Bonjour tout le monde ! Je tiens tout d'abord à m'excuser au près de vous car je n'ai pas publié samedi. Mes bêta ont pris du retard et j'aime beaucoup avoir un deuxième avis donc je n'ai pas posté mais aussi par un manque de temps. Je suis presque à la fin du chapitre 14 et je m'accorderais une petite pause pour souffler mais je publierais quand même rassurez-vous !
Voila le début de la deuxième partie, bonne lecture !
"Le corps ne fait pas la différence entre la nervosité et l'excitation, la panique et le doute, le début et la fin. Le corps vous dit juste de foutre le camp. Parfois vous l'ignorez. C'est la chose raisonnable à faire. Mais parfois vous l'écoutez. Vous êtes censé faire confiance à vos tripes, non ? Quand votre corps dit de fuir, fuyez."
-Grey's Anatomy
Chapitre 11 : Nouvelle vie
-Alors Penny, quoi de neuf ? Demandai-je en souriant.
La petite fille en face de moi avait 8 ans. C'était une adorable petite rousse aux yeux bleus, elle était d'une petite taille pour son âge mais elle ne semblait pas s'en soucier. Penny était une de mes patientes, c'était une gamine intéressante et très mature pour son âge. Elle était atteinte d'une maladie cardiaque incurable, et elle allait finir par mourir. Ce qui m'étonnait avec cette petite fille c'était sa vision de la mort, si réaliste et positive en même temps.
-Je vais très bien, enfin je suis très fatiguée mais ça me fait du bien de sortir de ma chambre.
-Je me doute, alors comment se passe ton traitement ?
-Les médicaments ne marchent plus trop, les médecins me disent que je suis courageuse mais je sais bien ce que ça veut dire.
-Et ça veut dire quoi ? Souriais-je.
-Que je vais très bientôt mourir, expliqua Penny d'une voix neutre.
-Qu'est-ce que tu entends par là ?
-Mon cœur va arrêter de battre et je vais m'endormir pour toujours. Je vais aller au ciel et rejoindre maman qui m'attend.
Je hochais la tête avec un petit sourire. La réalité c'était que j'étais vraiment attachée à cette petite même si je n'avais pas le droit. Je demandais à la petite fille de sortir et d'attendre dehors, je devais parler à son père.
-Bonjour Docteur Whitlock, dit-il d'une voix grave.
-Bonjour John, asseyez-vous.
J'avais obtenu le titre de psychologue pour enfant et je travaillais avec les enfants malades ou mourants.
-J'ai remarqué que Penny était de plus en plus résignée face à sa mort.
-Elle a entendu une conversation entre les infirmières la semaine précédente et depuis elle semble abattue.
-Elle pensait guérir un jour ? M'étonnai-je.
Ce n'était pas l'impression qu'elle donnait.
-Non mais elle pensait qu'elle serait grande et qu'elle aurait encore un peu de temps. Et moi aussi, avoua le père en pleurant.
Je lui tendis la boite de mouchoir avec quelques mots réconfortants. J'avais les bons mots pour réconforter les gens, je ne disais pas que ça irait bien, qu'il serait facile de faire son deuil. Non je les accompagnais en leur proposant des activités, les inscrivant dans des groupes de soutient, je n'abandonnais pas les parents une fois leur enfant mort.
-Vous saviez que ça devait arriver un jour. Et Penny me raconte toutes les sorties qu'elle fait avec vous et elle a tout ce qu'une petite fille rêve. À son âge, j'aurais aimé aller dans des parcs d'attractions, rencontrer des stars et faire toutes les activités qu'elle pratique.
John me fit un petit sourire, il était un très bon père.
-Une chose me tracasse John, continuai-je.
Il releva la tête, séchant les dernières larmes.
-Pourquoi Penny dit-elle qu'elle va rejoindre sa mère ?
-Elle pense qu'elle est morte. Mais en réalité sa mère est devenue lesbienne et a totalement rejeté Penny quand elle avait 2 ans. Depuis je m'en occupe seul mais je lui envoie des photos de notre fille.
-C'est bien qu'elle puisse voir l'évolution de sa fille mais sait-elle qu'elle est malade ?
-Oui et c'est pour ça qu'elle ne veut pas de contact avec elle. Elle a peur du deuil, de ce qui arrivera une fois que Penny sera partie.
-C'est une réaction compréhensive mais il ne faut pas que vous baissiez les bras John, gardez votre bonne humeur et profitez du temps qu'il vous reste.
Je rappelais Penny qui dessinait sagement, elle revint dans le bureau.
-Puisque demain c'est ton anniversaire et que je serais en repos, je t'offre mon cadeau avant.
La petite fille écarquilla ses yeux, elle était heureuse de cette surprise.
-Merci mademoiselle Whitlock !
Elle ouvrit la boite rose et y découvrit un sac en forme de Meeko, le raton-laveur de Pocahontas.
-Merci, merci, merci, merci, merci ! Piailla Penny en le serrant contre elle.
Elle aimait beaucoup ce dessin animé, c'est comme ça qu'elle a accepté la mort. Elle s'est dit qu'elle serait une couleur dans le vent ou un arbre. C'était sa façon de se rassurer. Ma patiente préférée quitta la pièce, c'était mon dernier rendez-vous de la semaine. Je retrouvais Sandra, Alyson et Bridget à notre bar préféré dans la rue principale de Houston, ma nouvelle ville.
J'ai quitté Forks il y a bien longtemps, une nouvelle vie s'offrait à moi et j'en avais profité. Elle était loin la petite Bella Swan qui était éperdument amoureuse de deux garçons totalement opposés. Elle était loin cette vie compliquée. J'accélérais le pas pour ne pas être plus en retard que je l'étais, mais les filles en avaient l'habitude. J'étais arrivé à Houston depuis un an, c'était ma plus longue période sans bouger, j'étais une globe-trotteuse comme le disait souvent Rosalie mais la réalité c'était que je partais sur demande d'Alice. Ma chère Alice, sans elle je ne serais pas ici, je serais probablement enchaînée dans une vie que je n'aimais pas. Les filles me firent de grands signes de bras pour que je les repère parmi la foule.
-On a déjà commandé pour toi ! Me dit Alyson en me faisant une place à côté d'elle.
-Seulement dix minutes de retard ? Tu t'améliores Bella, se moqua Bridget.
-Laissez Bella tranquille, elle a un boulot compliqué, rétorqua Sandra.
C'était mes trois collègues à l'hôpital. Alyson et Bridget était secrétaire quant à Sandra c'était une infirmière dans le service pédiatrique. Nous avions Penny comme patiente commune mais elle avait gardé une certaine froideur, en fait elle était considérée comme sans cœur par certain parent mais c'était un masque qu'elle se donnait. Travailler avec des enfants mourants n'était pas facile tous les jours.
-Je propose qu'on porte un toast à Bella ! Cria Alyson.
-En quel honneur ? M'étonnai-je.
-Parce que c'est toi qui paye la prochaine tournée !
J'éclatais de rire avec mes amies, oui j'aimais ma nouvelle vie. On but une grande quantité d'alcool tout en mangeant des chips et puis on alla danser dans une boite branché de la ville. Je gagnais bien ma vie maintenant, alors en général c'est moi qui payais la bouteille pour tout notre groupe. Même si en général je le regrettais le lendemain car j'avais Alice, Rosalie ou Emmett au téléphone tous les dimanche matin et comme tout le temps j'avais la gueule de bois.
Mais ce soir j'oubliais tout, car ce soir nous faisions la fête. C'était une journée important pour moi car il y a maintenant 4 ans que j'avais quitté Forks et je voulais fêter ça comme il se devait. Je dansais comme une folle, chassant mes souvenirs qui revenaient comme un film en replay constant. Le visage de Jasper, le rire d'Alec, la peau tiède de mon ange, les mains froides de mon démon.
-Tu pleures Bella ? S'inquiéta Bridget.
-Non.
-Je t'assure que tu pleures, insista-t-elle.
-Ce n'est rien !
J'essuyais mes larmes, en étant certaine que mon maquillage avait bien souffert. Après plusieurs heures de folie, je laissais les filles et appelais un taxi pour rentrer. Après une licence de psychologie à l'université du Michigan, j'avais appris à repérer les gens louches ou agressif. Sans compter que je repérais facilement les vampires à leur aura presque noir. Je n'avais pas peur de me promener la nuit dans les rues les plus sombres, j'aimais les frissons d'angoisses que j'avais dans ces moments, ça me rappelait ceux que j'avais avec les garçons.
Bip. Bip. Bip. Bip. Bip. La sonnerie de téléphone m'arracha d'un rêve étrange dû à l'alcool.
-Allo ?
-Ah Bella ! Ça fait plusieurs fois que j'essaye de t'appeler, dit Rosalie d'une voix inquiète.
-Je dormais, tu sais la chose que font tous les humains.
-Ne fais pas ta maligne avec moi Bella Swan !
-Je ne m'appelle plus comme ça, répondis-je en levant les yeux au ciel.
-Je sais mais mon frère joue l'espion alors je reste prudente.
Je baissais la tête un peu honteuse, je n'aimais pas savoir qu'il était présent. Parfois j'aurais préféré qu'il n'existe plus, ça aurait été plus facile pour tout le monde.
-Arrête de te morfondre Bella, je ne t'appelle pas pour ça.
-Alors que me vaut l'honneur de cet appel ?
-J'aimerais venir quelques jours chez toi, à l'occasion.
-Avec tout le monde ? Mais c'est beaucoup trop petit chez moi !
-Non juste moi, Alice est avec sa petite amie et Emmett veut passer du temps avec Jasper donc je vais me retrouver toute seule, couina Rosalie.
Si Rose n'aimait pas une chose, c'était bien la solitude. Une de nos grandes différences.
-Très bien, capitulai-je.
-Bon alors c'est réglé ! Je t'appellerais pour te donner l'heure de mon vol !
Dans quoi je m'engageais au juste ? Je détestais l'idée d'avoir un vampire chez moi mais en même temps ça me faisait plaisir de voir Rosalie. Elle était si fraîche et si drôle, j'aimais beaucoup être avec elle. À chacune vacance, je retrouvais Rosalie sur son île privée pendant plusieurs jours. Étrangement, je m'étais éloignée d'Alice pour me rapprocher de Rosalie. J'aimais beaucoup ces moments ensembles car j'avais l'impression que rien n'avait changée, que j'étais toujours un membre de leur famille.
Je me levais en faisant attention à ne pas trébucher, ma chambre était un vrai dépotoir et j'avais honte quand quelqu'un venait chez moi. Je mis un peu de musique pour ne pas rester dans le silence et en plus j'entendais mes voisins se disputer comme à chaque fois que la femme rentrait de soirée. Ils me faisaient de la peine, ils ne voulaient pas se quitter parce qu'ils avaient un fils. Pauvre enfant ! Après une bonne douche, je pris un déjeuné copieux, je mangeais beaucoup plus qu'avant. Je bougeais au rythme de la musique, prenant du plaisir en petite culotte au beau milieu du salon. Soudain le téléphone me tira de ma frénésie, c'était l'hôpital.
-Docteur Whitlock ici docteur Marks, la petite Penny est dans un état critique.
-J'arrive !
Oh non, Pourquoi maintenant ? Hier elle allait parfaitement bien, je ne pensais pas que sa maladie avait empiré à ce point ! Je fonçais vers l'hôpital en accélérant le plus possible, frôlant le délit. Une fois arrivée dans le service pédiatrique, j'allais directement dans la chambre de la petite malade. Penny était branchée de partout, elle était toute petite dans ce lit blanc. Son père était assis sur une chaise, son regard était résiliant, sa fille allait mourir et il ne pouvait le supporter. Je rassemblais tout le courage que j'avais pour ne pas pleurer devant eux, j'étais médecin après tout ! La petite fille ouvrit les yeux et eut un sourire en me voyant.
-Je suis contente, dit-elle faiblement.
-Pourquoi ? M'étonnai-je.
-Car je suis avec toutes les personnes que j'aime bien et je vais bientôt voir maman.
Je fronçais les sourcils entendant ça car c'était faux. Mais je ne voulais pas faire de mal à ma petite protégée, je voulais profiter des derniers moments avec elle car après je quitterais la ville, même si Alice ne voyait rien de dangereux pour moi.
Après plusieurs heures à faire rire la petite Penny, je décidais de quitter la chambre pour les laisser un peu tranquille.
J'allais à la plage pour me changer les idées, la vérité c'était que j'étais en pleure. Penny avait été ma patiente préférée depuis que je travaillais, j'avais décidé de rester ici plus longtemps que prévu car je voulais la suivre mais maintenant qu'elle était en train de mourir, voudrais-je continuer à vivre dans cette ville ? C'est vrai que c'était agréable de vivre sous le soleil, au bord de la plage. En plus je n'étais pas très loin de chez ma mère qui se faisait une joie de me voir à chaque trimestre, non vraiment Houston était ma ville préférée.
J'avais emménagé à Boston dès que j'étais sortie de la fac, mon tout premier job. J'étais dans une école pour enfants handicapés, un métier enrichissant et plus facile que celui que j'avais actuellement. Boston était une ville agréable avec une immense bibliothèque et beaucoup de musée. Mais Boston était très près de Moncton et j'avais peur que Jasper me retrouve, même si je savais qu'il ne m'aurait rien fait de mal.
Alors j'étais partie à New-York après 5 mois de remplacement. Parce qu'il faisait trop froid à Boston à mon goût, j'avais migré à L.A., ville des Etats-Unis parce qu'un poste s'était libéré en urgence alors je l'avais saisi pour explorer Big Apple et je fus déçue. Je fus déçue car les gens n'étaient pas accueillant, mon quartier craignait un max, je passais pour une campagnarde et je n'avais pas beaucoup d'amis. Il y avait eu cette fille, Elena, que j'avais rencontré dans un café en bas de chez moi. Elle avait grandi dans une ville un peu plus grande que Forks et elle comprenait bien mon émerveillement devant Times Square. J'aimais beaucoup cette fille, elle me ressemblait beaucoup dans son caractère tout en ayant une perception bien étrange de la vie. J'avais remarqué des traces de morsure plutôt fraîche dans son cou mais elle n'avait jamais voulu en parler bien que j'avais fait exprès de lui montrer mes vieilles cicatrises. Mais Elena était partie au bout de 7 mois, et j'avais accepter mon premier job dans un hôpital dans la même semaine.
J'avais émigré à San Francisco pendant 5 mois. Mais j'avais pris conscience de la trop grande proximité avec Forks alors que j'étais en vacance chez mon père. Je ne suis jamais retournée à San Francisco même si j'y avais beaucoup d'amis sympa, heureusement je gardais toujours un minimum d'affaire sur moi comme me l'avait conseillé Alice et j'avais gardé mes photos avec eux. Nous étions une bande d'amis travaillant dans des domaines différents, on habitait tous dans le même immeuble un peu à la Friends. J'habitais en colocation avec un homme gay, pour mon plus grand bonheur car il était chef d'un restaurant italien. Mais outre ça, je m'étais sentie chez moi pour la première fois. Je m'étais découvert une passion pour la natation avec Eryn, ma voisine du dessus et sœur de Kenan mon coloc. Mais quand j'étais partie, je n'avais prévenu personne et j'avais pris un vol au hasard atterrissant à Denver.
Ah Denver ! Denver était la ville que j'avais le plus aimé après Houston. Pendant 10 mois j'avais profité du climat doux de la ville, et j'avais continué la natation toute seule. Je n'avais pas eu besoin de me faire des amis car je me sentais très bien dans cette ville, j'aurais aimé y vivre toute ma vie. Je vivais dans un quartier assez bourgeois, mon salaire était très haut, mon boulot était surtout très dur psychologiquement. C'était la première fois que je travaillais avec des personnes mourantes, de tout âge. Je devais aider les gens à accepter leur mort, les soutenir et les accompagner jusqu'à la fin. En temps normal, ce n'était pas un travail que les gens normaux aimaient bien, mais je n'étais pas normale de toute façon. C'est Alice qui m'a fait quitter la ville car une invasion de vampire se préparait et les Volturi arriveraient. En effet, une semaine après mon départ, une vague de meurtre avait surgi à Denver.
J'avais fait mon deuil de cette ville en arrivant à la Nouvelle-Orléans, qui m'avait émerveillé à chaque rue. C'était la musique, la fête toute la nuit, la population variée mais surtout c'était le Carré, ce quartier français rempli de vampire qui m'avait plus. Comment je le savais ? Parce que j'avais croisé ce vampire, Klaus qui connaissait les Cullen. Il m'avait prit sous son aile sans jamais rien en retour, il paraît que ma présence était rafraîchissante. Bref je passais presque tout mon temps avec eux et peu de temps à travailler. Mais je travaillais pour ne pas inquiéter Rosalie qui détestait me savoir avec Klaus et le reste de ses compagnons. J'avais revu Elena pour ma plus grande joie. Nous partagions une petite maison à l'écart de la ville sans payer de loyer puisque cette maison appartenait à Klaus. Alors j'avais un peu d'argent de côté qui m'avait permis de racheter la maison que mon père avait mise en vente pour sa future retraite. Pourquoi je l'avais acheté ? Je ne sais pas, même aujourd'hui je me posais la question. J'étais partie parce que je commençais à avoir un peu peur du contrôle de Klaus sur toute la ville, et Rosalie m'avait expliqué la vraie personnalité de Klaus. C'était un maniaque obsessionnel en plus d'une forte paranoïa, une personnalité à éviter. J'avais convaincue Elena de partir aussi mais elle ne m'avait pas suivie, pour notre sécurité.
Et aujourd'hui je vagabondais sur la plage de Houston, pleurant à chaude larme. Je reçus un message d'une infirmière me confirmant la mort de la petite Penny. Mon cœur se déchira en millier de morceau, Penny était comme une petite sœur pour moi, j'avais trouvé une petite fille intéressante et intrigante qui m'avait fait aimer mon métier un peu plus. Maintenant je le détestais, je voulais quitter ce job, cette ville, cette chaleur. Finalement c'était peut-être moi qui irais chez Rosalie et pas l'inverse. Je pris mon téléphone en tremblant, composant le numéro de la vampire.
-Bella ? S'étonna-t-elle.
-Tu...Tu es seule ? Bégayai-je.
-Je suis avec Wendy, la petite amie d'Alice.
-Il n'est pas là ? Me renseignai-je.
Elle savait de qui je parlais.
-Non Jasper n'est pas là. Qu'est-ce que tu as Bella ?
-Elle est morte, Penny est morte.
-Ta patiente que tu aimais bien ?
-Oui.
Je l'entendis soupirer, elle m'avait répété plusieurs fois de ne pas m'attacher à elle mais on ne contrôle pas ça.
-Je sais que je n'aurais pas dû être proche d'elle mais j'avais l'impression d'avoir une petite sœur en face de moi. Quand je l'écoutais, ça me donnait envie d'avoir un enfant, de le protéger et de l'aimer.
-Elle réveillait ton instinct maternel, m'expliqua Rosalie. Ça va passer, tout va bien aller.
Je sanglotais au téléphone, ça me faisait du bien de l'avoir au téléphone. Elle me changea les idées en me parlant de sa journée, parfois Rosalie trouvait exactement les choses à dire pour nous faire oublier nos soucis. Soudain, une silhouette entra dans mon champ de vision, je ne voyais pas le visage ni aucun détail mais j'eus un doute. Je pouvais presque sentir son odeur de cannelle, je savais que c'était un homme, je devinais sa chevelure blonde.
-Rose, je dois te laisser.
Je me dépêchais de retourner sur le port pour rejoindre la civilisation et ma voiture. Je roulais lentement car je tremblais. Une fois arrivée chez moi, je fermais tous les volets et tirais les rideaux. Je mis ma tête entre mes mains, prise dans une rage folle. Non ! Non ! Non ! Non ! Je ne veux pas le voir maintenant. Je m'allongeais dans le lit car ma tête me tournait légèrement, et sans que je m'en rende compte, je plongeais dans un sommeil troublé de cauchemars.
J'étais obligée de me lever. J'étais obligée de sortir du lit car j'avais d'autres patients qui m'attendaient. J'avais d'autres patients mais j'avais aussi le père de Penny qui m'attendait. Il m'attendait car on devait préparer une cérémonie funéraire. On devait préparer cette cérémonie car Penny était morte. Penny était morte ! Je me remis à pleurer avant de me forcer à sortir de lit. Je n'étais plus Bella Swan, je ne pleurais plus pour rien, en réalité je ne pleurais plus. Hier soir j'avais eu une faiblesse, hier soir j'avais cru voir Jasper. J'enfilais une robe longue de couleur grise, pour ne pas afficher mon deuil mais en même temps, je ne me voyais pas enfiler ma fameuse tenue flashy. J'aimais beaucoup m'habiller avec des couleurs voyantes car les enfants aimaient ça et moi aussi. J'arrivais à l'hôpital l'air de rien, saluant mes collègues au passage, mais j'avais le cœur lourd. Je croisais mes amies, je leur fis un petit signe de la main et je m'enfermais dans mon bureau. Je soufflais un bon coup et quand je ressortis, mon sourire était faux. Faux mais radieux ! Je passais dans toutes les chambres du service pédiatrique, rencontrais les petits nouveaux, les rassurais puis repartais pour mes consultations. Après avoir parlé, joué, plaisanté, consolé, il était l'heure de ma pause sauf que je n'allais pas au restaurant comme les autres lundi, non je retrouvais le père de Penny en bas de l'hôpital. Il portait un jean sombre et une chemise noire, il semblait tenir le coup.
-Bonjour docteur Whitlock.
-Appelez-moi Bella, je ne suis pas en service.
-Je ne sais pas comment réagir, quoi faire.
-C'est normal à ce stade-là, vous êtes perdu.
-Et je suis seul, murmura le père en deuil.
-Je suis là pour le moment, je vais vous aider. Vous savez, j'aimais beaucoup Penny. C'était un vrai rayon de soleil, surtout quand elle chantait en dessinant.
-La musique était sa grande passion, elle voulait être chanteuse.
-D'un côté, elle a réussi puisqu'elle organisait un concert chaque semaine dans la salle de repos des infirmières.
Je ris à ce souvenir tout en marchant vers les pompes funèbres. Nous discutions avec le maître de cérémonie de toutes ces choses qui faisaient la vie de Penny : la musique, la nature, Pocahontas et la maladie.
-Donc vous êtes sa mère, me dit l'homme en costume.
-Non je suis sa psychologue.
L'homme leva un sourcil et je me sentis obligée de m'expliquer.
-Je sais que ce n'est pas très conventionnel mais Penny était comme une petite sœur, presque comme ma fille. Je la voyais tous les jours, je passais toujours la voir avant de rentrer chez moi, je lui apportais des bonbons, des films et je cherchais toujours une nouvelle activité pour lui changer les idées.
-Une amie, comprit-il.
-En quelque sorte, souriais-je tristement.
On régla les derniers détails de la cérémonie puis je retournais à mon travail. Un travail sans saveur dans un hôpital gris avec des enfants banaux. C'était insupportable. Se fut comme ça pendant plusieurs jours jusqu'à ce que les filles m'obligent à aller boire un verre dans notre bar fétiche.
-Allez Bella, bois ça te fera oublier, tenta Bridget.
-Mais oui l'alcool ça apaise toutes les souffrances, me rassura Sandra.
-En plus tu as besoin de prendre l'air ! ajouta Alyson.
-Et merde, marmonnai-je.
Je me levais, raccrochais ma blouse blanche et fermais mon bureau à clé. Dans le bar, je commandais différents alcools et cocktails.
-A Penny, dis-je en levant mon énième verre.
-A Penny, répondirent les filles en cœur.
On but le verre cul-sec et j'en commandais d'autres. Je fis toute la soirée jusqu'à avoir la nausée et me rendre à la toilette. J'avais envie de faire pipi. En plus, je n'aimais pas l'odeur. J'avais envie de vomir. Et je pensais à cette silhouette. Jasper ! Ce crétin de Jasper qui me suivait partout, ça se trouve c'est Alice qui lui a dit où j'étais ! D'un mouvement coléreux, je pris mon téléphone et je cherchais le numéro d'Alice dans mon répertoire.
-Alice ! Hurlai-je dans le téléphone.
Je n'eus pas de réponse. Je parlais au répondeur.
-Bon Alice, il faut que tu arrêtes de dire à Jasper où je suis c'est pas gentil. En plus, il m'a fait peur ! Et maintenant je suis triste parce que Penny est morte. Alors je vais partir sans le dire à personne. Je ne te dirais pas que je vais aller à Chicago. Non je te dirais rien comme ça tu lui diras pas !
Bon ça suffisait pour le moment. En plus je voulais appeler quelqu'un d'autre. Son numéro était très clair dans ma tête.
-Jasper ! Murmurai-je. Jasper je te déteste. Pourquoi tu me suis hein ? J'ai plus envie de te voir ni de t'aimer. Tu m'as fait du mal, vous m'avez fait du mal. Je ne serais pas là si tu ne m'avais pas laissé partir avec Alec. Je ne serais pas là si tu m'avais demandé de t'épouser.
Je me mis à pleurer comme une merde.
-Je suis complètement bourrée parce que je suis triste et que tu n'es pas là pour me consoler.
Je marquais une pause pour me calmer.
-Et en plus j'ai envie de t'embrasser.
Je raccrochais en riant comme une fillette. Ouais vraiment j'étais dans un piteux état !
-Bella tu es là, s'écria une de mes amies.
-houlala elle est complètement raide !
-On va la ramener chez elle, ça vaut mieux.
-Ah les copines, je vous aime beaucoup, beaucoup, marmonnai-je d'une voix bizarre.
Bon, je ne contrôlais pas ma bouche non plus ! On prit la voiture de Sandra, je la reconnaissais car l'intérieur était blanc.
-J'ai fait une bêtise, avouai-je dans l'ascenseur de mon immeuble.
-Oh non, c'est partie pour les confessions ! Se plaint Bridget.
-Attends on va apprendre des trucs drôles, Alyson.
-Arrêtez les filles, elle est dans un sal état, s'inquiéta Sandra.
Je marmonnais des choses incompréhensibles même pour moi.
-Tu as fait quoi ? Demanda Alyson.
-J'ai appelé Jasper, ricanai-je.
-Je n'ai jamais entendu ce nom, répondit mon amie.
-Je vais regarder son téléphone, peut-être que je vais trouver son nom dans les derniers appels.
On me prit mon téléphone une fois qu'on fut sorti de l'ascenseur mais je n'eus pas conscience de la suite. Je me réveillais dans les toilettes. Oh non ! Pourquoi j'étais dans les toilettes ? J'ouvris la porte et j'entendis quelqu'un parler, je me figeais. J'avançais à pas de loup quand une voix féminine me rassura.
-Alors la marmotte, on se lève enfin ?
C'était Sandra.
-Pour l'amour du ciel, ne me fait pas aussi peur dès le matin !
-Le matin ? Répéta la brune en souriant. Mais ma chérie, il est midi !
-Oh non je suis en retard ! Je vais me faire tuer par le chef de service !
-Non j'ai dit que tu étais malade et que je prenais soin de toi du coup on a la journée devant nous.
-Merci. Tu parlais à qui ? M'inquiétai-je en allant dans la cuisine.
-Je parlais à ce fameux Jasper. Tu as parlé de lui tout en vomissant. Tu as dit que tu le détestais, que c'était de sa faute. Tu as parlé de ton anniversaire, de l'autre « con » pour te citer, tu as parlé de ta mère et de votre discussion sur un choix.
-Et merde !
-C'est quoi cette histoire de bague ?
-C'est une longue histoire, soupirai-je.
-On a tout notre temps, je vais préparer un remède pour ta gueule de bois.
Je levais les yeux au ciel, elle me rappelait beaucoup Alice quand elle voulait des détails croustillants. J'espérais qu'elle ne raconterait pas ça aux deux autres filles. J'avais plus confiance en Sandra, après tout c'était une fille sérieuse qui vivait en couple depuis plusieurs années. Peut-être qu'elle comprendrait mon histoire.
-Merci, dis-je quand elle posa une tasse fumante.
-Bon alors cette histoire avec Jasper ?
J'étais en train de lui raconter une version arrangée de mon ancienne vie quand un détail me revint en mémoire.
-Attends tu as parlé avec Jasper ? Criai-je.
-Oui.
-Tu lui as dit quoi ?
-Rien de grave. J'ai dit que tu avais trop bu avec nous mais que tu allais bien. Je me suis excusée pour toi sans vouloir savoir ce que tu lui avais dit. Il a un accent charmant, dit-elle d'un ton rêveur.
-Toi aussi ça te fait fondre ? Demandai-je avec un sourire.
-Il a l'air sexy.
-Tu n'as pas idée du corps qu'il a ! Rêvai-je.
Je revenais des années en arrière, quand je n'étais qu'une ado blessée et faible, loin d'être la Bella de maintenant.
-Tu as un peu de bave-là, se moqua mon amie.
-Moque toi mais attends que je trouve une photo de lui, tu vas comprendre.
Je partais en direction de mon meuble, Alice m'envoyait souvent des photos de sa famille et beaucoup de Jasper même si je lui avais demandé d'arrêter car ça me m'était mal à l'aise.
-Comme ça tu ne vas pas l'oublier ! M'avait-elle répondu.
Je riais en sortant le paquet de photo. Je voulais trouver LA photo de Jasper que j'avais reçu, celle où il était torse nu sur le canapé.
-Regarde-moi ce dieu vivant, conspirai-je.
Sandra m'arracha la photo des mains et siffla d'admiration.
-Ils se font rares les hommes comme ça.
-Et oui, dis-je. Malheureusement je ne peux plus être avec lui.
-Pourquoi ?
-4 ans Sandra ! Je suis partie i ans !
-Quand je l'ai eu au téléphone il n'a pas semblé s'en soucier.
-Il t'a dit quoi ?
-Que tu supportais mal l'aspirine et que je devrais te donner du chocolat chaud mais pas bouillant.
J'eus un sourire en me souvenant d'une scène lointaine.
-C'est comme ça que j'ai appris à l'aimer. Avec un chocolat chaud bouillant et dégueulasse. Tu n'as pas donné le nom de la ville ? M'inquiétai-je.
-Mais non, me rassura Sandra.
Je soupirais en étant rassurée, je ne voulais vraiment pas qu'il sache où j'étais car ça serait facile de me retrouver après. Un silence s'installa, il n'était ni pesant ni lourd. Nous avions l'habitude de rester longtemps sans parler, surtout après une journée difficile.
-Tu vas mieux moralement ?
-Oui, soupirai-je. J'ai accepté la mort de Penny, je le savais dès le début. Mais le pire c'est qu'elle est morte le jour de son anniversaire.
-Oui c'est tragique mais c'est la vie. La mort fait partie de notre métier et on ne peut pas s'impliquer pour chaque patient.
Je hochai la tête, tout ça fait d'accord avec elle mais je gardais une pointe au cœur en pensant à Penny. Dans la soirée, elle me laissa seule car je devais me préparer pour l'enterrement de Penny. Je pris un long bain pour détendre mes muscles endoloris et fatigués, j'avais abusé avec l'alcool et ça m'arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps. Je fus tentée d'appeler Rosalie ou Alice pour savoir où était Jasper mais je ne voulais pas me stresser encore plus que je ne l'étais. Grâce à l'ambiance tamisée de ma chambre, je réussis à m'endormir même si ma nuit fut chaotique. Le lendemain, j'avais l'air encore plus fatiguée que la veille. Je voyais un reflet de mon ancienne moi mais avec les cheveux très courts et un visage moins enfantin. J'enfilais un pantalon noir avec un chemisier de la même couleur, je fis un effort pour me maquiller car je n'en avais pas l'envie mais il fallait bien que je fasse bonne figure, la moitié du service pédiatrique serait présent et je ne devais pas montrer ma tristesse. C'est en avalant ma première tasse de café de la journée que je me mis à réfléchir à ma prochaine destination, Chicago me plaisait beaucoup. En même temps, je pourrais aussi quitter l'Amérique et aller en Angleterre, j'avais largement le choix. Je mis un mémo dans mon téléphone pour me souvenir de chercher un nouveau travail tout en démarrant ma merveilleuse Nissan Micra turquoise, connue à l'hôpital pour sa couleur pétillante. Mais je la trouvais vulgaire pour aller à un enterrement, en temps normal je n'assistais pas à ce genre de cérémonie, surtout si c'était un patient mais là ce n'était pas pareil. Du coup, j'allais me garer un peu plus loin pour ne pas attirer l'attention sur moi et Niny comme je l'avais affectueusement baptisé. Il n'y aurait pas de mise en terre, John avait souhaité incinérer sa fille pour respecter son souhait : devenir une couleur du vent. J'avais acheté une composition de plusieurs couleurs très symbolique pour Penny, pour que l'air du vent soit coloré quand son père répandrait ses cendres. Il y avait plus de monde que je le pensais à l'intérieur du salon d'attente. Je saluais discrètement mes collègues et mon supérieur puis j'allais voir John, pauvre homme.
-John, le hélai-je doucement.
-Bella ! Je suis heureux de vous voir. Hier on m'a dit que vous étiez souffrante, je ne pensais pas vous voir.
-J'avais la gueule de bois, le rassurai-je. J'ai noyé ma tristesse dans l'alcool et j'étais incapable d'aller travailler.
-Je comprends, j'ai fait la même chose. J'ai appelé mon meilleur ami qui est venu de New-York et j'ai bu avec lui jusqu'à ce que je tombe de ma chaise.
-C'est bien d'avoir quelqu'un avec vous dans ces moments, souriais-je.
-Je pars avec lui. Le temps d'organiser mon déménagement et je pars m'installer à New-York près de chez Marc.
Je lui serrais gentiment le bras pour lui exprimer ma compassion et le laissais avec ses proches. Un homme en costume noir nous fit signe de nous avancer vers la pièce d'à côté, là où était le cercueil de Penny. Une fois que tout le monde fut rentré, il ferma les portes avec ses collègues, je me sentais emprisonnée. Je refusais de poser les yeux sur le cercueil blanc, je ne voulais pas me dire que je ne verrais plus jamais ce rayon de soleil. John s'avança vers le cercueil de sa fille, posa une main dessus avant de laisser quelques larmes s'écouler.
-Le plus dur pour moi, c'est de savoir que je n'entendrais plus Penny rire. Comme vous le savez, c'était une petite fille gaie, drôle et pleine de vie malgré sa maladie. J'ai su très rapidement qu'elle allait mourir avant sa dixième année, mais je n'ai pas vu les années passer, comme n'importe quel père. J'ai l'impression d'avoir posé mon premier regard sur elle seulement hier, j'ai l'impression qu'elle n'a pas changé depuis sa naissance. Pourtant aujourd'hui je dois lui dire adieu, je dois faire face à cette maladie que j'ai toujours essayé d'oublier. J'ai offert à Penny tout ce que la vie pouvait offrir à une petite fille comme elle, peu importait le prix ou ma fatigue. Elle était ma raison de vivre, j'ai accepté de regarder Pocahontas tous les soirs pour l'entendre chanter et réciter les dialogues. J'ai appris à aimer toutes les princesses de Disney et croyez-moi que c'était compliqué pour moi ! Je ne peux pas dire ce que pensais Penny mais je suis certain qu'elle était heureuse et qu'elle est partie en paix. Et si je dois remercier quelqu'un c'est le docteur Bella Whitlock pour sa gentillesse et son amour envers Penny. Je sais bien que sa relation avec elle était extra professionnelle mais je ne pense pas que ma fille aurait été si épanouie sans sa présence. Un jour Penny m'a confié que le docteur Whitlock était comme sa maman parce qu'elle faisait tout comme une maman. Alors merci docteur, merci Bella.
John termina sa phrase en s'essuyant les yeux. Je le remerciais silencieusement, je ne voulais pas intervenir car je n'en avais pas la force. Je pleurais plus que mon métier me l'autorisait mais Penny avait été comme ma fille et maintenant elle me manquait plus que je l'aurais cru.
-Je t'aime Penny, chuchota John en se tournant vers le cercueil.
Une douce musique résonna dans la pièce et je reconnus la musique de Pocahontas « The colors of the wind » qui était la musique préférée de Penny. Le cercueil glissa vers une porte pour être changé en cendre, l'idée que le petit corps de Penny soit brûlé par des flammes me fit sangloter un peu plus. Tout le monde se leva en signe de respect, un dernier adieu à la petite fille.
-Ça va aller darlin, me chuchota une voix derrière moi. Je suis là.
Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir que c'était Jasper. Je m'en foutais de la raison de sa venue, je m'en foutais du comment il avait fait pour me retrouver. J'étais heureuse qu'il soit là, de ne pas être seule dans ce moment. Il passa une main sur mon ventre pour me maintenir en place pour ne pas que je tombe sous le poids de ma tristesse. Quand la porte se referma, la musique entamait son dernier couplet, comme une hymne à la petite fille qui devenait cendre. Mes larmes ne cessèrent pas, pis encore elles s'accentuèrent, me troublant la vision. Jasper me caressait le ventre avec son pouce, c'était sa façon de me calmer. Il utilisait son don pour ne pas que je sombre dans le chagrin mais sans empêcher mes larmes de couler, il était merveilleux. Une fois la musique terminée, la pièce commença à se vider petit à petit. Je fus une des dernières à sortir, soutenue par mon vampire blond.
-Attends Jasper, je vais parler à John.
Le blond s'éloigna de quelques pas tout en restant dans mon champ de vision.
-C'était un très beau discours John, dis-je d'une voix grave par l'émotion.
-Merci Bella. Je n'avais rien préparé tout est sorti du cœur. J'étais sincère quand j'ai dit qu'elle vous considérait comme sa mère.
Contre toute attente, je le pris dans mes bras. On avait besoin de réconfort et même si je ne connaissais Penny que depuis un an, je l'aimais plus que n'importe qui à Houston. Je lui indiquais que je ne viendrais pas à la remise des centres que c'était un moment intime entre lui et sa fille, ce qu'il comprit. La vérité c'est que je n'en avais pas la force, c'était plus dur que je le croyais. Je discutais un peu avec mes collègues sans entrain, je me contentais de répondre à leurs questions, je vis Sandra au loin avec d'autres infirmières mais je n'allais pas vers elle. Non je voulais voir Jasper, je voulais lui parler, je voulais pleurer dans ses bras. Je m'avançais d'un pas déterminé vers le vampire, il avait ce visage triste comme avant mon anniversaire. Pendant un très court instant, je nous revis à Forks.
-Viens on va parler ailleurs, me dit-il en me prenant la main.
Dans son aura, je voyais toujours cette amour mais rempli de tristesse et de douleur. Ce n'était pas à cause de l'enterrement, il ne connaissait pas Penny. On fit le tour du bâtiment et Jasper me plaqua contre lui, posant sa tête sur mon crâne.
-Oh Bella, je n'aurais jamais cru te retrouver un jour.
Je me serrais fort contre lui, ce n'était pas le moment de parler. J'avais un trop plein d'émotion et je n'allais pas tarder à craquer.
-Emmène-moi loin d'ici Jasper, suppliai-je.
Jasper fit une grimace et se gratta la tête.
-Je n'ai pas de voiture Bella, à moins que tu ne veuilles marcher je vais devoir prendre la tienne.
J'éclatais nerveusement de rire avant de lui tendre les clés de Niny. Je le conduisis vers ma voiture en silence mais sans lâcher sa main.
-Tu fais attention à Niny, c'est mon petit bébé.
-Niny ? Répéta Jasper.
-Elle, dis-je en désignant l'engin.
Jasper me fit un grand sourire tout en montant au volant.
-Bon c'est ultra féminin mais pour le trajet ça fera l'affaire.
-Ne critique pas ! Cette voiture fait le bonheur des enfants car ils savent qu'ils vont avoir le droit à des bonbons.
-En plus d'être médecin, tu es nutritionniste, se moqua Jasper.
-Je ne suis pas médecin, je suis psychologue, rectifiai-je.
-Ah ouais c'est vrai, j'ai lu ta plaque sur la porte du service : « Docteur Bella Whitlock, psychologue pédiatrique »
-C'est un nom d'emprunt qu'Alice m'a fourni quand je suis partie. C'est juste un nom comme ça.
-Moi je trouve qu'il te va bien, sourit Jasper.
Il me serra la main brièvement avant de se concentrer à nouveau sur la route mais il n'avait pas besoin de sa pleine concentration pour ça, après tout c'était un vampire. Mon dieu, je laissais à nouveau un vampire entrer dans ma vie. J'indiquais la route à Jasper qui semblait connaître la ville comme sa poche, ce qui me fit tiquer.
-Tu connais Houston ?
-J'ai des amis dans la région, j'ai passé toute ma vie humaine dans une petite ville près d'ici.
-Oh, répondis-je un peu surprise. Tu sais que je suis là depuis combien de temps ?
-Hier. Mes amis étaient à l'hôpital et quand je suis passée devant la porte de ton service j'ai eu un choc en voyant ton nom.
-La porte de mon garage est juste là, le coupai-je en montrant une porte devant nous.
Jasper se gara sans difficulté dans mon espace réservé et il sortit de la voiture sans prendre la peine de m'ouvrir la portière. Je l'ouvris en étant un peu vexée, j'aimais bien quand il me traitait comme une princesse à Forks.
-Tu as perdu ton côté galant, marmonnai-je.
-Oh non je reste un gentleman mais seulement avec les femmes qui le méritent. Toi tu ne le mérites plus, claqua Jasper d'une voix mauvaise.
-Tu penses que je vais m'excuser ? Demandai-je en regardant la porte de mon garage se fermer.
-J'aurais aimé, l'ancienne Bella l'aurait fait.
-Je ne suis plus comme elle, regarde j'ai même coupé mes cheveux que tu aimais tant.
-Tu l'as fait pour me contrarier, plaisanta Jasper.
-Contrairement à ce que tu aurais voulu, tu n'es pas le centre de mon monde Jasper. J'ai coupé mes cheveux après la fac, des années après avoir quitté Forks.
J'appuyais sur le bouton de l'ascenseur sans regarder Jasper mais je sentais le sien dans mon dos.
-J'espère que tu n'as pas le vertige car on va monter très haut, riais-je.
-Je suis déjà monté beaucoup plus haut avec toi Bella.
Sa voix était grave, sensuelle. Les premiers étages défilaient sans arrêt jusqu'au quatrième étage, une vieille dame monta avec un panier qui semblait lourd, je reconnus Bridget notre mamie à tous.
-Je vais rendre visite à Any la petite dame du septième, nous expliqua-t-elle.
-J'ai vu qu'elle était malade la dernière fois que je lui ai rendu visite, répondis-je.
-Oui elle n'est pas très en forme alors je vais lui apporter des confitures que j'ai fait moi-même !
-Elle en a de la chance ! Souriais-je.
-Vous non plus vous n'avez pas l'air en forme. Jeune homme vous devriez prendre soin de votre amie ! Sermonna Bridget en se tournant vers Jasper.
-C'est ce que j'essaye mais Bella n'arrête pas de s'enfuir à chaque fois que je lui propose de stabiliser notre relation.
Je restais sans voix derrière ce coup bas ! Non mais il n'allait pas raconter ma vie à tout le monde quand même ! Je sortis en même temps que Bridget, j'habitais au même étage qu'Any.
-Ah les jeunes profitez de votre jeunesse pour vous aimer après ça sera plus compliqué vous verrez.
Je fis un sourire à la vieille dame et j'ouvris la porte de chez moi, je laissais le choix à Jasper d'entrer ou non. Je filais directement dans ma chambre pour faire un brin de rangement, au bout de plusieurs minutes, j'entendis ma porte se refermer. Était-il à l'intérieur ? Je changeais mon chemisier contre un tee-shirt plus confortable et j'enlevais mon pantalon noir contre un short bleu.
-Elle est définitivement loin l'ancienne Bella, murmura Jasper dans mon dos.
Je sursautais, plus habitué à avoir quelqu'un chez moi.
-Quand je te l'ai dit, tu ne m'as pas cru.
-J'aime encore plus cette nouvelle version, sourit le vampire en regardant mon short.
Je haussais les épaules en me dirigeant dans la cuisine, je pris un vers de thé glacé dans lequel je rajoutais des glaçons et quelques feuilles de menthe.
-Je te conseillerais plus un chocolat chaud, me dit Jasper en s'asseyant sur le meuble de la cuisine.
-Merci de tes conseils mais ça fait longtemps que je n'en bois plus.
Une fois que j'eus finis mon verre Jasper soupira, il semblait soucieux de mon état.
-Tu ne crois pas qu'on devrait parler ?
-Parler de quoi Jasper ? Soupirai-je agacée.
-De tout. De ces années sans nouvelle de toi, de notre couple brisé, de toi. Parler de toi tout simplement.
-Je n'ai rien à dire à propos de moi. Je t'ai invité pour te remercier de m'avoir conduit jusqu'à chez moi car je n'étais pas en état.
-Arrête de mentir Bella, tu voulais que j'entre, je l'ai bien senti. Et si tu me dois des explications, pourquoi tu es partie sans penser à ce que je ressentirais, pourquoi tu as interdit à Alice et Rosalie de me dire où tu étais ?
-Parce que je ne voulais plus de toi dans ma vie, répondis-je sincèrement.
Jasper détourna le regard vers la fenêtre, il était blessé, je le voyais à la couleur de son aura.
-Je ne sais pas ce qui est le pire, savoir que c'est la vérité ou l'entendre de ta bouche.
-Je ne veux pas te blesser, je ne l'ai jamais voulu Jasper. Mais après toutes ces années, je me suis rendue compte que ma vie était meilleure sans vous. Même si je gardais un contact régulier avec Alice et Rose, je ne voulais jamais te voir car ça me fait mal de savoir que jamais je ne serais heureuse avec toi.
-Je sais tout ça Bella, Alice me l'a dit des centaines de fois mais je ne peux pas accepter ton absence. Je ne peux pas !
Il se leva d'un bond pour atterrir juste en face de moi.
-Et tu vois Bella j'en meurs à petit feu, avoua Jasper.
Nos corps étaient beaucoup trop proches, c'était dangereux pour moi. Ma respiration s'accéléra brusquement, j'essayais de reculer mais le mur me bloquait. Jasper me caressa le visage tout doucement, je fermais les yeux pour savourer le contact.
-Mais je sais bien que tu ne m'aimes plus, je le ressens.
Jasper fit quelques pas en direction de la porte d'entré, il allait partir ! Si je ne réagissais pas maintenant, je ne le verrais probablement plus jamais.
-Jasper ! Je t'aime et tu sais que je t'aimerais toute ma vie ! Criai-je sans bouger de place.
La suite des événements alla très vite. Jasper m'embrassa d'un baiser urgent et féroce. Ça faisait des années que je n'avais pas goûté ses lèvres et ça me faisait du bien. Mon corps était en manque de Jasper, je le constatais maintenant. Mon vampire blond se déplaça sans quitter mes lèvres et avant que je réalise, j'étais à moitié nue sur le lit. Il était au dessus de moi, embrassant et embrasant chaque parcelle de ma peau découverte. J'étais en feu par sa faute et il prenait son pied de cette situation. Alors je tirais sur les boutons de sa chemise qui volèrent à travers la pièce.
-Vilaine fille, ricana Jasper avant de m'embrasser à nouveau.
Mais contrairement à ce que je m'attendais, Jasper retrouva toute sa douceur et ses baisers se firent plus doux, plus amoureux. Il dégageait une lumière très intense et chaude du corps de Jasper. Il fit glisser lentement mon sous-vêtement et embrassa mes jambes au passage. J'aimais tout chez lui, surtout quand il était tendre avec moi, me traitant comme une princesse. Il me pénétra doucement sans forcer, de toute façon mon corps accueillait son membre naturellement comme s'il faisait partit de moi. Comme si nos corps ne faisaient qu'un. Jasper prit un de mes seins dans sa main et commença à jouer avec, il prit le deuxième en bouche, le suçota et le titilla avec les dents. Je lâchais un soupir de plaisir, le faisant sourire. Il changea de position, me retrouvant assise sur lui. J'accrochais mes bras autour de son cou et mes yeux accrochèrent son regard doré. Il accéléra ses mouvements sans quitter mon regard, il jouait avec mes émotions, je le sentais. Une boule de chaleur se forma dans mon bas ventre, gonfla et explosa dans chaque parcelle de mon corps. Jasper se déversa en moi, me procurant des frissons de plaisir.
-Je t'aime Jasper, dis-je en pleurant sans savoir pourquoi.
Jasper embrassa chacune de mes larmes. Je m'allongeais à ses côtés mais en lui tournant le dos, j'étais vraiment bouleversée sans savoir pourquoi.
-Non Bella, je refuse que tu me tournes le dos une nouvelle fois.
Jasper me retourna en faisant attention de ne pas me faire mal, il m'allongea sur lui et me serra dans ses bras.
-Laisse-toi aller Bella. Tu as le droit de pleurer autant que tu veux.
Je n'essayais pas de résister car j'en avais besoin, j'avais besoin de pleurer pour aller mieux. Jasper me fredonnait une chanson douce, comme ces berceuses venant d'une autre époque. Toutes les larmes que j'avais retenu pendant des années s'échappèrent d'un coup, s'en était presque douloureux. Pendant un long moment Jasper me berça mais il comprit que ça ne marcherait pas, que je n'arriverais pas à me calmer de cette façon alors il se mit à parler.
-Quand tu es partie dans cet avion, j'étais désemparé. Je ne savais pas où tu étais partie ni ton nom d'emprunt, je n'avais aucune façon de te retrouver. Alice et Rose étaient au courant de ta destination mais elles ne voulaient rien me dire, soit disant que c'était pour ta sécurité. À l'époque, je ne voulais rien entendre, elle m'avait trahi et je les détestais.
-Comme peut-on détester Alice ? Demandai-je d'une voix rauque.
-Quand elle nous arrache le cœur. J'ai mis beaucoup de temps à lui pardonner, à retourner vivre avec elle. Je suis certain que si je te révèle quelque chose, tu vas la détester quelques secondes, souriait Jasper.
Je levais la tête vers lui, intriguée.
-Ton nom d'emprunt, c'était mon nom quand j'étais humain. Je m'appelle Jasper Whitlock en réalité.
J'étais certaine qu'elle avait fait exprès ! Ainsi Jasper m'aurait reconnu dès qu'il aurait vu mon nom quelque part, quelle traîtresse ! Mais d'une certaine façon j'étais restée liée à lui pendant toutes ces années, en plus je trouvais que ce nom m'allait bien.
-Tu vis aussi à Winnipeg ? Dis-je pour changer de conversation.
-Oui, la maison à un sous-sol et je vis là.
-C'est glauque les sous-sols, marmonnai-je en essuyant mes yeux.
-Peut-être mais c'est isolé du monde, je n'entendais pas les appels entre toi et les filles et surtout je pouvais peindre autant que je voulais sans que ça dérange quelqu'un.
-Tu peints ? M'étonnai-je.
-Il y a beaucoup de chose que tu ignores sur moi Bella.
-Et toi tu ignores tout de moi, murmurai-je.
-C'est là que tu te trompes darlin, souriait Jasper. Je sais que tu es une femme forte et incroyablement gentille, peut-être plus qu'avant. Tu te donnes aux autres sans te soucier de ta tristesse plus tard et c'est très noble.
Je haussais les épaules car je ne me trouvais pas noble du tout, j'étais une femme comme les autres qui avait un métier qu'elle aimait, c'était tout. Je restais encore un peu sur Jasper puis je me levais en souriant. Je ne savais pas l'heure mais mon estomac me rappela à l'ordre comme souvent.
-Ce n'est pas un estomac que j'ai, c'est un ogre !
Jasper éclata de rire en se rhabillant pendant que j'allais me préparer quelque chose à manger, enfin réchauffer quelque chose. J'avais perdu mon talent de cuisinière car je n'avais plus beaucoup de temps pour moi et la plupart du temps je mangeais à l'extérieur.
-Tu ne cuisines plus ? S'étonna Jasper.
-C'est une des choses qui font partis du passé.
-Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre, souriait le vampire.
Je levais les yeux au ciel, il était toujours aussi drôle ! Je mangeais mes lasagnes en silence pendant que Jasper inspectait mon appartement, il regardait chaque titre de livre, chaque DVD, chaque photo encadrée et son regard se posa sur la table, là où était une photo de lui torse nu.
-Ce n'est pas ce que tu crois, m'empressai-je de dire.
-Je ne crois rien Bella, s'amusa le vampire.
-Sandra, la fille que tu as eu au téléphone, elle se moquait de moi car je parlais de toi comme d'un Apollon alors je lui ai montré cette photo.
-Je vois et comment tu as eu cette photo ?
-Alice. Lis ce qui est écrit derrière.
Jasper retourna la photo et sourit en découvrant le message.
-J'espère que tu n'oublies pas ce que tu perds ! Il est quand même incroyablement sexy, sans parler de ses fesses !
Je ris en l'écoutant, j'aimais tellement cette photo !
-Sacré Alice, soupira le blond.
Il reposa la photo et regarda mon Ipod posé sur son enceinte.
-C'est mon Ipod ! S'écria Jasper.
-Non c'est le mien, répondis-je en débarrassant les vestiges de mon repas.
-C'est celui que je t'avais prêté et que tu ne m'as jamais rendu.
-Pauvre chou, me moquai-je.
Il mit en route la musique et la chanson « Alone » de Selah Sue résonna dans tout l'appartement. Je commençais à danser en mimant les paroles, ça faisait du bien de décompresser après tout ce qui s'était passé aujourd'hui. Jasper s'approcha de moi et commença à danser avec moi, c'était à la fois une danse de moderne-jazz et de slow. Avais-je oublié de mentionner que j'avais appris à danser à la fac ? On continua à danser en se regardant dans les yeux, la magie opérait toujours entre nous. Nous n'avions plus besoin de parler, tout passé dans le regard et dans cette chanson.
Parce que c'était vrai que je m'étais sentie si seule sans lui. Sans Jasper.
Et voila ! J'espère que je ne vous déçois pas avec deuxième partie de la fiction !
Des avis, des remarques, des réactions ? les review sont là pour ça !
Des bisous sanglants sur vous !
