais-je.

-L'un n'empêche pas l'autre, tu peux te marier et te faire enfermer après.

-Tu veux toujours avoir raison, n'est-ce pas ? Souriais-je.

-J'ai toujours raison.

Je ne sais pas pourquoi mais son allure de je-sais-tout ne m'agaçait pas tant que ça, je trouvais même la présence du vampire agréable. Je fis un tour de la chambre, cherchant un indice sur leur départ mais il n'y avait rien qui montrait qu'elle était partie, en dehors de son journal intime. Oui Alice avait un journal intime en cuir et il était introuvable, comme aucun de ses anciens journaux.

-Alice m'avait lu un passage de son journal, elle y note toutes ses visions et ses angoisses.

Alec clignota des yeux en me regardant sans me répondre.

-Je ne vois pas pourquoi ça t'intéresserait, murmurai-je.

-Au contraire, je suis curieux de comprendre pourquoi les Cullen se sont intéressés à une humaine, sans vouloir te vexer, me charia le vampire.

-Je me suis toujours posé la question, chuchotai-je pour moi-même.

-Tu sais que je peux t'entendre ? Demanda Alec en tapotant son oreille droite.

Je lui tire la langue en riant, ce qui le fait lever les yeux au ciel.

-Grande maturité Bella, grogne-t-il en croisant les bras.

Je continuais de rire en fouillant la pièce, ça faisait du bien de se sentir en vie après des mois de tristesse. Mais dans cette pièce, il n'y avait rien du tout qui m'aiderait à comprendre quoi que se soit à leur départ.

-Ça n'a pas de sens d'être ici, soupirai-je. Il n'y a rien, aucun indice à part la photo et encore elle ne raconte rien qui m'intéresse.

-Je peux la voir ? Demanda doucement Alec.

-Je ne sais pas, avouai-je. Elle parle de mon avenir.

-Oh Bella, l'avenir d'une humaine ne m'intéresse pas, je veux juste voir si j'y lis quelque chose de plus que toi, fit-il d'une manière désinvolte.

Je lui donne la photo dans un geste brusque, vexée. Il l'examina et avant qu'il ne dise quoi que se soit, je lui avais déjà tourné le dos et quitté la pièce.

-Je t'ai vexé ? Dit-il amusé.

-Non, moi aussi je me fiche de toi ! Tentai-je.

-Tu ne sais pas du tout mentir, rit le vampire. Je suis désolé Bella mais je ne veux pas te mentir, je ne suis pas Edward.

-Edward n'a jamais menti ! Criai-je presque.

-Tu es certaine de ça ? Soupira Alec.

J'ouvris la bouche et la refermais aussitôt. Je repensais à la fois où Edward m'avait promis de ne pas partir. Je t'en fais le serment. Sa voix résonna en moi comme un écho.

-Respire Bella ! M'ordonna Alec en me maintenant par le bras.

Aïe, il me sert beaucoup trop fort !

-Tu as raison, il m'a menti, pleurai-je d'un coup.

Et à ce moment, je fus inconsolable. Je voulais sortir de cette maison vide, me protéger de mes souvenirs et oublier à quel point j'avais mal. Je me dégageais de la main du vampire aux cheveux noirs et me précipitais dans les escaliers. Je ne sais pas comment ni à quel moment mais mes pieds se croisèrent et je sentis mon corps basculer dans le vide, la chute fut sans fin, mais indolore, j'ouvris un œil puis l'autre et j'eus la surprise de voir Alec me retenir par les épaules, dans un geste rapide mais précis, il me plaqua contre lui et soupira avant d'esquisser un petit sourire.

-Merci, soufflai-je.

-Je ne voulais pas que ton sang se répande par terre, je ne sais pas si j'aurais été capable de ne pas te mordre, sourit-il l'air de rien.

-C'est incroyablement flippant de t'entendre dire ça, avouai-je en baissant la tête.

J'avais légèrement peur de lui maintenant qu'il me tenait dans ses bras, un vague souvenir de James me traversa l'esprit mais je le chassais aussitôt, ce n'était pas lui qui me tenait dans ses bras ! Les yeux rouges de mon sauveur me scrutaient étrangement, il me relâcha pour que je descende les marches restantes puis se posta devant la porte.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'inquiéta Alec.

-Je ne crois pas que ça te regarde, répondis-je amèrement.

-Comme tu veux, marmonna-t-il avant de me laisser passer.

J'allais partir quand Alec tira trop fort sur mon pull, le déchirant dans un bruit sinistre.

-Merde mon pull ! Pestai-je.

-Je suis désolé Bella, je voulais juste te redonner ta photo.

-C'est malin ! Comment je vais expliquer ça à mon père ? Rouspétai-je.

Je marchais en direction de ma voiture et Alec me suivait toujours, il ne pouvait pas me lâcher ! J'avais besoin de pleurer sans que quelqu'un me juge, sans qu'il soit là pour me regarder d'un air moqueur. Il monta du côté passager de la voiture sans mon autorisation, il était toujours comme ça ? J'allais démarrer ma seule véritable amie quand il m'arracha la clé des mains, mais il voulait quoi à la fin ?

-Je ne pense pas que tu sois en état de conduire, déduit Alec en se frottant le menton.

-Je fais ce que je veux ! Contredis-je. En plus, je dois m'acheter un pull en ville alors merci de me rendre les clés.

-Tu es sérieuse ? S'esclaffa le vampire. Tu as plusieurs garde-robes à ta disposition et tu veux dépenser de l'argent pour rien.

Je réfléchis à sa remarque, il n'avait pas tord.

-Je ne suis pas du genre à voler, marmonnai-je.

-Ils t'ont bien volé ton bonheur, chuchote-t-il d'une voix sombre. Allez sors de la voiture Bella, on va faire du shopping.

Je fis la moue, il soupira avant de descendre et de revenir quelques minutes plus tard avec un pull orange à la main.

-Enfile-le, m'ordonne Alec.

Je roule des yeux et change de pull, étonnée de sa douceur. Il y a le parfum d'Esmée, celui qui m'a toujours rassuré.

-Merci, murmurai-je.

-Cette couleur te va bien, dit Alec en souriant doucement.

Je ne sais pas pourquoi mais à cet instant, je compris que ce vampire ferait parti de ma vie, que j'en avais besoin pour me relever. Alec me redonna ma clé et me fit signe de rouler, il avait un air étrange sur le visage. Je roulais jusque chez moi en silence, c'était apaisant de ne pas avoir besoin de parler. Alec continuait de m'observer et de sourire, étrangement je me sentais plus en confiance avec lui quand il ne me touchait pas. Je me garais, légèrement anxieuse que mon père soit rentré et qu'il me voit avec lui.

-Je pense que tu ne devrais pas te montrer à mon père, marmonnai-je.

-Ce n'était pas mon intention, rit Alec.

Il sortit de la voiture sans plus de cérémonie et me fit un signe de la main en s'éloignant dans la rue. La pluie était fine, froide. Un instant, je m'inquiétais pour sa santé avant de me rappeler que c'était un vampire. Je rentrais chez moi et mon père rappliqua aussitôt avec Sue.

-Tu as vu l'heure ? Me demanda-t-il, furieux.

-Non, fis-je innocemment. J'étais partie faire du shopping, mentis-je.

-Et où sont tes sacs ? Renchérit Charlie.

-J'ai acheté ce pull, expliquai-je en montrant celui que je portais. Mais je me suis accrochée à une pointe et j'ai déchiré celui que je portais.

Je montrais ce qui restait de mon sweater avec un soupire désolé, mon père eut un petit sourire amusé avant de se renfrogner.

-Bon d'accord, mais ça n'excuse pas l'heure tardive.

Je regardais à travers une fenêtre, le soir tombait déjà. Je n'avais pas vu le temps passer avec Alec, les émotions que j'avais eues durant la journée me donnaient le tournis et je ne pris pas la peine de répondre à mon père.

-Laisse-la Charlie, dit doucement Sue. Elle a probablement rencontré un garçon, mais n'ose pas te le dire.

Cette remarque me fit sourire, elle avait tellement raison. Je montais dans ma chambre, jetant le pull déchiré dans la poubelle et je m'écroulais dans mon lit. Je fus réveillée par une odeur de soupe à la tomate, la même recette que ma mère me faisait quand j'étais malade. J'eus un sourire, croyant un instant que j'étais revenue plusieurs années en arrière mais la réalité revint, cruelle. Je me traînais jusque dans la cuisine, feignant de ne pas être déçue. Je mangeais avec grand appétit, la cuisine de Sue était merveilleuse, elle me resservit une fois avec un sourire traversant son visage. Je ne disais rien pendant le repas, écoutant mon père parler de son travail, légèrement étourdie par cette sensation qui m'envahissait. Avant d'aller dans le salon, mon père tint à vérifier mes bras, il le faisait tous les soirs.

-Je suis content Bella, sourit Charlie avec une certaine émotion dans sa voix.

Je haussais les épaules avant de les saluer pour me coucher, j'étais moralement épuisée. Juste avant de fermer la porte de ma chambre, j'entendis une remarque de Sue.

-Je suis persuadée qu'elle a rencontré un garçon.

Un doux parfum remplit la pièce, la rendant paisible. J'ouvre les yeux pour découvrir le salon des Cullen avec des centaines de bougies, des assiettes et un gâteau. Oh mais c'est mon anniversaire ! Je porte une robe couleur orange et Alice me tient par l'épaule. Quelqu'un nous prend en photo, c'est Carlisle.

-Bonne anniversaire Bella ! Souffle Edward dans ma nuque.

Je me retourne et je le vois avec un sourire diabolique qui déforme son visage. Chacun me tend un cadeau, Jasper est le premier à s'approcher de moi. Je l'ouvre et découvre un couteau.

-Pourquoi faire ? Je demande.

Le regard de Jasper vire au noir et il m'attrape par le cou avant de me plaquer contre le mur.

-Pour t'ouvrir les veines, sourit-il.

Il me force à le regarder dans les yeux et j'y vois le reflet de mon propre visage apeuré. J'essaye d'appeler à l'aide mais tout le monde a disparu. Jasper est là, se rapprochant de ma gorge et la voix de son frère résonne dans ma tête.

-Tu n'as jamais fait parti de notre famille Bella, tu n'es qu'un jouet pour nous.

Je commence à pleurer maintenant, je sais que je vais mourir d'une façon douloureuse. Je prie pour que quelqu'un vienne à mon secours et mon regard se tourne vers quelqu'un au loin. Un homme aux cheveux noirs. Il est là, avançant doucement vers moi.

-Je ne suis pas Edward. Je ne suis pas Edward, répète-t-il de plus en plus fort.

Je le reconnais enfin, il est là pour me sauver. Je tends la main vers lui mais c'est trop tard, Jasper a déjà planté ses crocs dans ma chaire et le monde bascule vers le néant.

Je me réveille en pleurant. Il fait presque jour maintenant, le soleil n'est pas encore levé. Je soupire devant ce spectacle que j'ai trop souvent vu et je me recouche. Je repensais à la photo que j'avais trouvée la veille. Ça me réchauffait le cœur de savoir qu'elle avait pensé à moi, mais pourtant elle n'essayait pas de me contacter, je trouvais ça légèrement hypocrite de sa part. Rester dans mon lit ne me servait à rien. Je pris une longue douche, essayant de faire disparaître mon cauchemar mais ça ne marchait pas. Je voyais toujours le regard sombre de Jasper sur moi, je frissonnais, j'avais tellement peur de ce vampire ! Alec était apparu dans mes rêves, je trouvais ça perturbant. Après être propre, je fis mes devoirs, ce qui occupa mon esprit une bonne partie de la matinée. J'entendis du bruit en bas, mon père devait être réveillé. J'enfilais un pantalon léger ainsi que mon nouveau pull et je me dirigeais vers la cuisine. J'eus la drôle de surprise de voir Jacob et son père discuter avec Charlie.

-Bonjour Bella ! Fit Jacob avec un immense sourire.

-Hey ! Répondis-je doucement.

-On part à la pêche avec Billy, m'annonça mon père.

-Oh c'est une bonne chose. Tu as ce qu'il faut pour manger ce midi ?

-Oui, des sandwichs et de la vitamine R, pouffa mon père.

Je roulais des yeux, je le trouvais tellement puéril quand il était avec son meilleur ami.


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